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dimanche 31 décembre 2017

Décès du général Rondot, un des protagonistes de l'affaire Clearstream

Le général Philippe Rondot, qui a mené une longue et discrète carrière dans les services secrets avant d'être propulsé en 2009 sur le devant de la scène par l'affaire Clearstream, est décédé cette semaine, à 81 ans, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.
L
e général a été inhumé samedi "dans la plus stricte intimité" à Flety (Nièvre) où il vivait depuis plusieurs années, a indiqué une source proche du dossier, confirmant une information d'Europe 1. Selon une autre source, il est décédé d'un "arrêt cardiaque".


Avant de devenir contre son gré un des protagonistes de l'affaire Clearstream, principal épisode de la lutte Villepin-Sarkozy, le général Rondot avait fait carrière dans le renseignement.


Le nom de ce général de division était surtout connu pour son rôle dans la traque et la capture du terroriste Carlos en 1994 et celle des criminels de guerre de l'ex-Yougoslavie.


Le général Rondot avait quitté le 31 décembre 2005 son poste de conseiller du ministre de la Défense pour le renseignement et les opérations spéciales (Cros). Pour saluer sa carrière, le président Jacques Chirac l'avait élevé en janvier 2006 à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur.


Officier parachutiste, Philippe Rondot était entré trois ans après sa sortie de Saint-Cyr en 1965 au service action du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), devenu DGSE.
Arabophone, le général Rondot, fils d'un général également dans le renseignement et spécialiste des questions arabes, a toujours entretenu sa connaissance encyclopédique des hommes et des services secrets des pays arabes, tissant de solides réseaux. Il en a tiré un autre de ses surnoms, celui de "colonel Lawrence".


Fait unique pour un militaire, il avait rejoint la Direction de la surveillance du territoire (DST, service de police) en 1980, après quinze ans passés au Sdece. Il a aussi longtemps conseillé les ministres de la Défense de droite comme de gauche. Il avait été appelé pour la première fois à l'Hôtel de Brienne par Pierre Joxe, avec qui il avait été auditeur (1983-1984) à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).


Il a joué un rôle déterminant dans la libération d'otages français à Beyrouth en 1986 et dans l'accueil en France du général chrétien libanais Michel Aoun.


"Je garde le souvenir d'un homme d'honneur, franc et droit, avec le souci de la préservation de l'intégrité de nos Services chevillé au corps", a réagi son avocat, Me Eric Morain.
Sociétéhttp://www.lepoint.fr/societe/

mercredi 14 septembre 2011

Clearstream : relaxe confirmée pour Villepin

Faisant face aux journalistes massés devant la première chambre de la Cour d'appel de Paris, Dominique de Villepin savourait mercredi matin sa victoire : "Je veux saluer l'indépendance de notre justice qui a su résister aux pressions politiques", a-t-il lancé. La cour d'appel de Paris, suivant le jugement rendu en première instance, venait de confirmer la relaxe de l'ancien Premier ministre, poursuivi pour "complicité de dénonciation calomnieuse" dans l'affaire Clearstream. A l'audience du mois de mai, le parquet général avait requis à son encontre quinze mois de prison. "Je veux croire que cette décision contribuera à rendre notre vieux pays moins vulnérable à la rumeur et à la calomnie", s'est réjoui l'ancien chef du gouvernement. "Rappelons-nous que cette affaire a été initiée en 2005/2006 à la veille de l'élection présidentielle de 2007. Comme j'aimerais que cela puisse servir de leçon pour la présidentielle de 2012"
L'affaire Clearstream est un vaste dossier de dénonciation calomnieuse au cours duquel des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés sur des listings bancaires afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger. L'informaticien Imad Lahoud, au coeur du scandale de manipulation des listings bancaires, a écopé, comme en première instance, de trois ans de prison dont 18 mois ferme. Quant à l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, il a vu sa peine allégée à trois ans de prison, dont six mois ferme. Les deux hommes ont été en outre condamnés à 40.000 euros d'amende chacun. L'avocat de Lahoud, Me Olivier Pardo, a d'ores et déjà annoncé son intention de se pourvoir en cassation. Le conseil de Jean-Louis Gergorin, Me Paul-Albert Iweins, a simplement déclaré qu'il allait étudier la possibilité d'un pourvoi.

Quel avenir pour Villepin ?

Dominique de Villepin ressort donc la tête haute du tribunal et pourra trouver dans cette relaxe un nouvel encouragement à sa candidature à la présidentielle de 2012 qu'il jugeait encore "très vraisemblable" il y a peu. Le candidat gaulliste, qui a créé son propre parti, "République solidaire" le 19 juin 2010, est en effet à la peine dans les sondages qui le créditent de 2 à 4% d'intention de vote.

Son positionnement très virulent vis-à-vis du chef de l'Etat (qui avait renoncé à se porter partie civile en appel), l'a également progressivement coupé d'une partie de ses soutiens, comme Hervé Mariton, Bruno Le Maire, Marie-Anne Montchamp ou Georges Tron. Plus récemment, le porte-parole de RS, le député Daniel Garrigue, a démissionné de ses fonctions, dénonçant un manque de concertation sur le projet politique du parti et notamment sur sa mesure phare : "un revenu citoyen".

Les accusations portées depuis dimanche à l'encontre de Dominique de Villepin par Robert Bourgi vont aussi l'obliger à devoir se battre sur d'autres fronts. L'avocat, homme de l'ombre de la Françafrique et conseiller officieux du président de la République, l'accuse en effet d'avoir perçu avec Jacques Chirac des fonds occultes, évalués à 20 millions de dollars, de chefs d'Etat africains entre 1997 et 2005. "On voit ce lapin sortir du chapeau à un moment très particulier", pendant le procès de Jacques Chirac et avant la décision de la cour d'appel sur Clearstream, avait constaté Dominique de Villepin, en début de semaine, annonçant son intention de porter plainte à la suite d'accusations "indignes" et "mensongères". L'ex Premier ministre disait voir dans ces accusations un moyen de maintenir une pression sur lui alors qu'il était sur le point, à ses yeux, d'être définitivement sorti d'affaire.

mardi 13 septembre 2011

Clearstream : l'arrêt qui pourrait tout changer pour Villepin

Une condamnation de Dominique de Villepin, mercredi 14 septembre, dans l’affaire Clearstream, ne serait pas pour déplaire à son ennemi intime Nicolas Sarkozy. Relaxé en correctionnelle, l’ancien Premier ministre est-il à même de bénéficier de la clémence de la Cour d’appel ? Rien n’est moins sûr à en croire le parquet général. Le représentant de l’accusation, aux ordres du pouvoir politique, lui reproche d’avoir laissé prospérer l’affaire des listings truqués de Clearstream dans lesquels figurait le nom de Sarkozy. La dénonciation calomnieuse n’ayant pu être retenue contre lui, le parquet a considéré que pour avoir laissé faire, il devait répondre du chef de "complicité d’abstention".
Au parquet général de la Cour d’appel de Paris, on souligne que cette notion juridique est désormais admise par le Conseil d’Etat, laissant entendre que la cour pourrait s’appuyer sur un arrêt du 26 janvier 2011de la plus haute juridiction administrative pour faire condamner Villepin.
Le Conseil d’Etat avait à examiner la demande d’un ressortissant rwandais, qui soupçonné de s’être rendu personnellement coupable de complicité dans le génocide commis au Rwanda en 1994, s’est vu refuser le statut de réfugié par la Commission des recours des réfugiés. Le Conseil souligne que le complice est non seulement celui qui "sciemment" a "par ses agissements contribué à la préparation ou à la réalisation du crime ou en a facilité la commission", mais aussi celui qui a "assisté à son exécution sans chercher à aucun moment, eu égard à sa situation, à le prévenir ou à s’en dissocier".
Marin, expert en haute voltige juridique
Or c’est précisément le rôle que le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, expert en haute voltige juridique, promu depuis à la tête du parquet de la cour de cassation, prête à Dominique de Villepin. Les deux affaires ne sont certes pas de même nature mais la notion juridique pourrait néanmoins être retenue, en droit, tout étant possible.
Olivier Metzner, avocat de l’ancien Premier ministre, s’érige contre l’interprétation de ce texte qui n’a du reste pas été évoqué lors des audiences en appel en mai dernier, et se veut confiant. "Une décision administrative n’est pas applicable en droit pénal, lequel implique un acte positif ", fait-il valoir.
Quelle que soit la décision de la Cour d’appel, les autorités judiciaires n’auront pas ménagé leurs efforts pour maintenir Villepin dans les rets de la justice. Avant l’audience en appel, le président de la Cour Jacques Degrandi avait tenté de modifier, impromptu, la composition de la cour. Mais devant les protestations des syndicats de magistrats qui avaient dénoncé le risque de "partialité " et la réaction de Villepin lui-même, il avait dû se raviser.
C’est demain à 9h que l’ancien Premier ministre sera fixé sur son sort.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110913.OBS0271/clearstream-l-arret-qui-pourrait-tout-changer-pour-villepin.html

jeudi 26 mai 2011

Clearstream : un dernier mot ? "Non, merci !"

