mercredi 5 août 2015

Une information judiciaire ouverte pour banqueroute et escroquerie

Les choses bougent dans le dossier Albrecht. Près de trois ans après la débâcle de la maison de négoce d’Orschwihr, le procureur de la République de Colmar vient d’annoncer l’ouverture d’une i»nformation judiciaire pour banqueroute, escroquerie et présentation de bilan inexact». Lundi, Jean Albrecht a été placé en garde à vue. La chute du négociant haut-rhinois avait causé des dégâts économiques importants dans le vignoble. Près d’une centaine de vendeurs de vrac et de raisins n’avaient pas été payés. La liquidation judiciaire de la SA Jean Albrecht avait laissé un passif évalué à près de 13 millions d’euros
http://www.dna.fr/loisirs/2015/08/04/une-information-judiciaire-ouverte-pour-banqueroute-et-escroquerie

Arles : 8 mois ferme pour 26 vols à la roulotte

Alors que les cambriolages et les vols avec violence sont en baisse à Arles, la ville a été confrontée depuis le début de l'année à une hausse des vols à la roulotte, des voitures fracturées pour dérober les objets de valeur s'y trouvant.
Les secteurs les plus sensibles : les boulevards extérieurs Emile-Combe, Clémenceau, la place Lamartine et les quais de Trinquetaille. Les cibles : principalement des véhicules de touristes immatriculés à l'étranger. Après avoir déjà interpellé plusieurs auteurs de ces faits, la police nationale d'Arles a de nouveau mis la main sur un "serial roulotteur". En espérant avoir mis un coup d'arrêt à la recrudescence des vols à la roulotte.
Tout commence le 23 juillet, à Trinquetaille, lorsqu'un habitant met en fuite un homme qui venait d'ouvrir une voiture immatriculée en République tchèque. Prévenue, la police se lance à sa recherche et interpelle un suspect correspondant à la description du témoin au niveau de l'avenue Sixte-Quenin.
Placé en garde à vue, l'homme nie les faits et est relâché. Dans le même temps, les fonctionnaires de l'idendité judiciaire procèdent à des relevés d'empreintes papillaires dans le véhicule visité de Trinquetaille. Quelques jours plus tard, le résultat tombe : les empreintes appartiennent bien à l'individu. Le 1er août, le même jeune homme de 20 ans, qui fait partie de la communauté des gens du voyage, est arrêté en possession d'une tablette tactile "dont il n'a pu justifier la provenance", indique un policier.

26 faits imputés

Après enquête, il s'avère qu'elle a été dérobée dans une voiture de touristes belges stationnée boulevard Émile-Combes. Les policiers font aussi le lien avec un autre véhicule roulotté place Lamartine, appartenant à des Italiens. Finalement, le suspect reconnaît ces faits ainsi que ceux qu'il avait niés dans un premier temps. Il concède avoir fracturé de nombreuses voitures. Les enquêteurs en recenseront 26 commis depuis le 2 juin.
Déféré hier devant le parquet, il a été jugé en comparution immédiate et condamné à 12 mois de prison dont 8 ferme par le tribunal correctionnel de Tarascon. Placé sous mandat de dépôt, il a été écroué au centre de détention du Pontet.
http://www.laprovence.com/article/actualites/3523473/arles-8-mois-ferme-pour-26-vols-a-la-roulotte.html

mardi 4 août 2015

Charente : ivre au volant, il est jugé pour la mort de son frère

Un homme de 57 ans a été condamné lundi pour la mort de son frère, passager du 4x4 qu’il conduisait avec une alcoolémie de 2,55 grammes à Javrezac, en avril dernier
P
oint de prévenu à la barre du tribunal correctionnel, hier après-midi. Poursuivi pour homicide involontaire, Daniel Georgeon, 57 ans, avait demandé un renvoi de son procès. Son avocat devait en aviser le tribunal mais, fait rarissime, faute de demande « en bonne et due forme », a indiqué le président Emmanuel Bréard, l'intéressé a été jugé en son absence.
Dans la nuit du 11 au 12 avril dernier, il avait perdu le contrôle d'un 4x4 Suzuki Jimny sur la départementale 79, à hauteur de Javrezac. Christian, son frère, en était l'unique passager. Âgé de 55 ans, employé des cognacs Martell, il est mort sur le coup.
« Malheureusement, les faits sont extrêmement simples », a relevé d'emblée le juge. Il était environ 1 h 30 du matin lorsque le petit 4x4 a mordu le bas-côté de la route, entre les carrefours de Gallienne et de la Croix-Fringant. Le véhicule a heurté une buse, est parti en tonneau avant de s'immobiliser dans le fossé, une quinzaine de mètres plus loin, en plein vignoble. Si le conducteur, hospitalisé à Cognac, a été tiré d'affaire, son frère n'a pas survécu à un traumatisme thoraco-abdominal.

Neuf kilomètres de trajet

Énième illustration des ravages de l'alcool au volant. Le conducteur roulait avec une alcoolémie de 2,55 grammes. Celle de son frère défunt atteignait 3,27 grammes. Après une soirée arrosée dans un restaurant de Cognac, tous deux rentraient à leur domicile de Louzac-Saint-André, « sous le toit de leurs parents, dont ils sont les aides au quotidien », note le juge. Soit un trajet de neuf kilomètres.
Les frères n'ont pas fait la moitié du chemin. La soirée au restaurant ne faisait que conclure une journée de pêche débutée de bon matin. Levés vers 6 heures, les Georgeon s'en étaient allés participer à un concours sur les bords de l'étang des Rochers, à Migron (17), à la limite de la Charente.
Dès 9 heures, ils avaient « cassé la croûte, selon l'expression consacrée », note le président Bréard, en s'ouvrant une bouteille de vin rouge. Des bières avaient suivi « dans la matinée » puis du « Ricard à midi » et à nouveau des bières à la buvette, dans l'après-midi. Auditionné par les gendarmes, le conducteur n'a pas été « en capacité de dire le nombre de verres », a précisé le juge, poursuivant la lecture des faits.

Deux frères quasi fusionnels

S'en était suivi le dîner au restaurant de Cognac, avec d'autres membres de la société de pêche. Une soirée paella, avec vin rouge et rosé. Reconnus par les patrons, les deux frères étaient allés jusqu'à offrir « plusieurs tournées de digestifs ». Propriétaire du 4x4, Christian Georgeon en avait confié les clés à son aîné. La triste suite est connue.
Les deux frères étaient très liés. Quasi fusionnels. Accablé, « brisé », selon le rapport d'enquête sociale lu à l'audience, le prévenu se dit « extrêmement mal ».
En proie à une « dépression importante », il a notamment séjourné à l'hôpital Camille-Claudel. Employé communal, il a repris le travail « afin de ne pas tomber plus profondément en dépression », est-il écrit. « Il n'a plus bu une goutte d'alcool et n'en boira plus de toute sa vie », a-t-il soutenu à l'enquêtrice sociale. « Plus rien ne semble l'animer, plus rien ne lui importe. »
À l'heure de demander une peine, le procureur de la République Olivier Bonithon décrit « un drame familial, une tragédie ». Et de requérir deux ans d'emprisonnement avec sursis. Après un court délibéré, le tribunal a condamné Daniel Georgeon à un an d'emprisonnement avec sursis, l'annulation de son permis de conduire et l'interdiction de le repasser pendant un an.
http://www.sudouest.fr/2015/08/04/ivre-au-volant-il-est-juge-pour-la-mort-de-son-frere-2087416-882.php

Attentat déjoué à Villejuif : Sid Ahmed Ghlam téléguidé par des Français réfugiés en Syrie

Des jihadistes français vivant en Syrie, dont l'un est connu des services de police depuis 2001 et proche de Mohamed Merah, auraient "téléguidé" l'étudiant algérien Sid Ahmed Ghlam dans un projet d'attentat contre un église de Villejuif, finalement déjoué, en avril dernier.

Sid Ahmed Ghlam avait déjà affirmé aux policiers avoir agi sous l'influence de commanditaires de l'Etat islamique. Les informations publiées ce lundi par le Monde révèlent que le jeune étudiant algérien suspecté d'avoir préparé un attentat à Villejuif en avril dernier, aurait été téléguidé par des jihadistes français vivant en Syrie, dont Fabien Clain, connu des services de police et proche du clan Merah.

Pour arriver à identifier des commanditaires, les hommes de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont pu restaurer des fichiers de conversations effacés de l'ordinateur de Sid Ahmed Ghlam et décrypter les instructions très précises qui lui avaient été envoyées, notamment pour récupérer des armes.
Des consignes très précises pour récupérer des armes
L'une d'elle, relayée par Le Monde, lui indique comment récupérer des armes dans une voiture volée sur un parking d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : "Tu vas trouver sur cette rue une sandwicherie qui est dans un angle. (...) Tu regardes parmi les voitures garées là, et tu cherches une Renault Mégane. (...) Tu regardes sur la roue avant droite, tu vas trouver les clés posées dessus. (...) Tu ouvres, tu récupères le sac et tu vas le ranger dans ta voiture. (...) Une fois que c'est fait tu vas garer ta voiture plus loin et tu la laisses, tu reviendras la récupérer demain matin. (...) Met des gants quand tu touches la voiture. (...) Le paquet, c'est ce que tu as besoin pour travailler. Quand tu as récupéré le sac, envoie-moi un message."
Une autre, indiquant à Sid Ahmed Ghlam de se rendre dans un garage de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) pour récupérer une deuxième voiture afin d'y cacher son arsenal, s'est avéré plus précieuse pour les enquêteurs puisqu'elle leur a donné un surnom et un prénom : "Quand tu arrives là-bas, tu demandes à parler à Rabi. Dès que tu le vois tu lui dis : "Je viens de la part de Vega et Thomas pour récupérer la BMW 318"."
Sous le nom de Vega se cache en fait Macreme A. Lui et son acolyte Thomas M., originaires de Seine-Saint-Denis, sont tous les deux partis en Syrie début 2015, sous l'influence de Fabien Clain, un Toulousain d'origine réunionnaise âgé de 36 ans qui aurait joué un rôle dans leur endoctrinement.
Fabien Clain, proche de Merah, déjà condamné pour avoir acheminé des jihadistes en Irak
Connu des services de police, ce Français apparaît dès 2001 dans le radar de l'antiterrorisme indique Le Monde. Il a fondé avec son frère Michel un groupe salafiste, et rencontré plusieurs fois des proches de Mohamed Merah lors de réunion organisée à Artigat, dans la ferme d'un Français d'origine syrienne surnommé "l'Emir blanc". En 2009, il est condamné à 5 ans de prison pour avoir animé une filière d'acheminement vers l'Irak. Aujourd'hui il aurait rejoint les rangs de l'Etat islamique.
Trois autres personnes connectées à d'anciennes cellules jihadistes ont été mises en examen, dont Rabah B., soupçonné d'avoir organisé la livraison des armes cachées dans la Mégane. Les deux autres n'ont pas été impliquées dans des affaires de terrorisme mais ont des relations dans la nébuleuse jihadiste française.

lundi 3 août 2015

Une vie entière à traquer le crime

Quand elle se retourne sur ses 38 ans d'exercice professionnel, elle a la nostalgie de ceux qui partent avec le sentiment du travail bien fait. Jacqueline Faglin est une femme positive. La justice, non, elle n'est pas tombée dedans quand elle était petite. Elle n'évoque pas de déterminisme social à caractère judiciaire. Étudiante à la faculté de droit de Toulouse, elle confie qu'elle aimait, entre deux cours, à ses heures perdues, aller côtoyer le crime, le toucher du doigt, disséquer les mobiles, s'asseoir sur les bancs de la cour d'assises "sans me dire que c'était cela que je voulais faire". Et puis, le chemin s'est dessiné tout seul.
"C'est venu peu à peu, souffle-t-elle. Je n'ai jamais regretté." Juge des enfants, elle a ensuite été présidente pendant quatorze ans de la 7e chambre correctionnelle de Marseille, la chambre reine, celle qui juge les plus belles affaires, les grands bandits, les trafiquants de stups, ceux qui pour la plupart ont fait le choix de la délinquance chevronnée. Elle a jugé Imbert, Bousquet, Chaffard et tant d'autres, ne les a pas ménagés. Combien l'ont redoutée ? Des avocats ont parfois tenté d'éviter de comparaître devant elle. Ils la savaient dure, mais juste, toujours juste. Ses dossiers, elle les connaissait par coeur.
"C'est le moindre respect que l'on puisse avoir envers ceux que l'on juge. Je n'ai jamais méprisé quiconque. J'ai du respect pour l'être humain. Nous, les juges, nous sommes déjà en position de force et on va les mépriser ? C'est déjà un privilège extraordinaire que d'avoir à juger les autres", témoigne-t-elle. Et puis, l'apothéose, le Graal du juge pénaliste, la présidence de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. Trois années, de septembre 2012 à ces derniers jours. Car Jacqueline Faglin vient de tirer sa révérence à la justice. Elle a quitté ses fonctions pour une nouvelle vie.

Le juge est là pour appliquer des règles de droit

"J'ai adoré le métier que j'ai fait. Je m'y suis vraiment réalisée. Je suis intéressée par la psychologie des gens, par les mécanismes qui conduisent les comportements. Cela se retrouve beaucoup plus aux assises qu'en correctionnelle. Encore qu'avec les grands bandits, de la psychologie, on en fait moins... Mais au fil des jours, il y a des relationsqui s'instaurent avec la personne qu'on juge. J'y ai appris qu'avec un être humain, tout est possible. Aux assises, c'est parfois un événement qui va les conduire dans le box. Il y a des gens qui sont passés à l'acte et qui n'étaient pas forcément destinés à finir aux assises. Néanmoins, ils ont commis l'acte le plus grave qui soit."
Jacqueline Faglin évoque volontiers ce qu'elle appelle "la maïeutique de l'audience", ce moment où la vérité surgit, la magie de l'oralité des débats. Il y a celui qui reconnaît, et "ceux qui nient parce qu'ils sont tenus par les autres par la barbichette". Des années de prison, oui, elle en a distribué. Par centaines, ou plutôt quelques milliers à vrai dire. Mais voilà une comptabilité qu'elle n'a pas tenue. Il est vrai qu'au rayon du crime organisé, on range peu de voleurs de bicyclettes ou de bonbons Haribo. Des acquittements et des relaxes aussi, elle en a prononcé. "C'est la règle du jeu, dit-elle. Quand je n'avais pas assez d'éléments pour tricoter la culpabilité, j'ai acquitté." Tricoter une décision juste, comme on construirait une bâtisse qui tient debout. Résolument debout.
"Le juge est là pour appliquer des règles de droit. Il n'est pas là pour faire de la morale. Surtout pas. Cela évite toute dérive personnelle, glisse-t-elle. Il faut dire les choses aux gens, aux prévenus qu'on juge, aux parties civiles. Ce sont des adultes. Ce qui est passionnant, c'est cette confrontation à l'autre. Être juge, c'est une fonction qui vous enrichit. C'est une fonction miroir qui vous renvoie à vous-même. On est confrontée à la misère humaine, mais aussi à des gens exceptionnels. Ce n'est pas pour autant que ma vision de l'humanité est une vision noire. J'assume tout à fait les condamnations que j'ai prononcées. Je veux d'abord être en paix avec ma conscience, ce qui me permet de me regarder tous les jours dans la glace."

Les jurés, les avocats, le juge Michel, sa nouvelle vie...

Les jurés
"J'ai beaucoup apprécié le contact avec mes jurés, parce que pour eux, dans les affaires douloureuses, avec des enfants violés ou martyrisés, il n'y a aucun soutien psychologique prévu. Ils rentrent chez eux le soir et ils vivent avec. Ils m'ont enrichi avec le regard neuf qu'ils portent sur la justice. En partant, tous m'ont dit : ça a été dur, mais on ne regrette pas du tout, parce que ça a changé notre regard sur la vie. On plonge dans l'humain. C'est pourquoi j'estime qu'un président de cour d'assises leur doit toutes les informations objectives sur les lois, le fonctionnement de la justice, le régime de l'exécution des peines. Pour ce qui est de la sortie future de prison d'un condamné, ça ne dépend pas de nous, ça dépend du condamné."
Les avocats
Jacqueline Faglin affirme "n'avoir jamais eu de réels problèmes avec quelque avocat que ce soit". Elle n'est pas dupe du théâtre judiciaire, ce qu'elle appelle "le jeu de l'audience", qui fait que parfois le ton monte, que s'instaurent des joutes oratoires où chacun essaie de prendre le pouvoir. Au rayon des plaidoiries, elle a ouï le meilleur et le pire - "Il y a de tout partout, c'est la richesse de l'humanité". Mais "écouter une vraie plaidoirie, c'est un vrai plaisir, un vrai bonheur, quand on est un professionnel". Le juge Michel
"C'était un copain. Je suis devenu magistrat en 1977. Il est mort en 1981. Contrairement à ce qu'on a dit, ce n'était pas un shérif. Vous connaissez des shérifs qui refusent de porter une arme ? C'était avant tout une intelligence. C'était aussi un travailleur exceptionnel. Deux qualités qui faisaient de lui un homme formidable. Et puis il avait une connaissance du milieu exceptionnelle." Sa dernière affaire
Pour son dernier dossier aux assises, Jacqueline Faglin a jugé deux majeurs et un mineur accusés d'avoir commis une série de vols à main armée, dont deux à la poste du Merlan à Marseille et dans des bijouteries de Plan-de-Cuques et La Valentine. Des hold-up d'une rare violence. Ils ont écopé de peines de dix à quatorze ans. Sa nouvelle vie
"Il y a une vie après l'audience", assure Jacqueline Faglin qui va continuer à voyager, une de ses passions. Et puis se remettre à l'espagnol. "Je n'ai pas de projet extraordinaire, mais je ne suis pas inquiète pour la suite."

Son parcours professionnel

1975 : entrée à l'école nationale de la magistrature. 1977 : entrée en fonction comme substitut du procureur, à Marseille.
1985 : présidente du tribunal pour enfants de Marseille.
1992 : conseillère à la cour d'appel d'Aix.
1994 : vice-présidente en charge de l'application des peines.
1998 : présidente de la 7e chambre correctionnelle de Marseille.
2012 : présidente de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix.

Ses meilleurs souvenirs

Parmi les souvenirs, il y a d'abord les pires. Dont le délibéré de l'affaire du supermarché de la drogue de Frais-Vallon (Marseille 13e), en 2000, ponctué d'une scène d'une rare violence. Les détenus étaient montés sur les bancs et avaient frappé sur les policiers. Les policiers avaient riposté. Bilan : une dizaine de blessés de chaque côté.
Jacqueline Faglin se souvient aussi de quelques procès où des enfants ont été violés, martyrisés : "Ce sont des affaires qui vous poursuivent. La confrontation au malheur, à la souffrance, est toujours difficile à vivre. Quand vous avez deux gamins de 4 et 6 ans qui vous disent avec leurs mots que leur père les a violés, les larmes vous viennent. Quand un de ces petits vous dit : 'Mais tu le sais que je souffre et que j'ai mal', ce sont des moments qu'on n'oublie pas." Elle songe encore à cette affaire récente d'une mère qui avait violé sa petite fille pour faire plaisir à son amant : "J'avais la boule à la gorge. Dans la salle, les jurés pleuraient, les journalistes pleuraient. J'ai pris sur moi, mais ce sont des moments qui vous marquent."
Plus gais ou plus légers, d'autres moments. Comme cette femme trompée par son mari qui s'était installé à l'étage au-dessus. "L'épouse blessée avait confié au juge des enfants qu'elle faisait des meilleures frites que les siennes."
"Quand j'étais juge des enfants, je me souviens d'une mère dont les enfants avaient été placés. Elle voulait absolument les récupérer. Au bout d'un an, je lui avais dit : 'Je vais vous rendre une partie des allocations familiales', parce qu'elle allait avoir un peu plus ses enfants. Elle m'a regardé et répondu : 'Les allocations familiales, vous pouvez vous les tailler en pointe et vous les mettre où je pense.' Elle ne voulait pas m'injurier. Elle voulait juste ses enfants
http://www.laprovence.com/article/edition-marseille/3519894/une-vie-entiere-a-traquer-le-crime.html

Le casse du magasin de jouets avait viré au fiasco : deux hommes condamnés

C'était le 24 décembre 2013, sur la zone de Gramont à Toulouse. À 6 heures du matin, l'Audi qui s'était garée sur le parking du magasin de jouets «La Grande Récré» ne venait pas pour des achats de Noël. Ses deux occupants venaient s'attaquer à la porte arrière du magasin, où ils savaient que se trouvait le coffre. Ce qu'ils n'imaginaient pas, c'est que leur entreprise puisse perturber le sommeil d'un voisin, et que celui-ci appelle la police.
Driss Boucif, 23 ans, et Nabil Boukkalfa, 29 ans, ont comparu la semaine dernière devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour ce casse raté qui avait viré au fiasco. Deux hommes au casier judiciaire déjà fourni, mais qui se font tout petits dans la salle d'audience. Dans leur entreprise, cinq policiers ont été blessés : ils risquent gros. Le parquet demande six ans et demi ferme contre Boucif et cinq ans, dont quatre ferme, contre Boukkalfa. «Pourquoi avez-vous fait ça ?» demande le président. Driss Boucif, visage rond et cheveux tirés en catogan, évoque une «dette de stups». Nabil Boukkalfa, cheveux courts et petites lunettes, explique pour sa part qu'il n'avait «pas d'argent», ne «trouvait pas de travail.»
Le jour du casse, surpris par les hommes de la BAC, les deux hommes s'étaient séparés. Le plus jeune avait pris les manettes de la puissante Audi — volée -, l'autre était resté seul avec le volumineux coffre, qu'il n'était parvenu qu'à déplacer, avant de prendre la fuite, bredouille, à pied. À bord de l'Audi, Driss Boucif avait délibérément appuyé sur l'accélérateur, manquant d'écraser deux policiers. Il avait ensuite foncé sur une voiture de police qui lui barrait la route quand il s'était retrouvé acculé dans une impasse. Bilan : cinq policiers blessés. Un an et demi après, l'un d'eux n'a toujours pas pu reprendre du service. «Qu'est-ce qui vous a pris ?» demande le président. «L'instinct de survie», marmonne le prévenu qui, en détention, a écrit une lettre aux policiers pour s'excuser.
Pour la défense, Me Daujam pour Driss Boucif et Me Berkaoui pour Nabil Boukkalfa soulignent que leurs clients respectifs ont «fait du chemin» : Driss Boucif «a des qualités d'insertion, et demande lui-même un accompagnement pour se sevrer des stups», indique son avocate. Quant à Nabil Boukkalfa, jusque-là sans diplôme, «il a préparé son brevet des collèges en prison, qu'il a eu à sa sortie, il est devenu coach sportif…», argumente son conseil. Le tribunal réduira légèrement la peine réclamée par le parquet : cinq ans dont quatre ferme pour Boucif, quatre ans dont deux ferme pour Boukkalfa, avec obligation d'indemniser les parties civiles.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/08/03/2154045-casse-magasin-jouets-avait-vire-fiasco-deux-hommes-condamnes.html

dimanche 2 août 2015

Et si Jack l'Eventreur était en fait un journaliste anglais ?

Cela fait près de 130 ans que les théories sur l"identité de Jack l'Éventreur se multiplient. Et pourtant, le mystère demeure. A moins qu'une nouvelle théorie ne finisse par lever le voile une bonne fois pour toute sur le tueur de "White Chapel", à Londres, à qui l'on attribue le meurtre d'au moins cinq prostituées en 1888.
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On pensait l'affaire réglée fin 2014, lorsqu'un détective amateur avait découvert des traces de sang sur un châle ayant appartenu à l'une des victimes du tueur en série. Aidé d'un expert en ADN, il avait remonté la piste jusqu'à l'un des suspects de l'affaire : Aaron Kośmiński. Ce coiffeur juif polonais, installé à Londres avec sa famille, n'avait jamais pu être confondu. Finalement, quelques semaines plus tard, cette hypothèse a été réfutée. 

Un crime passionnel maquillé ?

Et voici qu'une nouvelle théorie voit le jour. On la doit au Dr Wynne Weston-Davies, ancien chirurgien britannique à la recherche de sa grande tante portée disparue à la fin des années 1880, rapporte The Telegraph. Selon lui, sa tante, une certaine Elizabeth Weston Davies n'est autre que Mary Jane Kelly, la dernière victime de Jack l'Éventreur. 
Elle épouse un journaliste fait-diversier du nom de Francis Spurzheim Craig, mais quelques mois seulement après le mariage, en 1885, elle le quitte et part s'installer dans le quartier de "White Chapel", où elle se livre à la prostitution. Humilié et souffrant de troubles de la personnalité, Francis Craig part à sa recherche. 
Selon le Dr Wynne Weston-Davies, le journaliste aurait alors échafaudé un plan pour se venger, en mettant à profit sa connaissance des méthodes de la police. Il commence par tuer quatre prostituées. La légende de Jack l'Eventreur est née et lui sert de couverture pour assassiner sa cinquième victime, le 9 novembre 1988 : Elizabeth Weston Davies alias Mary Jane Kelly, son ex-femme... Son corps a été découvert affreusement mutilé, tout comme son visage. "Il l'a rendue méconnaissable pour que l'on ne puisse pas faire le lien avec lui", explique au Télégraph le Dr Wynne Weston-Davies. Ainsi, l'un des plus mystérieux tueurs de l'histoire serait en fait un mari jaloux.

Plusieurs indices troublants

Wynne Weston-Davies expose en détails sa théorie dans un livre intitulé "The Real Mary Kelly". Selon lui, de nombreux éléments troublants étayent cette thèse. Pour commencer, Francis Spurzheim Craig habitait à l'époque des faits à sept minutes de la première scène de crime.
Autre indice potentiel : il s'est suicidé en 1903 en se tranchant la gorge avec une lame, exactement à la manière dont ont été assassinées les victimes de Jack l'Éventreur. 
Moins direct mais peut-être révélateur, le nom de Jack l'Éventreur apparaît pour la première fois dans une lettre intitulée "Dear Boss", rédigée par une personne s'accusant des meurtres et diffusée dans tous les journaux. Or selon le Dr Wynne Weston-Davies, cette lettre n'a pas été envoyée à un grand journal national, ce qui serait pourtant un choix logique. Ce courrier était en fait adressé à une agence de presse. Étrange, à moins de bien connaître le milieu de la presse, comme Francis Spurzheim Craig justement, et de savoir qu'envoyer cette lettre à une agence de presse est non seulement un bon moyen de s'assurer que tous les journaux y ait accès, mais également une façon d'éloigner les soupçons. 

Vers une exhumation du corps de Mary Kelly

Autant d'éléments qui ont achevé de convaincre le Dr Wynne Weston-Davies que non seulement sa tante était la dernière victime du tueur de White Chapel, mais que celui-ci était Francis Spurzheim Craig, âgé de 51 ans à cette époque. Son histoire semble suffisamment se tenir pour que la justice britannique donne le feu vert l'exhumation du corps de Elizabeth Weston Davies alias Mary Jane Kelly. C'est une première dans cette affaire.
Selon, l'ancien chirurgien, si les analyses ADN prouvent que les deux femmes ne sont en fait qu'une seule et même personne, alors l'un des plus grand mystères judiciaires de l'histoire pourrait bien trouver une issue. Et si Jack l'Éventreur et Francis Spurzheim Craig ne font bien qu'un, il n'existe probablement à ce jour qu'une seule image le représentant ... voir le dessin sur ce lien ... http://www.sudouest.fr/2015/08/02/et-si-jack-l-eventreur-etait-en-fait-un-journaliste-anglais-2085989-4697.php

Narbonne : le jeune pyromane biterrois n’avait pas toutes ses facultés

U n jeune Biterrois âgé de 20 ans a été interpellé à Narbonne où il venait d'allumer un feu. Un expert a estimé qu'il ne jouissait pas de toutes ses facultés.
Un jeune Biterrois âgé de 20 ans a été interpellé par une patrouille de police, mercredi vers 16 h 30 sur le chemin du Quatourze, à Narbonne, à proximité du lieu où venait d'être allumé un feu de broussailles. C'est un témoin qui a donné l'alerte, doublée du signalement de l'auteur présumé des faits. Conduit au commissariat et placé en garde à vue, celui-ci a reconnu être à l'origine du sinistre, qui a détruit quelques dizaines de mètres carrés de végétation, ainsi que d'un feu similaire allumé la veille, en bordure de l'avenue des Étangs
Accessible à la sanction pénale
Le jeune Biterrois, actuellement accueilli dans un établissement pour adultes handicapés mentaux, à Narbonne, ne jouit pas de toutes ses facultés. C'est ce qu'a déterminé un expert médico-légal requis par le parquet du tribunal de Narbonne, qui a également considéré que le jeune homme était, néanmoins, accessible à la sanction pénale. Au terme de sa garde à vue, le jeune pyromane, sur qui les policiers ont trouvé un briquet, a été replacé dans son établissement d'accueil, tandis que les investigations se poursuivent, pour identifier d'éventuelles victimes. À leur terme, la procédure sera transmise au parquet, qui statuera sur les suites à donner.
http://www.midilibre.fr/2015/08/01/le-jeune-pyromane-biterrois-n-avait-pas-toutes-ses-facultes,1197517.php

vendredi 31 juillet 2015

Elle force sa nièce de 13 ans à voler : 10 mois de prison

«C'est pas vrai madame, j'ai de l'argent, je touche des allocations, mon mari travaille.» Dragana, mère de 6 enfants, nie devant le tribunal correctionnel de Toulouse avoir forcé sa nièce de 13 ans à voler la caisse d'un restaurant asiatique, vendredi dernier.
C'est le gérant qui avait pris l'adolescente la main dans la caisse. Il l'avait rattrapée avant qu'elle ne sorte de son établissement, 50 euros à la main. «Selon les déclarations du restaurateur, elle lui a alors dit qu'elle «allait se faire taper si elle ne sortait pas avec l'argent», souligne la présidente du tribunal en consultant le dossier. Les policiers qui sont intervenus, eux, remarquent que la jeune fille semblait apeurée, pleurait.» La prévenue se bute : «Ce jour-là, j'avais de l'argent dans mon sac.» En garde à vue, Dragana a pourtant expliqué qu'elle avait besoin de sous pour manger et qu'elle avait envoyé sa nièce voler un peu. Puis elle est revenue sur sa déclaration, et l'adolescente aussi.
Pour la procureure, l'attitude de cette femme de 43 ans est inadmissible : «Voilà quelqu'un qui expose au vol une jeune fille qu'on lui confie !» Elle souligne que Dragana a déjà été condamnée deux fois pour vol, en 2010 et en 2011, et demande à l'encontre de la quadragénaire un an de prison ferme, 6 mois plus la révocation de sa dernière peine avec sursis de 6 mois, avec mandat de dépôt. Me Nelly Magendie, l'avocate de la prévenue, souligne qu'il n'y a «pas de témoin dans ce dossier, que les seuls éléments à charge sont ce que dit l'adolescente au restaurateur, et qu'elle revient ensuite sur ses propos». Elle s'insurge contre la levée du sursis pour une «condamnation ancienne». Le tribunal condamnera tout de même la prévenue à 4 mois de prison plus la révocation du sursis, soit 10 mois ferme, sans prononcer toutefois de mandat de dépôt.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/07/31/2152767-force-niece-13-ans-voler-10-mois-prison.html

jeudi 30 juillet 2015

Barrage policier forcé à la Concorde avant le Tour de France : un passager présumé écroué

Un homme de 30 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire dans l'enquête sur le cordon de sécurité qui avait été forcé dimanche matin.

Les faits s'étaient déroulés dimanche matin vers 8h près de la place de la Concorde à Paris. Afin de se soustraire à un contrôle, une voiture a percuté un autre véhicule avant de prendre la fuite.

Des policiers déployés pour l'arrivée du Tour de France, prévue dans l'après-midi au même endroit, ont alors tiré des coups de feu. Une jeune femme, présente dans la voiture, a été blessée au thorax. Opérée dans la nuit de dimanche à lundi, ses jours ne sont pas en danger.
"Vas-y, fonce"
Mercredi soir, un homme de 30 ans, connu des services de police, a été mis en examen et placé en détention provisoire "pour complicité de tentative d'homicide volontaire sur dépositaire de l'autorité publique, complicité du refus d'obtempérer aggravé et subornation de témoin". Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir été un des passagers de la voiture. Il aurait incité le conducteur à foncer sur le cordon de sécurité. D'après les premiers éléments de l'enquête, l'un des policiers présents sur place l'a entendu crier : "Vas-y, fonce !".

Au total, quatre personnes avaient été placées en garde à vue. Trois ont été relâchées mardi, notamment un jeune homme de 16 ans qui s'était présenté comme le conducteur avant de reconnaître s'être dénoncé à la place de quelqu'un, sous promesse d'argent.

mercredi 29 juillet 2015

Bygmalion : Copé a été entendu mardi en audition libre

L'ex patron de l'UMP a été entendu mardi en audition libre dans l'enquête Bygmalion qui porte sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.
L'ancien patron de l'UMP Jean-François Copé a été entendu mardi en audition libre dans l'enquête Bygmalion qui porte sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, ont annoncé mercredi à l'AFP des sources proches du dossier. Les investigations concernent un système de fausses factures émises par Event & Cie, filiale de la société de communication Bygmalion. Elles portaient notamment sur des dépenses engagées pour des meetings, pour un montant d'environ 18,5 millions d'euros, mais prises en charge par l'UMP, pour éviter que les dépenses de Nicolas Sarkozy n'explosent le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros et n'entraînent un rejet des comptes de campagne. Ce qui avait malgré tout été le cas. Parmi les treize mis en examen, responsables de l'UMP ou de Bygmalion, plusieurs ont expliqué que celui qui était alors secrétaire général du parti n'était pas au courant du dispositif frauduleux qu'il n'aurait découvert qu'après l'élection, le 16 mai 2014, lors d'une réunion à l'UMP, provoquée par les révélations du quotidien Libération.

