Henri Leclaire, celui qu'on surnomme le troisième homme, est plus que jamais en première ligne. Cet après-midi, il a rendez-vous dans le bureau des juges d'instruction messins chargés de se pencher une énième fois sur le double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle), le massacre à coups de pierre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans, le 28 septembre 1986.
Près de vingt-huit ans après les faits, cet ancien manutentionnaire de 65 ans devrait, selon toute vraisemblance, être mis en examen. Ce qui en ferait, après Patrick Dils (définitivement acquitté en 2002 après deux condamnations) et le tueur en série Francis Heaulme (qui est, lui, toujours accusé), le troisième suspect de cette enquête maudite.
Henri Leclaire n'est pas un inconnu dans cette affaire. En décembre 1986, c'est même le premier à avouer en garde à vue le double crime. Mais, à l'époque, les policiers estiment que plusieurs détails qu'il livre ne correspondent pas à la réalité matérielle du dossier. Il est mis hors de cause. Les enquêteurs poursuivent alors la piste Patrick Dils. Lequel passera quinze années en prison avant d'être innocenté.
Le nom d'Henri Leclaire réapparaît en 2002. Cette fois dans la bouche de Francis Heaulme, à son tour accusé. Le Routard du crime déclare avoir vu ce vieux garçon originaire de Montigny-lès-Metz, le jour des faits, descendre en courant le talus où sont morts les enfants, le tee-shirt taché de sang. Malgré tout, la justice estime que les charges pesant contre lui ne sont pas suffisantes. Il échappe donc au procès. Au mois d'avril dernier, l'hypothèse Leclaire semble donc levée lorsque s'ouvre le procès de Francis Heaulme devant la cour d'assises à Metz.
C'était sans compter le témoignage de dernière minute de Marie-Christine Blindauer. Cette femme de 51 ans explique s'être souvenue d'une discussion troublante qu'elle aurait eue avec Henri Leclaire il y a environ deux ans. Alors qu'il venait lui livrer des courses, l'ancien manutentionnaire se serait épanché sur l'affaire : « A un moment, il est devenu tout rouge, en transe. Il m'a parlé des enfants qui le gênaient. Il m'a dit qu'il avait couru après eux, les avait agrippés et s'en était pris physiquement à eux. [...] Mais il a répété qu'il ne les avait pas tués », raconte-t-elle.
Un autre témoin surprise met également Leclaire en cause. L'intéressé réaffirme son innocence mais, il n'empêche, un profond malaise s'est installé et la cour d'assises ajourne le procès de Francis Heaulme. Dans la foulée, une nouvelle information judiciaire visant nommément Henri Leclaire est ouverte.
Depuis avril, les gendarmes ont réentendu tous ces nouveaux témoins. « Ils ont également retrouvé un homme qui explique avoir vu Heaulme et Leclaire assis côte à côte, un jour, dans un bistrot, précise une source judiciaire. Mais ça ne veut pas forcément dire grand-chose. » Henri Leclaire ne devrait malgré tout pas échapper à la mise en examen. « Nous démontrerons qu'il n'a rien à voir avec cette affaire », martèle son avocat, M e Thomas Hellenbrand. Les investigations devraient se poursuivre au moins jusqu'à la fin de l'année. Pendant ce temps-là, l'insupportable attente des familles d'Alexandre et Cyril se poursuit
http://www.leparisien.fr/lorraine/montigny-les-metz-apres-dils-et-heaulme-le-troisieme-homme-chez-les-juges-05-08-2014-4047795.php
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
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mardi 5 août 2014
dimanche 3 août 2014
Meurtres de Montigny: vers la mise en examen d’un troisième suspect, 28 ans après
L’affaire du double meurtre d’enfants de Montigny-lès-Metz devrait connaître un nouveau rebondissement mardi avec la probable mise en examen d’un troisième suspect, Henri Leclaire, après Patrick Dils - finalement acquitté - et Francis Heaulme, toujours en attente de jugement.
