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lundi 27 avril 2015

La famille d'Agnès Marin saisit le Conseil supérieur de la magistrature

Le père, la mère et les grands-parents maternels de l'adolescente, violée et tuée en 2011 au Chambon-sur-Lignon, réclame des sanctions contre une juge qui avait remis en liberté le meurtrier, déjà condamné pour viol dans une affaire précédente.
Ils dénoncent la "légèreté" de la juge d'instruction, "dont les conséquences ont été dramatiques". Le père, la mère ainsi que les grands-parents paternels d'Agnès Marin, violée et tuée en 2011 au Chambon-sur-Lignon, a adressé une lettre au Conseil de la magistrature, "il y a trois semaines", dans laquelle ils réclament des sanctions contre une juge, qui avait remis en liberté le meurtrier de l'adolescente, condamné pour viol dans une affaire précédente. Le 18 novembre 2011, le corps carbonisé d'Agnès, 13 ans, élève de troisième au collège-lycée Cévenol, établissement privé du Chambon-sur-Lignon, avait été retrouvé dans une forêt alentour sur les indications de Matthieu, son meurtrier. Outre des violences sexuelles, l'autopsie avait révélé 17 coups de couteau.
Matthieu, âgé alors de 17 ans, avait intégré ce collège, qui a depuis fermé ses portes, dans le cadre d'un contrôle judiciaire strict après quatre mois de détention provisoire pour le viol, un an avant, d'une autre jeune fille dans le Gard. Citant plusieurs extraits du réquisitoire de l'avocat général lors du premier procès de juin 2013, la famille d'Agnès Marin estime que "ce contrôle judiciaire, du ressort de la Protection judiciaire de la jeunesse sous le contrôle du juge, a été totalement négligé une fois Mathieu Moulinas scolarisé au Cévenol", soulignant que l'internat était "mixte", un choix selon eux "éminemment contestable et pourtant validé par le magistrat instructeur".
 
"Des manquements dans l'exercice de son métier de juge d'instruction" 

Dans leur lettre, les parents estiment que la juge qui a instruit la première affaire de viol "a fait preuve de manquements dans l'exercice de son métier de juge d'instruction". "Nous demandons au Conseil Supérieur de la Magistrature d'examiner ce dossier et de prononcer à son encontre une sanction disciplinaire", concluent-ils.

Rejugé en appel, à huis clos en octobre dernier, devant la cour d'assises des mineurs de Riom (Puy-de-Dôme), pour le meurtre d'Agnès Marin, Matthieu, 20 ans, avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, peine rarissime pour le mineur qu'il était au moment des faits. Les jurés avaient ainsi confirmé le verdict prononcé en première instance par la cour d'assises du Puy-en-Velay, tout en l'assortissant d'un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins. Ses parents avaient renoncé avec leur fils à un pourvoi en cassation.
 

lundi 17 novembre 2014

Haute-Loire. Affaire Agnès : la famille de Matthieu abandonne

Le 10 octobre, Matthieu avait été à nouveau condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol commis sous la menace d’une arme à Nages-et-Solorgues (Gard) en août 2010 sur une adolescente de 15 ans et de viol suivi de l’assassinat d’Agnès, 13 ans, au Chambon-sur-Lignon le 16 novembre 2011.

L’arrêt de la cour d’assises des mineurs du Puy-de-Dôme prenait également une mesure supplémentaire : un suivi sociojudiciaire sans limitation de durée, comprenant, notamment, une injonction de soins. Quelques jours plus tard, les avocates de la défense avaient déposé un pourvoi en cassation à titre conservatoire.
Dans un article du Monde paru ce week-end, les parents de Matthieu ont indiqué, à la demande de leur fils, ne pas aller jusqu’au bout de la procédure. « Et cela sans attendre la réponse de l’avocat de la Cour de cassation consulté sur les chances de succès du pourvoi », nous confirme une source proche du dossier.
http://www.leprogres.fr/actualite/2014/11/17/affaire-agnes-la-famille-de-matthieu-abandonne

vendredi 10 octobre 2014

Agnès Marin : perpétuité pour le meurtrier de la collégienne du Chambon-sur-Lignon

Matthieu a été condamné à la réclusion à perpétuité en appel vendredi. La cour d'assises de Riom (Haute-Loire) a confirmé la peine qui lui avait été infligée en première instance, après six heures trente de délibération. La défense du jeune homme âgé de 20 ans, rejugé à huis clos pour le viol et l'assassinat d'Agnès Marin en 2011 en Haute-Loire, avait annoncé avant le verdict si si les jurés se prononçaient pour la perpétuité
«On ne peut pas à la fois reconnaître une altération du comportement, du discernement (de Matthieu au moments des faits, ndlr) comme l'a fait l'avocate générale, comme c'est établi par les expertises, et n'en tirer aucune conséquence sur la peine. Ce n'est pas pensable», a déclaré l'une des avocates de l'accusé, Me Isabelle Mimran, après sa plaidoirie devant la cour d'assises de Riom (Puy-de-Dôme). «Je conseillerai à la famille un pourvoi en cassation», a-t-elle ajouté.

Matthieu avait été
condamné à la perpétuité en juin 2013 par les assises du Puy-en-Velay (Haute-Loire).  Une peine rarissime pour le mineur qu'il était à l'époque des faits et dont il a fait appel. La cour avait alors été au-delà des 30 ans de réclusion réclamés par le ministère public à son encontre.Le 18 novembre 2011, le corps carbonisé d'Agnès Marin, 13 ans, élève de troisième au collège-lycée Cévenol, établissement privé du Chambon-sur-Lignon, avait été retrouvé dans une forêt alentour sur les indications de Matthieu, placé en garde à vue la veille. Outre des violences sexuelles, l'autopsie avait révélé 17 coups de couteau.

L'accusé avait intégré
le collège Cévenol dans le cadre d'un contrôle judiciaire strict après quatre mois de détention provisoire pour le viol, sous la menace d'une arme, d'une camarade de 15 ans, Julie, un an auparavant dans le Gard. Une affaire pour laquelle il est également rejugé à Riom.

«La
ne peut être la surenchère des insuffisances ou des incohérences du système judiciaire. Ce n'est pas possible. Soit on reconnaît qu'effectivement il y a des éléments extérieurs à lui et auquel cas sa peine diminue. Mais on ne fait pas payer sur la de Matthieu les incohérences et les insuffisances qui ont été dénoncées», a martelé son autre avocate, Me Joëlle Diez, allusion aux défaillances du suivi socio-judiciaire de son client, pointées du doigt lors des deux procès.

L'avocate n'exclut pas non plus un recours auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme «car la convention internationale relative aux droits de l'enfant interdit l'enfermement à vie avec aucune chance de sortie pour un mineur».

http://www.leparisien.fr/faits-divers/agnes-marin-perpetuite-pour-le-meurtrier-de-la-collegienne-du-chambon-sur-lignon-10-10-2014-4203029.php

vendredi 26 septembre 2014

Procès du meurtrier d'Agnès Marin: vers un huis clos partiel

Le procès en appel de l'assassin et violeur présumé d'Agnès Marin, pensionnaire de 13 ans du collège Cévenol (Haute-Loire), se tiendra à huis clos partiel à partir de lundi devant les assises des mineurs du Puy-de-Dôme, un accord étant intervenu avec la défense de l'autre victime du jeune Matthieu.
«Un accord a été trouvé jeudi soir entre les parties civiles au terme duquel il y aura une demande de huis clos partiel, comme ce qui avait été prévu au premier procès l'an dernier», a déclaré vendredi à l'AFP Me Valérie Devèze-Fabre, l'avocate de la jeune Julie, violée en août 2010 par l'accusé, un an avant le meurtre d'Agnès.
L'assassinat et le viol d'Agnès Marin par un autre interne de cet établissement protestant du Chambon-sur-Lignon, en novembre 2011, avaient suscité une immense émotion. Matthieu, le meurtrier présumé, âgé alors de 17 ans, avait en effet intégré le collège Cévenol dans le cadre d'un contrôle judiciaire strict après quatre mois de détention provisoire pour le viol d'une camarade de 15 ans dans le Gard, un an plus tôt.
«Ce qui relève de la personnalité de l'accusé, les auditions des psychiatres et tout ce qui touche au dossier de ma cliente seront couverts par le huis clos», comme cela avait le cas lors du premier procès, a détaillé l'avocate.
Elle a fait valoir que l'avocat de la famille d'Agnès Marin, Me Francis Szpiner, s'était «engagé à une obligation de résultat dans la maîtrise des propos tenus par ses clients».
«Il est extrêmement important qu'il y a ait le respect de la parole donnée et je compte sur la responsabilité de la presse pour que si jamais il y avait un débordement des parties civiles dans leur fougue sur ce qui a été fait à ma cliente, que ça ne soit pas relayé», a-t-elle mis en garde.
En première instance, en juin 2013, devant les assises des mineurs du Puy-en-Velay, pressée par la famille d'Agnès Marin réclamant un procès public, Me Devèze-Fabre avait finalement autorisé une levée partielle du huis clos.
Le 28 juin 2013, Matthieu, 19 ans, avait été condamné à la réclusion à perpétuité.
Le verdict en appel est attendu le 10 octobre.

http://www.20minutes.fr/france/1450269-proces-meurtrier-agnes-marin-vers-huis-clos-partiel

vendredi 28 mars 2014

Le meurtrier présumé d’Agnès rejugé à l’automne à Riom

Exclusif. Matthieu, accusé du viol et de l’assassinat de la jeune Agnès Marin, en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon, sera rejugé en appel, du lundi 29 septembre au vendredi 10 octobre, devant la cour d’assises de Riom dans le Puy-de-Dôme.

En juin 2013, l’accusé, aujourd’hui âgé de 20 ans mais mineur au moment des faits, avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises des mineurs de la Haute-Loire. A l’issue des neuf jours d’audience, il avait été reconnu coupable des faits du Chambon-sur-Lignon, mais aussi du viol aggravé d’une autre adolescente, en août 2010, à Nages-et-Solorgues dans le Gard.
Au lendemain du procès, les deux avocats de la défense avaient interjeté appel de l’arrêt. Le procès en appel se tiendra donc, comme cela était pressenti, à Riom.
Depuis le procès du Puy-en-Velay, la famille d’Agnès Marin a également engagé plusieurs procédures et notamment assigné l’Etat pour fautes lourde devant le tribunal de Paris afin de faire reconnaître la responsabilité des institutions dans la défaillance du suivi judiciaire du jeune homme.


http://www.leprogres.fr/haute-loire/2014/03/27/le-meurtrier-presume-d-agnes-rejuge-a-l-automne-a-riom

samedi 6 juillet 2013

Agnès : un procès à 140.000 euros

Pour juger Matthieu, l'assassin d'Agnès Marin, 13 ans, en 2011, l'Etat a engagé de gros moyens financiers, selon La Montagne. Ce procès jugé "sensible" a coûté près de 140.000 euros selon la Chancellerie, citée par le quotidien. Une partie de cette somme a servi à équiper la salle d'audience du tribunal du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. "La plupart des travaux ou équipements seront cependant pérennes : câblage et matériel pour la visioconférence, cloison avec isolation phonique de la salle des délibérés, circuit détenu, vitrage pare-balles du box de la salle d’audience, renforcement des banquettes de la salle d’audience", a expliqué à La Montagne Nicolas Rigot-Müller, en charge du secrétariat général à la cour d’appel de Riom.
Et alors que le procès en appel pourrait se tenir à Riom - c'est à la Cour de cassation de trancher - de nombreuses dépenses n'auront pas à être renouvelées (visioconférence, vitrage du box...), prévient-il. Condamné à la perpétuité fin juin, le jeune homme a choisi de faire appel.
 

samedi 29 juin 2013

Chambon-sur-Lignon: la famille d'Agnès déterminée à "aller jusqu'au bout" – 29/06

Meurtre d'Agnès: les avocats de l'accusé font appel

Les avocats de Matthieu M., condamné hier à la prison à perpétuité pour le viol et le meurtre d'une jeune fille de 13 ans au Chambon-sur-Lignon en 2011, annoncent aujourd'hui qu'ils font appel du verdict de la cour d'assises de la Haute-Loire.

Les jurés n'avaient pas suivi l'avocate générale qui avait requis 30 ans de prison


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/06/29/97001-20130629FILWWW00306-meurtre-d-agnes-les-avocats-de-l-accuse-font-appel.php

Meurtre d'Agnès : Matthieu, 19 ans, est condamné à perpétuité

Le meurtrier d'Agnès, Matthieu, mineur au moment des faits en 2011 et aujourd'hui âgé de 19 ans, vient d'être condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

La cour d'assises des mineurs de Haute-Loire a condamné ce vendredi soir Matthieu, 19 ans, à la réclusion criminelle à perpétuité pour le viol et l'assassinat en 2011 d'Agnès, 13 ans, et pour le viol d'une autre jeune fille de 16 ans un an plus tôt. L'avocate générale, Jeanne-Marie Vermeulin, avait requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle avec injonction de soins "sans limitation de durée", ainsi que la rétention de sûreté en fin de peine "si cela s'avère nécessaire".

L'avocate générale avait aussi qualifié la personnalité de Matthieu "d'ultradangereuse" lors de son réquisitoire, estimant que le jeune homme était responsable de ses actes, se montrant pessimiste sur ses chances "d'amélioration". Fait inédit, il s'agit de la première condamnation à perpétuité
d'un mineur au moment des faits depuis la condamnation de Patrick Dils le 27 janvier 1989 pour un double meurtre. Patrick Dils avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par délibération spéciale de la cour d'assises des mineurs de la Moselle, l'excluant du bénéfice de l'excuse atténuante de  minorité, bien qu'âgé de 16 ans lors des faits. L'avocate générale Jeanne-Marie Vermeulin a aussi écarté vendredi lors de son réquisitoire l'excuse de minorité qui limitait la peine encourue à vingt ans pour Matthieu.
Erreur d'expertise
Ce drame avait suscité un profond émoi en France et déclenché une vive polémique sur l'évaluation de la dangerosité et le suivi judiciaire des délinquants sexuels. En effet, l'enquête avait montré que, malgré sa jeunesse,
 le jeune homme avait déjà effectué quatre mois de détention provisoire pour le viol d'une autre jeune fille, une amie d'enfance, le 1er août 2010 dans le Gard. Une affaire aux troublantes similitudes avec le calvaire subi par la jeune Agnès.

Durant tout le procès, la personnalité de l'accusé a été au centre des débats. Qui est Matthieu ? Est-ce le garçon jugé non dangereux par un psychiatre montpelliérain après le viol, sous la menace d'un couteau, d'une amie alors âgée de 16 ans ? Sur la foi notamment de cette expertise, après quatre mois de détention provisoire, il avait été jugé apte à devenir interne au collège-lycée Cévenol au Chambon-sur-Lignon, où il a rencontré Agnès.
Un être aux "traits pervers très actifs et effrayants"
Ou est-ce un adolescent bien plus inquiétant qui a su s'engouffrer dans toutes les failles du suivi judiciaire, psychiatrique et psychologique dont il faisait l'objet, mises en évidence lors du procès? Sur ce point, Mme Vermeulin avait appelé à se "fonder essentiellement sur l'avis des experts", décrivant un être aux "traits pervers très actifs et effrayants" et soulignant sa "volonté d'emprise destructrice sur ses victimes".

Détaillant les "carences et manquements" de son suivi après le premier viol, à commencer par une remise en liberté "mal préparée", elle a déploré: "C'est une sorte de tapis rouge qu'on a déroulé devant lui". Son inscription au collège-lycée Cévenol du Chambon-sur-Lignon a été "une insulte au bon sens" a-t-elle encore relevé: "C'était l'établissement le moins adapté possible au cas de Matthieu".
 

vendredi 28 juin 2013

Frédéric Marin: "Quand je pense à Agnès rien ne m'apaise" - 28/06

Meurtre d'Agnès Marin : 30 ans requis

Trente ans de réclusion criminelle ont été requis vendredi à l'encontre de Matthieu, 19 ans, jugé devant les assises des mineurs de Haute-Loire pour le viol et l'assassinat en 2011 d'Agnès, 13 ans, perpétrés un an après le viol d'une autre jeune fille de 16 ans.
L'avocate générale, Jeanne-Marie Vermeulin, a demandé aux jurés d'assortir la condamnation d'une injonction de soins "sans limitation de durée" et a envisagé la rétention de sûreté en fin de peine "si cela s'avère nécessaire". Le verdict est attendu dans la soirée.
Le huis clos décrété pour l'ensemble du procès, à la demande de l'avocate de la première victime, avait été levé pour la partie des réquisitions concernant la personnalité de l'accusé et la peine demandée. Mme Vermeulin, jugeant Matthieu pleinement responsable de ses actes, s'est montrée pessimiste sur les chances "d'amélioration" de la personnalité du jeune homme et a estimé nécessaire d'éviter "de nouveaux drames". Elle a donc demandé que soit écartée l'excuse de minorité, qui limite la peine encourue à vingt ans de réclusion criminelle. Mais elle n'est pas allée jusqu'à requérir la perpétuité, une sanction rarissime pour des mineurs.
 

Quel verdict pour l'assassin présumé de la jeune Agnès ?

La cour d'assises des mineurs de Haute-Loire rendra son verdict vendredi soir à l'encontre de Matthieu, 19 ans, accusé d'avoir violé et tué fin 2011 Agnès Marin, 13 ans, au terme d'un procès tendu qui s'est déroulé essentiellement à huis clos.

L'avocat de la famille d'Agnès, Me Francis Szpiner, a demandé jeudi à la cour qu'elle "ne donne pas une deuxième chance" au jeune homme, après un premier viol sur une autre mineure en août 2010 dans le Gard. Pour lui comme pour les parents et les grands-parents de la jeune fille, le jeune homme qui se tient depuis le 18 juin dans le box des accusés doit être mis hors d'état de pouvoir commettre un nouveau crime. "Ce que nous
avons
voulu dire aux jurés et à la cour, c'est qu'ils comprennent bien qu'ils ont à juger un dangereux pervers, auteur de deux crimes qui, s'il n'avait pas été arrêté, était parti pour en commettre un troisième",  a dit Me Szpiner à la presse jeudi, au terme de sa plaidoirie.

Durant tout le procès, la personnalité de l'accusé aura été au centre des débats. Qui est Matthieu ? Est-ce le garçon jugé non dangereux par un psychiatre montpelliérain après le viol, sous la menace d'un couteau, d'une amie alors âgée de 16 ans ? Sur la foi notamment de cette expertise, après quatre mois de détention provisoire, il avait été jugé apte à devenir interne au collège-lycée Cévenol au Chambon-sur-Lignon, où il a rencontré Agnès. Ou est-ce un adolescent bien plus inquiétant qui a su s'engouffrer dans toutes les failles du suivi judiciaire, psychiatrique et psychologique dont il faisait l'objet, et qui ont été mises en évidence lors du procès?

Mode de fonctionnement pervers 

Un rapport de deux médecins psychiatres, rendu en octobre 2012, et dont un  des auteurs a été entendu mercredi, évoque ainsi chez le jeune homme "une  jouissance de destructivité" et des motivations "plus perverses que sexuelles". Il met en avant "une dangerosité majeure", le jeune homme "se projetant dans un avenir de récidiviste (...) reflet de son mode de fonctionnement pervers". L'avocat de la famille d'Agnès s'est bien évidemment engouffré dans la brêche, s'attachant à décrire un être "pleinement responsable de ses actes". Des actes, a-t-il dit, "prémédités, pensés, accomplis avec méthode et sang-froid, sans aucune forme d'impulsion".

Me Valérie Devèze-Fabre, l'avocate de Julie, la première victime de Matthieu, a aussi fait "ressortir la froideur" dans les actes du jeune homme. "Tout ce qu'il a fait contre Julie était voulu, calculé, organisé", a-t-elle déclaré à l'issue de sa plaidoirie jeudi. Aussi les parties civiles espèrent-elles que la probable peine de Matthieu, qui reconnaît l'ensemble des crimes, ne sera pas atténuée par sa qualité de mineur au moment des faits.
Pas d'excuse de minorité 
La mère d'Agnès, Paola Marin, a souhaité jeudi que la cour inflige à l'accusé "la peine maximale et qu'il n'ait pas l'excuse de minorité", qui limiterait la sanction encourue à 20 ans de réclusion au lieu de la perpétuité. Elle a espéré "qu'il ne puisse pas sortir de prison dans 10 ans et qu'il y ait une troisième victime". Le jeune homme pourrait en effet, si la cour en  décide, se voir appliquer une mesure de rétention de sûreté.
L'attitude de Matthieu durant le procès n'aura sans doute pas non plus servi sa cause. La mère d'Agnès a ainsi décrit un accusé "complètement absent, qui ne  montre aucune empathie, qui dit 'peut-être, je ne me souviens pas' et qui s'est  endormi pendant qu'on montrait les photos de l'autopsie" de sa fille. La voie semble donc étroite pour la défense de Matthieu, qui s'exprimera vendredi après les réquisitoires du ministère public. Jusqu'à présent les conseils du jeune homme ont fait le choix du silence, alors que malgré le huis clos, l'avocat et la famille d'Agnès se sont largement exprimés auprès de la presse. Demandé par Me Devèze-Fabre, afin de protéger sa cliente, le huis-clos devrait, à sa demande, être levé partiellement vendredi. Mais seule la partie du réquisitoire consacrée à la personnalité de l'accusé devrait être publique, celle concernant les faits restant à huis clos. Le verdict est attendu dans la soirée.
 

