dimanche 6 novembre 2011

Drame de Saint-Rémy : huit mois avec sursis requis contre le maire

Le maire de Saint-Rémy a comparu, hier après-midi, devant le tribunal correctionnel de Rodez. Il a été jugé pour homicide involontaire après l'accident qui, le 7 janvier dernier, a coûté la vie à un ado de 15 ans. Le jugement sera rendu le 7 décembre.
C'est dans une salle d'audience pleine à craquer que s'est tenue, ce mercredi après-midi, l'audience du tribunal correctionnel de Rodez. Motif de cette affluence : une affaire qui, pendant les premiers mois de cette année 2011, a défrayé la chronique dans l'ouest du département. Il s'agit de l'accident de la circulation qui, le 7 janvier, à Saint-Rémy, a coûté la vie à Benjamin, un adolescent de 15 ans qui circulait en scooter. Un drame dont le maire de la commune, Jean-Pierre Pouzoulet, est soupçonné d'être le responsable.
Son procès s'est donc déroulé en présence de nombreuses personnes venues soutenir la maman de la victime et ses proches, constitués partie civile. Preuve qu'aujourd'hui encore, cette affaire cause un vif émoi à Saint-Rémy où, même si la tension a baissé d'un cran, la population s'est scindée en deux camps (cf. « La Dépêche du Midi » de ce mardi).

Pour la défense, il manque un « lien de causalité »

Autant dire que certaines déclarations du prévenu et des éléments de plaidoirie des avocats de la défense ont causé quelques brouhahas dans les rangs du public, obligeant la présidente du tribunal à plusieurs rappels à l'ordre. Notamment lorsque le prévenu, après être revenu longuement sur le détail de cette sinistre soirée de janvier, s'est dédouané de sa responsabilité. Ou encore quand Mes Aoust et Pons ont demandé la relaxe de leur client en expliquant que ce dernier ne peut être poursuivi pour avoir causé involontairement la mort de l'adolescent en ne respectant pas une signalisation routière qu'ils estiment « non conforme ». Et aussi parce que rien, dans le dossier, ne prouve que le scooter et la voiture sont entrés en collision. Bref, sans « lien de causalité », difficile, à leurs yeux, de condamner le prévenu.
Une position évidemment à l'opposé de celle de la partie civile, représentée par Me Rastoul, et du ministère public. Tant pour le conseil de la maman de la victime, de son compagnon et des membres de sa famille, que pour le substitut du procureur Yves Gallégo, Jean-Pierre Pouzoulet est « responsable » de l'accident. De ces deux c ôtés du prétoire, il a été question de l'infraction commise par le prévenu - il a tourné à gauche à un carrefour en dépit d'un panneau l'interdisant - et de l'assurance formelle que l'engin de la victime, et notamment son phare, était en parfait état de marche.

« Il n'est pas conscient du drame qu'il a provoqué »

Me Rastoul et Yves Gallégo ont donc demandé la condamnation de Jean-Pierre Pouzoulet qui, selon l'avocat, « n'est pas conscient du drame qu'il a provoqué ». Le ministère public a requis huit mois de prison avec sursis, l'annulation du permis de conduire du maire de Saint-Rémy avec interdiction de le repasser pendant un an, et 500 € d'amende.
Le tribunal rendra son jugement le 7 décembre prochain.
http://www.ladepeche.fr/article/2011/11/03/1207093-drame-de-saint-remy-huit-mois-avec-sursis-requis-contre-le-maire.html

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