lundi 20 octobre 2014

Assassinat de Jean-Ronald D'Haity : un procès sous haute tension

Trois semaines de procès se sont écoulées. La personnalité des 18 accusés a été passée à la loupe et plusieurs coups de théâtre sont survenus avec l'interpellation des frères Laanizi qui sont désormais en détention provisoire et qui ont décidé de récuser leurs avocats. Demain, place à l'examen des faits.
L'examen de personnalité des 18 accusés aura duré près de trois semaines, dans le cadre, du procès de l'assassinat de Jean-Ronald D'Haity. Il s'est achevé jeudi dernier, à midi, par un coup de théâtre : l'interpellation des deux frères Laanizi, Morad et Taoufik. Ils ont été placés en garde à vue pour menaces de mort contre quatre autres accusés et pour dégradation (lire encadré). Placés en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, ils ont complètement explosé lors de l'audience, qui aurait dû se tenir vendredi. Après avoir récusé leurs avocats, Jean-Robert Phung et Baptiste Scherrer, ils ont menacé et insulté à plusieurs reprises certains accusés et ont affirmé ne plus vouloir participer aux débats. «Ce soir, on dort en prison pour rien. Le procès est fait d'avance». Régis Cayrol, le président de la cour a souligné que des avocats commis d'office seraient désignés par le bâtonnier pour leur défense.
Ces premières semaines ont tout de même permis de mettre en relief plusieurs aspects communs aux 18 accusés, «l'immaturité, une scolarité médiocre et la désinsertion professionnelle», comme le stipule l'avocat général, Jérôme Laurent avant d'ajouter, «On constate également un effet de groupe. Collectivement, ils adoptent des comportements qui ne s'inscrivent pourtant pas dans leur propre personnalité».
Demain, une nouvelle étape devrait commencer et pas des moindres, l'examen des faits. Il devrait durer, lui aussi, près de trois semaines. Les relations entre les deux communautés vont être décortiquées. Il va permettre de revenir sur le contexte général, sur les éléments initiaux, comme la bagarre qui a éclaté entre Morad Laanizi et Garvin Madar puis sur les événements de la veille, où plusieurs altercations, accompagnées de menaces, avaient opposé les frères Laanizi aux membres de la communauté saint-martinoise, pour enfin aborder la soirée du 8 mai 2010, durant laquelle Jean-Ronald D'Haity a été assassiné.

Comparution immédiate pour les frères Laanizi

Les frères Laanizi seront jugés, aujourd'hui à 14 heures, en comparution immédiate pour menaces de mort et pour dégradation.
Mercredi dernier, vers 19 heures à Millau, ils auraient doublé le véhicule de l'accusé Joshua Bernad, qui avait à son bord trois autres accusés. Les deux frères auraient alors pilé puis ils seraient descendus de leur voiture pour ensuite menacer de mort les quatre accusés. Des coups auraient également été portés contre le véhicule de Joshua Bernad.
Morad et Taoufik Laanizi contestent l'ensemble de ces faits. Jean-Robert Phung, l'ancien avocat des deux hommes revient sur cet épisode. «Les frères Laanizi, comme tous les soirs, rentraient chez eux, chez leurs parents. À 15 km du domicile, une voiture leur fait des appels de phare et signe de s'arrêter puis elle les double et essaye de les bloquer». Une course-poursuite aurait eu lieu jusqu'à Millau, les Laanizi auraient tenté de les semer. Finalement à leur arrivée chez leurs parents, ils auraient retrouvé dans la cour du domicile les quatre accusés qui les avaient poursuivis. «Une plainte a alors été déposée par la famille Laanizi que les policiers de Millau ont transformée en main courante. Une heure après, les quatre personnes déposent plainte. Extraordinairement, seuls les frères Laanizi ont été interpellés, placés en garde à vue et placés en détention provisoire».

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/20/1975554-un-proces-sous-haute-tension.html

dimanche 19 octobre 2014

Le directeur de la Caisse d'Épargne avait détourné plus de 100 000 €

«Parce que je suis un couillon» soupire le prévenu quand le président tente d'obtenir une explication sur les faits qui lui sont reprochés : escroquerie et abus de confiance. De 2006 à 2011, cet homme de 55 ans a détourné plus de 102 141,96 euros alors qu'il occupait la fonction de directeur d'une agence de la Caisse d'Epargne à Monflanquin. Au moyen de création de comptes et de prêts fictifs il pratiquait un système de cavalerie bien connue des escrocs. Tout a commencé par une erreur du logiciel de la banque. Une cliente avait fait un emprunt pour, d'une part, que la banque rembourse directement ses crédits à la consommation et que, d'autre part, le reste de l'argent lui permette d'acheter des meubles. Mais la somme totale fut versée sur son compte et dépensée par la bénéficiaire qui ne semblait pas suivre de très près ses relevés. Pour aider la jeune femme, le prévenu créa un compte fictif pour un prêt afin de rembourser les organismes qui harcelaient sa cliente. Pendant qu'il y était, il en profita pour honorer des engagements pris vis-à-vis de clients concernant des frais extournés qu'il avait accordés sans l'approbation de sa hiérarchie. Le pli était pris et un faux compte servait à rembourser les intérêts d'un autre. «Il s'est un peu servi au passage» estime la représentante du ministère public. Pour clôturer ces comptes fictifs, il ouvre enfin des comptes en modifiant l'identité de clients existant, mais en gardant leurs coordonnées.