Meurtre d'Agnès : "Ne donnez pas une 2e chance à Matthieu"

L'avocat de la famille de la jeune Agnès, dont le meurtrier présumé est jugé à huis clos devant les assises de Haute-Loire, a demandé jeudi à la cour qu'elle "ne donne pas une deuxième chance" au jeune homme, qualifié de "dangereux pervers".
"Il a eu une première chance et celle qui a payé c'était Agnès", a dit Me Francis Szpiner au sortir de la séance, toujours à huis clos, consacrée jeudi après-midi aux plaidoiries des parties civiles. Il faisait allusion à la libération du jeune homme de 19 ans après un premier viol sous la menace d'une arme en août 2010 dans le Gard.
Un dangereux pervers
Me Francis Szpiner



Un peu plus d'un an plus tard, c'est le corps d'Agnès, 13 ans, interne comme lui au collège Cévenol du Chambon-sur-Lignon qui était retrouvé calciné, après qu'elle eut été tuée et violée. "Ce que nous
avons
voulu dire aux jurés et à la cour, c'est qu'ils comprennent bien qu'ils ont à juger un dangereux pervers, auteur de deux crimes qui, s'il n'avait pas été arrêté, était parti pour en commettre un troisième", a-t-il dit à la presse.

Un être "pleinement responsable de ses actes"
Me Francis Szpiner

Pour ce garçon élevé "dans un milieu favorisé, qui a été aimé et protégé", avait-il dit auparavant, Me Szpiner a écarté toute circonstance atténuante. Il s'est attaché, selon ses dires, à décrire un être "pleinement responsable de ses actes". Des actes, a-t-il dit, "prémédités, pensés, accomplis avec méthode et sang-froid, sans aucune forme d'impulsion". "Quand les jurés délibéreront, qu'ils ne lui donnent pas une deuxième chance", a-t-il conclu.
La mère d'Agnès demande "la peine maximale"
La mère d'Agnès, Paola Marin, qui s'est dite "réconfortée" par la plaidoirie de l'avocat, a elle aussi estimé qu'on "n'est pas généreux avec la vie des autres", ajoutant: "ceux qui ont donné une deuxième chance à Matthieu ont condamné ma fille". Elle a dit attendre que la cour lui inflige "la peine maximale et qu'il n'ait pas l'excuse de minorité" (Matthieu était mineur au moment des faits - ndlr), espérant "qu'il ne puisse pas sortir de prison dans 10 ans et qu'il y ait une troisième victime".
Matthieu "s'est endormi pendant qu'on montrait les photos de l'autopsie"
La mère d'Agnès

Un peu plus tôt, elle avait décrit un accusé "complètement absent, qui ne montre aucune empathie, qui dit +peut-être, je ne me souviens pas+ et qui s'est endormi pendant qu'on montrait les photos de l'autopsie" de sa fille. Me Valérie Devèze-Fabre, l'avocate de Julie, la première victime, s'est surtout attachée à "faire comprendre aux jurés ce qu'avait subi" sa cliente et "les dommages qui en sont résultés" pour cette jeune fille fragile qui, a-t-elle dit, "a vécu ce procès comme une nouvelle agression contre elle". Mais "sans vouloir faire un semblant de réquisition", elle a aussi fait "ressortir la froideur, le calcul" dans les actes de Matthieu. "Tout ce qu'il a fait contre Julie était voulu, calculé, organisé".

http://www.midilibre.fr/2013/06/27/meurtre-d-agnes-ne-donnez-pas-une-2e-chance-a-matthieu,723614.php

jeudi 27 juin 2013

La famille d’Agnès envisage «un procès contre l’Etat pour dysfonctionnement de la justice»

«Tout le monde a pu voir (au cours de ce procès), qu’elle n’avait pas fonctionné normalement», a-t-il déclaré aux journalistes avant l’ouverture des débats.
Dans le suivi judiciaire de Matthieu, jugé devant les assises de Haute-Loire pour l’assassinat et le viol d’Agnès, 13 ans, dont le corps avait été retrouvé partiellement calciné en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon, des défaillances avaient été relevées, lors des deux uniques séances non frappées de huis-clos la semaine dernière.
Consacrées aux témoignages de personnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) du Gard, aux psychiatres et psychothérapeutes ayant suivi l’accusé après un précédent viol sous la menace d’une arme, commis en août 2010 dans le Gard, ces deux séances avaient révélé des failles dans le contrôle judiciaire obligeant le jeune homme à se soumettre à un suivi psychiatrique ou psychologique.
Mercredi, la Cour a entendu, au cours d’une séance particulièrement tendue, le Dr Claude Aiguevives, un pédopsychiatre qui avait rendu à l’automne 2010 un rapport concluant à la non dangerosité de Matthieu, et qui avait conduit à sa remise en liberté. Ce rapport avait été contredit, deux ans plus tard, par celui de deux autres médecins évoquant eux, une «dangerosité majeure» et une «jouissance de destructivité».
Les débats, qui se poursuivaient à huis-clos jeudi, devraient être consacrés dans l’après-midi aux plaidoiries des parties civiles. Le huis-clos devrait toutefois être levé vendredi matin pour les réquisitions du ministère public, à la demande de Me Valérie Devèze-Fabre, l’avocate de Julie, la première victime de Matthieu, a indiqué cette dernière jeudi matin.

