Un homme a failli être égorgé, lundi, par un compagnon de boisson, dans le quartier des Minimes. Ce soir-là, vers 22 heures, les deux hommes sont dans un immeuble. Ils décident d'acheter du cannabis, moyennant une participation de 20 € chacun. « Il (N.D.L.R., la victime) a commencé à s'énerver et à me dire qu'une fois qu'il aurait donné l'argent, je partirais avec, a expliqué le prévenu de 40 ans, devant le tribunal correctionnel. Ensuite il a sorti un couteau. » Ni une, ni deux, se sentant agressé, « je lui ai fait un croche-patte et je l'ai poussé vers l'avant dans les escaliers. Il y avait cinq marches. »
Alors que son vis-à-vis est au sol, il lui prend le couteau, une arme de combat utilisée par l'armée suédoise. Il lui met sous la gorge et lui fait une sérieuse entaille qui nécessitera des points de suture. « Vous lui écrasez aussi les lunettes, a souligné la présidente Rivière. Et vous le laissez alors qu'il est en train de saigner. »
Légitime défense
Le prévenu, qui peine à articuler, justifie : « Je ne vois pas qu'il y a du sang. » Arrivé chez un ami, il reçoit le SMS d'une voisine. « Je suis revenu aussitôt chez moi, j'ai vu les traces de sang et de pas, j'ai eu peur. »Les deux hommes avaient copieusement arrosé leur journée. « J'avais bu 3-4 bières », concède le quadragénaire. Sa victime, elle, présente un taux de 2,38 grammes d'alcool par litre de sang.
Pour Me Vercellone, l'avocat du prévenu, il s'agit de « légitime défense, lorsque l'autre sort le couteau. Et à la fin, ça dérape. » Et de souligner la fragilité de son client : « Ce qu'il faut, c'est aider cet homme » dépendant au Subutex.
Le procureur Hebert en revanche ne voit pas de légitime défense. Et de citer le témoignage d'un voisin qui, dans l'ascenseur, a vu le prévenu « mimer avec ses mains l'étranglement » de la victime. Alors qu'un an de prison ferme avait été requis, il a été condamné à douze mois de prison dont six avec sursis mise à l'épreuve. Il est reparti à la prison de Seysses.
http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/31/1320058-bagarre-d-ivrogne-il-manque-de-l-egorger.html
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire