vendredi 31 octobre 2014

Procès de l'assassinat de Jean-Ronald D'Haity : «Nous sommes dans le dossier de la bêtise et de la lâcheté»

Depuis le début du procès de l'assassinat de Jean-Ronald D'Haity, les accusés ont une mémoire sélective. Hier matin, Mathias Pavot l'a de nouveau démontré, à la cour.
Comme Vincent Tournadre, Mathias Pavot a expliqué, hier matin, à la barre, que Morad Laanizi est venu le chercher le 8 mai 2010 à son domicile car «une bagarre générale allait avoir lieu». Se sentant menacé, «Si tu ne viens pas, ça va mal se passer pour toi», Mathias Pavot a décidé de le suivre «sous la pression» et insiste sur le fait qu'il n'est pas monté dans l'appartement de Taoufik Laanizi qu'il qualifie comme «le chef du groupe». Comme l'ont fait précédemment, les autres accusés, il décrit des personnes encagoulées qu'il ne reconnaît pas. Il explique ensuite être resté «seul» sur la place Foch et ne pas être rentré dans l'immeuble de Jean-Ronald D'Haity. «Je n'ai pas mis un pied dans l'appartement. Je ne peux pas vous donner d'informations sur ce qui s'est passé car je n'y étais pas». Des prélèvements ont pourtant mis en évidence son profil génétique dans trois mélanges d'ADN, sur un pan de rideau, sur la porte de la chambre et sur la porte d'entrée de l'appartement. Un expert de l'ADN sera entendu, mercredi prochain, et apportera des éclairages sur ces mélanges complexes.

«On m'a fait comprendre qu'il fallait que je ferme ma bouche»

Ensuite, Mathias Pavot dit avoir suivi le groupe qui était redescendu en courant de l'appartement. «J'ai aperçu une personne au sol prendre des coups de pied et de poing. La ruelle était sombre, je n'ai pas vu qui donnait les coups et j'ai entendu “Arrête tu vas le tuer”. J'ai pris peur, je suis rentré chez moi et j'ai fumé un joint. Puis, j'ai appelé Morad Laanizi que j'ai retrouvé à Malhourtet pour savoir ce qui s'était passé. Il y avait aussi son frère, Vincent Tournadre et Abdel-Malik Taghouzi. On m'a dit qu'il ne s'était rien passé et on m'a fait comprendre qu'il fallait que je ferme ma bouche. Jamila, la sœur des frères Laanizi, est intervenue et je suis rentré chez moi». Par ailleurs, Mathias Pavot a précisé ne pas avoir entendu Morad Laanizi se vanter d'avoir mis les coups de couteau, comme l'ont stipulé dernièrement certains accusés.
Hier, Régis Cayrol, le président de la cour a souligné, «Nous sommes dans le dossier de la bêtise et de la lâcheté. À terme, je ne suis pas sûr que la cour et le jury aient les moyens de dire qui a fait quoi étant donné l'attitude des gens en face de moi». La mémoire sélective des accusés commencerait-elle a irrité les jurés et les magistrats ?
Mathias Pavot a terminé son témoignage en disant, «Sans ma présence, les choses se seraient passées de la même manière».
Aujourd'hui, il n'y a pas d'audience car une conférence nationale des avocats se tient à Montpellier. Les débats reprendront mardi 4 novembre, à 9 heures. Un médecin légiste participera aux débats.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/31/1982484-regis-cayrol-sommes-dossier-betise-lachete.html

jeudi 30 octobre 2014

Haute-Loire. Il casse un balai sur sa femme enceinte de sept mois

Un homme de 26 ans, domicilié à Chadrac, était présenté jeudi après-midi devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate. Des violences commises sur sa compagne, enceinte de sept mois, lui sont reprochées entre le mois janvier et mercredi.
C’est effectivement le 29 octobre qu’il aurait, semble-t-il, pété les plombs. Le motif de la dispute semble être la facture de gaz… Dans des circonstances qui n’ont pas été précisées, l’homme aurait violemment frappé sa compagne avec un balai, qui s’est rompu en quatre morceaux. C’est la victime qui a donné l’alerte. Hospitalisée, elle s’est vue prescrire une ITT de 40 jours. Un accouchement prématuré était, au départ, pronostiqué.
Pour la défense, Me Anne-Sophie Clauzier, qui a indiqué que la victime sortirait très bientôt de l’hôpital, a demandé que le jugement soit renvoyé afin qu’une expertise psychiatrique ait lieu. « Si on n’est pas troublé psychologiquement, on ne fait pas ça à sa femme enceinte », insiste-t-elle.
Représentant le ministère public, Yves Dubuy, le vice-procureur de la République, après avoir rappelé que le prévenu risquait jusqu’à dix ans d’emprisonnement, a requis un mandat de dépôt. La présidente, Marguerite Chapel de Lapachevie a suivi cette réquisition. En revanche, elle n’accorde pas l’expertise psychiatrique aux frais du tribunal. Le prévenu préparera sa défense pour une nouvelle comparution le 11 décembre depuis la maison d’arrêt départementale. Où il pourra rencontrer un psychiatre à ses frais. La victime s’est constituée partie civile.

