Coup de théâtre cet après-midi à la cour d'assises de l'Oise à Beauvais. Pascal Houssard, 50 ans, avec Bernard Lombard, 47 ans, accusé de coups mortels sur l'abbé Guéguen, à Pont-Sainte-Maxence en juillet 1997, est sorti de ses trois jours de mutisme. Il a enfin reconnu ce qu'il réfutait depuis quinze ans d'instruction et trois jours de débats passionnés. Il est bien entré cette nuit là dans le presbytère de l'abbé. Etrangement le vieux gitan est devenu plus volubile mimant la scène du cambriolage dans la chambre du curé. Il ne s'arrête pas à d'énormes contradictions. «On a roulé toute la nuit. On est partis de Roanne (Rhône) jusqu'à Pont-Sainte-Maxence. On est arrivés à une heure du matin. C'est là qu'on a fait le prêtre». Mais Pascal Hossard sait jusqu'où il faut aller. Il veut bien endosser le rôle du cambrioleur mais pas celui du meurtrier. Il poursuit : «On a sauté le mur, on est montés à l'étage et on a vu le prêtre par terre. On a eu peur. J'ai crié Mon dieu! Je me suis signé. On a eu peur. On est repartis».
«J'ai bien fait de ne pas clore les débats. On n'est pas sortis», soupire le président Damulot après la dernière surprise concoctée pendant une interrution de séance par le prévenu .
Une déclaration qui rebat complètement les cartes du procès. «Je serai obligé de poser des questions supplémentaires aux jurés sur les circonstances aggravantes de vol en réunion», indique le président . En clair, les coups mortels risquent d'être requalifiés cambriolage avec effraction et en réunion. L'avocat général qui allait requérir trente ans de réclusion, devrait alors sérieusement redescendre dans l'échelle des peines. Devant les preuves matérielles confondantes, les dénégations des prévenus n'étaient plus tenables. Sur la scène de crime il avait été retrouvé deux mégots avec l'ADN de Pascal Houssard. Les téléphones portables avaient aussi parlé et démontré que Bernard Lombard se trouvait bien à Pont-Sainte-Maxence le jour du meurtre. Enfin, le témoigange d'Achille, l'oncle de Bernard avait accablé, avant de mourir, les deux hommes. «Les accusés ont enfin compris que leurs mensonges n'avaient pas convaincus les jurés. Ils ont décidé de revoir leurs déclarations». Au terme de ce revirement, Pascal Houssard pourrait alors ressortir libre de la cour d'assises de l'Oise. C'est tout l'enjeu de ce procès qui doit se terminer ce soir.
http://www.leparisien.fr/oise-60/coup-de-theatre-au-proces-des-meurtriers-presumes-du-pere-gueguen-10-02-2012-1855359.php
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