L'ex-compagne de Stéphane Moitoiret, Noëlla Hégo, acquittée vendredi soir par les assises du Rhône du chef de "complicité" dans l'assassinat du petit Valentin en 2008 dans l'Ain, est libre mais a été hospitalisée d'office à l'issue de l'audience, a-t-on appris aujourd'hui auprès de sa défense.
"A la demande du préfet et pour sa propre protection, elle a été hospitalisée d'office le soir-même à l'Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de Lyon", a déclaré Me Roksana Naserzadeh.
Agée de 53 ans, Noëlla Hégo a seulement été reconnue coupable de n'avoir pas prêté assistance à Valentin Crémault, tué de 44 coups de couteau, et d'avoir tenté en 2006 d'enlever un autre enfant, également prénommé Valentin, avec Moitoiret. Elle a été condamnée pour cela à cinq ans de prison, dont quatre ferme, assortie d'une obligation de soins et d'une mise à l'épreuve de deux ans. Bien en-deçà des 18 ans de réclusion infligés en première instance, à Bourg-en-Bresse en 2011, pour complicité d'assassinat.
Noëlla Hégo avait éclaté en sanglots à l'énoncé du verdict vendredi soir. Ayant déjà passé cinq années et demi en détention provisoire, la levée d'écrou a eu lieu dans la foulée. Une audience devrait se tenir prochainement devant le juge de la liberté et de la détention (JLD) pour évaluer l'opportunité d'une levée d'hospitalisation, a ajouté Me Naserzadeh.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/11/25/97001-20131125FILWWW00358-valentin-noella-hego-hospitalisee-d-office.php
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
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lundi 25 novembre 2013
samedi 23 novembre 2013
Meurtre de Valentin : Moitoiret "heureux" d'être condamné à 30 ans de prison
La cour d'assises d'appel du Rhône vient de condamner Stéphane Moitoiret à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du petit Valentin, poignardé à 44 reprises en 2008.
Il a donc été reconnu responsable pénalement. Stéphane Moitoiret a été condamné vendredi en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat en 2008 du petit Valentin dans l'Ain. Son ex-compagne et coaccusée, Noëlla Hégo, a quant à elle été acquittée du chef de complicité d'assassinat, mais condamnée à cinq ans de prison dont un avec sursis pour "non-assistance à personne en danger" et tentative d'enlèvement d'un autre enfant. Sa peine couvrant la détention déjà effectuée, elle va sortir de prison.
Les jurés ont suivi les réquisitions pour Moitoiret mais se sont montrés plus cléments pour Hégo, pour laquelle l'avocat général avait requis 16 à 18 ans de réclusion. En première instance dans l'Ain, fin 2011, ils avaient été respectivement condamnés à la perpétuité et à 18 ans de réclusion.
Les avocats de Stéphane Moitoiret ont exprimé leur colère quelques minutes après l'énoncé du verdict. "Cet homme a été broyé parce que sa folie n'a pas été reconnue, (...) c'est la médecine et la justice qui subissent un échec parce qu'on a décidé en France de condamner les fous", a déclaré Me Franck Berton. "C'est un triste présage pour l'avenir de la psychiatrie et de la justice française", a ajouté Me Hubert Delarue. Il a par ailleurs expliqué que son client était "heureux" de ne pas être reconnu fou. "Tout va pour le mieux dans le pire des mondes", a ainsi conclut Me Delarue.
Les experts psychiatres déchirés sur la folie de Moitoiret
Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo, jugés psychotiques par une majorité d'experts, avaient tenté d'acheter cet enfant de 5 ans qu'ils considéraient comme "l'élu", présentant leurs papiers d'identité aux parents avant de repartir. "Que la responsabilité de Moitoiret ait été reconnue est pour nous d'une importance essentielle", a déclaré Me Gilbert Collard, l'avocat de la mère de Valentin, car "on sait que Valentin n'a pas été tué par une chose mais par un être humain". "C'est essentiel pour la maman que la justice ait dit qu'on ne peut pas tuer un enfant, le voir mourir, saigner, pleurer, sans être conscient", a ajouté l'avocat.
Dans la matinée, la défense de Stéphane Moitoiret avait supplié la cour de "ne pas céder aux sirènes de la vengeance judiciaire" en condamnant ce "fou" pour ce crime "atroce" mais de le déclarer irresponsable. "Je vous conjure de ne pas confondre l'individu et le crime", avait supplié Me Franck Berton, demandant à la cour de "répondre non" à la question de savoir si l'accusé était "conscient" quand il avait poignardé cet enfant qu'il ne connaissait pas. Il n'a pas été suivi.
Comme en première instance, les experts psychiatres se sont déchirés sur la folie de l'accusé. Quatre d'entre eux évoquent une "abolition" du discernement, synonyme d'irresponsabilité, et six parlent d'"altération", qui permet une condamnation - moins catégoriques à l'audience, deux ont finalement refusé de se prononcer. Quant à Noëlla Hégo, 53 ans, tous les experts la jugent responsable de ses actes malgré un "délire" mystique, mais ils se sont montrés très sceptiques sur son implication dans le meurtre.
vendredi 22 novembre 2013
Affaire Valentin : « Nous ne sommes plus au Moyen-Âge » !
Me Hubert Delarue s’est levé en premier, ce vendredi matin, pour la défense de Stéphane Moitoiret, dans une plaidoierie empreinte d’une colère froide, entre cris et chuchotements, parce qu’il n’était pas nécessaire, selon lui, de « tenter de rationnaliser l’irrationnel ». Fustigeant l’absence de mobile « car c’est le mobile qui fait le crime, et qui fait la responsabilité du criminel », s’en prenant à l’approche de certains experts, selon lui « idéologiquement » opposés à la notion d’irresponsabilité pénale, il a répondu à Me Collard, sur la notion d’humanité : « Stéphane Moitoiret est un homme. Nous ne défendons pas un robot, ni un clone, même si quelque part, pourtant, nous défendons le roi d’Australie, général major de je ne sais quoi et de ses boîtes à voeux ».
Et d’insister sur le fait que l’émotion suscitée par l’horreur du meurtre ne devait pas faire oublier les enjeux du procès : « Vous êtes à l’infinie souffrance, nous sommes à l’infinie folie (…) Nous ne sommes plus au Moyen-Âge, où on brûlait les épileptiques en place publique parce qu’on les pensait habités par le diable ».
L’avocat picard s’en est pris ensuite à l’avocat général Jean-Paul Gandolière, coupable selon lui d’avoir tenté de « prendre les jurés en otages en agitant le chiffon rouge de la peur » : « On vous a expliqué que les hôpitaux psychiatriques étaient des passoires, et que si on le confiait à des psys, dans six mois il sortirait. La ficelle est un peu grosse. Vous en connaissez des préfets qui vont remette en liberté un gus qui se prend pour le roi d’Australie et qui a massacré un enfant de 44 coups de couteau sans aucun mobile ? Trouvez-le moi celui-là, et pendant que vous y êtes, dites-nous que les préfets sont psychotiques, que les JLD également, et que l’ensemble de la magistrature n’a pas de cerveau (…) Ce que nous proposons, c’est pire que les 30 ans avec deux tiers de sûreté que vous réclamez. En France, en moyenne, on purge la moitié de sa peine. De prison, on en sort, alors que pour les sujets les plus atteints, on ne sort pas d’un établissement psychiatrique pour malades difficiles, sauf pour y être enterré ! »
« Bon sens populiste »
Me Franck Berton, un peu plus tard, abondera dans ce sens, s’adressant directement aux jurés : « Il a deux ennemis, Stéphane Moitoiret, son psy et son avocat. Le plus grand mal que vous pourriez lui faire, serait de le déclarer fou. Il n’en veut pas ! Je ne vous demande pas de l’aimer, de passer vos vacances avec lui, on se bat pas pour faire plaisir à Moitoiret, mais ce sera plus facile dans vingt ans de le faire sortir de prison que d’un hôpital psychiatrique. Vous pensez que la justice, la psychiatrie, vont l’oublier ? »
Et Me Berton d’en appeler lui aussi à l’histoire et aux fondements de la Justice, rappelant les propos du Garde des Sceaux de l’époque, Rachida Dati, qui avait exigé un procès. En mode rouleau compresseur, il mettait en garde les jurés contre une décision prise au nom du « bon sens populiste », « parce que les politique vous l’ont demandé, aussi un peu parce que le peuple l’attend, ce même peuple qui lui aurait guillotiné la tête il y a 25 ans (…) Si vous décidez de condamner un fou, qu’il s’appelle Moitoiret ou un autre, ça voudra dire que la justice sera devenue aussi folle que ceux qu’on vous invite à juger. Les Gardes des Sceaux passent, les décisions restent. Ne cédez pas à ces sirènes de la vengeance judiciaire ». Après les derniers mots des accusés, la Cour et les jurés sont partis délibérer à 14h10.
Verdict dans la soirée.
http://www.leprogres.fr/rhone/2013/11/22/valentin-la-defense-supplie-de-ne-pas-choisir-la-vengeance-judiciaire
Et d’insister sur le fait que l’émotion suscitée par l’horreur du meurtre ne devait pas faire oublier les enjeux du procès : « Vous êtes à l’infinie souffrance, nous sommes à l’infinie folie (…) Nous ne sommes plus au Moyen-Âge, où on brûlait les épileptiques en place publique parce qu’on les pensait habités par le diable ».
L’avocat picard s’en est pris ensuite à l’avocat général Jean-Paul Gandolière, coupable selon lui d’avoir tenté de « prendre les jurés en otages en agitant le chiffon rouge de la peur » : « On vous a expliqué que les hôpitaux psychiatriques étaient des passoires, et que si on le confiait à des psys, dans six mois il sortirait. La ficelle est un peu grosse. Vous en connaissez des préfets qui vont remette en liberté un gus qui se prend pour le roi d’Australie et qui a massacré un enfant de 44 coups de couteau sans aucun mobile ? Trouvez-le moi celui-là, et pendant que vous y êtes, dites-nous que les préfets sont psychotiques, que les JLD également, et que l’ensemble de la magistrature n’a pas de cerveau (…) Ce que nous proposons, c’est pire que les 30 ans avec deux tiers de sûreté que vous réclamez. En France, en moyenne, on purge la moitié de sa peine. De prison, on en sort, alors que pour les sujets les plus atteints, on ne sort pas d’un établissement psychiatrique pour malades difficiles, sauf pour y être enterré ! »
« Bon sens populiste »
Me Franck Berton, un peu plus tard, abondera dans ce sens, s’adressant directement aux jurés : « Il a deux ennemis, Stéphane Moitoiret, son psy et son avocat. Le plus grand mal que vous pourriez lui faire, serait de le déclarer fou. Il n’en veut pas ! Je ne vous demande pas de l’aimer, de passer vos vacances avec lui, on se bat pas pour faire plaisir à Moitoiret, mais ce sera plus facile dans vingt ans de le faire sortir de prison que d’un hôpital psychiatrique. Vous pensez que la justice, la psychiatrie, vont l’oublier ? »
Et Me Berton d’en appeler lui aussi à l’histoire et aux fondements de la Justice, rappelant les propos du Garde des Sceaux de l’époque, Rachida Dati, qui avait exigé un procès. En mode rouleau compresseur, il mettait en garde les jurés contre une décision prise au nom du « bon sens populiste », « parce que les politique vous l’ont demandé, aussi un peu parce que le peuple l’attend, ce même peuple qui lui aurait guillotiné la tête il y a 25 ans (…) Si vous décidez de condamner un fou, qu’il s’appelle Moitoiret ou un autre, ça voudra dire que la justice sera devenue aussi folle que ceux qu’on vous invite à juger. Les Gardes des Sceaux passent, les décisions restent. Ne cédez pas à ces sirènes de la vengeance judiciaire ». Après les derniers mots des accusés, la Cour et les jurés sont partis délibérer à 14h10.
Verdict dans la soirée.
http://www.leprogres.fr/rhone/2013/11/22/valentin-la-defense-supplie-de-ne-pas-choisir-la-vengeance-judiciaire
Meurtre de Valentin : "Si vous décidez de condamner un fou, la justice sera devenue folle"
La cour d'assises d'appel du Rhône va rendre ce soir son verdict à l'encontre de Stéphane Moitoiret et de sa compagne Noëlla Hégo pour le meurtre en 2008 dans l'Ain du petit Valentin. Les jurés auront la lourde tâche de devoir trancher sur l'irresponsabilité pénale ou non du principal accusé.
Stéphane Moitoiret était-il fou ou conscient de son acte lorsqu'il a poignardé à 44 reprises Valentin, 10 ans, dans l'Ain en 2008 ? La cour d'assises d'appel du Rhône doit rendre son verdict en fin de journée. Comme en première instance, l'avocat général, Jean-Paul Gandolière, a requis jeudi 30 ans de réclusion criminelle contre Stéphane Moitoiret, et "16 à 18 ans" contre son ex-compagne Noëlla Hégo, accusée de l'avoir incité à tuer. "C'est dans cette relation spéciale d'emprise que vous trouverez l'explication", a asséné le magistrat. Selon lui, Noëlla Hégo était "l'ange noir" de Stéphane Moitoiret, "un baril de poudre criminel" dont elle a "allumé la mèche".
L'avocate de Noëlla Hégo, Roksana Naserzadeh, a plaidé l'acquittement, invitant les jurés à opérer "un tri massif entre fantasmes et vérités établies", tandis que les avocats de Moitoiret, qui ne contestent pas la culpabilité de leur client, ont plaidé en faveur de son irresponsabilité pénale. "Vous êtes les otages d'une vengeance judiciaire" mais "je vous conjure de ne pas confondre l'individu et le crime", a supplié Me Franck Berton, demandant à la cour de "répondre non" à la question de savoir si l'accusé était "conscient" quand il a porté 44 coups de couteau au garçonnet de 10 ans. "Libérez-vous de vos émotions, gardez raison et ne cédez pas à la tentation qu'il faut coûte que coûte juger les fous", car "on vous dit de suivre cette vengeance judiciaire qui fait fi de nos principes", a lancé Me Berton dans une plaidoirie rageuse. "Vous allez dire qu'il est coupable et non responsable et vous inscrirez une page de l'Histoire judiciaire malgré vous", a ajouté l'avocat. Mais "si vous décidez de condamner un fou (...) la justice sera devenue folle", a-t-il martelé, car "ce n'est pas l'horreur du crime qui conduit à une condamnation".
L'avocate de Noëlla Hégo, Roksana Naserzadeh, a plaidé l'acquittement, invitant les jurés à opérer "un tri massif entre fantasmes et vérités établies", tandis que les avocats de Moitoiret, qui ne contestent pas la culpabilité de leur client, ont plaidé en faveur de son irresponsabilité pénale. "Vous êtes les otages d'une vengeance judiciaire" mais "je vous conjure de ne pas confondre l'individu et le crime", a supplié Me Franck Berton, demandant à la cour de "répondre non" à la question de savoir si l'accusé était "conscient" quand il a porté 44 coups de couteau au garçonnet de 10 ans. "Libérez-vous de vos émotions, gardez raison et ne cédez pas à la tentation qu'il faut coûte que coûte juger les fous", car "on vous dit de suivre cette vengeance judiciaire qui fait fi de nos principes", a lancé Me Berton dans une plaidoirie rageuse. "Vous allez dire qu'il est coupable et non responsable et vous inscrirez une page de l'Histoire judiciaire malgré vous", a ajouté l'avocat. Mais "si vous décidez de condamner un fou (...) la justice sera devenue folle", a-t-il martelé, car "ce n'est pas l'horreur du crime qui conduit à une condamnation".