Lorsque la présidente de la Cour, Christiane Beauquis, leur a donné une dernière fois la parole, jeudi après-midi, avant de clore les débats, tous ont répondu : "Non, merci !". Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, comparaissaient depuis le 2 mai devant la cour d'appel de Paris dans le cadre de l'affaire Clearstream, une vaste machination qui a consisté à ajouter des noms de  personnalités, dont celui du président Nicolas Sarkozy, sur des "listings"  bancaires afin de les discréditer. Si les audiences sont désormais terminées, tous trois devront encore patienter jusqu'au 14 septembre pour connaître le délibéré des juges.

Lundi, 15 mois de prison avec sursis ont été requis contre l'ancien Premier ministre, poursuivi pour complicité de dénonciation calomnieuse. Si la peine requise a été plus clémente qu'en première instance, l'analyse du ministère public n'a pas bougé d'un iota. Pour l'avocat général Jean-Louis Perol, Dominique de Villepin est "complice par abstention": il aurait dû dès juillet 2004 stopper Jean-Louis Gergorin, l'instigateur de la machination qui a consisté à ajouter des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires afin de les discréditer. En effet, pour le parquet général, le ministre savait alors que les listings étaient faux et auraient dû les dénoncer. Une thèse que dément vigoureusement Dominique de Villepin.

Par ailleurs, 30 mois de prison, dont 15 mois ferme, et 40.000 euros d'amende ont été requis contre le mathématicien Imad Lahoud, tandis que 30 mois de prison, dont un an ferme et 40.000 euros d'amende, ont été demandés par le parquet général contre l'ancien dirigeant d'EADS, Jean-Louis Gergorin. Si dans son réquisitoire, le ministère public a estimé que le cerveau de la manipulation était indéniablement Jean-Louis Gergorin, il a décrit les deux hommes comme "un duo infernal". "Sans l'un et sans l'autre, pas de dossier Clearstream", a-t-il résumé, en s'employant à réduire l'écart des peines requises contre les deux prévenus. Le 28 janvier 2010, Dominique de Villepin avait été relaxé, tandis Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud avaient été condamnés à respectivement 15 et 18 mois de prison ferme, assortis pour chacun d'une amende de 40.000 euros.

Clearstream : la cour d'appel de Paris rendra sa décision le 14 septembre

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui comparaissait depuis le 2 mai pour sa complicité présumée dans l'affaire Clearstream, sera fixé sur son sort judiciaire le 14 septembre à 9 heures, a annoncé jeudi la cour d'appel de Paris, avant de clore les débats. Les trois prévenus, Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, n'ont pas souhaité s'exprimer lorsque la présidente Christiane Beauquis leur a donné une dernière fois la parole. "Non, merci", ont-ils répondu l'un après l'autre.
Lundi, quinze mois de prison avec sursis ont été requis contre Dominique de Villepin, poursuivi pour complicité de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream, une vaste machination qui a consisté à ajouter des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires afin de les discréditer. Si la peine requise a été plus clémente qu'en première instance - en 2009, le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin avait requis 18 mois avec sursis et 45 000 euros d'amende -, l'analyse du ministère public n'a pas bougé d'un iota. Pour l'avocat général Jean-Louis Perol, Dominique de Villepin est "complice par abstention" : il aurait dû, dès juillet 2004, stopper Jean-Louis Gergorin, l'instigateur de la machination qui a consisté à ajouter des noms sur des listings bancaires. En effet, pour le parquet général, le ministre savait alors que les listings étaient faux et aurait dû les dénoncer. Une thèse que dément vigoureusement Dominique de Villepin.
Gergorin / Lahoud "un duo infernal"
Par ailleurs, 30 mois de prison, dont 15 mois ferme, et 40 000 euros d'amende ont été requis contre le mathématicien Imad Lahoud, tandis que 30 mois de prison, dont un an ferme, et 40 000 euros d'amende ont été demandés par le parquet général contre l'ancien dirigeant d'EADS, Jean-Louis Gergorin. Ces peines sont très légèrement inférieures à celles requises en première instance. Si, dans son réquisitoire, le ministère public a estimé que le cerveau de la manipulation était indéniablement Jean-Louis Gergorin, il a décrit les deux hommes comme "un duo infernal". "Sans l'un et sans l'autre, pas de dossier Clearstream", a-t-il résumé en s'employant à réduire l'écart des peines requises contre les deux prévenus.
Le 28 janvier 2010, Dominique de Villepin a été relaxé, tandis que Gergorin et Lahoud ont été condamnés à respectivement 15 et 18 mois de prison ferme, assortis pour chacun d'une amende de 40 000 euros.
http://www.lepoint.fr/politique/clearstream-la-cour-d-appel-de-paris-rendra-sa-decision-le-14-septembre-26-05-2011-1335545_20.php

Procès Clearstream: Dernière occasion de se défendre

L'après-midi est consacrée à la défense d'Imad Lahoud, l'informaticien qui a falsifié des documents accusant à tort des personnalités...
Après quatre semaines d’audience se tient ce jeudi la dernière journée du procès en appel Clearstream, une vaste affaire de dénonciation calomnieuse.
Après les avocats de Dominique de Villepin et Jean-Louis Gergorin, c’est au tour de la défense d’Imad Lahoud, l’informaticien de l’affaire, de plaider à la cour d’appel de Paris.

Zones d’ombres qui demeurent

Le procès Cleastream sera mis à la fin de la journée en délibéré. C’est seulement à l’automne que Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud connaîtront leur sort. Le parquet général a requis contre ce dernier 15 mois de prison ferme.
Pour cette dernière journée de procès, des questions subsistent encore sur les rôles d’Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin: Les audiences n’ont pas permis de définir clairement qui, de l’informaticien ou de l’ancien dirigeant d’EADS, a été le réel l’instigateur de l’affaire.

Ambitions de Dominique de Villepin

Quant à Dominique de Villepin, des zones d’ombres demeurent sur son inaction à stopper la calomnie qui touchait des personnalités, dont Nicolas Sarkozy.
Pour l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le jugement de la cour d’appel, qui confirmera ou non la relaxe de «complicité par abstention» prononcée en première instance, sera capital.
En effet, le fondateur de République solidaire veut se construire un nouvel avenir politique national. Il ne cache plus ses ambitions d’être candidat à l’élection présidentielle de 2012. Une condamnation réduirait à néant ses projets.
http://www.20minutes.fr/article/731198/proces-clearstream-derniere-occasion-defendre

mercredi 25 mai 2011

Cleastream : "votre robe, ce n'est pas le tablier de boucher"

"Il est temps de mettre un terme à ce dossier", à "cette mascarade", a plaidé mercredi matin Olivier d'Antin, l'un des trois avocats de Dominique de Villepin. Poursuivi en appel pour "complicité de dénonciation calomnieuse" dans l'affaire de falsification de fichiers appartenant à la société luxembourgeoise Clearstream, le parquet général a requis lundi à l'encontre de l'ex-Premier ministre une peine de 15 mois de prison avec sursis. "Vous ne manquez pas de moyens, pour qu'enfin on en finisse avec cette affaire", a-t-il dit aux trois magistrates de la cour. "Votre rôle, c'est d'y mettre un terme, par une relaxe franche et sans équivoque".
Car "votre robe, ce n'est pas le tablier de boucher", a-t-il ajouté, en faisant référence aux propos prêtés à Nicolas Sarkozy qui avait promis de pendre les coupables de la machination "à un croc de boucher". Pour le parquet général, Dominique de Villepin était au courant de la fausseté des listings dès juillet 2004 et aurait donc pu stopper Jean-Louis Gergorin, qui répandait la calomnie. Selon l'accusation, a résumé Me D'Antin, Dominique de Villepin aurait été "un dissimulateur passif": il "se serait délibérément abstenu d'intervenir auprès de Jean-Louis Gergorin" et l'aurait "encouragé tacitement (...) afin de nuire à son rival, Nicolas Sarkozy". "Je suis persuadé, a-t-il plaidé, que la cour ne sera pas convaincue par cette fable".

"Non seulement il
(Villepin) n'a pas été passif, mais il a été plutôt plus actif que les autres", a dénoncé l'avocat. En juillet 2004, lorsqu'il commence à douter de la véracité des listings, Dominique de Villepin, qui est alors ministre de l'Intérieur, "a saisi la DST", a rappelé Me D'Antin, et en averti les autres ministères concernés. "Vous avez un ministère qui fait quelque chose et l'autre (celui de la Défense, dirigé par Alliot-Marie ndlr) qui ne fait rien!", s'est indigné l'avocat.
"82% de parties civiles satisfaites, c'est mieux que les sondages"
"Je vous demande de relaxer M. Dominique de Villepin. Je suis confiant, je sais que vous le ferez",
a abondé son confrère Me
Luc Brossollet. Quant au troisième conseil de Dominique de Villepin, Me Olivier Metzner, il a rappelé à la cour que seules neuf parties civiles - dont la plupart peu crédibles - sur quarante-cinq, soit 18%, ont fait appel contre Dominique de Villepin, relaxé en première instance. Lundi, a dénoncé l'avocat, le parquet général, qui a requis 15 mois de prison avec sursis contre Dominique de Villepin, a dit parler "au nom des victimes", mais il voulait en fait parler "au nom d'une victime", Nicolas Sarkozy. Car 82% de parties civiles qui se satisfont du jugement de première instance, "ça s'impose, c'est mieux que les sondages".
L'affaire Clearstream est un vaste dossier de dénonciation calomnieuse, dans lequel des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés sur des listings bancaires afin de les discréditer.

Clearstream : la défense de Villepin à la manoeuvre

Deux jours après le réquisitoire, où l'avocat général a réclamé 15 mois avec sursis contre Dominique de Villepin poursuivi pour complicité dans l'affaire Clearstream, la défense de l'ancien Premier ministre va tenter ce mercredi de torpiller les accusations qui pèsent contre son client.
Lundi, deux avocats généraux se sont relayés durant cinq heures pour convaincre la cour d'appel de Paris que Dominique de Villepin, qui a été relaxé en première instance, était coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse" dans l'affaire Clearstream. Si la peine requise a été plus clémente qu'en première instance - en 2009, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, avait requis 18 mois avec sursis et 45.000 euros d'amende - l'analyse du ministère public n'a pas bougé d'un iota.
Gergorin- Lahoud, "un duo infernal"
Pour l'avocat général Jean-Louis Perol, Dominique de Villepin est "complice par abstention": il aurait dû dès juillet 2004 stopper Jean-Louis Gergorin, l'instigateur de la machination qui a consisté à ajouter des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires afin de les discréditer. En effet, pour le parquet général, le ministre savait alors que les listings étaient faux et auraient dû les dénoncer. Une thèse que dément vigoureusement Dominique de Villepin.
Après les conseils de Dominique de Villepin - Mes Olivier Metzner, Olivier D'Antin et Luc Brossollet - mercredi matin, viendra le tour de la défense de Jean-Louis Gergorin, mercredi après-midi, et d'Imad Lahoud, jeudi après-midi. Le parquet général a requis 30 mois d'emprisonnement, dont un an ferme, contre l'ancien vice-président d'EADS, et 30 mois de prison, dont 15 mois ferme, à l'encontre du mathématicien. Une peine d'amende de 45.000 euros a également été requise contre les deux hommes.
Ces peines sont très légèrement inférieures à celles requises en première instance. Si dans son réquisitoire, le ministère public a estimé que le cerveau de la manipulation était indéniablement Jean-Louis Gergorin, il a décrit les deux hommes comme "un duo infernal". "Sans l'un et sans l'autre, pas de dossier Clearstream", a-t-il résumé, en s'employant à réduire l'écart des peines requises contre les deux prévenus. Le 28 janvier 2010, Dominique de Villepin avait été relaxé, tandis que Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud avaient été condamnés à respectivement 15 et 18 mois de prison ferme, assortis pour chacun d'une amende de 40.000 euros. La décision sera mise en délibéré jeudi soir. Elle est attendue à l'automne.

lundi 23 mai 2011

Procès Clearstream en appel : 15 mois avec sursis requis contre Villepin

Quinze mois de prison avec sursis ont été requis ce soir devant la cour d'appel de Paris à l'encontre de Dominique de Villepin, soupçonné de "complicité de dénonciation calomnieuse" dans l'affaire Clearstream, contre 18 mois avec sursis et 45.000 euros d'amende requis lors du premier procès.
L'ancien premier ministre a aussitôt accusé Nicolas Sarkozy d'avoir inspiré ces réquisitions du parquet général. Il s'exprimait devant les journalistes après un réquisitoire de six heures prononcé au terme de ce procès portant sur une manipulation avec de fausses listes de comptes bancaires, à laquelle on lui reproche d'avoir participé.
"Tout ceci serait incompréhensible si on oublait que le ministère public est représentant du garde des Sceaux placé lui-même sous l'autorité du président de la République Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté. "Vous me permettrez en ces circonstances de vous réaffirmer mon souci de me battre pour la justice, la vérité mais bien plus ma détermination à combattre au service des Français", a-t-il conclu.

«Sans Gergorin, il n'y aurait pas d'affaire Clearstream»

Trente mois d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis, ainsi que 45.000 euros d'amende ont par ailleurs été requis contre l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin. "Sans Gergorin, il n'y aurait pas d'affaire Clearstream", a lancé l'avocat général Dominique Gaillardot, en l'accusant d'être "à l'origine de la manipulation".
Jean-Louis Gergorin est poursuivi pour dénonciation calomnieuse. Il a reconnu avoir envoyé à la justice les listings de comptes de la chambre de compensation luxembourgeoise. Or ces fichiers avaient été falsifiés pour qu'y apparaissent les noms de personnalités des mondes industriel et politique.
Dans son réquisitoire, l'avocat général Dominique Gaillardot a avancé qu'il s'était livré à ces manipulations afin de déstabiliser au sein d'EADS les responsables qui ne partageaient pas sa vision de l'avenir du groupe. Le taxant de "volonté de nuisance hors du commun", il a asséné: "au-delà de la mauvaise foi, il y a une véritable volonté de nuire, de salir, de dénoncer, de calomnier". En première instance, l'ex-vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin avait été condamné à trois ans de prison, dont 15 mois ferme, et 40.000 euros d'amende.

