samedi 7 avril 2012

Rennes. 15 ans de prison pour le meurtrier de la rue de la Soif

La partie civile et l’accusation ont dénoncé les mensonges de l’accusé qui a affirmé durant les trois jours de procès qu’il n’avait pas voulu tuer l’étudiant, poignardé à Rennes, en janvier 2009. Celui-ci a été condamné vendredi soir à 15 ans de réclusion criminelle.
Les faits sont avoués. L’ADN retrouvé sous les ongles de la victime ne laisse aucun doute sur l’identité de l’auteur des coups de couteau. Plusieurs témoins, présents ce soir-là rue Saint-Michel, à Rennes, reconnaissent Christopher Gaulais comme l’agresseur de Mathieu Laudren, l’étudiant de 24 ans, mort le jeudi 15 janvier 2009 lors d’une rixe. Restait à savoir si l’accusé avait voulu donner la mort en poignardant à douze reprises son adversaire.
« La rue de la Soif est devenue ce soir-là la rue de la mort. » Me Philippe Simoneau, un des avocats de la partie civile, ne doute pas une seconde que les coups de couteau ont été assénés pour tuer. « Douze coups, juste pour piquer et faire lâcher Mathieu ? Sûrement pas », tonne l’avocat.
L’avocat général sème le trouble
Son confrère lillois, Me Franck Berton, exhorte l’accusé à se confier : « Vous avez un devoir envers la famille de Mathieu : celui de lui donner la vérité, de lui dire pourquoi vous lui avez enlevé cet enfant. » Puis à l’adresse des jurés : « Si vous essayez de m’expliquer que donner douze coups de couteau à un gamin, ce n’est pas un meurtre, la justice est morte. »
L’avocat général, Stéphane Cantero, avait semé le trouble dans la matinée en évoquant « des coups mortels ». Stupéfaction chez les avocats de la partie civile et de la défense qui se sont affrontés pendant deux jours et demi sur les bases d’un meurtre, puni par 30 ans de réclusion et non pas par 20 ans comme pour des coups mortels. Durant son réquisitoire, l’accusation a pu préciser sa pensée.
« Il n’a pas voulu tuer »
« L’accusé dit qu’il ne voulait pas tuer, a résumé le magistrat. Selon lui, il serait presque dans la légitime défense. Il est le seul à raconter cette histoire. C’est faux. Tous les témoins le contredisent. » Christopher Gaulais a effectivement toujours soutenu que les coups de couteau avaient été donnés pour faire lâcher prise à la victime qui s’agrippait.
« Mathieu est le contraire de l’accusé, analyse Stéphane Cantero. Gaulais est en échec scolaire, affectif, amical. Mathieu est entouré d’amis, a repris ses études et a tout l’avenir devant lui. Il représente tout ce que l’autre n’est pas. » Peine requise : de 15 à 18 ans de réclusion.
« Nous avons la conviction que Christopher Gaulais n’a jamais voulu tuer, a répondu Me Catherine Glon, pour la défense. La perception des témoins, qui avaient bu, ne se rapporte qu’à leurs propres codes. Et Christopher, lui aussi, était ivre. »
La cour d’assises a rendu sa décision en soirée : 15 ans de réclusion criminelle.

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