Débat autour de l'irresponsabilité pénale
Cette audience en appel a tranché avec le premier procès tenu fin 2011 à Bourg-en-Bresse. Sous camisole chimique, Moitoiret et Hégo étaient restés mutiques et avaient été respectivement condamnés à la perpétuité et 18 ans de réclusion. A Lyon, avec un traitement allégé, les deux accusés se sont exprimés abondamment, plongeant les jurés dans leur univers fait de "clones", de "boîtes à voeux", de réincarnations et de "missions divines". Or leur état mental est au centre des débats: pour la défense de Moitoiret, qui plaide la folie, comme pour celle de Hégo, qui estime qu'on fait passer des "propos délirants" pour un aveu de complicité.
L'ADN accable Moitoiret, marginal de 44 ans dont le sang a été retrouvé mêlé à celui de Valentin, mort dans une rue de Lagnieu (Ain), le 29 juillet 2008. Quatre experts évoquent une "abolition" du discernement, synonyme d'irresponsabilité, et six parlent d'"altération", qui permet une condamnation - moins catégoriques à l'audience, deux ont finalement refusé de se prononcer. Les "abolitionnistes" rappellent que Moitoiret délire "depuis des décennies", ce qu'a attesté l'enquête, et estiment que les 44 coups de couteau donnés à un enfant inconnu signent, par leur sauvagerie et leur absurdité, la folie de l'accusé. Mais pour leurs adversaires, le marginal a conservé une "once de lucidité", suffisante pour cacher couteau et vêtements, et a tué Valentin par "colère" parce que Noëlla Hégo, qui représentait "toute sa vie" depuis 20 ans, voulait le quitter. Quant à Noëlla Hégo, 53 ans, tous les experts la jugent responsable de ses actes malgré un "délire" mystique largement dévoilé à l'audience. Mais ils se sont montrés très sceptiques sur son implication.
L'ADN accable Moitoiret, marginal de 44 ans dont le sang a été retrouvé mêlé à celui de Valentin, mort dans une rue de Lagnieu (Ain), le 29 juillet 2008. Quatre experts évoquent une "abolition" du discernement, synonyme d'irresponsabilité, et six parlent d'"altération", qui permet une condamnation - moins catégoriques à l'audience, deux ont finalement refusé de se prononcer. Les "abolitionnistes" rappellent que Moitoiret délire "depuis des décennies", ce qu'a attesté l'enquête, et estiment que les 44 coups de couteau donnés à un enfant inconnu signent, par leur sauvagerie et leur absurdité, la folie de l'accusé. Mais pour leurs adversaires, le marginal a conservé une "once de lucidité", suffisante pour cacher couteau et vêtements, et a tué Valentin par "colère" parce que Noëlla Hégo, qui représentait "toute sa vie" depuis 20 ans, voulait le quitter. Quant à Noëlla Hégo, 53 ans, tous les experts la jugent responsable de ses actes malgré un "délire" mystique largement dévoilé à l'audience. Mais ils se sont montrés très sceptiques sur son implication.
jeudi 21 novembre 2013
Valentin : 30 ans requis contre Stéphane Moitoiret
Une peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, a été requise jeudi en appel devant la cour d'assises du Rhône à l'encontre de Stéphane Moitoiret pour l'assassinat du petit Valentin en 2008 dans l'Ain.
L'avocat général, Jean-Paul Gandolière, a également requis 16 à 18 ans de réclusion à l'encontre de Noëlla Hégo, jugée pour complicité, en demandant à la cour de "faire chorus avec les jurés de l'Ain". En première instance à Bourg-en-Bresse, fin 2011, Stéphane Moitoiret avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et Noëlla Hégo à 18 ans de réclusion.
Meurtre du petit Valentin : La folie des accusés divise
Le premier collège d’experts psychiatres a été entendu par la Cour d'assises du Rhône mardi dans le cadre du procès du meurtre du petit Valentin, tué en 2008. Mais leurs conclusions sèment le doute. Alors que les deux premiers concluent au discernement altéré de Stéphane Moitoiret pendant les faits, le troisième affirme qu’il est schizophrène et doit être interné.
L’avis des experts psychiatres peut être décisif. Ils doivent dire si Stéphane Moitoiret peut être condamné à la prison ou s’il a besoin d’être interné dans un centre psychiatrique. L’homme est accusé du meurtre de Valentin, un petit garçon de 11 ans tué alors qu’il faisait du vélo à Lagnieu (Ain).
Stéphane Moitoiret et sa compagne Noëlla Hégo ont été arrêtés peu de temps après le drame, confondus par des tests ADN. Rapidement, l’état mental des accusés a fait débat. Stéphane Moitoiret appelle Noëlla «Majesté» et la considère comme «l’incarnation de Dieu sur Terre en mission divine». Cette dernière explique de son côté aux enquêteurs n’avoir pas pris part au meurtre de Valentin. Elle affirme que son compagnon était «possédé» et que la nuit du drame, ils s’étaient disputés. L’homme serait alors parti pour revenir quelques heures plus tard et avouer le meurtre de l’enfant. Mais Stéphane Moitoiret nie farouchement les faits, attribuant le crime à un «double», indique France 3.
Pourtant, le couple est également jugé pour tentative d’enlèvement sur un autre Valentin, en août 2006. Le 13 août, les deux amants auraient aperçu le petit garçon lors d’un mariage qui se tenait dans une petite commune du Poitou. «J’ai vu un homme qui tenait dans ses bras Valentin, il avait déjà chevauché son vélo, il a dit que c’était l’élu, qu'il fallait qu'il l’emmène», a raconté un témoin, qui a finalement réussi à récupérer l’enfant en «l’arrachant des mains» du ravisseur présumé. Quelques jours plus tard, le couple serait revenu au domicile des mariés, persuadés d’y trouver Valentin, âgé de cinq ans. «Il me disait que Valentin était promu à un grand destin, s’est souvenu le témoin à la barre. Lui, il parlait et la femme l’encourageait. Il voulait acheter Valentin.» «Je ne me rappelle pas, moi je ne pense pas», assure cependant Stéphane Moitoiret. Sa compagne, elle, avoue les faits mais explique n’avoir jamais eu l’intention de l’enlever: «Il était sur la route, il était en danger, on voulait le ramener à sa famille».
En première instance, les deux marginaux n'avaient pas été capables de s'expliquer sur les événements, s'en tenant à de laconiques «oui» ou «non» en guise de réponses. Malgré son avocat qui avait plaidé la folie, Stéphane Moitoiret avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Sa compagne avait, elle, écopé de 18 ans de prison. Les faits remontent au 28 juillet 2008. Ce jour-là, Valentin, âgé de 11 ans, fait du vélo non loin de la maison où il était hébergé par des amis pendant les vacances. Mais alors que les adultes discutent dans le jardin, ils se rendent compte que l’enfant n’est plus là. Ils le cherchent partout et finissement pas le découvrir, gisant au sol, en sang. Malgré les efforts des secours, le petit garçon ne survit pas à ses blessures. Tout le monde pense d’abord à un accident de la route, puis à une attaque d’un chien errant, rappelle «Lyon Capitale». Mais l’autopsie réalisée par le médecin légiste montre que Valentin a été sauvagement poignardé. Au total, son corps porte 44 coups de couteaux. Le doute n’est plus permis: le garçonnet a été tué.
http://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers
L’avis des experts psychiatres peut être décisif. Ils doivent dire si Stéphane Moitoiret peut être condamné à la prison ou s’il a besoin d’être interné dans un centre psychiatrique. L’homme est accusé du meurtre de Valentin, un petit garçon de 11 ans tué alors qu’il faisait du vélo à Lagnieu (Ain).
Stéphane Moitoiret et sa compagne Noëlla Hégo ont été arrêtés peu de temps après le drame, confondus par des tests ADN. Rapidement, l’état mental des accusés a fait débat. Stéphane Moitoiret appelle Noëlla «Majesté» et la considère comme «l’incarnation de Dieu sur Terre en mission divine». Cette dernière explique de son côté aux enquêteurs n’avoir pas pris part au meurtre de Valentin. Elle affirme que son compagnon était «possédé» et que la nuit du drame, ils s’étaient disputés. L’homme serait alors parti pour revenir quelques heures plus tard et avouer le meurtre de l’enfant. Mais Stéphane Moitoiret nie farouchement les faits, attribuant le crime à un «double», indique France 3.
"On ne juge pas les fous, on les soigne"
Pour deux des trois experts interrogés mardi par la Cour d'assises du Rhône, Moitoiret est atteint de paraphrénie, un discernement de la personnalité qui permet de garder ses capacités intellectuelles tout en vivant dans un monde imaginaire. C’est également de ce trouble dont souffrirait Noëlla Hégo. Mais pour le troisième expert interrogé, l’accusé serait en réalité atteint de schizophrénie, indique «Lyon Capitale». D’après lui, Stéphane Moitoiret n’était plus lui-même pendant le drame et ne devrait donc pas se retrouver dans le box des accusés mais dans «une unité psychiatrique, on ne juge pas les fous, on les soigne». Tous les experts contestent en revanche la préméditation.Pourtant, le couple est également jugé pour tentative d’enlèvement sur un autre Valentin, en août 2006. Le 13 août, les deux amants auraient aperçu le petit garçon lors d’un mariage qui se tenait dans une petite commune du Poitou. «J’ai vu un homme qui tenait dans ses bras Valentin, il avait déjà chevauché son vélo, il a dit que c’était l’élu, qu'il fallait qu'il l’emmène», a raconté un témoin, qui a finalement réussi à récupérer l’enfant en «l’arrachant des mains» du ravisseur présumé. Quelques jours plus tard, le couple serait revenu au domicile des mariés, persuadés d’y trouver Valentin, âgé de cinq ans. «Il me disait que Valentin était promu à un grand destin, s’est souvenu le témoin à la barre. Lui, il parlait et la femme l’encourageait. Il voulait acheter Valentin.» «Je ne me rappelle pas, moi je ne pense pas», assure cependant Stéphane Moitoiret. Sa compagne, elle, avoue les faits mais explique n’avoir jamais eu l’intention de l’enlever: «Il était sur la route, il était en danger, on voulait le ramener à sa famille».
En première instance, les deux marginaux n'avaient pas été capables de s'expliquer sur les événements, s'en tenant à de laconiques «oui» ou «non» en guise de réponses. Malgré son avocat qui avait plaidé la folie, Stéphane Moitoiret avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Sa compagne avait, elle, écopé de 18 ans de prison. Les faits remontent au 28 juillet 2008. Ce jour-là, Valentin, âgé de 11 ans, fait du vélo non loin de la maison où il était hébergé par des amis pendant les vacances. Mais alors que les adultes discutent dans le jardin, ils se rendent compte que l’enfant n’est plus là. Ils le cherchent partout et finissement pas le découvrir, gisant au sol, en sang. Malgré les efforts des secours, le petit garçon ne survit pas à ses blessures. Tout le monde pense d’abord à un accident de la route, puis à une attaque d’un chien errant, rappelle «Lyon Capitale». Mais l’autopsie réalisée par le médecin légiste montre que Valentin a été sauvagement poignardé. Au total, son corps porte 44 coups de couteaux. Le doute n’est plus permis: le garçonnet a été tué.
http://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers
mercredi 20 novembre 2013
Assassinat de Valentin: la folie de Moitoiret divise les experts
Les experts-psychiatres entendus depuis mardi par les assises du Rhône, qui jugent en appel l'assassinat du petit Valentin en 2008 dans l'Ain, divergent sur le degré de lucidité du meurtrier présumé mais doutent de l'implication de son ex-compagne et coaccusée.
«Paraphrène» ou «schizophrène» ? «Parcelle de lucidité» ou marginal «fou comme une chèvre»? Deux jours de débats, souvent virulents, n'ont pas permis un accord sur l'état mental de Stéphane Moitoiret, 44 ans, quand il a poignardé cet enfant de 10 ans qu'il ne connaissait pas.
L'enjeu est pourtant décisif: si son discernement est «altéré», il peut être condamné. S'il est «aboli», il doit être déclaré irresponsable. En première instance fin 2011, devant les assises de l'Ain, il avait été condamné à la réclusion criminelle à la perpétuité.
Sur les dix experts psychiatres consultés pendant l'instruction, quatre penchaient pour l'abolition et six pour l'altération. Moins catégoriques devant la cour, deux des «altérationnistes» ont finalement refusé de se prononcer.
Le déni, signe de lucidité ?
Dans le camp de l'abolition, on souligne l'ancienneté de la schizophrénie de Moitoiret, «qui délirait depuis des décennies», selon Paul Bensussan. On s'attarde surtout sur son crime: un «acharnement inouï et absurde sur un enfant inconnu, qui porte la marque» d'une «décompensation psychotique», pour Daniel Zagury.
Côté altération, on diagnostique une «paraphrénie», délire qui préserve «une partie lucide», selon Daniel Settelen. Les experts s'appuient également sur les dénégations de Moitoiret, signe qu'il «mesure la gravité des faits», pour Agnès Peyramond.
«Un malade mental n'est pas décérébré. Un fou criminel sait qu'il a tué», a riposté le docteur Bensussan. Pour Patrick Blachère, le déni permet seulement à l'accusé «d'échapper à la honte et à la culpabilité», mais ne démontre pas sa lucidité.
Daniel Zagury, qui a notamment expertisé Guy Georges, Patrice Alègre et Michel Fourniret, a récusé l'idée même d'une «querelle d'experts», qui supposerait de les mettre sur le même plan. Pour lui, l'idée d'une folie partielle est une «erreur de diagnostic».
Les âpres discussions entourant Moitoiret contrastent avec la quasi-unanimité autour de son ex-compagne, Noëlla Hégo, 53 ans, renvoyée pour complicité d'assassinat.
«Sa Majesté Noëlla», sobriquet dont elle signait ses PV d'interrogatoire, est jugée paraphrène par la majorité, avec un délire «mystique et mégalomane» largement dévoilé à l'audience. Son discernement est considéré comme altéré, donc sa responsabilité ne fait pas débat.
'Pas de violence' chez Hégo
Le problème, la concernant, vient de la réalité même des charges. On lui reproche d'avoir poussé son compagnon au meurtre en inventant le concept «de retour en arrière», qui implique «la mort de quelqu'un».
«Le retour en arrière, c'est un terme, une phrase qui ne contient pas d'action. Il ne faut pas que nous - la cour, les policiers - nous délirions avec les gens», a balayé mardi Agnès Peyramond, invitant les jurés à «se pencher sur la réalité».
Pour elle, comme pour son confrère Serge Bornstein, Moitoiret a tué par «colère» parce que sa compagne voulait le quitter, alors que leurs «missions divines» sur les routes «remplissaient toute sa vie» depuis plus de vingt ans.
«Il m'arrive de me réveiller la nuit et de me demander de quoi Noëlla Hégo était coupable», a renchéri Daniel Zagury. «Il n'y a pas chez elle de violence, de dimension transgressive», et elle a longtemps «étayé» le «pauvre hère» qu'était Moitoiret, a-t-il estimé.
Noëlla Hégo, absente des lieux du crime et qui n'a fourni aucune aide matérielle, a été condamnée en première instance à 18 ans de réclusion criminelle. Sa défense plaide l'acquittement.
http://www.20minutes.fr/article/1252541/20131120-valentin-folie-moitoiret-divise-experts
«Paraphrène» ou «schizophrène» ? «Parcelle de lucidité» ou marginal «fou comme une chèvre»? Deux jours de débats, souvent virulents, n'ont pas permis un accord sur l'état mental de Stéphane Moitoiret, 44 ans, quand il a poignardé cet enfant de 10 ans qu'il ne connaissait pas.
L'enjeu est pourtant décisif: si son discernement est «altéré», il peut être condamné. S'il est «aboli», il doit être déclaré irresponsable. En première instance fin 2011, devant les assises de l'Ain, il avait été condamné à la réclusion criminelle à la perpétuité.
Sur les dix experts psychiatres consultés pendant l'instruction, quatre penchaient pour l'abolition et six pour l'altération. Moins catégoriques devant la cour, deux des «altérationnistes» ont finalement refusé de se prononcer.
Le déni, signe de lucidité ?
Dans le camp de l'abolition, on souligne l'ancienneté de la schizophrénie de Moitoiret, «qui délirait depuis des décennies», selon Paul Bensussan. On s'attarde surtout sur son crime: un «acharnement inouï et absurde sur un enfant inconnu, qui porte la marque» d'une «décompensation psychotique», pour Daniel Zagury.
Côté altération, on diagnostique une «paraphrénie», délire qui préserve «une partie lucide», selon Daniel Settelen. Les experts s'appuient également sur les dénégations de Moitoiret, signe qu'il «mesure la gravité des faits», pour Agnès Peyramond.
«Un malade mental n'est pas décérébré. Un fou criminel sait qu'il a tué», a riposté le docteur Bensussan. Pour Patrick Blachère, le déni permet seulement à l'accusé «d'échapper à la honte et à la culpabilité», mais ne démontre pas sa lucidité.
Daniel Zagury, qui a notamment expertisé Guy Georges, Patrice Alègre et Michel Fourniret, a récusé l'idée même d'une «querelle d'experts», qui supposerait de les mettre sur le même plan. Pour lui, l'idée d'une folie partielle est une «erreur de diagnostic».
Les âpres discussions entourant Moitoiret contrastent avec la quasi-unanimité autour de son ex-compagne, Noëlla Hégo, 53 ans, renvoyée pour complicité d'assassinat.
«Sa Majesté Noëlla», sobriquet dont elle signait ses PV d'interrogatoire, est jugée paraphrène par la majorité, avec un délire «mystique et mégalomane» largement dévoilé à l'audience. Son discernement est considéré comme altéré, donc sa responsabilité ne fait pas débat.
'Pas de violence' chez Hégo
Le problème, la concernant, vient de la réalité même des charges. On lui reproche d'avoir poussé son compagnon au meurtre en inventant le concept «de retour en arrière», qui implique «la mort de quelqu'un».
«Le retour en arrière, c'est un terme, une phrase qui ne contient pas d'action. Il ne faut pas que nous - la cour, les policiers - nous délirions avec les gens», a balayé mardi Agnès Peyramond, invitant les jurés à «se pencher sur la réalité».
Pour elle, comme pour son confrère Serge Bornstein, Moitoiret a tué par «colère» parce que sa compagne voulait le quitter, alors que leurs «missions divines» sur les routes «remplissaient toute sa vie» depuis plus de vingt ans.
«Il m'arrive de me réveiller la nuit et de me demander de quoi Noëlla Hégo était coupable», a renchéri Daniel Zagury. «Il n'y a pas chez elle de violence, de dimension transgressive», et elle a longtemps «étayé» le «pauvre hère» qu'était Moitoiret, a-t-il estimé.
Noëlla Hégo, absente des lieux du crime et qui n'a fourni aucune aide matérielle, a été condamnée en première instance à 18 ans de réclusion criminelle. Sa défense plaide l'acquittement.
http://www.20minutes.fr/article/1252541/20131120-valentin-folie-moitoiret-divise-experts
Affaire Valentin : la thèse de la préméditation en a pris un coup
Justice. Stéphane Moitoiret, 44 ans, est poursuivi devant la Cour d’assises d’appel du Rhône pour le meurtre du petit Valentin, assassiné le 28 juillet 2008 à Lagnieu. Son ex-compagne Noëlla Hégo, 53 ans, comparaît pour complicité. Verdict vendredi.
Pour le moins divisés, sur la question de la responsabilité pénale du meurtrier du petit Valentin, les neuf experts-psychiatres appelés à défiler à la barre depuis mardi, devant la Cour d’assises d’appel du Rhône, semblent au moins s’accorder sur une chose. Pour eux, la thèse de la préméditation ne tient pas debout, mais dans le cadre de leur expertise, il ne leur appartenait pas de se prononcer sur la qualification d’assassinat, soutenue par le ministère public depuis 2008. Chacun son boulot, et les criminels seront bien gardés, en quelque sortePas de doute, dans l’esprit des docteurs en psychiatrie Agnès Peyramond et Serge Bornstein. Tous deux considèrent, contre l’avis de leurs confrères, que Stéphane Moitoiret et son ex-compagne Noëlla Hégo, atteints des mêmes troubles de la personnalité, se seraient nourris l’un l’autre de leurs délires respectifs, selon le concept de la « folie à deux ». Une psychose partagée, induisant une « dualité entre deux malades mentaux », jusqu’à un certain point : « Dans ce type de relation, il y a toujours un mentor ». Dans le cas présent, ce serait Noëlla Hégo, plus âgée, plus intelligente et plus imaginative, plus atteinte que lui, sans doute, au départ de leur histoire commune il y a vingt ans.
Compte tenu de cette emprise sur son compagnon, aurait-elle pu lui suggérer ce meurtre ? La réponse est non pour les experts, qui accréditent le scénario du « dysfonctionnement du couple », ayant provoqué chez Moitoiret une colère meurtrière. Petit à petit, l’élève Moitoiret se rebellait contre sa divinité Hégo. Fatiguée, elle voulait stopper ses missions divines. Pour lui, qui c’était construit dans ces voyages mystiques, c’était la fin de son monde qui se profilait. « Je ne pense pas que les actes jugés soient en lien avec une quelconque mission délirante, ça serait plus en relation avec la rupture du couple, vécue comme un effondrement du quotidien de Moitoiret », a résumé Me Roksana Naserzadeh, l’avocate de Noëlla Hégo.
Pas du tout d’accord avec cette histoire de « délire à deux » et de « scène de ménage », le docteur Paul Bensussan voit en Moitoiret un fou, à travers ce « passage à l’acte qu’on ne peut pas comprendre avec notre raison à nous ». Là encore, pas de préparation, mais un accès de rage, de folie furieuse, écartant la qualification d’assassinat.
Guère d’importance pour Moitoiret, qui encourt la même peine pour un assassinat que pour le meurtre d’un enfant, à savoir la perpétuité, comme en première instance, s’il est de nouveau reconnu responsable de ses actes. Pour Noëlla Hégo, c’est tout l’enjeu de la complicité qui se joue dans cette bataille de mots. Elle avait écopé de dix-huit ans de réclusion criminelle en première instance, mais s’il n’y a plus de préméditation, peut-elle toujours être considérée comme complice du meurtre de son compagnon, alors qu’elle se trouvait à trois kilomètres de là ? Poursuite des auditions des experts ce mercredi, réquisitoire jeudi, verdict vendredi.
http://www.leprogres.fr/ain/2013/11/20/affaire-valentin-la-these-de-la-premeditation-en-a-pris-un-coup
Pour le moins divisés, sur la question de la responsabilité pénale du meurtrier du petit Valentin, les neuf experts-psychiatres appelés à défiler à la barre depuis mardi, devant la Cour d’assises d’appel du Rhône, semblent au moins s’accorder sur une chose. Pour eux, la thèse de la préméditation ne tient pas debout, mais dans le cadre de leur expertise, il ne leur appartenait pas de se prononcer sur la qualification d’assassinat, soutenue par le ministère public depuis 2008. Chacun son boulot, et les criminels seront bien gardés, en quelque sortePas de doute, dans l’esprit des docteurs en psychiatrie Agnès Peyramond et Serge Bornstein. Tous deux considèrent, contre l’avis de leurs confrères, que Stéphane Moitoiret et son ex-compagne Noëlla Hégo, atteints des mêmes troubles de la personnalité, se seraient nourris l’un l’autre de leurs délires respectifs, selon le concept de la « folie à deux ». Une psychose partagée, induisant une « dualité entre deux malades mentaux », jusqu’à un certain point : « Dans ce type de relation, il y a toujours un mentor ». Dans le cas présent, ce serait Noëlla Hégo, plus âgée, plus intelligente et plus imaginative, plus atteinte que lui, sans doute, au départ de leur histoire commune il y a vingt ans.
Compte tenu de cette emprise sur son compagnon, aurait-elle pu lui suggérer ce meurtre ? La réponse est non pour les experts, qui accréditent le scénario du « dysfonctionnement du couple », ayant provoqué chez Moitoiret une colère meurtrière. Petit à petit, l’élève Moitoiret se rebellait contre sa divinité Hégo. Fatiguée, elle voulait stopper ses missions divines. Pour lui, qui c’était construit dans ces voyages mystiques, c’était la fin de son monde qui se profilait. « Je ne pense pas que les actes jugés soient en lien avec une quelconque mission délirante, ça serait plus en relation avec la rupture du couple, vécue comme un effondrement du quotidien de Moitoiret », a résumé Me Roksana Naserzadeh, l’avocate de Noëlla Hégo.
Pas du tout d’accord avec cette histoire de « délire à deux » et de « scène de ménage », le docteur Paul Bensussan voit en Moitoiret un fou, à travers ce « passage à l’acte qu’on ne peut pas comprendre avec notre raison à nous ». Là encore, pas de préparation, mais un accès de rage, de folie furieuse, écartant la qualification d’assassinat.
Guère d’importance pour Moitoiret, qui encourt la même peine pour un assassinat que pour le meurtre d’un enfant, à savoir la perpétuité, comme en première instance, s’il est de nouveau reconnu responsable de ses actes. Pour Noëlla Hégo, c’est tout l’enjeu de la complicité qui se joue dans cette bataille de mots. Elle avait écopé de dix-huit ans de réclusion criminelle en première instance, mais s’il n’y a plus de préméditation, peut-elle toujours être considérée comme complice du meurtre de son compagnon, alors qu’elle se trouvait à trois kilomètres de là ? Poursuite des auditions des experts ce mercredi, réquisitoire jeudi, verdict vendredi.
http://www.leprogres.fr/ain/2013/11/20/affaire-valentin-la-these-de-la-premeditation-en-a-pris-un-coup
mardi 19 novembre 2013
Valentin : deux experts accablent Moitoiret
Deux experts-psychiatres entendus mardi devant les assises du Rhône, qui jugent en appel l'assassinat du petit Valentin en 2008 dans l'Ain, ont accablé Stéphane Moitoiret, "partiellement" lucide et qui aurait tué sous le coup de la colère, et ont dédouané sa coaccusée, Noëlla Hégo. "La colère n'est pas un trouble mental, c'est une émotion. Stéphane Moitoiret est quelqu'un d'assez frustre et primaire, qui explose souvent", a expliqué à la cour Agnès Peyramond, première des neuf experts qui doivent être entendus mardi et mercredi.
Délire mystique. Comme son confrère Serge Bornstein, qui s'est exprimé ensuite, elle a conclu à "l'altération" du discernement du marginal de 44 ans, lui préservant une "part de lucidité" qui permet une condamnation.
Pour quatre autres experts, il doit être déclaré pénalement irresponsable.Les deux psychiatres jugent Stéphane Moitoiret "paraphrène", c'est-à-dire psychotique avec un délire "à dominante mystique", mais estiment que son déni des faits témoigne d'un "lien avec la réalité". Ils excluent la schizophrénie diagnostiquée par tous leurs confrères.
La complice dédouanée. L'accusé aurait poignardé l'enfant de 44 coups de couteau dans un accès de "rage explosive et meurtrière", selon Agnès Peyramond, furieux de la volonté de Noëlla Hégo de le quitter alors que leurs vingt ans d'errance commune, sur les routes de France et d'Italie, étaient "toute sa vie".
L'experte a du même coup écarté la "complicité par instigation" qu'on reproche à Noëlla Hégo, dans des déclarations d'autant plus frappantes qu'elle brosse par ailleurs un portrait peu flatteur de la coaccusée âgée de 53 ans.
Victime d'une rupture "mal vécue". Elle aussi "paraphrène", selon ces deux experts, cette femme "mythomane et mégalomane", plus émue "par son chat" que par Valentin, a longtemps dominé son compagnon. Mais dans le mois précédant le crime, il aurait commencé à "se révolter" contre cette emprise et lui aurait "échappé".
Interrogée sur le concept du "retour en arrière", que Noëlla Hégo dit avoir inventé et qui implique "la mort de quelqu'un", Agnès Peyramond y a vu un simple "délire". "Il ne faut pas que nous - la cour, les policiers -, nous délirions avec les gens", a-t-elle averti. "Le délire est une fresque. Après, il faut se pencher sur la réalité des faits", a-t-elle insisté. Pour elle, l'assassinat de Valentin est lié "à une rupture de couple extrêmement mal vécue", et pas "à un concept ésotérique"
lundi 18 novembre 2013
Moitoiret : l'impossible procès de la folie
Jugé en appel pour le meurtre du petit Valentin, en juillet 2008, l'accusé multiplie les propos délirants devant les assises de Lyon. Mardi et mercredi, les experts psychiatres tenteront d'éclairer les débats. Verdict vendredi.
«La caractéristique du dérèglement mental, c'est qu'il retourne, comme une chaussette, l'esprit des gens sains. Il conduit à chercher de la logique là où il n'y en a pas.» Le président de la cour d'assises d'appel du Rhône, Jean-Paul Taillebot, a parfaitement résumé, jeudi, la problématique à laquelle se heurtent les jurés qui, depuis le 12 novembre, jugent Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo. Le premier est accusé d'avoir, dans la nuit du 28 au 29 juillet 2008, assassiné Valentin Crémault, 10 ans, à Lagnieu (Ain). La seconde lui en aurait donné l'ordre, dans le cadre d'un processus magique connu d'eux seuls sous le nom de «retour en arrière». En première instance, ils ont été condamnés respectivement à la perpétuité et à 18 années de réclusion criminelle.
Le procès pénal n'est pas pensé pour les fous. «La prison non plus, soupire un magistrat. Pourtant, un quart environ des détenus sont atteints de troubles mentaux plus ou moins graves, ce qui pose d'énormes problèmes au personnel pénitentiaire.» Fous, Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo le sont. Il est schizophrène paranoïde; elle est paraphrène, ce qu'on pourrait traduire par atteinte de folie des grandeurs - Mme Hégo est persuadée d'être une divinité cosmoplanétaire, qu'on doit appeler «Majesté». Jusqu'à la mort de Valentin, massacré de 44 coups de couteau, ils parcourent la France vingt années durant en «mission divine», réceptionnant leurs feuilles de route par le truchement de «boîtes à vœux» qui n'ont pas d'existence matérielle sur Terre. Stéphane Moitoiret se présente comme «secrétaire de Sa Majesté, roi d'Australie et général major de la légion française en boîte à vœux», et s'occupe des tractations; Sa Majesté ne dit généralement pas grand-chose, eu égard à son rang elle ne porte pas les bagages mais tient un chat en laisse.