Trente mois d'emprisonnement, dont 15 mois avec sursis, ainsi que 45.000 euros d'amende ont été requis contre le mathématicien Imad Lahoud. Il est accusé d'avoir falsifié les listes de comptes de la chambre de compensation luxembourgeoise de façon à impliquer des industriels et des politiques.
Durant son réquisitoire, l'avocat général Dominique Gaillardot a souligné qu'Imad Lahoud avait une telle "propension à mentir" qu'il avait été qualifié d'"escroc" par plusieurs services de renseignement. "Sans lui, les fichiers n'auraient pas été récupérés, ils n'auraient pas été manipulés, ils n'auraient pas été transmis", a lancé l'avocat général.
En première instance, l'ancien informaticien avait été condamné à 18 mois ferme et 40.000 euros d'amende.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/05/23/97001-20110523FILWWW00637-proces-clearstream-en-appel-15-mois-avec-sursis-requis-contre-dominique-de-villepin.php

Procès Clearstream en direct: Gergorin et Lahoud face à leur réquisitoire

L'accusation prend la parole ce lundi après-midi ...
15h58 : pour le procureur général, le passé judiciaire d'Imad Lahoud aurait "dû justifier de la prudence ou au moins de la défiance" de la part de Jean-Louis Gergorin.
15h38 : "Jean-Louis Gergorin a pris, seul, l'initiative" des envois de listings au juge Van Ruymbecke, selon le parquet général.
15h35 : Villepin s'ennuie
L'ancien Premier ministre regarde sa montre. Il faut dire que le réquisitoire contre Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin a commencé il y a plus d'une heure! Une journaliste glisse: "Il y a plus de réactions lorsqu'une fenêtre claque qu'en raison du réquisitoire".
15h28 : Pour le parquet général, Jean-Louis Gergorin n'a procédé à "aucune vérification des listings" et a, au contraire, toujours "avancé la fiabilité de sa source".
15h06: Le parquet souligne la propension chez Imad Lahoud "à être impliqué dans des opérations crapuleuses". "Nous avons affaire à un escroc, un vrai".
15h : Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin concentrés
Les deux prévenus écoutent le réquisitoire contre eux avec attention, en prenant des notes. Ils ne laissent rien transparaître.
14h57: Le parquet met en exergue "la propension inégalée à mentir" d'Imad Lahoud.
14h53: Jean-Louis Gergorin "est bien l'auteur des envois [des listings] à la justice".
14h46: Ils ont "fait preuve de perversité, de capacité manipulatrice" avec les faux listings
14h44: "Comment départager chez Gergorin la raison et la passion?"
14h41 : "Les notes [du général Rondot] ont le mérite d'exister", on ne peut les "rejeter en bloc" affirme le parquet général.

14h30 : Le réquisitoire commence
Le procureur général commence le réquisitoire contre Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin. Celui contre Dominique de Villepin doit suivre.
Après trois semaines de procès, l'accusation va prendre la parole ce lundi après-midi pour demander à la cour d'appel de Paris de condamner Dominique de Villepin qui, selon elle, s'est rendu complice de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream. En première instance, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, était lui-même monté à l'audience pour s'occuper du cas Villepin. Il avait requis contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende.

Relaxé en première instance

Parallèlement, il avait requis deux ans de prison, dont 18 mois ferme, à l'encontre du mathématicien Imad Lahoud et trois ans de prison, dont 18 mois ferme, à l'encontre de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, ainsi que 45.000 euros d'amende à l'encontre des deux hommes. Le 28 janvier 2010, Dominique de Villepin avait finalement été relaxé, tandis que Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud avaient été condamnés à respectivement 15 et 18 mois de prison ferme, assortis pour chacun d'une amende de 40.000 euros.
L'affaire Clearstream est une vaste affaire de dénonciation calomnieuse au cours de laquelle des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés sur des listings bancaires afin de faire croire qu'ils trempaient dans de sombres affaires de corruption. Pour le parquet général, Dominique de Villepin était au courant de la fausseté des listings dès juillet 2004 et aurait donc pu mettre fin à la calomnie. Le ministère public, qui a fait appel de la relaxe de l'ancien Premier ministre, estime qu'il doit être condamné pour «complicité par abstention». Mais si la «complicité de dénonciation calomnieuse» existe bel et bien dans le code pénal, la «complicité par abstention» n'est qu'un concept juridique que la cour d'appel a toute liberté de suivre ou non.

Pas au courant, selon ses avocats

Mercredi matin, ce seront les avocats de Dominique de Villepin, Olivier Metzner, Luc Brossollet et Olivier D'Antin, qui prendront la relève et tenteront de gagner la cour à leur cause. Selon eux, Dominique de Villepin n'était pas au courant de la falsification des listings, et même si c'était le cas, leur client ne peut être condamné pour n'avoir «pas fait» quelque chose.
Mercredi après-midi et jeudi après-midi viendra le tour des avocats de Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud. Ils attendent le réquisitoire de lundi pour déterminer qui prendra la parole en premier. Lors des procès, il est d'usage que plaide en dernier celui contre lequel le ministère public a requis la plus forte peine. Jeudi soir, la cour d'appel, présidée par Christiane Beauquis, devrait annoncer la date à laquelle elle rendra sa décision, probablement aux mois de septembre ou octobre.
Suivez le procès en direct en cliquant sur ce lien......  http://www.20minutes.fr/article/728504/proces-clearstream-direct-gergorin-lahoud-face-requisitoire

Le procès Clearstream dans sa dernière semaine

Après s´être focalisés sur le rôle de l´ancien Premier ministre, les débats se sont recentrés la semaine dernière sur celui du mathématicien Imad Lahoud et de l´ancien haut responsable d´EADS Jean-Louis Gergorin.
Tous deux reconnaissent avoir participé à la dénonciation calomnieuse qui a consisté à ajouter des noms, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires afin de les discréditer. Seulement, les deux hommes se rejettent la paternité du complot. Quand Jean-Louis Gergorin dit avoir été manipulé par Imad Lahoud, celui-ci affirme n´avoir fait qu´obéir à ses ordres.
La semaine dernière, les parties civiles se sont succédé pour accuser les deux prévenus en des termes très durs. Ainsi, M e William Bourdon, l´avocat du consultant François Gontier, a dénoncé le « délire » d´Imad Lahoud, ainsi que « ses petites vengeances privées et nauséabondes », tandis que d´autres, plus nombreux, ont crucifié Jean-Louis Gergorin, le seul, d´après un avocat, « à avoir le profil pour monter une opération de cette ampleur ».
Mais, tous, sans exception, ont répété qu´ils ne reprochaient rien à Dominique de Villepin, relaxé en première instance, qui, selon eux, n´a été qu´un « pion » dans cette histoire.

Dominique de Villepin en première ligne

En première instance, Nicolas Sarkozy, qui était alors partie civile, avait ciblé ses attaques sur l´ancien diplomate, son avocat, M e Thierry Herzog, allant jusqu´à en faire « l´instigateur » du complot. Quelques parties civiles, proches du chef de l´État, s´étaient jointes à ces accusations. Ainsi de l´ex-numéro 2 des RG et actuel directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini. À l´époque, son avocat, M e Patrick Maisonneuve, avait estimé, dans une plaidoirie aux accents de réquisitoire, que la « responsabilité de M. de Villepin » dans cette affaire lui apparaissait « totalement engagée ».
Mais depuis, la donne a changé, car son client s´est désisté de son appel contre Dominique de Villepin et ne l´a maintenu que contre MM. Lahoud et Gergorin. Jeudi, M e Maisonneuve a donc complètement épargné le prévenu vedette.
Après une semaine de relative tranquillité, le cas Dominique de Villepin devrait renouer dès aujourd’hui avec l´actualité. Après les dernières plaidoiries de parties civiles, ce sera en effet au tour du ministère public de prendre la parole cet après-midi, durant quatre heures environ.
Or, dans ce dossier où l´on reproche au fondateur de République solidaire une complicité de dénonciation calomnieuse, le parquet général est son accusateur principal.
Après le réquisitoire de Dominique Gaillardot à l´encontre de MM. Lahoud et Gergorin, l´avocat général Jean-Louis Perol devrait requérir durant plus d´une heure la condamnation de Dominique de Villepin qui, selon lui, s´est rendu complice « par abstention ». En d´autres termes, le ministre savait que les listings étaient faux et aurait pu stopper la calomnie, ce qu´il n´a pas fait.
Mercredi matin, il reviendra aux avocats de Dominique de Villepin d´éteindre les braises et de convaincre la cour de l´innocence de leur client.
Les conseils d´Imad Lahoud et de Jean-Louis Gergorin prendront la relève jusqu´à jeudi soir. La cour devrait alors mettre sa décision en délibéré à l´automne.
http://www.lalsace.fr/actualite/2011/05/23/le-proces-clearstream-dans-sa-derniere-semaine

jeudi 19 mai 2011

Clearstream : un ancien responsable d'Airbus accuse Gergorin

Philippe Delmas, l'ancien vice-président d'Airbus, a redit mercredi devant la cour d'appel de Paris, sa conviction que Jean-Louis Gergorin, son ancien rival, a monté l'affaire Clearstream en vue de lui nuire, dans un contexte de rivalité industrielle.

