Daniel Legrand fils a été une nouvelle fois acquitté aujourd'hui des accusations de pédophilie qui pesaient contre lui lors du 3e procès dit d'Outreau qui se tenait depuis 15 jours à Rennes
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/06/05/97001-20150605FILWWW00211-proces-d-outreau-daniel-legrand-a-ete-acquitte.php
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
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vendredi 5 juin 2015
jeudi 4 juin 2015
Outreau: La défense de Daniel Legrand refuse de plaider
Le jeune Daniel Legrand avait devant lui les plus grands ténors du barreau pour le défendre. Mais après le réquisitoire très incisif de l’avocat général, qui a exhorté les jurés à prononcer l’acquittement du prévenu, les six avocats de la défense ont décidé de ne pas plaider.
L’avocat général demande l’acquittement de Daniel Legrand
Alignés à la barre, Eric Dupont-Moretti, Franck Berton, Julien et Hubert Delarue, Hugues Vigier et Hervé Corbanesi se sont contentés de lire une très courte déclaration à la cour. « Nous entendons rappeler que les quatre enfants Delay sont des victimes comme nous l’avons toujours dit. Après ce réquisitoire où l’acquittement a été requis parce que Daniel Legrand est totalement innocent, nous avons décidé de ne pas plaider. A l’avenir, plus personne ne pourra sérieusement mettre en doute cette innocence », a déclaré Me Hubert Delarue.
L’avocat s’est ensuite tourné vers son client. « Cet acquittement, c’est aussi celui de ton père Daniel », en hommage à l’aîné des Legrand, décédé à 59 ans des suites d’une maladie.
Le prévenu sera entendu une dernière fois vendredi matin avant que la cour ne rende sa décision dans la journée. Le procès devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine aura duré trois semaines à Rennes.
http://www.20minutes.fr/rennes/1623863-20150604-outreau-defense-daniel-legrand-refuse-plaider
L’avocat général demande l’acquittement de Daniel Legrand
Alignés à la barre, Eric Dupont-Moretti, Franck Berton, Julien et Hubert Delarue, Hugues Vigier et Hervé Corbanesi se sont contentés de lire une très courte déclaration à la cour. « Nous entendons rappeler que les quatre enfants Delay sont des victimes comme nous l’avons toujours dit. Après ce réquisitoire où l’acquittement a été requis parce que Daniel Legrand est totalement innocent, nous avons décidé de ne pas plaider. A l’avenir, plus personne ne pourra sérieusement mettre en doute cette innocence », a déclaré Me Hubert Delarue.
L’avocat s’est ensuite tourné vers son client. « Cet acquittement, c’est aussi celui de ton père Daniel », en hommage à l’aîné des Legrand, décédé à 59 ans des suites d’une maladie.
Le prévenu sera entendu une dernière fois vendredi matin avant que la cour ne rende sa décision dans la journée. Le procès devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine aura duré trois semaines à Rennes.
http://www.20minutes.fr/rennes/1623863-20150604-outreau-defense-daniel-legrand-refuse-plaider
Ils sont les seuls accusateurs de Daniel Legrand, jugé à Rennes pour viols sur enfants. Chérif, Jonathan, Dimitri et Dylan, fils de Myriam Badaoui, ont depuis l'affaire d'Outreau vécu un parcours chaotique et semblable fait d'errances. Trois d'entre eux sont parties civiles, la parole est ce jeudi à leurs avocats.
Ses pas, pressés, retentissent dans l'enceinte du palais de Justice de Rennes. Jonathan Delay va et vient. Il a du mal à tenir en place. A l'extérieur de la salle d'audience, qu'il quitte fréquemment, il tire avec frénésie sur sa cigarette. Tapote sur son smartphone. Prend l'air, un café, et retourne à sa place, sur le banc des parties civiles, au procès de Daniel Legrand, jugé pour viols sur ses frères et lui à Outreau entre 1997 et 2000. Dimitri et Chérif, également parties civiles, n'ont fait que des apparitions ponctuelles à l'audience, afin de livrer leur témoignage à la cour d'assises pour mineurs d'Ille-et-VIlaine."Victime d'Outreau"
A 21 ans, cheveux gominés, Jonathan Delay est - comme les trois autres - reconnu "victime d'Outreau": violé avant ses six ans par ses parents et un couple de voisins, au domicile familial, dans le quartier de la Tour-du-Renard. Myriam Badaoui a été condamnée à quinze ans de prison, son ex-époux Thierry Delay à vingt ans. "Vous êtes victimes des choses les plus graves de la part de vos parents dont le rôle est de vous protéger, pose d'emblée l'avocat général. Mais aujourd'hui, il s'agit de Daniel Legrand, acquitté deux fois de viols."