Ils ne simulent pas: le dossier établit qu'à quelques heures des faits, M. Moitoiret était en pleine crise et que déjà, à l'âge de 20 ans, il se croyait (entre autres) pourchassé par des hélicoptères. Que font-ils aux assises? La garde des Sceaux de l'époque, Rachida Dati, s'était engagée auprès des parents de Valentin: le ou les coupables seraient jugés. Le procès était une promesse politique formulée sous le coup de l'émotion populaire. Mais c'était avant que les accusés ne soient interpellés. Quand ils le sont, en moins d'une semaine, à aucun moment les gendarmes qui les interrogent pendant 48 heures de garde à vue, remplissant benoîtement des procès-verbaux hallucinants, n'éprouvent le besoin de soumettre le couple à un examen psychiatrique, ne serait-ce que pour vérifier qu'ils ne font pas semblant d'être fous.
Puis, les experts commis par le juge d'instruction se divisent sur le degré de responsabilité pénale du «secrétaire». L'article 122-1 du Code pénal dispose que les aliénés ne relèvent pas de la cellule, mais du cabanon. Or, sur dix psychiatres, six ont estimé que le discernement de M. Moitoiret était altéré, certes gravement, mais pas aboli. Ils sont en revanche unanimes sur le cas de «Sa Majesté», optant pour une altération sévère. Les deux, par conséquent, reçoivent leur brevet d'aptitude pour les assises.
On rit d'un mauvais rire aux assises du Rhône -Mme Crémault, la mère de Valentin, qui se comporte avec une dignité hors du commun, n'a pu elle-même se retenir de pouffer aux élucubrations de l'homme qui, selon toute vraisemblance, a tué son enfant. Parce que la folie avale tout. Elle est un trou noir vorace, qui se repaît de la logique judiciaire. Ne demande-t-on pas à Mme Hégo où se trouve le siège de son «Centre d'opérations divines», et à M. Moitoiret comment les êtres humains naissent par clonage dans des galaxies inconnues?
Alors que les experts, qui vont défiler mardi et mercredi à la barre, ont pour mission d'éclairer la cour, il va échoir aux jurés le privilège de décider lesquels de ces praticiens ont vu juste. Le Code de procédure pénale prévoit que les assises peuvent établir la culpabilité d'un accusé mais le déclarer irresponsable (article 706-129). Une disposition qui a au moins le mérite de soulager tant soit peu les parties civiles, en ne laissant pas le crime sans auteur. La cour peut alors ordonner «l'admission en soins psychiatriques de la personne, sous la forme d'une hospitalisation complète» (article 706-135).
Lors du premier procès, les tenants de l'altération du discernement de M. Moitoiret ont été plus à la peine que les «abolitionnistes» pour justifier leur diagnostic. L'un d'entre eux poussa le contorsionnisme intellectuel et clinique à un niveau remarquable, concédant que l'altération pouvait aller jusqu'à l'abolition. Alors que l'insigne praticien a justement été désigné pour dire si c'est l'une ou l'autre…
Les jurés de Lyon se retrouvent face à la folie flamboyante, logorrhéique, de Stéphane Moitoiret, joli garçon devenu en cinq ans édenté et obèse, qui nie être l'auteur des faits alors que son ADN a été retrouvé sur le cadavre de Valentin -«c'est pas mon sang», soutient-il. Une majorité de psychiatres a décrété qu'il lui restait une once de discernement parce qu'il a cherché à fuir après le crime, jetant vêtements ensanglantés et couteau. Mais les schizophrènes ne sont pas forcément idiots, et dans les replis de sa conscience cabossée, il est envisageable que M. Moitoiret n'ait pas eu envie d'aller en prison avec une étiquette de tueur d'enfant.
Cette question du va-et-vient de la lucidité, qui permet à de grands délirants tels que ceux du box de se déplacer en auto-stop, d'obtenir nourriture et hébergements gratuits, rend difficile la quantification de leur discernement au moment des faits - le seul qui compte. Ils donnent l'impression d'avoir des conduites adaptées, mais ces conduites reposent sur des piliers tordus. Que faut-il considérer: l'édifice branlant ou ses fondations absurdes? Le couple Moitoiret-Hégo parcourait la France en stop (discernement intact, donc?) pour «remettre en marche le système de la finance internationale» (aux fous!). Et quand, du fond de sa cellule, le «roi d'Australie» demande à sa mère l'adresse de la Maison-Blanche pour alerter le président Obama de la résurgence du nazisme en Allemagne (pur délire), il n'oublie pas de s'enquérir du nombre de timbres à coller sur l'enveloppe (preuve de sa rationalité?). Enfin, une fois le crime accompli, Stéphane Moitoiret fuit Lagnieu (pragmatique à-propos?), mais depuis que son ADN a été identifié sur le cadavre de la victime, il jure aux gendarmes, scribes dociles, qu'il a «250 milliards de frères jumeaux» (sans commentaire).
Le déséquilibre du procès est palpable: tandis que les excellents conseils de l'homme, Mes Delarue et Berton, ramènent les débats à la boîte à vœux dès qu'ils prennent un tour presque rationnel - ils veulent que leur client soit interné, et non incarcéré -, l'avocate de la femme, Me Roksana Naserzadeh, qui plaide avec finesse et conviction, dossier en main, l'innocence de sa cliente, se heurte à d'incessantes rebuffades du président. À force, les agacements à sens unique du magistrat donnent l'impression que la loi n'est pas la même pour tous les fous.
Les assises n'ont pas d'autre choix que d'aller au bout de leur mission terrestre et de rendre, vendredi, un verdict. La législation leur fait à présent obligation de motiver, par écrit, leur arrêt, ce qui n'était pas le cas en 2011. En cas de déclaration de culpabilité, si Stéphane Moitoiret n'est pas «déresponsabilisé» pénalement, les jurés en blouse blanche de Lyon devront livrer une motivation qui ne ressemble pas à une chaussette retournée. Dans cette effrayante affaire, peut-on rendre la justice, et non pas, faute de mieux, signer une ordonnance?
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/18/01016-20131118ARTFIG00486-moitoiret-l-impossible-proces-de-la-folie.php
«La caractéristique du dérèglement mental, c'est qu'il retourne, comme une chaussette, l'esprit des gens sains. Il conduit à chercher de la logique là où il n'y en a pas.» Le président de la cour d'assises d'appel du Rhône, Jean-Paul Taillebot, a parfaitement résumé, jeudi, la problématique à laquelle se heurtent les jurés qui, depuis le 12 novembre, jugent Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo. Le premier est accusé d'avoir, dans la nuit du 28 au 29 juillet 2008, assassiné Valentin Crémault, 10 ans, à Lagnieu (Ain). La seconde lui en aurait donné l'ordre, dans le cadre d'un processus magique connu d'eux seuls sous le nom de «retour en arrière». En première instance, ils ont été condamnés respectivement à la perpétuité et à 18 années de réclusion criminelle.
Le procès pénal n'est pas pensé pour les fous. «La prison non plus, soupire un magistrat. Pourtant, un quart environ des détenus sont atteints de troubles mentaux plus ou moins graves, ce qui pose d'énormes problèmes au personnel pénitentiaire.» Fous, Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo le sont. Il est schizophrène paranoïde; elle est paraphrène, ce qu'on pourrait traduire par atteinte de folie des grandeurs - Mme Hégo est persuadée d'être une divinité cosmoplanétaire, qu'on doit appeler «Majesté». Jusqu'à la mort de Valentin, massacré de 44 coups de couteau, ils parcourent la France vingt années durant en «mission divine», réceptionnant leurs feuilles de route par le truchement de «boîtes à vœux» qui n'ont pas d'existence matérielle sur Terre. Stéphane Moitoiret se présente comme «secrétaire de Sa Majesté, roi d'Australie et général major de la légion française en boîte à vœux», et s'occupe des tractations; Sa Majesté ne dit généralement pas grand-chose, eu égard à son rang elle ne porte pas les bagages mais tient un chat en laisse.
Ils ne simulent pas: le dossier établit qu'à quelques heures des faits, M. Moitoiret était en pleine crise et que déjà, à l'âge de 20 ans, il se croyait (entre autres) pourchassé par des hélicoptères. Que font-ils aux assises? La garde des Sceaux de l'époque, Rachida Dati, s'était engagée auprès des parents de Valentin: le ou les coupables seraient jugés. Le procès était une promesse politique formulée sous le coup de l'émotion populaire. Mais c'était avant que les accusés ne soient interpellés. Quand ils le sont, en moins d'une semaine, à aucun moment les gendarmes qui les interrogent pendant 48 heures de garde à vue, remplissant benoîtement des procès-verbaux hallucinants, n'éprouvent le besoin de soumettre le couple à un examen psychiatrique, ne serait-ce que pour vérifier qu'ils ne font pas semblant d'être fous.
Puis, les experts commis par le juge d'instruction se divisent sur le degré de responsabilité pénale du «secrétaire». L'article 122-1 du Code pénal dispose que les aliénés ne relèvent pas de la cellule, mais du cabanon. Or, sur dix psychiatres, six ont estimé que le discernement de M. Moitoiret était altéré, certes gravement, mais pas aboli. Ils sont en revanche unanimes sur le cas de «Sa Majesté», optant pour une altération sévère. Les deux, par conséquent, reçoivent leur brevet d'aptitude pour les assises.
La folie avale tout
Rarement, pour ne pas dire jamais, on ne trouve dans le box pareils individus. Les pires criminels ne vont en général pas très bien dans leur tête, mais les Guy Georges et autres Michel Fourniret n'ont jamais prétendu avoir massacré quiconque pour obéir à une boîte à vœux. Le spectacle de deux aliénés se ridiculisant malgré eux - et se perdant, judiciairement - par la faute de leur parole démente, alors que c'est en principe l'oralité des débats qui fait la grandeur et la «magie» des assises, a quelque chose de dégradant, aussi bien pour ceux qui le donnent, que pour ceux qui y assistent.On rit d'un mauvais rire aux assises du Rhône -Mme Crémault, la mère de Valentin, qui se comporte avec une dignité hors du commun, n'a pu elle-même se retenir de pouffer aux élucubrations de l'homme qui, selon toute vraisemblance, a tué son enfant. Parce que la folie avale tout. Elle est un trou noir vorace, qui se repaît de la logique judiciaire. Ne demande-t-on pas à Mme Hégo où se trouve le siège de son «Centre d'opérations divines», et à M. Moitoiret comment les êtres humains naissent par clonage dans des galaxies inconnues?
Alors que les experts, qui vont défiler mardi et mercredi à la barre, ont pour mission d'éclairer la cour, il va échoir aux jurés le privilège de décider lesquels de ces praticiens ont vu juste. Le Code de procédure pénale prévoit que les assises peuvent établir la culpabilité d'un accusé mais le déclarer irresponsable (article 706-129). Une disposition qui a au moins le mérite de soulager tant soit peu les parties civiles, en ne laissant pas le crime sans auteur. La cour peut alors ordonner «l'admission en soins psychiatriques de la personne, sous la forme d'une hospitalisation complète» (article 706-135).
Lors du premier procès, les tenants de l'altération du discernement de M. Moitoiret ont été plus à la peine que les «abolitionnistes» pour justifier leur diagnostic. L'un d'entre eux poussa le contorsionnisme intellectuel et clinique à un niveau remarquable, concédant que l'altération pouvait aller jusqu'à l'abolition. Alors que l'insigne praticien a justement été désigné pour dire si c'est l'une ou l'autre…
Les jurés de Lyon se retrouvent face à la folie flamboyante, logorrhéique, de Stéphane Moitoiret, joli garçon devenu en cinq ans édenté et obèse, qui nie être l'auteur des faits alors que son ADN a été retrouvé sur le cadavre de Valentin -«c'est pas mon sang», soutient-il. Une majorité de psychiatres a décrété qu'il lui restait une once de discernement parce qu'il a cherché à fuir après le crime, jetant vêtements ensanglantés et couteau. Mais les schizophrènes ne sont pas forcément idiots, et dans les replis de sa conscience cabossée, il est envisageable que M. Moitoiret n'ait pas eu envie d'aller en prison avec une étiquette de tueur d'enfant.
Cette question du va-et-vient de la lucidité, qui permet à de grands délirants tels que ceux du box de se déplacer en auto-stop, d'obtenir nourriture et hébergements gratuits, rend difficile la quantification de leur discernement au moment des faits - le seul qui compte. Ils donnent l'impression d'avoir des conduites adaptées, mais ces conduites reposent sur des piliers tordus. Que faut-il considérer: l'édifice branlant ou ses fondations absurdes? Le couple Moitoiret-Hégo parcourait la France en stop (discernement intact, donc?) pour «remettre en marche le système de la finance internationale» (aux fous!). Et quand, du fond de sa cellule, le «roi d'Australie» demande à sa mère l'adresse de la Maison-Blanche pour alerter le président Obama de la résurgence du nazisme en Allemagne (pur délire), il n'oublie pas de s'enquérir du nombre de timbres à coller sur l'enveloppe (preuve de sa rationalité?). Enfin, une fois le crime accompli, Stéphane Moitoiret fuit Lagnieu (pragmatique à-propos?), mais depuis que son ADN a été identifié sur le cadavre de la victime, il jure aux gendarmes, scribes dociles, qu'il a «250 milliards de frères jumeaux» (sans commentaire).
«À demi-fou, double peine»
La folie de Mme Hégo est moins spectaculaire. Certes, elle revendique son titre de «déesse de la sagesse» tout en redoutant qu'on la tienne pour folle -hantise partagée avec son ancien compagnon-, mais elle est capable de répondre à des questions avec un vernis logique. Sa situation, sur le plan judiciaire, est pire que celle de Stéphane Moitoiret alors qu'aucune preuve irréfragable qu'elle lui a donné un ordre meurtrier n'a, à ce jour, été rapportée: elle est la tentatrice, la sorcière, instigatrice, forcément instigatrice puisque l'autre est complètement aliéné. De surcroît, l'altération du discernement, censée constituer une circonstance atténuante, joue souvent le rôle inverse. La folie fait peur et l'adage «à demi-fou, double peine» se vérifie souvent.Le déséquilibre du procès est palpable: tandis que les excellents conseils de l'homme, Mes Delarue et Berton, ramènent les débats à la boîte à vœux dès qu'ils prennent un tour presque rationnel - ils veulent que leur client soit interné, et non incarcéré -, l'avocate de la femme, Me Roksana Naserzadeh, qui plaide avec finesse et conviction, dossier en main, l'innocence de sa cliente, se heurte à d'incessantes rebuffades du président. À force, les agacements à sens unique du magistrat donnent l'impression que la loi n'est pas la même pour tous les fous.
Les assises n'ont pas d'autre choix que d'aller au bout de leur mission terrestre et de rendre, vendredi, un verdict. La législation leur fait à présent obligation de motiver, par écrit, leur arrêt, ce qui n'était pas le cas en 2011. En cas de déclaration de culpabilité, si Stéphane Moitoiret n'est pas «déresponsabilisé» pénalement, les jurés en blouse blanche de Lyon devront livrer une motivation qui ne ressemble pas à une chaussette retournée. Dans cette effrayante affaire, peut-on rendre la justice, et non pas, faute de mieux, signer une ordonnance?