http://www.leprogres.fr/haute-loire/2013/06/27/la-famille-d-agnes-envisage-un-proces-contre-l-etat-pour-dysfonctionnement-de-la-justice
 

Meurtre d’Agnès : un médecin exfiltré et un accusé qui s’endort

Pendant quatre heures, ce mercredi aux assises des mineurs de la Haute-Loire, le Dr Claude Aiguesvives, pédopsychiatre, a tenté de défendre son expertise de 2010, qui avait conduit à la remise en liberté de Matthieu. Face à la colère de la famille Marin, l'expert a dû être exfiltré du tribunal et sortir sous escorte
Comment, à deux ans d’intervalle, deux expertises psychiatriques menées sur Matthieu peuvent-elles conduire à des conclusions aussi diamétralement opposées ? On vous répondra que la psychiatrie n’est pas une science exacte. Le crime non plus.
Pendant quatre heures, ce mercredi aux assises des mineurs de la Haute-Loire, le Dr Claude Aiguesvives, pédopsychiatre, a tenté de défendre son expertise. En 2010, il avait conclu que Matthieu « ne présente pas de dangerosité » dans un rapport qui avait conduit à sa remise en liberté. Face à la colère de la famille Marin, il a dû être exfiltré du tribunal et sortir sous escorte.
Mais qui est vraiment Matthieu, accusé de l’assassinat d’Agnès Marin, le 16 novembre 2011, dans un bois près du collège-lycée Cévenol, au Chambon-sur-Lignon ? Selon Me Szpinzer, l’avocat de la famille de l’adolescente, le seul à bien vouloir s’exprimer malgré le huis clos, «il maintient que ce qui est arrivé à Agnès était, en quelque sorte, de sa faute, puisqu’elle aurait été au courant de son passé. Elle était donc susceptible de parler et de le faire renvoyer en prison ».
Pour le ténor du barreau de Paris, «c’est un prédateur qui a repéré une gamine, la plus jeune interne du Cévenol. Le dossier démontre qu’il ne s’intéresse à elle qu’une dizaine de jours avant de passer à l’acte».
Toujours est-il que, devant la cour d’assises, Matthieu a des réactions étonnantes. Lorsque les photos insoutenables de l’autopsie d’Agnès sont dévoilées aux jurés, le jeune homme se serait penché en avant, en se prenant la tête entre les mains. En réponse au président Ruin qui s’inquiète de son état, l’accusé aurait répondu : «Tout va bien monsieur le président, j’ai juste un coup de barre».
Fait encore plus significatif : l’accusé est tellement plongé dans les débats qu’il a fini par sombrer dans un profond sommeil en pleine audience, mardi après-midi. Il a fallu d’ailleurs le réveiller pour poursuivre le procès

http://www.leprogres.fr/haute-loire/2013/06/26/meurtre-d-agnes-un-medecin-exfiltre-et-un-accuse-qui-s-endort

mercredi 26 juin 2013

Haute-Loire. Prédire la «dangerosité», exercice aléatoire illustré par l’affaire Agnès Marin

L’affaire du Chambon-sur-Lignon a ravivé le débat sur la détection de la dangerosité, avec des appels à renouveler les méthodes des experts, bien que les professionnels de la justice en soulignent le caractère aléatoire. «Suivi défaillant», «dysfonctionnements": le procès devant les assises des mineurs de Haute-Loire de Matthieu, 19 ans, accusé du viol et de l’assassinat fin 2011 d’Agnès Marin, 13 ans, a fait resurgir les critiques nées après la découverte du corps de l’adolescente.
Fin 2010, sur la foi d’une expertise favorable, Matthieu avait été remis en liberté après avoir reconnu le viol d’une amie d’enfance, menacée d’un couteau et ligotée. Sous contrôle judiciaire, il avait été admis au collège-lycée Cévenol du Chambon-sur-Lignon, théâtre un an plus tard du meurtre d’Agnès.
Après la première agression, l’adolescent «avait confié une réelle empathie envers la victime», avait relevé Claude Aiguesvives, expert-psychiatre à Montpellier, estimant qu’il ne présentait «pas de dangerosité». Il témoigne ce mercredi devant les assises.
Mais «la dangerosité n’est pas toujours lisible dans la personnalité, si le sujet ne livre rien de son imaginaire», souligne Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue, qui milite pour une évaluation «de l’acte et pas seulement de l’homme».

