mardi 22 janvier 2019

Affaire Grégory :la guerre de procédure se poursuit


Depuis 34 ans qu’il est ouvert, le dossier Grégory s’apparente à un monstre judiciaire imprévisible. Au ralenti depuis l’annulation, le 16 mai 2018, des mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob par la chambre de l’instruction de Dijon, il est en train de s’enliser dans des problèmes de procédure

Le 16 novembre dernier, le Conseil constitutionnel a en effet décidé que la loi qui avait permis la garde à vue de Murielle Bolle, les 2 et 3 novembre 1984, au cours de laquelle l’adolescente de 15 ans avait incriminé Bernard Laroche dans l’enlèvement de Grégory, était contraire à la Constitution car il n’était pas prévu, notamment, l’assistance d’un avocat.
Ce mardi, la Cour de cassation devrait à son tour se pencher sur ce casse-tête. Elle ne devrait pas annuler directement la garde à vue mais confier cette tâche à une nouvelle chambre de l’instruction.
La Cour de cassation devrait aussi, ce mardi, se prononcer sur l’éventuelle partialité du juge Simon, qui a instruit l’affaire à la fin des années 80, et sur la validité de tous les actes diligentés par la juge Barbier, la magistrate actuellement en charge du dossier.

Quid du PV du 5 novembre 1984 devant le juge Lambert ?

La question cruciale, celle qui menace la poursuite de l’enquête, reste toutefois la validité de la fameuse garde à vue de Murielle Bolle. « Pour nous, cette garde à vue n’a plus de base légale », assure Me   Teissonnière, l’un des avocats de Murielle Bolle.
Les procès-verbaux des 2 et 3 novembre 1984 devraient être annulés par la chambre de l’instruction nouvellement saisie et le dossier ensuite purgé de toutes les cotes qui y font référence. Un vrai travail de moine copiste.
Avec cependant cette autre question capitale : quid du PV d’audition du 5 novembre 1984, dans le bureau du juge Lambert, audition au cours de laquelle Murielle Bolle a confirmé ses déclarations des 2 et 3 ? « Est-ce que le 5 novembre aurait existé s’il n’y avait pas eu les 2 et 3 ? », glisse, espiègle, Me  Teissonnière.
Les avocats des parents de Grégory devraient, eux, avancer un récent arrêt de la Cour de cassation qui juge que des déclarations faites sans avocat en garde à vue avant la réforme de 2011 ne sont pas nulles mais ne peuvent pas motiver une décision de renvoi devant une juridiction de jugement, encore moins une condamnation.
Ce qui signifierait, dans le cas de l’affaire Grégory, que les accusations de Murielle Bolle de 1984 resteraient valables mais sans que cela puisse déboucher sur des poursuites contre elle. Ce qui est une manière de lui tendre une perche, reconnaît le conseil historique des époux Villemin, Me   Moser : « Nous ne souhaitons pas sa comparution devant un tribunal pour être jugée mais sa contribution loyale et honnête en tant que témoin à la manifestation de la vérité. Concernant le fond, nous espérons la cessation sans délai du regrettable intermède procédural suscité par la partie adverse dans un but dilatoire et la reprise rapide des investigations visant à élucider les causes et circonstances du crime et à démasquer le ou les auteur(s) ».
Affaire Grégory :la guerre de procédure se poursuit https://www.estrepublicain.fr/actualite/2019/01/22/affaire-gregory-la-guerre-de-procedure-se-poursuit-rgvr

jeudi 10 janvier 2019

La "veuve noire" de la Riviera de retour devant la justice

Le procès de Patricia Dagorn débute ce jeudi 10 janvier devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence et va durer quatre jours. Il y a un an, cette femme, âgée de 58 ans, fut condamnée à 22 ans de réclusion criminelle pour avoir prémédité les empoisonnements de quatre hommes âgés, dont deux sont décédés.

