Vingt-huit ans après les faits, Amédée Amador, dit Oreille, 66 ans, est jugé par la cour d'assises de l'Hérault à partir de lundi, pour un double assassinat. Les époux Gomez ont été abattus dans une rue de La Paillade, à Montpellier, le 19 juillet 1985.
11 h - "Ce n'est pas un procès d'assises ! C'est inacceptable !"
Le procès Amador débute sur un premier recours de la défense. "Des cotés du dossier sont partiellement ou totalement illisibles ! Nous voulons un procès équitable avec ces pièces, sinon c'est la porte ouverte à l'à-peu-près !" tonne Me Benyoucef.
"Les enfants sont en droit d'attendre une lecture exacte de ce qu'il y a dans le dossier", complète Me Gioia, partie civile. Le temps a aussi décimé les témoins dont la plupart appelés à la barre ne répondent pas présents... Et l'expert psychiatre est également absent : "Ce n'est pas un procès d'assises ! C'est inacceptable !" s'emporte à nouveau Me Benyoucef.
Amédée Mador, l'accusé, lui, est bien là : il avait été condamné en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité et n'a été arrêté qu'en 2011. Louis Gomez, l'un des enfants du couple assassiné en 1985, est également présent, encadré entre deux gendarmes. En mai, il a été condamné à 20 ans de réclusion pour un vol et séquestration d'un commerçant.
La cour se retire pour délibérer sur les pièces illisibles.
http://www.midilibre.fr/2013/07/01/proces-amador-aux-assises-de-l-herault-ce-n-est-pas-un-proces-d-assises,725136.php
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
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mardi 2 juillet 2013
lundi 1 juillet 2013
Montpellier : la vengeance gitane, 28 ans après, devant les assises de l'Hérault
Vingt-huit ans après les faits, Amédée Amador, dit Oreille, 66 ans, va être jugé par la cour d'assises de l'Hérault, pour un double assassinat. Les époux Gomez sont abattus dans une rue de La Paillade, à Montpellier, le 19 juillet 1985, les frères Raymond et Amédée Amador prennent la fuite, leur vengeance accomplie.
Une incroyable affaire de vendetta gitane s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises de l’Hérault. Amédée Amador, dit Oreille, 66 ans, va être jugé pour un double assassinat commis voilà tout juste... 28 ans ! Mais dans ce dossier, le présent a aussi rattrapé le passé judiciaire. Et tout laisse à craindre que le futur ne soit encore placé sous le signe des représailles sanglantes...
Le code d’honneur de la communauté
Lorsque les époux Gomez sont abattus dans une rue de La Paillade, à Montpellier, le 19 juillet 1985, les frères Raymond et Amédée Amador prennent la fuite, leur vengeance accomplie : Amédée avait été pris à partie parce qu’il avait été vu avec son ex-femme... Le code d’honneur de la communauté est à ce prix.
"Mon client veut voir l’assassin de ses parents dans les yeux"
Me Gioia, partie civile
Raymond dit Mado est arrêté et condamné à 15 ans de prison en 1992. Son frère, en cavale, prend perpétuité. Et puis plus rien. Jusqu’à janvier 2011 : Oreille est retrouvé lors d’un banal contrôle d’identité à Lyon où il vient de passer un quart de siècle... "On ne l’a jamais recherché efficacement, il a travaillé pour les offices HLM et même voté à toutes les élections", rappelle Me Mendel, qui défend Amédée Amador avec M e Benyoucef et M e Couderc.
Habillé en combinaison blanche
Mais quelques jours plus tard, Mado, qui a purgé sa peine, disparaît à Marseille où il travaille comme agent d’entretien au Géant Casino. Sur le parking de l’hypermarché, des traces de sang, des douilles, son téléphone portable et sa voiture. Lui n’est jamais réapparu. Louis Gomez, le fils des défunts de 1985, est arrêté et mis en examen : un neveu Amador affirme qu’il l’a séquestré pour lui extorquer les adresses de Mado et Oreille. Et le lendemain, ce même Louis Gomez est contrôlé dans un bois, habillé en combinaison blanche, avec de la chaux et des bidons d’acide...
