L'ex-dirigeant nationaliste Alain Orsoni, son fils Guy et leurs neuf coaccusés ont nié lundi toute implication dans une supposée "guerre des clans" en Corse.
Une accusation qui leur vaut d'être jugés -avec des degrés d'implication divers- devant les assises des Bouches-du-Rhône pour deux assassinats et une tentative, commis en Corse en 2009.
"On dit tellement de choses sur moi..." soupire, devant le président Patrick Vogt, Alain Orsoni, 60 ans, en veste bleu marine sur un polo noir.
"Vous pouvez compter sur moi pour tout vous dire"
Très à l'aise, l'ancien président du club de foot de l'AC Ajaccio assure: "Vous pouvez compter sur moi pour tout vous dire, y compris des choses que certains n'ont pas envie d'entendre."
Du reste, il reconnaît -comme il l'a toujours fait- être l'auteur d'une lettre de menaces retrouvée chez Thierry Castola, assassiné en janvier 2009.
Alain Orsoni refuse alors de rembourser une somme que lui réclame Thierry Castola, au motif qu'il le soupçonne, comme son frère Francis, de vouloir les tuer, lui et son fils.
"Le gibier n'a pas l'habitude de payer les cartouches du chasseur qui veut le tuer", écrit-il dans sa lettre lue par le président.
"S'il le faut, j'éliminerai la race", conclut Alain Orsoni dans ce courrier "écrit sous le coup de la colère", assure-t-il.
Dès sa première audition après l'assassinat de Thierry Castola, Alain Orsoni évoque ce courrier, affirme-t-il au président, en gage de bonne foi: "Je n'imaginais pas un instant qu'on puisse me soupçonner ou soupçonner mon fils", lance-t-il.
Pour l'accusation, l'assassinat de Thierry Castola, celui, trois semaines plus tard, de Sabri Brahimi, puis la tentative d'assassinat de Francis Castola s'inscrivent pourtant dans une "guerre des clans" sévissant sur l'île à cette époque.
Les attaques visant ces trois hommes, proches de la bande du "Petit Bar", du nom d'un café d'Ajaccio, seraient la réponse du "clan Orsoni" à un complot visant à tuer Alain Orsoni, déjoué à l'été 2008.
Guy, 30 ans, chemise claire sur carrure musclée, comparaît détenu, comme trois autres co-accusés.
Pour l'accusation, c'est lui qui a mené les expéditions visant Thierry Castola et Sabri Brahimi.
"Ce que je veux dire, c'est ce que je dis depuis des années, je suis totalement innocent de ces faits", affirme-t-il devant la cour.
"Aujourd'hui, j'ai de l'espoir, j'espère faire valoir mon innocence", assure-t-il.
"J'avais peur pour ma sécurité"
Tour à tour, tous les autres accusés adoptent la même attitude.
Si certains reconnaissent des faits annexes pour lesquels ils sont poursuivis -la destruction d'une caméra de surveillance ou des ports d'armes pour certains-, tous nient farouchement avoir participé à une quelconque association de malfaiteurs cherchant à éliminer le "clan" Castola ou plus largement les proches du "Petit Bar".
"J'avais peur pour ma sécurité", explique Jean-Baptiste Ottavi, poursuivi notamment pour l'assassinat de Thierry Castola et infraction à la législation sur les armes.
"J'ai été mis en cause dans des dossiers d'assassinat... J'étais innocent mais on ne sait jamais", dit-il sous-entendant qu'il craignait de possibles représailles.
Le procès des 11 hommes, âgés de 26 à 60 ans, qui s'est ouvert dans un palais de justice protégé par un important dispositif policier, doit durer jusqu'à début juillet.
Alain Orsoni encourt 3 ans de prison.
Son fils Guy et six autres co-accusés, poursuivis pour assassinat ou tentative d'assassinat, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Deux hommes poursuivis pour association de malfaiteurs risquent 10 ans de prison, et un dernier, jugé pour la destruction d'une caméra de la police, 2 ans
http://www.nicematin.com/derniere-minute/guerre-des-clans-en-corse-les-orsoni-pere-et-fils-clament-leur-innocence.2210311.html
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
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mardi 12 mai 2015
samedi 9 mai 2015
"Guerre des clans" en Corse: Alain et Guy Orsoni devant les assises
Onze personnes dont l'ex-dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, poursuivi pour menaces de mort, et son fils Guy, accusé de deux assassinats commis en 2009 en Corse, comparaissent à partir de lundi devant les assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence.
Ce procès qui illustre, selon l'accusation, la "guerre des clans" sévissant sur l'île à cette époque, est prévu pour durer jusqu'à début juillet.
Tous les accusés nient les faits qui leur sont reprochés, même si Alain Orsoni a reconnu avoir écrit la lettre menaçante retrouvée chez l'une des victimes. Mais aux yeux de celui qui se dit "l'objet de beaucoup de fantasmes", rien n'accrédite l'idée d'une "guerre de clans" l'opposant aux Castola, et, plus généralement, aux proches de la "bande du Petit Bar".
Le 3 janvier 2009, Thierry Castola est abattu en sortant d'un bar de Bastelicaccia, à quelques kilomètres d'Ajaccio. Le 29 janvier, Sabri Brahimi est à son tour tué à Ajaccio par des hommes à moto.
Et le 22 juin 2009, c'est Francis Castola, le frère de Thierry, qui est blessé par des coups de feu alors qu'il circule en moto près d'Ajaccio.
Point commun entre ces hommes, selon les enquêteurs: être des membres ou des proches de la "bande du Petit Bar", du nom d'un café d'Ajaccio où se réunissaient ces malfaiteurs présumés.
Assez rapidement, des renseignements anonymes vont conduire les enquêteurs sur la piste de Guy Orsoni et de certains de ses proches, accusés d'avoir perpétré les deux homicides.
Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 30 ans, est le fils d'Alain Orsoni, 60 ans, ex-dirigeant du Mouvement pour l'autodétermination (MPA), né de l'éclatement du FNLC au tournant des années 1990.
En 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste, Alain Orsoni avait quitté la Corse. Pendant cette période d'exil qui durera 13 ans, il vit notamment au Nicaragua où il crée, selon les enquêteurs, une société de jeux avec de l'argent emprunté à Francis Castola père, dont il est longtemps très proche.
Conflit financier
Peu après son retour en Corse en 2008, où il prend la tête du club de foot de l'AC Ajaccio - qu'il a abandonnée en mars 2015-, un projet d'assassinat le visant est déjoué par la police à l'été 2008.
Dans cette affaire, six hommes, dont des proches de la bande du "Petit Bar", sont condamnés en 2011.
Ils auraient voulu venger l'assassinat d'Ange-Marie Michelosi, considéré comme "l'héritier" de "Jean-Jé" Colonna, parrain présumé du sud de l'île, mort accidentellement en 2006.
L'assassinat de Thierry Castola, puis celui de Sabri Brahimi et la tentative visant Francis Castola seraient, selon l'accusation, la réponse du "clan Orsoni", initiée par Guy, à cette tentative d'assassinat visant Alain Orsoni.
A ce mobile, toujours selon l'accusation, s'ajouterait un conflit financier entre les fils Castola et Alain Orsoni à qui Thierry aurait demandé le remboursement des sommes avancées au Nicaragua par leur père, assassiné lui aussi en mars 2005.
Cette demande de remboursement aurait motivé la lettre menaçante adressée par Alain Orsoni à Thierry Castola dans laquelle il explique qu'il ne veut pas payer des gens qui cherchent à le tuer.
Ecrite sous le coup de la colère, a-t-il assuré aux enquêteurs, elle lui vaut de comparaître devant la cour d'assises.
Un temps poursuivi pour complicité dans l'assassinat de Thierry Castola, il avait finalement obtenu un non-lieu.
Son fils Guy et deux proches, David Taddei et Jérémy Capitta, sont en revanche poursuivis pour les assassinats en bande organisée de Thierry Castola et de Sabri Brahimi.
Un quatrième homme, Jean-Baptiste Ottavi, est aussi poursuivi pour l'assassinat de Thierry Castola. Guy Orsoni et Jérémy Capitta avaient en revanche obtenu un non-lieu dans l'enquête sur l'assassinat de deux autres proches de Francis Castola, abattus près d'Ajaccio dans leur véhicule le 10 avril 2009.
La tentative d'assassinat qui a visé Francis Castola, elle, serait le fait de trois autres proches de Guy Orsoni, qui comparaissent à Aix et qui auraient profité d'une occasion fortuite pour tenter d'abattre celui qui passait pour "le plus dangereux" du "clan" Castola, selon l'accusation.
Depuis ces meurtres commis en 2009, plusieurs proches d'Alain Orsoni ont été assassinés, dont le président de la CCI de Corse-du-Sud Jacques Nacer et l'ancien bâtonnier d'Ajaccio Antoine Sollacaro ainsi que deux anciens militants du MPA, Antoine Nivaggioni et Noël Andreani.
http://www.nicematin.com/derniere-minute/guerre-des-clans-en-corse-alain-et-guy-orsoni-devant-les-assises.2207308.html
Ce procès qui illustre, selon l'accusation, la "guerre des clans" sévissant sur l'île à cette époque, est prévu pour durer jusqu'à début juillet.