Un client reçoit un relevé et porte plainte

Les relevés étaient envoyés à la banque pour qu'il puisse les faire disparaître, jusqu'au jour où un audit adressa le courrier à l'un des clients qui porta plainte. Pour le ministère public, l'utilisation d'une clientèle vulnérable, âgée ou fragile, sélection qui apparaît pour les derniers comptes, mérite ses réquisitions de 18 mois de prison assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve et obligation d'indemniser les victimes.
Me Rummens fustige la consommatrice écervelée qui ne surveille pas ses comptes et plaide pour qu'elle soit déboutée de sa demande d'indemnités de 2000 euros. Il prie également le tribunal d'ordonner une expertise pour obtenir de véritables éléments de preuve afin que le prévenu puisse faire ses comptes et ne payer que ce qu'il doit. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré au 19 novembre.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/19/1975199-directeur-caisse-epargne-avait-detourne-plus-100-000-e.html

Non-lieu requis pour Woerth devant la Cour de justice de la République

Le ministère public a requis un non-lieu pour l'ancien ministre du Budget Eric Woerth devant la Cour de justice de la République (CJR) dans l'affaire de la vente contestée de l'hippodrome de Compiègne, a annoncé samedi à l'AFP son avocat, Me Jean-Yves Le Borgne
L'affaire n'est pas terminée. Il appartient désormais à la commission d'instruction de la CJR de prendre une ordonnance de renvoi ou de non-lieu pour l'ancien ministre, qui avait été placé sous le statut de témoin assisté.
Selon Me Le Borgne, «les réquisitions constatent qu'il peut y avoir des problèmes d'ordre administratif mais pas d'intérêt personnel pour Eric Woerth et qu'il n'y a pas de dimension pénale» dans le dossier. «Ce n'est pas une surprise mais c'est un soulagement. Et sans lire dans le marc de café, on peut se dire qu'on devrait aboutir à un non-lieu», estime l'avocat, en faisant valoir que la commission d'instruction de la CJR a terminé son enquête sans mettre en examen l'ancien ministre.

2,5 millions d'euros pour une parcelle de 57 hectares

Au centre des interrogations de la justice, la décision, prise le 16 mars 2010 par l'élu de l'Oise, alors ministre du Budget, de valider par arrêté la vente de gré à gré pour 2,5 millions d'euros d'une parcelle de 57 hectares de la forêt de Compiègne, comportant un golf et un hippodrome, à la Société des courses de Compiègne (SCC), jusqu'alors locataire. Une décision prise malgré l'opposition de responsables de l'Office national des forêts (ONF) et les réserves du ministère de l'Agriculture.
Après la plainte d'un syndicat forestier et de députés de gauche, une information judiciaire avait également été ouverte pour le volet non ministériel du dossier. Aucune mise en examen n'a été prononcée. Pour ceux qui contestent la vente, celle-ci serait allée à l'encontre des textes en vigueur, qui prévoient l'adoption d'une loi préalable à l'aliénation des bois et forêts de l'Etat. L'absence d'appel d'offre, de publicité et de mise en concurrence a également été dénoncée. Mais c'est surtout le prix de cession, jugé bradé par les opposants à la vente, qui a suscité la polémique.
Parallèlement à ces enquêtes pénales, une procédure administrative lancée notamment par le syndicat forestier et des députés écologistes est toujours en cours à Paris pour faire annuler la vente.
>> Hippodrome de Compiègne: Woerth «ne comprend vraiment pas le soupçon»

http://www.20minutes.fr/societe/1463553-20141018-hippodrome-compiegne-non-lieu-requis-woerth-devant-cour-justice-republique

samedi 18 octobre 2014

Trafic de drogue en Charente-Maritime : 20 personnes condamnées

Des peines de prison ferme sont tombées, vendredi après-midi, au tribunal correctionnel de Saintes présidé par Olivier Lalande. Celui considéré comme la tête de pont d'un trafic de drogue, Julien Mabire, a été condamné à quatre ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt à l'audience. Dans ce dossier, les casiers déjà chargés des protagonistes ont fortement pesé. Les peines vont de cinq ans de prison ferme à six mois de prison avec sursis, selon le rôle de chacun et le poids de la récidive.
Vingt personnes se sont donc retrouvées, pendant deux jours, sur le banc des accusés, à Saintes, pour un trafic de stupéfiants, essentiellement de l'héroïne, dans le sud du département, de Saintes à Jonzac, en passant par Pons et Gémozac entre décembre 2012 et octobre 2013. Le procureur de la République, Mélanie Tempia, a parlé d'un trafic de six kilos d'héroïne, 220 grammes de cocaïne et 200 grammes de cannabis, pour une valeur marchande de 283 000 euros. « Sans compter tout ce qui n'a pas été découvert. »

Renseignement anonyme

Cette belle prise intervient à un moment où la sous-préfète de Saintes, Michèle Cazanove, veut mettre l'accent sur la lutte contre les deals et la culture de cannabis. « Je souhaite qu'on sévisse aussi au niveau de la consommation », prévenait-elle au début du mois. La présence du procureur de Saintes, Philippe Coindeau, au moment où les peines ont été prononcées, vendredi, en dit long sur la motivation du parquet.
L'enquête a démarré à partir d'un simple renseignement anonyme : une personne craignant pour la santé de son ami tombé dans la drogue. Pendant plusieurs mois, les enquêteurs ont fait de la surveillance, de l'interception téléphonique, des recoupements. Ils ont ainsi pu remonter le réseau. Pas jusqu'aux gros bonnets, diront les avocats de la défense.
On est face à des pauvres gens qui, pour consommer, ont besoin de vendre…
L'ombre d'un certain « W » ou « Renoi » planant sur le procès. Pour certains accusés, c'est lui qui tirait les ficelles. Julien Mabire, qui a déjà fait de la prison dans cette affaire, s'est d'ailleurs plaint d'avoir reçu « un coup de couteau dans la tête » à la maison d'arrêt pour l'empêcher de parler. Il pointe du doigt le fameux « W ». « C'est lui, le fournisseur, dans la région », accuse-t-il.
En attendant, c'est bien lui que les enquêteurs ont désigné comme la plaque tournante locale du trafic. « Le tour de “W” viendra », a promis le procureur de la République, qui a dressé un parcours type du petit revendeur. « Les trafiquants profitent de la misère pour s'enrichir. Il existe toute une économie souterraine basée sur la pauvreté. En bas de l'échelle, c'est un cercle vicieux. Pour se procurer sa dose, on commence à commettre des infractions. Soit en devenant revendeur, soit en volant. »
Il est vrai que, dans le box des accusés, ne figuraient pas de cols blancs. Et, apparemment, aucun signe extérieur de richesse. Pour l'un des avocats de la défense, les enquêteurs se sont trompés de cibles. « On est face à un trafic de campagne. Mon client endosse un costume trop grand pour lui. On est face à des pauvres gens qui, pour consommer, ont besoin de vendre… »