"L'affaire Clearstream, c'est la destruction de ma carrière et de ma réputation", a répété Philippe Delmas, dont le nom figure sur les listings bancaires falsifiés, laissant croire qu'il trempait alors dans de sombres affaires de corruption.

Interpellé à l'aéroport de Toulouse-Blagnac le 7 mai 2004, alors qu'il assistait aux cérémonies d'inauguration du site d'assemblage de l'Airbus A380, M. Delmas a été la seule personnalité citée dans les listings Clearstream à avoir été placée en garde à vue par le juge Renaud van Ruymbeke.

A l'époque, a-t-il raconté mercredi, "je sais instantanément que je dois cela à M. Gergorin."

Salir Noël Forgeard

Pour l'ancien haut responsable d'Airbus, Jean-Louis Gergorin souhaitait, en le salissant, causer par ricochet "un préjudice irrécouvrable à M. Forgeard", alors président d'Airbus.

Philippe Delmas faisait alors campagne pour que Noël Forgeard accède à la vice-présidence d'EADS. Il est évident que Jean-Louis Gergorin, qui était un adversaire de M. Forgeard, cherchait à créer "un soupçon important" sur cet homme "qui était mon patron", estime-t-il.

Pour M. Delmas, Jean-Louis Gergorin a une stratégie bien à lui. "Il est toujours dans la contrition, il se dit toujours de bonne foi, et puis il exprime ensuite ses regrets." Avant même l'affaire Clearstream, au sein d'EADS, "j'ai pu mesurer que finalement, il y avait une sorte de résignation un peu fatale sur les errements de M. Gergorin, il en jouait beaucoup. C'était une sorte de Professeur Cosinus."

Pourquoi Jean-Louis Gergorin a-t-il choisi d'aller voir le général Philippe Rondot pour qu'il enquête sur les listings? Réponse de Philippe Delmas: "ce qui l'intéressait dans le général Rondot, c'était sa caution mais pas sa compétence" en informatique ou en finance.

Et puis, lorsque le général Rondot a commencé à avoir des doutes, il a vu qu'il était "temps de changer de monture: le juge van Ruymbeke était une cible idéale". Il lui a donc fait parvenir les listings.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/05/18/1085034-clearstream-un-ancien-responsable-d-airbus-accuse-gergorin.html

mercredi 18 mai 2011

Clearstream: les parties civiles disent leur amertume

Les parties civiles au procès en appel Clearstream ont rappelé mercredi devant la cour d'appel de Paris qu'elles avaient souffert d'une atteinte à leur réputation, tandis que lors du premier procès, Nicolas Sarkozy, lui-même partie civile, avait éclipsé leur amertume.
En première instance, "le prisme politique a fait qu'on ne s'est intéressé qu'à Dominique de Villepin", a regretté Me Jean-Yves Garaud, en débutant mercredi après-midi le ballet des plaidoiries.
"C'est une affaire qui a causé un préjudice exceptionnel tant à l'ordre public qu'à de nombreuses victimes", a-t-il poursuivi, jugeant que l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, avait lui aussi été "instrumentalisé".
En première instance, "les différends entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin ont un peu éludé le vrai débat", a acquiescé Me Jean-Yves Dupeux, qui défend Pierre Martinez, un ancien de Thomson.
Pour les deux conseils, c'est l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, qui est au coeur de tout, un homme d'une intelligence extrême qui a su manipuler "ses pions", d'Imad Lahoud à Dominique de Villepin.
Le client de Me Garaud, Philippe Delmas, avait été interpellé à l'aéroport de Toulouse-Blagnac le 7 mai 2004, alors qu'il assistait aux cérémonies d'inauguration du site d'assemblage de l'Airbus A380. Cet ancien vice-président d'Airbus est la seule personnalité citée dans les listings Clearstream à avoir été placée en garde à vue.
Quelques mois plus tard, on apprenait que les listings avaient été falsifiés afin de faire croire que plusieurs personnes, dont Nicolas Sarkozy, trempaient dans de sombres affaires de corruption.
Pour Me Garaud, Jean-Louis Gergorin est "le seul à avoir le profil pour monter une opération de cette ampleur, le seul à avoir un mobile et à connaître les noms de toutes les victimes".
A ses yeux, "les noms n'ont pas pu être mis dans les listings par M. Lahoud". Car certains sont liés "à des conflits anciens et nécessairement secrets" et Imad Lahoud n'a pu en avoir connaissance, "à moins qu'il n'ait hypnotisé Jean-Louis Gergorin et l'ait fait parler dans son sommeil".
Un point de vue que ne partage pas l'ancien directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, pour qui c'est Imad Lahoud qui est au coeur de la machination, car le mathématicien "met ce que tout le monde a envie d'entendre dans sa forgerie de faussaire".
La plupart des parties civiles ont fait appel uniquement contre MM. Gergorin et Lahoud, condamnés respectivement à 15 et 18 mois de prison ferme pour avoir été à l'origine de la manipulation. En revanche, la quasi-totalité a renoncé à faire appel de la relaxe de Dominique de Villepin.
Taxé en première instance d'"hyper partie civile" par plusieurs autres victimes, Nicolas Sarkozy a renoncé à faire appel. Seul le parquet a maintenu ses accusations contre Dominique de Villepin. Il exposera son point de vue lundi, lors de son réquisitoire.
"Nous avons été pris dans un maelström où il n'y avait qu'une partie civile qui a imposé son agenda au monde judiciaire et au monde politique dans une logique de règlement de compte politique", avait dénoncé dans la matinée Edwy Plenel, en appelant la justice à faire cesser cet "aveuglement".
Suite des plaidoiries des parties civiles jeudi après-midi et lundi matin.
http://lepoint.antisearch.net/cgi-bin/redirect?TYPE=URL&PARAMS=Clearstream%3A+les+parties+civiles+disent+leur+amertume&C=163&X=50&ARG=&AGENT=&CID=&TARGET=http://www.lepoint.fr/content/societe/article?id=1332183

Le général Rondot au procès Clearstream : « Je ne suis pas un berniche ! »

Pour Dominique de Villepin, l'audience d'hier était parsemée d'embûches. Finalement, le général Rondot l'a en partie exonéré, estimant qu'il n'avait pas « comploté » contre Nicolas Sarkozy. Mais il maintient que l'ex-ministre s'est prévalu du Président Chirac pour lui demander d'enquêter sur les listings Clearstream. Et affirme que, dès juillet 2004, il savait que « toute cette affaire était fausse ».

UN BERNICHE. On connaissait la bernache et la bernicle. Voici, introduit en cour d'appel hier à Paris par le général Philippe Rondot, un condensé des deux mots, dont la définition n'a aucun rapport avec un coquillage du littoral Atlantique. On l'apprend grâce au voisin agriculteur de l'officier du Renseignement militaire, désormais retraité dans le Morvan : « Philippe, m'a-t-il dit avant mon départ, à Paris on te prend pour un berniche. C'est l'idiot du village que l'on nourrit d'un brouet et que l'on congédie à coup de pied aux fesses. Eh bien, Madame la présidente, je ne suis pas un berniche ! Je confirme tout ce que j'ai écrit ! » Enoncée avec la raideur et la précision qui caractérisent le général, sa digression par le bocage est un moyen de redire, à la cour et aux 26 avocats présents, qu'il n'a jamais menti. « Je suis un homme d'honneur », répète-t-il à l'envi, menaçant qui en doutera d'un silence définitif. Du reste, à un avocat qui le titillera à la 4e heure d'audition, il éludera par un puéril « je ne vous cause plus ! ».

Voilà de quel bois se chauffe le général Rondot sur qui, depuis sept ans, l'accusation s'appuie pour arracher condamnation des prévenus Villepin, Gergorin et Lahoud. Après chaque réunion, chaque rencontre, il écrivait scrupuleusement les faits portés à sa connaissance et ses impressions : « Je prenais des notes sur des fiches Bristol que, le soir, je reproduisais sur mon journal de marche. » Ses carnets, saisis, sont donc au cœur de l'affaire Clearstream, qu'il qualifie aujourd'hui de « misérable ».

