lundi 2 juillet 2018

Évasion de Rédoine Faïd : ce qu'il faut retenir ce lundi matin

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Le braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd s'est évadé du centre pénitentiaire de Réau, en région parisienne, dimanche, au cours d'une opération spectaculaire. Il est toujours en fuite ce lundi.

Hélicoptère, Kalachnikov, ... : une évasion spectaculaire

C'est au cours d'une opération spectaculaire que Rédoine Faïd, braqueur multirécidiviste de 46 ans, s'est fait la belle de la prison de Réau (Seine-et-Marne), dimanche.
Vers 11 h 20, des complices, au nombre de trois au moins, posent un hélicoptère dans la cour d'honneur du centre pénitentiaire. Deux hommes lourdement armés pénètrent alors dans le bâtiment, disqueuse à la main, avec laquelle ils meulent les portes les séparant de Faïd.
Celui-ci est habituellement placé à l'isolement mais dimanche, il a été extrait de la prison lors d'un parloir avec l'un de ses frères, Brahim. Ses complices, armés de Kalachnikov, neutralisent les caméras avec des fumigènes et embarquent le braqueur à bord de l'hélicoptère.
Pendant ce temps-là, le troisième complice gardait le pilote de l'aéronef en otage. Les trois hommes repartent à bord de l'appareil avec leur fuyard à bord.
L'opération, très rapide, a duré moins de 10 minutes, selon le ministère de la Justice. "Il n’y a pas de blessé ni d’otage", précise-t-il dans un communiqué.

Hélicoptère brûlé, véhicule abandonné

La cavale de Rédoine Faïd se poursuit, malgré l'important dispositif de recherches mis en place pour retrouver le braqueur de 46 ans. En fin de matinée, l'hélicoptère ayant servi lors de l'évasion est retrouvé en partie brûlé à Gonesse (Val-d'Oise), entre les aéroports du Bourget de Roissy/Charles-de-Gaulle. 
Le pilote de l'appareil, choqué mais pas blessé, a été libéré. Il s'agit d'un instructeur qui attendait un élève à Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne).
Les quatre hommes ont ensuite pris la fuite à bord d'une Renault Mégane noire, au volant de laquelle se trouvait un cinquième complice. Le véhicule a été retrouvé incendié dans le parking d'un centre commercial à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Les cinq hommes auraient utilisé au moins un autre véhicule.

Les débuts de l'enquête

Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance des chefs d’"évasion en bande organisée" et d’"association de malfaiteurs", confiée à la Direction centrale de la police judiciaire.
Le frère de Rédoine Faïd, qui se trouvait avec lui au parloir, a été placé en garde à vue, selon BFM TV. Les enquêteurs pourraient aussi s'appuyer sur une vidéo réalisée par un détenu et qui a filmé l'évasion.
Selon la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, qui s'est rendue au centre pénitentiaire de Réau, dimanche dans l'après-midi, des repérages pourraient avoir été effectués pour préparer l'opération. Avec l'aide de drones, notamment...
Des vérifications vont également être menées en interne, au sein de la prison, pour évaluer l'ensemble des conditions de sécurité. Mais la garde des Sceaux a prévenu : "En termes de sécurité matérielle et de couverture en personnels, l'ensemble des conditions étaient réunies pour que la sécurité soit assurée Une mission d'inspection nous dira s'il y a eu des défaillances. Mais s'il y a eu des défaillances, ce sont des défaillances de nature passives. Le personnel n'a commis aucune erreur."
Des déclarations plus nuancées, ce lundi matin, sur Europe 1.
"J’ai demandé à ce qu’une mission d’inspection générale de la justice se rende sur place dès aujourd’hui et puisse voir comment les mesures de sécurité auraient été le cas échéant défaillantes pour que nous puissions y remédier", a déclaré la garde des Sceaux au micro de la radio. "Je ne prétends pas qu’il n’y a pas ici de défaillance. Il y en a peut-être une", a-t-elle ajouté.

Récidiviste du braquage et de l'évasion

Ce n'est pas la première fois que Rédoine Faïd s'évade de prison. Le braqueur multirécidiviste s'était déjà enfui de la prison de Lille-Sequedin en 2013, avec d'explosifs et prise d'otages. Il avait été repris un mois et demi plus tard. Pour cette évasion, pour laquelle il encourait la réclusion criminelle à perpétuité, il avait été condamné en 2016 à 10 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises. Une condamnation dont il a fait appel.
A Réau, Rédoine Faïd purgeait aussi une peine de 25 ans de réclusion criminelle, à laquelle il avait été condamné en avril par la cour d'assises d'appel de Paris pour son implication dans une tentative de braquage et le meurtre d'une policière municipale, Aurélie Fouquet, en 2010.
A 46 ans, Rédoine Faïd traîne un long passé criminel. Passionné de cinéma et de films de gangsters, le natif de Creil, en Picardie, monte ses premiers braquages avant d'avoir passé la vingtaine. Des banques et des fourgons blindés surtout, par appât du gain.
A la fin des années 90, il passe ses premières années en prison, après avoir été condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Il passera 10 ans derrière les barreaux et bénéficie d'une libération conditionnelle en 2009. 
Le bandit jure que les braquages, c'est fini, et se présente comme repenti. Pour de faux. Il est soupçonné d'avoir participé à plusieurs vols à main armée depuis sa sortie, et notamment celui de Villiers-sur-Marne qui a coûté la vie à Aurélie Fouquet. Retour à la case prison, avec deux évasions au compteur.
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