"Pas un commerce entre amis mais un trafic"

Ce qui n'est pas l'avis du parquet. « On ne parle pas d'un commerce entre amis, mais bien d'un trafic », a insisté Mélanie Tempia, en faisant remarquer le nombre important de scellés. Parmi ceux-ci, des balances de pesée, des armes de poing. « Julien Mabire allait notamment se fournir en cocaïne chez Nassim Kedach, un ami d'enfance, à Rouen, et en héroïne auprès d'une femme, Magalie Clairvoyant. » Le premier a écopé de deux ans de prison et la seconde, qui a nié son implication tout au long du procès, de trois ans de prison avec un mandat d'arrêt délivré à son encontre.
Finalement, parmi les vingt accusés, neuf ont écopé de peines de prison ferme, huit de peines mixtes et trois s'en sortent avec uniquement du sursis.

http://www.sudouest.fr/2014/10/18/la-prison-pour-les-trafiquants-1708351-1368.php

Béziers : de la prison pour la mère qui avait agressé ses enfants

U ne mère de famille de 39 ans a été condamnée, vendredi à Béziers (Hérault),  à 3 ans de prison ferme pour des faits d'agressions sexuelles et de violences sur ses trois enfants.
Vendredi, une femme de 39 ans a été condamnée à 3 ans de prison ferme, mais aussi à un suivi socio-judiciaire de 10 ans sans oublier une injonction de soins pour des faits d'agressions sexuelles et de violences sur ses trois enfants. Elle est aussi inscrite sur le fichier national des délinquants sexuels. Un fait assez rare pour une femme. Elle devra verser la somme de 2 500 € de dommages et intérêts à l'une de ses filles.
Les pires atrocités auraient été imposées aux enfants
À la barre du tribunal de Béziers la prévenue explique : "Mon ex-mari est violent. Il boit énormément devant ses enfants." C'est son axe d'attaque depuis le début de cette sombre affaire qui a vu les enfants être victimes d'abus sexuels, et de violence physique. Dans un premier temps, la mère a accusé son ex-mari, puis la compagne de celui-ci, de battre mais aussi d'agresser sexuellement ses enfants. Les pires atrocités auraient été imposées aux enfants, mais aucun examen n'a permis de confirmer quoi que ce soit. Alors la mère a manipulé ses propres enfants, des jumeaux de 4 ans et une aînée de 6 ans. Alors que les enfants allaient être entendus par les gendarmes, elle n'a pas hésité à frapper cruellement sa fille aînée et de porter les accusations sur son ex-époux.

A l'origine de tout

Pour le bien-être des enfants, tous ont été placés et c'est alors que le pot-aux-roses a été découvert. La mère était à l'origine de tout. Elle mentait et est allée jusqu'à incendier sa propre maison alors que tout le monde était à l'intérieur pour faire croire à une vengeance de son ex-mari. "Je n'aurais jamais fait ça, pleure la prévenue à la barre. Je ne les aurais jamais touchés. J'aime mes enfants. J'en avais la garde et en plus comme mon ancien mari, j'ai refait ma vie. J'ai eu un autre enfant."
Il ressortira qu'au fil du temps, les trois enfants s'attachaient énormément à leur belle-mère et ça, la prévenue ne l'a jamais supporté. Fragile psychologiquement, elle a imaginé tout un stratagème pour nuire au couple qui prenait de plus en plus de place dans la vie de ses enfants.
"Une histoire tragique"
Le procureur enfonce le clou Me Pargoire, pour l'une des enfants : "C'est une histoire tragique. C'est la maman qui a eu des gestes déplacés et la petite a eu beaucoup de courage pour maintenir tous ses propos. Cette mère est un danger pour ses enfants."
"Nous faisons face à une personne vindicative à l'égard de son ex-conjoint. Elle ne supporte pas qu'il soit heureux et est prête à tout pour lui nuire. Elle n'a pas un comportement normal avec ses enfants qui sont devenus les instruments de sa vengeance. Mais, malheureusement, nous n'aurons jamais la vérité. Et nous n'avons qu'une certitude, elle a participé à la destruction psychologique de ses enfants", insiste le procureur Philippe Romanello. Il va requérir un mois de prison avec sursis pour les violences et la relaxe pour les agressions sexuelles qui ne sont pas étayées par des éléments concrets.
Me Favarel, pour la défense, va plaider la clémence. Reprendre point par point le dossier. Va évoquer la manipulation des enfants par le père. Elle ne sera pas entendue et la présidente Ougier va annoncer trois ans de prison. Trois années qui ont “coupé les jambes” à la prévenue.
http://www.midilibre.fr//2014/10/17/de-la-prison-pour-la-mere-qui-avait-agresse-ses-enfants,1067918.php
 

Cour d'assises de l'Aveyron : bordées d'insultes et menaces de mort à l'audience

L e procès de la tuerie de Millau (Aveyron) est suspendu jusqu'à mardi. Les frères Laanizi, écroués pour des menaces envers des co-accusés, annoncent qu'ils refusent de comparaître.
« Bandes de fils de p... ! Tu peux rigoler ! Tu vas voir quand je vais t'attraper. Espèce de gros batard ! Tu sais très bien ce que tu as fait, t'inquiète pas on va te retrouver ! Tu y était toi, et toi, et toi aussi ! Fais ta victime espèce de fils de p... On se reverra vous le savez très bien et on se règlera ! »
Pendant de longues minutes ce vendredi après-midi, la cour d'assises de l'Aveyron a vécu une scène hallucinante, lorsque deux des 18 accusés de l'expédition punitive qui a fait un mort et plusieurs blessés le 8 mai 2010 à Millau ont explosé de rage juste après être arrivés menottés dans le box. Morad et Taoufik Laanizi avaient été arrêtés par la police à la fin de l'audience de jeudi matin, dans la salle et devant les jurés, et placés en garde à vue  au commissariat de Rodez : quatre co-accusés avaient déposé plainte contre eux la veille au soir, affirmant avoir été menacés de mort et pris à partie sur le chemin du retour, entre Rodez et Millau, mercredi soir.

