Quinze ans de réclusion ont été requis vendredi contre Dieter Krombach, 76 ans, jugé par la cour d'assises de Paris pour son rôle dans la mort de sa belle-fille de 14 ans, Kalinka Bamberski, en 1982. "Dans mon esprit, 15 ans, c'est déjà une petite perpétuité", a déclaré l'avocat général Pierre Kramer qui n'a pas retenu la qualification de meurtre mais celle de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
La cour d'assises, qui rendra son verdict samedi, a quatre possibilités devant elle. Suivre le procureur et les avocats de l'accusé en retenant la condamnation pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Mais elle pourrait aussi opter pour la réclusion criminelle à perpétuité, l'homicide involontaire ou encore l'acquittement.
Krombach a "perdu le contrôle"
"Nous sommes le 9 juillet 1982", a débuté l'avocat général Pierre Kramer vers 17h30, en entreprenant de démontrer comment et pourquoi l'Allemand Dieter Krombach a eu ce soir-là "un créneau" pour tenter d'agresser sexuellement l'adolescente avant de la tuer en "perdant le contrôle" de la soumission chimique qu'il lui avait infligée par le biais d'un somnifère.
Kalinka a été retrouvée morte dans son lit au matin du 10 juillet au domicile familial de Lindau, en Allemagne, où elle vivait avec sa mère, son jeune frère, Dieter Krombach et ses deux enfants. Ce dossier empoisonne les relations judiciaires franco-allemandes depuis 29 ans car les magistrats allemands n'ont jamais retenu aucune charge contre Dieter Krombach et classé l'affaire en 1987. Une instruction ouverte en France sur plainte d'André Bamberski, le père de la victime, a conduit au renvoi du médecin allemand devant les assises. Un procès par contumace s'est tenu en 1995, aboutissant à la condamnation de Dieter Krombach à 15 ans de réclusion.
Désespérant de voir la condamnation exécutée, André Bamberski s'est impliqué en octobre 2009 dans l'enlèvement de ce médecin de 76 ans à son domicile allemand pour le livrer à la justice française et obtenir l'organisation d'un nouveau procès. Ce procès aurait dû se tenir au printemps mais avait dû être renvoyé au bout de quelques jours d'audience en raison de la mauvaise santé de l'accusé.Le verdict est attendu samedi après les plaidoiries de la défense.
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