vendredi 6 avril 2018

La « rouste » de Murielle Bolle passée au crible d’Anacrim

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Murielle Bolle a-t-elle pris une « rouste » le 5 novembre 1984, comme le prétend un de ses cousins ? La juge d’instruction de Dijon en charge de la relance de l’affaire Grégory, Claire Barbier, semble persuadée que la solution de l’énigme de la Vologne se trouve dans la réponse à cette question.
Afin d’en avoir le cœur net, elle a demandé au service de renseignement criminel de la gendarmerie de Pontoise (95) de passer le témoignage du fameux cousin à la moulinette du logiciel Anacrim. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’en sort pas renforcé.
Pour être précis, une analyste criminelle de la gendarmerie a passé au crible la période du 22 octobre au 10 novembre 1984, ces quelques jours au cours desquels Murielle Bolle est passée des aveux aux rétractations, des accusations contre son beau-frère Bernard Laroche à l’affirmation de son innocence.

Reconstitution des emplois du temps

Avec l’aide d’un ordinateur, la gendarme a essayé de reconstituer l’emploi du temps de Murielle Bolle, de ses parents et de ses neuf frères et sœurs, mais aussi de tous ceux avec qui ils étaient en relation, qu’ils soient voisins, membres éloignés de la famille, infirmière, avocat ou journalistes. Soit une bonne quarantaine de personnes.
Cela a débouché sur la réalisation de « frises événementielles », c’est-à-dire de vastes tableaux sur lesquels défilent les « lignes de vie » des Bolle et de leur entourage au cours de ces vingt jours cruciaux. Cela s’accompagne d’une analyse criminelle d’une trentaine de pages, qui tire les leçons de ce travail de fourmis.
Le tout a été transmis à la juge d’instruction il y a quelques jours. Nous avons pu consulter ces documents.

Quel degré de crédibilité ?

Ce qui en résulte ? Pas de coup de théâtre qui permette de savoir, sans l’ombre d’un doute, quand Murielle Bolle a dit la vérité et quand elle a menti. Mais cette étude assistée par ordinateur a pour mérite de faire un point précis sur les pressions qu’elle aurait subies de la part de sa famille, le 5 novembre, 
pour se rétracter.
« Il existe de fortes présomptions d’entente au sein de la famille Bolle, où Marie-Ange Laroche (la femme de Bernard Laroche, ndlr) détient potentiellement un rôle prépondérant », note la gendarme de Pontoise qui a réalisé l’analyse criminelle.
Elle écrit également, dans ses conclusions, que « Murielle Bolle oscille entre des propos contradictoires, décrits comme spontanés ou comme influencés ».
Mais le travail de l’enquêtrice s’est surtout focalisé sur l’évaluation du degré de crédibilité du fameux cousin, Patrick F., 54 ans, qui a affirmé en juin 2017 avoir été témoin d’une « rouste » infligée à Murielle Bolle par sa mère et par sa sœur Marie-Ange Laroche.
« Patrick F. est un témoin crédible, qui s’appuie sur certains points précis et totalement vérifiés », estime la gendarme. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’on peut prendre toutes ses déclarations pour argent comptant.

Une incohérence dans le récit du cousin

L’analyste criminelle note, en effet, une incohérence majeure dans son témoignage : le cousin affirme qu’une équipe de télé était présente lors de la « rouste » et a interviewé Murielle Bolle après qu’elle a été malmenée par sa famille.
Or, personne d’autre ne mentionne la présence de journalistes au domicile des Bolle ce jour-là. Et aucune interview de Murielle Bolle n’a été diffusée le 5 novembre. Ni le 6. La gendarme de Pontoise a vérifié en visionnant les archives de l’Institut national de l’audiovisuel.
Il faut attendre le 7 novembre pour que les téléspectateurs découvrent les images, devenues célèbres, de l’adolescente rousse affirmant que son « beau-frère est innocent ».
La gendarme émet quatre hypothèses. Soit le cousin « a inventé une partie de son témoignage ». Soit l’interview de Murielle Bolle dont il a été témoin a été tournée mais jamais diffusée. Soit il confond avec l’interview donnée le 6 novembre par Marie-Ange Laroche.
Soit, et cela semble le plus probable, « Patrick F. rassemble plusieurs faits de plusieurs jours en un seul enchaînement unique ». Ce qui complique diablement la tâche des enquêteurs.

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