Pour les mêmes faits, remontant à 28 ans, le jeune Patrick Dils, rapidement condamné à l’époque à la réclusion à perpétuité, a finalement été blanchi et définitivement acquitté en 2002. Mais le tueur en série Francis Heaulme reste accusé, malgré le report sine die de son procès début avril. Les charges contre Henri Leclaire, un ancien manutentionnaire de 65 ans, se sont brutalement alourdies après de nouveaux témoignages accablants lors de ce procès.
La justice, éreintée par ses errements et revirements dans cette affaire hors norme, estime désormais qu’il existe contre lui des «indices graves et concordants» d’avoir tué deux garçons de 8 ans, Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Il doit donc être de nouveau entendu mardi à Metz par un juge d’instruction qui pourrait le mettre en examen, a-t-on appris de sources judiciaires. Le magistrat cherche a établir quel a été son rôle le dimanche 28 septembre 1986, au sommet du talus ferroviaire de Montigny où les enfants ont été retrouvés morts, le crâne fracassé par des pierres.
«Je n’y étais pas», affirme Henri Leclaire, bien que la grand-mère d’une des victimes assure l’y avoir vu peu de temps avant le crime, de même qu’un témoin qui l’a aperçu «ensanglanté» le long de la voie ferrée. Les charges contre Leclaire sont nombreuses: dès les premiers jours de l’enquête, en garde à vue, le manutentionnaire avait avoué, en expliquant que, «sans savoir pourquoi», il avait «pris une pierre et frappé la tête de chacun des enfants».
Les policiers de l’époque, davantage séduits par la piste du jeune Patrick Dils, avaient toutefois écarté ces aveux et finalement innocenté Henri Leclaire. Son nom était réapparu au début des années 90, cette fois cité par le tueur en série Francis Heaulme lors de confessions au gendarme Jean-François Abgrall, qui le désignait comme l’auteur du double meurtre. Mais c’est surtout le témoignage tardif d’une habitante de Metz, livré deux jours avant l’ouverture du procès de Francis Heaulme, en mars dernier, qui a conduit la justice à poursuivre à nouveau Leclaire.
Ce nouveau témoin a expliqué que le sexagénaire s’était confié à elle en 2012: dans des termes quasiment identiques à ceux de ses aveux de 1986, il lui a dit s’en être pris aux enfants, en niant toutefois les avoir tués. Confronté à cette nouvelle accusatrice, Leclaire a reconnu avoir tenu de tels propos. Mais il a affirmé dans la foulée avoir «inventé» cette histoire, que son récit ne correspondait pas à la réalité. L’institution judiciaire a tout de même estimé ces révélations suffisantes pour interrompre le procès de Heaulme et ouvrir une nouvelle enquête contre Leclaire.
Les juges d’instruction de Metz devront désormais déterminer la responsabilité des deux mis en examen, Heaulme et Leclaire, dans un dossier où les éléments matériels manquent et où les déclarations des suspects, voire des témoins, ont sans cesse varié. Si les charges contre les deux hommes s’avéraient toutefois suffisantes, ils seraient alors renvoyés devant la Cour d’assises, au mieux à l’horizon 2016, selon des sources judiciaires.
http://www.leprogres.fr/faits-divers/2014/08/03/double-meurtre-de-montigny-vers-la-mise-en-examen-d-un-troisieme-suspect-28-ans-apres
Pour les mêmes faits, remontant à 28 ans, le jeune Patrick Dils, rapidement condamné à l’époque à la réclusion à perpétuité, a finalement été blanchi et définitivement acquitté en 2002. Mais le tueur en série Francis Heaulme reste accusé, malgré le report sine die de son procès début avril. Les charges contre Henri Leclaire, un ancien manutentionnaire de 65 ans, se sont brutalement alourdies après de nouveaux témoignages accablants lors de ce procès.
La justice, éreintée par ses errements et revirements dans cette affaire hors norme, estime désormais qu’il existe contre lui des «indices graves et concordants» d’avoir tué deux garçons de 8 ans, Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Il doit donc être de nouveau entendu mardi à Metz par un juge d’instruction qui pourrait le mettre en examen, a-t-on appris de sources judiciaires. Le magistrat cherche a établir quel a été son rôle le dimanche 28 septembre 1986, au sommet du talus ferroviaire de Montigny où les enfants ont été retrouvés morts, le crâne fracassé par des pierres.
