jeudi 28 mai 2015

Affaire Bettencourt: prison ferme pour le gestionnaire de fortune et l’ex-confident, Woerth relaxé

Outreau : à la barre, la PJ de Lille revient sur l'enquête

Dès 2002, la police judiciaire de Lille avait conclu qu'il n'y avait dans le dossier Outreau ni meurtre, ni piste belge, ni réseau pédophile. L'ancien directeur d'enquête a témoigné jeudi au procès de Daniel Legrand, l'un des anciens acquittés de l'affaire, pour des accusations non encore jugées. Dans le rapport de synthèse de la PJ de Lille, "il y avait deux certitudes : le meurtre (d'une petite fille, des aveux sur lesquels Daniel Legrand fils reviendra rapidement, NDLR) n'existe pas et la piste belge de réseau pédophile et de trafic de cassettes (pédophiles) n'existe pas", a expliqué à la barre François-Xavier Masson, dont le service avait été chargé, en cours d'instruction, de participer à l'enquête.
Daniel Legrand et son père homonyme ont été impliqués à la suite de la retranscription, par l'assistante familiale de l'un des enfants victimes de viols, d'un surnom, "Dany Legrand", associé en outre à la Belgique. La mère de cet enfant, Myriam Badaoui, qui reconnaissait avoir violé ses fils avec son mari, avait ensuite corroboré le nom puis décrit, au juge d'instruction Fabrice Burgaud, ce "Legrand" comme un "patron de sex-shop", "chef de réseau" et propriétaire d'une maison où se déroulaient des viols pédophiles en Belgique.

"À mille lieues d'un dangereux pédophile"

Il y avait un "décalage entre l'image qui nous était donnée de propriétaire de sex-shop, d'une maison en Belgique, violant et abusant des enfants, dirigeant presque un réseau... et puis, sur le déroulé, de la garde à vue, c'est une image complètement différente que nous avons, quelqu'un qui est extrêmement simple, à mille lieues d'un dangereux pédophile international", a indiqué François-Xavier Masson. "On a parole contre parole, pas d'indice matériel", a-t-il ajouté. "Il s'agissait de faire le tri dans ce que disaient les enfants, dans ce que corroboraient les adultes, déceler le vrai du faux en l'absence d'éléments matériels, puisque c'est la grande difficulté dans les affaires de pédophilie."
"Lorsque l'épisode (de l'aveu, NDLR) du meurtre a eu lieu, c'était un basculement", a souligné François-Xavier Masson. "Je me souviens avoir eu cette réflexion : ou ce meurtre est vrai, et l'affaire Outreau tient, ou il n'est pas vrai, et ça s'effondre." "Notre grand drame à nous (son service d'alors à la PJ de Lille), c'est que nous n'avons jamais eu en face de nous Myriam Badaoui et les principaux accusateurs (entendus directement par le juge d'instruction)", a-t-il encore déclaré.
http://www.lepoint.fr/justice/outreau-a-la-barre-la-pj-de-lille-revient-sur-l-enquete-28-05-2015-1931790_2386.php

Jugé aux assises à Nice, l'ex-douanier victime d'un "complot"?

Depuis mardi devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes, Lanouar Ben Mohamed a contesté les dépositions de policiers et les rapports d'experts, pris à partie un éminent toxicologue et un professeur réputé de médecine légale.
>> RELIRE. Assises: l'ex-douanier a-t-il tué sa compagne parce qu'elle voulait le quitter?
"Durant l'instruction", complète jeudi matin le président Thierry Fusina, "il a mis en cause les laboratoires pharmaceutiques, déposé plainte contre l'un de ses avocats".
L'ancien douanier, qui invoque implicitement la thèse du complot, est-il paranoïaque? "Il s'enferme peut-être dans un mécanisme de défense le protègeant de l'insoutenable (la trentaine de coups de couteau qu'il a portée à sa compagne)", répond à la barre le docteur Saget.
Ce psychiatre note une "personnalité rigide et narcissique, n'exprimant aucun regret envers la victime".
Contrairement à ce que prétend l'accusé, l'expert ne croit pas que la prise de Lexomil -"à une posologie restant dans la norme"- ait pu provoquer le crime.
>> RELIRE. Assises à Nice: "Le Lexomil, ce monstre qui m'a rendu fou"
"Après les faits", souligne le docteur Saget, "Ben Mohamed n'était ni prostré ni agoraphobe. Il était suffisamment lucide pour prendre en charge sa fille puis se rendre au commissariat".
"Dans cette affaire, c'est lui la victime", complète le psychologue Danny Borgogno en décrivant "un homme d'intelligence normale moyenne, sans aucune critique envers son comportement", une "personnalité mal construite et égocentrée qui a sans doute jugée insupportable d'être congédiée (par la victime)".
http://www.nicematin.com/nice/juge-aux-assises-a-nice-lex-douanier-victime-dun-complot.2230658.html

Procès Outreau : Daniel Legrand est content d'entendre la vérité


Procès Outreau : Daniel Legrand est content d... par leparisien

mercredi 27 mai 2015

Outreau : Myriam Badaoui ne connaît Daniel Legrand «ni d'Ève ni d'Adam»

Comme elle l'avait fait lors du procès de Paris, en 2005, Myriam Badaoui est venue hier à Rennes disculper Daniel Legrand, jugé pour la troisième fois dans l'affaire d'Outreau. Méconnaissable - elle a perdu au moins 20 kg - , les cheveux serrés dans un foulard beige, la mère de Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, parties civiles, a clairement affirmé que l'accusé était innocent: «Ce jeune homme, je le connais ni d'Eve ni d'Adam. On lui a retiré sa jeunesse à cause de mensonges, surtout des miens». Contrairement à la plupart des 17 accusés renvoyés devant les assises - treize seront acquittés -, Daniel Legrand n'avait, en effet, jamais été désigné par les enfants qu'il lui est reproché d'avoir violés.
Selon Mme Badaoui, dont le propos se noie souvent dans un torrent de larmes, tous les faits criminels qu'elle avait relatés en mettant en cause Daniel Legrand et feu son père, qui portait le même prénom, sont issus de son imagination. Un exemple: «Le père m'enc... pendant que le fils tenait le sex-shop» de la rue des Religieuses anglaises, à Boulogne-sur-Mer. L'établissement existe, puisque le mari de Mme Badaoui en était l'un des meilleurs clients; mais le malheureux Daniel Legrand père, métallier qui se tuait au travail, n'en a jamais été le propriétaire, pas plus que son fils, âgé de 15 ans à l'époque où la scène se serait produite, n'y fut jamais employé.

Il ressort de la longue audition de la mère indigne de la Tour du Renard que ses relations avec le juge Burgaud, tout au long de l'instruction, étaient fortement dévoyées. Cette femme, dont la vie est d'une tristesse à pleurer, avait eu, pour la première fois, l'impression que quelqu'un s'intéressait à elle. Du coup, poursuit-elle, elle disait au magistrat ce qu'il voulait entendre. Sinon, il n'était «pas content» et «tapait du poing» sur la table: «Je repartais dans mes délires», dit-elle. Comprendre: elle rectifiait ses déclarations pour les faire coller avec ce que le magistrat avait déjà collecté, auprès de ses enfants notamment, dont elle avait la hantise qu'ils puissent être traités de menteurs.«J'ai menti, je m'excuse auprès de Daniel Legrand, auprès de tout le monde, auprès de mes enfants, pleurniche le témoin. Mais je veux plus mentir pour faire plaisir. Le juge, il m'a bouffé ma vie».
Jonathan demande à parler à sa mère. Il se place face à elle, qui fut condamnée pour l'avoir violé avec son père. Bouleversé, les poings serrés au fond de ses poches, la gorge nouée, il aspire de petites goulées de l'air surchauffé du prétoire pour ralentir son coeur dont on devine qu'il bat la chamade. Comme mardi à son père, il demande à sa mère si elle maintient qu'il n'y avait que quatre adultes violeurs (ses parents et un couple de voisins), quatre enfants victimes (Chérif, Dimitri, Jonathan et leur frère Dylan, qui ne s'est pas constitué partie civile), que les viols n'étaient pas filmés. Myriam Badaoui confirme en sanglotant. Le jeune homme ne l'exhorte pas à livrer les noms d'autres coupables, bien qu'il pense qu'il y en a: il reprend calmement sa place.