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/18/01016-20131118ARTFIG00486-moitoiret-l-impossible-proces-de-la-folie.php
samedi 16 novembre 2013
Procès Moitoiret: le «discernement», notion impressionniste qui divise les experts
Attendus mardi et mercredi devant la cour d’assises du Rhône, neuf des dix experts psychiatres qui ont examiné Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo, son ancienne compagne, s’expliqueront sur leurs conclusions divergentes.
Pendant l’instruction, quatre experts avaient conclu à «l’abolition du discernement» de Moitoiret, donc à l’irresponsabilité pénale, tandis que six retenaient une «altération», synonyme de renvoi devant les assises. Pour Noëlla Hégo, l’altération faisait l’unanimité. «Le problème c’est l’écart abyssal, en termes de conséquences, entre abolition et altération: ça part dans des directions opposées», souligne Gérard Rossinelli, président de l’Association nationale des psychiatres hospitaliers experts judiciaires (ANPHEJ).
L’enjeu, pour la défense, est d’autant plus crucial qu’experts et magistrats constatent souvent «des peines alourdies» aux assises en cas d’altération. «C’est moins vrai en correctionnelle, mais la folie fait très peur aux jurés», avance Gérard Rossinelli. Cette règle tacite du «demi fou, double peine», résumée par l’expert lyonnais Pierre Lamothe, éclaire plusieurs verdicts prononcés au-delà des réquisitions du parquet, après un débat sur la lucidité de l’accusé.
Or, selon le Code pénal, les experts ne se prononcent pas sur une série de critères explicites. Ils raisonnent sur l’état mental de l’accusé au moment des faits: était-il lucide ? S’il ne l’était pas, sa folie est-elle seule responsable de son geste? «C’est une notion qui n’appartient pas au registre strictement médical. Elle est aussi philosophique et renvoie à l’éthique de chaque expert. Certains ne reconnaissent jamais d’irresponsabilité», observe Gérard Rossinelli.
Le «noyau dur» de l’abolition concerne notamment «les hallucinations impératives, la bouffée délirante aigüe, l’épilepsie ou la paranoïa délirante», énumérait en 2007 l’expert-psychiatre Daniel Zagury, entendu par la Haute Autorité de Santé.
Mais cette liste laisse nombre de questions ouvertes: une schizophrénie grave prive-t-elle de toute lucidité ? pourquoi un «déni de grossesse» justifie-t-il un acquittement dans certains cas - à Chalon-sur-Saône pour infanticide, en septembre dernier - et pas dans d’autres ?
Quand il y a débat, relevait Daniel Zagury, les psychiatres s’accordent souvent sur le diagnostic mais divergent sur son «interprétation médico-légale», c’est-à-dire sur le lien entre la pathologie et le crime commis.
Pour les partisans de l’altération, le fait d’avoir cherché à fuir la justice, cachant couteau et vêtements, signe «un certain rapport à la réalité». Ses dénégations constantes depuis cinq ans n’arrangent rien. Mais côté «abolitionnistes», on lit la folie dans la «violence paroxystique» et l’absurdité même du meurtre, de 44 coups de couteau, d’un enfant inconnu croisé dans la rue.
L’évolution de l’accusé à l’audience soulève de nouvelles questions: mutique lors du premier procès, il se montre volubile en appel, voire éloquent, visiblement furieux de n’être pas suivi dans son délire. «Le risque pour un expert, dans le broyeur des assises, est de vouloir convaincre à tout prix, par crainte de décevoir l’auditoire», avertit Gérard Rossinelli.
Même mitraillé de questions, ajoute-t-il, «on devrait savoir dire: J’ai plusieurs hypothèses et je ne peux pas trancher», laissant cette ultime responsabilité aux jurés.
http://www.leprogres.fr/ain/2013/11/16/proces-moitoiret-le-discernement-notion-impressionniste-qui-divise-les-experts
Pendant l’instruction, quatre experts avaient conclu à «l’abolition du discernement» de Moitoiret, donc à l’irresponsabilité pénale, tandis que six retenaient une «altération», synonyme de renvoi devant les assises. Pour Noëlla Hégo, l’altération faisait l’unanimité. «Le problème c’est l’écart abyssal, en termes de conséquences, entre abolition et altération: ça part dans des directions opposées», souligne Gérard Rossinelli, président de l’Association nationale des psychiatres hospitaliers experts judiciaires (ANPHEJ).
L’enjeu, pour la défense, est d’autant plus crucial qu’experts et magistrats constatent souvent «des peines alourdies» aux assises en cas d’altération. «C’est moins vrai en correctionnelle, mais la folie fait très peur aux jurés», avance Gérard Rossinelli. Cette règle tacite du «demi fou, double peine», résumée par l’expert lyonnais Pierre Lamothe, éclaire plusieurs verdicts prononcés au-delà des réquisitions du parquet, après un débat sur la lucidité de l’accusé.
«Noyau dur» de la folie
C’est le cas de Stéphane Moitoiret, condamné à la perpétuité devant les assises de l’Ain, fin 2011, mais aussi, en juin dernier, du jeune Mathieu M., 19 ans, condamné à la même peine pour le viol et l’assassinat d’Agnès Marin, 13 ans, en Haute-Loire.Or, selon le Code pénal, les experts ne se prononcent pas sur une série de critères explicites. Ils raisonnent sur l’état mental de l’accusé au moment des faits: était-il lucide ? S’il ne l’était pas, sa folie est-elle seule responsable de son geste? «C’est une notion qui n’appartient pas au registre strictement médical. Elle est aussi philosophique et renvoie à l’éthique de chaque expert. Certains ne reconnaissent jamais d’irresponsabilité», observe Gérard Rossinelli.
Le «noyau dur» de l’abolition concerne notamment «les hallucinations impératives, la bouffée délirante aigüe, l’épilepsie ou la paranoïa délirante», énumérait en 2007 l’expert-psychiatre Daniel Zagury, entendu par la Haute Autorité de Santé.
Mais cette liste laisse nombre de questions ouvertes: une schizophrénie grave prive-t-elle de toute lucidité ? pourquoi un «déni de grossesse» justifie-t-il un acquittement dans certains cas - à Chalon-sur-Saône pour infanticide, en septembre dernier - et pas dans d’autres ?
Quand il y a débat, relevait Daniel Zagury, les psychiatres s’accordent souvent sur le diagnostic mais divergent sur son «interprétation médico-légale», c’est-à-dire sur le lien entre la pathologie et le crime commis.
Le «broyeur» des assises
Le dossier Moitoiret l’illustre parfaitement: aucun expert ne soutient que le marginal de 44 ans, globalement décrit comme psychotique, est sain d’esprit. Mais l’analyse de son crime oppose deux camps.Pour les partisans de l’altération, le fait d’avoir cherché à fuir la justice, cachant couteau et vêtements, signe «un certain rapport à la réalité». Ses dénégations constantes depuis cinq ans n’arrangent rien. Mais côté «abolitionnistes», on lit la folie dans la «violence paroxystique» et l’absurdité même du meurtre, de 44 coups de couteau, d’un enfant inconnu croisé dans la rue.
L’évolution de l’accusé à l’audience soulève de nouvelles questions: mutique lors du premier procès, il se montre volubile en appel, voire éloquent, visiblement furieux de n’être pas suivi dans son délire. «Le risque pour un expert, dans le broyeur des assises, est de vouloir convaincre à tout prix, par crainte de décevoir l’auditoire», avertit Gérard Rossinelli.
Même mitraillé de questions, ajoute-t-il, «on devrait savoir dire: J’ai plusieurs hypothèses et je ne peux pas trancher», laissant cette ultime responsabilité aux jurés.
http://www.leprogres.fr/ain/2013/11/16/proces-moitoiret-le-discernement-notion-impressionniste-qui-divise-les-experts
vendredi 15 novembre 2013
Le petit Valentin aurait été tué par «jalousie» et «colère»
C'est par «jalousie» et «colère» que Stéphane Moitoiret aurait tué le petit Valentin en 2008, a expliqué vendredi à la cour d'assises d'appel de Lyon son ex-compagne et coaccusée Noëlla Hégo, faisant apparaître un mobile rationnel pour la première fois dans cette affaire.
«Il a voulu se venger pour me faire mal au coeur, me toucher au plus profond de moi-même», a expliqué Noëlla Hégo, élocution lente et voix éraillée, dont l'audition a occupé toute la matinée du quatrième jour d'audience.
Stéphane Moitoiret, un marginal âgé aujourd'hui de 44 ans, condamné à la perpétuité en première instance, comparaît pour «assassinat avec actes de barbarie». Sa défense, qui ne conteste pas les faits, s'efforce de montrer que ce crime commis au hasard signe la folie de son auteur.
«Il sait que j'ai une affection particulière pour les enfants, lui s'en fiche. Il était jaloux des enfants et il n'admettait pas la séparation», développe Noëlla Hégo, 53 ans, rejugée pour complicité d'assassinat par «instigation».
Selon elle, le 28 juillet 2008 en début de soirée, Stéphane Moitoiret était également «furieux» d'avoir subi un contrôle de gendarmerie. Quelques heures plus tard, il s'acharnait avec un couteau sur Valentin Crémault, 10 ans, rencontré dans les rues de Lagnieu (Ain) et poignardé à 44 reprises.
«Hier, on cherchait un mobile dans des sphères très ésotériques, mais c'est peut-être plus terre à terre que ça», résume le président, Jean-Paul Taillebot.
La défense de Stéphane Moitoiret, voyant la thèse de la folie chanceler, tente de ramener Hégo aux délires mystiques que le couple de routards a longuement exposés aux enquêteurs et, depuis mardi, aux jurés lyonnais.
'Bombe atomique de Dieu'
«Cette théorie du +retour en arrière+ que vous avez conceptualisée, c'est une bombe atomique, vous en avez conscience ?», lance Me Hubert Delarue à l'accusée, qui signait ses PV d'audition «Sa Majesté Noëlla Hégo».
«Une bombe atomique de Dieu !», rétorque-t-elle, replongeant l'auditoire dans une profonde perplexité.
Monocorde, sauf quand des sanglots soudains montent à l'évocation du garçon, Noëlla Hégo s'est par ailleurs défendue, une nouvelle fois, de toute implication dans le crime.
«J'étais pas sur les lieux et j'ai pas voulu la mort de Valentin Crémault. En aucun cas ! En aucun cas !» martèle-t-elle, affirmant que son ancien compagnon d'errance a voulu lui «faire du mal en agissant ainsi».
Les charges pour complicité contre Noëlla Hégo, condamnée à 18 ans de réclusion par les assises de l'Ain fin 2011, reposent sur deux points: son emprise supposée sur Stéphane Moitoiret et son invention du «retour en arrière», concept qui suppose «la mort de quelqu'un».
«Je ne voulais pas qu'il tue qui que ce soit, mis à part moi. Je voulais qu'il prenne son sac et qu'il s'en aille», assure-t-elle, disant n'avoir jamais envisagé «la mort d'un humain normal».
Comme son avocate l'avait fait jeudi, Noëlla Hégo a vigoureusement nié toute autorité sur Stéphane Moitoiret au moment des faits: «depuis un mois, ce n'était plus la même personne. Il ne m'obéissait plus, il était devenu méchant».
Elle a cependant tenté de défendre son ex-compagnon, avec qui elle a enchaîné pendant plus de vingt ans les «missions divines» entre France et Italie, un chat noir en laisse. Loin de passer inaperçu, le couple a été décrit aux enquêteurs par plus de 200 témoins.
«Il était sous schizophrénie (sic) et il a repris conscience après, quand il a caché les preuves. Je crois qu'il était possédé pour mettre autant de coups de couteau à ce petit garçon-là», a-t-elle plaidé.
Les experts psychiatres, divisés sur le degré de discernement de Stéphane Moitoiret et qui jugent celui de Noëlla Hégo «altéré», seront entendus mardi et mercredi. Verdict attendu le 22 novembre.
http://www.20minutes.fr/ledirect/1250423/20131115-petit-valentin-ete-tue-jalousie-colere
«Il a voulu se venger pour me faire mal au coeur, me toucher au plus profond de moi-même», a expliqué Noëlla Hégo, élocution lente et voix éraillée, dont l'audition a occupé toute la matinée du quatrième jour d'audience.
Stéphane Moitoiret, un marginal âgé aujourd'hui de 44 ans, condamné à la perpétuité en première instance, comparaît pour «assassinat avec actes de barbarie». Sa défense, qui ne conteste pas les faits, s'efforce de montrer que ce crime commis au hasard signe la folie de son auteur.
«Il sait que j'ai une affection particulière pour les enfants, lui s'en fiche. Il était jaloux des enfants et il n'admettait pas la séparation», développe Noëlla Hégo, 53 ans, rejugée pour complicité d'assassinat par «instigation».
Selon elle, le 28 juillet 2008 en début de soirée, Stéphane Moitoiret était également «furieux» d'avoir subi un contrôle de gendarmerie. Quelques heures plus tard, il s'acharnait avec un couteau sur Valentin Crémault, 10 ans, rencontré dans les rues de Lagnieu (Ain) et poignardé à 44 reprises.
«Hier, on cherchait un mobile dans des sphères très ésotériques, mais c'est peut-être plus terre à terre que ça», résume le président, Jean-Paul Taillebot.
La défense de Stéphane Moitoiret, voyant la thèse de la folie chanceler, tente de ramener Hégo aux délires mystiques que le couple de routards a longuement exposés aux enquêteurs et, depuis mardi, aux jurés lyonnais.
'Bombe atomique de Dieu'
«Cette théorie du +retour en arrière+ que vous avez conceptualisée, c'est une bombe atomique, vous en avez conscience ?», lance Me Hubert Delarue à l'accusée, qui signait ses PV d'audition «Sa Majesté Noëlla Hégo».
«Une bombe atomique de Dieu !», rétorque-t-elle, replongeant l'auditoire dans une profonde perplexité.
Monocorde, sauf quand des sanglots soudains montent à l'évocation du garçon, Noëlla Hégo s'est par ailleurs défendue, une nouvelle fois, de toute implication dans le crime.
«J'étais pas sur les lieux et j'ai pas voulu la mort de Valentin Crémault. En aucun cas ! En aucun cas !» martèle-t-elle, affirmant que son ancien compagnon d'errance a voulu lui «faire du mal en agissant ainsi».
Les charges pour complicité contre Noëlla Hégo, condamnée à 18 ans de réclusion par les assises de l'Ain fin 2011, reposent sur deux points: son emprise supposée sur Stéphane Moitoiret et son invention du «retour en arrière», concept qui suppose «la mort de quelqu'un».
«Je ne voulais pas qu'il tue qui que ce soit, mis à part moi. Je voulais qu'il prenne son sac et qu'il s'en aille», assure-t-elle, disant n'avoir jamais envisagé «la mort d'un humain normal».
Comme son avocate l'avait fait jeudi, Noëlla Hégo a vigoureusement nié toute autorité sur Stéphane Moitoiret au moment des faits: «depuis un mois, ce n'était plus la même personne. Il ne m'obéissait plus, il était devenu méchant».
Elle a cependant tenté de défendre son ex-compagnon, avec qui elle a enchaîné pendant plus de vingt ans les «missions divines» entre France et Italie, un chat noir en laisse. Loin de passer inaperçu, le couple a été décrit aux enquêteurs par plus de 200 témoins.
