dimanche 1 mars 2015

Naufrage mortel sur la Seine: le pilote d'un bateau-mouche jugé à partir de lundi

Le 13 septembre 2008, un bateau-mouche abordait et coulait une embarcation de plaisance en contrebas de Notre-Dame de Paris, tuant deux de ses passagers: le procès de ce drame rarissime sur la Seine s'ouvre lundi.
Seul prévenu renvoyé devant la 10e chambre correctionnelle de Paris, le pilote du bateau-mouche. Florent Bonnin sera jugé sur quatre demi-journées
pour "homicides et blessures involontaires", "excès de vitesse" et "usage de stupéfiants". Il avait été contrôlé positif au cannabis.
La responsabilité pénale de la Compagnie des bateaux-mouches, propriétaire du navire, et de la société Européenne d'armement et d'affrètement (EAA), qui gérait l'équipage, n'a pas été retenue par la juge d'instruction. Mais le parquet a néanmoins cité au procès ces deux entreprises, civilement responsables.
Il est près de 22H00 le samedi 13 septembre 2008 quand, raconte une source proche du dossier, "l'Alcyone", un petit bateau de plaisance, remonte le Bras de la Monnaie.
Cette ortion fluviale à sens unique, trés étroite,  sépare l'Île de la Cité de la Rive Gauche, au coeur du Paris touristique.
A son bord, 12 personnes -dont six mineurs- membres de quatre familles. L'embarcation s'apprête à franchir la voûte centrale du pont de l'Archevêché lorsqu'elle voit fondre sur elle dans son sillage "La Besogne". Le bateau-mouche d'une soixantaine de mètres de long ne ralentissant pas, le pilote de "l'Alcyone" tente de le contacter par VHF, ses passagers crient. En vain. "Un choc terrible", "un bruit effroyable"... De nombreux témoins ont décrit aux
enquêteurs la violence de la collision: "L'Alcyone" est projetée contre une des
piles du pont, chavire et sombre. Son pilote de 47 ans et un enfant de six ans pourtant muni d'un gilet de sauvetage sont emportés au fond. Leur décès sera constaté dans la nuit.
"Mes clients ne vivent plus depuis le drame", confie  Me Aurélie Cerceau, avocate des parents du garçon, qui attend du procès une reconnaissance de "la totale responsabilité" des deux sociétés et du pilote de "La Besogne".
Le procès devra trancher entre deux versions contradictoires. Florent Bonnin conteste toute responsabilité, selon son avocate, Me Régine de
la Morinerie, qui défend aussi les deux sociétés. Ce soir-là, son client a pu apercevoir une lumière de "L'Alcyone" mais anticipé, compte-tenu de la vitesse minimale autorisée dans le Bras de la Monnaie, qu'il aurait franchi le pont avant d'être rattrapé par "La Besogne".
"Or l'Alcyone était manifestement en difficulté", estime l'avocate, en citant le  plastique et le nylon coincés dans son hélice, le fait que sa marche arrière soit enclenchée ou que son ancre ait été retrouvée crochetée au fond du fleuve.
Quant aux traces de cannabis, le pilote les explique par une consommation datant de la veille. La juge d'instruction, elle, s'est appuyé sur une expertise pour considérer que "L'Alcyone" n'était pas entravée au moment de l'accident et que M. Bonnin avait manqué à son devoir de vigilance, d'où son renvoi en correctionnelle.
Un des facteurs de l'accident cités par un autre expert est le positionnement de la timonerie de "La Besogne", à l'arrière du bateau, qui fait que son pilote
naviguait à l'aide d'écrans de contrôle. Le problème des cadences des pilotes (M. Bonnin en était à sa quatrième rotation) a par ailleurs été indirectement pointé du droit par cet expert qui, après une reconstitution en 2011, a établi que la promenade de 15,2 km de "La Besogne" était trop longue pour pouvoir être réalisée dans le temps fixé par la compagnie, sauf à dépasser la limitation de vitesse (12 km/h).
Depuis 1989, seuls trois accidents mortels impliquant des bateaux-mouches ont été recensés sur la Seine à Paris. L'avant-dernier impliquait déjà "La Besogne" qui avait percuté le 19 août 2003 un Zodiac, tuant son pilote.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2015/03/01/naufrage-mortel-sur-la-seine-le-pilote-d-un-bateau-mouche-juge-partir-de-lundi-665501.html

Mineurs de 1948 indemnisés: "J'ai fait grève pour gagner mon pain"

A Nice, elle cachait la cocaïne dans les couches-culottes

Une mule d'un genre particulier a été condamnée vendredi par le tribunal correctionnel de Nice à quatre ans de prison et a été maintenue en détention.
Cette Surinamienne de 44 ans, mère de huit enfants, grand-mère d'une petite-fille de 4 ans a quitté la Guyane française il y a un an pour s'installer à Troyes où elle vit de 1.300 euros de prestations familiales.
Le 22 février dernier elle a été arrêtée par les douanes de l'aéroport de Nice avec sa fille de 4 ans et sa petite-fille.
Elle venait récupérer ses bagages arrivés avec un jour de retard en provenance de Rome où elle avait transité en revenant du Surinam via la Guyane, le Brésil et le Portugal.
Elle s'était rendue dans son pays pour assister aux obsèques de son frère.
Sauf que dans ses valises, les gabelous ont découvert la bagatelle de 4,8 kg de cocaïne dans trois gros paquets de couches pour bébé.
Certaines des vingt-neuf couches contenaient en fait de la coke et les paquets avaient été soigneusement refermés.
De la poudre de chocolat
L'enquête de la Police judiciaire a établi que Vanessa Bergmans avait effectué un voyage test fin janvier avec de la poudre de chocolat à la place de la coke. Les douaniers n'ayant rien vu, elle a décidé d'accepter la mission que lui aurait confiée une femme rencontrée au Brésil lors d'une escale.
"Utiliser des enfants en bas âge et les mettre en danger pour tenter d'éviter les douaniers, c'est un procédé désagréable", lance le président Laurie Duca à la prévenue.
Constamment en larmes à l'audience, incapable de s'expliquer, la mule bafouille entre deux sanglots - en Néerlandais par l'intermédiaire de son interprète - qu'elle regrettait, qu'elle ne savait plus où elle en était.
Son avocat, Slim Ayachi, a évoqué la "grande loterie de la vie", ses difficultés financières, un loyer en retard.
Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur Laetitia Manouvrier en lui infligeant quatre ans de prison et une amende douanière de 194 400 euros.
Le représentant du parquet a évoqué un "mode opératoire bien rôdé avec un voyage test" et estimé que "quand on prenait de tels risques, il fallait assumer".

http://www.nicematin.com/nice/a-nice-elle-cachait-la-cocaine-dans-les-couches-culottes.2122186.html

samedi 28 février 2015

Le chanteur du groupe "il était une fois" condamné à 18 mois de prison

Le chanteur du groupe phare des années 70, "il était une fois", Richard Dewitte, a été condamné à 18 mois de prison dont 17 avec sursis à Dijon après s'être fait piéger sur internet par un gendarme qui s'était fait passer pour une collégienne de 12 ans.

Le tribunal correctionnel de Dijon a condamné à 18 mois de prison dont 17 avec sursis le chanteur du groupe phare des années 70, "il était une fois", Richard Dewitte. Ce dernier s'était fait piéger sur internet par un gendarme qui s'était fait passer pour une collégienne de 12 ans. Le tribunal a assorti la condamnation du chanteur, jugé vendredi en comparution immédiate, pour "corruption de mineurs" et "diffusion d'images à caractère pédo-pornographique", d'une obligation de soins et de l'interdiction d'entrer en contact avec des mineurs, a précisé Me Karima Manhouli. Il a été incarcéré à l'issue de l'audience.
Depuis décembre 2014, Richard Dewitte, 68 ans, entretenait une relation virtuelle avec une collégienne de 12 ans demeurant à Dijon, raconte le journal de Saône-et-Loire dans son édition de samedi. Derrière cette collégienne, opérait en fait un gendarme spécialisé dans les infractions sexuelles sur le Net. Selon le JSL, Richard Dewitte a usé "d'un millier de connexions" pour approcher cette collégienne et joint des photos pédopornographiques. Un rendez-vous pour une rencontre a ensuite été fixé le 26 février à Dijon, où le chanteur a été interpellé par les gendarmes de la section de recherches.
Selon son avocate, M. Dewitte n'avait "aucune certitude, dans les premiers échanges par chat, sur l'âge de son interlocutrice". "Il est allé au rendez-vous par curiosité et n'avait aucune intention de passer à l'acte si la personne avait bien 12 ans", a-t-elle poursuivi. Enfin, l'avocate assure que le chanteur "fréquentait le site internet de rencontres coco.fr pour rencontrer des femmes majeures". Formé en 1972, le groupe "il était une fois" s'était fait connaître par des tubes célèbres parmi lesquels "j'ai encore rêvé d'elle".

AIN. La personnalité complexe d'une mère infanticide

Cour d’assises de l’Ain. Audrey Chabot, 34 ans, est jugée à partir de vendredi pour avoir tué ses deux bébés en 2011 et 2012 à Ambérieu. Elle avait déjà purgé huit ans de prison après la mort d’un autre nouveau-né, en 2002. Un procès à suivre au quotidien sur notre site, jusqu'au jour du verdict attendu le jeudi 5 mars.

Jour 1 : vendredi 27 février

16h45 : les deux visages d'Audrey Chabot
Il y avait deux Audrey Chabot selon tous ceux qui la côtoyaient. Ses employeurs dans le PMU ou au Spirit bar d'Ambérieu décrivent une jeune femme avenante, toujours souriante, extrêmement dynamique, ponctuelle, appréciée des clients. "C'était un tracteur" résume un témoin pour souligner l'énergie communicative de la serveuse. "Dans mon travail, je me sentais plus libre, c'était un exutoire pour moi" explique la jeune femme.
Mais dans sa vie privée, Audrey Chabot se révèle immature, incapable de gérer ses émotions et de s'assumer. A plusieurs reprises, elle évoque le "manque de confiance en soi" et la "honte" qui expliqueraient en partie ces grossesses cachées et non assumées. Sans pouvoir expliquer l'absence de prise de contraceptif, abandonné peu de temps après sa sortie de prison.
Dilapidant les 10 000 euros de son pécule à sa sortie de prison, elle pique dans la caisse du PMU, vole des chèques à son compagnon et "tape" régulièrement son meilleur ami pour acheter à manger.
Alors qu'elle devait suivre des soins psychologiques en sortant de prison, elle abandonne, n'en suit aucun et ment à sa conseillère d'insertion. De quoi susciter les remarques acerbes de l'avocat général qui lui reproche d'avoir "menti" et "trompé" la justice, des avis "très favorables" ayant été émis en prison pour sa libération anticipée. "Je voulais faire bonne figure auprès des éducateurs, j'avais une pression sur les épaules pour qu'on me redonne mon fils. Je ne l'avais que très peu revu depuis qu'il avait deux ans. Je ne voulais pas le décevoir" se défend l'accusée.
Son meilleur ami confirme à la barre la "personnalité double" d'Audrey Chabot : "son visage changeait brutalement, elle se murait, prenait peur."
Personne dans son entourage ne se doutait qu'elle avait été enceinte à deux reprises. Ni son compagnon ni son employeur qui a fourni aux gendarmes une vidéo. En tenue estivale, elle apparait avec seulement un léger embonpoint, un mois avant la naissance du premier bébé qu'elle a tué quelques jours après sa naissance. Après lui avoir donné un prénom, et même avoir envoyé son fils acheter des couches pour ce bébé censé être "celui d'une amie".

Depuis son incarcération il y a deux ans, l'accusée suit des soins psychologiques chaque semaine. "Je travaille sur moi, j'arrive maintenant à expliquer les choses. Je me sens le droit d'exister, de plus me laisser faire. Maintenant j'ai conscience que j'ai besoin de ça."
Audrey Chabot a également révélé sa décision de se faire "ligaturer les trompes" pour devenir stérile.

10h55 : Audrey Chabot, en pleurs, s'explique
Le procès d'Audrey Chabot s'est ouvert vendredi matin à 9 heures devant la cour d'assises de l'Ain. Petite et menue, cheveux blonds mi-longs, elle est entrée, tête baissée, dans le box des accusés. Très tendue, la gorge nouée, elle a écouté, les yeux dans le vague, le récit de la découverte des corps des deux bébés dans son congélateur, le 24 mars 2013 à Ambérieu.

La voix brouillée par les pleurs, elle a expliqué: «j'avais conscience d'être enceinte mais je faisais comme si de rien n'était. J'étais convaincue que mon compagnon ne voulait pas d'enfant. J'avais pris la pilule au début puis j'oubliais. Je me déshabillais rarement pendant les rapports sexuels. Je grossissais peu mais si on m'interrogeait je disais que je mangeais trop. Quand j'ai tué et congelé les bébés j'allais leur parler, ça me semblait important et je m'en voulais».
http://www.leprogres.fr/ain/2015/02/27/suivez-en-direct-le-proces-des-bebes-congeles

Meurtre de deux Congolais: un procès au goût d’inachevé

Un accusé, absent, condamné à 20 ans de prison, l’autre acquitté. Quatorze ans après la mort mystérieuse de deux Congolais, de nombreuses questions sont restées sans réponse vendredi au dernier jour du procès aux assises de l’Isère.
«C’est un procès des riches contre de petits Noirs et le riche s’en est sorti», a réagi Me Jean-Baudouin Kakela Shibaba, avocat des familles des victimes, à l’issue du verdict.
La cour d’assises de l’Isère a condamné l’homme d’affaires belge Benoît Chatel à 20 ans de réclusion et a acquitté son ancien associé, l’architecte d’intérieur monégasque Alain Deverini.
Les parties civiles n’ont pas caché leur frustration face à cette affaire aux multiples énigmes. D’autant qu’un seul des trois accusés, Alain Deverini, était présent dans le box. Aucune peine n’avait été requise à son encontre par l’avocat général Patrick Quincy qui avait fait part de ses doutes. «Deverini est (...) complice de complice. Cela n’existe pas la complicité de complicité en droit pénal», avait-il estimé.
Il a en revanche été plus sévère à l’encontre de l’homme d’affaires belge Benoît Chatel, escroc patenté, manipulateur, informateur des services secrets français et congolais.  Benoît Chatel «est entièrement responsable, totalement coupable de ce double assassinat commis dans des conditions atroces» qu’il «a commandité, a organisé», a estimé M. Quincy.
Chatel et Deverini, aidés de l’Italien Domenico Cocco qui doit être jugé plus tard, étaient accusés d’avoir fomenté l’assassinat de Philémon Mwami Naluhwindja, chef Maï Maï d’une tribu de la région du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), et d’Aimé-Noël Atembina, conseiller militaire du gouvernement congolais à l’époque de Mobutu.
Leurs corps avaient été retrouvés dans une voiture en feu le 29 décembre 2000, dans un champ de maïs à Chasse-sur-Rhône (Isère). Les trois hommes étaient censés avoir voulu éliminer ces «putschistes» supposés pour protéger leurs affaires en RDC, selon la thèse de l’accusation.
Mais on a appris à l’audience que Philémon Mwami, qui n’était pas un opposant à Kabila, a vraisemblablement été tué par erreur, ayant remplacé in extremis un général mobutiste, Kpama Baramoto Kata, au rendez-vous de Lyon.

"Titanic judiciaire"
On ne sait en revanche toujours rien des deux tueurs, «deux Maghrébins de Vénissieux» selon Cocco, qui n’ont jamais été retrouvés. Qui plus est, le mobile des assassinats reste nébuleux quatorze ans après les faits, aux dires mêmes des enquêteurs.
L’absence de Benoît Chatel, principal mis en cause, laisse aussi un goût amer aux parties civiles. Après sa mise en examen, l’"indic» de l’office des stups n’a cessé de voyager en dépit d’un contrôle judiciaire qui le lui interdisait. Il serait aujourd’hui à Lubumbashi, dans le sud-est de la RDC, selon Philippe Chansay-Wilmotte, avocat belge d’une partie civile, qui conseille par ailleurs l’actuel président de la RDC, Joseph Kabila. 
«Dans cette affaire, il y a des points d’interrogation partout», a lancé Me Alain Fort, avocat de Deverini, qui n’a eu aucun mal à dénoncer «un Titanic judiciaire». «Ce que je n’accepte pas c’est qu’on mettre la responsabilité du naufrage du Titanic sur un passager de seconde classe», a-t-il tonné.
L’implication de Deverini, au casier judiciaire vierge, reposait essentiellement sur ses déclarations: il avait demandé à Cocco «d’éradiquer le problème des Noirs». A l’audience, le décorateur d’hôtels de luxe et de casinos s’est défendu en plaidant l’ignorance et la naïveté.
La défense a aussi mis en avant les autres pistes possibles de l’assassinat, comme le trafic d’uranium auquel se livrait Philémon Mwami ou le rôle trouble des services secrets.

Me Fort s’est félicité du verdict de la cour d’assises qui «répare la tourmente judiciaire qui s’est abattue sur Alain Deverini pendant quinze années». «Cette décision a le mérite de lui rendre son honneur», a-t-il salué.
http://www.leprogres.fr/france-monde/2015/02/27/meurtre-de-deux-congolais-un-proces-au-gout-d-inacheve

vendredi 27 février 2015

Empoisonnement à la méthadone: 30 ans de réclusion requis contre un marginal

Trente ans de réclusion criminelle ont été requis vendredi à l'encontre d'un marginal de 36 ans jugé devant la cour d'assises de Seine-et-Marne pour l'empoisonnement avec de la méthadone de deux femmes. Le verdict est attendu dans la soirée.
"Cet individu a mis au point un cocktail particulier, pour provoquer un état de soumission chez ses victimes, qui a été mortel", a déclaré l'avocat général Emmanuel Dupic, rappelant que l'empoisonnement était un "vieux crime", "spécifique" et "gravement puni par la loi car il est lâche". L'accusé, un homme originaire de la Réunion qui a été un temps SDF à Meaux (Seine-et-Marne), est poursuivi pour deux empoisonnements, dont l'un précédé ou suivi d'un viol. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Delphine et Rachelle, les deux victimes, qui étaient des connaissances de l'accusé, ont toutes deux succombé à un an d'intervalle à un mélange d'alcool et de méthadone. Ce marginal, que tous ont décrit comme un homme "à femmes", qui pouvait être "violent" et aimait préparer "ses rhums arrangés maison", a été l'un des derniers à les avoir vues vivantes. Niant les avoir empoisonnées, il a soutenu tout au long du procès que Rachelle s'était suicidée dans sa salle de bains et que, "paniqué", il avait découpé son corps avec une scie et décidé de brûler ses restes dans un bois. Et ce n'est que lorsque des traces de son sperme seront retrouvées dans le corps de la seconde, Delphine, qu'il admettra avoir eu une relation avec elle, consentie selon lui. "Son discours, fait de mensonges, a été évolutif. La banalité et la légèreté avec lesquelles il raconte ce qu'il a fait au corps de Rachelle, son absence de repentir, vous devez en tenir compte", a ajouté M. Dupic à l'adresse des jurés, estimant l'accusé "dangereux". "Il a choisi d'être un bourreau. Il s'en est pris aux faibles, aux femmes fragiles et fragilisées. L'élément intentionnel c'est le viol. Il a administré cette substance à dessein de commettre un crime", a plaidé de son côté Me Isabelle de Bourbon Busset, avocate des parties civiles.

Pour son ex-compagne, jugée à ses côtés pour "complicité" dans la disparition du cadavre de Rachelle, l'avocat général a requis une peine de 16 mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt, estimant que l'accusé n'avait pu "découper le cadavre sans elle". Le verdict est attendu dans la soirée.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2015/02/27/empoisonnement-la-methadone-30-ans-de-reclusion-requis-contre-un-marginal-664485.html

Ain - En direct. «Quand j'ai tué et congelé les bébés, j'allais leur parler

Cour d’assises de l’Ain. Audrey Chabot, 34 ans, est jugée à partir de vendredi pour avoir tué ses deux bébés en 2011 et 2012 à Ambérieu. Elle avait déjà purgé huit ans de prison après la mort d’un autre nouveau-né, en 2002.