L'avocat de Bygmalion, puis Jérôme Lavrilleux, bras droit de M. Copé à l'UMP, avaient alors reconnu le recours à un système de fausses factures. Jean-François Copé, proche des deux fondateurs de Bygmalion Bastien Millot et Guy Alvès, avait été contraint de démissionner de la présidence de l'UMP en mai 2014 à cause de cette affaire. Le député du parti Les Républicains qui a succédé à l'UMP a toujours dit avoir tout ignoré de ces malversations. Fin janvier, son domicile ainsi que ses bureaux à l'Assemblée nationale et à la mairie de Meaux (Seine-et-Marne) avaient été perquisitionnés. Nicolas Sarkozy, qui n'a pas été entendu ni mis en cause, a également affirmé n'avoir rien su de cette fraude et n'avoir "appris le nom de Bygmalion" que "longtemps après la présidentielle".

mardi 28 juillet 2015

La famille de Peggy, tuée en 2011, attend le procès

Dans la nuit du 27 au 28 juillet 2011 près de Vitry, Peggy Koscinzuck meurt poignardée par son compagnon, libre à ce jour. Dans la peur, sa famille espère désespérément un procès.
Ce 28 juillet, Peggy Koscinzuck est morte depuis quatre ans jour pour jour, tuée vers 1 heure du matin, par son compagnon, Rudy P., à Couvrot, un village du Vitryat.
«  Nous sommes toujours sans nouvelles, sans réponses de la justice. Il est libre, quand nous, nous sommes emprisonnés.  » Le «  il  », dont parlent Françoise et Philippe Algisi, la mère et le beau-père de Peggy Koscinzuck, c’est Rudy P., qui aurait poignardé leur fille à seize reprises. Leurs yeux clairs sont voilés, mais la nuit du 27 au 28 juillet 2011 est restée gravée.
Couvrot, c’était chez eux. Avec Peggy et Rudy P. qui étaient venus y dormir avec leurs deux enfants, ils devaient prendre la route des vacances. Les cris de détresse de Peggy, âgée de 36 ans, les ont réveillés cette nuit-là. Des cris qui les hantent toujours, comme la violence de l’acte.
Après 13 mois de détention à Châlons-en-Champagne, Rudy P. a été libéré. «Pourquoi est-il sorti? » se demande la famille de Peggy...
http://www.lunion.com/518526/article/2015-07-28/la-famille-de-peggy-tuee-en-2011-attend-le-proces

lundi 27 juillet 2015

«Je veux laver mon honneur»

L'injustice le taraude depuis des semaines, le prive de sommeil, joue avec ses nerfs, en dépit des très nombreux soutiens que le chef d'entreprise ariégeois a reçu (1) à la suite d'une mésaventure hallucinante. Tout remonte au début du mois de juin. Dans le train Ax-Toulouse, une jeune contrôleuse est importunée par des voyageurs. Elle déposera plainte en arrivant à Toulouse. Mais les agresseurs ne seront ni identifiés, ni interpellés.
Quatre jours plus tard, Daniel Lieures, transporteur installé à Tarascon, qui assure une ligne de bus vers l'Andorre, reçoit un coup de fil qui le laisse pantois : la préfecture de région a décidé de suspendre sa ligne. Ou, plus exactement, l'autorisation d'exploiter cette ligne. En raison de cette agression. Et en indiquant que les agresseurs seraient descendus du Pas-de-la-Case par l'un de ses bus avant de monter dans le train.
«Sur cette ligne, les voyageurs paient leur billet plein tarif, rappelle Daniel Lieures. Depuis sa mise en service, en janvier 2015, nous n'avons eu qu'un seul souci avec un voyageur. Nous l'avons réglé nous-mêmes. Les consignes sont claires : en cas de souci, le chauffeur m'appelle. On prévient la gendarmerie et on fait descendre l'individu du bus. Quelqu'un d'ivre ou d'agressif, dans un bus, c'est ingérable».
Par contre, Daniel Lieures ne comprend pas pourquoi on le tient pour responsable de ce qui s'est passé… dans le train ! «Rien ne prouve que ce voyageur avait pris l'un de mes bus, reprend-il. D'autres transporteurs font le même trajet aux mêmes heures, il y a du covoiturage, des taxis. Et ce trajet en bus s'est déroulé sans incident : les voyageurs en témoignent. On me traite comme si j'avais fait quelque chose de mal, je ne vois pas quoi. Il faudrait interdire la SNCF, à ce compte-là, quand des hooligans se battent à la descente d'un train» !
Contre cette décision, Daniel Lieures a déposé un recours et a obtenu en partie satisfaction, puisque des rotations lui ont été accordées depuis la fin de la semaine dernière. Mais en nombre limité. Le chef d'entreprise ne souhaite plus qu'une chose : «laver son honneur». Un recours a été déposé devant le tribunal administratif pour que les autorisations d'exploiter lui soient restituées. Et pour obtenir un dédommagement pour le lourd préjudice financier subi.
Ces soutiens proviennent de nombreux élus, d'usagers de la ligne et de professionnels du tourisme.
 