L'avocat général résume alors le champ des possibilités. Les frères disent vrai, Daniel Legrand a bien abusé d'eux ; ils mentent malgré eux en opérant une projection sur l'accusé ; ils savent que c'est faux et profitent de "l'aubaine juridique" d'un nouveau procès.
"Je ne mens pas, coupe court Jonathan. Si je n'avais rien à lui reprocher, je ne serai pas là." Les quatre condamnés, les parents et les voisins, maintiennent pour leur part qu'il n'y avait personne d'autre lors des viols des enfants. Ni d'autres victimes, ni d'autres agresseurs. Ils disculpent ainsi Daniel Legrand et accusent indirectement leurs enfants de me
Dimitri se tapait la tête contre les murs"
Rennes se repasse le film d'horreur. "J'ai grandi dans un contexte où on ne peut pas rire, ni jouer. Même les cadeaux reçus étaient au service des adultes", se remémore Jonathan. Sous le sapin, une cassette pornographique en guise d'initiation sexuelle. Tour à tour, les Delay et leurs assistantes familiales respectives racontent les crayons et fourchette introduits dans les fesses, les godemichés, le "devant de papa" mis dans leur "derrière", les fellations imposées, le caméscope pour filmer ces scènes, les hospitalisations en urgence...
La machine judiciaire s'enclenche lorsque Dimitri (8 ans), le premier, parle. Chérif (10 ans), Jonathan (6 ans) et même Dylan (2 ans), placés par les services sociaux, lui embrayent le pas. Au terme de l'instruction controversée du juge Fabrice Burgaud, 17 personnes sont mises en examen, parmi lesquelles 13 seront finalement acquittées. Chérif raconte dans son livre, Je suis debout, paru au Cherche Midi, avoir appris les acquittements par un éducateur. "Je suis resté sans voix. J'ai fumé une dizaine de clopes d'affilée. Puis ma tête est devenue un cocktail Molotov. L'explosion a été violente. J'ai tout cassé dans la turne." Les condamnations des ex-époux Delay n'apportent pas plus d'apaisement. "Après Saint-Omer, raconte à la cour l'assistante familiale qui a recueilli Dimitri, il se tapait la tête contre les murs, retournait tout dans sa chambre et n'allait plus à l'école."
Les audiences de 2004 et 2005 ont laissé une plaie béante. Elle s'ajoute aux cicatrices du passé. En 2015, un profond sentiment d'injuste demeure encore. Jonathan se souvient que les acquittements ont fait comme si [il] "avai[t] été coupable [lui]-même". "Le ressenti que j'ai eu quand j'ai vu tous ces acquittés avec les ministres? Comment s'est possible? Aujourd'hui je l'ai encore ici", crie Chérif évoquant le retentissant fiasco judiciaire. "J'en peux plus, je suis fatigué de tout ça, fatigué d'être insulté, d'être diffamé sans que je puisse répondre", ajoute le jeune homme, en larmes, qui se fait désormais appeler Kévin.
"J'ai fini SDF le jour de mes 18 ans"
Depuis, la vie des enfant Delay n'a été que chaos. Tous, à peu de choses prêt, dépeignent le même enfer, enchaînant les familles d'accueil, les foyers à l'adolescence, puis un "épisode de rue". "J'ai fini SDF, le jour de mes 18 ans, picolé, fumé, provoqué la police", confesse Chérif, qui purge une courte peine de prison pour "violences" dans un établissement psychiatrique. "J'ai des hauts et des bas, poursuit le jeune homme. Je suis devenu même violent avec ma compagne, c'est pour ça que je suis incarcéré... J'ai l'impression de reproduire certaines choses de mon passé, en gros la violence."
Après les foyers, son frère Dimitri a passé deux années dans un centre éducatif fermé pour avoir été mêlé à une bagarre quand il était sans domicile. Dylan, le petit dernier, serait parti vivre au Maroc. Il ne s'est pas constitué partie civile et n'a pas assisté aux débats. Le procès à Rennes, au goût amer de vaine reconstitution, aura au moins eu le mérite de réunir trois des frères Delay, devenus, d'après Jonathan, de quasi inconnus.
mercredi 3 juin 2015
Outreau : c'est "dégueulasse qu'on t'ait mis là", crie une acquittée à Daniel Legrand
C'est pas normal qu'on t'ait mis là, c'est dégueulasse !" a crié, en colère et en larmes, une des acquittées d'Outreau, à l'adresse de Daniel Legrand, un autre des acquittés, au procès duquel elle était appelée à témoigner, mardi à Rennes.