Un peu plus tard, Me Frank Berton, l'un des avocats de Daniel Legrand, presse le témoin: «C'est Jonathan qui dit la vérité ou c'est vous? Que pouvez-vous lui dire?»
Myriam Badaoui, à son tour, prend sa respiration. D'un trait, elle lâche: «J'ai beaucoup menti, beaucoup détruit. J'étais dégoûtée de ma vie. Avec M. Burgaud, j'étais devenue quelqu'un. Mais on construit pas sa vie sur des mensonges, car ils vous rattrapent toujours. J'espère du fond du coeur, Jonathan, qu'un jour, mon fils - car tu restes mon fils même si pour toi je ne suis plus ta mère -, j'espère, mon garçon, qu'un jour tu comprendras que le mensonge détruit, et qu'il ne construit pas».
À cet instant on s'interroge sur la nature de ce procès d'un homme, Daniel Legrand, acquitté comme majeur et rejugé pour la même chose en tant que mineur, alors que l'arrêt de renvoi ne précise pas pour quels faits précis il comparaît. Cela ressemble davantage, finalement, à une sorte de thérapie familiale publique polluée par un maigre troupeau de révisionnistes judiciaires, adeptes obsessionnels du grand complot pédocriminel. Une thérapie où seraient conviés Daniel Legrand, témoins, presse et public. Il n'est pas certain que la cour d'assises soit le lieu le plus adapté pour ce genre de catharsis.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/05/27/01016-20150527ARTFIG00204-myriam-badaoui-ne-connait-daniel-legrand-ni-d-ve-ni-d-adam.php

Décès d'un patient : un an d'interdiction d'exercer requis contre le chirurgien

Jean-Noël Borowezyk était venu pour une infection urinaire. Mais l'ex-boxeur montalbanais de 47 ans n'est jamais rentré à la maison. Il est décédé en septembre 2010 des suites d'une intervention chirurgicale à la clinique du Pont de Chaume de Montauban. Le chirurgien qui l'a opéré comparaissait hier pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de la même ville (lire aussi notre édition d'hier).
Le ministère public a requis dix-huit mois de prison avec sursis à son encontre, ainsi qu'un an d'interdiction d'exercer. Au terme de près de trois heures d'audience, le jugement a été mis en délibéré au 30 juin.
Le Dr Laurent Goldblatt était donc jugé pour avoir commis un «mauvais geste opératoire» après l'ablation d'un rein. En agrafant par erreur deux artères, le praticien a provoqué une nécrose d'organes vitaux. Elle a été fatale au patient qui a succombé après deux jours d'agonie.

Faute selon le tribunal, «accident inhérent» pour la défense

Dans son échange avec le président du tribunal, l'urologue admet cette seule erreur technique avec les agrafes. En revanche, il réfute toutes les autres accusations. A commencer par le diagnostic qu'il a posé : «Il est plus facile d'enlever un rein que de le réparer», assure-t-il. Le chirurgien a justifié ensuite le fait de ne pas s'être déplacé au chevet du patient qui commençait à souffrir le martyre dans son lit. «Pour moi, l'intervention s'était déroulée sans problème. Une autre équipe médicale était chargée du suivi.» Pas question non plus de laisser planer un doute sur sa compétence à pratiquer ce type d'intervention. «Ici, on est à Montauban. Il y a des choses qu'on ne fait pas tout le temps dans la vie. Ce n'est pas pour cela qu'on ne doit pas se sentir en capacité de les faire.»
Très combatif à la barre du tribunal, le prévenu s'est adressé aussi à la famille. «J'ai toujours agi avec beaucoup d'honnêteté et de professionnalisme. Je n'ai pas agi par négligence» a-t-il dit aux trois enfants et aux sœurs. Pour la défense, Me François Musset a plaidé pour un «authentique spécialiste. On n'a pas à faire à un débutant. C'est un accident. Une cause rare, mais inhérente à ce type d'intervention.»
Bien évidemment, les avocats des parties civiles, Me Courtois pour les enfants et Me Frédérique Turelle-Bayol pour les sœurs sont sur un tout autre registre. «Il n'y avait aucune urgence à pratiquer cette ablation qui a été décidée au dernier moment. Peut-on parler, dans ces conditions, de consentement ?» 15 000 € seront demandés pour chacune des deux sœurs, ainsi que 35 000 € pour chacun des trois enfants et 80 000 € au titre des souffrances endurées et morales. La Caisse d'assurance maladie s'était également portée partie civile pour un montant avoisinant les 6 000 €.
De son côté, le représentant du parquet a estimé qu'il avait eu «faute», tout en s'appuyant sur les rapports d'expertise. «Une succession même de fautes, d'imprudence et négligence», a-t-il poursuivi avant de requérir dix-huit mois de prison avec sursis et un an d'interdiction d'exercer contre le chirurgien. La famille qui se bat depuis cinq ans pour que ce procès ait lieu va maintenant attendre le verdict qui sera prononcé le 30 juin.