Fiabilité ?
Pour lui, les statistiques sur la récidive mettent en évidence des «facteurs de risque» objectifs, liés au mode opératoire: dans le cas de Matthieu, le fait d’avoir utilisé une arme et ligoté sa victime de manière préméditée, loin d’un acte pulsionnel.
Aux côtés de l’entretien clinique dominant en France, les appels se multiplient depuis plusieurs années pour promouvoir les «échelles actuarielles» d’origine nord-américaine, largement employées en Europe, et inspirées des calculs de risque des assureurs.
Utilisées par une trentaine d’experts sur plus de 500 en France, ces échelles prédisent la récidive avec plus de fiabilité et éliminent la subjectivité de l’évaluateur, source de divergences entre experts «dans 80% des cas», affirme le rapport parlementaire Blanc-Warsmann de février 2012.
Moins enthousiaste, l’Académie de médecine a néanmoins recommandé fin 2012 qu’on «enseigne et diffuse» ces méthodes. La commission Tulkens de prévention de la récidive a préconisé de son côté, en février dernier, «une phase d’expérimentation».
Côté magistrats, on rappelle cependant que personne n’a attendu de disposer d’échelles chiffrées pour s’alarmer de certains comportements, en particulier s’ils révèlent «une volonté d’humiliation» ou «une perversité».

«Humble»
«Il faut ramener ces techniques à leur juste dimension. Aucune n’apporte de certitude et au final, c’est le juge qui se fait son idée et prend des précautions», explique le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig.
Pour une autre juge des enfants, qui préfère conserver l’anonymat, «il vaut mieux rester humble quand on prédit l’avenir, surtout avec les mineurs. Ils peuvent changer énormément en quelques mois, en fonction de choses qu’on ne maîtrise pas».
«On a tous vu des gamins pour lesquels on était très inquiets s’apaiser d’un coup, parce qu’ils ont une copine. Il y a des facteurs de stabilisation qui aident. A l’inverse, certains perdent totalement les pédales parce que leur mère est malade», souligne-t-elle.
A ses yeux, une approche trop mécanique de la problématique de la dangerosité présente un danger supplémentaire. «Quand on enferme les gens dans des cases sur la base de pourcentages, ils deviennent ce qu’on attend d’eux», insiste la magistrate.
«Il faut débattre du risque éthique. On ne peut pas incarcérer à vie tous les gens qui semblent hautement dangereux, alors qu’ils n’auraient peut-être jamais récidivé», renchérit le psychiatre Roland Coutanceau, pourtant partisan des méthodes statistiques.
Pour lui, «il faut imaginer trois degrés d’accompagnement en fonction du risque de récidive: accompagnement léger, injonction de soins, ou injonction de soins conjuguée au bracelet électronique. L’enjeu, c’est le suivi.»


http://www.leprogres.fr/haute-loire/2013/06/26/predire-la-dangerosite-exercice-aleatoire-illustre-par-l-affaire-agnes-marin

Meurtre d’Agnès Marin : nouveau coup de gueule du grand-père et malaise de la mère de l’accusé

Vers 12 h 30, Armel Marin, le grand-père de l’adolescente a été conduit hors de la salle d’audience après avoir insulté le meurtrier présumé.
« Vous avez un homme de plus de 80 ans qui voit les photos atroces de constatations du crime. Il voit le cadavre calciné de sa petite-fille, tandis que l’accusé affiche un profond sentiment d’indifférence. Alors, ce monsieur explose », a expliqué Me Francis Szpiner, l’avocat de la famille Marin, dans une interview qu’il nous a accordée. Selon le ténor du barreau parisien, l’accusé est « un gamin issu d’une famille sans problème qui souffre d’amnésie sélective. Quand la question l’intéresse, il répond. Quand ça le dérange, il ne se souvient plus ! »
Un peu plus tard, dans l’après-midi, la mère de Matthieu, le jeune homme accusé du meurtre, a été prise d’une crise de nerfs alors qu’étaient évoquées les constatations médicales. Elle a été évacuée par les pompiers au centre hospitalier Émile-Roux.

http://www.leprogres.fr/haute-loire/2013/06/25/meurtre-d-agnes-marin-nouveau-coup-de-gueule-du-grand-pere-et-malaise-de-la-mere-de-l-accuse

samedi 22 juin 2013

Meurtre d’Agnès au Chambon-sur-Lignon : la "faiblesse" de la protection juduciaire de la jeunesse

Pour la Protection judiciaire de la jeunesse, il n’y a pas eu de « fautes ».
 

Le directeur central de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), Jean-Louis Daumas, a concédé, hier devant les assises de Haute-Loire, une "faiblesse" mais pas de "fautes" dans le suivi de Matthieu, jugé depuis lundi pour le viol et l’assassinat d’Agnès Marin au Chambon-sur-Lignon en novembre 2011, mais aussi pour le viol sous la menace d’une arme d’une autre mineure, un an plus tôt dans le Gard. Deux drames intimement liés puisque l’accusé, qui sortait de quatre mois de détention provisoire pour la première agression sexuelle, avait intégré l’internat du collège-lycée Cévenol au Chambon dans le cadre de son contrôle judiciaire suivi par la PJJ du Gard.
Des réserves


Auteur d’un rapport remis en décembre 2011 à Michel Mercier, le garde des Sceaux d’alors, M. Daumas a réaffirmé hier que l’éducatrice de la PJJ, en charge du suivi de Matthieu "a accompli, selon le référentiel méthodologique, son travail sans faute professionnelle". Il a toutefois concédé "deux réserves" : elle aurait pu prendre contact plus vite avec le Cévenol, et non quatre mois après l’arrivée de Matthieu, et a eu trop de "distance dans les modalités du suivi psychiatrique".
Contacts limités avec le Cévenol
Pas de quoi convaincre le président de la cour qui a mis en évidence certaines failles du contrôle judiciaire, notamment avec une pédopsychiatre lituanienne qui avait pour unique contact les parents de Matthieu, et un "psychothérapeute, qui n’en a ni le titre ni l’expérience". "La PJJ n’a pas vérifié que c’était sérieux et s’est contentée d’avoir l’attestation", a-t-il dénoncé. Le magistrat s’est aussi étonné du fait que la PJJ n’ait eu qu’un seul contact, en mars 2011, avec le Cévenol, puis "aucun en onze mois", jusqu’au drame.
Le père d'Agnès écœuré
"Ce rapport, c’est simplement le dossier de l’inspectrice commenté par vous", a lancé alors au témoin l’avocat de la famille Marin, Me Francis Szpiner. "Le garde des Sceaux n’avait pas actionné le service d’inspection et donc l’inspectrice n’a pas été entendue", a répondu le fonctionnaire. Le visage creusé par la fatigue, Frédéric Marin, le père d’Agnès, a exprimé son écœurement à la sortie de l’audience. "C’est un florilège abject et indécent de dysfonctionnements et d’autosatisfaction, a-t-il dit. Nous n’en resterons pas là." "La seule satisfaction que nous
avons
, c’est qu’à la suite de cette affaire, on a compris que l’institution judiciaire devait prévenir les établissements scolaires dans ce type d’affaire. Si ça avait été fait avant, Agnès Marin ne serait pas morte", a déclaré pour sa part Me Szpiner.

Verdict attendu le 28 juin.
http://www.midilibre.fr/2013/06/21/meurtre-d-agnes-la-faiblesse-de-la-pjj,720841.php

vendredi 21 juin 2013

Meurtre d’Agnès : une succession de dysfonctionnements

Même si elle n’offre pas une vue globale, la levée partielle du huis clos, jeudi, dans le procès de Matthieu, permet de constater des défaillances en série. Le jeune homme de 19 ans est jugé pour le viol aggravé d’une adolescente dans le Gard, le 1er août 2010, et pour le viol suivi de l’assassinat d’Agnès au Chambon-sur-Lignon, le 16 novembre 2011.
Jeudi, la faiblesse de la part des éducateurs de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) de Nîmes a été mise en évidence. Ils étaient chargés de suivre le jeune homme venant de purger quatre mois de détention provisoire pour le viol du Gard. « Vous avez exercé une mission d’assistance éducative en vous reposant sur les informations fournies par Matthieu lui-même et ses parents, des informations forcément positives, au lieu d’exercer un véritable contrôle judiciaire dans le cadre d’une affaire criminelle », tance le président Christophe Ruin. Dans un rapport d’étape en date du 3 août 2011, une éducatrice conclut à une évolution positive de Matthieu. « Toutefois, à cette même période, le collège-lycée Cévenol ne veut pas l’autoriser à redoubler dans l’établissement », remarque la cour. Le lycéen est en effet devenu persona non grata pour avoir fait entrer des bouteilles d’alcool dans l’établissement, tenté de télécharger un film pornographique et avoir eu un comportement qualifié « d’indécent » avec sa petite amie.
« Je l’ignorai », répond l’éducatrice chargée de le suivre à l’époque. Cette dernière faisait le grand écart entre les départements : salariée à la PJJ de Nîmes, elle suivait le lycéen scolarisé en Haute-Loire qui passait ses week-ends chez des grands-parents dans le Vaucluse (son contrôle judiciaire lui interdisait de se rendre dans le département du Gard).
Encore plus édifiant. Mis en examen pour viol avec usage d’une arme, Matthieu doit bénéficier d’un suivi psychiatrique ou psychologique. À la demande des parents, il est reçu à deux reprises, au centre hospitalier Sainte-Marie, au Puy-en-Velay, par un pédopsychiatre d’origine lituanienne et maîtrisant mal le français. Les parents de Matthieu confient ensuite leur adolescent à un infirmier, puis à un psychothérapeute (qui n’en a d’ailleurs pas le titre) pendant près de neuf mois. « Est-ce que vous ne pensez pas que le costume était trop grand pour vous ? » interroge le président Ruin à l’encontre de ce dernier. « J’ai averti le père des limites de mon travail, c’était tout à fait clair », répond l’intéressé.
Très attendu à la barre, Philippe Bauwens, le directeur du collège-lycée Cévenol, affirme n’avoir jamais su que Matthieu était sous contrôle judiciaire.
« Je savais juste qu’il avait un suivi psychiatrique, indique le directeur du collège-lycée Cévenol, aujourd’hui à la retraite. Lors de l’inscription, son père m’a parlé d’agression sexuelle, et n’est pas allé au-delà. Je n’ai pas eu d’autre précision. » Avant de répondre par ailleurs à la cour qu’il n’avait jamais choisi de garder un élève difficile pour des motifs économiques ni reçu de consigne particulière du conseil d’administration en ce sens. Les débats se sont poursuivis jusque tard dans la soirée

http://www.leprogres.fr/france-monde/2013/06/21/meurtre-d-agnes-une-succession-de-dysfonctionnements