Je me suis mis au volant, mon collègue m'a crié qu'il y avait un enfant dans la voiture, la dame m'a supplié de pouvoir récupérer l'enfant et on est parti". Voilà, en quelques phrases d'Abdelkrim Ladjialia, résumé le vol avec arme du 4X4 Touareg d'une mère de famille, sur le parking d'un supermarché d'Aix, route de Berre. Marie venait de finir ses courses, fin mars 2008, elle avait installé sa fille de 7 ans sur la banquette et allait charger ses paquets dans la malle arrière lorsqu'un homme lui a mis un calibre sur le front et arraché ses clés. L'agression n'a pas duré plus de quelques minutes.
"On est passé devant la voiture, on a pris celle-là au hasard. On n'avait pas vu, pour la petite. Je suis désolé, vraiment". Depuis son interpellation, Abdelkrim a toujours nié les faits. "Là, bon... je confirme que c'est moi", dit-il, depuis le box où il comparaît détenu, à la suite d'une condamnation pour un autre vol en réunion. Il a pris cinq ans d'emprisonnement dont quatre ferme, pour un autre vol aggravé.
"Adolescent turbulent"
"J'ai eu le temps de prendre ma fille qui n'avait pas encore attaché sa ceinture, par le hayon arrière", avait raconté Marie aux policiers, regardant son 4X4 quitter le parking. "Qui était avec vous ?", demande la présidente Stelina Boresi au prévenu. "Cette personne est décédée", résume Ladjialia, en évoquant, au présent, le gabarit de son complice. "Il est grand comme moi", dit-il notamment.
Après le vol avec arme, les braqueurs n'étaient pas partis bien loin. "À hauteur d'Aix les Milles, vous croisez une voiture de police", poursuit la juge. Le prévenu continue : "J'ai perdu le contrôle de la voiture, on a eu un accident". Le 4X4 termine sa course sur un rond-point, laissé à l'état d'épave. Abdelkrim finit la sienne peu après. "A-t-on opportunément choisi de s'en prendre à une jeune femme ? Le prévenu, dit-il, est pris de compassion pour une mère qui supplie qu'on lui rende sa fille... Mais les explications de la victime sont éloquentes sur la violence de l'agression", relève d'emblée le procureur Morgane Le Donche.
Une peine de sept ans d'emprisonnement
"Compte tenu du casier du prévenu, il ne s'agit pas pour moi d'un épisode isolé de délinquance, pour lequel une confusion des peines pourraitêtre prononcée". Elle requiert ensuite une peine de six années d'emprisonnement, avec mandat de dépôt. Des réquisitions qui inquiètent, en défense, Me Alain Baduel. L'avocat d'Abdelkrim Ladjialia évoque "un comportement de fin de parcours", et un contexte familial particulier : "Un père qui retourne en Algérie, laissant femme et enfants en France. Et une mère qui n'arrive plus à gérer cet adolescent turbulent".
L'avocat de ce jeune martégal, "en grande difficulté à l'époque, venu à Aix où il commet coup sur coup deux faits délictueux de vol avec arme", demande de ne pas l'envoyer dix ans en prison : "Restons dans la limite de ce que la répression peut vouloir dire, ne fabriquons pas un pur produit de la détention". Abdelkrim Ladjialia sera reconnu coupable et condamné à la peine de sept ans d'emprisonnement, confondue à hauteur de trois ans avec la peine qu'il effectue déjà.
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/aix-il-avait-braque-la-mere-devant-sa-fillette-de-7-ans
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