http://www.leprogres.fr/haute-loire/2014/10/30/il-casse-un-balai-sur-sa-femme-enceinte-de-sept-mois

Il louait un appartement de 6m2 : ses propriétaires (qui avaient assigné) condamnés

Les propriétaires d'un appartement de 6m² ont été condamnés à verser 3.400 euros au locataire pour lui avoir loué une surface trop petite.
Ironie du sort, ce sont les propriétaires de l'appartement qui avaient assigné en justice leur locataire pour quatre mois de loyers impayés.

Si le tribunal d'instance du 17e arrondissement de Paris a condamné le locataire à rembourser les quatre mois de loyer, il a condamné les propriétaires à verser au locataire 3.400 euros. La logique de l'arroseur arrosé.
Amende trop faible pour dissuader les marchands de sommeil ? 
En guise de dommages et intérêts, le tribunal les a condamnés à verser la même somme ainsi que le remboursement des loyers indûment perçus, la surface étant trop petite pour être louée. A cela s'ajoute également, le remboursement du dépôt de garantie et les frais liés à l'installation dans un nouvel appartement.
"C'est un jugement en demi-teinte, réagit Aurélie Geoffroy, l'avocate d'Ahmed, le locataire. Certes, le tribunal nous a donné raison. Mais le montant de la réparation n'est pas de nature, selon moi, à décourager les marchands de sommeils" et conclut "le montant de cette condamnation ne vient pas sanctionner un comportement qui, pour moi, est fortement répréhensible."
En octobre dernier, une étudiante italienne a été expulsée de son studio parisien après avoir réclamé une quittance de loyer à son propriétaire.

mercredi 29 octobre 2014

Tribunal de Perpignan : il a 31 ans, sa compagne en a 17, il la bat, elle veut faire sa vie avec lui

Une relation conjugale difficile entre un homme et une mineure a interpellé le tribunal.
Les affaires de différends conjugaux sont légion au tribunal de Perpignan. Trop souvent encore, des femmes subissent les violences de leur compagnon. Mais en ce lundi, l’audience de comparution immédiate était différente. D’une part parce que la victime n’a pas déposé plainte, n’en veut pas à son concubin et déclare vouloir faire sa vie avec lui. D’autre part, étant donné l’âge des acteurs du dossier. Il a 31 ans, elle en a 17.
Ils vivent ensemble depuis trois ans. La jeune fille, considérée en fugue, est suivie par l’Enfance catalane. Ce sont d’ailleurs deux éducatrices qui ont averti les forces de l’ordre après avoir constaté une tuméfaction sur le visage de la mineure. L’homme est convoqué au commissariat, mais ne répond pas aux relances. Quand, suite à un appel de la jeune femme expliquant aux éducateurs qu’elle ne supporte plus sa vie avec lui, la police décide d’intervenir. L’homme tente de fuir après avoir copieusement insulté les envoyées de l’Enfance catalane. Il se débat comme un beau diable, au risque de faire chuter un fonctionnaire depuis le 4e étage.
Après deux renvois du procès, le concubin, parfaitement calmé, était présenté devant ses juges. Il reconnaît les insultes, avoue s’être débattu et, du bout des lèvres, admet des bousculades avec sa compagne. « Il y a une pression judiciaire à mon encontre, lâche-t-il, car j’ai un passé ». En partie civile, Me Madrenas est le conseil des deux éducatrices et de l’Enfance catalane. « C’est une relation d’emprise, martèle-t-il. Et qui dure depuis qu’elle a 13 ans ! Au vu et au su de tout le monde. Il va être condamné, mais cela va-t-il la protéger ? Il la retenait pour l’empêcher d’aller vers les éducatrices… Il le dit d’ailleurs sans ambages devant le tribunal ». « La police est intervenue car il y a eu un appel urgent. En se débattant, il a mis tout le monde en danger, renchérit Me Arpaillange, avocat des policiers. Et, se permettant une digression : « Au fait, il ne l’a pas frappée, mais mordue à la pommette… car elle n’avait pas fait la vaisselle ».
« Il se prend pour son tuteur, assène le procureur. C’est un manipulateur. Il faut les séparer. Suffisamment de mal a été fait, il faut limiter les dégâts ». Il demande 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis et l’interdiction d’entrer en contact avec la victime.
« Tout part de cet hématome, contre-attaque Me Large. Mais il n’y a jamais eu d’intervention avant. Ce dossier est vide du danger que l’on vous annonce. En fait, seuls les politiques et les rockstars auraient le droit de vivre avec quelqu’un de plus jeune qu’eux… Elle a vécu dans la rue. Aujourd’hui elle a trouvé un homme qui l’a sortie de là. Et on veut lui interdire de voir la seule personne qui peut la protéger… ».
Le tribunal prononce une peine de 10 mois dont 6 assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve. Il devra travailler et faire l’objet de soins psychologiques. Il lui est interdit d’entrer en contact avec la jeune fille et il est maintenu en détention. « Car la jeune fille est mineure et qu’il y a eu des violences sur mineure », justifie le juge. Et, se tournant vers la jeune fille en pleurs : « La société doit vous protéger ».
http://www.lindependant.fr/2014/10/28/tribunal-de-perpignan-il-a-31-ans-sa-compagne-en-a-17-il-la-bat-elle-veut-faire-sa-vie-avec-lui,1948168.php

Procès de la tuerie de Millau : enfin une rupture de l’omerta

L 'un des dix-huit accusés, du procès de la tuerie de Millau, affirme que Morad Laanizi s'est vanté d'être l'auteur du coup de couteau mortel.
Ce soir-là, on était tous des amis. On ne s'adressait ni à un juge ni à la police. Il se vantait. Je confirme qu'il m'a bien dit que c'était lui qui avait porté un coup de couteau à Jean-Ronald D'Haïti." Pour la première fois depuis l'ouverture, il y a un mois à Rodez, du procès de la tuerie de Millau, les jurés ont eu hier une affirmation claire. Abdel-Malik Taghouzi, 31 ans, qui a "fait 43 mois de détention provisoire" dans l'enquête sur la mort de Jean-Ronald d'Haïti, poignardé le 8 mai 2010, a désigné un suspect : Morad Laanizi. Jusqu'ici, le jeune homme apparaissait, avec son frère Taoufik, comme l'organisateur de cette sanglante expédition punitive menée contre les Antillais de la place Foch.
"Nous sommes partis pour nous battre"
Les deux frères étaient furieux que Morad ait eu la mâchoire brisée dans une bagarre, un mois plus tôt. "Morad, il avait la haine. Il voulait rien entendre, il était obnubilé par sa vengeance." Ce 8 mai, "devant le centre social, Taoufik nous demandait si on était prêts à bouger avec eux. Certains répondaient que non, Morad nous disait qu'on était des tapettes." À l'époque, Taoufik est le meilleur copain d'Abdel-Malik. "Taoufik avait demandé aux personnes qui voulaient bouger avec lui de passer. Quand je suis arrivé chez lui, beaucoup étaient déjà masqués, avec des armes, des couteaux, des battes de base-ball, des poings américains. Morad avait un couteau papillon, Taoufik une matraque", poursuit-il, sans cacher son état d'esprit d'alors : "Nous sommes partis pour nous battre." Mais la place Foch où ils pensaient rencontrer leurs adversaires est déserte. "Taoufik, c'est lui le premier qui a donné le top départ pour aller dans les appartements. Ça a été très vite, je ne peux pas vous en dire plus car je ne suis pas monté." Ensuite, "je me suis mis dans un groupe, on a couru derrière Rodolphe Charles, j'ai été témoin passif des coups qu'il a pris." Poignardé, frappé à coups de pied dans la tête, le jeune Antillais sera laissé pour mort par ses agresseurs.

J'ai pas dit : “Il a fait ci ou ça”. Mais son frère, il faut qu'il assume" 

C'est plus tard, de retour chez Taoufik, que Morad aurait fait la sinistre confidence. "On a passé la soirée à jouer à la Play. Il n'y en avait qu'un qui paraissait troublé, c'était Morad." L'avocat général, Jérôme Laurent, se lève : "J'ai le sentiment qu'il y a une sorte de pacte de solidarité, que tout le monde s'est mis d'accord pour rejeter toute la responsabilité sur les frères Laanizi." L'accusé : "Il n'y a aucune solidarité, on essaie de s'en sortir les uns les autres. Ils ont recruté tout le monde sans rien assurer derrière. Si c'est des hommes, qu'ils viennent à la barre reconnaître leur responsabilité."
La séquence vérité a ses limites : Abdel-Malik Taghouzi n'explique pas pourquoi on a trouvé son ADN sur l'une des portes de l'appartement du crime, alors qu'il jure ne pas y être allé. Pendant l'instruction, il a désigné plusieurs autres accusés, puis s'est rétracté. "Vous êtes la seule personne de ce dossier à avoir été confrontée à tous, car vous avez donné les noms de tout le monde", rappelle Me Phung, qui défend les frères mis en cause. "Désolé de vous dire ça, Maître, mais Taoufik, il y était. J'ai pas dit : “Il a fait ci ou ça”. Mais son frère, il faut qu'il assume." Suite du procès ce mercredi matin.
http://www.midilibre.fr//2014/10/28/tuerie-de-millau-enfin-une-rupture-de-l-omerta,1072987.php

mardi 28 octobre 2014

Calvaire de la petite Céline à Aniche : ses grands-parents paternels mis en examen

L’instruction judiciaire se poursuit dans l’enquête sur les mauvais traitements subis pendant plusieurs mois par Céline, fillette de 6 ans, à Aniche (Douaisis). Après le père et la belle-mère de l’enfant, placés en détention le 31 juillet, les grands-parents paternels de Céline ont été mis en examen.
C’est le processus logique d’une instruction qui pourrait encore durer plusieurs mois. Le 15 octobre, les grands-parents paternels de Céline (1) ont été convoqués devant la juge en charge de l’enquête. Le grand-père, âgé de 69 ans, et la grand-mère (65 ans) paternels de Céline, domiciliés à Moncheaux, ont été mis en examen pour non-dénonciation de mauvais traitements et non-assistance à personne en danger. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire.
À ce stade des investigations, la juge d’instruction soupçonne les grands-parents paternels de Céline d’avoir vu l’enfant durant son calvaire mais de n’avoir rien fait et rien dit. Le parquet avait ciblé le couple sur la base des témoignages recueillis par les enquêteurs dans les heures qui ont suivi la révélation des faits.
C’était dans la dernière semaine de juillet, il y a trois mois presque jour pour jour. Céline avait été admise aux urgences du centre hospitalier de Douai. Son père, Anichois de 35 ans domicilié au bout de la rue Edmond-Laudeau, l’y avait emmenée après une soi-disant chute de vélo.
Céline n’est jamais tombée de vélo ce week-end des 27 et 28 juillet. La paralysie dont la fillette souffrait à son admission aux urgences serait consécutive à plusieurs mois de mauvais traitements subis au domicile de son père et de sa belle-mère.
Comme le père, la belle-mère âgée de 23 ans a été mise en examen, soupçonnée elle aussi d’avoir participé aux mauvais traitements, aux privations et aux sévices subis par la fillette. Le père et la belle-mère, qui était enceinte de six mois fin juillet, sont toujours en détention provisoire.
Céline, elle, va mieux. Ce sont désormais ses grands-parents maternels qui en ont la garde. La fillette habitait chez eux, près de Béthune, jusqu’à la fin de l’hiver quand sa mère est décédée et son père a décidé de la reprendre chez lui à Aniche. La fillette est toujours soignée dans un établissement pédiatrique spécialisé de Villeneuve d’Ascq. Elle se déplace en fauteuil roulant mais retrouve peu à peu l’usage de ses jambes.
1. Prénom d’emprunt.

http://www.lavoixdunord.fr/region/calvaire-de-la-petite-celine-a-aniche-ses-ia16b0n2460142

10 ans pour avoir tué son mari qui la battait

Une femme qui avait tué son mari en 2012 après plusieurs dizaines d'années d'un enfer conjugal fait de coups et d'abus sexuels de ses propres filles, a été condamnée mardi à 10 années de réclusion par la cour d'assises du Loiret. L'avocate générale avait requis entre 12 et 14 ans de prison mais sans retenir la préméditation contre Jacqueline Sauvage, 65 ans, initialement mise en examen pour assassinat, qui a tiré trois coups de fusil dans le dos de son mari le 10 septembre 2012.

Lors de l'audience entamée vendredi, les filles de la victime ont témoigné violemment à charge contre leur père, entrepreneur d'une société de transport, mort à 65 ans.  "Notre père est décédé et pour moi, c'est un soulagement", a déclaré l'une d'elles, violée à l'âge de 16 ans et victime de graves violences alors qu'elle était devenue une adulte.  "Il était sans pitié, c'était plus fort que lui", a ajouté sa soeur aînée. "Il m'a détruite intérieurement, je n'arrive pas à tourner la page", a ajouté la troisième. Toutes trois ont été violées, battues comme l'était leur mère.

La passivité de l'épouse en question

Leur frère, également victime des violences de son père, s'est suicidé la veille du jour où leur mère finalement tué son mari. Au coeur de l'audience, la présidente de la Cour Catherine Paffenhoff a en revanche longuement questionné la passivité de l'épouse face à ce mari tyran, gros consommateur d'alcool, la non-dénonciation des coups, des incestes. "On avait peur de lui, il nous terrifiait", a répondu l'une de ses filles.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/28/97001-20141028FILWWW00274-10-ans-pour-avoir-tue-son-mari-qui-la-battait.php

L’ancien gendarme avait braqué une boulangerie : un an ferme

Un ancien gendarme comparaissait lundi devant le tribunal de Dax pour le braquage d’une boulangerie, le 23 juin 2013 à Saint-Paul-lès-Dax (40). Il a été condamné à quatre ans de prison, dont trois avec sursis
l encourait jusqu'à sept ans d'emprisonnement, voire de quinze à vingt ans de réclusion si l'affaire était remontée jusqu'aux assises. Lundi, devant le tribunal correctionnel de Dax, un quinquagénaire a écopé de quatre ans de prison dont trois avec sursis, pour le braquage d'une boulangerie-pâtisserie saint-pauloise en juin 2013, dans des circonstances assez stupéfiantes. Le prévenu est en effet un gendarme retraité passé par la mobile puis la territoriale, avant de servir jusqu'en 2008 dans une section de recherches en tant qu'officier de police judiciaire.
Comment le gendarme est-il devenu voleur ? Qu'est-ce qui a conduit ce père de famille à se munir d'un pistolet à billes et à menacer froidement un boulanger et ses deux employées, afin de grappiller un butin de moins de 500 euros ? Le tribunal correctionnel dacquois a tenté lundi de décrypter ce mystère.

Des faits accablants

L'homme placé depuis quelques mois sous contrôle judiciaire après avoir purgé un séjour de cinq mois et douze jours en détention, s'est présenté libre à la barre, assisté de son avocate, Me Marie-Thérèse de Pinho, du barreau de Dax. Grand et sec, le visage émacié, le regard plein de lassitude, beaucoup d'indices laissent transparaître une vie marquée par les épreuves. On apprendra par la suite que l'ancien gendarme a plongé dans l'alcoolisme, à la suite d'un séjour en Bosnie en 1999 en tant que Casque bleu. Comme l'a souligné son avocate, l'armée n'aurait jamais reconnu ni traité le syndrome post-traumatique et l'a finalement poussé à la démission. La descente aux enfers a alors débuté.
Il agit à visage découvert mais s'est grimé avec le maquillage de sa femme
Le profil psychologique rapidement brossé, révèle néanmoins que l'homme est totalement responsable de ses actes. Le rappel des faits effectué par le président Benoît Giraud se révèle accablant. Le dimanche 23 juin 2013, le prévenu entre dans une boulangerie-pâtisserie avenue Foch à Saint-Paul-lès-Dax. Il va agir à visage découvert. Mais il a pris soin de se grimer avec le maquillage de sa femme, d'enfoncer sur son crâne une casquette empruntée à ses fils. Et il a masqué avec du ruban adhésif la plaque d'immatriculation de la voiture familiale.

Des menaces avec un pistolet à billes

La caméra de surveillance immortalise la scène, digne d'un mauvais polar. On y voit le prévenu commander et déguster un café, avant de glisser méthodiquement dans son sac la tasse et la cuillère qui portent ses empreintes. Il sort alors son pistolet à billes et menace la vendeuse.
Une fois l'argent en poche, l'homme sort comme si de rien n'était
Le gérant de la boulangerie et une autre vendeuse surviennent à ce moment-là. Ils sont apostrophés avec violence. La jeune vendeuse qui avait l'arme sous le nez racontera au tribunal avec des sanglots étranglés dans la voix, cette scène pénible, qui lui donne encore des cauchemars. Une fois l'argent en poche, l'homme sort comme si de rien n'était. Il aurait pu sans doute poursuivre sa nouvelle entreprise scabreuse, si sa femme qui ignorait tout de son forfait, n'était revenue sur les lieux acheter du pain… avec la voiture !