http://www.ladepeche.fr/article/2015/05/27/2112619-un-an-d-interdiction-d-exercer-requis-contre-le-chirurgien.html

Nouveau procès Outreau : Myriam Badaoui disculpe à son tour Daniel Legrand

Myriam Badaoui, mère de quatre garçons violés par elle et son ex-mari Thierry Delay, dont le calvaire est à l'origine de l'affaire Outreau, a disculpé Daniel Legrand, un des acquittés d'Outreau mercredi.
Le témoignage de Myriam Badaoui à la cours d'assises de Rennes était très attendu. Après son ex-mari Thierry Delay, elle a à son tour disculpé, ce mercredi matin, Daniel Legrand, poursuivi pour des accusations encore non jugées de viols qu'il aurait commis lorsqu'il était mineur.
"Ce jeune-là, je le connais ni d'Eve ni d'Adam, on l'a retiré de son enfance à cause de mes mensonges... pas que les miens mais surtout les miens", a déclaré Mme Badaoui en pleurant dès le début de son témoignage. "Ce jeune homme n'a rien demandé à personne je lui ai brisé sa vie, c'est tout ce que j'ai à dire".
Arrivée au tribunal la tête dissimulée sous une couverture peu avant 9h, elle avait immédiatement été conduite au local des témoins avant d'être conduite à la barre à la reprise de l'audience. Très amincie par rapport à son apparence au moment des procès, elle portait en entrant deux capuches l'une sur l'autre et n'a accepté d'en baisser qu'une seule pour témoigner.
La "reine Myriam" ne souhaitait pas être filmée ni photographiée
Dès mardi, celle qui avait été surnommée la "reine Myriam" tant ses déclarations avaient pesé sur les deux mois d'audience du premier procès "Outreau" à Saint-Omer en 2004, avait fait savoir, via le parquet général de Rennes, qu'elle ne souhaitait être, ni filmée ni photographiée.
Condamnée en 2004 à 15 ans de réclusion criminelle pour les viols de ses fils, elle a été libérée en 2011 après avoir purgé les deux-tiers de sa peine. Mardi, son ex-mari Thierry Delay, condamné à vingt de réclusion pour les viols de ses enfants, a disculpé Daniel Legrand de ces crimes lors d'un témoignage par vidéoconférence, alors que deux de ses fils partie civiles, Chérif et Jonathan, affirment que M. Legrand faisait partie de leurs agresseurs lorsqu'il était mineur.
En 2004 puis 2005, Mme Badaoui avait déjà disculpé Daniel Legrand et son père.
 

mardi 26 mai 2015

Meurtre dans une truffière en 2010: la peur pour seul mobile

La peur. Le mot est revenu tel un leitmotiv au premier jour du procès d'un agriculteur devant les assises de la Drôme, pour tenter de justifier le meurtre, fin 2010 à Grignan, d'un homme surpris dans sa truffière.
"J'ai commis un acte irréparable. On a beau avoir un fusil, on est mort de trouille. J'ai beau connaître mes parcelles et le moindre arbre par coeur, quand il fait nuit on est en terrain hostile", confie l'accusé, Laurent Rambaud, 37 ans, veste sombre, chemise et jeans bleus.
"On" c'est lui, l'agriculteur hyperactif à l'époque des faits. A Grignan, où sa famille est une des plus anciennes et respectées, il fait dans la lavande, les vignes, les céréales et les truffes. Il est aussi président des Jeunes Agriculteurs de la Drôme, pompier volontaire, membre de la Chambre d'agriculture et d'associations locales, décrit comme "un bon fils, un bon père et un bon mari" par l'enquêteur de personnalité.
Des témoins ne tarissent pas d'éloges, comme l'expert-psychiatre, Renée-Hélène Bellon, qui rencontre l'accusé trois semaines après les faits. "Il vivait dans la peur de rencontrer ces personnes (des voleurs de truffes, ndlr). Ce n'est pas quelqu'un d'impulsif ou d'instable, c'est quelqu'un qui réagit", affirme Mme Bellon.
Sa vie bascule le soir du 20 décembre 2010, quelques jours avant les fêtes et en pleine "psychose" au pays des "diamants noirs", qui se négocient entre 800 et 1.000 euros le kilo. Vers 18H00, alors que la nuit est tombée, il sort, armé d'un fusil à pompe, vérifier si personne ne vole dans sa truffière.