Comme en première instance, il est demandé à l'officier les détails de la réunion du 9 janvier 2004, dite « des conspirateurs ». Au Quai d'Orsay, où M. Rondot a été « convoqué par Dominique de Villepin », locataire du lieu, l'attend aussi Jean-Louis Gergorin. Les deux hommes se sont vus maintes fois depuis octobre 2003 : le vice-président d'EADS détient alors déjà les listings Clearstream et tente d'y intéresser l'officier, qu'il a mis en relation avec Imad Lahoud. Ce 9 janvier, ses verbatim racontent ceci : « Instructions du PR (président de la République) à qui DdeV (Villepin) a rendu compte » ; « fixation sur N. Sarkozy » « compte couplé Sarkozy- Boksa » (en fait Bocsa) » « réelle construction intellectuelle qui accroche DdeV ». A la barre, le général confirme que le nom de l'actuel chef d'Etat « fut évoqué plusieurs fois par M. Gergorin mais je ne suis pas sûr que le ministre ait entendu, le bureau était grand, il était souvent au téléphone ». Philippe Rondot est formel, « cette réunion n'était pas un complot ». Du reste, il ne s'y serait pas prêté : « Dans les services (du renseignement), nous ne sommes pas une bande de voyous rompus aux coups tordus comme on en voit dans le monde politique ! » Il est tout aussi certain que Villepin s'est prévalu de M. Chirac pour lui demander de poursuivre les investigations sur les listings Clearstream. « J'évoquais la moralisation de la vie politique, la corruption internationale », argue l'ancien ministre. Auparavant, il était « d'accord, non pas à 99 %, mais à 100 % avec le général Rondot ». Lequel, courtois mais redoutable, le remet à sa place : « J'ai écrit les verbatim. Ce n'est pas un mezze libanais dans lequel on picore ce qui arrange et on laisse ce qui dérange. »

Il confirme enfin avec aplomb que, dès juillet 2004, il a avisé le Quai d'Orsay et la Défense de la manipulation : « J'ai alerté tout le monde, je leur ai dit : attention, ça ne tient pas ! J'ai mis en garde tout le monde sur les conséquences. » Il n'a pas été écouté, d'où le scandale et les mises en examen.

A 18 h 45, alors que Philippe Rondot tient bon la barre depuis six heures, les juges se penchent sur la garde à vue d'Imad Lahoud. Un mauvais pas dont l'aurait tiré l'officier, sur demande de Villepin (nos éditions du 6 mai). Si le général est sûr de ne pas être intervenu auprès des policiers en faveur de Lahoud, arrêté pour escroquerie, il est également précis en ce qui concerne le ministre des Affaires étrangères : ce dernier l'a appelé pour lui dire, à propos de Lahoud, « voyez ce que vous pouvez faire ». « J'ai dit cela comme ça, riposte le prévenu. En tant que ministre, j'avais l'habitude de dire oui, oui, bon, bon, faites au mieux… »


http://www.lunion.presse.fr/article/francemonde/le-general-rondot-au-proces-clearstream-%C2%AB-je-ne-suis-pas-un-berniche-%C2%BB

mardi 17 mai 2011

Procès Clearstream / Le juge van Ruymbeke défend Jean-Louis Gergorin

Renaud van Ruymbeke a eu de la chance. Au premier procès, son témoignage désastreux avait été suivi par toute la presse. Hier, DSK lui a ravi la vedette. Il a donc pu reconnaître, sans rougir, sa grande « naïveté ».
LA salle d'audience de la cour d'appel de Paris, qui juge depuis le 2 mai le dossier Clearstream, est à moitié vide. Du moins les bancs réservés aux médias, appelés en renfort pour traiter « l'affaire Strauss-Kahn ». Le trio d'avocats de l'autre Dominique, M. de Villepin, s'en frotte les mains. En toute sérénité, leur client peut ainsi raconter qu'il n'a jamais « caché à Nicolas Sarkozy » son enquête sur la raison pour laquelle son état civil complet figurait sur les listings suspects de la chambre de compensation luxembourgeoise. « Il n'y a eu, de ma part, aucune volonté d'occultation ou d'omission de quoi que ce soit », indique l'ancien Premier ministre qui parle de « transparence totale ».
Pour un peu on le croirait, si bien sûr on ignorait tout de l'ire qui secoua son collègue Sarkozy lorsqu'il découvrit les basses manœuvres de Villepin enquêtant pour son propre compte ou pour celui du Président Chirac, ce qui revient au même. À sa décharge, l'ex-patron de la DST (Direction de la surveillance du territoire) corrobore sa version : Pierre de Bousquet de Florian jure que l'enquête a été faite dans les règles mais que, sans preuves obtenues, cela ne servait à rien d'alerter M. Sarkozy. Dominique de Villepin en profite pour enfourcher le cheval de bataille qu'il préfère : d'autres collègues du ministre Sarkozy « étaient au courant » de l'affaire et auraient donc pu le prévenir.
Du fin fond de sa retraite basquaise, Michèle Alliot-Marie doit percevoir en cet instant quelques ondes négatives. Elle n'est pas la seule : l'ex-procureur de Paris, Yves Bot, en prend aussi pour son grade qui, avisé des faits, de la possible manipulation, n'a pas stoppé la machine à temps.
Puis vient le juge Renaud van Ruymbeke, à qui le « corbeau » Gergorin a adressé ses trois missives anonymes. « Tout commence en avril 2004, raconte le magistrat, j'enquête sur l'affaire des frégates de Taïwan. » Il a la certitude que des rétro-commissions ont été versées pour décrocher le marché colossal que représente cette vente par la France. Il évoque les « 500 millions de dollars (qui) se sont évaporés en Suisse », il détaille sa chasse aux pots-de-vin qui bute sur l'impasse du secret défense. « Il y a des morts suspectes dans ce dossier, le climat est très pesant. » Il dit se trouver alors dans une « impasse totale ».
C'est dans ce contexte que le volatile fait entendre son croassement. Jean-Louis Gergorin, directeur de la stratégie d'EADS, qui voit des complots partout, expédie les listings au juge et dénonce l'implication de la mafia russe dans la corruption. M. van Ruymbeke y voit une aubaine. D'autant que, pour lui, le « corbeau » se démasque dans le huis clos du cabinet d'un avocat ami.
S'ensuivent des rencontres secrètes, qui coûteront cher au magistrat : pour n'avoir pas dénoncé son informateur, il fait l'objet de poursuites disciplinaires. Jean-Louis Gergorin lui a promis « du nouveau sur les frégates », donc il se tait. Le vice-président d'EADS « se disait en danger de mort et je croyais en sa bonne foi », indique Van Ruymbeke à ses pairs. « Je le trouvais très brillant, il me paraissait convaincu, même s'il y avait des éléments troublants. » Il ne l'a pas « balancé » parce qu'il avait « donné sa parole ». « Mais oui, convient-il, j'ai été naïf. »
Au moins n'a-t-il pas redit, comme en première instance, qu'il « connaissait peu » le journaliste Denis Robert et qu'il avait « rencontré quelques minutes » seulement Florian Bourges alors que ces deux hommes, l'instruction l'a démontré, l'ont discrètement aidé à mener son enquête.
Mercredi et jeudi, la cour entendra les parties civiles. Le réquisitoire est annoncé lundi prochain.
« Je croyais en la bonne foi de Gergorin »

http://www.google.fr/url?sa=t&source=news&cd=1&ved=0CCkQqQIwAA&url=http%3A%2F%2Fwww.lunion.presse.fr%2Farticle%2Ffrancemonde%2Fproces-clearstream-le-juge-van-ruymbeke-defend-jean-louis-gergorin&ei=ilTSTejePM7m-gaE2Ym5Cg&usg=AFQjCNEHRr0Fdz4o7M_Er5gJWX6rTWu-pg&sig2=GJ71sxMEPUVY0Q0lq5nbmA

