samedi 15 octobre 2011

Un trio jugé devant les assises : ils allaient "chercher l’argent là où il y en a"

Trois individus jugés pour vol avec arme, violence et séquestration d’une artiste, à Montpellier, en mai 2009.
"J’avais de gros problèmes financiers, un loyer à payer. J’ai dit à Climent : “Je vais chercher de l’argent là où il y en aura”. Il m’a suivi, après on a croisé Hannani, qui est venu", raconte Antoine Ruban.

Et le trio ainsi constitué, jugé jusqu’à demain par la cour d’assises, se met en quête d’une maison cossue, ce 14 mai 2009, au matin, à Montpellier. Leur choix se porte sur la villa d’un couple avec piscine et trois voitures. Ils attendent que le mari, architecte, parte au travail et que la femme, artiste peintre, soit seule.
"On s’est réparti les rôles. Le mien, c’était de sonner et de me faire passer pour le facteur", explique Christopher Climent. Ses complices, visages camouflés, Ruban brandissant une arme, agressent la victime qui ouvre et la poussent chez elle. "On cherchait ce qui avait de la valeur ; j’ai trouvé son sac à main mais j’étais pris de panique", assure Mohamed Hannani.
La victime n'a pas souhaité assister au procès
Le ton monte lorsque l’artiste, terrorisée, en pleurs, criant, tente de s’échapper. "Hannani l’a ceinturée et l’a ramenée, poursuit Ruban, le plus prolixe en paroles. J’ai pointé l’arme sur son genou et je lui ai dit : “Ne faites plus jamais ça sinon je vous rendrais handicapée”. Mais l’arme (jamais retrouvée, NDLR) était factice." Il conteste, en revanche, les coups et les menaces évoqués par la victime. Puis c’est Climent qui s’énerve.
"C’était le plus agressif, il était très agressif. Il a sauté sur moi avec un club de golf", dira plus tard la femme, qui, encore traumatisée, n’a pas voulu assister au procès.
"Je me suis muni d’un club de golf pour la menacer et partir au plus vite car on mettait beaucoup de temps à obtenir les codes des cartes bancaires", se défend Climent.
Pourtant, Ruban intervient pour le calmer, évitant que tout dégénère. Puis, avec l’aide d’Hannani, ils montent l’artiste-peintre à l’étage, alors que celle-ci a déjà fait deux malaises, et l’enferme dans les toilettes en la “saucissonnant” avec des fils électriques. Ils bloquent alors la porte avec un balai et s’enfuient. Ils retirent de l’argent avec les cartes volées, Ruban garde 700 €, ses complices 250 €, même si Climent utilise une autre carte pour faire des emplettes, chez Lacoste notamment.
"Finalement, vous avez commis cette agression parce que Ruban avait besoin de payer un loyer ?", ironise le président Cayrol, en interrogeant Hannani.
"Il avait besoin d’argent... Mais il m’a pas forcé."
http://www.midilibre.fr/2011/10/11/je-vais-chercher-l-argent-la-ou-il-y-en-a,400878.php

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