Biterrois : alcool et coups devant les enfants

L e prévenu était jugé par le tribunal correctionnel de Béziers. Il a été condamné à 10 mois avec sursis.
Le 20 juillet dernier, dans un village du Biterrois, la soirée commence mal pour ce couple et ses trois enfants. Le père a beaucoup bu. Il s'est disputé avec le voisin qui devait dîner avec eux. Puis il s'en est pris à sa compagne, l'a insultée, frappée. Un des fils s'est interposé. Un moment plus tard, il va jeter ordinateur et ameublement dans la piscine. Il va également se saisir d'un fusil et tirer en l'air, avant de dire à ses enfants : "Vous n'êtes pas venus bande de bâtards, j'ai tué votre mère." Un des enfants dira aux gendarmes : "On est descendu voir, maman était vivante."
Des faits graves
À la barre du tribunal correctionnel de Béziers, où il était présenté, jeudi en comparution immédiate, le prévenu dit ne se souvenir que de flashs. Ce n'est pas l'avis, du juge Frion, qui le somme de raconter cette terrible soirée dans le détail à haute voix. Tout au long du récit, le magistrat va lui lancer : "Regardez-moi Monsieur". Un peu comme si, par ses paroles, il l'obligeait à se rendre compte de la matérialité des faits, de la gravité de ses actes. Surtout que ce n'est pas la première fois qu'ils se produisent. À la question : "Êtes-vous alcoolique ?", l'homme répondra enfin "oui". Ses enfants disent de lui : "Il a une personnalité avec alcool, et une autre, sans." Sa compagne, qui avait aussi pas mal bu ce soir-là mais qui ne pense pas avoir de problèmes d'alcool, ne veut pas se porter partie civile. En revanche, l'Adiav (association départementale d'information et d'aide aux victimes) se substitue aux parents pour défendre les intérêts des enfants.
"Le premier verre, ne le prenez plus jamais"
Le représentant du parquet requiert dix mois de prison dont six avec sursis et obligation de soins. La défense demande la clémence du tribunal, en insistant, elle aussi, sur les soins. Le tribunal l'a condamné à dix mois de prison avec sursis mise à l'épreuve et l'obligation de se soigner. Les armes ont été confisquées. Les droits des enfants ont été renvoyés sur intérêts civils.
Le juge conclura : "Vos enfants ont eu très peur, ils sont traumatisés. Vous allez avoir un gros travail d'explication à faire. L'alcoolisme est une maladie et c'est le premier verre qui compte, pas le 18e. Le premier verre, ne le prenez plus jamais."

http://www.midilibre.fr/2015/07/26/alcool-et-coups-devant-les-enfants,1195616.php

dimanche 26 juillet 2015

Nancy : 4 et 3 ans pour le couple infernal poursuivi pour tentative d’extorsion avec violence

On aurait dû appeler la police », opine Samuel Copié. A côté de ce grand costaud, dans le box, sa compagne, la fluette Jessica Demoulin, et sa curieuse coiffure, crâne rasé sur une moitié seulement.
Ces deux-là, 33 et 29 ans, sont poursuivis pour tentative d’extorsion avec violence. Des faits commis il y a pile un an, les 22 et 23 juillet 2014, à Nancy. Leur victime, un certain Manu, ne s’est pas présentée. En détention lui aussi, il a bien été prévenu de la date d’audience mais n’a pas demandé de mesure d’extraction. Le temps d’appeler la prison et d’apprendre qu’il bénéficie d’une permission de sortie ce vendredi, et l’audience peut commencer. Avec une heure de retard. « Nous demandons à ce qu’il soit présent. Il a tellement varié dans ses déclarations… », insistent les avocats de la défense Mes Marguet et Duprat.
« Ce serait préférable oui. Mais il est libérable demain et n’avons aucun moyen de le faire venir… », soupire la présidente Stragier.

Promené en laisse

Il va falloir se contenter de l’instruction. Le 23 juillet 2014, les policiers, alertés par la propre sœur de Jessica Demoulin se rendent au domicile de cette dernière. Avec son compagnon, elle y séquestrerait Manu. De fait, quand ils parviennent à entrer, ils découvrent l’homme, le visage tuméfié, prostré au sol.
Il leur confie avoir été retenu dans le logement et maltraité, shooté de force à la méthadone, après que Jessica l’a accusé de viol. Pire, le couple infernal, qui conjugue alcool et injections de produits de substitution, l’aurait obligé à mendier une journée entière, tenté de lui soutirer 1.000 €, avant de le promener en laisse dans une rue de Nancy.
« Pour les coups, c’est vrai. Il venait de m’avouer le viol. Mais, c’est lui qui a proposé de l’argent pour réparer le préjudice. Il sortait de prison, ne voulait pas y retourner », avance Samuel Copié.
« La victime a trois condamnations à son actif pour agressions sexuelles », vole à son secours la défense. Oui, mais voilà, Manu a toujours nié avoir abusé de la jeune femme avec laquelle il a eu des relations consenties. Et puis, Jessica Demoulin a déjà crié au viol à plusieurs reprises.

« Un animal »

Elle accuse sa famille de l’avoir dénoncée pour s’exonérer de sa propre faute. « C’est mon beau-frère et mon frère qui l’ont promené en laisse », sanglote-t-elle. Vrai qu’au départ, Manu désignait plutôt ceux-là pour ce geste humiliant. « Tout le monde incrimine tout le monde ! », balaie le substitut Sabine Marthouret. « Ça n’affranchit pas ceux-là de leurs actes. La victime est devenue un animal entre leurs mains ». Elle ne trouve aucune excuse à Jessica Demoulin, « menteuse », « violente », « manipulatrice » et dont le casier porte déjà neuf mentions. En récidive, elle encourt 20 ans. Tout comme Samuel Copié, d’ailleurs, qui s’est lui « laissé influencé ». Mes Duprat et Marguet tentent de gratter toutes les scories du dossier, qui au fond, « se résume à des violences ».
Le tribunal n’est pas du même avis. Et condamne Jessica Demoulin à 4 ans ferme, Samuel Copié à 3 ans ferme. Des peines supérieures aux réquisitions qui préconisaient les mêmes quantums mais assortis d’un an de sursis et de mise à l’épreuve.
Le couple est reconduit en prison.

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2015/07/26/nancy-4-et-3-ans-pour-le-couple-infernal