Jour 1 : vendredi 27 février

Audrey Chabot, en pleurs, s'explique
Le procès d'Audrey Chabot s'est ouvert vendredi matin à 9 heures devant la cour d'assises de l'Ain. Petite et menue, cheveux blonds mi-longs, elle est entrée, tête baissée, dans le box des accusés. Très tendue, la gorge nouée, elle a écouté, les yeux dans le vague, le récit de la découverte des corps des deux bébés dans son congélateur, le 24 mars 2013 à Ambérieu.
La voix brouillée par les pleurs, elle a expliqué: «j'avais conscience d'être enceinte mais je faisais comme si de rien n'était. J'étais convaincue que mon compagnon ne voulait pas d'enfant. J'avais pris la pilule au début puis j'oubliais. Je me déshabillais rarement pendant les rapports sexuels. Je grossissais peu mais si on m'interrogeait je disais que je mangeais trop. Quand j'ai tué et congelé les bébés j'allais leur parler, ça me semblait important et je m'en voulais».

http://www.leprogres.fr/ain/2015/02/27/suivez-en-direct-le-proces-des-bebes-congeles

Travail dissimulé : six agriculteurs à la barre

Les deux puis trois associés respectifs de deux Gaec (Groupement agricole d'exploitation commune), ainsi qu'un exploitant agricole, soit six agriculteurs de Soulomès, ne se sont toujours pas remis de leur convocation à la barre du tribunal correctionnel de Cahors, hier. Les six agriculteurs comparaissaient pour un dossier où ils étaient soupçonnés d'avoir eu recours au service d'un septième homme sans procéder à la déclaration préalable d'embauche de celui-ci. Cette affaire avait été révélée à la MSA (Mutualité sociale agricole) sur dénonciation anonyme
«Profondément marqués par cette situation», selon les propos de leur avocate,
Aurélie Pinardon, les six prévenus ont été parfaitement défendus, dans un premier temps, par leur victime présumée.
C'est assez original pour le souligner.
«Je ne comprends pas que je puisse être leur victime. Je les connais depuis des années, j'ai même travaillé pour leurs parents. Ils n'avaient pas de déclarations d'embauches à faire puisque je n'étais pas leur salarié, mais travailleur indépendant inscrit au registre du commerce. Je travaillais sur rendez-vous en déclarant mes missions, en payant mes charges sociales à la MSA et en fournissant toujours des factures aux agriculteurs», lance le travailleur.
«Il était déclaré comme prestataire de services. La MSA a souligné qu'il ne produisait pas de devis pour ces différents travaux chez les agriculteurs, ni de contrats. Il travaillait en autonomie totale», a indiqué Béatrice Almendros, présidente du tribunal. Cela n'était en rien illégal dans ce mode de fonctionnement.
«La MSA n'a pas considéré cette autonomie, mais plutôt un lien de subordination entre les agriculteurs et ce travailleur. Nous pouvons considérer que l'infraction n'est pas caractérisée», a conclu le ministère public. La relaxe a été demandée par Aurélie Pinardon et obtenue par les six agriculteurs. Soulagés, ils ont donc fêté cette décision avec leur «victime». Insolite !
http://newsletter.ladepeche.fr/Go/index.cfm?WL=43727&WS=291720_2501986&WA=9537

Faites Entrer l'Accusé / Tissier L ' Etrangleur

Procès: l'accusé a "scié", mais pas empoisonné

"Après le premier coup de scie, c'était trop tard": un homme qui comparaît à Melun pour l'empoisonnement de deux femmes a froidement expliqué aujourd'hui pourquoi il s'était débarrassé du corps de l'une d'elle, qu'il affirme avoir retrouvé morte dans sa salle de bain.

"J'ai chopé la scie et j'ai commencé à découper. Je voulais pas faire ça mais après le premier coup de scie, c'était trop tard", a raconté avec assurance l'accusé, au troisième jour de son procès devant les assises de Seine-et-Marne.

