mardi 18 octobre 2011

Fillette défenestrée : traumatisée pour la vie

Les faits datent du 27 octobre 2002, à Dijon. Au milieu d’un repas de famille, une femme est prise d’un coup de folie. Elle saisit sa nièce paternelle par alliance, âgée de 8 ans, et la jette par la fenêtre du 4 e étage. Par miracle, la fillette est en vie ; sa chute a été amortie par un bosquet, au pied de l’immeuble. Néanmoins, elle est grièvement blessée. Elle souffre de plusieurs fractures ouvertes, de la section du nerf radial, d’un traumatisme abdominal avec fracture hépatique… Son état nécessite plusieurs séjours à l’hôpital, des interventions chirurgicales avec greffe de nerf, des anesthésies générales à répétition ; ses pansements sont tellement douloureux qu’ils doivent aussi être changés sous anesthésie…
Comme le retraçait hier la présidente de la cour d’assises Catherine Lathelier- Lombard, statuant aux côtés de deux magistrats professionnels, l’action pénale engagée contre la tante, qualifiée de tentative d’homicide, s’est soldée le 8 avril 2005, par une décision d’irresponsabilité, les experts ayant estimé que cette femme était atteinte, au moment des faits, d’un trouble neuropsychique ayant totalement aboli son discernement.

Un traitement adapté

Un traitement adapté lui ayant été administré, celle-ci a pu rapidement reprendre une « vie normale »…
Si l’action pénale s’est éteinte, la cour d’assises a toutefois reconnu la responsabilité civile de l’accusée. À ce titre, c’est son assurance, souscrite à ce titre, qui a pris le relais.
« Au moment des faits, la victime avait 8 ans ! Elle était en âge de comprendre ce qu’il lui arrivait ! Aujourd’hui, à 15 ans, elle conserve le souvenir traumatisant de cette chute. Au-delà des séquelles physiques et psychologiques qu’elle gardera toute sa vie, avec une incapacité permanente de 20 %, c’est ce préjudice particulier que je vous demande d’indemniser », a plaidé M e Patrick Portalis, face à M e Magali Montrichard, représentant la prévenue et son assureur.
La cour a en effet retenu un préjudice exceptionnel, en raison des circonstances particulières du crime : la défenestration par un proche. Le total des sommes allouées à la victime dépasse 100 000 €. Le versement de cette somme sera effectué à la mineure, sous le contrôle d’un juge des tutelles.
http://www.bienpublic.com/grand-dijon/2011/10/15/fillette-defenestree-traumatisee-pour-la-vie

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