Les années passent, Élisabeth Borrel ne lâche rien. Le 15 octobre 1995, son mari, Bernard, magistrat détaché à Djibouti, a été assassiné. Depuis, cette magistrate, qui a longtemps occupé en poste à Toulouse, se bat contre l'institution judiciaire pour obtenir des progrès dans l'instruction sur la mort de son mari, père de ses deux enfants. Pas simple comme elle l'a de nouveau expliquée hier à ses pairs à l'occasion du 49e congrès du Syndicat de la magistrate, réuni à Toulouse.
Bernard Borrel a été assassiné le 18 octobre 1995 à Djibouti. Vingt ans plus tard, sait-on par qui et pourquoi ?
Élisabeth Borrel : Officiellement non. Moi j'ai une petite idée mais mes nombreux collègues juges d'instruction qui se sont succédé, 12 en vingt ans, n'ont pas beaucoup cherché.
Comment l'expliquez-vous ?
Il faut leur poser la question. Pendant trois ans, dans les premières années, on a essentiellement voulu démontrer que Bernard s'était suicidé. C'est faux et c'est officiel depuis 2003. Pourtant on essaye encore de m'expliquer que Bernard était dépressif…
Est-ce exact ?
Mais je m'en fous ! Depuis quand dans un dossier instruit pour assassinat on s'inquiète de la psychologie de la victime ? Bernard Borrel a été assassiné. Ses doutes, s'il en avait, n'intéressent personne et surtout pas les juges d'instruction. Il est victime, pas auteur !
Et curieux hasard, les scellés qui concernaient ce dossier ont été détruits…
Oui. On ne sait ni quand, ni sous l'ordre de qui. Le registre porte juste la mention non-lieu qui n'a jamais été délivrée.
Une simple erreur ?
Bien sûr ! Un hasard. Le short que portait mon mari avec deux traces d'ADN disparu, le bidon d'un des deux produits inflammables utilisés disparu aussi, l'huile de cannabis disparu également.
De l'huile de cannabis ?
Depuis 20 ans j'ai eu droit à toutes les accusations : mon mari était homosexuel, pédophile, escroc, corrompu et donc drogué !
Difficile à supporter ?
Je suis magistrate. Mon mari occupait un poste de magistrat détaché à Djibouti. Il servait la France. Depuis octobre 2007, Nicolas Sarkozy alors Président de la République a dit officiellement que Bernard avait été assassiné, victime d'un attentat terroriste. Les terroristes, actuellement, je crois qu'on les recherche partout.
Pas vraiment dans le dossier de votre mari.
C'est bizarre, non (sourire ironique).
Qu'est-ce qui bloque l'enquête ? La raison d'État
Quoi d'autre ? Dès que l'on commence à mouiller l'armée, à poser de questions qui fâchent, les portes se ferment. J'ai quand même vu un général, dans le cabinet du juge d'instruction, attraper mon avocat par le col pour le sortir. Est-ce une réaction normale. Que veulent-ils cacher ?
Vingt ans après, pensez-vous encore qu'un jour vous saurez ?
J'en suis persuadée et depuis le début. Trop de personnes savent. Une collègue m'a expliqué récemment que 24 ans après l'assassinat d'un juge, en Italie, un homme venait de parler. De gens parleront. Je me souviens d'une amie, à Djibouti quelques jours après la mort de Bernard. Elle m'avait expliqué : je ne peux pas parler. J'espère que cette femme, que d'autres, un jour oseront dire la vérité.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/11/29/2227316-elisabeth-borrel-lutte-contre-la-raison-d-etat.html
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
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dimanche 29 novembre 2015
dimanche 25 août 2013
Le témoin clé de l'affaire Borrel arrêté
Le témoin clé de l'affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, Mohamed Saleh Alhoumekani, a été interpellé cette semaine au Yémen, a-t-on appris aujourd'hui auprès de son avocat belge, qui craint son expatriation vers Djibouti. Alhoumekani, qui possède la double nationalité belgo-yéménite, a été arrêté par la police alors qu'il se trouvait à Sanaa pour visiter des membres de sa famille.
"Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur son interpellation (...) Nous craignons qu'il ne soit prochainement extradé vers Djibouti, et donc pour sa sécurité", a indiqué son avocat, Me Luc Cambier, à l'AFP.
L'association pour la défense des droits de l'homme à Djibouti a affirmé, sur son site internet, qu'Alhoumekani avait "été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes" et qu'un haut responsable djiboutien "serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti".
Le ministère belge des Affaires étrangères a indiqué avoir été "informé" de l'arrestation d'un Belgo-yéménite "par des membres de la famille". "Nous vérifions l'information", a-t-il précisé. "Nous avons alerté les autorités belges afin que la sécurité de M. Alhoumekani puisse être assurée", a indiqué Me Cambier. De son côté, la veuve du juge Borrel, Elisabeth Borrel, a pris contact avec les autorités françaises, selon l'avocat belge.
Alhoumekani est domicilié à Bruxelles après avoir quitté en 2007 Djibouti, son pays d'origine, et sollicité l'asile en Belgique, où il a obtenu la nationalité belge. Dans l'affaire Borrel, Alhoumekani est considéré comme un acteur clé ayant permis de relancer l'enquête. Officier dans la garde républicaine, il avait mis en cause auprès des autorités judiciaires françaises l'actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh et son entourage, pour leur implication dans la mort du juge.
Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d'un ravin, à 80 km de Djibouti. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais, en se basant sur de nouvelles expertises et témoignages, l'enquête française privilégie désormais la thèse d'un assassinat.
L'affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose de l'une de ses plus importantes bases militaires à l'étranger.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/08/25/97001-20130825FILWWW00192-le-temoin-cle-de-l-affaire-borrel-arrete.php
"Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur son interpellation (...) Nous craignons qu'il ne soit prochainement extradé vers Djibouti, et donc pour sa sécurité", a indiqué son avocat, Me Luc Cambier, à l'AFP.
L'association pour la défense des droits de l'homme à Djibouti a affirmé, sur son site internet, qu'Alhoumekani avait "été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes" et qu'un haut responsable djiboutien "serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti".
Le ministère belge des Affaires étrangères a indiqué avoir été "informé" de l'arrestation d'un Belgo-yéménite "par des membres de la famille". "Nous vérifions l'information", a-t-il précisé. "Nous avons alerté les autorités belges afin que la sécurité de M. Alhoumekani puisse être assurée", a indiqué Me Cambier. De son côté, la veuve du juge Borrel, Elisabeth Borrel, a pris contact avec les autorités françaises, selon l'avocat belge.
Alhoumekani est domicilié à Bruxelles après avoir quitté en 2007 Djibouti, son pays d'origine, et sollicité l'asile en Belgique, où il a obtenu la nationalité belge. Dans l'affaire Borrel, Alhoumekani est considéré comme un acteur clé ayant permis de relancer l'enquête. Officier dans la garde républicaine, il avait mis en cause auprès des autorités judiciaires françaises l'actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh et son entourage, pour leur implication dans la mort du juge.
Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d'un ravin, à 80 km de Djibouti. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide. Mais, en se basant sur de nouvelles expertises et témoignages, l'enquête française privilégie désormais la thèse d'un assassinat.
L'affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose de l'une de ses plus importantes bases militaires à l'étranger.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/08/25/97001-20130825FILWWW00192-le-temoin-cle-de-l-affaire-borrel-arrete.php
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