Une grande incertitude plane désormais sur la poursuite de ce procès fleuve

Une version contestée lors de leurs auditions par les deux hommes, qui ont été confrontés à leurs contradicteurs ce vendredi matin, puis déférés au parquet et placés sous mandat de dépôt, en attendant une comparution directe au tribunal, prévue lundi 20 octobre. A peine de retour dans la salle de la cour d'assises, vers 16 h 20, tous deux ont affirmé être victimes d'un coup monté, avant de se lancer dans une série de menaces et d'insultes envers leurs co-accusés, et même contre le président Cayrol. « On est des victimes et ce soir on dort en prison ? C'est un truc de fou ! On nous a arrêtés devant tout le monde pour nous faire passer pour des méchants ! Le procès n'est pas honnête, je reviendrai pas devant la cour d'assises ! je veux plus être défendu par me Phung même s' il a fait du bon boulot ! »
Malgré ses efforts, le président n'est pas parvenu à faire tarir le flot d'insultes et de menaces qui s'est ensuite abattu sur la salle. « Je demande à la cour d'acter que nous n'assurons plus la défense de ces hommes et nous quittons la barre » lance ensuite Me Jean-Robert Phung qui sort de la salle avec Me Baptiste Scherrer. Après avoir fait consigner les menaces proférées et les accusations portées par les frères Laanizi contre leurs co-accusés, le président a suspendu l'audience jusqu'à mardi matin. Mais une grande incertitude plane désormais sur la poursuite de ce procès fleuve, ouvert pour deux mois le 29 septembre, et où on allait enfin aborder les faits. Pourra-t-il se tenir sans deux des principaux accusés ?

http://www.midilibre.fr//2014/10/17/cour-d-assises-de-l-aveyron-bordees-d-insultes-et-menaces-de-mort-a-l-audience,1067894.php

vendredi 17 octobre 2014

Dix ans ferme minimum requis contre Pistorius

Pour le procureur Gerrie Nel, "la seule peine appropriée est une longue peine de prison". L'avocat du champion paralympique, coupable de l'homicide involontaire de sa petite amie en 2013, a lui plaidé pour une peine de travaux d'intérêt général. Verdict mardi prochain.

Il sera fixé sur son sort le 21 octobre. Mardi prochain, Oscar Pistorius saura s'il devra passer par la case prison pour le meurtre de sa petite amie Reeva Steekamp, dans la nuit du 13 au 14 février 2013. C'est en ce cas ce qu'a requis le procureur Gerrie Nel, vendredi, devant le tribunal de Pretoria. "La seule peine appropriée est une longue peine de prison", a-t-il déclaré dans son réquisitoire final avant d'ajouter que "la peine minimum qui serait satisfaisante pour la société" s'élève à dix ans de prison.

Il a insisté sur le fait que la famille de la victime serait choquée si l'accusé n'allait pas derrière les barreaux. "La punition doit refléter le caractère sacré de la vie humaine", a-t-il argumenté, ajoutant: "Reeva a eu une mort horrible, elle était innocente". Puis il est revenu sur les circonstances de la tragédie, martelant: "Pistorius a tiré en sachant que quelqu'un se trouvait là", derrière la porte des toilettes, alors qu'il n'avait en rien été menacé. "Si la justice ne condamne pas à une peine que la société considère comme juste, alors la société rend la justice elle-même", a-t-il lancé, dans une mise en garde à la juge Thokozile Masipa, en réaction aux plaidoiries de la défense.
"Aucune punition ne peut être pire que ce qu'il a traversé depuis 18 mois"
Barry Roux, l'avocat du champion paralympique, a en effet développé plusieurs arguments en faveur d'une peine "non carcérale", demandant pour son client une peine "utile à la société". Me Roux a d'abord avancé que Pistorius avait subi une terrible épreuve en étant présenté par la presse du monde entier, depuis le drame en février 2013.   "Aucune punition ne peut être pire que ce qu'il a traversé depuis 18 mois", a-t-il dit. "On l'a dénigré au point de faire de lui un tueur fou, un tueur de sang- froid, et un tas de choses horribles".
Il a également insisté sur les "remords sincères" de l'accusé, qui a tué "une personne qu'il aimait".   "La douleur d'Oscar ne s'effacera jamais (...) le traumatisme émotionnel est la pire punition", a-t-il martelé, tout en soulignant que l'ancien champion avait "tout perdu" et était actuellement à cours d'argent.   Pistorius a pleuré abondamment lorsque Barry Roux a décrit sa chute du statut d'idole à celle de meurtrier.
Puis l'avocat a rappelé plusieurs cas de la jurisprudence sud-africaine, où un accusé ayant tué une personne de sa famille dans les mêmes circonstances a été soit dispensé de peine soit condamné à une peine non carcérale. Il a notamment fait allusion au célèbre cas de Rudi Visagie, rugbyman international, qui avait tué sa propre fille en 2004 en la prenant pour un cambrioleur, et qui a été dispensé de peine.
Pistorius refusera que les parents de Reeva lui rendent l'argent qu'il leur a avancé
"La justice doit être rendue, mais elle doit être rendue avec compassion et humanité", a dit l'avocat, citant à plusieurs reprise le principe d'"Ubuntu", un humanisme attentif à l'être humain cher à Nelson Mandela, devenu une valeur de base de la société sud-africaine post-apartheid. Il a aussi insisté sur le handicap de son client. Selon lui, le placer dans la section médicale de la prison centrale de Pretoria, comme cela a été envisagé, "ne serait pas une punition appropriée".
Dans un dernier rebondissement, il a affirmé que Pistorius refuserait que les parents de Reeva Steenkamp lui rendent l'argent qu'il leur a avancé, comme c'était prévu. "S'ils ne veulent pas garder l'argent, M. Pistorius souhaite que cet argent soit versé à une oeuvre caritative", a-t-il dit, dans une ultime tentative pour brosser le portrait d'un Pistorius écrasé par le remords et avide de rédemption.  
 

Affaire des pots-de-vin : perquisition chez le sénateur gersois Aymeri de Montesquiou

Le sénateur du Gers a vu son domicile et sa mairie perquisitionnés par des policiers enquêtant sur l'affaire des pots-de-vin présumés versés en marge de vente d'hélicoptères au Kazakhstan.
Le «Kazakhgate», affaire de pots-de-vin présumés qui auraient été versés en marge de contrats entre la France et le Kazakhstan portant sur la vente de 45 hélicoptères «Eurocopter», rebondit dans le Gers. Selon nos informations, des policiers de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales de Paris ont mené, mercredi, une perquisition à la mairie et au château de Marsan.
C'est là qu'habite Aymeri de Montesquiou-Fezensac d'Artagnan, maire de Marsan et surtout sénateur UDI du Gers qui vient d'être élu pour un troisième mandat. Les fonctionnaires agissaient sur commission rogatoire délivrée par deux juges parisiens, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour «corruption d'agents publics étrangers» et «blanchiment en bande organisée».
L'affaire remonte à 2009 et vise un oligarque belgo-kazakh, Patokh Chodiev. Ce proche du président kazakh aurait versé des pots-de-vin pour échapper à la justice belge qui voulait l'entendre pour des faits de corruption. Qui a pu bénéficier de cet argent ? «Pas moi», jure Aymeri de Montesquiou.

Ami personnel du président kazakh

L'élu gascon, qui a construit un solide réseau d'amitiés en Asie Centrale (1), avait été missionné par le président de la République Nicolas Sarkozy pour «promouvoir les intérêts industriels et commerciaux» de la France, en particulier au Kazakhstan. Sauf que cette ex-république soviétique, riche de ses ressources minières, est présidée par le très controversé Noursoultan Nazarbaïev qui a plusieurs fois reçu le sénateur du Gers «en tête-à-tête». Sur les négociations ayant abouti à la signature de ce juteux contrat de 2 milliards d'euros portant sur l'achat de 45 hélicoptères, le sénateur de Montesquiou aurait joué un rôle de «facilitateur mais à aucun moment je ne me suis occupé des négociations financières». Confirmant que son domicile et sa mairie avaient bien été perquisitionnés et qu'il avait vécu «un moment désagréable», Aymeri de Montesquiou «ne trouve pas anormal» d'être entendu «parce que j'ai vraiment ouvert les portes dans un certain nombre de choses sur les hélicoptères. J'ai joué la transparence et j'ai remis (aux policiers) tous mes rapports et les lettres, des courriers officiels, que j'avais échangés. Je suis dans le circuit des noms mais le juge m'a bien dit que je n'étais même pas témoin assisté. Il y a des hommes, qui sont peut-être impliqués, c'est à la justice de le dire, que je connais, mais ce n'est pas parce que je les connais que je suis moi aussi impliqué.»
(1) Au Sénat, où il siège depuis 1998, Aymeri de Montesquiou, préside le groupe France-Iran et il a été aussi président délégué pour le Kazakhstan du groupe interparlementaire d'amitié France-Asie Centrale.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/17/1974065-affaire-pots-vin-perquisition-chez-senateur-gersois-aymeri-montesquiou.html

Marie-Ange Laroche : « Je me battrai jusqu’au bout »

