dimanche 10 avril 2011

Les meurtriers présumés du curé jugés plus de 14 ans après les faits

Le mystère sur la mort du curé de Pont-Sainte-Maxence, Jean-Claude Guéguen, tué en 1997, aura duré de longues années. La vérité tient à deux mégots de cigarette.

Ils pensaient certainement ne jamais « tomber ». Et les Maxipontains ne jamais connaître la vérité. Mais en une dizaine d'années, la science a énormément évolué en matière scientifique. Les analyses ADN sont devenues un outil précieux dans les enquêtes criminelles. Un scellé ressorti d'un placard des années plus tard, et soudain l'enquête fait un bond en avant.

C'est ce qui s'est passé dans l'affaire du curé de Pont-Sainte-Maxence. Depuis le meurtre de Jean-Claude Guéguen, le 9 juillet 1997, l'enquête était au point mort. Mais un mégot de cigarette, retrouvé devant le presbytère, a été examiné près de 12 ans après les faits. L'ADN a parlé : il s'agissait de celui de Pascal Houssard, né à Laon (Aisne) en 1962. Il sera interpellé dans un camp de gens du voyage à Alès (Gard) en mars 2007.

Prêtre pendant 35 ans


Aussi, s'il a fallu des années avant d'identifier un suspect, quelques mois auront suffi aux enquêteurs de la section de recherche d'Amiens pour boucler leur enquête. Et d'ici peu de temps, ils seront plusieurs dans le box de la cour d'assises de l'Oise pour répondre du meurtre du père Guéguen. Car les interpellations se sont succédé. Devant le logement de Jean-Claude Guéguen, ce n'est pas un, mais deux mégots qui avaient été trouvés. Là encore, l'ADN a parlé : il s'agit de celui d'Achille Lombard, un Marseillais âgé de 73 ans.

Ce dernier nie avoir participé à la tuerie. Il a reconnu en revanche se trouver devant le presbytère ce soir-là. Il dit avoir fait le guet dans un fourgon blanc (véhicule vu par des témoins) et avoir toujours ignoré ce qui s'était passé dans le logement du curé. Il dit aussi que Pascal Houssard était bien là, ainsi que son neveu, Bernard Lombard. Ce dernier devra aujourd'hui s'expliquer devant la justice. Il purge actuellement une peine qui le maintient derrière les barreaux pour meurtre jusqu'en 2030.

Le père Guéguen est tombé sur une équipe de cambrioleurs ultra violents, des personnes déjà mêlées à une autre affaire criminelle, le même mois de juillet 1997. C'était en Bretagne où une commerçante avait été tuée.

Un autre nom était apparu dans ce meurtre, celui de William Houssard, le frère de Pascal, condamné en 2002 à 20 ans de prison pour un meurtre commis dans le Gard en décembre 1997.

Si un non-lieu avait été prononcé dans le meurtre de la commerçante bretonne, les écoutes téléphoniques effectuées dans le cadre de cette affaire ont permis d'établir que les protagonistes se trouvaient bien à Pont-Sainte-Maxence, le 9 juillet 1997.

La famille et les proches de Jean-Claude Guéguen pourront donc voir les visages des meurtriers présumés lors du procès. Le curé était très connu dans l'Oise.

Né à Thourotte, il avait été expert-comptable avant de devenir prêtre à l'âge de 30 ans. Durant 35 années, il exerce à Compiègne puis à Pont-Sainte-Maxence. Une vie vouée à son apostolat, dans la plus grande des simplicités.

Pourtant ce 9 juillet 1997, c'est son presbytère qui est visé par l'équipe de cambrioleurs. Ils sont entrés en fracturant un volet et ils ont battu à mort le prêtre, dans sa chambre, avec un objet contondant. Le corps ne sera découvert que le lendemain matin par deux frères maristes, inquiets de voir la porte de l'église close alors que l'heure de la messe approchait.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Les-meurtriers-presumes-du-cure-juges-plus-de-14-ans-apres-les-faits

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