Un carnet accablant

Lors de l'enquête, le suspect se révélera coriace. Les policiers mettront la main sur un carnet accablant, où l'ancien gendarme avait déjà consigné plusieurs cibles potentielles : principalement des supérettes. Le président François Giraud n'hésitera pas à juger consternant le motif de ce braquage : récupérer 500 euros afin d'acheter une voiture 1.000 euros.
Le prévenu devra au final régler 5.000 euros de préjudice moral et 1.000 euros pour le préjudice matériel à la vendeuse, 3 000 euros au gérant de la boulangerie, sans compter les frais de procédure. Le prix à payer également auprès de ses proches et de sa famille est lourd. Il a par ailleurs été prononcé une obligation de soins au niveau psychologique et pour son addiction à l'alcool. Et à la moindre incartade, il retournera pour trois ans en prison
http://www.sudouest.fr/2014/10/28/l-ancien-gendarme-s-etait-mue-en-braqueur-de-boulangerie-1718093-3350.php

Jeudi, la cour de cassation examine l'affaire AZF

C'est jeudi matin qu'aura lieu l'audience de la Cour de Cassation sur l'affaire AZF. La juridiction suprême devrait rendre sa décision dans un mois
Toulouse tournera-t-elle bientôt la page de l'affaire AZF ? Jeudi à 9 heures l'audience de la Cour de Cassation s'ouvrira, après le pourvoi qui avait été interjeté par les avocats de Total. La cour d'appel de Toulouse avait en effet condamné l'ancien directeur Serge Biechlin à trois ans de prison dont un ferme pour homicides involontaires, en appel du procès de la catastrophe de l'usine AZF survenu le 21 septembre 2001.
Les avocats de la défense de Total avait soulevé un certain nombre de points, dont notamment le fait que l'une des conseillères à la cour était par ailleurs présidente d'une association d'aide aux victimes, ce qui selon eux, pouvait laisser planer un doute sur la partialité de cette magistrate. Ils ont également fait remarquer que cet incident avait été examiné par le conseil supérieur de la magistrature. Celui-ci n'a pas sanctionné la magistrate, mais observé que celle-ci avait averti sa hiérarchie. Le Conseil supérieur de la magistrature s'est étonné de ce dysfonctionnement, et les avocats de Total espèrent de leur côté que la Cour de Cassation en tiendra également compte.
En juillet dernier, l'avocat général de la Cour de Cassation a lui estimé que l'arrêt pouvait être cassé sur un point de droit, une mauvaise qualification de la dégradation volontaire du bien.
Pour Me Stella Bisseul, avocat des familles endeuillées, «tout le monde savait que la magistrate était présidente de cette association, c'est une pratique commune.»
Elle poursuit : «Nous attendons confirmation de l'arrêt de la cour. La catastrophe d'AZF a été causée par le mélange de produits incompatibles dans le circuit des déchets. C'est la cause et elle est connue : il est grand temps que Toulouse se réapproprie son histoire.»

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/28/1980689-jeudi-la-cour-de-cassation-examine-l-affaire-azf.html

Montpellier : le faux clown agressif écope de quatre mois de prison ferme

Céder à la mode du déguisement de clown effrayant pour détrousser un passant, n'est pas une bonne idée. Abdelila, un jeune du quartier Paul-Valéry de Montpellier (Hérault) l'a appris hier à ses dépens devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Il a écopé de douze mois de prison dont quatre mois ferme avec mandat de dépôt à l'audience. Dimanche, vers 2 heures du matin, ainsi masqué, il avait pourchassé un jeune chef d'entreprise de 25 ans, en lui assénant une trentaine de coups sur le dos avec un manche à balai en aluminium, le blessant sérieusement. «Au début, en voyant les trois jeunes dont un masqué je ne me méfiais pas. Mais celui qui était masqué s'est rué sur moi. Le masque était vraiment terrifiant : je me suis mis à courir. Et lui me tapait sur le dos. Il criait «donne-moi ce que tu as. Aujourd'hui je suis en état de choc. La violence n'est pas une solution. Il faut que cela s'arrête», a expliqué Damien, victime, notamment d'une entorse aux cervicales.
Le jeune, déjà connu de la police et de la justice a passé un très mauvais moment face à la présidente Claudine Laporte et devant Nathalie Rocchi-Planes la représentante du parquet. «Ce qui est gênant, c'est cette ultraviolence inqualifiable et gratuite. Je comprends que la population soit aujourd'hui inquiète» a indiqué la magistrate avant de requérir quinze mois de prison dont six ferme. «On ne s'amuse pas impunément à faire peur aux gens et à les blesser. Faites le savoir» a conclu la présidente Laporte avant d'expédier le faux clown, en pleurs, à la maison d'arrêt. Plusieurs «clowns» attendent d'être convoqués à leur tour après avoir sévi notamment à Marseillan.

