samedi 9 avril 2011

Il rase la tête de sa copine

F.L. n'a pas accepté que sa petite amie se fasse avorter.Il la bâillonne, lui rase la tête, découpe ses vêtements. C'est du moinsla version de la victime.
Ce 22 juin 2010, F.L. n'a pas vu sa copine M. depuis plus d'un mois, après qu'une violente dispute les a séparés. Elle est étudiante et habite en résidence universitaire, sur le campus de Lille 1 à Villeneuve d'Ascq. L'endroit où il la rejoint pour une réconciliation.
« On a eu un rapport sexuel dehors, dans l'herbe », explique le Lillois, 19 ans à l'époque des faits. « Après, elle m'a proposé de continuer dans sa chambre. » Où il l'attache, aux poignets et aux chevilles, avec foulards et ceintures. Puis lui coupe la pointe de ses cheveux.


« C'est elle qui vous l'a demandé ? », interroge le président du tribunal, Bernard Lemaire. « Oui », répond le prévenu. « C'était un jeu sexuel », renforce l'avocat. Mais c'est là que le point diverge : « Ma cliente n'était pas consentante », affirme le conseil de la victime.
Boule d'aluminium, serviette de coton et adhésif
Car M. rapporte en plus, dans son dépôt de plainte, qu'elle a été bâillonnée avec une boule d'aluminium, une serviette de coton et du ruban adhésif par F.L., et que ce dernier lui a mis deux oreillers sur la bouche. « J'ai dû faire semblant de perdre connaissance pour qu'il arrête » , explique-t-elle dans sa déposition. Ajoutant que F.L. lui a entièrement « rasé la tête, les sourcils, et coupé les cils et découpé les vêtements », tout en « allumant la télé pour éviter qu'on entende mes cris ». Ce que le prévenu nie en bloc. « Elle s'est peut-être fait ça toute seule ? », s'agace le président.
« Incohérences »
« À vous écouter, ce serait plutôt ma cliente qui aurait dû subir une expertise psychiatrique ! », s'énerve aussi l'avocate de la partie civile. « Il y a tout de même des incohérences », intervient la défense : « Lorsque monsieur est descendu à la poubelle pour jeter les cheveux pourquoi ne s'est-elle pas enfuie ? Comment a-t-elle pu tenir une serviette de 40 cm sur 40 dans la bouche ? Ou alors, pourquoi a-t-elle dit qu'il n'y avait pas de voisins à ce moment-là alors que l'enquête a démontré le contraire ? » F.L., lui, « regrette » son « coup de folie », mais donne tout de même son explication : il n'a pas supporté que M. se fasse avorter une semaine auparavant sans l'en informer. « J'étais contre », déclare-t-il devant le tribunal. Avant de rajouter : « Ce que j'ai fait est inhumain. » Le tribunal le condamne à 18 mois de prison dont 9 avec sursis, et une obligation de soins.

http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/04/09/il-rase-la-tete-de-sa-copine.shtml

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