«Je n’y étais pas», affirme Henri Leclaire, bien que la grand-mère d’une des victimes assure l’y avoir vu peu de temps avant le crime, de même qu’un témoin qui l’a aperçu «ensanglanté» le long de la voie ferrée. Les charges contre Leclaire sont nombreuses: dès les premiers jours de l’enquête, en garde à vue, le manutentionnaire avait avoué, en expliquant que, «sans savoir pourquoi», il avait «pris une pierre et frappé la tête de chacun des enfants».
Les policiers de l’époque, davantage séduits par la piste du jeune Patrick Dils, avaient toutefois écarté ces aveux et finalement innocenté Henri Leclaire. Son nom était réapparu au début des années 90, cette fois cité par le tueur en série Francis Heaulme lors de confessions au gendarme Jean-François Abgrall, qui le désignait comme l’auteur du double meurtre. Mais c’est surtout le témoignage tardif d’une habitante de Metz, livré deux jours avant l’ouverture du procès de Francis Heaulme, en mars dernier, qui a conduit la justice à poursuivre à nouveau Leclaire.
Ce nouveau témoin a expliqué que le sexagénaire s’était confié à elle en 2012: dans des termes quasiment identiques à ceux de ses aveux de 1986, il lui a dit s’en être pris aux enfants, en niant toutefois les avoir tués. Confronté à cette nouvelle accusatrice, Leclaire a reconnu avoir tenu de tels propos. Mais il a affirmé dans la foulée avoir «inventé» cette histoire, que son récit ne correspondait pas à la réalité. L’institution judiciaire a tout de même estimé ces révélations suffisantes pour interrompre le procès de Heaulme et ouvrir une nouvelle enquête contre Leclaire.
Les juges d’instruction de Metz devront désormais déterminer la responsabilité des deux mis en examen, Heaulme et Leclaire, dans un dossier où les éléments matériels manquent et où les déclarations des suspects, voire des témoins, ont sans cesse varié. Si les charges contre les deux hommes s’avéraient toutefois suffisantes, ils seraient alors renvoyés devant la Cour d’assises, au mieux à l’horizon 2016, selon des sources judiciaires.
http://www.leprogres.fr/faits-divers/2014/08/03/double-meurtre-de-montigny-vers-la-mise-en-examen-d-un-troisieme-suspect-28-ans-apres
mardi 22 juillet 2014
Double meurtre de Montigny-les-Metz : Henri Leclaire devant les juges le 5 août
Ce manutentionnaire avait avoué le double meurtre de Montigny-lès-Metz, avant d’être mis hors de cause. De nouveau placé sous les feux des projecteurs, depuis fin mars et le procès Heaulme, Henri Leclaire, 65 ans, pourrait être mis en examen le 5 août.
L’odyssée judiciaire du double meurtre de Montigny-lès-Metz se poursuit. Près de 28 ans après les faits, Henri Leclaire, manutentionnaire retraité de 65 ans, sera le 5 août dans le bureau d’un des deux juges d’instruction – Jean-Marie Caronna et Guillaume Bottino – et pourrait être mis en examen dans le cadre du double meurtre de Montigny-lès-Metz.
L’homme n’est pas un inconnu dans ce dossier puisqu’il avait même avoué les crimes, dans la nuit du 10 au 11 décembre 1988, lors de sa troisième audition en garde à vue. Ces aveux, Leclaire les avait réitérés le lendemain, lors de son quatrième interrogatoire, avant de se rétracter le soir même.
Dans son récit, l’homme n’avait parlé que d’une pierre (alors qu’il y en a trois qui ont servi à tuer Cyril Beining et Alexandre Beckrich) mais avait donné certains détails de la tenue vestimentaire des deux enfants, détails qui ne sont jamais parus dans la presse.