«Il était sous schizophrénie (sic) et il a repris conscience après, quand il a caché les preuves. Je crois qu'il était possédé pour mettre autant de coups de couteau à ce petit garçon-là», a-t-elle plaidé.
Les experts psychiatres, divisés sur le degré de discernement de Stéphane Moitoiret et qui jugent celui de Noëlla Hégo «altéré», seront entendus mardi et mercredi. Verdict attendu le 22 novembre.
http://www.20minutes.fr/ledirect/1250423/20131115-petit-valentin-ete-tue-jalousie-colere
jeudi 14 novembre 2013
La thèse de la complicité de Noëlla Hégo très sérieusement fragilisée
Le procès en appel de Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo a connu un nouveau rebondissement jeudi matin. On sait que la santé mentale de l’accusé du meurtre de Valentin, tué de quarante-quatre coups de couteau en 2008 à Lagnieu, fait toujours débat. Mais la personnalité de l’accusé, ses délires cosmiques sur le clonage et son titre de roi d’Australie, son mutisme lors du premier procès en 2011 à Bourg-en-Bresse, a trop souvent masqué qu’il y avait une accusée à ses côtés.
Si les éléments matériels, les témoignages, et l’ADN accusent Moitoiret d’avoir tué le petit Valentin, quelle est l’implication de son ancienne compagne qui n’était présente sur les lieux du crime ? Selon l’acte d’accusation, elle aurait en quelque sorte été l’instigatrice du crime. Sans lui dire : « va tuer un enfant » pour telle ou telle raison. Non, le parquet de Bourg-en-Bresse et la juge d’instruction avaient mis en avant la théorie du « retour en arrière » qu’on ne trouvera dans aucun code pénal ou traité de criminologie, mais qui figure en toutes lettres dans l’acte d’accusation.
Mercredi, l’audition du capitaine de gendarmerie George Martin, le directeur d’enquête de l’époque, aura été édifiante. Le gendarme s’est décomposé au fil des une heure trente d’audition où il a été mis sur le grill par Me Naserzadeh, l’avocate de Noëlla Hégo, et Me Berton, l’avocat de Stéphane Moitoiret. L’avocate s’est évidemment étonnée que la très sérieuse gendarmerie ait fait des recherches, consignées sur procès-verbal, sur « le mage Belbar », un nom inscrit sur des cahiers aux côtés de Luc Skywalker, Dark Vador ou Sankukaï ! « Belbar aurait pu manipuler Moitoiret, mais ce pourrait être un homme ou une femme, et ce pourrait être Noëlla Hégo » a répondu sérieusement le gendarme. Toujours dans ses conclusions d’enquête, pour appuyer cette thèse que Moitoiret aurait en quelque sorte été commandé par son ancienne compagne, le même capitaine avait affirmé que « le lien de subordination est clairement établi », Moitoiret obéissant en quelque sorte sans broncher à celle qu’il a même qualifié de « gourou ». Me Naserzadeh a alors fait sensation : « il y a deux cent témoins qui ont été interrogés et ont parlé des relations entre eux. Onze parlent d’un ascendant de cette femme par exemple parce que c’est lui qui portait les bagages, et cinquante ( !) témoignages disent qu’au contraire Moitoiret avait un ascendant sur elle. » Certains témoignages décrivent même Hégo comme un « pot de fleurs » ou se faisant hurler dessus par son compagnon de route relève l’avocate.
De plus en plus dans ses petits souliers, au fur et à mesure des questions de l’avocate lyonnaise, le témoin finissait par admettre que l’attitude de Noëlla Hégo le jour du crime n’avait pas grand-chose à voir avec un rapport de domination : alors que Moitoiret était surexcité et en proférait des injures et des menaces contre les gendarmes pour l’avoir pris pour un voleur, Noëlla Hégo avait essayé de le calmer, sans succès. « Pourquoi dans le procès-verbal on ne relève pas que quelques heures avant le crime elle n’arrive pas à le calmer ? Qu’elle n’a donc aucun ascendant sur lui ? Et on voudrait nous faire croire que l’origine du passage à l’acte c’est elle » s’étonne me Naserzadeh. « C’est une règle de droit divin, c’est créer un incident, tuer quelqu’un » bafouille le gendarme. « Mais sait-on s’ils parlent de la même chose avec ce fameux retour en arrière ? Ca veut dire tuer quelqu’un pour lui ? » questionne encore l’avocate. « C’est peut -être plus nuancé… il n’a pas répondu à la question » est obligé de convenir le témoin.
Un ange plane et le président Taillebot lâche alors : « c’est vrai que… c’est bien mystérieux cette notion de retour en arrière ». Me Berton intervient à son tour : « on se convainc de choses assez incroyables, quand même. On est dans une affaire de meurtre. C’est quoi la définition du retour en arrière, selon vous. Vous en avez beaucoup vu en trente-cinq ans de carrière ? » « C’est vrai que ce n’est pas une définition juridique… On peut pas l’expliquer… » bredouille le gendarme qui perd littéralement pied à la barre, se perd dans des phrases sans queue ni tête, semble de plus en plus gêné. « Ce que vous écrivez a quand même été lu par un procureur, par un juge, et a servi à envoyer quelqu’un en prison » rappelle Me Berton. Le président Taillebot s’interroge alors à haute voix : « c’est vrai que comment fait-on le lien avec la mort de quelqu’un, d’un enfant en plus, avec tout ça ? » « Toutes les difficultés viennent du fait que Moitoiret n’a rien voulu dire, de ce mutisme » intervient alors le procureur Gandolière dont on ne sait pas encore s’il va encore soutenir cette thèse de la complicité d’assassinat qui a sérieusement vacillé mercredi matin.
http://www.leprogres.fr/ain/2013/11/14/la-these-de-la-complicite-de-noella-hego-tres-serieusement-fragilisee
Si les éléments matériels, les témoignages, et l’ADN accusent Moitoiret d’avoir tué le petit Valentin, quelle est l’implication de son ancienne compagne qui n’était présente sur les lieux du crime ? Selon l’acte d’accusation, elle aurait en quelque sorte été l’instigatrice du crime. Sans lui dire : « va tuer un enfant » pour telle ou telle raison. Non, le parquet de Bourg-en-Bresse et la juge d’instruction avaient mis en avant la théorie du « retour en arrière » qu’on ne trouvera dans aucun code pénal ou traité de criminologie, mais qui figure en toutes lettres dans l’acte d’accusation.
Mercredi, l’audition du capitaine de gendarmerie George Martin, le directeur d’enquête de l’époque, aura été édifiante. Le gendarme s’est décomposé au fil des une heure trente d’audition où il a été mis sur le grill par Me Naserzadeh, l’avocate de Noëlla Hégo, et Me Berton, l’avocat de Stéphane Moitoiret. L’avocate s’est évidemment étonnée que la très sérieuse gendarmerie ait fait des recherches, consignées sur procès-verbal, sur « le mage Belbar », un nom inscrit sur des cahiers aux côtés de Luc Skywalker, Dark Vador ou Sankukaï ! « Belbar aurait pu manipuler Moitoiret, mais ce pourrait être un homme ou une femme, et ce pourrait être Noëlla Hégo » a répondu sérieusement le gendarme. Toujours dans ses conclusions d’enquête, pour appuyer cette thèse que Moitoiret aurait en quelque sorte été commandé par son ancienne compagne, le même capitaine avait affirmé que « le lien de subordination est clairement établi », Moitoiret obéissant en quelque sorte sans broncher à celle qu’il a même qualifié de « gourou ». Me Naserzadeh a alors fait sensation : « il y a deux cent témoins qui ont été interrogés et ont parlé des relations entre eux. Onze parlent d’un ascendant de cette femme par exemple parce que c’est lui qui portait les bagages, et cinquante ( !) témoignages disent qu’au contraire Moitoiret avait un ascendant sur elle. » Certains témoignages décrivent même Hégo comme un « pot de fleurs » ou se faisant hurler dessus par son compagnon de route relève l’avocate.
De plus en plus dans ses petits souliers, au fur et à mesure des questions de l’avocate lyonnaise, le témoin finissait par admettre que l’attitude de Noëlla Hégo le jour du crime n’avait pas grand-chose à voir avec un rapport de domination : alors que Moitoiret était surexcité et en proférait des injures et des menaces contre les gendarmes pour l’avoir pris pour un voleur, Noëlla Hégo avait essayé de le calmer, sans succès. « Pourquoi dans le procès-verbal on ne relève pas que quelques heures avant le crime elle n’arrive pas à le calmer ? Qu’elle n’a donc aucun ascendant sur lui ? Et on voudrait nous faire croire que l’origine du passage à l’acte c’est elle » s’étonne me Naserzadeh. « C’est une règle de droit divin, c’est créer un incident, tuer quelqu’un » bafouille le gendarme. « Mais sait-on s’ils parlent de la même chose avec ce fameux retour en arrière ? Ca veut dire tuer quelqu’un pour lui ? » questionne encore l’avocate. « C’est peut -être plus nuancé… il n’a pas répondu à la question » est obligé de convenir le témoin.
Un ange plane et le président Taillebot lâche alors : « c’est vrai que… c’est bien mystérieux cette notion de retour en arrière ». Me Berton intervient à son tour : « on se convainc de choses assez incroyables, quand même. On est dans une affaire de meurtre. C’est quoi la définition du retour en arrière, selon vous. Vous en avez beaucoup vu en trente-cinq ans de carrière ? » « C’est vrai que ce n’est pas une définition juridique… On peut pas l’expliquer… » bredouille le gendarme qui perd littéralement pied à la barre, se perd dans des phrases sans queue ni tête, semble de plus en plus gêné. « Ce que vous écrivez a quand même été lu par un procureur, par un juge, et a servi à envoyer quelqu’un en prison » rappelle Me Berton. Le président Taillebot s’interroge alors à haute voix : « c’est vrai que comment fait-on le lien avec la mort de quelqu’un, d’un enfant en plus, avec tout ça ? » « Toutes les difficultés viennent du fait que Moitoiret n’a rien voulu dire, de ce mutisme » intervient alors le procureur Gandolière dont on ne sait pas encore s’il va encore soutenir cette thèse de la complicité d’assassinat qui a sérieusement vacillé mercredi matin.
http://www.leprogres.fr/ain/2013/11/14/la-these-de-la-complicite-de-noella-hego-tres-serieusement-fragilisee
mercredi 13 novembre 2013
La dignité d’une mère face au meurtrier du petit Valentin
«Valentin, c’était mon petit dernier, l’amour de ma vie, il me donnait la force de me battre après mon cancer dix ans en arrière. C’était enfant sur lequel je bâtissais mes projets. C’était l’enfant de l’amour et donc on lui avait donné le prénom de l’amour. Il allait facilement vers les autres car il avait un cœur immense» a expliqué Véronique Crémault.
«Ce procès en appel ce sont des plaies qu’on rouvre de nouveau. Vivre dans la douleur chaque jour c’est très difficile. Il n’y a pas un jour sans que j’y pense. Je vais au cimetière tous les deux jours, je fleuris régulièrement sa tombe. Quand je me lève le matin, je me dis : pourquoi le bon Dieu n’est pas venu me chercher cette nuit, car là-haut il doit avoir besoin de sa maman?» poursuit la mère de Valentin en sanglotant.
«La semaine dernière je suis allée hurler sur la tombe de mon fils en pleine nuit. J’ai déterré toutes les fleurs… j’ai essayé de l’attraper… de toucher son cercueil. Puis je me suis raisonné… il faut le laisser dormir. Le plus dur c’est quand je rencontre ses camarades de classe. Je leur dis : mais qu’est-ce que vous êtes devenus beaux, de vrais petits jeunes hommes. Lui aussi était tellement beau» raconte Véronique Crémault en pleurs. «On m’a enlevé tout ça. Moitoiret a dit mardi qu’on lui a enlevé sa fille, qu’il aurait voulu avoir une vie de famille, mais c’est ce qu’il m’a enlevé!»
Le président Taillebot fait alors réagir Stéphane Moitoiret. Un dialogue poignant s’engage avec la mère. L’accusé bredouille, cherche ses mots, tandis que Véronique Crémault affiche un calme et une dignité impressionnante.
- Je sais pas quoi dire, car je suis touché par votre chagrin. J’ai perdu mon père et grand-père, je sais ce que c’est de perdre quelqu’un de proche.
- Je vous l’accorde, mais pourquoi avoir tué mon fils ?
- Je suis pas responsable…
- Je rêvais de cet instant, de m’adresser à vous, Monsieur Moitoiret. Je veux savoir pourquoi vous avez fait ça, ça vous libérera…
- Je crois au hasard, au destin…
- Vous lui auriez demandé à manger, il serait allé vous chercher à manger. Il était adorable… vous avez vu comme il était beau ? Il avait un visage d’ange...
- Je n’ai pas tout en tête... Je trouve que ce qui vous arrive c’est catastrophique, je n’ai jamais voulu de malheur pour qui que ce soit… J’ai pas tous les mots, mon raisonnement c’est que les gens doivent réaliser leur bonheur. Je comprends la haine que vous avez…
- Je ne l’ai jamais eu et je ne l’aurai jamais, Monsieur Moitoiret, mais ma vie est brisée… je ne verrai jamais grandir mon fils…
- Moi aussi j’ai perdu mon père. Pour moi il y a un destin. Je ne sais pas si vous étudié Jésus, il a fini sur la croix…
- J’ai été au catéchisme, moi aussi je prie. Mais il ne méritait pas de mourir. Même sur une croix, Monsieur Moitoiret !
- Je vous l’accorde, mais pourquoi avoir tué mon fils ?
- Je suis pas responsable…
- Je rêvais de cet instant, de m’adresser à vous, Monsieur Moitoiret. Je veux savoir pourquoi vous avez fait ça, ça vous libérera…
- Je crois au hasard, au destin…
- Vous lui auriez demandé à manger, il serait allé vous chercher à manger. Il était adorable… vous avez vu comme il était beau ? Il avait un visage d’ange...
- Je n’ai pas tout en tête... Je trouve que ce qui vous arrive c’est catastrophique, je n’ai jamais voulu de malheur pour qui que ce soit… J’ai pas tous les mots, mon raisonnement c’est que les gens doivent réaliser leur bonheur. Je comprends la haine que vous avez…
- Je ne l’ai jamais eu et je ne l’aurai jamais, Monsieur Moitoiret, mais ma vie est brisée… je ne verrai jamais grandir mon fils…
- Moi aussi j’ai perdu mon père. Pour moi il y a un destin. Je ne sais pas si vous étudié Jésus, il a fini sur la croix…
- J’ai été au catéchisme, moi aussi je prie. Mais il ne méritait pas de mourir. Même sur une croix, Monsieur Moitoiret !
Moitoiret bredouille quelque chose et Véronique Crémault demande alors à interrompre la conversation avec le meurtrier présumé de son fils.
http://www.leprogres.fr/rhone/2013/11/13/la-dignite-d-une-mere-face-au-meurtrier-du-petit-valentin
Moitoiret à la mère de Valentin : "Je suis touché par votre chagrin"
Stéphane Moitoiret s'est dit mercredi "touché" par le "chagrin" de la mère de Valentin, mort poignardé à 10 ans en 2008, dans un dialogue très intense avec la partie civile au deuxième jour du procès en appel du marginal devant les assises du Rhône.