Clearstream: le juge van Ruymbeke se fait l'avocat de Jean-Louis Gergorin

Tout comme en première instance, le juge Renaud van Ruymbeke a déclaré lundi, devant la cour d'appel de Paris, qu'il croyait à "la bonne foi" de Jean-Louis Gergorin, soupçonné d'être à l'origine de l'affaire Clearstream.
"Tout commence en avril 2004", raconte le juge d'instruction qui enquêtait alors sur le dossier des frégates de Taïwan, où "500 millions de dollars se sont évaporés en Suisse", sous forme de pots-de-vin.  "Le climat est très lourd" dans ce dossier "car il y a des morts suspectes, (...), l'impasse est totale."
Via un avocat, Me Thibault de Montbrial, Jean-Louis Gergorin entre en contact avec le magistrat, auquel il promet du nouveau sur les frégates.
Le vice-président d'EADS se dit alors "en danger de mort. Ce que je peux comprendre", ajoute le juge.
Suivent alors trois rencontres secrètes chez l'avocat, durant lesquelles Jean-Louis Gergorin va lui parler "de comptes-miroirs". Ensuite, il lui fera parvenir quatre courriers anonymes, assortis de listings bancaires.
"Je l'ai trouvé extrêmement brillant, intellectuellement", rapporte Renaud van Ruymbeke, qui fait l'objet de poursuites disciplinaires depuis cette affaire. On lui reproche notamment d'avoir tu l'identité du corbeau.
"Je sentais bien qu'il y avait des éléments troublants" dans les listings, reconnaît le magistrat, mais "il m'a paru très convaincu".
"J'ai été naïf, oui, a-t-il reconnu, mais sur le plan purement rationnel, pourquoi M. Gergorin aurait exigé de me rencontrer et m'aurait adressé des listings avec des numéros de compte dont je vais pouvoir vérifier la fausseté ou la véracité? Il faut être fou! (...) Si quelqu'un vous mène en bateau, il ne va pas se montrer", il ne va pas donner les arguments "pour se faire fouetter".
Et s'il ne l'a pas dénoncé, c'est pour respecter "la foi du Palais", car il s'était engagé, auprès de son avocat, à préserver son anonymat.
Dans la matinée, l'ancien responsable de l'Intelligence économique, Alain Juillet avait témoigné que "par moments, Jean-Louis Gergorin n'était pas rationnel". "Comme dirait mes enfants, il avait pété un câble".
La cour devra déterminer si l'énarque s'est laissé embarquer par le mathématicien Imad Lahoud ou s'il a lui-même fait ajouter sur les listings Clearstream des noms, dont celui de
, afin de les discréditer.
http://www.leparisien.fr/dsk-la-chute/en-direct-dsk-est-maintenu-en-detention-16-05-2011-1451417.php

lundi 16 mai 2011

Clearstream : place aux témoins

Après avoir longuement interrogé les trois prévenus de l'affaire Clearstream, la cour d'appel de Paris va entendre à partir de ce lundi trois témoins importants, dont l'ancien patron de la DST Pierre de Bousquet de Florian et le juge d'instruction Renaud van Ruymbeke.
L'audience de ce lundi va être la dernière occasion pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le mathématicien Imad Lahoud et l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, d'exposer leurs idées ou de contester les accusations qui sont portées contre eux. C'est en effet la dernière journée où la cour d'appel de Paris, présidée par Christiane Beauquis, décortiquera la dénonciation calomnieuse qui consista en 2003-2004 à ajouter des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, sur des listings bancaires, afin de faire croire qu'elles trempaient dans de sombres affaires mafieuses.
Le ballet des parties civiles
Après avoir consacré deux jours au témoignage du général Philippe Rondot, la cour d'appel entendra dans la matinée Alain Juillet, qui fut haut responsable de l'intelligence économique auprès du gouvernement sous l'autorité de Dominique de Villepin, puis l'ancien patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian. Dans l'après-midi, le juge Renaud van Ruymbeke prendra la relève. Contacté en avril 2004 par Jean-Louis Gergorin, il avait ensuite reçu plusieurs envois anonymes, qu'il savait venir de l'industriel, où figuraient les fameux listings falsifiés, ainsi que des courriers dénonçant un vaste complot international.
Le juge avait alors placé en garde à vue Philippe Delmas, un responsable d'Airbus rival de Jean-Louis Gergorin dont le nom figurait dans les listings. Mais bien vite, le magistrat instructeur avait lâché l'affaire, réalisant que les listings n'étaient qu'une supercherie.
Mercredi matin débutera le ballet des parties civiles, avec l'audition notamment de Philippe Delmas, ainsi que du journaliste Edwy Plenel et du magistrat Gilbert Flam. Le reste de la journée, ainsi que jeudi après-midi, seront consacrées aux plaidoiries des parties civiles.
Réquisitoire prévu le 23 mai. Fin du procès le 26 mai

vendredi 13 mai 2011

Clearstream : quand Villepin s'emporte

Le général Philippe Rondot a continué jeudi à décortiquer face à la cour d'appel de Paris les carnets où il a consigné les épisodes-clés de l'affaire Clearstream, mettant une nouvelle fois à rude épreuve la défense de Dominique de Villepin qui a fini par sortir de ses gonds. L'ancien agent de renseignement a troqué son costume anthracite contre l'ensemble kaki qu'il avait étrenné en première instance. Si la tenue a changé, l'aplomb est resté le même. Le militaire, qui a enquêté sur l'affaire Clearstream, a réaffirmé avoir eu connaissance de la falsification des listings dès juillet 2004 et en avoir averti immédiatement l'ancien Premier ministre. Ce que nie Dominique de Villepin. Ce point est central pour l'accusation qui affirme que le prévenu, alerté de la calomnie, aurait pu y mettre fin.
A cette époque, l'officier rentre de Suisse où les autorités viennent d'opérer des vérifications qui l'ont convaincu que les listings ont été falsifiés et que certains noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, y ont été ajoutés pour les discréditer. Le 19 juillet 2004, lors d'une réunion au ministère de l'Intérieur, "j'informe Dominique de Villepin de la certitude, j'insiste sur ce mot, que nous avons Philippe Marland (le directeur de cabinet de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, ndlr) et moi-même de la fausseté des listings", assène le général Rondot. Dans une note qu'il a rédigée juste après, l'officier écrit : "Mes vérifications ne sont pas venues étayer la thèse de Jean-Louis Gergorin. Mes doutes et interrogations demeurent". Plus loin, il cite une remarque qu'aurait eue alors Dominique de Villepin: "Si nous apparaissons, le PR (le président de la République, ndlr) et moi, nous sautons". Philippe Rondot a redit jeudi, mais cette fois avec une indéboulonnable assurance, qu'il était alors convaincu que "les listings étaient faux". "Mes doutes et interrogations concernent seulement l'origine du montage et comment ça s'est passé."

"Farfelues"

Pour Dominique de Villepin, c'en est trop. Lui, qui depuis mercredi redoublait de courtoisie à l'égard du général, sort de ses gonds. "Moi, je veux bien qu'on fasse des hypothèses, tonne-t-il, mais ce n'est absolument pas ce qui est dit" dans les notes du militaire. Ces déclarations sont "farfelues". "Est-ce que j'aurais saisi le général Rondot si j'étais au courant de la fausseté des listings?! (...) Je ne sais toujours pas aujourd'hui ce qu'on me reproche. Comme ministre, j'ai obéi à des principes et je n'y ai jamais dérogé!" Il se rassoit. Solennel. La salle fait silence. Imperturbable, le général Rondot reprend sa place derrière le pupitre. "Bon, je poursuis..."