Ce marginal de 36 ans originaire de la Réunion, habitué des squats et un temps SDF à Meaux, n'est pas poursuivi pour meurtre mais pour l'empoisonnement avec de la méthadone, un substitut de l'héroïne, de deux femmes qui fréquentaient le même milieu que lui et sont décédées dans des circonstances obscures à un an d'écart. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Rachelle, une jeune trentenaire d'origine africaine, avait été retrouvée en août 2011, son corps découpé en morceaux et en train de brûler dans un bois près de Meaux.

Après un dîner arrosé chez un ami en présence de l'accusé, cette femme décrite comme "pleine de vie" et "généreuse" termine la soirée chez lui. "On a bu deux verres, j'ai fumé un joint et je me suis endormi", raconte-t-il avec un fort accent créole. "Quand je me suis réveillé, j'avais la tête dans le cul. Dans la salle de bain, je l'ai vue par terre, le cou gonflé. J'ai paniqué direct".

"Pourquoi n'avez-vous pas appelé les secours?", questionne la présidente. "Si j'appelais, je perdais tout", explique l'accusé, déjà incarcéré par le passé pour des faits de violence.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/02/26/97001-20150226FILWWW00370-proces-l-accuse-a-scie-mais-pas-empoisonne.php

Faites Entrer L accusé Sur La Trace De David Miss Toub

jeudi 26 février 2015

La justice refuse de libérer Georges Ibrahim Abdallah, détenu depuis 30 ans

L'ex-chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) avait été condamné à perpétuité en 1984 pour complicité dans les assassinats de deux diplomates à Paris. La justice a rejeté jeudi pour la dixième fois sa demande de libération.
Pour la dixième fois, c'est non. La chambre d'application des peines de la cour d'appel a refusé jeudi après-midi de libérer Georges Ibrahim Abdallah, détenu depuis 1984. L'ex-chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), aujourd'hui âgé de 62 ans, avait été condamné à perpétuité pour complicité dans les assassinats, en 1982 à Paris, de deux diplomates, l'Américain Charles Robert Ray et l'Israélien Yacov Barsimantov.

Son avocat, Me Jean-Louis Chalanset, a indiqué que son client allait se pourvoir en cassation. Pour lui, la décision de la cour d'appel est "très régressive" dans ses motivations, par rapport à celles rendues précédemment. Une nouvelle fois, la demande a été déclarée irrecevable au motif que Georges Ibrahim Abdallah n'avait pas fait préalablement l'objet d'un arrêté d'expulsion. Mais la cour d'appel a ajouté à cet argument le fait que l'ancien militant "ne regrettait pas les actes pour lesquels il avait été condamné" et rappelé qu'il n'avait pas indemnisé les ayant-droit des victimes, a expliqué Me Chalanset.

Une seule fois, en 2012, une décision favorable avait été rendue par le juge d'application des peines, puis en appel, mais la Cour de cassation avait finalement déclaré la demande irrecevable.

Affaire Mathis: le père du petit garçon devant les assises en juin prochain

Sylvain Jouanneau, le père du petit garçon disparu en septembre 2011, comparaîtra devant les assises du Calvados du 1er au 5 juin pour "enlèvement et séquestration aggravés sur un mineur
Sylvain Jouanneau aura tout tenté pour échapper aux procès d'assises. Le père de Mathis, exerçant le métier de maçon, s'est toujours intéressé au droit et dans sa cellule de la maison d'arrêt de Caen, il a eu tout loisir d'approfondir ses connaissances dans ce domaine et multiplie les recours devant la justice. Deux pourvois ont été rejetés par la justice. Le procès aura bel et bien lieu. La cour d'appel de Caen a officialisé l'information ce mardi: le père du petit garçon, disparu en septembre 2011, comparaîtra du 1er au juin prochains devant les assises du Calvados pour enlèvement et séquestrations sur un mineur.