Ses victimes étaient des hommes seuls, vulnérables, résidant dans les Alpes-Maritimes et le Var. Entre 2011 et 2012, elle a tenté de leur soutirer de l'argent avant de leur administrer un anxiolytique à haute dose dans leur nourriture ou leur boisson. Elle avait été interpellée en possession de beaucoup de Valium et de documents personnels des quatre victimes.
Lors de son procès à Nice en janvier 2018, la "veuve noire" avait nié toute responsabilité dans l'assassinat de Michel Kneffel et Francesco Filippone ainsi que dans les tentatives, sur les deux autres hommes âgés qui ont survécu.

Des empoisonnements avec préméditation

Pour entrer en contact avec ses victimes supposées, Patricia Dagorn faisait appel aux services de différentes agences matrimoniales de la Côte d'Azur, indiquant vouloir rencontrer des hommes de 50 à 80 ans ou plus.

En février 2011, Francesco Filippone, 85 ans, est retrouvé mort dans sa baignoire à Mouans-Sarthoux, dans les Alpes Maritimes. Un peu plus tôt, l'accusée encaissait un chèque de sa part de 21.000 euros. Le 23 juillet 2011, le corps sans vie de Michel Kneffel, un SDF de 65 ans avec qui elle vivait, est découvert dans un hôtel niçois. Aucune charge n'est alors retenue contre Patricia Dagorn.

Alertés, deux autres victimes présumées se constituent partie civile. L'octogénaire Ange Pisciotta, divorcé de longue date qui avait rencontré Patricia Dagorn en 2011 après avoir passé une petite annonce via une agence, a retrouvé du Lexomil dans sa bûche de Noël avant de se retrouver "dans les vapes". Robert Vaux se plaint quant à lui d'avoir été drogué par la "veuve noire" quelques semaines après leur rencontre, en ajoutant qu'elle l'avait peu à peu dépouillé de son argent en lui réclamant des fonds pour des opérations immobilières. 

Pour l’accusation, ces empoisonnements avaient pour but d’escroquer les victimes en volant leurs biens ou en captant leur héritage. Fustigeant une personnalité "psychopathe" et "perverse narcissique", Annie Brunet-Fuster, l’avocate générale, avait requis en première instance 30 ans de réclusion criminelle.
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jeudi 3 janvier 2019

Murielle Bolle poursuivie pour diffamation par son cousin


Patrick Faivre poursuit sa cousine Murielle Bolle en justice. Le mois dernier, cet homme de 55 ans, qui réside en Moselle, a en effet déposé par l’intermédiaire de son avocat une plainte avec constitution de partie civile auprès de Nora N’Hari, doyen des juges d’instruction à Metz. Il accuse Murielle Bolle, qui a sorti un livre ( Briser le silence, au cœur de l’affaire Grégory ) début novembre, de « diffamation publique aggravée ». Le plaignant estime que dans les chapitres 27 et 30 de l’ouvrage, intitulés « Le témoignage de Patrick Faivre » et « La confrontation », l’ex-adolescente lui impute un faux témoignage. « On le traite clairement de menteur », souligne Me Thomas Hellenbrand, l’avocat messin de Patrick Faivre qui, dans un témoignage de juin 2017, avait affirmé avoir assisté à la rouste qui aurait entraîné les rétractations de Murielle Bolle. « Par ailleurs, comme il s’agit d’une affaire dans laquelle les esprits s’échauffent extrêmement vite et les menaces de mort fusent, on met sa vie en danger », poursuit le conseil. « Mon client, en fait, n’a jamais voulu qu’on parle de lui, n’a jamais dévoilé son identité. C’est Murielle Bolle qui, dans son livre, le cite nommément. On peut l’identifier. Il est décrit comme un menteur, Murielle Bolle sous-entend que le mensonge est à l’origine de son incarcération, en tout cas de son absence de libération. Elle l’accuse de faux témoignage et ce, dans un dossier particulièrement sensible. Si elle estime qu’elle est victime d’un faux témoignage, elle ne fait pas un bouquin mais dépose une plainte ».
La plainte déposée par Patrick Faivre vise également Pauline Guéna, la journaliste qui a coécrit le livre, et l’éditeur Michel Lafon.