Il aura gardé la tête baissée sous le niveau du box des accusés, laissant parfois échapper les plaintes d’un homme en pleurs. Invisible, Mickaël Brenière n’aura pas dit un mot hier, à l’occasion du deuxième et dernier jour d’audience de cette session d’assises de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Il y était accusé de viol sur mineur de 15 ans. Des faits qui datent de l’été 2004. Lui avait 28 ans à cette époque où il avait été embauché par la mère de la victime pour faire les marchés. Et vendait des saucissons à travers la région. À l’époque, la fille de sa patronne a 11 ans, bientôt 12. Elle se pose naturellement beaucoup de questions sur la sexualité auxquelles Mickaël Brenière s’empresse de répondre. De juillet à fin septembre 2004, c’est à l’occasion de trajets en voiture qu’il aura abusé de la jeune adolescente à plusieurs reprises. Six ou sept fois pour un acte sexuel complet, à deux reprises pour des fellations. C’est cette chronologie que M e Charline Bonnot a reprise dans sa plaidoirie. « Elle le suivait dans ses déplacements et c’est à l’occasion du retour, alors que M. Brenière la raccompagnait chez ses grands-parents, qu’il a abusé d’elle ». Au cours du premier jour, l’accusé avait été entendu. « Il a répondu que les rapports étaient normaux, les fellations normales. Non, pas avec une fillette de 11 ans » a insisté l’avocate de la partie civile. La première fois, c’était dans un camion frigorifique. Lui n’avait plus de relations sexuelles avec sa compagne qui venait d’accoucher en juillet 2004 de son deuxième enfant, « et a pris ce qu’il avait sous la main » s’indigne l’avocate.
Au fil de l’été, les faits se répètent. Et toute la question se pose sur la qualification de viol. Pour M e Bonnot, « il en a usé et abusé en la raccompagnant. À 11 ans, on ne peut pas donner son consentement à une relation sexuelle. C’était à lui de dire non à ce qui s’est passé ». L’avocat général, Mme Perrin, ne dira pas autre chose. « C’est lui qui s’arrêtait dans les chemins, dans les bois et lui expliquait les choses de la sexualité ».
Le 20 avril 2007, le tribunal de Lure s’était déclaré incompétent pour juger cette affaire d’atteinte sexuelle sur mineure, renvoyant ce douloureux dossier à l’instruction. Cette hésitation, M e Thomas s’en est saisie pour instiller le doute quant à la qualification des faits, et donc, de l’importance de la peine. « Elle paraissait 16 ans selon son grand-père, elle se maquillait », a-t-elle ajouté. Sans démolir la crédibilité de la petite fille de l’époque, l’avocate est bien obligée de voir l’intérêt de son client qui affirme que les actes n’ont pas été réalisés sous la contrainte. Et a fait mouche auprès des jurés. Ces derniers ont qualifié les faits d’atteinte sexuelle par personne ayant autorité. Et condamné le père de trois enfants à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis, obligation d’indemniser la victime. Il a été incarcéré à l’issue de l’audience.
http://www.estrepublicain.fr/justice/2011/10/18/pas-un-violeur-mais-un-delinquant-sexuel-1
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