mardi 4 décembre 2018

Affaire Grégory : la malédiction de la Vologne, dès demain sur France 3


Une énième émission sur l’affaire Grégory ? Non, sans doute l’une des meilleures productions jamais réalisées sur ce terrible fait divers. Ce mercredi et ce jeudi, France 3 diffuse une série documentaire sur ce dossier vertigineux qui a successivement vu Murielle Bolle incriminer son beau-frère Bernard Laroche dans l’enlèvement de l’enfant puis se rétracter, qui a vu également le juge Lambert se fourvoyer en demandant le renvoi aux assises de Christine Villemin – la mère sera innocentée en 1993 -, par la justice, puis cette même justice procéder à des mises en examen – depuis annulées – en juin 2017.
Les cinq épisodes de La Malédiction de la Vologne seront suivis d’un débat animé par Carole Gaessler. Parmi les invités : Etienne Sesmat, le capitaine de gendarmerie qui dirigea l’enquête initiale, Me François Saint-Pierre, conseil des Villemin, ou encore notre confrère de L’Est Républicain Christophe Gobin.
Écrite par Christophe Dubois et Pierre Hurel, réalisée par ce dernier, auteur de docs sur Macron, le clan Chirac ou la résistance, cette série, au générique envoûtant – une reprise d’ Ode à Billie Joe de Bobbie Gentry -, ne tente pas, comme c’est trop souvent le cas, d’enquêter, de résoudre cet hermétique Cluedo de trois décennies. Non, le réalisateur conte, avec des images magnifiques, notamment de la Vologne, la malédiction de cette vallée. 
ertains plans, dénichés chez nos confrères luxembourgeois de RTL, sont tout simplement inédits. « En rentrant de la Vologne, en 2017, après la relance de l’affaire, mon coauteur, Christophe Dubois, qui travaille pour TF1, m’a assuré que la plaie de cette affaire était encore vive dans la vallée », raconte Pierre Hurel. « Que si les gens ne parlaient pas, ils y pensaient encore, lisaient tout, regardaient tout. Il m’a décrit une ambiance qui m’a intrigué. Tout est parti de là… ». Au fil des épisodes, le doc brosse également l’histoire des Vosges.
« Oui, même si le fait divers n’est toujours pas considéré comme un art noble, il raconte l’Histoire. Pour moi, l’affaire Grégory est une petite facette de l’Histoire de France. Pourquoi ? On a une ruralité enclavée dans une vallée qui a découvert le monde ouvrier. Ce sont les usines qui sont venues à la vallée au début du XXe  siècle. Parce qu’il y avait de l’eau, du bois, une population travailleuse. Et tous ces gens qui habitaient dans des fermes plus ou moins isolées se sont retrouvés dans des cités ouvrières. Au début des années 80, c’est la dégringolade, avec de nombreuses fermetures d’usines et des grèves, mais c’est aussi l’arrivée de la modernité. Avec des routes plus grandes, la télévision, le téléphone. Le corbeau fait son apparition un à deux ans après l’arrivée du téléphone. Je me suis dit qu’il y avait là un univers à raconter, que les racines du mal étaient sans doute dans ce contexte historique ».
Pour Pierre Hurel, ce fait divers possède « quelque chose de plus » que les autres. « Il y a le côté cold-case, déjà. Par ailleurs, c’est le meurtre d’un enfant précédé de longues menaces d’un corbeau. Et puis, il y a ces nœuds… Qui a fait ces nœuds de tisserand visiblement réalisés après la mort de l’enfant ? Le côté rituel, maléfique, barbare et pervers de cette mise en scène est tout simplement incroyable… ».
Demain (à partir de 21 h) : trois épisodes (La Vallée des corbeaux, La Bête et la belle, Un Bûcher pour la sorcière) ; jeudi (à partir de 21 h) : deux épisodes (La Croisade pour Grégory, Le Crépuscule des secrets) suivi du débat.
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