Le 4 septembre 2011, Nathalie Barré signale la disparition de son fils, Mathis, âgé de 8 ans. Le père, Sylvain Jouanneau, a emmené son fils en week-end et ne la pas ramené chez sa mère comme il était convenu. Il est interpellé trois mois plus tard dans le Vaucluse. Depuis, il s'en est toujours tenu à la même version des faits: il affirme avoir confié le petit garçon à une personne de confiance et prétend qu'il est en sécurité.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2015/02/26/affaire-mathis-le-pere-du-petit-garcon-devant-les-assise-en-juin-prochain-663387.html

Condamné pour avoir giflé sa fille : audience mouvementée pour la nouvelle juge

Pour la deuxième audience de l'année du tribunal de police de Castelsarrasin, la nouvelle juge de proximité, Annie Gollot, qui remplace Claude Palermo-Chevillard depuis le 1er janvier, a poursuivi la découverte de sa nouvelle mission avec une pléiade d'affaires ne manquant pas de sel.

Il «terroriserait» son voisin

Assistée du greffier Régis Polloni et de l'officier du ministère public, le capitaine Christian Guilhaumon, la juge rappelait les faits d'un vieux contentieux entre deux sexagénaires de Bourg-de-visa qui en étaient venus aux mains, en mai dernier. Une affaire clochermerlesque qui allait prendre un plus d'épaisseur : René G., 69 ans, entendu comme victime et agresseur, étant défendu par l'une des meilleures pénalistes du barreau montalbanais, Me Charlotte Lévi. Face à eux Jean-Pierre B., 64 ans, également auteur et victime présumés, était représenté par l'actuel bâtonnier, Me Jean Stremoouhof. Seul à la barre, René G. expliquait avec ses mots les raisons de son agression par son voisin, un ancien maçon à la retraite qui n'avait pas daigné se présenter à l'audience. «Je loue une maison à des saisonniers espagnols qui sont arrivés sans rien dans le village. Ils avaient besoin d'une machine à laver, je leur en ai prêté une jusqu'à un incident qui a déclenché cette affaire», témoignait le sexagénaire rappelant que son voisin, situé au bout d'une impasse du bourg où il possède quatre habitations, le terrorisait depuis plus d'une décennie. Alors que mes locataires m'avaient appelé pour un problème de prises avec cette machine, Jean-Pierre B. qui m'attendait sur les lieux, m'a pris à partie.» Le ton monte, et René G. reçoit un coup au visage brisant ses lunettes et son polo arraché. Des explications qui ne convainquaient pas l'OMP qui requérait pour des gifles et coups réciproques une peine égale de 150 € d'amende aux deux parties. Une requête qui mettait hors d'elle, Me Lévi qui plaidait la légitime défense de son client. «Le ministère public coupe la poire en deux. Mais dans cette affaire, il faut tout de même rappeler que mon client qui vient porter assistance à ses locataires, se retrouve accueilli par Jean-Pierre B. qui le prend à partie, soi-disant parce qu'il exploiterait ses saisonniers… au final c'est quand même lui qui reçoit les coups, et voit ses lunettes cassées, mon client a juste eu un geste de réflexe de légitime défense face à un homme violent qui n'avait rien à voir avec l'affaire qu'il venait traiter.» Le bâtonnier Stremoouhof qui prenait la défense de l'ancien maçon de Bourg-de-Visa tentait d'influer la décision de la juge en plaidant une peine de réconciliation, en évitant d'entrer dans le fond du dossier. «L'objectif de votre décision vu que nous sommes dans une justice de paix, ce n'est pas de mettre de l'huile sur le feu et que René G. revienne chez lui en disant qu'il a gagné ce procès.» Et d'insister de manière surprenante à une équité de peine : «Je vous demande donc une peine d'amende avec sursis pour les deux. Il y aura ainsi égalité, la balle au centre.» Sans attendre la suspension de l'audience comme le veut l'usage, la juge de proximité rendait, sans attendre, son verdict convaincu par la bonne foi du sexagénaire et les arguments de son avocate, en relaxant René G. de poursuites pour violences. Elle lui octroyait, par ailleurs, 300 € au titre des dommages-intérêts et 300 € au titre de ses frais de justice. Quant à Jean-Pierre B., il était condamné à 150 € d'amende.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/02/26/2055930-audience-mouvementee-pour-la-nouvelle-juge-de-proximite.html