L’audience d’hier, aux assises du Rhône à Lyon, du procès de Ahmed Belabbes et Lamri Hanachi, accusés respectivement de meurtre et tentative de meurtre en bande organisée pour le premier et de participation à une bande organisée, pour le second, dans le cadre du règlement de comptes de Champagnier le 28 avril 2007 a été suspendue hier en milieu d’après-midi et doit reprendre lundi matin. La matinée a été en partie consacrée à l’audition de la compagne de Lamri Hanachi. « Je ne comprends pas ce qu’il fait encore ici. Il n’a rien à voir avec cette histoire et il devrait être libre depuis longtemps. Depuis qu’il n’est plus là, notre vie est un cauchemar », a-t-elle déclaré. « Il n’a rien à voir avec tout ça » déclare la compagne d’Hanachi
Elle a été longuement interrogée ensuite par le président de la cour d’assises sur différents points. Il s’agissait notamment de comprendre pourquoi elle avait déclaré aux enquêteurs que son compagnon lui avait dit dans les heures suivant les faits que deux des amis qui étaient avec lui à Champagnier étaient morts. Un point qui pose question dans la défense de Lamri Hanachi qui assure être parti avant les premiers coups de feu. « Je n’ai pas dit ça aux policiers, la prochaine fois, je relirais mieux mes déclarations avant de les signer », s’est justifiée la jeune femme. Il a aussi été question des enregistrements des conversations au parloir entre Lamri Hanachi et sa compagne. Des conversations au cours desquelles il était parfois fait état de liens avec la famille Morival ou de la découverte de l’ADN d’Ahmed Belabbes sur les lieux du crime. Le témoin s’est contenté à plusieurs reprises de déclarer qu’elle ne se souvenait pas avoir prononcé ces mots, ou ne pas comprendre à quoi il était fait référence. « Ce que je sais, c’est qu’il s’est retrouvé au milieu d’une histoire dans laquelle il n’avait rien à voir et cela fait quatre ans qu’il est en prison pour rien ».
Une autre partie de l’audience a été consacrée à l’examen de vidéos retraçant les différentes hypothèses évoquées pour sa défense par Lamri Hanachi. Entre autres, il s’agissait de voir s’il était possible pour un autre véhicule de suivre, sans phares et dans le noir total, la Peugeot 406 dans laquelle se trouvaient l’accusé et les futures victimes. Par ailleurs, les experts ayant réalisé les examens balistiques ont été invités à témoigner à la barre, notamment pour expliquer les blessures d’Ali Khadraoui. Sans pouvoir affirmer dans quel ordre les tirs ont eu lieu, ils ont expliqué qu’il avait été touché dans le dos d’une décharge de chevrotine et sur le flanc gauche de trois balles de calibre 11.43mm. Quant aux blessures de Oualid Mokrane, le médecin l’ayant examiné a réaffirmé qu’il avait bien été touché de face et qu’il serait probablement mort si un médecin, qui habitait à proximité, ne lui avait pas prodigué les premiers soins.
L’audience doit reprendre lundi. En ce début de semaine, la cour devrait notamment entendre Ahmed Belabbes et Oualid Mokrane.
http://www.ledauphine.com/isere-sud/2011/04/08/des-ecoutes-qui-font-beaucoup-parler
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire