mercredi 12 octobre 2011

Mort du petit Louis-Vincent : les accusées nient en bloc

Lourd climat hier devant le tribunal correctionnel de Versailles. La procureur, Clémence Meyer, a requis des peines de trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction d’exercer contre une infirmière de 27 ans, Aurore, et un an de prison avec sursis et deux ans d’interdiction professionnelle contre l’aide-puéricultrice de 26 ans, Delphine. Elles sont accusées d’avoir, le 1er janvier 2009, involontairement donné la mort au petit Louis-Vincent, 5 mois, alors qu’il séjournait dans l’unité pédiatrique de rééducation de Bullion.

Ce jour-là, vers 15h15, l’équipe qui relève ces jeunes femmes, constate que le bébé est au plus mal. Le petit Louis-Vincent attend dans cette chambre une greffe de l’intestin. Il est atteint d’une maladie rare qui lui interdit de s’alimenter normalement. Une intervention, jugée fiable à 80%, doit lui sauver la vie. L’infirmière remarque alors que la machine qui sert à nourrir artificiellement l’enfant, a été mal réglée. Le goutte-à-goutte affiche un débit de 411,6, soit une dose mortelle, alors qu’il devait être à 41,6. L’enfant mourra deux jours plus tard à l’hôpital Necker. L’expert médical souligne que le petit n’avait aucune chance de survivre à une telle surdose. La machine a été expertisée et fonctionnait parfaitement. A 13h2, Aurore et Delphine ont entré une valeur erronée sur le clavier.
Hier, devant le tribunal correctionnel de Versailles, Aurore et Delphine sont revenues sur ce qu’elles avaient dit durant l’instruction. Si, devant la juge, l’infirmière avait dit « on s’est trompé », hier les deux femmes ont affirmé n’avoir commis aucune faute. Elles affirment aujourd’hui qu’un bogue aurait déréglé la machine.
Pour changer la perfusion, elles devaient être à deux. Aurore s’occupait des tubes tandis que Delphine entrait les données. Cette dernière revenait d’un arrêt maladie et ne se souvenait plus de l’opération. Sa collègue devait la guider. « J’ai tapé les bons chiffres, je les ai relus sur le petit écran et j’ai validé avec l’accord d’Aurore », soutient Delphine. L’infirmière, Aurore, qui avait plus de 38 oC de fièvre ce jour-là, explique : « Je pense que j’ai été suffisamment vigilante, j’ai vu ses doigts taper sur le clavier. Pour moi, c’était bon. J’ai vu le chiffre à l’écran sans le voir. » Aucune des deux femmes n’a fait attention au bip de la machine, dix fois plus rapide que la normale. Sans doute en raison de la présence de trois autres bébés avec trois autres machines qui faisaient du bruit dans la chambre.
L’avocat des parents, Frédéric Champagne, souligne que ces « jeunes femmes ont raté leur rendez-vous » avec ses clients. « Il n’y avait pas de garde-fou sur cette machine, seulement la conscience professionnelle de ceux qui s’en occupent. Si l’une d’entre vous avait regardé l’écran, Louis-Vincent serait vivant », lâche-t-il. L’avocate de la défense, Me Pascale Pluchet-Balsan a demandé « l’indulgence, voire la relaxe des deux femmes », jugeant qu’il était infamant de les faire comparaître devant le tribunal. Le jugement a été mis en délibéré au 15 novembre prochain.
http://www.leparisien.fr/yvelines-78/mort-du-petit-louis-vincent-les-accusees-nient-en-bloc-12-10-2011-1649653.php

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