Trente ans après, l’affaire Grégory est toujours pour elle synonyme de blessure à vif ; souvent usée par ce qu’elle a dû subir, l’épouse de Bernard Laroche garde espoir que la vérité éclate un jour.
A la fois digne et fragile, Marie-Ange Laroche a bien voulu nous accorder une entrevue pour expliquer ce qu’elle a dû endurer depuis 30 ans, mais aussi pour parler du combat qu’elle mène au quotidien afin que son mari Bernard Laroche soit reconnu officiellement innocent dans l’affaire Grégory.
Nous sommes à une date qui a marqué votre existence à jamais. Cela doit faire resurgir de trop nombreux souvenirs…
Marie-Ange LAROCHE : « Oui, c’est le 16 octobre 1984 que ma vie est devenue un calvaire. Je dois vivre désormais tous les jours avec cette affaire. Je vous avoue que ce n’est pas facile. Il m’arrive de craquer. Je suis une personne qui encaisse, mais en ce moment, c’est difficile. Heureusement, j’ai ma famille, mes enfants. Et des amis, même si je n’en ai pas beaucoup. Ils m’aident à survivre. »
Vous dites que votre vie est devenue un calvaire. Visiblement, le destin s’est acharné sur vous.
« Dans ma vie personnelle, je n’ai pas été épargnée. Je me suis remariée, avant de divorcer un an plus tard. Trois ans après, mon ex-mari se donnait la mort. Et même maintenant le sort s’acharne. J’ai perdu mon compagnon en janvier dernier. Il était l’épaule sur laquelle je pouvais me reposer, celui à qui je pouvais parler, car on ne peut pas tout dire à ses enfants. Deux mois plus tard, mon fils Sébastien est tombé gravement malade. J’ai cru que j’allais le perdre, lui aussi. La vie de mon fils a basculé le jour de la mort de son père, Bernard. »
Même en dehors de votre famille, vous n’avez pas eu de répit ?
« Non. Au niveau professionnel, j’ai voulu acheter un restaurant à La Chapelle-devant-Bruyères, avec ma belle-sœur, à la fin des années 80. Huit jours avant la signature chez le notaire, l’établissement a brûlé. On peut s’interroger… Un jour, quelqu’un m’a reconnue alors que je travaillais dans un supermarché. Ce client a interpellé mes collègues en leur disant : « Vous n’avez rien d’autre à embaucher ? » Une caissière a même refusé un jour que je passe à sa caisse. Sans parler des propos dans mon dos… Mais j’ai toujours gardé la tête haute car je suis convaincue de l’innocence de Bernard. »
Vous espérez parvenir un jour à ce qu’il soit reconnu innocent ?
« J’en suis persuadée. L’ADN de Bernard n’a pas été retrouvé lors des dernières expertises. D’autres devraient être connues l’an prochain. Peut-être que les choses vont se concrétiser mais, quoi qu’il en soit, je me battrai jusqu’au bout pour l’innocence de Bernard. Et qui sait, peut-être qu’un jour, quelqu’un sur son lit de mort, pétri par les remords, voudra soulager sa conscience. Je vis avec cet espoir car je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse enlever un gosse, devant sa maison, sans que personne ne voie quoi que ce soit. Pour moi, cette affaire a été montée sur un tissu de mensonges. Ce drame n’est pas fondé sur la jalousie, mais la vengeance… »
Si la vérité éclate un jour et que Bernard Laroche est innocenté, cela vous libérera d’un certain poids ?
« Ce ne sera pas une délivrance. Disons que justice sera faite. On pourra peut-être faire notre deuil et Bernard pourra enfin reposer en paix. Mais on ne pourra jamais tourner complètement la page car cette affaire vous colle à la peau. »
Une affaire qui colle à la peau, peut-être aussi à cause du rôle des médias… Vous leur en voulez ?
« Oui. Certains journalistes nous ont fait du mal car ils ont écrit n’importe quoi. Ils ont raconté des choses qui ne tenaient pas debout, notamment sur notre fils Sébastien et ma famille. »
Pourtant vous continuez à parler à certains médias…
« Car ce ne sont plus les mêmes. Aujourd’hui, je sens que les médias cherchent à comprendre les choses. Il y a 30 ans, le comportement de certains était aberrant et ils n’avaient aucune objectivité. Alors, oui, je parle à quelques médias mais je ne regarde pas les reportages et je n’écoute pas les émissions radio. Ce serait remuer le couteau dans la plaie. »
Et les gendarmes, qu’en est-il maintenant ?
« Je leur en veux toujours car ils ne se sont jamais remis en question alors qu’ils ont commis beaucoup d’erreurs. Quant à ceux .... lire la suite sur ce lien..........  http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2014/10/17/marie-ange-laroche-je-me-battrai-jusqu-au-bout

jeudi 16 octobre 2014

Il a suffi d'un geste, de quelques mots qui tuent

C'était la journée des familles et des experts qui ont tenté d'expliquer le passage à l'acte, hier, au procès de David Dindeau, accusé du meurtre d'Alain Armengaud.
Le docteur François Chedru, expert neurologue, est revenu, hier, sur les conclusions de son rapport. C'est le fait marquant de la deuxième journée d'audience du procès de David Dindeau, accusé du meurtre d'Alain Armengaud. Dans un premier temps, le professeur Chedru avait conclu que David Dindeau était, au moment des faits, «atteint partiellement d'un trouble psychique ou neuro-psychique induit par l'alcool qui a altéré son discernement». Hier, le neurologue a affirmé le contraire, ce qui n'a pas manqué d'étonner Me Joseph Mesa, conseil de l'accusé. «Je reviens sur cette conclusion. Au moment de boire, il connaît les conséquences de l'alcool, le risque de violence que cela comporte».
Le neurologue rejoint l'appréciation du professeur Daniel Ajzenberg, expert psychiatre, qui explique que l'accusé n'est atteint d'aucune maladie mentale et précise : «L'alcool ne suffit pas. L'alcool ne crée pas l'agressivité, il ouvre des portes. Son agressivité a des racines plus profondes que l'alcool, en rapport avec son enfance». à la demande du président Francis Bobille, le docteur Ajzenberg confirme d'ailleurs que l'accusé lui a déclaré : «Paradoxalement, sans alcool, je suis plus violent».
Dans le cas précis, l'alcool lui a fait perdre la maîtrise de ses actes. En revanche, pourquoi est-il passé à l'acte ? «Il a suffi d'un seul mot, d'un seul geste pour que tout explose. C'est pas de l'agressivité mais de la violence à l'état pur. Elle n'était pas dirigée contre Alain Armengaud. Cela aurait été pareil avec quelqu'un d'autre», explique Mme Las Puertas, expert psychologue. «Ce sont les mots qui tuent», abonde le docteur Ajzenberg.
David Dindeau, lui, ne cesse de répéter, en bégayant, qu'il ne se souvient de rien. La thèse de l'amnésie est-elle crédible ? Le docteur Ajzenberg indique : «Oui, on peut le croire, mais c'est possible qu'il s'en serve comme d'un système de défense». Le docteur Chedru parle, lui, d'amnésie partielle.

«Je n'ai jamais voulu tuer»

«Ce qui est arrivé, je ne le comprends pas et ne me le pardonnerais jamais… Je n'ai jamais voulu tuer quelqu'un, ni Armengaud ni Pierre, Paul Jacques. C'est pas intentionnel. Armengaud m'a rendu service. On était prêts à faire du cohabitage», se défend David Dindeau. Son fils Kevin reconnaît qu'il l'a «menacé de mort et que son père a dit vouloir tuer quelqu'un. Mais je n'ai jamais pensé qu'il en était capable». L'ex-épouse de David Dindeau confie pour sa part que «s'il avait dû tuer quelqu'un, cela aurait été moi depuis belle lurette». Elle ajoute qu'elle «l'aime encore. C'est mon premier amour et le père de mes enfants».
Le jugement est attendu aujourd'hui.