Un faux clown arrêté à Paris

Cette agression s'inscrit dans une inquiétante série de faits similaires, perpétrés par des individus, souvent des jeunes, voire des très jeunes gens, portant un effrayant masque de clown.
Ainsi, un adolescent de 14 ans déguisé en clown a été arrêté hier après-midi à Chelles, en banlieue parisienne, après avoir tenté d'attaquer une femme.
Vers 14 h 30, cette femme qui venait de sortir de sa voiture dans cette commune de Seine-et-Marne a appelé la police, racontant que deux personnes déguisées en clowns, dont l'une était munie d'une hache visiblement factice, s'en prenaient à elle. Elle n'a pas été blessée «mais a eu une grosse peur», a précisé la police.
Les deux clowns se sont enfuis lorsqu'un passant a voulu leur fondre dessus, armé d'une batte de baseball. L'un d'eux a été arrêté par la police, encore recouvert de maquillage blanc.
Dans un incident distinct, une demi-heure plus tard, une dizaine de personnes affublées du masque blanc au large sourire dont se parent les Anonymous, un collectif de pirates informatiques, ont attaqué trois jeunes à la gare de Melun, leur dérobant leurs téléphones portables, a ajouté la source policière. L'un des agresseurs présumés a été interpellé.
Depuis l'automne, ce type d'agressions semble se multiplier en France, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais. Le 20 octobre, un homme déguisé en clown qui terrorisait des passants en brandissant une arme factice, à Douvrain, a été condamné à six mois de prison avec sursis.
Le Sud de la France a également vu se produire ce genre de faits, souvent lié à des paris sur les réseaux sociaux. Samedi, 14 adolescents habillés en clown et porteurs de pistolets, de couteaux et de battes de base-ball ont été interpellés sur le parking d'un lycée d'Agde (Hérault), placés en garde à vue et remis en liberté dimanche.
Face à ce phénomène, la police nationale a recommandé vendredi dernier à ceux qui croiseraient des clowns dans la rue d'appeler le 17. «Depuis la mi-octobre, une rumeur inspirée de vidéos sur internet (…) inquiète la population sur la présence de clowns menaçants et agressifs en France», a-t-elle relevé.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/28/1980690-montpellier-faux-clown-agressif-ecope-quatre-mois-prison-ferme.html

lundi 27 octobre 2014

AFRIQUE DU SUD - Il y aura un deuxième procès pour Oscar Pistorius

Pistorius : le ministère public fait appel de la condamnation

Oscar Pistorius devrait être rejugé du meurtre de Reeva Steenkamp. Le ministère public d'Afrique du Sud a en effet annoncé ce lundi qu'il allait faire de la condamnation de l'athlète à cinq ans de prison pour homicide involontaire.
Le ministère public sud-africain (NPA, National prosecuting authority) "va faire appel à la fois de la condamnation et de la peine", a déclaré Nathi Mncube, un de ses porte-parole. Durant le procès, les services du procureur avaient cherché à prouver que "Blade Runner" avait volontairement abattu sa petite amie, le mannequin Reeva Steenkamp, le jour de la Saint-Valentin 2013. Mais la juge Thokozile Masipa avait estimé que les preuves étaient insuffisantes pour conclure à un meurtre. Aucun détail supplémentaire n'a été fourni pour l'instant sur cet appel.
Après le verdict, des juristes spécialisés dans les affaires pénales s'étaient dits choqués par la conclusion de la juge, selon laquelle Oscar Pistorius ne pouvait savoir qu'il risquait de tuer quelqu'un en tirant les coups de feu fatals. Ils avaient prévenu que cela risquait d'entraîner des dérives du système judiciaire et de faire croire à certains qu'il était permis d'ouvrir le feu de manière irresponsable
Reeva Steenkamp avait reçu quatre balles dans le corps, tirées à travers la porte verrouillée des toilettes où elle se trouvait au moment du drame, dans la somptueuse résidence d'Oscar Pistorius à Pretoria. Avant et pendant le procès, le champion paralympique a assuré qu'il croyait tirer sur un intrus, puis qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir ouvert le feu.
Les Sud-Africains avaient également critiqué la peine de cinq ans la jugeant trop clémente après l'annonce qu'Oscar Pistorius pourrait bénéficier d'une libération conditionnelle dans moins d'un an. Le sprinteur a commencé à purger sa peine le 21 octobre.

Ecolière blessée en Charente-Maritime, les parents déposent plainte

L'accident s'est déroulé le 1er octobre à Pont-l'Abbé-d'Arnoult, petite commune située entre Saintes et Rochefort. Ce jour-là, lors d'une pause, la petite Maddy, 4 ans, a passé les mains à travers une vitre de son école en jouant à 1,2,3 soleil dans la cour.
 