"Je ne sais pas vraiment quoi vous dire parce que je suis touché par votre chagrin", a dit l'accusé, débit lent, choisissant ses mots, avant de réaffirmer qu'il n'était "pas responsable de la mort" de Valentin. "Je rêvais de cet instant, de pouvoir m'adresser à vous", l'a coupé Véronique Crémault, qui venait de livrer un témoignage déchirant sur le deuil de son dernier enfant, "l'amour de (sa) vie".
Stéphane Moitoiret, silhouette massive, beaucoup plus volubile que lors de son premier procès, fin 2008, devant les assises de l'Ain, essaie d'expliquer qu'il croit "au hasard, au destin". C'était pas son destin, à Valentin", répond doucement la mère du garçon. L'accusé, dont l'état mental sera une nouvelle fois au centre des débats, insiste : "Je n'ai jamais voulu de malheur pour qui que ce soit. Je veux que les gens réalisent leur rêve, leur bonheur". "Pour moi il y a un destin. Si vous avez étudié Jésus... Jésus savait qu'il allait mourir sur la croix", balbutie Moitoiret, qui a confié mardi à la cour ses délires mystiques, parlant de clonage et de réincarnation.
"Je suis très catholique, mais mon fils ne méritait pas de mourir et mon fils n'est pas Jésus Christ. Je ne veux pas rentrer dans cet épilogue, M. Moitoiret. Merci", rétorque Mme Crémault, abrégeant l'échange. L'ancienne compagne du marginal, Noëlla Hégo, qui comparaît pour complicité d'assassinat, a ensuite assuré à la mère de Valentin qu'elle n'était "pour rien" dans la mort de l'enfant. "Je suis désolée pour vous mais je n'ai pas voulu la mort de votre fils (...) Je sais que c'est terrible pour vous", a-t-elle articulé d'une voix entrecoupée de sanglots, le visage cramoisi.
http://lci.tf1.fr/france/justice/moitoiret-a-la-mere-de-valentin-je-suis-touche-par-votre-chagrin-8310889.html
Délires mystiques de Moitoiret au procès en appel de l'assassinat de Valentin
Le procès en appel de Stéphane Moitoiret, condamné fin 2011 à la perpétuité pour avoir tué de 44 coups de couteau Valentin, 10 ans, dans l'Ain en 2008, avec la complicité de sa compagne, s'est ouvert mardi devant les assises du Rhône.
Stéphane Moitoiret, condamné fin 2011 à la perpétuité pour l'assassinat du petit Valentin, 10 ans, dans l'Ain en 2008 avec la complicité de sa compagne, a plongé mardi la cour d'assises d'appel du Rhône dans ses délires mystiques. Extrêmement volubile, au premier jour de son procès, une attitude contrastant avec son mutisme en première instance, l'accusé, aujourd'hui âgé de 44 ans, s'est lancé dans des explications cosmiques, évoquant ses "obligations divines", les "boîtes à voeux", ses nombreux "clones" et ses "réincarnations". Comme en première instance, la responsabilité pénale des accusés, qui divise les experts, est le principal enjeu des débats. Ils sont aussi rejugés pour la "tentative d'enlèvement" d'un autre Valentin âgé de cinq ans, en août 2006 dans la Vienne, en qui ils voyaient "l'élu qui devait changer le monde".
"Au premier procès, j'étais tellement malade que j'étais pas en état de parler, je me sens mieux, je suis un peu plus frais", a déclaré d'une voix claire Moitoiret, empâté et visage bouffi, mais qui n'est plus sous camisole chimique. Immobile à l'autre bout du box, Noëlla Hego, son ex-compagne qui avait écopé de 18 ans de réclusion pour "complicité d'assassinat avec actes de barbarie", reste imperturbable, ses cheveux longs pendant sur son visage. Après une matinée consacrée à la lecture de l'acte d'accusation, la cour s'est penchée sur l'examen de personnalité des accusés. De manière très lucide, Moitoiret a retracé sa jeunesse, le décès brutal de son père qu'il admirait, comment il avait quitté sa famille à 18 ans pour partir dans le Nord avec Noëlla Hégo, de dix ans son aînée, "rencontrée dans un café", et qui d'emblée a eu un ascendant sur lui. Le couple avait ensuite pris la route pendant vingt ans, pour des "missions divines" en France et en Italie, à pied, à vélo ou en stop, ouvrant à l'occasion un cabinet de voyance.
'Ses vies antérieures'
Puis d'un coup, il raconte comment "ses vies antérieures" lui sont revenues en mémoire en prison. "On me disait mon destin: +un jour dans le futur, tu te retrouveras en prison et on te reprochera la mort d'un Valentin", lance-t-il. Il assure aussi avoir "rencontré" et "discuté avec le Pape Jean-Paul II au Vatican" en Italie car ils étaient hébergés dans des paroisses. Questionné par sa défense, qui entend faire prendre à la cour la mesure de ses délires pour démontrer l'abolition de son discernement et donc son irresponsabilité pénale, l'accusé évoque les "millions d'univers", ses "boîtes à voeux" et les "obligations divines". "Si on ne peut plus faire ses obligations divines, on peut se retrouver brûlé en enfer", assure-t-il. Selon les déclarations faites aux enquêteurs par Noëlla Hégo le soir du drame, Moitoiret "voulait provoquer un 'retour en arrière' c'est à dire 'provoquer un incident, forcément la mort de quelqu'un'". "Il joue au fou, il surjoue. J'ai l'impression d'assister à un spectacle de la Soupe aux choux", a déclaré en marge de l'audience Me Gilbert Collard, l'avocat des parents de Valentin, dénonçant une "stratégie de défense".
Le soir du 29 juillet 2008, le corps de Valentin Crémault avait été découvert, lardé de 44 coups de couteau dans une rue de Lagnieu, où il était sorti faire du vélo. Rapidement, les enquêteurs s'étaient orientés vers ce couple de marginaux, hébergés la nuit du drame à la cure du village de Saint-Sorlin, près de Lagnieu, où des traces de sang portant l'ADN de la victime avaient été retrouvées. La diffusion de leur portrait-robot permettait d'interpeller, en Ardèche, ce couple "se présentant comme des pélerins australiens chargés d'une mission divine", et qui errait depuis 20 ans, en France et en Italie. "J'ai l'appréhension de les revoir. J'attends qu'ils passent aux aveux, qu'il y ait une vraie condamnation", a déclaré à l'AFP Véronique Crémault, la mère de la victime, avant le début de l'audience. Entendue ensuite, Noëlla Hego a assuré qu'elle n'avait donné "aucun ordre de mort", élément central pour décider ou non de sa complicité. "Dans les six derniers mois, ça n'allait plus entre nous. Je voulais me séparer de lui, et il voulait pas", a-t-elle raconté
"Au premier procès, j'étais tellement malade que j'étais pas en état de parler, je me sens mieux, je suis un peu plus frais", a déclaré d'une voix claire Moitoiret, empâté et visage bouffi, mais qui n'est plus sous camisole chimique. Immobile à l'autre bout du box, Noëlla Hego, son ex-compagne qui avait écopé de 18 ans de réclusion pour "complicité d'assassinat avec actes de barbarie", reste imperturbable, ses cheveux longs pendant sur son visage. Après une matinée consacrée à la lecture de l'acte d'accusation, la cour s'est penchée sur l'examen de personnalité des accusés. De manière très lucide, Moitoiret a retracé sa jeunesse, le décès brutal de son père qu'il admirait, comment il avait quitté sa famille à 18 ans pour partir dans le Nord avec Noëlla Hégo, de dix ans son aînée, "rencontrée dans un café", et qui d'emblée a eu un ascendant sur lui. Le couple avait ensuite pris la route pendant vingt ans, pour des "missions divines" en France et en Italie, à pied, à vélo ou en stop, ouvrant à l'occasion un cabinet de voyance.
'Ses vies antérieures'
Puis d'un coup, il raconte comment "ses vies antérieures" lui sont revenues en mémoire en prison. "On me disait mon destin: +un jour dans le futur, tu te retrouveras en prison et on te reprochera la mort d'un Valentin", lance-t-il. Il assure aussi avoir "rencontré" et "discuté avec le Pape Jean-Paul II au Vatican" en Italie car ils étaient hébergés dans des paroisses. Questionné par sa défense, qui entend faire prendre à la cour la mesure de ses délires pour démontrer l'abolition de son discernement et donc son irresponsabilité pénale, l'accusé évoque les "millions d'univers", ses "boîtes à voeux" et les "obligations divines". "Si on ne peut plus faire ses obligations divines, on peut se retrouver brûlé en enfer", assure-t-il. Selon les déclarations faites aux enquêteurs par Noëlla Hégo le soir du drame, Moitoiret "voulait provoquer un 'retour en arrière' c'est à dire 'provoquer un incident, forcément la mort de quelqu'un'". "Il joue au fou, il surjoue. J'ai l'impression d'assister à un spectacle de la Soupe aux choux", a déclaré en marge de l'audience Me Gilbert Collard, l'avocat des parents de Valentin, dénonçant une "stratégie de défense".
Le soir du 29 juillet 2008, le corps de Valentin Crémault avait été découvert, lardé de 44 coups de couteau dans une rue de Lagnieu, où il était sorti faire du vélo. Rapidement, les enquêteurs s'étaient orientés vers ce couple de marginaux, hébergés la nuit du drame à la cure du village de Saint-Sorlin, près de Lagnieu, où des traces de sang portant l'ADN de la victime avaient été retrouvées. La diffusion de leur portrait-robot permettait d'interpeller, en Ardèche, ce couple "se présentant comme des pélerins australiens chargés d'une mission divine", et qui errait depuis 20 ans, en France et en Italie. "J'ai l'appréhension de les revoir. J'attends qu'ils passent aux aveux, qu'il y ait une vraie condamnation", a déclaré à l'AFP Véronique Crémault, la mère de la victime, avant le début de l'audience. Entendue ensuite, Noëlla Hego a assuré qu'elle n'avait donné "aucun ordre de mort", élément central pour décider ou non de sa complicité. "Dans les six derniers mois, ça n'allait plus entre nous. Je voulais me séparer de lui, et il voulait pas", a-t-elle raconté
http://lci.tf1.fr/france/justice/assassinat-de-valentin-moitoiret-plonge-les-assises-du-rhone-8310683.html
mardi 12 novembre 2013
Meurtre de Valentin : le délire ahurissant de l'accusé Moitoiret
On avait laissé Stéphane Moitoiret et Noëlla Hégo aux assises de l'Ain, fin 2011. Le premier, pareil à un zombie, venait d'être condamné à la perpétuité pour l'assassinat de Valentin, 10 ans, commis à Lagnieu en juillet 2008 ; la seconde, pâle comme un cierge, avait écopé de 18 années de réclusion criminelle pour complicité.
Les revoici, depuis mardi, en appel à Lyon, dans un procès dont l'enjeu - la justice face à la maladie mentale - les dépasse. M. Moitoiret, 44 ans, s'est dilaté. Son corps, devenu énorme, vêtu d'un gilet gris-bleu liseré de blanc, supporte une tête ronde percée de deux yeux de reptile. Surtout, le muet de Bourg-en-Bresse a recouvré la parole, sans doute parce que les médecins ont diminué la dose de neuroleptiques. Il parle. Et dès le premier jour, la cour saisit l'énigme logorrhéique qu'elle doit juger.
Dans les chemins creux de la folie
Invité par le président à parler de sa vie, M. Moitoiret répond posément - mieux, prudemment. Certes, quelques-unes de ses formules désarçonnent, mais on peut difficilement attendre une éloquence édifiante de qui a arrêté ses études en 6e. A cet instant, il n'est pas fou. Tout bascule quand vient le tour de Me Gilbert Collard, partie civile. Ce n'est pas lui qui rend l'accusé fou, mais c'est lui qui, involontairement, embarque l'audience, pendant 90 minutes, dans les chemins creux de sa folie. On en arrive soudain à des considérations métaphysiques, à une discussion remontant à «des milliers d'années» durant laquelle deux oracles avaient annoncé à l'assassin présumé qu'il se «retrouverai(t) en prison avec la mort d'un enfant appelé Valentin». On parle aussi métaphysique - «quand on meurt, on réincarne» (sic).
Me Collard a entrouvert le robinet, la défense fait sauter la vanne. Stéphane Moitoiret, roulant ses yeux de caméléon tout en assurant être «un peu plus frais» qu'au précédent procès et en estimant que Me Berton, qui le défend, n'est «pas un bon avocat», se lance dans un délire ahurissant destiné à démontrer qu'il est sain d'esprit - il y tient absolument. S'y bousculent Jean-Paul II (un assez bon ami), des armées de clones plus ou moins bien intentionnés, et «les boîtes à vœux»: «On en a une série mais chaque personne est équipée d'une boîte à vœux plus petite, comme un ordinateur qui parle. C'est par là qu'on connaît les formules magiques données par Dieu, les obligations divines». «On est créé dans d'autres univers par des formules magiques, poursuit l'accusé. Le corps de la femme crée le clonage du bébé, mais l'esprit est dans les spermatozoïdes. Essayez d'imaginer ce que je dis». Le président: «C'est difficile»…
L'accusé relève de la camisole
Me Collard tente de reprendre la main avec une boutade qui tombe à plat: trop tard. A cet instant, l'accusé relève de la camisole. Il se pose en voyageur du temps et des galaxies inconnues. «Si on expliquait, dans un tribunal de Gaulois, qu'un jour il y aurait la télévision et internet, tout le monde dirait qu'on est fou», dit-il pour justifier l'incrédulité qu'il sent épaissir autour de lui.
Les Gaulois, paraît-il, craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête. M. Moitoiret, lui, a apprivoisé le ciel et n'a plus qu'une hantise: qu'on le prenne pour un fou.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/12/01016-20131112ARTFIG00582-meurtre-de-valentin-le-delire-ahurissant-de-l-accuse-moitoiret.php
Meurtre du petit Valentin : la responsabilité pénale des accusés au coeur des débats
Aujourd’hui âgé de 44 ans, Moitoiret avait été reconnu coupable par la cour d’assises de l’Ain de l’assassinat de Valentin Crémault, âgé de 10 ans, qui faisait du vélo dans une rue de Lagnieu (Ain) le soir du 29 juillet 2008.
De dix ans son aînée, Noëlla Hégo avait écopé de 18 ans de réclusion pour «complicité d’assassinat avec actes de barbarie». Muré dans le déni, ce couple de marginaux avait fait appel du verdict.
Ils seront aussi rejugés pour la «tentative d’enlèvement» d’un autre Valentin, âgé lui de cinq ans, en août 2006 dans la Vienne, en qui ils voyaient «l’élu qui devait changer le monde».
Le meurtre barbare de Valentin Crémault avait suscité une très vive émotion en France, dans la torpeur de l’été. Rapidement, les enquêteurs s’étaient orientés vers ce couple de marginaux, hébergés la nuit du drame à la cure du village de Saint-Sorlin, près de Lagnieu.
Une trace de sang retrouvée lors d’une perquisition révélait, outre l’ADN de Moitoiret, celui de l’enfant prélevé sur la scène de crime.
La diffusion de leur portrait-robot permettait d’interpeller les suspects le 3 août 2008 au Cheylard, en Ardèche. Se présentant comme des «pèlerins australiens chargés d’une mission divine», le couple, souvent qualifié d’"illuminé», errait depuis 25 ans en France et en Italie.
