dimanche 1 février 2015

DSK devant les juges à partir de lundi, emporté par l'affaire du Carlton

L'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn se présentera lundi devant les juges du tribunal correctionnel de Lille pour répondre de proxénétisme aggravé, presque quatre ans après le scandale du Sofitel qui lui avait coûté sa carrière politique.
Accusé d'avoir été au coeur d'un réseau de prostitution mis en place par ses amis du nord, l'ancien favori des sondages de la présidentielle 2012 se retrouve sur le banc des prévenus aux côtés de treize autres personnes: hôtelier, policier, avocat, entrepreneurs, et même un souteneur surnommé "Dodo la Saumure".
Les juges ont estimé au terme de l'instruction d'une part que DSK ne pouvait ignorer que les femmes qu'on lui présentait lors de parties fines étaient des prostituées rémunérées et d'autres part que ces soirées étaient organisées spécialement pour lui, en faisant "le roi de la fête".
Lors de son renvoi devant le tribunal correctionnel, ses avocats avaient déclaré que DSK se rendrait "sereinement" devant le tribunal, fort des réquisitions de non-lieu prises par le parquet dans cette affaire. L'un de ses conseils Richard Malka avait parlé d'un "acharnement" des juges, où la morale s'oppose aux faits juridiques.
A l'approche du procès, la défense de Dominique Strauss-Kahn est restée silencieuse. Sa position est restée la même pendant l'instruction: il était adepte du libertinage, pas de prostituées, et ignorait la qualité des jeunes femmes participant aux soirées.
"C'est vraiment nous faire croire qu'il est naïf", répond sèchement "Jade", l'une des prostituées interrogées pendant l'enquête, particulièrement sévère contre DSK selon une source judiciaire.
A l'opposé du libertinage, pratique qui selon ses adeptes nécessite un certain raffinement, des participantes ont décrit des séances de "carnage".
"Jade" est l'une des deux seules prostituées à s'être portée partie civile dans un premier temps, mais deux autres souhaitent les rejoindre, selon l'association qui les soutient.
Les avocats fourbissent leurs armes
L'avocat de Jade, Me Gérald Laporte, a prévu de demander le huis-clos des audiences. Le tribunal donnera sa réponse immédiatement. Trois scénarios sont possibles: il peut accéder à la requête, la refuser, ou accorder un huis-clos partiel.
"On criminalise les clients, ce qui n'est pas dans l'esprit des législateurs", tonne de son côté Me Dupond-Moretti, avocat de David Roquet, ex-patron d'une filiale du groupe de BTP Eiffage qui sera sur le banc des prévenus.
Avant de débattre sur le fond, le tribunal devra répondre à certaines questions. L'avocat du policier Jean-Christophe Lagarde, également poursuivi dans cette affaire, a d'ores et déjà déposé une requête en nullité.
Se fondant sur les déclarations d'un ancien commissaire de la police judiciaire de Lille, Joël Specque, dans un livre autobiographique, Me Olivier Bluche estime qu'une enquête "officieuse" a été menée dès juin 2010, bien avant l'ouverture de l'enquête préliminaire en février 2011. 
"Cela signifie qu'on a caché huit mois d'enquête à mon client qui a été mis en examen sur la base d'un dossier sciemment faussé, et qu'on demande au tribunal de juger d'une affaire en lui cachant huit mois d'investigation", avance-t-il.
Cette requête intervient alors même que Canal + diffuse lundi une enquête affirmant que l'affaire dite du Carlton a donné lieu durant neuf mois à des écoutes administratives autorisées par Matignon, entre juin 2010 et février 2011.
L'enquête préliminaire avait été ouverte par la police judiciaire de Lille, sur des renseignements anonymes. Les enquêteurs se penchent alors sur les fréquentations de l'hôtel Carlton et de l'hôtel des Tours, où René Kojfer, en charge des relations publiques, est soupçonné de faire venir des prostituées pour satisfaire quelques clients.
Il "n'a jamais touché un centime", observe son avocat Me Hubert Delarue.
La surveillance mise en place, notamment sur le téléphone portable de René Kojfer, fait sortir peu à peu des noms, dont celui de Dominique Strauss-Kahn, lâché fortuitement au détour d'une conversation.
Les enquêteurs remontent un réseau de notables qu'ils soupçonnent de profiter des filles mises à disposition par le chargé des relations publiques, dont David Roquet et Fabrice Paszkowski, un entrepreneur spécialisé dans le matériel médical.
Ces deux derniers font partie d'un cercle amical, libertin, parfois franc-maçon, auquel viennent s'ajouter le policier Jean-Christophe Lagarde, alors directeur de la sûreté départementale du Nord, et Dominique Strauss-Kahn.
Selon l'accusation, les quatre hommes se retrouvent à l'occasion de plusieurs soirées, dans le nord mais aussi à Paris ou encore à Washington, où trois voyages sont organisés alors que DSK est encore à la tête du FMI.
Dominique Strauss-Kahn est attendu lundi pour l'ouverture du procès, mais ne devrait pas témoigner avant le début de la semaine suivante.

http://www.nicematin.com/derniere-minute/dsk-devant-les-juges-a-partir-de-lundi-emporte-par-laffaire-du-carlton.2086436.html

Procès du Carlton de Lille : ce que les juges reprochent à DSK

DSK, un proxénète ? Accolé aux initiales de l'ancien patron du FMI, le terme surprend. L'ex-étoile montante du PS va pourtant être jugée à Lille à partir de demain, comme la plupart des 13 autres prévenus du dossier dit du Carlton, pour le délit de « proxénétisme aggravé » commis « en réunion ».
Au contraire du parquet, qui avait requis un non-lieu en sa faveur en juin 2013, les juges d'instruction ont estimé que les éléments constitutifs de cette infraction, punie de dix ans de prison et 1,5 M€ d'amende, étaient bel et bien réunis à son encontre. Il ne s'agit pas d'une « croisade morale », soulignent-ils dans leur ordonnance de renvoi de 210 pages, rappelant que nombre des comportements sexuels évoqués, pour DSK comme pour les autres, « n'intéressent pas le droit pénal ». Mais de l'application de la loi « au regard d'éléments et d'indices concrets », avancent-ils. Selon eux, DSK était le « pivot central » de rencontres sexuelles qui favorisaient la prostitution. Décryptage.

« DSK savait »
De Bruxelles à Washington en passant par Lille et
Paris, l'enquête a recensé la participation de DSK à une quinzaine de rencontres sexuelles avec des prostituées entre 2007 et 2011. Devant les juges, il ne s'est jamais caché de son goût pour le libertinage, admettant au moins une rencontre par trimestre. En revanche, et cela est essentiel à sa défense, il affirme avoir toujours ignoré que ces femmes étaient recrutées et rémunérées par ses amis du Nord, les entrepreneurs Fabrice Paszkowski et David Roquet. Les magistrats instructeurs concluent au contraire qu'il « savait qu'(elles) étaient des prostituées ». Selon eux, « une véritable loi du silence » sur le statut des filles, visant à protéger l'homme politique, avait été instaurée -- une « omerta », dit l'une d'elles. « Il ne fallait pas [lui] dire que nous étions payées », a témoigné une autre. « Franchement, patron de la banque du monde, il ne faut pas exagérer ni avoir un bac +10 pour comprendre. Il aurait été patron d'une boucherie, [...] il n'aurait pas eu ces filles autour de lui [...]. Que pouvaient-elles faire là avec un type bedonnant, trente ans plus âgé et rustre ? » assène une troisième.
Des « besoins sexuels hors norme »

Pour les juges, le comportement de DSK, faisant montre de « besoins sexuels hors norme » durant ces rencontres, où il n'y avait quasiment que des femmes seules, démontre aussi qu'il ne pouvait ignorer avoir à faire à des prostituées. « Lors de cette soirée, il a dû avoir entre dix ou quinze relations avec des filles différentes [...] tout le monde a été surpris », témoigne un participant à une partie belge, convaincu que « vu son âge, il devait prendre du Viagra ». Des prostituées parlent « d'abattage », de « carnage », « d'amas de corps sur des matelas » et de « pure consommation sexuelle » n'ayant « rien à voir avec des soirées échangistes ». Plusieurs évoquent sa brutalité et son appétence pour des rapports sexuels de type sodomie, sans préservatif -- preuve, pour les juges, de « la nécessité de recourir à des professionnelles ». « Dans une relation sexuelle tarifée, il y a un dominant et un dominé [...]. Il n'était pas question d'envisager de lui dire non », explique l'une des filles.

Le « roi de la fête »
« Veux-tu venir découvrir une magnifique boite coquine à Madrid avec moi (et du matériel) le 4 juillet », écrit DSK à Paszkowski dans l'un des multiples SMS qu'ils échangent entre 2009 et 2011. Ces messages, où les filles sont désignées aussi comme « cadeau », « copines » ou « candidates », et qui sont le prélude à leur recrutement par ses amis nordistes, montrent que DSK « était l'instigateur de ces soirées », affirment les juges. « Pivot central et principal bénéficiaire, parfois exclusif, de ces rencontres sexuelles » où il était invité, DSK, qu'une prostituée décrit comme « le roi de la fête », aurait initié « la mise en place d'un système fondé sur la complaisance de son entourage » — un système dédié à assouvir sa sexualité et favorisant la prostitution.

L'appartement avenue d'Iéna
La loi punit, comme aide à la prostitution, « la mise à disposition de locaux privés ». En l'occurrence, plusieurs soirées se sont déroulées dans un appartement avenue d'Iéna à Paris, dont DSK était le locataire discret, son nom ne figurant pas sur le bail. « Il suffit [qu'il] ait servi une seule fois [à une telle soirée] pour que celui qui a mis le bien à disposition soit mis en cause », expliquent les juges.

http://www.leparisien.fr/politique/pour-79-des-francais-dsk-aurait-fait-un-meilleur-president-que-hollande-31-01-2015-4495605.php

Procès Carlton: "Dodo la Saumure", un maquerau au coeur de l'affaire DSK

samedi 31 janvier 2015

Procès Carlton: un avocat dépose une requête en nullité

Peine maximale confirmée en appel pour le meurtrier d'Océane

La cour d'appel du Vaucluse a confirmé le verdict de première instance en condamnant, vendredi, Nicolas Blondiau à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour le meurtre et le viol de la fillette de 8 ans en 2011.

Il reste le 3e homme à avoir écopé de la peine maximale en France, après Michel Fourniret et Pierre Bodein. La cour d'assises d'appel du Vaucluse a condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible Nicolas Blondiau pour le meurtre et le viol d'Océane commis en novembre 2011 dans le Gard confirmant ainsi le verdict de première instance de décembre 2013

Dans ses réquisitions, l'avocat général Bernard Marchal avait requis la réclusion criminelle à perpétuité mais avait, en revanche, laissé à l'appréciation de la cour l'incompressibilité de la peine. "Vous voyez M. Blondiau, vous pourrez faire appel dix fois, cent fois, essuyer tous les bancs des cours d'assises, il y a dans la vie des choses définitives, il y a des actes irréparables", a dit l'avocat général, s'adressant à l'accusé qui est resté tout le temps des débats la tête baissée. Son avocat avait plaidé pour "une peine qui soit juste".
Le soir du 5 novembre 2011, il avait enlevé la fillette de 8 ans alors qu'elle allait chercher un jeu vidéo chez un ami de la famille qui habitait à 160 m de son domicile, dans le quartier ancien de Bellegarde. Après l'avoir violée, étouffée et poignardée, il avait abandonné son corps au pied d'un olivier, à trois kilomètres du village. "C'est un meurtrier, un violeur d'occasion qui a agi selon un facteur qui est un mystère toujours obscur", a ajouté Me Jean-Pierre Cabanes, pour qui "ce procès est un double enfer".
"Pourquoi je l'ai fait, pour l'instant je ne sais pas"
Mutique et hagard au premier procès à Nîmes en raison de son lourd traitement médical, Blondiau s'est montré plus disert, même s'il a rechigné à détailler le déroulement du crime. "Si je pouvais donner ma vie pour faire revenir Océane, je l'aurais fait sans hésitation. Je suis vraiment désolé d'avoir ôté la vie d'Océane", a déclaré l'accusé, réitérant vendredi les remords exprimés jeudi. "Je la fais monter dans ma voiture. C'est là que je suis parti dans mon délire, je me suis emballé", a-t-il raconté plus tôt.
"Pourquoi je l'ai fait, pour l'instant je ne sais pas, mais j'ai envie de savoir et les parents d'Océane ont aussi envie de savoir", a-t-il ajouté, mains jointes derrière le dos, barbe finement taillée et cheveux coupés ras. Il a indiqué qu'il voyait une psychologue et une psychiatre en détention pour comprendre son passage à l'acte. "Il me fait véritablement peur, Nicolas Blondiau, parce qu'aujourd'hui, trois ans deux mois et vingt-cinq jours après, nous n'avons pas l'ombre d'une explication", a confié lors de sa plaidoirie l'avocate des parents d'Océane, Me Béatrice Lobier-Tupin. "Il peut être désolé, ça ne la ramènera pas", a chuchoté à la barre vendredi matin la mère de la fillette, Erika Luna. Le père de l'enfant a écouté en larmes sa compagne raconter "le rayon de soleil" qu'était Océane, une enfant "joyeuse tout le temps" qui "me manque tous les jours".
"C'est un grand soulagement. La justice est enfin faite et finie. On va enfin pouvoir essayer de tourner la page, même si cela ne va pas être facile." a conclu le père de la petite Océane à la sortie du tribunal.

vendredi 30 janvier 2015

Bettencourt : que retenir de la première semaine du procès?

 

Le procès Bettencourt s’est ouvert sur un coup de théâtre lundi : l’annonce de la tentative de suicide de l’ancien infirmier de Liliane Bettencourt, Alain Thurin. La veille de l'audience où il devait être jugé pour "abus de faiblesse", l’homme de 64 ans a tenté d'attenter à ses jours en se pendant dans un bois près de son domicile, dans l'Essonne. Il est toujours à l’hopital dans un état grave.

"Il a été sir, mais c’est un faux frère"

Personnage centrale du procès Bettencourt, le photographe François-Marie Banier s’est raconté mercredi à la barre du tribunal de Bordeaux. "Dans ma vie, j'ai toujours travaillé, du matin au soir !", s’est exclamé le photographe pour se défendre. Devant les juges, l’homme de 67 ans a également dû s’expliquer sur les centaines de millions d’euros qu’il avait reçu de Liliane Bettencourt, rencontrée en 1987 : C'était de l'argent qu'il lui faisait plaisir de donner, ça lui procurait une grande joie!", a-t-il déclamé, sans rire.
Devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, François-Marie Banier s’est également essayé à des “mot d’esprits” volontaires. Décrivant Lindsay Owen-Jones, l’ex-patron de L’Oréal, François-Marie Banier s’est ecrié :"Il a été sir (prononcez "soeur"), mais c’est un faux frère." Quelques celébrités comme le directeur du Théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, ont également défilé à la barre pour prendre sa défense : ”François-Marie est vif, drôle, intelligent, il apportait plutôt de l’oxygène et n’a rien d’un prédateur, Pierre Cardin, homme d’affaires et esprit de finesse mais aussi de géométrie, ne se serait pas entouré d’un homme dénué de sens moral”, a-t-il affirmé selon le compte-rendu du Monde. François-Marie Banier est poursuivi pour abus de faiblesse.

Les larmes de Patrice de Maistre

Ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre a fondu en larmes jeudi à plusieurs reprises à la barre du tribunal correctionnel de Bordeaux: en évoquant ses enfants, mais aussi Alain Thurin, ex-infirmier de Mme Bettencourt, qui a fait une tentative de suicide à la veille du procès.
Devant le tribunal, Patrice de Maistre a aussi raconté comment il a découvert progressivement les comptes cachés des Bettencourt : "Des comptes en Suisse depuis 50 ans", d'autres à Gibraltar, des achats discrets d’une île seychelloise, la possession d’un ranch aux États-Unis, ou encore beaucoup de tableaux. Patrice de Maistre est jugé pour "abus de faiblesse" et "blanchiment". En 2012, il a passé près de trois mois en détention provisoire.

Le court témoignage d’Eric Woerth

Eric Woerth, ancien ministre, a été également brièvement entendu jeudi – pendant moins de trente minutes –, dans un procès où il est également poursuivi pour "recel" d'une somme que lui aurait remise Patrice de Maistre alors qu'il était trésorier de l'UMP. Il a expliqué que Patrice de Maistre, membre du "premier cercle" des donateurs de l'UMP, avait aussi "contribué une fois" personnellement, et en toute transparence, à son association de financement électoral (1.500 euros, selon l'ex-ministre). Tout comme Liliane Bettencourt, "une fois" également. Il a par ailleurs évoqué ses relations a minima avec la famille Bettencourt.
Dans un volet distinct du tentaculaire dossier Bettencourt, Patrice de Maistre et Eric Woerth doivent être jugés en mars pour trafic d'influence. Le premier est soupçonné d'avoir fourni un travail à l'épouse du second dans la société Clymène, en échange d'une Légion d'Honneur, que lui remit le ministre.

Le portrait assassin de François-Marie Banier par Françoise Bettencourt-Meyers

Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de la multimilliardaire héritière de L'Oréal, partie civile au procès, a dressé vendredi un impitoyable portrait de François-Marie Banier, ancien confident de sa mère poursuivi à Bordeaux pour abus de faiblesse, un "escroc" qui brisa une famille pour mieux y régner. Liliane Bettencourt "était-elle sous emprise, sous influence, embobinée, ou les trois à la fois?", s'est interrogée sa fille vendredi, décrivant "la présence montée crescendo", à partir de 1993, du photographe dans la maison Bettencourt.  "La devise" de Banier, "ce n'était pas diviser pour régner, mais briser pour régner, briser toute une famille! Une destruction programmée", a tonné Françoise Bettencourt.

Les "plages de lucidité" de Liliane Bettencourt

Le degré de lucidité de Liliane Bettencourt au moment des dons ou actes controversés sera au coeur de la deuxième semaine de procès. Mais dès vendredi, ses petits-fils ont évoqué une grand-mère qui "n'était plus la même" depuis une chute en Espagne en 2006. "On peut dire qu'elle déraillait. Dès septembre 2006, c'est très clair, et après ça a été crescendo jusqu'à maintenant", a assuré Jean-Victor Meyers, 28 ans, fils ainé de Françoise Bettencourt Meyers et Jean-Pierre Meyers. Il se rappelle de "plages de lucidité" chez la vieille dame, mais s'interroge sur la possibilité d'être assez lucide pour signer le matin des "actes compliqués" et l'après-midi "ne plus savoir si on est chez soi ou que son mari est décédé..."
 

Trafiquant tué et brûlé à Mauguio : Holland acquitté, 20 ans pour Martinelli

Dernier jour du procès de Lorenzo Martinelli et de Thierry Holland ce vendredi 30 janvier devant la cour d'assises de l'Hérault. Holland a été acquitté, Martinelli condamné à 20 ans pour meurtre.

15 h : le verdict tombe

La cour d'assises de l'Hérault vient de rendre son verdict dans l'affaire de la mort du trafiquant international de drogue Giuseppe Oliva, tué à Montpellier et brûlé à Mauguio, le 25 novembre 2009. Les jurés ont décidé d'acquitter Thierry Holland qui a passé quatre ans et demi en détention provisoire. La cour a estimé qu'aucun élément matériel ne pouvait être retenu contre lui. Lorenzo Martinelli, lui, a écopé de 20 ans de réclusion pour le meurtre de l'Italien.
12 h : la cour se retire pour délibérer
"Au moment où le procès s'achève se pose la question de la sincérité : cet homme est-il à la recherche de sa vérité ou essaie-t-il de vous tromper ? Est-ce de la manipulation ou de la capitulation ? A force de prendre des coups, on tombe de son piédestal, des gens sont venus lui renvoyer en face l'image non pas du trafiquant, sadique, non, mais l'image de ce qu'il avait été et de ce qu'il est devenu. La défense se bat contre l'image de mafieux crapuleux de Lorenzo Martinelli.
"On a croisé les fichiers de la mafia, on a vérifié s'il n'y avait pas d'autre cadavre, il n'y a rien, cette affaire c'est pas la signature de la criminalité organisée ou même d'un règlement de compte. Comment Martinelli aurait pu décapiter un réseau organisé par Oliva ? Je n'y crois pas une minute".
Et Me Abratkiewicz demande une requalification des faits estimant que rien ne prouve qu'il y a eu étranglement. "On n'est pas dans l'intention de tuer, on n'est pas dans l'homicide involontaire non plus, on est dans des violences qui ont entraîné la mort, il n'y a eu aucune préméditation. Il faut qu'il soit condamné pour ce qu'il a fait". A 12 h 30, la cour part délibérer.

11 h 30 : Me Nougaret, le second avocat de Thierry Holland prend la parole

"Je tiens à saluer l'avocat général qui s'est levé pour demander un acquittement. Moi, des doutes sur son innocence, je n'en ai aucun. Holland ne gravitait pas dans l'univers de Martinelli et d'Oliva, c'est une épave de consommateur qui ne vous donne pas envie de vous droguer ! Il avait le train de vie d'un clochard, c'était une épave sociale, financière et morale. Il n'a jamais changé de version à part lundi où il a un peu édulcoré ses propos. Mais il a peur, peur de tout. L'avocat explique aussi pourquoi il n'a pas formulé de demande de remise en liberté pour son client qui passé quatre ans et trois mois en prison en détention provisoire. "Faire des demandes de remise en liberté, ça ne tenait pas debout, les faits se sont passés dans un huis clos avec deux versions contradictoires pendant 50 mois. Mais je ne veux pas laisser croire que ne pas demander de remise en liberté veut dire que nous nous serions reconnus coupable. L'acquittement est la seule solution, rien ne vous permet de remettre en cause les aveux de M. Martinelli.

10 h 45 : Me Céline Coupard, avocate de Thierry Holland prend la parole

"Avant de vous demander l'acquittement, je veux vous parler de M.Holland, ce n'est pas un trafiquant, c'est quelqu'un de malade, qui souffre, qui porte sa dépression. Il y a deux termes qui expliquent pourquoi il a continué à  fréquenter Martinelli après les faits: la fascination et la crainte. C'est évidemment Martinelli qui a l'ascendant sur M.Holland. Ce dernier a accepté de l'héberger, c'est pour cela qu'il est là aujourd'hui. Après le drame, la peur va le tétaniser, il a paniqué, il n'a pas pu avoir une réaction normale, il est tellement étranger à ce qui se déroule, c'est un témoin innocent des faits qui se déroulent, qui ont conduit à la mort de M.Oliva. Il ne pouvait absolument pas prévoir ce qui allait se passer ce jour là, et la panique l'a fait participé à la deuxième phase, la disparition du corps. Il l'a dit devant le juge : "si j'avais pu faire plus pour la victime", c'est sa seule responsabilité. Je vous demande de l'acquitter".

10 h 20 : l'avocat général tire maintenant à boulets rouges sur Lorenzo Martinelli

"La dispute qui tourne mal, ça ne tient pas, on est aussi loin de l'accident regrettable, loin des coups mortels, c'est un meurtre caractérisé, il n'a laissé aucune chance à la victime et il s'est délecté de l'acte". Pour l'accusation, le mobile est crapuleux. "Il me semble évident que c'est l'appât du gain,  il s'approprie la créance de M. Oliva mais aussi ses biens, il a été vu avec une grosse liasse de billets appartenant à la victime. Et mettre le feu au corps, c'est une méthode digne du grand banditisme. Je veux bien entendre qu'il n'était pas le même homme avant la cocaïne, mais je me méfie des gens qui trouvent la lumière. S'il avait vraiment trouvé la lumière, il n'aurait pas laissé croupir son co-accusé pendant près de cinq ans en prison, il aurait pu le faire à tout moment avant l'audience. J'ai entendu vos regrets, je veux croire que vous pouvez changer, mettez votre intelligence au service du bien". Vingt ans de réclusion sont requis.

10 h : acquittement requis pour Holland

"Nous sommes dans une impasse, seul l'acquittement doit être envisagé pour Thierry Holland". L'avocat général vient de demander l'acquittement de l'accusé qui vient pourtant de passer quatre ans et demi de détention provisoire...
"Je me dois d'être loyal, le doute doit bénéficier à l'accusé : je n'ai pas les moyens de prouver de manière formelle qu'il a participé au meurtre dès lors qu'il est mis hors de cause par Martinelli. Vous ne pouvez pas faire autrement et il n'est pas pas possible de requalifier les faits en non dénonciation de crime, modification de la scène de crime, recel de cadavre, il n'est pas possible de passer en matière délictuelle".
L'accusation s'est pourtant étonnée du comportement de Thierry Holland : "sa version ne répond pas à certaines questions, les appels téléphoniques avec Martinelli le jour du meurtre, son attitude: ça se passe sous ses yeux, chez lui, il ne tente pas d'arrêter Martinelli qui étrangle la victime, il ne prévient pas les secours et va participer tranquillement à l'échange de la montre d'Oliva contre de la cocaïne et à la crémation de la victime".

9 h 45 : l'avocat général dresse le portrait des deux accusés

"Holland était un prof de tennis à la dérive, toxicomane et neurasthénique. Martinelli un revendeur de drogue violent et impitoyable, capable de violences sur son épouse et qui récupère des créances en étant oppressant et menaçant. Il y a cet épisode hallucinant de fin décembre 2009 de l'enlèvement et le passage à tabac d'une victime dont il propose de l'emmener en Belgique, de lui couper le petit doigt et de demander une rançon aux parents. Martinelli fait preuve d'une cruauté, d'un sadisme, de la délectation à faire le mal".

9 h 30 : les réquisitions de l'avocat général

L'avocat général Manon Brignol débute ses réquisitions ce vendredi 30 janvier en rendant hommage à la victime, Giuseppe Oliva, un Italien devenu trafiquant de haschich international.
"La victime est la grande absente du procès et elle n'est pas représentée. M. était installé au Maroc, mais il a touché aux stupéfiants : on commence par les drogues douces puis on tombe dans les drogues dures et pour les financer, il n'y a d'autre choix que de se lancer dans le trafic. Mais c'était un homme qui ne faisait pas parler de lui et un homme décrit comme tranquille, calme qui ne méritait pas de connaître la fin sordide qu'il a connu. Que s'est-il passé le 25 novembre 2009 pour que le corps de Giuseppe Oliva se retrouve à Mauguio, près de l'aéroport, carbonisé sur deux pneus ?".
http://www.midilibre.fr//2015/01/30/trafiquant-tue-et-brule-a-mauguio-la-victime-ne-meritait-pas-cette-fin,1118247.php

Meurtre d'Océane : procès en appel de Nicolas Blondiau, les plaidoiries



C e vendredi 30 janvier se poursuit le procès en appel de Nicolas Blondiau aux assises du Vaucluse, condamné en 2013 à perpétuité pour le meurtre d'Océane, 8 ans.
Ces jeudi 29 et vendredi 30 janvier, les assises du Vaucluse (Avignon) vont à nouveau évoquer le calvaire d'Océane, fillette de 8 ans, violée et tuée à Bellegarde dans le Gard par Nicolas Blondiau, 25 ans, le 5 novembre 2011
http://www.midilibre.fr/2015/01/27/direct-meurtre-d-oceane-proces-en-appel-de-nicolas-blondiau-a-avignon,1116735.php

Meurtre d'Océane : Nicolas Blondiau exprime "ses remords" pour la première fois

"Je ne voulais pas le faire". A l'ouverture de son procès en appel pour le viol et le meurtre, en 2011, d'Océane, 8 ans, dans le Gard, Nicolas Blondiau a exprimé pour la première fois "tous (ses) remords et tous (ses) regrets". Un début d'explication et de repentance de la part du meurtrier.
Même s'il avait reconnu les faits, jamais Nicolas Blondiau n'avait exprimé aussi clairement des remords lors de son procès en première instance, devant la cour d'assises de Nîmes.

"Je sais que ça ne va pas les (les parents d'Océane, ndlr) soulager mais si j'ai fait appel, c'est pour leur dire tous mes remords et tous mes regrets", a déclaré d'une voix chevrotante Nicolas Blondiau, 28 ans.

"Ce que j'ai fait, je ne voulais pas le faire. J'étais pris de panique, je ne sais pas ce que je faisais", a ajouté celui qui avait été condamné en décembre 2013 à la perpétuité incompressible.

L'accusé est "hanté" et fait "des cauchemars", selon le psychiatre qui écarte tout risque de récidive

Son parcours de vie est marqué par la séparation de ses parents, le sentiment de ne pas avoir été aimé par sa mère et une agression sexuelle dont il a été victime à l'âge de 17 ans.
Lors des faits, père de trois enfants, dont un nourrisson, âgé de 25 ans, il venait de se séparer de sa compagne.

"J'ai beaucoup fui par rapport aux mauvaises fréquentations que j'avais en dehors de mon couple, mes problèmes d'alcool", a-t-il reconnu, admettant "des erreurs de ne pas tenir un travail, de ne pas avoir sauvé mon couple".
"J'ai été un père qui était présent au début, malheureusement je ne l'ai pas été après", a-t-il dit.

"Il demandait de l'argent pour lui et ses enfants et c'était pour aller boire un coup avec ses copains. C'était plus fort que lui, combien de fois je lui ai fait la morale", s'est remémoré son père qui continue à le visiter en prison.
"C'est le rôle du père d'aller le voir. Je ne peux pas abandonner mon fils malgré ce qu'il a fait", a-t-il poursuivi.

L'expert psychiatre, le docteur Roland Coutanceau, pour qui le passage à l'acte a été favorisé par la "situation existentielle de déstabilisation" qui affectait Nicolas Blondiau au moment des faits, a écarté tout risque de réitération du crime.

Mutique lors du premier procès d'Assises à Nîmes

Lors de ce procès, "assommé de médicaments", selon son avocat Jean-Pierre Cabanes, l'accusé s'était borné à expliquer d'une voix inaudible son geste par "une pulsion".
Il avait rechigné à raconter le déroulement des faits, malgré les supplications des parents d'Océane, oscillant entre douleur et colère.

Jeudi, il a aussi répondu posément aux questions sur son parcours de vie, marqué par la séparation de ses parents et une agression sexuelle dont il a été victime à l'âge de 17 ans.

L'expert psychiatre, le docteur Roland Coutanceau, a écarté tout risque de réitération du crime, allant à rebours de la plupart de ses confrères qui avaient avancé "un risque de récidive élevé" lors du premier procès.

"Sa mémoire a emmagasiné le fait d'avoir fait ça. Il est marqué lui-même par son acte. Ce regret le structure. Même si cet homme sortait aujourd'hui je pense qu'il ne passerait pas à l'acte. Il est vacciné contre ça", a-t-il estimé.

Selon l'expert, la "situation existentielle de déstabilisation" au moment des faits dont Nicolas Blondiau est accusé -liée notamment à sa séparation récente avec sa compagne, son addiction à l'alcool, son égocentrisme- avaient facilité le passage à l'acte.
L'expert psychiatre a comparé l'excitation sexuelle de l'accusé à "une vague déferlante", au cours de laquelle "l'autre n'existe pas tant qu'il est habité par sa rêverie érotique" pour expliquer son absence d'empathie alors qu'Océane pleurait et se débattait.

Les parents n'avaient pas déposé lors du premier procès

La mère d'Océane, le visage crispé par la douleur, a indiqué qu'elle souhaitait témoigner. Le père de la fillette, le corps secoué par des tremblements, a décliné l'invitation du président de la cour d'assises, Luc Barbier, à s'exprimer au cours
des débats.

Nicolas Blondiau avait été condamné à la perpétuité réelle pour avoir violé, étouffé et poignardé à quatre reprises dans la région du coeur Océane, 8 ans.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/2015/01/29/meurtre-d-oceane-nicolas-blondiau-exprime-ses-remords-pour-la-premiere-fois-643355.html

Bettencourt: la fille accable Banier

Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de la multimilliardaire héritière de L'Oréal, a dressé aujourd'hui un impitoyable portrait de François-Marie Banier, ancien confident de sa mère poursuivi à Bordeaux pour abus de faiblesse, un "escroc" qui brisa une famille pour mieux y régner.

François-Marie Banier, l'un des principaux prévenus, est notamment poursuivi pour des dons, donations, libéralités, contrats d'assurance-vie, dépassant 400 millions d'euros.

Le père de Françoise Bettencourt-Meyers l'avait prévenue peu avant sa mort en 2007, dit-elle: "Banier est un escroc, un jour il y aura un procès. Nous y voilà". Françoise Bettencourt a brossé deux heures et demie durant, d'une voix monocorde un peu lasse où la rancoeur se mêlait à la tristesse, un tableau assassin de celui qu'elle juge responsable, sur une quinzaine d'années, d'avoir éloigné sa mère d'elle pour mieux profiter de sa fortune.
Liliane Bettencourt, 92 ans, très affaiblie psychiquement et sous tutelle, est la grande absente du procès. "Elle souffre de sa pathologie sévère, mais elle est sereine", a précisé sa fille aujourd'hui.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/01/30/97001-20150130FILWWW00186-bettencourt-la-fille-accable-banier.php

Les sanglots de Patrice de Maistre au procès Bettencourt

L'avocat Pascal Wilhelm, l'homme de télé Stéphane Courbis, le gestionnaire de biens Patrice de Maistre et l'ancien ministre Éric Woerth se sont succédé hier à la barre du tribunal correctionnel de Bordeaux.
C'est un homme grand, élégant, distingué. Mais devant le tribunal de Bordeaux, au moment de parler de sa famille, de ses enfants, Patrice de Maistre a craqué.
«Je suis désolé de ce spectacle, cela va passer», s'excuse-t-il auprès du tribunal. Lui qui gérait la fortune de la femme la plus riche de France a de nouveau évoqué des rencontres, déjà révélées par des écoutes téléphoniques de 2009, avec l'ex-conseiller justice de l'Élysée sous Nicolas Sarkozy, Patrick Ouart, au sujet de L'Oréal. Selon lui, ces rencontres étaient mues par l'intérêt de l'Élysée pour l' «enjeu économique» national que représentait l'avenir du groupe de cosmétiques L'Oréal. Rencontres où il affirme aussi avoir appris à l'avance, de la bouche de M. Ouart, le classement d'une plainte de Françoise Bettencourt-Meyers, fille unique de Liliane Bettencourt.
Selon l'ex-comptable de Mme Bettencourt, Claire Thibout (que le tribunal de Bordeaux espère entendre malgré un certificat médical) Patrice de Maistre aurait été l'intermédiaire qui «s'occupait des politiques». Il aurait notamment versé de l'argent en 2007 à Éric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État, mis en examen en 2013, a bénéficié d'un non-lieu.

Elle payait pour des infos

Patrice de Maistre n'a pas caché son «admiration» pour Éric Woerth. Entendu pendant près d'une demi-heure, l'ex-ministre, poursuivi pour «recel» d'une somme que lui aurait remise Patrice de Maistre, a détaillé que Patrice de Maistre, membre du «premier cercle» des donateurs de l'UMP, avait aussi «contribué une fois» personnellement, et en toute transparence, à son association de financement électoral (1 500 euros, selon l'ex-ministre). Tout comme Liliane Bettencourt, «une fois» également. Il a par ailleurs évoqué ses relations a minima avec la famille Bettencourt.
Selon l'ex-comptable de Mme Bettencourt, Claire Thibout – que le tribunal de Bordeaux espère entendre malgré un certificat médical – Patrice de Maistre aurait versé au moins 50 000 euros en 2007 à Éric Woerth pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. L'ex-chef de l'État, mis en examen en 2013, a bénéficié d'un non-lieu.
Une comptable qui, selon l'ex-secrétaire de Patrice de Maistre, entendue en fin de journée, aurait raconté que Françoise Bettencourt-Meyers payait certains employés de sa mère pour lui faire passer des informations sur celle-ci.
Dans un volet distinct du tentaculaire dossier Bettencourt, Patrice de Maistre et Éric Woerth doivent être jugés en mars pour trafic d'influence. Le premier est soupçonné d'avoir fourni un travail à l'épouse du second dans la société Clymène, en échange d'une Légion d'Honneur, que lui remit le ministre.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/01/30/2040042-les-sanglots-de-patrice-de-maistre-au-proces-bettencourt.html


Il avait menacé de mort et agressé un contrôleur SNCF

Une affaire d'agression et de menaces de mort, subies par un contrôleur de la SNCF, a valu quatre mois de prison ferme à un jeune Briviste au casier judiciaire déjà bien garni. Récit…
Les contrôleurs de la SNCF se retrouvent quelquefois nez à nez avec des voyageurs récalcitrants surtout lorsque ces derniers ne sont pas munis d'un titre de transport.
Parfois le ton monte et le contrôle tourne mal. L'un de ces agents qui contrôlait la validité des billets dans le train assurant la liaison Toulouse-Cahors, le 11 avril 2013, a vécu une scène qu'il n'est pas près d'oublier.
Insulté, menacé de mort et agressé par un voyageur âgé de 32 ans originaire de Brive, il avait été meurtri par les divers épisodes de cette affaire jugée hier au tribunal correctionnel de Cahors. «Cela a été pour lui un vrai choc psychologique qui lui a valu un vrai traumatisme ajouté à l'accumulation de stress qu'il subit au quotidien. Il n'a pas pu travailler pendant deux mois suite à cela», a indiqué Michel Barthet, l'avocat de la victime. L'auteur des faits ne s'est pas présenté à la barre.
Béatrice Almendros, présidente du tribunal, a narré à l'audience les circonstances de cette agression, rappelant que «le contrôleur s'est simplement avancé vers cet homme qui sommeillait dans le train. Ce dernier a aussitôt rétorqué à l'agent de la SNCF qu'il n'avait pas de billet, ni d'argent sur lui pour payer. Puis il l'a insulté en constatant que le contrôleur insistait et était prêt à alerter la police», relate la présidente.