Voir l’assassin de ses parents dans les yeux
"Il a toujours dit qu’il n’y était pour rien et aucun élément matériel ne l’accuse si ce n’est le passé : c’est un peu léger", martèle Me Gioia. L’avocat du mis en cause a obtenu une décision importante : Louis Gomez, qui vient d’écoper de 20 ans de prison pour un vol avec séquestration, va pouvoir assister aux débats. "Louis Gomez ne pouvait pas imaginer ne pas être présent au procès : il veut voir l’assassin de ses parents dans les yeux. Et ses frères et sœurs vivent depuis toujours dans l’attente de ce jour."
Depuis deux ans, chaque camp vit dans la crainte de l’autre et les menaces de représailles, ce qui promet des débats tendus. Sans compter que le temps a fait des ravages sur le dossier : des auditions ont été effacées, le légiste de l’époque est décédé et un des projectiles a été perdu... "Le temps et la mémoire ont fait que l’on a un ADN partiel de dossier, regrette Me Mendel. Mais Amédée Amador n’était pas parti pour tuer ce jour-là." C’était il y a 28 ans.
http://www.midilibre.fr/2013/06/30/la-vengeance-gitane-jugee-28-ans-apres,724914.php
Une incroyable affaire de vendetta gitane s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises de l’Hérault. Amédée Amador, dit Oreille, 66 ans, va être jugé pour un double assassinat commis voilà tout juste... 28 ans ! Mais dans ce dossier, le présent a aussi rattrapé le passé judiciaire. Et tout laisse à craindre que le futur ne soit encore placé sous le signe des représailles sanglantes...
Le code d’honneur de la communauté
Lorsque les époux Gomez sont abattus dans une rue de La Paillade, à Montpellier, le 19 juillet 1985, les frères Raymond et Amédée Amador prennent la fuite, leur vengeance accomplie : Amédée avait été pris à partie parce qu’il avait été vu avec son ex-femme... Le code d’honneur de la communauté est à ce prix.
"Mon client veut voir l’assassin de ses parents dans les yeux"
Me Gioia, partie civile
Raymond dit Mado est arrêté et condamné à 15 ans de prison en 1992. Son frère, en cavale, prend perpétuité. Et puis plus rien. Jusqu’à janvier 2011 : Oreille est retrouvé lors d’un banal contrôle d’identité à Lyon où il vient de passer un quart de siècle... "On ne l’a jamais recherché efficacement, il a travaillé pour les offices HLM et même voté à toutes les élections", rappelle Me Mendel, qui défend Amédée Amador avec M e Benyoucef et M e Couderc.
Habillé en combinaison blanche
Mais quelques jours plus tard, Mado, qui a purgé sa peine, disparaît à Marseille où il travaille comme agent d’entretien au Géant Casino. Sur le parking de l’hypermarché, des traces de sang, des douilles, son téléphone portable et sa voiture. Lui n’est jamais réapparu. Louis Gomez, le fils des défunts de 1985, est arrêté et mis en examen : un neveu Amador affirme qu’il l’a séquestré pour lui extorquer les adresses de Mado et Oreille. Et le lendemain, ce même Louis Gomez est contrôlé dans un bois, habillé en combinaison blanche, avec de la chaux et des bidons d’acide...
Voir l’assassin de ses parents dans les yeux
"Il a toujours dit qu’il n’y était pour rien et aucun élément matériel ne l’accuse si ce n’est le passé : c’est un peu léger", martèle Me Gioia. L’avocat du mis en cause a obtenu une décision importante : Louis Gomez, qui vient d’écoper de 20 ans de prison pour un vol avec séquestration, va pouvoir assister aux débats. "Louis Gomez ne pouvait pas imaginer ne pas être présent au procès : il veut voir l’assassin de ses parents dans les yeux. Et ses frères et sœurs vivent depuis toujours dans l’attente de ce jour."
Depuis deux ans, chaque camp vit dans la crainte de l’autre et les menaces de représailles, ce qui promet des débats tendus. Sans compter que le temps a fait des ravages sur le dossier : des auditions ont été effacées, le légiste de l’époque est décédé et un des projectiles a été perdu... "Le temps et la mémoire ont fait que l’on a un ADN partiel de dossier, regrette Me Mendel. Mais Amédée Amador n’était pas parti pour tuer ce jour-là." C’était il y a 28 ans.
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