Une famille traumatisée

Hier matin, la parole était à la famille de la victime, Alain Armengaud. A la question du président «Qu'attendez-vous de ce procès ?», la réponse de la fille cadette résume le sentiment de toute la famille : «On attend des réponses, mais on ne les aura pas, c'est sûr. On attend aussi que M. Dindeau soit condamné et reste en prison, c'est quelqu'un de dangereux. C'est inhumain de faire ce qu'il a fait à quelqu'un. Il n'y aurait eu que les coups de couteau, mais franchement, avec un balai…» Comme ses frères, ses cousins ou ses oncles et tante, la jeune femme se dit profondément traumatisée : «J'ai vu certaines photos au dossier. J'ai fini aux urgences psychiatriques. C'est insupportable de voir ça. Insupportable d'imaginer la souffrance que papa a endurée.» Tous les membres de la famille vont décrire une lente descente aux enfers, après un divorce, un veuvage : l'alcool, les petits boulots. Et puis une formidable générosité, qui le poussait à accueillir «n'importe qui. C'était un très brave garçon. Très généreux. Trop même, à tel point qu'il a accueilli son assassin.»

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/16/1973253-suffi-geste-quelques-mots-tuent.html

« Le jour où...» L'affaire Grégory, un mystère judiciaire vieux de 30 ans


« Le jour où...» L'affaire Grégory, un mystère... par leparisien

mercredi 15 octobre 2014

Assises de la Charente : Stéphane Conan "était le confident" de Christian Rouffet

Un témoignage rare, précis, sans excès de pathos, devant la cour d'assises de la Charente, ce mercredi matin, au troisième et dernier jour du procès de Christian Rouffet, ex-patron de restaurant jugé pour le meurtre de Stéphane Conan et une tentative d'assassinat sur Gaëlle, son ex-compagne, à La Rochefoucauld, le 19 juin 2012. Animateur radio, Bruno fut le compagnon et l'ami de Stéphane Conan, par ailleurs père de deux filles.

Il ne cache rien des « problèmes d'alcoolisme » récurrents de celui qu'on appelait Babane, lui-même ex-animateur radio à Ribérac et démonstrateur en supermarché, victime d'un AVC en 2006. « Il aimait bien faire la fête, il avait besoin de boire pour pouvoir mieux s'éclater. »

Plus tôt dans la matinée, l'enquêtrice de personnalité s'est attelée à décrire un homme prévenant, proche de ses filles, loué tant par sa famille que ses amis. Bruno le résume d'une phrase : « J'ai toujours été là pour lui, il a toujours été là pour moi également. »

Si Bruno loue volontiers les qualités de cœur de Stéphane Conan, il n'en rappelle moins deux gestes de violence à son encontre : une dispute qui lui a valu d'être bousculé, une autre d'être pris à la gorge. C'était en juillet 2006 : était alors intervenu un certain Christian Rouffet, lui-même légèrement blessé d'un coup de couteau dans le cou. Jugé en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel, Stéphane Conan avait été condamné à deux mois de prison ferme.

Ne pas se fier aux apparences : Stéphane Conan et Christian Rouffet étaient pourtant « amis », convient Bruno. « Stéphane était le confident de Christian, tous les jours depuis la fermeture de son restaurant, il était chez Stéphane, il jouait à la Wii ensemble (…). Stéphane était le seul qui continuait à défendre Christian ».

Le week-end précédent le drame, une fête avait été donnée à La Rochefoucauld pour célébrer la première année de radio de Bruno. Tout de blanc vêtu, Christian Rouffet s'y était joint à l'invitation de Babane lui-même. Ivre à son arrivée, l'ex-restaurateur broyait du noir, laissant des messages menaçants sur le répondeur de Gaëlle, l'ex-compagne. « Une épave, pas rasé, les cheveux en bataille », décrit Bruno. Christian Rouffet avait beau être alcoolisé et s'être vu retirer le permis de conduire, il avait tenu à reprendre la route. A défaut, Babane avait insisté pour le raccompagner et c'est à son domicile que Christian Rouffet avait passé la nuit.

http://www.sudouest.fr/2014/10/15/assises-de-la-charente-stephane-conan-etait-le-confident-de-christian-rouffet-1705123-7.php

Procès Xynthia: Trois ans ferme requis contre l'ancien maire de La Faute-sur-Mer

Quatre ans de prison, dont trois ferme, et 30.000 euros d'amende ont été requis ce mercredi à l'encontre de l'ancien maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), René Marratier, jugé pour sa responsabilité dans la mort de 29 personnes lors du passage de la tempête Xynthia en 2010.
René Marratier, maire de la station balnéaire de 1989 à mars 2014, comparaît depuis le 15 septembre devant le tribunal correctionnel des Sables-d'Olonne pour «homicides involontaires», aux côtés de trois autres prévenus, dont son ex-adjointe à l'urbanisme.

«Frénésie immobilière»

Le procureur de la République Gilbert Lafaye a pointé du doigt la «frénésie immobilière» et «l'urbanisation à outrance qui se sont emparées de la commune dans les années 1990, avec une augmentation de 48% des constructions de lotissements. A l'encontre de l'ex-adjointe à l'urbanisme, Françoise Babin, il a réclamé trois ans de prison dont deux ferme et 50.000 euros d'amende, estimant que «l'appât du gain doit être pris en compte dans la gravité de la faute qui lui est reprochée».

Quatre autres prévenus

Les réquisitions concernant les autres prévenus sont attendues en milieu de journée. Ce réquisitoire sera suivi, dès mercredi après-midi et jusqu'à vendredi, par les plaidoiries des avocats des quatre prévenus, M. Marratier et Mme Babin, mais aussi le fils de cette dernière, Philippe Babin, agent immobilier, et un agent de l'Etat, Alain Jacobsoone, poursuivi pour ne pas avoir alerté la mairie des dangers de la tempête qui s'annonçait. Jugés depuis le 15 septembre, principalement pour «homicides involontaires», ils encourent tous cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.
Lundi, l'ancienne ministre de l'Environnement, Corinne Lepage, avocate de l'Avif, l'association des victimes, et de 120 parties civiles, avait visé dans sa plaidoirie les élus «cupides» de La Faute-sur-Mer, qui ont fait «le choix commun d'aller vers une urbanisation massive», au mépris des risques d'inondation, que le maire «connaissait parfaitement».