"C'est pas normal qu'on t'ait mis là, c'est dégueulasse !" a crié, en colère et en larmes, une des acquittées d'Outreau, à l'adresse de Daniel Legrand, un autre des acquittés, au procès duquel elle était appelée à témoigner, mardi à Rennes. « J'avais plein de choses à dire, mais ça ne vient plus parce que je suis terrifiée", a déclaré, en sanglots après quelques minutes à la barre, cette femme de 48 ans, infirmière scolaire, ex-épouse de l'huissier Alain Marécaux, qui a refait sa vie et souhaite que son nouveau nom ne soit pas cité. "C'est une honte de le faire venir ici!" a-t-elle ajouté en désignant Daniel Legrand, qui comparaît pour des accusations de pédophilie lorsqu'il était mineur non encore jugées pendant les deux premiers procès de cette affaire. "Vous ne vous rendez pas compte de ce qu'on a vécu: il a été acquitté en tant que majeur!" des faits qui lui sont reprochés.
"Je pense que ces enfants (les enfants Delay, parties civiles à ce procès, ndlr), c'est une horreur ce qu'ils ont vécu, mais nous, on n'y est pour rien!" a-t-elle martelé. Les parents de ces enfants et un couple de voisins ont été condamnés en 2004 à Saint-Omer pour les avoir violés, alors qu'au total sur 17 accusés, 13 ont finalement été acquittés à l'issue du procès en appel en 2005 à Paris. "J'en peux plus, je craque, c'est pas normal", s'est-elle excusée. "Je pense à mes petits. J'ai une petite de 8 ans, je vais lui dire quoi ? Elle sait rien (de l'affaire Outreau), les autres (enfants qu'elle avait au début de l'affaire) sont blessés, cassés..." "C'est pas normal qu'on t'ait mis là, c'est dégueulasse!" a-t-elle encore lancé, le visage en larmes, à l'adresse de Daniel Legrand.
"Mes deux garçons ont pas d'avenir", a-t-elle poursuivi. "Eux, tout le monde s'en est lavé les mains... Du jour au lendemain, ils ont perdu leurs parents, du jour au lendemain! Quand on a été acquittés : Débouillez-vous pour votre suivi psy, allez-y, vous êtes acquittés, terminé, basta ! On fait quoi nous derrière?" a-t-elle encore crié, soulignant qu'elle était toujours, dix ans après, sous traitement médicamenteux
"Je pense que ces enfants (les enfants Delay, parties civiles à ce procès, ndlr), c'est une horreur ce qu'ils ont vécu, mais nous, on n'y est pour rien!" a-t-elle martelé. Les parents de ces enfants et un couple de voisins ont été condamnés en 2004 à Saint-Omer pour les avoir violés, alors qu'au total sur 17 accusés, 13 ont finalement été acquittés à l'issue du procès en appel en 2005 à Paris. "J'en peux plus, je craque, c'est pas normal", s'est-elle excusée. "Je pense à mes petits. J'ai une petite de 8 ans, je vais lui dire quoi ? Elle sait rien (de l'affaire Outreau), les autres (enfants qu'elle avait au début de l'affaire) sont blessés, cassés..." "C'est pas normal qu'on t'ait mis là, c'est dégueulasse!" a-t-elle encore lancé, le visage en larmes, à l'adresse de Daniel Legrand.
"Mes deux garçons ont pas d'avenir", a-t-elle poursuivi. "Eux, tout le monde s'en est lavé les mains... Du jour au lendemain, ils ont perdu leurs parents, du jour au lendemain! Quand on a été acquittés : Débouillez-vous pour votre suivi psy, allez-y, vous êtes acquittés, terminé, basta ! On fait quoi nous derrière?" a-t-elle encore crié, soulignant qu'elle était toujours, dix ans après, sous traitement médicamenteux
lundi 1 juin 2015
Procès d'Outreau: Dix acquittés à la barre pour Daniel Legrand
Dix acquittés des procès de l'affaire Outreau doivent témoigner lundi et mardi au procès de Daniel Legrand à Rennes, un autre des acquittés de cette affaire, pour des accusations de pédophilie non encore jugées portant sur la période où il était mineur. Alors que le procès entre dans sa dernière semaine, Karine Duchochois, David Brunet, Thierry Dausque, Sandrine Lavier (par vidéoconférence) et Franck Lavier, doivent témoigner lundi après-midi.
>> A lire: A une semaine de son terme, le procès de Daniel Legrand déjà dégonflé
Mardi ce sont les cinq autres acquittés, Alain Marécaux, son ex-femme Odile Polveche, Dominique Wiel, Pierre Martel et Roseline Godard, qui doivent à leur tour venir.
