vendredi 19 octobre 2018

La mère de Jonathann Daval se confie : "ça ne peut pas être lui, on en est certain"


Comment allez-vous, neuf mois après l'incarcération de votre fils ?
 "Ça va, il faut tenir le coup. Il le faut, pour Jonathann…"
"Avec mon mari Florent et mes autres enfants, on lui rend visite trois fois par semaine [à la maison d'arrêt de Dijon]. Jamais on ne louperait un rendez-vous ! C'est important pour Jonathann, pour nous, pour ses frères et sœurs, aussi. On l'a aussi au téléphone les jours où on ne vient pas, sauf les week-ends. Il veut savoir ce qu'on a mangé, ce qu'on a fait, qui on a vu, avec qui j'ai parlé au téléphone (sourire). Il s'intéresse à tout ce qui se passe dehors."
Quel est son quotidien ?
"C'est affreux. Il est à l'isolement, il n'a pas de contact avec les autres détenus. On lui apporte des magazines, des jeux, des mots fléchés mais il est toujours seul. Il a le droit de faire un peu de sport. Il y a de quoi devenir fou."
Comment faites-vous pour le soutenir ?
"On l'aime (elle est émue aux larmes). C'est l'amour qui nous porte, et il est plus fort que tout. On aime son enfant, même quand il a un problème. On est là pour lui et on sera toujours là pour lui."
l semblerait qu'il ait très mal vécu le 'choc carcéral'. Après avoir séjourné plusieurs mois en unité psychiatrique, dans quel état physique et psychologique le trouvez-vous ?
(Elle hésite). "Je dirais qu'il va mieux, même s'il a des hauts et des bas. Il a été incarcéré fin janvier mais on n'a pu le voir qu'en avril. Au départ, il n'était pas beau à voir, et on n'allait pas bien non plus. On lui a dit de se reprendre, de mieux manger et c'est allé un peu mieux. Il a repris du poids. Je le trouve fort. Il a parfois des moments de déprime, c'est normal. Sa maman en a aussi. Il s'est senti libéré après avoir vu le juge d'instruction (Ndlr : le 27 juin, jour où il s'est rétracté). Avant, on le voyait toujours inquiet.
Jonathann a changé plusieurs fois de versions, pour finalement accuser son beau-frère et sa belle-famille. Le croyez-vous ?
"Oui, je crois en sa version, toute sa famille y croit. Ça ne peut pas être Jonathann, il n’est pas comme ça. Il est calme, tranquille. J’ai entièrement confiance en lui. En la justice aussi, d’ailleurs."
Le psychologue et le psychiatre qui ont approché Jonathann ont livré des expertises défavorables, votre fils étant notamment décrit comme 'potentiellement dangereux'. Qu’en pensez-vous ?
"Il n'est pas du tout dangereux, ni colérique, ni rien de tout ça. Ils ne connaissent pas Jonathann. Je n'ai pas retrouvé du tout, du tout, du tout mon fils dans leurs expertises !"
Comment gérez-vous l'ampleur médiatique de cette affaire ?
"On la gère mal et on ne la comprend pas. On en a ras le bol, il faut arrêter ! On entend et on lit des choses qui font mal au cœur. Aujourd'hui, on parle pour exprimer quelque chose de bien à propos de Jonathann. Il n'est pas comme on le décrit dans les médias, pas du tout. Mais pas du tout !"
Comment votre entourage et votre voisinage ont-ils réagi à la mise en examen de Jonathann ?
"À Velet, où l'on habite, ça se passe très bien. Plus loin, à Gray, ça dépend des gens. Il y a des regards… Je ne dis rien, mais je ne baisse pas la tête. Le plus dur, ça a été les premiers jours, après la garde à vue. C'était compliqué. Je suis nounou et quand j'ai revu les parents, ils m'ont tous dit :''Pour nous, pas de problème''. On reçoit aussi des lettres de soutien de toute la France, des gens qu'on ne connaît pas du tout."
Avant les faits, diriez-vous que Jonathann était heureux ?
"Oui, il l'était. On le voyait bien."
Vous le trouviez bien dans sa peau ?
"Oui… (Elle hésite). De temps en temps, c'est vrai qu'il n'était pas bien, mais comme tout le monde. C'est normal."
Était-il heureux dans son ménage avec Alexia ?
"Ça, je n'en parle pas."
A-t-il pu commettre l'irréparable, selon vous ?
Non. On ne l'a jamais vu se mettre en colère, jamais un mot de trop. Ce n'est pas lui, nous en sommes certains. C'est dur d'entendre ce qu'on entend, mais on garde le silence et on se soutient entre nous. Nous sommes une famille très soudée."
Quel genre d'enfant était Jonathann ?
"C'est un gamin qui a suivi son petit bonhomme de chemin, calmement. Il était un peu renfermé, c'était son caractère. Jonathann est très timide mais il a toujours eu de bonnes notes à l'école, ça s'est toujours bien passé avec ses maîtresses et ses professeurs. Il vivait sa petite vie, tranquille, et passait souvent nous voir."
Vous serez appelée à témoigner à la barre de la cour d'assises. Qu'allez-vous dire aux jurés ?
"Bonne question… Je ne me suis pas projetée si loin. Ça viendra comme ça viendra. Moi, je dis les choses comme je les pense."
Le 28 octobre, cela fera un an qu'Alexia a été tuée…
"On va y penser, c'est sûr. On va surtout essayer de soutenir Jonathann dans cette période parce que pour lui, ça va forcément mal aller."
L'enquête, le procès, une possible condamnation… Avez-vous peur de l'avenir ?
"Peur ? Non. On n'y pense pas, on vit au jour le jour. Je ne me projette dans rien, pour l'instant. Comme je l'ai déjà dit, j'ai confiance. Pour nous, Jonathann dit la vérité. Il ne ment pas".


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