29 noyés dans ces maisons

M. Marratier et Mme Babin sont notamment poursuivis pour avoir signé des permis de construire pour des maisons de plain-pied qui auraient dû comporter un étage, en raison du risque fort de submersion de la digue censée protéger les habitations. Dans ces maisons, ont péri noyées plusieurs des 29 victimes de la violente tempête Xynthia, le 28 février 2010.
Les deux anciens élus ont adopté pendant tout le procès la même ligne de défense: ils n'avaient pas connaissance du risque d'inondation car celui-ci n'a jamais été clairement expliqué par les services «défaillants» de l'État, qui avaient en outre validé les permis de construire avant qu'ils ne soient autorisés par la commune. Le jugement est attendu le 12 décembre.
http://www.20minutes.fr/france/1461413-proces-xynthia-trois-ans-ferme-requis-contre-ancien-maire-faute-sur-mer

mardi 14 octobre 2014

Nanterre : le procès d'assises renvoyé à cause des sourires d'une jurée

Coup de théâtre à la cour d’assises des Hauts-de-Seine ce mardi. Le procès de Poulomi, du nom de cette femme jugée pour avoir commandité l’assassinat de son mari, à Colombes le 14 juin 2012, a tourné court
Il est renvoyé à une « date ultérieure » car les avocats de la défense ont quitté la salle d’audience, laissant la cour et leurs clients en plan.

Un procès d’assises sans
étant impossible, le bâtonnier a désigné un de ses confrères pour assister les accusés. Mais il est inconcevable de défendre quiconque sans connaître le dossier. Voilà pourquoi le n’avait d’autre choix que de renvoyer l’affaire. Ce sont les sourires d’une jurée qui ont déclenché la colère de Me Philippe Petillault, l’avocat de Poulomi, qui a mené la fronde en multipliant les incidents dès l’ouverture des débats lundi après-midi. Me Petillault a demandé son remplacement par un juré suppléant parce que « ses sourires » sont, à ses yeux, « une « d’opinion ». Les jurés ayant « le devoir de ne pas manifester leur opinion », elle n’avait plus sa place parmi le jury selon l’avocat. Le président de la cour a refusé. Me Petillault et ses deux confrères de la défense, assistant l’homme qui a tiré sur la victime et un intermédiaire, ont alors quitté le prétoire.

http://www.leparisien.fr/nanterre-92000/nanterre-le-proces-de-celle-qui-avait-commandite-l-execution-de-son-mari-renvoye-14-10-2014-4212727.php

Procès Pistorius : le parquet s'oppose à une réhabilitation rapide de l'athlète

Au deuxième jour d'une nouvelle semaine de procès, la défense d'Oscar Pistorius et le parquet de la Haute cour de de Pretoria (Afrique du Sud) ont bataillé mardi au sujet de la peine que devra effectuer l'athlète. Le procureur Gerrie Nel s'est farouchement opposé à une réhabilitation rapide de l'athlète, condamné le 12 septembre dernier pour homicide involontaire sur sa petite amie Reeva Steenkamp, tuée de quatre balles le 14 février 2013
Les débats étaient plus calmes que la veille, quand la suggestion d'une peine de travaux d'intérêt général avait déclenché la colère de Gerrie Nel. Celui-ci s'est concentré mardi sur l'argumentaire d'Annette Vergeer, fonctionnaire des services de probation. Selon elle, Oscar Pistorius souffrirait d'un mauvais suivi médical en prison. «Il est relativement jeune (...) sincère dans ses remords (...) et a réalisé la gravité de son infraction. Cela (NDLR : la prison) le détruirait davantage», a-t-elle dit en réclamant du sursis ou une amende.

«Il a les capacités d'être un citoyen utile à la société, et un atout inestimable pour les autres handicapés en particulier les enfants», a-t-elle ajouté, rejoignant le discours prononcé la veille par Pete Van Zyl, le manager de l'athlète amputé. 

Pour un athlète de haut niveau, se consacrer à de grandes causes comme celle des enfants handicapés, «ça n'a rien d'original», a soutenu le procureur Gerrie Nel, durant le contre-interrogatoire de Pete Van Zyl. «C'est simplement une étape de carrière», a-t-il affirmé, rappelant que Pistorius était tantôt invité, tantôt rémunéré, tantôt honoré par les multiples sollicitations reçues avant qu'il ne tue Reeva Steenkamp.

«Je pense que beaucoup de sportifs veulent apporter leur contribution et changer les choses», a rétorqué le manager d'Oscar Pistorius. «Mais c'est juste du bonus, un à-côté», a raillé Gerrie Nel. Né sans péroné, Oscar Pistorius a été amputé des pieds à l'âge de 11 mois et équipé de prothèses. Il court équipé de lames de carbone lui valant le surnom de «Blade Runner» (le coureur aux lames). L'athlète s'apprêtait à lancer sa propre fondation quand il a abattu Reeva Steenkamp le soir de la Saint-Valentin.

Verdict attendu vendredi

Incarcération, prison avec sursis, arrêts domiciliaires, simple amende : toute la gamme des sanctions est envisageable dans un pays où rien n'est codifié lors d'une condamnation pour homicide volontaire. D'un côté, le parquet et la famille Steenkamp souhaitent que Pistorius, qui n'a effectué que 8 jours de détention depuis les faits, soit incarcéré plus longuement. De l'autre, la défense espère une simple assignation à résidence.

La juge Mme Masipa, sous forte pression dans ce procès intégralement retransmis en direct à la télévision, pourrait annoncer la sentence dès vendredi. 


http://www.leparisien.fr/faits-divers/proces-pistorius-le-parquet-s-oppose-a-une-rehabilitation-rapide-de-l-athlete-14-10-2014-4212741.php