Interpellé sur le quai

«Si tu appelles les flics, je te zigouille», a-t-il lancé à l'agent de la SNCF en le saisissant par le bras et en le secouant violemment. Le contrôleur a tenu bon et prévenu la police qui a interpellé le voyageur sans billet sur le quai de la gare de Cahors. Cet homme n'est pas un enfant de chœur. Son casier judiciaire, qui comporte d'innombrables mentions, en atteste.
Il a déjà été condamné pour des faits de vols, dégradations, trafic de stupéfiant, violence avec arme… et cumule plus de deux ans de prison ferme.
Ce nouveau dossier dans lequel il était mis en cause ne va pas améliorer sa situation judiciaire puisqu'il a écopé d'une peine de 4 mois de prison ferme.
Il devra également payer une amende de 500 € à la victime… à défaut d'avoir pu régler son billet de train.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/01/30/2039621-il-avait-menace-de-mort-et-agresse-un-controleur-sncf.html

jeudi 29 janvier 2015

Meurtre d'Océane : le coupable gardois va tenter d'échapper à la "perpétuité réelle

La cour d'assises du Vaucluse juge en appel, ce jeudi et ce vendredi, un homme condamné en décembre 2013 à la perpétuité incompressible, pour le viol et le meurtre d'Océane, âgée de 8 ans, à Bellegarde, dans le Gard, en novembre 2011. Nicolas Blondiau avait avoué les faits lors de sa reddition.
Nicolas Blondiau, 28 ans, a été condamné par la cour d'assises du Gard à la peine la plus lourde prévue par le code pénal, instaurée depuis 1994 pour les auteurs de viol et de meurtre sur mineur notamment. Me Jean-Pierre Cabanes, son avocat, espère infléchir la décision du jury de la cour d'assises du Vaucluse.

Immédiatement après le verdict de la cour d'assises, les avocats de Nicolas Blondiau avaient annoncé leur intention de faire appel, jugeant que "cette peine extrême" ne correspondait pas au profil de leur client.

Deux hommes, Michel Fourniret et Pierre Bodein, ont été jusqu'ici condamnés à la perpétuité incompressible et confirmé en appel. Un autre avait vu cette peine allégée en appel.
Retour sur le drame et la mort de la jeune Océane

Le 5 novembre 2011, les parents d'Océane avaient signalé la disparition de leur enfant unique, peu après 19h. La fillette était partie récupérer un jeu vidéo chez un ami de la famille qui habitait à 160 m de leur maison, dans une rue étroite du vieux village de Bellegarde mais n'était pas revenue chez elle.
Gendarmes, proches et villageois s'étaient mobilisés toute la nuit pour la retrouver.
Son cadavre avait été découvert le lendemain matin au pied d'un olivier, sur le chemin d'accès à un mas, à trois kilomètres du village.
L'autopsie avait révélé qu'elle avait été agressée sexuellement avant d'être étouffée et poignardée à quatre reprises au coeur.

Nicolas Blondiau, un habitant de Bellegarde, alors âgé de 25 ans et père de trois enfants dont un nourrisson, s'était rendu le 8 novembre à la gendarmerie après avoir appris que des prélèvements ADN allaient être effectués sur les hommes de Bellegarde.

"La peine des morts vivants"

A l'époque des faits, il vivait de petits boulots, s'était séparé de sa compagne, dormait dans sa voiture ou chez un ami, et consommait une grande quantité d'alcool et de stupéfiants.
Ses proches l'ont décrit comme un père attentionné, un homme gentil, mais menteur, ayant un problème d'alcool. Les experts psychologues ont souligné "des troubles de la personnalité" et un "risque de récidive élevé".

Lors du procès, "assommé de médicaments", selon Me Jean-Pierre Cabanes, l'accusé s'était borné à expliquer d'une voix inaudible son geste par "une pulsion". Il avait rechigné à raconter le déroulement des faits, malgré les supplications des parents d'Océane, oscillant entre douleur et colère.

"La pulsion, c'est la tarte à la crème", estime Me Béatrice Lobier-Tupin, l'avocate des parents d'Océane, interrogée par l'AFP.

"Cette peine me paraît justifiée, les crimes d'enfants doivent être punis par des peines dures", dit-elle.

"Ce type de faits est-il susceptible d'être raisonné ?", demande Me Cabanes.

"La perpétuité réelle, c'est terrifiant. La mort d'une petite fille, c'est terrifiant aussi. Est-ce qu'il faut que la société se venge ? Bien sûr que oui ! Mais comment ? Qui va faire un effort pour ces gens-là ?", interroge Me Cabanes. 
 
"La perpétuité réelle, c'est la peine des morts vivants, c'est être retranché de la vie. Vous avez le droit de respirer, de manger, de souffrir et de regarder la télé. Et après ?", affirme-t-il à l'AFP.
Dans le cadre de cette peine, après trente ans de prison, un collège d'experts médicaux et de cinq magistrats de la Cour de cassation se prononce sur l'éventualité d'un relèvement de la période de sûreté en fonction de la dangerosité du condamné.
Pour ce nouveau procès, les parents d'Océane seront accompagnés d'une psychologue, comme pour le premier procès. Il leur sera pénible d'entendre à nouveau le calvaire imposé à leur enfant par Blondiau qu'ils connaissaient et qui leur avait présenté ses condoléances quelques heures après la découverte du corps d'Océane

http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/2015/01/29/meurtre-d-oceane-le-coupable-gardois-va-tenter-d-echapper-la-perpetuite-reelle-642575.html

Meurtre de Samir Chorfi : 20 ans de prison pour l'exécution à La Reynerie

Accusé d'assassinat sur Samir Chorfi, en novembre 2011, Redha Mecherouh a été condamné, hier, à 20 de réclusion pour meurtre.
Accusé d'assassinat sur Samir Chorfi, Redha Mecherouh, 22 ans, a été condamné, hier, par la cour d'assises de Haute-Garonne à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre. Les 6 jurés n'ont pas retenu la préméditation, contrairement aux réquisitions de l'avocat général, Pierre Bernard, qui avait demandé 25 ans à l'issue d'une démonstration méthodique. Même si des éléments importants ont fait défaut dans cette difficile quête de vérité – arme du crime jamais retrouvée, témoignages parfois confus et chronologie très élastique – le représentant de l'accusation a passé au concasseur les doutes sur cette terrible matinée du 22 novembre 2011, quartier Reynerie à Toulouse. Après la bagarre et une nouvelle humiliation, «Mecherouh a ruminé sa vengeance, il s'est procuré une arme et a tiré. C'est un assassinat.» 16 balles de 9 mm dans le thorax. Et la même scène décrite par de nombreux témoins : Mecherouh sort l'arme de sa poche et tire avant de prendre la fuite avec le pistolet. Mais il manque l'essentiel : comment lui parvient cette arme ? Va-t-il la chercher et fomenter un projet criminel ? L'insuffisance de preuves matérielles habilement exploitée par la défense au cours des trois jours d'audience, menés au pas de course par la présidente Colette Dechaux, fait tout basculer. Debout, face aux jurés, Me Edouard Martial a derrière lui tout le clan Chorfi. Une famille éprouvée et avide de vérité. Des copains de Samir, exaspérés par l'attitude de l'accusé, qui se pose en victime, et maintien avoir désarmé Chorfi avant de tirer. L'avocat de la défense jette un premier pavé et sème le doute dans l'esprit des jurés. L'arme du crime proviendrait d'un cambriolage. D'autres armes émanant du même casse ont été retrouvées chez les proches de Chorfi. Selon Me Martial, Redha Mecherouh n'aurait pas eu le temps matériel, entre 11 h 30 et 12 h 15, d'aller chercher le Glock 17 pour abattre son rival. Alors sa thèse est simple : «Chorfi veut lui imposer le respect. Il veut éviter les coups en public, il prend une arme à feu pour se montrer plus dissuasif. Mon client réussi à le désarmer, par miracle et dans la peur, il tire et retire.» Dix-sept fois. Pour laver l'affront d'humiliations passées. Lui qui n'avait jamais le dessus sur Chorfi. Pour les jurés il s'agit d'un meurtre. Une décision qui ne valide pas pour autant la thèse soutenue par l'accusé.