- 'J'ai pensé qu'il était armé, j'ai tiré' -

Après avoir traversé plusieurs parcelles, il surprend un homme accompagné d'un chien et qui tient dans une main ce qui s'avérera finalement une petite pioche. Le prenant pour un voleur, Laurent Rambaud ouvre le feu à une quinzaine de mètres de distance.
Puis tire un second coup. La victime s'était relevée avant de s'écrouler morte quelques mètres plus loin. Elle sera vite identifiée: Ernest Pardo, 43 ans, brancardier à l'hôpital de Montélimar et très connu localement comme chercheur de truffes chevronné.
"J'ai pensé qu'il était armé, j'ai tiré le premier", dira-t-il à la psychologue clinicienne Catherine Benoît-Gervais. Pour elle, l'accusé a pu avoir une "hallucination" et voir une arme, dans ce contexte de peur, de vols subis depuis plusieurs années, sans compter la fois où, selon ses dires, on tenta de lui foncer dessus en voiture.
"Quand on a peur, on a deux types de réactions. Soit on est enfermé et paralysé, soit on essaie de la dépasser en allant à sa rencontre", explique la psychologue. Et de conclure que Laurent Rambaud, pas pompier par hasard, a choisi la deuxième option.
Une thèse qui ne sied pas aux avocats de la partie civile ni à l'avocat général Gilbert Emery, pour qui la "peur" aurait dû le retenir.
Appelé à la barre, Bruno Durieux, maire de Grignan depuis 20 ans, vante d'un ton affable les mérites de la famille Rambaud, "attachée aux valeurs d'honnêteté et très engagée dans la vie du village".
Il évoque aussi deux graves agressions survenues deux à trois ans avant le drame. Chez un couple de Belges, violemment séquestrés pour leurs truffes. Puis chez des agriculteurs braqués par trois personnes encagoulées. Le propriétaire réussira à les mettre en fuite en sortant son fusil, non chargé.
"Depuis cinq à huit ans, il y a avait une nette aggravation des vols, qui devenaient plus fréquents, avec des méthodes de professionnels", relate l'élu, même si "ce n'était pas Chicago".
"J'ai des vestes sombres et des souliers maquillés. Ma mère porte une bombe lacrymogène quand elle part truffer", confie l'accusé.
Lors de sa détention provisoire, il s'était "auto-puni" en refusant les promenades ou de faire du sport, raconte son avocat, Me Alain Fort. Embauché pour passer le balai en prison, il gagnait 200 euros par mois, un pécule qu'il a voulu reverser intégralement aux trois enfants de sa victime, sans succès.
Verdict vendredi.

http://www.lepoint.fr/societe/meurtre-dans-une-truffiere-en-2010-la-peur-pour-seul-mobile-26-05-2015-1931309_23.php