Tous les accusés nient les faits qui leur sont reprochés, même si Alain Orsoni a reconnu avoir écrit la lettre menaçante retrouvée chez l'une des victimes. Mais aux yeux de celui qui se dit "l'objet de beaucoup de fantasmes", rien n'accrédite l'idée d'une "guerre de clans" l'opposant aux Castola, et, plus généralement, aux proches de la "bande du Petit Bar".
Le 3 janvier 2009, Thierry Castola est abattu en sortant d'un bar de Bastelicaccia, à quelques kilomètres d'Ajaccio. Le 29 janvier, Sabri Brahimi est à son tour tué à Ajaccio par des hommes à moto.
Et le 22 juin 2009, c'est Francis Castola, le frère de Thierry, qui est blessé par des coups de feu alors qu'il circule en moto près d'Ajaccio.
Point commun entre ces hommes, selon les enquêteurs: être des membres ou des proches de la "bande du Petit Bar", du nom d'un café d'Ajaccio où se réunissaient ces malfaiteurs présumés.
Assez rapidement, des renseignements anonymes vont conduire les enquêteurs sur la piste de Guy Orsoni et de certains de ses proches, accusés d'avoir perpétré les deux homicides.
Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 30 ans, est le fils d'Alain Orsoni, 60 ans, ex-dirigeant du Mouvement pour l'autodétermination (MPA), né de l'éclatement du FNLC au tournant des années 1990.
En 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste, Alain Orsoni avait quitté la Corse. Pendant cette période d'exil qui durera 13 ans, il vit notamment au Nicaragua où il crée, selon les enquêteurs, une société de jeux avec de l'argent emprunté à Francis Castola père, dont il est longtemps très proche.
Conflit financier
Peu après son retour en Corse en 2008, où il prend la tête du club de foot de l'AC Ajaccio - qu'il a abandonnée en mars 2015-, un projet d'assassinat le visant est déjoué par la police à l'été 2008.
Dans cette affaire, six hommes, dont des proches de la bande du "Petit Bar", sont condamnés en 2011.
Ils auraient voulu venger l'assassinat d'Ange-Marie Michelosi, considéré comme "l'héritier" de "Jean-Jé" Colonna, parrain présumé du sud de l'île, mort accidentellement en 2006.
L'assassinat de Thierry Castola, puis celui de Sabri Brahimi et la tentative visant Francis Castola seraient, selon l'accusation, la réponse du "clan Orsoni", initiée par Guy, à cette tentative d'assassinat visant Alain Orsoni.
A ce mobile, toujours selon l'accusation, s'ajouterait un conflit financier entre les fils Castola et Alain Orsoni à qui Thierry aurait demandé le remboursement des sommes avancées au Nicaragua par leur père, assassiné lui aussi en mars 2005.
Cette demande de remboursement aurait motivé la lettre menaçante adressée par Alain Orsoni à Thierry Castola dans laquelle il explique qu'il ne veut pas payer des gens qui cherchent à le tuer.
Ecrite sous le coup de la colère, a-t-il assuré aux enquêteurs, elle lui vaut de comparaître devant la cour d'assises.
Un temps poursuivi pour complicité dans l'assassinat de Thierry Castola, il avait finalement obtenu un non-lieu.
Son fils Guy et deux proches, David Taddei et Jérémy Capitta, sont en revanche poursuivis pour les assassinats en bande organisée de Thierry Castola et de Sabri Brahimi.
Un quatrième homme, Jean-Baptiste Ottavi, est aussi poursuivi pour l'assassinat de Thierry Castola. Guy Orsoni et Jérémy Capitta avaient en revanche obtenu un non-lieu dans l'enquête sur l'assassinat de deux autres proches de Francis Castola, abattus près d'Ajaccio dans leur véhicule le 10 avril 2009.
La tentative d'assassinat qui a visé Francis Castola, elle, serait le fait de trois autres proches de Guy Orsoni, qui comparaissent à Aix et qui auraient profité d'une occasion fortuite pour tenter d'abattre celui qui passait pour "le plus dangereux" du "clan" Castola, selon l'accusation.
Depuis ces meurtres commis en 2009, plusieurs proches d'Alain Orsoni ont été assassinés, dont le président de la CCI de Corse-du-Sud Jacques Nacer et l'ancien bâtonnier d'Ajaccio Antoine Sollacaro ainsi que deux anciens militants du MPA, Antoine Nivaggioni et Noël Andreani.
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