Au final, Henri Leclaire avait été mis hors de cause par la police, cette dernière estimant, au vu des difficultés éprouvées par l’homme pour grimper sur le talus lors d’une reconstitution, qu’il ne pouvait y avoir accédé le jour des meurtres.
Lors de l’instruction diligentée à la suite de la réouverture de l’enquête (2004), Henri Leclaire avait été placé sous le statut de témoin assisté mais avait obtenu un non-lieu. C’est donc comme simple témoin qu’il s’était présenté lors du procès de Francis Heaulme, en mars dernier. Les magistrats de la cour d’assises de Moselle avaient cependant abrégé le procès du tueur en série suite à de nouveaux témoignages incriminant l’ancien manutentionnaire. Ainsi le procureur général Jean-Marie Beney avait estimé que « le dossier n’était pas en état d’être jugé » et avait assuré qu’il existait « des indices graves et concordants à l’encontre d’Henri Leclaire ». Dans la foulée, le parquet de Metz avait ouvert une information judiciaire le visant.
Quels sont ces éléments nouveaux qui sont venus replacer Leclaire, à l’époque chargé de l’entretien et du nettoyage aux Editions Le Lorrain, une imprimerie de la rue Venizelos, au centre de l’échiquier ?
Deux jours avant le procès Heaulme, une clerc d’avocat a confié que Leclaire, venu lui livrer des courses en 2011, lui avait parlé « d’enfants qui jouaient près des bennes » de l’entreprise Le Lorrain, qu’il était ensuite « entré en transe ».
Un autre témoin, un cheminot, s’est souvenu, lui, 27 ans après les faits, que le jour du meurtre, il avait vu, depuis sa locomotive, Henri Leclaire, avec un tee-shirt souillé – « peut-être du sang » – sur les voies SNCF, vers 17 h 50, heure qui peut correspondre à celle du crime.
Récemment réinterrogés par les gendarmes dans le cadre d’une commission rogatoire diligentée par les juges, ces deux témoins ont confirmé leurs dires. Les enquêteurs ont également fait la tournée des bistrots de Montigny-lès-Metz et auraient mis la main sur un témoin qui affirme avoir vu Heaulme et Leclaire, côte à côte, dans un café, et ce, à deux reprises. Les deux hommes se connaissaient-ils ? Eux, en tout cas, ont toujours affirmé le contraire.
Le 5 août, Henri Leclaire ressortira du bureau du juge avec le statut de témoin assisté ou celui de mis en examen. « Je ne vois pas ce que cela pourrait être d’autre qu’une mise en examen », confie Me Thomas Hellenbrand, son avocat. « Un statut de témoin assisté ne serait pas logique puisqu’Henri Leclaire l’a déjà été. Compte tenu de la façon dont la procédure s’est déroulée, lors du procès de Francis Heaulme, il semble logique, au vu de ce qu’avait souhaité le président de la cour d’assises, que la mise en examen soit envisagée. Ensuite, je pense que tout cela est extrêmement complexe. On se trouve dans un véritable imbroglio juridique. La cour d’assises est toujours saisie d’un dossier, celui de Francis Heaulme, et quel serait le statut de ce dernier dans un dossier qui serait ouvert contre Henri Leclaire ? Il y a plein de points d’interrogation et je m’interroge beaucoup sur la régularité de toute cette procédure. Avec un statut de mis en examen, mon client aura davantage la possibilité de se défendre, de demander des actes. Ce statut, on ne le redoute pas, au contraire, on l’attend avec une grande sérénité ».
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/07/21/double-meurtre-de-montigny-les-metz-henri-leclaire-devant-les-juges-le-5-aout
L’odyssée judiciaire du double meurtre de Montigny-lès-Metz se poursuit. Près de 28 ans après les faits, Henri Leclaire, manutentionnaire retraité de 65 ans, sera le 5 août dans le bureau d’un des deux juges d’instruction – Jean-Marie Caronna et Guillaume Bottino – et pourrait être mis en examen dans le cadre du double meurtre de Montigny-lès-Metz.