’Deux grands dingues dignes de l’asile’
En première instance, Noëlla Hégo qui se considère comme «l’incarnation de Dieu sur Terre», avait assuré que Moitoiret était «possédé» et que la nuit du drame, après une dispute, il était rentré avec du sang sur ses vêtements et des coupures aux mains, avouant avoir tué l’enfant. Ce qu’il nie depuis, attribuant le meurtre à un «clone».
Le procès avait donné lieu à une bataille d’experts psychiatres, ceux-ci se déchirant sur la santé mentale des accusés et leur responsabilité pénale.
De dix ans son aînée, Noëlla Hégo avait écopé de 18 ans de réclusion pour «complicité d’assassinat avec actes de barbarie». Muré dans le déni, ce couple de marginaux avait fait appel du verdict.
Ils seront aussi rejugés pour la «tentative d’enlèvement» d’un autre Valentin, âgé lui de cinq ans, en août 2006 dans la Vienne, en qui ils voyaient «l’élu qui devait changer le monde».
Le meurtre barbare de Valentin Crémault avait suscité une très vive émotion en France, dans la torpeur de l’été. Rapidement, les enquêteurs s’étaient orientés vers ce couple de marginaux, hébergés la nuit du drame à la cure du village de Saint-Sorlin, près de Lagnieu.
Une trace de sang retrouvée lors d’une perquisition révélait, outre l’ADN de Moitoiret, celui de l’enfant prélevé sur la scène de crime.
La diffusion de leur portrait-robot permettait d’interpeller les suspects le 3 août 2008 au Cheylard, en Ardèche. Se présentant comme des «pèlerins australiens chargés d’une mission divine», le couple, souvent qualifié d’"illuminé», errait depuis 25 ans en France et en Italie.
’Deux grands dingues dignes de l’asile’
En première instance, Noëlla Hégo qui se considère comme «l’incarnation de Dieu sur Terre», avait assuré que Moitoiret était «possédé» et que la nuit du drame, après une dispute, il était rentré avec du sang sur ses vêtements et des coupures aux mains, avouant avoir tué l’enfant. Ce qu’il nie depuis, attribuant le meurtre à un «clone».
Le procès avait donné lieu à une bataille d’experts psychiatres, ceux-ci se déchirant sur la santé mentale des accusés et leur responsabilité pénale.
«C’est la première fois de ma vie que je vois deux grands dingues dignes de l’asile dans une cour d’assises», avait lancé le Dr Paul Bensussan, expert près de la Cour de cassation, pour qui Moitoiret est un «grand schizophrène», dont le contrôle des actes était aboli au moment des faits.
Si les dix experts qui ont examiné Moitoiret s’accordent sur sa «psychose», seuls quatre d’entre eux ont conclu à une «abolition totale de son discernement», empêchant toute condamnation. Pour les six autres, il s’agit seulement d’une «altération du discernement», ce qui le rend accessible à une sanction pénale.
Si les dix experts qui ont examiné Moitoiret s’accordent sur sa «psychose», seuls quatre d’entre eux ont conclu à une «abolition totale de son discernement», empêchant toute condamnation. Pour les six autres, il s’agit seulement d’une «altération du discernement», ce qui le rend accessible à une sanction pénale.
Les experts ont par ailleurs estimé que Noëlla Hégo, qui se faisait appeler «Sa Majesté», exerçait une domination sur son compagnon et que sa responsabilité pénale n’était pas altérée.
«On a condamné à perpétuité un handicapé mental, dont quatre psychiatres de renom avaient considéré que son discernement était totalement aboli au moment des faits», avait déploré après le verdict Me Hubert Delarue, l’un des conseils de Moitoiret.
«Nous attendons de ce nouveau procès que soit reconnue l’abolition de son discernement pour qu’il échappe à la justice pénale et soit pris en charge médicalement», a-t-il déclaré avant l’audience d’appel.
«On a condamné à perpétuité un handicapé mental, dont quatre psychiatres de renom avaient considéré que son discernement était totalement aboli au moment des faits», avait déploré après le verdict Me Hubert Delarue, l’un des conseils de Moitoiret.
«Nous attendons de ce nouveau procès que soit reconnue l’abolition de son discernement pour qu’il échappe à la justice pénale et soit pris en charge médicalement», a-t-il déclaré avant l’audience d’appel.
«On espère arriver à convaincre dans un climat et un contexte différents», a-t-il ajouté, précisant qu’il ferait témoigner le psychiatre qui le suit depuis cinq ans, le Dr Frédéric Meunier.
Ecroué à Lyon-Corbas, Moitoiret est toujours sous traitement neuroleptique, mais «semble beaucoup plus présent qu’à Bourg-en Bresse où il était totalement absent», a-t-il dit.
Le verdict est attendu le 22 novembre.
Ecroué à Lyon-Corbas, Moitoiret est toujours sous traitement neuroleptique, mais «semble beaucoup plus présent qu’à Bourg-en Bresse où il était totalement absent», a-t-il dit.
Le verdict est attendu le 22 novembre.
http://www.leprogres.fr/ain/2013/11/12/meurtre-du-petit-valentin-la-responsabilite-penale-des-accuses-au-coeur-des-debats
Meurtre du petit Valentin : Stéphane Moitoiret à nouveau face à la justice
Stéphane Moitoiret va être rejugé avec son ex-compagne Noëlla Hégo devant la cour d'assises d'appel du Rhône. Il avait été condamné à la perpétuité pour le meurtre du jeune Valentin Crémault en 2008. Sa responsabilité pénale sera au coeur des débats.
Cet homme avait assené 44 coups de couteau à un garçon de 10 ans. Stéphane Moitoiret, condamné à la perpétuité pour le meurtre du jeune Valentin Crémault en 2008 dans l'Ain, est rejugé à partir de ce mardi avec son ex-compagne Noëlla Hégo devant la cour d'assises d'appel du Rhône, où leur responsabilité pénale sera au centre des débats.
Aujourd'hui âgé de 44 ans, Stéphane Moitoiret avait été reconnu coupable, en décembre 2011 par la cour d'assises de l'Ain. De dix ans son aînée, Noëlla Hégo avait écopé de 18 ans de réclusion pour "complicité d'assassinat avec actes de barbarie". Muré dans le déni, ce couple de marginaux avait fait appel du verdict. Ils seront aussi rejugés pour la "tentative d'enlèvement" d'un autre Valentin, âgé lui de cinq ans, en août 2006 dans la Vienne, en qui ils voyaient "l'élu qui devait changer le monde".
Le meurtre barbare de Valentin Crémault avait suscité une très vive émotion en France. Rapidement, les enquêteurs s'étaient orientés vers ce couple de marginaux, hébergés la nuit du drame à la cure du village de Saint-Sorlin, près de Lagnieu. Une trace de sang retrouvée lors d'une perquisition révélait, outre l'ADN de Stéphane Moitoiret, celui de l'enfant prélevé sur la scène de crime.
La diffusion de leur portrait-robot permettait d'interpeller les suspects le 3 août 2008 au Cheylard, en Ardèche. Se présentant comme des "pélerins australiens chargés d'une mission divine", le couple, souvent qualifié d'"illuminé", errait depuis 25 ans en France et en Italie.
"Deux grands dingues dignes de l'asile"
En première instance, Noëlla Hégo qui se considère comme "l'incarnation de Dieu sur Terre", avait assuré que Stéphane Moitoiret était "possédé" et que la nuit du drame, après une dispute, il était rentré avec du sang sur ses vêtements et des coupures aux mains, avouant avoir tué l'enfant. Ce qu'il nie depuis, attribuant le meurtre à un "clone".
Le procès avait donné lieu à une bataille d'experts psychiatres, ceux-ci se déchirant sur la santé mentale des accusés et leur responsabilité pénale. "C'est la première fois de ma vie que je vois deux grands dingues dignes de l'asile dans une cour d'assises", avait lancé le Dr Paul Bensussan, expert près de la Cour de cassation, pour qui Stéphane Moitoiret est un "grand schizophrène", dont le contrôle des actes était aboli au moment des faits.
Si les dix experts qui ont examiné Stéphane Moitoiret s'accordent sur sa "psychose", seuls quatre d'entre eux ont conclu à une "abolition totale de son discernement", empêchant toute condamnation. Pour les six autres, il s'agit seulement d'une "altération du discernement", ce qui le rend accessible à une sanction pénale. Les experts ont par ailleurs estimé que Noëlla Hégo, qui se faisait appeler "Sa Majesté", exerçait une domination sur son compagnon et que sa responsabilité pénale n'était pas altérée.
"On a condamné à perpétuité un handicapé mental, dont quatre psychiatres de renom avaient considéré que son discernement était totalement aboli au moment des faits", avait déploré après le verdict Me Hubert Delarue, l'un des conseils de Moitoiret. "Nous attendons de ce nouveau procès que soit reconnue l'abolition de son discernement pour qu'il échappe à la justice pénale et soit pris en charge médicalement", a-t-il déclaré avant l'audience d'appel.
"On espère arriver à convaincre dans un climat et un contexte différents", a-t-il ajouté, précisant qu'il ferait témoigner le psychiatre qui le suit depuis cinq ans, le Dr Frédéric Meunier. Ecroué à Lyon-Corbas, Stéphane Moitoiret est toujours sous traitement neuroleptique, mais "semble beaucoup plus présent qu'à Bourg-en Bresse où il était totalement absent", a-t-il dit. Le verdict est attendu le 22 novembre.
http://lci.tf1.fr/france/justice/meurtre-du-petit-valentin-stephane-moitoiret-a-nouveau-face-8308981.html
jeudi 15 décembre 2011
Assassinat de Valentin: perpétuité pour Moitoiret
Les parents du jeune Valentin ont accueilli ce verdict avec des larmes de joie. Stéphane Moitoiret a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité et sa compagne, Noëlla Hego, à 18 années de réclusion pour le meurtre du petit garçon, tué de 44 coups de couteau en juillet 2008.
Les jurés de la cour d'assises de l'Ain ont estimé que Stéphane Moitoiret, un routard de 42 ans dont la culpabilité a été établie par son ADN mêlé à celui de l'enfant, était "responsable" de ses actes au moment des faits et ont choisi la prison plutôt qu'un placement en établissement psychiatrique, malgré la schizophrénie diagnostiquée chez l'accusé. De la même façon, ils ont déclaré Noëlla Hego coupable et responsable de complicité d'assassinat. Leurs peines sont conformes à celles demandées par l'accusation.
Dati à l'époque : "Il sera jugé et il sera condamné"
Depuis leur interpellation sur les routes d'Ardèche, quelques jours après le drame, la question de la responsabilité pénale de ces deux marginaux atteints de troubles psychiatriques et plus largement de celles des malades mentaux est posée. Pas moins de dix experts se sont penchés sur leur cas, pour trancher, à six voix contre quatre, en faveur de "l'altération du discernement" permettant une sanction pénale, et non de "l'abolition du discernement" qui aurait empêché un procès.
Les avocats de la défense se sont appuyés jeudi sur la polémique ouverte par ce débat pour réclamer aux jurés "l'irresponsabilité pénale" de deux personnes reconnues comme malades et donc un internement psychiatrique. "On est là en pleine démence, en pleine folie, si on ne trouve pas d'explication à ce meurtre, c'est qu'on nage en pleine folie", a dit Me Franck Berton en relevant qu'aucun mobile n'avait été identifié pour expliquer le geste. "L'enfermement carcéral est fait pour les délinquants capables de comprendre leur peine", a-t-il dit. "Celui qui est en marge de la raison ne peut pas la comprendre."
L'avocat voit dans la tenue de ce procès une volonté politique de juger coûte que coûte les auteurs de crimes, quel que soit leur état mental, rappelant les mots prononcés par Rachida Dati, alors ministre de la Justice, peu de temps après le drame: "Il sera jugé et il sera condamné". Une thèse largement soutenue par Me Hubert Delarue, lui aussi défenseur de Stéphane Moitoiret. "Il y a eu des instructions de la chancellerie", a-t-il assuré. Il a tenté de rassurer les jurés sur une sortie possible et anticipée des accusés de l'hôpital psychiatrique en leur expliquant le contenu de la loi du 25 juillet 2011 qui "apporte des garanties essentielles et fondamentales". Il a dénoncé la politique judiciaire du gouvernement. "Il y a une volonté aujourd'hui de juger les fous, de les donner en pâture", a-t-il dit. "Bientôt, tous les fous viendront ici, alors que depuis le droit romain, on ne juge pas les fous." Pendant tout le procès, les parents du jeune Valentin n'ont pas pu obtenir la moindre explication du geste de Stéphane Moitoiret.
http://lci.tf1.fr/france/justice/assassinat-de-valentin-perpetuite-pour-moitoiret-6880659.html
Les jurés de la cour d'assises de l'Ain ont estimé que Stéphane Moitoiret, un routard de 42 ans dont la culpabilité a été établie par son ADN mêlé à celui de l'enfant, était "responsable" de ses actes au moment des faits et ont choisi la prison plutôt qu'un placement en établissement psychiatrique, malgré la schizophrénie diagnostiquée chez l'accusé. De la même façon, ils ont déclaré Noëlla Hego coupable et responsable de complicité d'assassinat. Leurs peines sont conformes à celles demandées par l'accusation.
Dati à l'époque : "Il sera jugé et il sera condamné"
Depuis leur interpellation sur les routes d'Ardèche, quelques jours après le drame, la question de la responsabilité pénale de ces deux marginaux atteints de troubles psychiatriques et plus largement de celles des malades mentaux est posée. Pas moins de dix experts se sont penchés sur leur cas, pour trancher, à six voix contre quatre, en faveur de "l'altération du discernement" permettant une sanction pénale, et non de "l'abolition du discernement" qui aurait empêché un procès.
Les avocats de la défense se sont appuyés jeudi sur la polémique ouverte par ce débat pour réclamer aux jurés "l'irresponsabilité pénale" de deux personnes reconnues comme malades et donc un internement psychiatrique. "On est là en pleine démence, en pleine folie, si on ne trouve pas d'explication à ce meurtre, c'est qu'on nage en pleine folie", a dit Me Franck Berton en relevant qu'aucun mobile n'avait été identifié pour expliquer le geste. "L'enfermement carcéral est fait pour les délinquants capables de comprendre leur peine", a-t-il dit. "Celui qui est en marge de la raison ne peut pas la comprendre."
L'avocat voit dans la tenue de ce procès une volonté politique de juger coûte que coûte les auteurs de crimes, quel que soit leur état mental, rappelant les mots prononcés par Rachida Dati, alors ministre de la Justice, peu de temps après le drame: "Il sera jugé et il sera condamné". Une thèse largement soutenue par Me Hubert Delarue, lui aussi défenseur de Stéphane Moitoiret. "Il y a eu des instructions de la chancellerie", a-t-il assuré. Il a tenté de rassurer les jurés sur une sortie possible et anticipée des accusés de l'hôpital psychiatrique en leur expliquant le contenu de la loi du 25 juillet 2011 qui "apporte des garanties essentielles et fondamentales". Il a dénoncé la politique judiciaire du gouvernement. "Il y a une volonté aujourd'hui de juger les fous, de les donner en pâture", a-t-il dit. "Bientôt, tous les fous viendront ici, alors que depuis le droit romain, on ne juge pas les fous." Pendant tout le procès, les parents du jeune Valentin n'ont pas pu obtenir la moindre explication du geste de Stéphane Moitoiret.
http://lci.tf1.fr/france/justice/assassinat-de-valentin-perpetuite-pour-moitoiret-6880659.html
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