Sur les 17 personnes renvoyées devant les assises pour des viols d'enfants à l'issue de l'instruction du juge Burgaud en 2001 et 2002, 13 furent acquittées, tandis que quatre, le couple Delay-Badaoui et un couple de voisins, qui avaient admis les faits, ont été condamnés.
Ces quatre condamnés ont témoigné lors de la deuxième semaine du procès de Rennes que Daniel Legrand n'avait pas participé au viol de Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, parties civiles à son procès. Pas plus lorsqu'il était mineur qu'après sa majorité.
Les plaidoiries des parties civiles doivent débuter jeudi. Elles seront suivies du réquisitoire puis des plaidoiries de la défense. Le délibéré est normalement attendu vendredi.
http://www.20minutes.fr/societe/1620167-20150601-proces-outreau-dix-acquittes-barre-daniel-legrand
>> A lire: A une semaine de son terme, le procès de Daniel Legrand déjà dégonflé
Mardi ce sont les cinq autres acquittés, Alain Marécaux, son ex-femme Odile Polveche, Dominique Wiel, Pierre Martel et Roseline Godard, qui doivent à leur tour venir.
Sur les 17 personnes renvoyées devant les assises, 13 furent acquittées
Après le témoignage de l'ancien juge d'instruction Fabrice Burgaud, puis celui des parents condamnés des principales victimes, Myriam Badaoui et Thierry Delay, les témoignages des acquittés au début de cette dernière semaine d'audience devraient achever cette presque totale reconstitution en accéléré de ce que furent les procès de Saint-Omer (Pas-de-Calais) en 2004 et le procès en appel de Paris en 2005.Sur les 17 personnes renvoyées devant les assises pour des viols d'enfants à l'issue de l'instruction du juge Burgaud en 2001 et 2002, 13 furent acquittées, tandis que quatre, le couple Delay-Badaoui et un couple de voisins, qui avaient admis les faits, ont été condamnés.
Ces quatre condamnés ont témoigné lors de la deuxième semaine du procès de Rennes que Daniel Legrand n'avait pas participé au viol de Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, parties civiles à son procès. Pas plus lorsqu'il était mineur qu'après sa majorité.
Le délibéré attendu vendredi
Pour leur part, Chérif et Jonathan Delay, aujourd'hui âgés de 25 et 21 ans, l'ont pour la première fois impliqué dans les sévices qu'ils avaient enduré enfants, sans toutefois livrer beaucoup de précisions, parlant notamment de «flashs». Ils ont en outre soutenu que plusieurs autres des acquittés étaient aussi présents.Les plaidoiries des parties civiles doivent débuter jeudi. Elles seront suivies du réquisitoire puis des plaidoiries de la défense. Le délibéré est normalement attendu vendredi.
http://www.20minutes.fr/societe/1620167-20150601-proces-outreau-dix-acquittes-barre-daniel-legrand
vendredi 29 mai 2015
Outreau : Daniel Legrand continue de clamer son innocence
Daniel Legrand a réaffirmé vendredi son innocence des viols sur enfants dont il est accusé, après avoir été confronté aux "aveux" qu'il avait faits lors de l'instruction de l'affaire d'Outreau, avant de se rétracter. "C'est le ciel qui est tombé sur ma tête", s'est souvenu Daniel Legrand, un des treize acquittés d'Outreau (Pas-de-Calais), à propos de sa première garde à vue dans cette affaire, le 14 novembre 2001. Dix ans après son acquittement, il est jugé jusqu'au 5 juin à Rennes pour des faits qui auraient été commis lorsqu'il était mineur.
À l'époque, son nom, surgi dans l'instruction avec celui, homonyme, de son père, avait été confirmé au juge d'instruction par trois des accusés de viols sur les enfants Delay : leur mère Myriam Badaoui et un couple de voisins, tous trois déjà incarcérés. Confronté une première fois à eux, il réfute les accusations. Le jeune homme de 20 ans qu'il est alors perd pied en détention. Et Daniel Legrand fait soudainement, un mois plus tard, des "aveux" terribles et circonstanciés. Il s'accuse des viols qui lui étaient initialement reprochés puis ajoute dans un courrier au juge le récit du meurtre de petite fille dont il aurait été témoin.
Un peu plus de deux mois après ses "aveux", début 2002, Daniel Legrand a affirmé avoir menti et n'a plus jamais varié. Condamné pour agressions sexuelles en 2004 à Saint-Omer il a été acquitté en 2005 en appel à Paris, comme douze autres des accusés. