Affaire Bamberski. Confronté à ses victimes, Krombach nie
Les récits ont beau s'accumuler, Dieter Krombach les nie tous. Comment ne pas croire les témoignages similaires de plusieurs jeunes femmes, vulnérables et mineures au moment des faits ? Sous des prétextes divers, le docteur Krombach leur a fait des intraveineuses qui les ont anesthésiées. Puis il a abusé d'elles. En 1985, Il a amené Joanna et Svenja Mauer, 14 et 15 ans, filles d'une patiente dépressive, en vacances. Il leur a administré des piqûres « fortifiantes » avant d'abuser de l'une d'elles et de demander l'autre en mariage puis de la gifler. Barbara Fermor a a raconté hier avoir été violée en 1994 dans le cabinet du médecin où elle faisait le ménage après une piqûre qui a anéanti sa résistance. Mardi, un policier allemand a produit une dizaine de plaintes déposées à la suite du tumulte médiatique provoqué par l'enlèvement commandité de Dieter Krombach, mais prescrites. Toutes mentionnaient le même processus opératoire. Des patientes se sont aussi plaintes de gestes déplacés lorsque le médecin, sanctionné en 1997 par deux ans de prison avec sursis et une interdiction d'exercice pour avoir violé une patiente de 16 ans sous anesthésie, faisait des remplacements. « ça ressemble beaucoup à une série », a fait remarquer Pierre Kramer, l'avocat général.
Forte dose de somnifères
Pourtant, Dieter Krombach, qui comparaît devant la justice française pour répondre de la mort suspecte en 1982, à son domicile de sa belle-fille Kalinka Bamberski, a une explication pour tout : l'une était « consentante et avait été payée par le père de Kalinka ». Les sœurs Mauer sont folles comme leur mère ».
Des analyses récentes sur les restes de Kalinka ont montré qu'elle avait reçu une forte dose de somnifères. Son père s'interroge sur la mansuétude de la justice allemande à l'égard d'un tel homme. Sa mère, qui a longtemps refusé la culpabilité de Dieter Krombach avec qui elle était remariée, s'interroge ouvertement. Et hier, Diana et Boris Krombach, les enfants du médecin allemand ont été autorisés à se constituer partie civile, la justice considérant qu'ils ont subi un préjudice personnel et direct dans cette affaire.
http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/15/1193416-affaire-bamberski-confronte-a-ses-victimes-krombach-nie.html
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