mardi 8 février 2011

Journées d'enfer au tribunal

Un juge des enfants de Nantes raconte sa surcharge de travail quotidienne...
Quand Nicolas Sarkozy a mis en cause le monde judiciaire dans les «dysfonctionnements» de l'affaire Laëtitia, Jérôme Dupré a «sauté au plafond». Ce juge du tribunal pour enfants de Nantes, qui accepte de s'exprimer en qualité d'adhérent à l'Union syndicale des magistrats (USM), vit en effet au quotidienle «manque de moyens» dénoncé par ses pairs.


Une pile de dossiers, d'un mètre de haut, est ainsi posée à côté de son bureau: des courriers relatifs à «des demandes d'assistance éducative» habituelles, mesures destinées à protéger des mineurs en danger, reçues «en l'espace de deux jours», évalue le juge.


En général, Jérôme Dupré parcourt ces courriers «à toute vitesse» le matin, en une heure. Entre ses audiences au tribunal pour enfants ou les instructions qu'il mène, il n'a pas le temps de faire mieux: ses journées, qui s'étalent de 8h15 à 20h15, sont simplement entrecoupées d'un sandwich à midi. Et se poursuivent «soirs et week-ends».


«On va vers un drame»


Sa greffière, d'une «incroyable conscience professionnelle», revient aussi les samedis et dimanches pour notifier ses jugements. Ses collègues subissent le même sort: une juge, partie en septembre, n'a toujours pas été remplacée, en dépit de relances.


Aujourd'hui, cet ancien juriste d'entreprise de 39 ans «envisage de changer de fonction dès que possible». «Ici, on travaille presque deux fois plus que dans le privé, explique le magistrat, qui parle d'un rythme effréné. Et encore, en entreprise, quand on veut des résultats, on nous donne les moyens... Là, on nous en enlève! C'est un métier d'une incroyable richesse, mais j'ai découvert là des conditions de travail infernales. Tous les jours, je me dis qu'on va vers un drame.»


http://20min.fr/a/666250

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