mercredi 8 février 2012

Un hold-up pour effacer des dettes

L’enquête de personnalité, présentée à la cour hier par l’expert psychiatre, des quatre accusés du braquage du “Manège à bijoux”de Valréas en mai 2009, fait ressortir une trame commune. Celle de quatre hommes ayant souffert, peu ou prou, d’un mode d’éducation et d’un cadre de vie familiale propice à la délinquance. Que ce soit Stéphane Selmi, Cyril Samat ou Rodrigue et Sylvain Donato, tous n’ont pas eu une jeunesse des plus faciles. Bien souvent échec scolaire, alcoolisme, violences et divorce émaillent le rapport de l’expert à leur sujet.
Certes, ceci n’excuse aucunement les actes pour lesquels ils sont aujourd’hui jugés mais permet d’expliquer au jury leur entrée puis leur parcours, croissant, dans le monde de la délinquance.
Point commun aux accusés, ce sont des difficultés financières -notamment des loyers impayés- qui les ont amenés à imaginer le braquage du garage de Venelle – où deux véhicules seront dérobés sous la menace d’une arme- puis à commettre le hold-up du Manège à bijoux, au centre commercial Leclerc de Valréas.
À la barre, le major de gendarmerie, responsable de la cellule d’enquête, a décrit à la cour le long et minutieux travail d’investigation, fait d’écoutes téléphoniques, d‘analyses de comptes bancaires, qui a permis d’appréhender les accusés. Des amateurs dans le braquo ? Des novices ? L’enquête met cependant en évidence qu’ils avaient bien préparé leur méfait. Sylvain Donato déclarera avoir vendu les bijoux dérobés -d’une valeur de 68 000 euros-- pour 10 200 euros à des offices spécialisés, et peu regardants, dans le rachat d’or dans la cité phocéenne.

Le coup de feu a été tiré vers le sol, pour effrayer les vigiles

Attentifs au récit de l’enquêteur, les accusés répondent, poliment, aux interrogations de la présidente et reconnaissent leur participation et les faits. Rodrigue Donato lui, à chaque intervention, nie farouchement toute implication dans le hold-up. Tout juste avoue-t-il avoir mis en relation son frère pour l’achat du revolver – un colt 45 calibre 11,43mm- qui a servi aux deux braquages. Et ce, six mois avant les faits. Précision importante de Cyril Salmat, le coup de feu tiré ne l’a été que pour effrayer les vigiles, en direction du sol et non en les visant. Déclaration d’ailleurs confirmée par l’enquêteur et qui suscite la réaction de la présidente quant à la qualification de tentative de meurtre.
Aujourd’hui, d’autres auditions de témoins parmi lesquels les vigiles puis la vendeuse sont programmées. Demain viendra alors le temps des plaidoiries de la défense et des réquisitions d’Audrey Trafi, l’avocate générale, avec à la clé, un verdict qui devrait être connu dans la soirée.
http://www.ledauphine.com/vaucluse/2012/01/31/un-hold-up-pour-effacer-des-dettes

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