Quelques minutes plus tard, l'ancien diplomate repart à l'assaut pour contester la citation qui lui est attribuée sur le président et lui-même qui "sauteraient", semble-t-il si on apprenait leur rôle dans la dénonciation calomnieuse. Il la reconnaît mais en modifie l'interprétation. C'est qu'à l'époque, rappelle-t-il, "il y a des gens dans Paris qui disent que c'est le président de la République et Dominique de Villepin qui sont les responsables d'une manipulation. (...) Mes inquiétudes, elles sont politiques et médiatiques, au vu de ce qui circule car nous savons que Nicolas Sarkozy et son entourage désignent" des responsables. "Il y a eu dès l'origine l'impression qu'il y avait des coupables, le président de la République et moi-même". Le général Rondot aurait mal compris, car "la prise de notes est un exercice difficile. Il notait à la volée, sur son ventre, ça peut parfois conduire à différentes interprétations", dit Dominique de Villepin, qui immédiatement rassure en un large sourire: "je vous dis cela avec tout le respect que je porte au talent du général Rondot"

http://lci.tf1.fr/france/justice/clearstream-quand-villepin-s-emporte-6471529.html

mercredi 11 mai 2011

Procès Clearstream en direct: Pour de Villepin et Rondot, il n'y a pas eu de complot

L'audience de ce mercredi est consacrée aux témoins. Parmi les témoins clefs, doit notamment parler le général Rondot...
16h53: Le général Rondot reprend son témoignageLe 17 juillet 2004, le général Rondot acquiert la conviction que les listings sont faux. Sa rencontre avec les services suisses a été déterminante, déclare-t-il.
16h45: La séance reprend
16h40: Le journaliste Edwy Plenel discute juste devant l'entrée de la salle de la cour d'appelMitraillé par les flashs, Dominique de Villepin entre dans la salle
16h29: La séance est interrompue pendant dix minutes.
16h25: Il n'y a pas que les gendarmes qui s'ennuient, Dominique de Villepin regarde les mouches voler. Son fils est dans la salle, il suit depuis le début de la journée la succession des témoignages.
16h15: Des avocats rentrent dans la salle. Il y a un qui fait manifestement des UV, il est orange.
16h09: «C’est une affaire d’Etat, mais cela ne veut pas dire que je suis un général d’Etat» répond le général à un avocat d’Imad Lahoud qui l’attaque. Rires dans la salle.

15h53: Les gendarmes s'ennuient...Sur les côtés et près des portes battantes, les gendarmes s'ennuient, regardent au plafond. Il n'y a pas toujours autant d'action qu'avant la suspension de séance, en fin de matinée, avec deux énergumènes éjectés hors de la salle.
15h50: Dans les carnets du général, se trouvent à plusieurs reprises le nom de Nicolas Sarkozy
«Jean-Louis Gergorin a parlé plusieurs fois de Nicolas Sarkozy, et c’est pourquoi c’est écrit dans mes documents "fixation sur Sarkozy"», ajoute le général.

15h47: L'avocat général dit que les carnets du général Rondot sont des documents de qualité. Il affirme croire en la véracité de ces documents.

15h35: On s'énerve à propos d'un mot écrit par le général Rondot dans ses carnets. Le mot en question: «Réelle» ou belle». Les avocats s'agitent un peu, la présidente souligne que c'est «belle». La phrase: «Une belle construction de Jean-Louis Gergorin»
15h33: «La théorie du complot est obsessionelle pour Jean-Louis Gergorin», appuie le général
15h31: Dominique de Villepin élève le tonAu cours de la réunion du 9 janvier 2004 au Quai d'Orsay avec Gergorin et Rondot, de Villepin souligne que l'entretien "n'a pas une réunion de comploteurs", et que la DGSE n'a pas été contactée. Il insiste sur le fait qu'il n'a pas mis en garde par le général Rondot

15h30: Dominique de Villepin souligne que le général Rondot n'a pas voulu parler à sa ministre de la DéfenseDominique de Villepin insiste sur le fait qu'il ne pouvait être au courant de quoi que ce soit.
15h17: Pourquoi ne m'a-t-on pas répondu, pourquoi ne m'a-t-on pas donné de suite? interroge le général Rondot à propos de son travail sur les listings.
15h11: Dominique de Villepin conteste les propos du général RondotIl conteste la "direction des instructions". Le président de la République lui aurait donné des instructions à lui, et à lui seul. Les instructions du Président, dit de Villepin, ce serait la moralisation de la vie internationale, l'évitement des manipulations
15h09: La présidente souligne que le témoignage du général est en contradiction avec celui de de Villepin
15h08: Le président de la République aurait donné des instructions dans cette affaire, selon RondotLe général parle d'affaire d'Etat dans cette histoire
15h03: Lahoud est à la source de toute l'affaire, selon le général Rondot«Imad Lahoud a été à la source, Jean-Louis Gergorin est entré dans le jeu, je pense de bonne foi. Jamais de Villepin ne m'a fait état de la présence du patronyme de Nicolas Sarkozy dans ce listing. Jamais il ne m'a demandé de faire un coup (...) Maintenant je suis un militaire. L'honneur, le mien, a été touché. Je répondrai à toutes les questions, sauf celles qui mettent en cause mon honneur»
15h02: Silence de mort dans la salle, la cour est accrochée au témoignage du général Rondot
14h56: Le général met en cause de VillepinEn juillet 2004, il se rend en Suisse sur demande de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Il rencontre divers services, qui lui disent que l'affaire des listings paraît peu sérieuse. Il en rend compte à la ministre. Alors «commence l’effervescence médiatique», déclare le militaire. Il se rapproche de la DST, et acquiert la certitude que l'affaire est fausse. Il met ensuite «tout le monde» au courant, dont Dominique de Villepin, qui lui dirait que si cette information est connue "le Président et moi nous sautons", aurait dit de Villepin.
Suivez le procès en direct en cliquant sure ce lien......  http://www.20minutes.fr/article/721905/proces-clearstream-direct-villepin-rondot-complot

Clearstream: le général Rondot croit à la sincérité de Gergorin

Le général Philippe Rondot, entendu mercredi comme témoin au procès en appel de l'affaire Clearstream, a déclaré croire à la "sincérité" de Jean-Louis Gergorin et qualifié Imad Lahoud "d'escroc aux renseignements".
Le général, ancien conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) auprès du ministre de la Défense, est un personnage clef de ce dossier. Ses notes et verbatim relatifs à l'affaire Clearstream ont été saisis au cours de l'enquête.
"J'ai été traité de scribe, j'accepte le terme", a déclaré, amer, le militaire, âgé de 74 ans. Il a expliqué avoir noté ses faits et gestes dans un journal de marche qu'il a depuis détruit. Les documents saisis à son domicile étaient destinés au service historique du ministère de la Défense.
Dans une métaphore culinaire, le général Rondot a comparé ses verbatim au mezze libanais, composé de différents plats où chacun "picore" ce qui lui plaît. Dans ses verbatim, "on a piqué ce qui arrangeait", a-t-il relevé.
Un agent de renseignement, s'il est pris en territoire ennemi, est préparé à subir les pires interrogatoires. Mais face à des juges, dont il ignorait les procédés, il lui est "arrivé de commettre des erreurs sur les dates et les noms", a-t-il indiqué à la cour.
Homme de la "vieille école", le général Rondot est habitué à "traiter" des sources. Concernant l'ancien haut responsable d'EADS, Jean-Louis Gergorin, au coeur de la dénonciation calomnieuse, il a déclaré croire "en sa sincérité" malgré sa "nature débordante, fantasmagorique".
Jean-Louis Gergorin a toujours déclaré avoir transmis les listings Clearstream à la justice car il croyait à l'existence d'un complot international contre des intérêts français. Les données lui étaient fournies par Imad Lahoud, qualifié "d'escroc aux renseignements" par le général Rondot stigmatisant ses "mensonges".
Le militaire a réfuté les "critiques" qu'il a pu subir comme officier de renseignement. "Je récuse les commentaires des personnes qui n'ont pour seules lectures qu'OSS 117 et James Bond".
Le général Rondot a lancé une petite pique à Dominique de Villepin qui, lors d'une précédente audience, avait critiqué sa manière de conduire une affaire avec une seule source.
"Sans vouloir jeter une pierre", a-t-il débuté, il a rappelé que Dominique de Villepin avait monté en 2003 une opération de libération d'Ingrid Bettencourt, alors détenue par les FARC en Colombie, sur la foi d'une seule source selon le général.
Les débats se poursuivaient dans l'après-midi.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110511.FAP8212/clearstream-le-general-rondot-croit-a-la-sincerite-de-gergorin.html