http://newsletter.ladepeche.fr/Go/index.cfm?WL=41848&WS=291720_2501986&WA=8923

Pour DSK, le procès du Carlton de Lille débute lundi

L'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, terrassé au sommet de sa carrière par l'affaire du Sofitel de New York, scandale sexuel sans précédent, se retrouve lundi devant le tribunal correctionnel de Lille pour proxénétisme aggravé, accusé d'avoir été au coeur d'un réseau de prostitution mis en place par ses amis du Nord. Les juges lillois ont estimé, d'une part que DSK ne pouvait ignorer que les filles qu'on lui présentait lors de parties fines étaient des prostituées rémunérées, d'autre part qu'il avait été le "pivot central" ou encore le "roi de la fête" de ces soirées, a indiqué une source judiciaire. Le parquet avait toutefois requis un non-lieu pour Dominique Strauss-Kahn. Et pourrait bien réclamer sa relaxe au procès.
Longtemps favori des sondages en vue de la présidentielle de 2012 en France, Dominique Strauss-Kahn comparaîtra dans l'affaire dite du Carlton aux côtés de 13 autres prévenus à partir du 2 février. Le procès est prévu pour durer trois semaines. DSK est devenu au fil de l'instruction l'un des personnages centraux d'une affaire de proxénétisme ayant débuté dans des hôtels de luxe de Lille. A la suite du scandale du Sofitel de New York et presque trois ans après sa mise en examen, il va de nouveau faire face à l'étalage public de ses moeurs sexuelles, qui lui auront coûté sa carrière politique.

DSK savait-il?

DSK pouvait-il ignorer qu'il avait affaire à des prostituées? Interrogée, l'une d'elles, "Jade", s'est montrée particulièrement sévère, selon une source judiciaire. Elle sera sur les bancs de la partie civile. "C'est vraiment nous faire croire qu'il est naïf", a-t-elle notamment lâché, alors que tous les autres protagonistes étaient au courant, selon elle. Les avocats de DSK ont très rapidement dénoncé un "acharnement" des juges. Me Richard Malka, avait au moment du renvoi dénoncé "une motivation idéologique, politique, morale", un renvoi "certainement pas fondé sur une analyse juridique des faits". La ligne de défense n'a pas bougé : DSK était adepte du libertinage, pas de prostituées.
Au cours de l'instruction, en fait de parties fines, certaines participantes ont évoqué des séances de "carnage", d'"abattage" ou encore de "pure consommation sexuelle", selon des propos rapportés. A quelques jours du procès, la défense de DSK n'a pas souhaité s'exprimer davantage. "On criminalise les clients, ce qui n'est pas dans l'esprit des législateurs", déplore de son côté Me Dupond-Moretti, avocat de David Roquet, ex-patron d'une filiale du groupe de BTP Eiffage qui sera sur le banc des prévenus. Son défenseur s'était précédemment agacé de voir une affaire à laquelle on avait donné une qualification criminelle "pour se donner du confort" finir devant un tribunal correctionnel.
En 2011, sur des renseignements anonymes, la police judiciaire de Lille se penche de près sur les fréquentations de l'hôtel Carlton et de l'hôtel des Tours, où René Kojfer, en charge des relations publiques, ferait venir des prostituées pour satisfaire quelques clients. La surveillance mise en place, notamment sur le téléphone portable de René Kojfer, fait sortir peu à peu des noms, dont celui de Dominique Strauss-Kahn, lâché au détour d'une conversation sur de folles soirées lilloises et belges. Lorsque René Kojfer est placé en garde à vue, une information judiciaire est en cours depuis près de sept mois. Il est le premier mis en examen, le 7 octobre 2011.
"Il y a un décalage, une incompréhension vraiment forte entre la définition stricto sensu juridique et la réalité des choses", avance Me Hubert Delarue, son avocat, qui évoque des relations "entre adultes consentants" et son client qui n'a "jamais touché un centime". De Kojfer, les enquêteurs remontent un réseau de notables qu'ils soupçonnent de profiter des filles mises à disposition par le chargé des relations publiques: Emmanuel Riglaire, avocat au barreau de Lille, mais aussi David Roquet et Fabrice Paszkowski, un entrepreneur spécialisé dans le matériel médical.

Dodo la Saumure parmi les mis en examen

Ces deux derniers font partie d'un cercle amical, libertin, parfois franc-maçon, auquel viennent s'ajouter le policier Jean-Christophe Lagarde, directeur de la sûreté départementale du Nord, et Dominique Strauss-Kahn. "David Roquet paie un système mis en place bien avant lui dans sa boîte", tonne Me Dupond-Moretti, parlant d'une "forme de lobbying" auprès de DSK. Fabrice Paszkowski semble être le principal contact de ce dernier lorsqu'il vient passer des soirées dans le nord: l'instruction relève des milliers de textos échangés pour se donner rendez-vous. Le Nordiste a rencontré DSK pour la première fois à Béthune (Pas-de-Calais), en 2006. Avec Roquet et Lagarde, il participe en outre à trois voyages à Washington pour des soirées débridées.
Autre figure très médiatique du procès, Dominique Alderweireld, mieux connu sous le nom de Dodo la Saumure, a été l'un des derniers mis en examen, bien que son nom soit apparu très tôt dans la procédure. Souteneur en Belgique, où il considère mener une activité "tolérée", il est reproché à Dominique Alderweireld que des prostituées impliquées viennent de ses établissements. Le troisième volet de l'affaire concerne les dépenses engrangées pour payer les prostituées et organiser les voyages à Washington. Quatre des 14 prévenus sont mis en examen pour escroquerie, complicité ou recel.