Outreau: Thierry Delay disculpe Daniel Legrand

« Je ne connais pas Daniel Legrand. Il n’était pas présent lors des viols ». Entendu par visioconférence depuis la prison où il est incarcéré, Thierry Delay a livré sa version des faits dans l’affaire d’Outreau mardi après-midi devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine. Un témoignage attendu qui disculpe Daniel Legrand fils, jugé depuis la semaine dernière pour des faits de viols et d’agressions sexuelles qu’il aurait commis sur les enfants Delay alors qu’il était mineur. 
Très souffrant et peu loquace lors de son audition, Thierry Delay, condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2001, a affirmé qu’il « ne connaissait pas Daniel Legrand » avant les faits qu’on lui reproche. La semaine dernière, les victimes Jonathan et Chérif Delay avaient pourtant maintenu leurs accusations à l’encontre du prévenu, assurant qu’il « était là » lors des viols qu’ils ont subis au domicile familial. « Non, il n’y avait personne d’autre présent sauf ma femme Myriam Badaoui et le couple de voisins », a assuré Thierry Delay, citant nommément Aurélie Grenon et David Delplanque, également condamnés dans l’affaire d’Outreau. 
Les enfants Delay maintiennent leurs accusations
Des propos durs à entendre pour Jonathan et Chérif Delay, qui ont demandé au président d’audience de s’entretenir avec leur père par visioconférence. « Tu es dans mes cauchemars mais je n’ai plus peur de toi. Tu me fais pitié, tu n’es qu’une merdre aujourd’hui », lui a balancé Chérif Delay, également incarcéré pour des faits de violence. Jonathan Delay a quant à lui demandé posément à son père s’il y avait d’autres adultes présents lors des viols et si ces viols étaient filmés. « Non », lui a répondu laconiquement Thierry Delay.
« Et pourquoi tu as commis toutes ses choses ? », lui demande Jonathan. « Je n’avais pas toute ma tête. Je n’étais pas dans mon état normal », a indiqué Thierry Delay, qui avait reconnu un peu plus tôt « une perversion pour ses enfants ». « On était tous les deux d’accord avec ma femme pour violer les enfants, c’est à cause de l’alcool », a-t-il brièvement expliqué. Des viols qui avaient lieu « trois à quatre fois par semaine de 1995 à 2000 », a rappelé le président d’audience. 
Myriam Badaoui attendue à la barre mercredi
Thierry Delay a en revanche réfuté les viols et agressions sexuelles commis sur huit autres enfants pour lesquels il a également été condamné en 2004 à Saint-Omer. « Je n’ai violé que mes enfants. Mais je n’ai pas fait appel pour les autres, j’ai gardé la condamnation pour moi », a indiqué Thierry Delay.
Mercredi matin, c’est son épouse Myriam Badoui qui sera entendue par la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine. Une femme décrite comme « un peu mythomane » par son mari. Ayant purgé les deux tiers des quinze ans d’incarcération auxquels elle avait été condamnée, elle est libre depuis 2011. « J’espère qu’elle va dire la vérité comme Thierry Delay mais il faut s’attendre à tout avec elle », a réagi un Daniel Legrand « plus serein » à l’issue de l’audience.

http://www.20minutes.fr/rennes/1616395-20150526-outreau-thierry-delay-disculpe-daniel-legrand

Procès d’Outreau: Une partie civile «pas en état d’affronter la cour» ne se présente pas au tribunal

Son témoignage était très attendu mais Dimitri Delay, un des enfants de Myriam Badaoui et partie civile dans le troisième procès Outreau, ne s’est pas présenté au tribunal ce mardi. Entendu dans le procès de Daniel Legrand, un des acquittés d’Outreau, Dimitri Delay ne serait «pas en état d’affronter la cour», a déclaré son avocat.
La journée sera marquée par le témoignage en visioconférence de Thierry Delay, condamné à 20 ans de réclusion pour les viols de ses quatre fils. Myriam Badaoui témoignera ce mercredi.
http://www.20minutes.fr/societe/1615739-20150526-proces-outreau-partie-civile-etat-affronter-cour-presente-tribunal

Ouverture du procès du meurtre de la truffière de Grignan

Le procès d'un agriculteur de 37 ans accusé d'avoir abattu avec un fusil à pompe un homme surpris dans sa truffière, quelques jours avant Noël 2010, sur fond de "guerre des diamants noirs", a débuté aujourd'hui devant les assises à Valence (Drôme).

Jugé pour "meurtre", après avoir été initialement mis en examen pour "assassinat", Laurent Rambaud encourt 30 ans de prison. Le verdict est attendu vendredi.

"C'est un homme qui s'est senti en danger la nuit dans une truffière. Il a eu peur", a avancé son avocat, Me Alain Fort, avant l'ouverture.