« La maîtresse m'a appelée à 11 heures, affolée, pour me dire que ma fille venait d'avoir un accident », se rappelle Sarah Renaud, sa maman. Un agent spécialisé des écoles maternelles (Atsem) a promulgué les premiers soins. Heureusement, plus de peur que de mal.
La petite fille s'en est tirée avec des plaies superficielles. Une fois la peur passée, la famille Renaud, qui habite Sainte-Radegonde, a commencé à se poser la question des responsabilités. « Cette école date de 1953. Les fenêtres sont d'origine. Il n'y a plus de mastic au niveau des joints. Or, il existe des baies vitrées tout le long de la classe », indique Sarah Renaud. La question de la vétusté de cette école, qui accueille environ 150 enfants en maternelle et en élémentaire, n'est pas nouvelle. Sauf que cet accident donne une autre dimension au problème.

Les parents au créneau

Après avoir cherché des explications auprès des élus, et faisant face à un silence, les parents de la petite Maddy ont décidé de déposer plainte contre la mairie, à la compagnie de gendarmerie de Saintes. « Le maire est responsable de ce qui se passe dans sa commune. Nous ne cherchons pas à être indemnisés. Nous avons déposé plainte pour que l'école soit sécurisée et que ce genre d'accident ne se reproduise pas », confie la mère de famille.
Elle est soutenue dans son initiative par la secrétaire de l'Association de parents d'élèves de l'école, Stéphanie Neves Peyrard. « Alors que la mairie investit régulièrement de l'argent pour pallier la vétusté des bâtiments, il aurait mieux valu décider la construction de nouveaux locaux. Nous avons estimé le coût d'un tel chantier entre 500 000 et 600 000 euros pour la commune », pointe-t-elle du doigt.
Une position pas loin d'être partagée par Monique Rivière, la maire de Sainte-Radegonde, commune limitrophe, et vice-présidente de la Communauté de communes Charente-Arnoult-Cœur- de-Saintonge chargée de l'enfance et de la petite enfance. « La question n'est effectivement pas nouvelle. Il aurait fallu réfléchir beaucoup plus en amont à une nouvelle construction. C'est en tout cas un avis qui n'engage que moi », précise-t-elle.

Un doigt dans l'engrenage

Sauf que le maire de Pont-l'Abbé-d'Arnoult, Didier Mayau, répond que le doigt était déjà dans l'engrenage au moment de sa première élection en 2008. « Il y a eu des réparations engagées sur cette école au fil du temps. L'option prise à un moment donné n'a pas été celle d'une construction neuve. Aujourd'hui, il est difficile de prévoir autre chose. Financièrement, la commune ne peut pas. Il existe un plateau sportif autour de l'école. On ne peut donc pas la déplacer. Il faudrait tout démolir pour reconstruire sur place… »
Suite à l'accident, des travaux ont eu lieu pendant les vacances pour sécuriser les fenêtres. « Et on a prévu d'investir dans l'isolation thermique des bâtiments en remplaçant, notamment, toutes les ouvertures. Le chantier sera fait pendant les grandes vacances d'été de 2015 », prévient le directeur général des services de la mairie, Patrick Dieu.
Quant à savoir si le maire se sent responsable de ce qui s'est passé, l'élu botte en touche. « Une plainte a été déposée. C'est l'enquête qui le déterminera. Je ne veux rien dire de plus… » Son directeur général des services fait cependant remarquer qu'aucune alerte provenant du monde des adultes gravitant autour de l'école ne laissait supposer un tel accident. Et que la commission de sécurité n'a fait aucune remarque.
Comment le maire perçoit-il, alors, la démarche des parents de la petite Maddy ? « Je mets ça sur le compte du choc émotionnel. Si je n'ai pas répondu à leur appel, c'est qu'il y a eu une confusion avec mon adjoint aux affaires scolaires. Je pensais que c'était pour une autre histoire qui avait été réglée », assure Didier Mayau.
http://www.sudouest.fr/2014/10/27/une-ecoliere-blessee-les-parents-deposent-plainte-1716719-1492.php

dimanche 26 octobre 2014

Avignon: aux assises pour braquage 11 ans après, à cause d'une chaussette

Ce lundi à 14 heures s'ouvre, devant la cour d'assises de Vaucluse, le procès de Karim Boutaba, accusé du braquage et de la séquestration d'un épicier commis en avril 2003.
Après un non-lieu en 2005, l'enquête avait été rouverte en 2010. La raison : la Justice avait découvert que l'ADN découvert sur une chaussette, abandonnée dans la voiture de la victime, "matchait" avec celui de cet Avignonnais de 38 ans. ll devra donc répondre de ce "cold case" devant les assises à Avignon. Mais il n'a jamais admis avoir participé à ce braquage, dans lequel au moins trois hommes étaient impliqués. 
Le procès va durer deux jours. Il démarre ce lundi à 14 heures. 

http://www.ledauphine.com/vaucluse/2014/10/26/aux-assises-pour-braquage-11-apres-apres-a-cause-d-une-chaussette

Grégory Villemin 30 ans plus tard