L’homme n’est pas un inconnu dans ce dossier puisqu’il avait même avoué les crimes, dans la nuit du 10 au 11 décembre 1988, lors de sa troisième audition en garde à vue. Ces aveux, Leclaire les avait réitérés le lendemain, lors de son quatrième interrogatoire, avant de se rétracter le soir même.
Dans son récit, l’homme n’avait parlé que d’une pierre (alors qu’il y en a trois qui ont servi à tuer Cyril Beining et Alexandre Beckrich) mais avait donné certains détails de la tenue vestimentaire des deux enfants, détails qui ne sont jamais parus dans la presse.
Au final, Henri Leclaire avait été mis hors de cause par la police, cette dernière estimant, au vu des difficultés éprouvées par l’homme pour grimper sur le talus lors d’une reconstitution, qu’il ne pouvait y avoir accédé le jour des meurtres.
Lors de l’instruction diligentée à la suite de la réouverture de l’enquête (2004), Henri Leclaire avait été placé sous le statut de témoin assisté mais avait obtenu un non-lieu. C’est donc comme simple témoin qu’il s’était présenté lors du procès de Francis Heaulme, en mars dernier. Les magistrats de la cour d’assises de Moselle avaient cependant abrégé le procès du tueur en série suite à de nouveaux témoignages incriminant l’ancien manutentionnaire. Ainsi le procureur général Jean-Marie Beney avait estimé que « le dossier n’était pas en état d’être jugé » et avait assuré qu’il existait « des indices graves et concordants à l’encontre d’Henri Leclaire ». Dans la foulée, le parquet de Metz avait ouvert une information judiciaire le visant.
Quels sont ces éléments nouveaux qui sont venus replacer Leclaire, à l’époque chargé de l’entretien et du nettoyage aux Editions Le Lorrain, une imprimerie de la rue Venizelos, au centre de l’échiquier ?
Deux jours avant le procès Heaulme, une clerc d’avocat a confié que Leclaire, venu lui livrer des courses en 2011, lui avait parlé « d’enfants qui jouaient près des bennes » de l’entreprise Le Lorrain, qu’il était ensuite « entré en transe ».
« On attend ce statut avec une grande sérénité »
Cette femme avait ajouté que Leclaire lui aurait confié avoir « coursé et attrapé » les gamins. « Il les a agrippés, secoués et leur a fait comprendre à qui ils avaient affaire, selon ses mots. Il mimait la scène, il revivait cette situation. Pour moi, il parlait de la mort des deux garçons. J’ai compris qu’il revivait la scène de crime ». Lors de sa déposition devant la cour d’assises, la femme avait ajouté qu’elle était « persuadée que Leclaire s’en était pris physiquement et violemment aux enfants ».Un autre témoin, un cheminot, s’est souvenu, lui, 27 ans après les faits, que le jour du meurtre, il avait vu, depuis sa locomotive, Henri Leclaire, avec un tee-shirt souillé – « peut-être du sang » – sur les voies SNCF, vers 17 h 50, heure qui peut correspondre à celle du crime.
Récemment réinterrogés par les gendarmes dans le cadre d’une commission rogatoire diligentée par les juges, ces deux témoins ont confirmé leurs dires. Les enquêteurs ont également fait la tournée des bistrots de Montigny-lès-Metz et auraient mis la main sur un témoin qui affirme avoir vu Heaulme et Leclaire, côte à côte, dans un café, et ce, à deux reprises. Les deux hommes se connaissaient-ils ? Eux, en tout cas, ont toujours affirmé le contraire.