Le drame était survenu à Grignan (Drôme), le 20 décembre 2010, à une période de vives tensions entre voleurs de truffes et producteurs de ce tubercule de luxe, qui se négocie entre 800 et 1.000 euros le kilo au moment des fêtes.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/05/26/97001-20150526FILWWW00077-ouverture-du-proces-du-meurtre-de-la-truffiere-de-grignan.php

Faites Entrer L'accusé : Robert Greiner, Le Pompier Criminel

Le procès d'une tragique erreur médicale

«Pour ses trois orphelins (Alex, Mathoé et Ludovic respectivement aujourd'hui âgés de 13, 16 et 24 ans), il faut que la vérité éclate» lâche, sans complaisance et encore tourmentée par la disparition de son frère, Sylvie Borowezyk qui se bat depuis le 13 septembre 2010 avec son avocate Frédérique Turella-Bayol pour que les «erreurs médicales qui ont mené au décès de Jean-Noël soient reconnues et que ce praticien qui exerce toujours à Montauban soit, enfin, rayé de l'ordre des médecins (1).» Le tribunal correctionnel examine aujourd'hui les faits.
Une affaire où l'urologue montalbanais qui a été mis en examen par la juge d'instruction Florence Bru pour homicide involontaire et qui s'est attaché les services d'un cabinet d'avocats lyonnais spécialisés dans le domaine de la santé, risque gros. Lancée seulement trois jours après le décès du quadragénaire, l'instruction judiciaire a, en effet, confirmé après l'exhumation du corps et une série d'expertises et de contre-expertises médicales que le chirurgien aurait bien commis des erreurs et des négligences manifestes lors de cette opération et lors du suivi post-opératoire ayant causé la mort de Jean-Noël Borowezyk, trois jours après son opération.

Entré pour une cœlioscopie sur sa vessie, il ressort avec un rein en moins

Hospitalisé le 9 septembre 2010 à la clinique du Pont-de-Chaume pour un problème urinaire, le Montalbanais de 47 ans qui devait subir une cœlioscopie à cet endroit, se retrouvait finalement au bloc pour une opération bien plus lourde : une néphrectomie, c'est-à-dire l'ablation de l'un de ses reins. Une décision pour le moins «discutable» selon les propres termes des inspecteurs diligentée par l'Agence régionale de santé (ARS) pour faire la lumière sur ce décès que le patient ne souffrait d'aucune «maladie pathologique, ni infection urinaire». L'instruction judiciaire mettre aussi en doute le savoir-faire du chirugien pour ce type précis d'opération. «Mon frère était sourd depuis sa naissance, je suis certaine qu'il n'a pas compris ce qui se passait» assure Sylvie qui va jusqu'à contester que l'information médicale sur l'ablation du rein ait été donnée à son frère. Aux choix «contestables» de l'opération et au manque d'expérience du chirurgien, c'est une lourde erreur médicale qui serait à l'origine de la mort de l'ancien boxeur montalbanais. «Le professeur Chauffour qui a opéré en dernier mon frère et en urgence à Rangueil, a confirmé que ce chirurgien avait agrafé (2) par erreur après la néphrectomie, l'artère intestinale et celle du foie» relate Sylvie Borowezyk. Une grave erreur médicale qui a provoqué en trois jours la nécrose de ces organes vitaux de façon irréversible et qui n'a pas permis au ponte de la chirurgie vasculaire de Rangueil de sauver Jean-Noël Borowezyk.
(1) Le Dr Glodblatt a déjà fait l'objet d'une sanction disciplinaire, ce dernier ayant été suspendu du tableau de l'ordre des médecins durant deux mois en 2013. Il est utile de rappeler que toute personne est présumée innocente tant qu'elle n'a pas été reconnue coupable par un tribunal.

«Il y a une erreur mais cela constitue-t-il un délit pénal ?»

Joint, l'avocat de Laurent Goldblatt, Me François Musset, un spécialiste de ce genre de questions, tenait d'emblée à disculper son client tant sur les «négligences post-opératoires» que sur «la discussion du choix de l'opération». «Après son intervention, le Dr Goldblatt n'était pas en service le week-end, c'était au chirurgien de garde d'assurer le suivi. Mon client a été d'ailleurs totalement mis hors de cause par le conseil de discipline sur cette partie. Il n'en a pas non plus critiquable sur sa décision de réaliser une néphrectomie. Cette opération était nécessaire l'un des experts l'a confirmé.»
Questionné sur l'erreur chirurgicale commise pendant l'opération, Me Musset n'entend pas défausser la responsabilité de son client tout en n'omettant pas qu'il faudra rappeler le contexte. «Le geste opératoire qui a mené par la suite à la nécrose des organes, est une erreur technique. Reste à savoir si dans ce contexte n'importe quelle faute vaut des poursuites pénales?» s'interroge l'avocat lyonnais qui rappelle que «la médecine n'est pas une science exacte.»

