jeudi 7 avril 2011

Un avocat « qui roupille »

Curieux déroulé de comparution immédiate, hier en correctionnelle à Nancy : l’avocat désigné d’office pour la défense d’un jeune voleur à la roulotte semblait assoupi sur son siège, le menton sur la poitrine, les yeux fermés, les mains reposant sur un ventre généreux...
Curieux déroulé de comparution immédiate, hier en correctionnelle à Nancy : l’avocat désigné d’office pour la défense d’un jeune voleur à la roulotte semblait assoupi sur son siège, le menton sur la poitrine, les yeux fermés, les mains reposant sur un ventre généreux, pendant que le président André Roux évoquait l’affaire.
« Non ! Je me concentre… », a sursauté cet avocat d’un certain âge, tiré de son état par une remarque un peu vive du président. « Les apparences ne correspondent pas aux exigences des droits de la défense. Je demande un changement d’avocat d’office », est intervenu le procureur Hartman.
Le président Roux s’est alors adressé au prévenu. « Qu’est-ce que vous en pensez ? Vous voulez un avocat qui ne roupille pas ? » Le jeune homme n’a su que répondre. Le tribunal s’est retiré pour délibérer. Non sur le sort du prévenu, mais sur celui de l’avocat, qui a été finalement « délivré de ses fonctions ».
L’affaire a repris à zéro après qu’un avocat de permanence fut arrivé en renfort.
Le prévenu, 23 ans, quinze condamnations au casier judiciaire, est arrivé de Nouvelle-Calédonie dans le cadre d’un transfert péniten- tiaire pour suivre une formation à la prison de Toul.
Peine plancher
Une fois libéré, il s’est retrouvé sans ressource et sans possibilité d’acheter un billet d’avion pour rentrer à Nouméa. Il a été hébergé durant quelque temps à Nancy dans une famille calédonienne, puis a fini à la rue.
François Fekehei a été interpellé le 5 avril après avoir fracturé plusieurs voitures en stationnement, dans le quartier Stanislas-Meurthe, et balancé un galet dans la vitrine d’un garage automobile, avenue du 20e-Corps.
Il a assuré qu’il était en état d’ivresse au moment des faits, « comme dans un délire ». L’avocat de permanence n’a pas manqué de relever « des incohérences dans son comportement, j’aurais souhaité qu’une expertise psychiatrique soit ordonnée. Il est dommage qu’il n’ait pas vu de psychiatre durant sa garde à vue ».
Le parquet, de son côté, a relevé que le prévenu était en libération conditionnelle au moment des faits, et a demandé l’application de la peine plancher.
Le tribunal a suivi les réquisitions. Résultat : deux ans de prison, dont quatorze mois avec sursis. François Fekehei a été conduit en détention pour effectuer immédiatement ses dix mois de prison ferme.
http://www.estrepublicain.fr/fr/24-heures-meurthe-et-moselle/info/4894323-Justice-Nancy-l-avocat-commis-d-office-roupille-a-l-audience

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