Le 5 août, Henri Leclaire ressortira du bureau du juge avec le statut de témoin assisté ou celui de mis en examen. « Je ne vois pas ce que cela pourrait être d’autre qu’une mise en examen », confie Me Thomas Hellenbrand, son avocat. « Un statut de témoin assisté ne serait pas logique puisqu’Henri Leclaire l’a déjà été. Compte tenu de la façon dont la procédure s’est déroulée, lors du procès de Francis Heaulme, il semble logique, au vu de ce qu’avait souhaité le président de la cour d’assises, que la mise en examen soit envisagée. Ensuite, je pense que tout cela est extrêmement complexe. On se trouve dans un véritable imbroglio juridique. La cour d’assises est toujours saisie d’un dossier, celui de Francis Heaulme, et quel serait le statut de ce dernier dans un dossier qui serait ouvert contre Henri Leclaire ? Il y a plein de points d’interrogation et je m’interroge beaucoup sur la régularité de toute cette procédure. Avec un statut de mis en examen, mon client aura davantage la possibilité de se défendre, de demander des actes. Ce statut, on ne le redoute pas, au contraire, on l’attend avec une grande sérénité ».
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/07/21/double-meurtre-de-montigny-les-metz-henri-leclaire-devant-les-juges-le-5-aout
mercredi 30 avril 2014
Les trois visages de l'affaire de Montigny-les-Metz
Patrick Dils : Innocenté
En 1986, c'est un apprenti cuisinier modèle, un ado de 16 ans malingre et introverti. Il vit chez ses parents, rue Venizélos, à Montigny. Le 28 septembre, il a passé la journée avec sa famille dans la Meuse. Mais une fois rentré chez lui, il ressort chercher des timbres collés sur des enveloppes jetées dans une benne à papier, près des lieux du crime. Le voilà suspecté. Sept mois plus tard, il avoue le double meurtre après plus de trente heures de garde à vue, précisant même quelle pierre a tué quel enfant. En 1989, il devient le plus jeune condamné à perpétuité de France. Entre-temps, il s'est pourtant rétracté. On apprend que Francis Heaulme était dans les environs? Dils, à nouveau jugé, est encore condamné. Mais en 2002, il est finalement acquitté : il est avéré qu'il n'était pas revenu à Montigny à l'heure des homicides. Innocenté après quinze ans de prison, il écrira un livre, Je voulais juste rentrer chez moi, et percevra un million d'euros de dédommagement. À 43 ans, père d'une petite fille, il vit aujourd'hui près de Bordeaux. Il vient de perdre sa mère, son indéfectible soutien.
Francis Heaulme : Accusé
À 55 ans, le "routard du crime" a déjà été condamné pour neuf meurtres, dont deux fois à perpétuité. En 1986, il réside chez sa grand-mère à Vaux, à côté de Montigny. En 1992, auditionné par le gendarme Jean-François Abgrall, il évoque une balade à vélo dans l'Est, un dimanche, et parle d'un talus, d'une voie de chemin de fer, de deux gamins qui lui lancent des pierres puis de leurs corps allongés près des wagons. "Mon client est capable de dire tout et son contraire, réplique son avocate Liliane Glock. On ne peut pas se fier à sa parole." Jugé en 2007, le tueur en série bénéficie d'un non-lieu faute de charges suffisantes. Mais la mère de Cyril fait appel. Lui continue à nier et affirme que le coupable s'appelle Henri Leclaire : "J'ai vu un homme violent qui descendait le talus. Il m'a fait peur. Il avait du sang sur le tee-shirt et le pantalon."
Henri Leclaire : À nouveau suspect
C'est en réalité le premier à avoir avoué le double meurtre, en décembre 1986. Il a alors 37 ans, travaille aux éditions Le Lorrain et s'énerve quand les enfants viennent fouiller dans la benne de son entreprise, rue Venizélos. Mais il se rétracte rapidement. Des incohérences dans ses déclarations et sa difficulté à gravir le talus le mettent vite hors de cause. Heaulme l'accuse? Il dément. Mais au dernier procès, deux témoins surprises l'incriminent. Un ancien cheminot affirme avoir vu un homme ensanglanté – lui ressemblant à 90 % – courir le long des voies ferrées au moment du crime. Et une clerc d'avocat raconte avoir reçu ses confidences alors qu'il lui livrait des courses, il y a deux ans. Leclaire lui aurait dit avoir "coursé" et "attrapé" Cyril et Alexandre, tout en affirmant qu'il ne les avait pas tués. Le retraité bourru ne cesse de répéter : "C'est pas moi, j'étais pas là." Il pourrait être mis en examen.
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