JURA. Assises : accusé d’assassinat et de tentative, un Jurassien encourt la perpétuité

Ce dramatique fait divers a ému tout le département, en juin 2012. Le vendredi 8, au matin, deux jeunes sœurs de Foncine-le-Haut avaient été retrouvées blessées par balle, devant une maison de Molain (canton de Poligny). Sarah Vanotti, 17 ans, est décédée sur place. Deborah, 20 ans, grièvement blessée, a survécu. Son ex-compagnon, son ancien moniteur d’auto-école, chez qui elle était venue récupérer des affaires, a été arrêté dans la matinée, au Vernois. Mis en examen pour meurtre, il est jugé cette semaine devant la cour d’assises du Jura pour assassinat et tentative.
L’instruction ayant conclu à une certaine préméditation présumée, Lionel Billey encourt la peine maximale : la réclusion à perpétuité, avec une peine de sûreté de 18 ans. Les débats vont durer trois jours, du mardi 26 au jeudi 28 mai devant la cour d’assises du Jura, ouverte au palais de justice de Lons-le-Saunier.
Les débats sont ouverts au public à partir de 9 heures.

lundi 25 mai 2015

Outreau: Les parents à l’origine du scandale vont devoir s’expliquer

Quinze après les faits, le cauchemar d’Outreau a refait surface la semaine dernière devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine. Sur le banc des accusés, Daniel Legrand, 33 ans, qui avait été acquitté dans cette affaire en 2004 à Saint-Omer puis en 2005 à Paris. Il comparaît cette fois pour des viols sur les enfants Delay qu’il aurait commis quand il était mineur.
Après une pause de trois jours, le troisième procès d’Outreau va reprendre ce mardi matin avec l’audition de Dimitri Delay, partie civile dans cette affaire, qui avait été le premier à dénoncer des abus sexuels dans sa famille. Condamné lors du premier procès à vingt ans de prison, Thierry Delay, le père des victimes, sera lui entendu en visioconférence de la prison où il est incarcéré un peu plus tard dans l’après-midi.
Le lendemain, c’est la mère, Myriam Badaoui, dont les déclarations changeantes ont autant contribué à l’édification de l’instruction d’Outreau qu’à son effondrement, qui doit venir témoigner en personne. Ayant purgé les deux tiers des quinze ans d’incarcération auxquels elle avait été condamnée, elle est libre depuis 2011.

Des souvenirs, mais pas d’accusations franches

Durant la première semaine d’audience, très éprouvante pour toutes les parties, Jonathan et Chérif Delay ont maintenu leurs accusations face à Daniel Legrand, indiquant tour à tour, et ce pour la première fois, qu’il « était là » lors des agressions sexuelles dont ils ont été victimes dans le domicile familial d’Outreau. Des souvenirs diffus, mais pas beaucoup plus de détails livrés à la cour par les deux fils Delay. « J’ai certaines images où je le vois chez mes parents », s’est contenté d’expliquer Jonathan Delay, entendu mercredi.
Plus troublant encore dans ce procès, Chérif Delay a également expliqué jeudi se souvenir « de plusieurs scènes » où le fils Legrand était victime, comme lui et ses frères, d’agressions sexuelles organisées par Thierry Delay, condamnée à vingt ans de prison dans cette affaire.
Très attendue vendredi, l’audition du juge Burgaud, qui avait mené l’instruction du dossier au milieu des années 2000, n’a pas permis d’en savoir davantage sur les faits précis qui sont reprochés à Daniel Legrand. Sous le feu des questions concernant les failles de son instruction, le juge n’a exprimé au cours des quatre heures d’audition par visioconférence aucun regret, concédant juste que « certains éléments auraient pu être améliorés ».

http://www.20minutes.fr/rennes/1615347-20150525-outreau-parents-origine-scandale-vont-devoir-expliquer