Il est un peu plus de 10 h 30, hier, lorsque le suspect arrive, les menottes dans le dos, encadré par deux enquêteurs de la PJ de Besançon. Son manteau sur la tête pour le dissimuler des objectifs et des yeux curieux, Patrick Postiaux courbe l’échine. Derrière ses lunettes cerclées, il laisse son regard divaguer de droite et de gauche. Après avoir nié puis commencé à avouer à petits pas, le Nordiste de naissance s’est montré beaucoup plus prolixe dans le bureau d’Isabelle Mendi, la juge d’instruction où il est arrivé vers 9 h 15.
Ainsi a-t-il reconnu l’intégralité des charges pour lesquelles il est mis en examen : le meurtre et le viol. Des faits intervenus dans un contexte nébuleux, la veille même du 60 e anniversaire de Postiaux, le 14 août dernier, dans l’appartement du quartier de la Chiffogne où résidait la trentenaire.
Né le 15 août 1951 à Valenciennes, le Nordiste débarque dans le Pays de Montbéliard en 1973 pour travailler chez Peugeot. Il a 22 ans. C’est le début d’une vie normale. Banale. Rythmée par le train-train. Un mariage, un enfant. Une vie qui vire et glisse un jour vers la lente mais progressive et irrémédiable pente de la déchéance.
Patrick Postiaux perd tout. Travail, femme, maison pour se retrouver à la rue et échouer au centre d’hébergement et de réinsertion sociale de Montbéliard. « Une situation assez pitoyable », stigmatise la JLD.
Pitoyable avant de sombrer dans le sordide ce 14 août. La rencontre de Patrick Postiaux et de Thérèse Soler c’est celle de deux âmes en errance. Deux cabossés de l’existence qui lient connaissance au gré du hasard. Qu’est-il advenu ensuite et surtout le jour du drame ? « Je ne sais pas comment ça s’est passé. Comment c’est arrivé… », balbutie le petit homme au cheveu rare mais hirsute, dans son pull-over vert bouteille rongé par les mites par endroits. Il n’en dira pas plus....
http://www.estrepublicain.fr/fr/a-la-une/info/5654553-Montbeliard-Battue-a-mort-et-egorgee
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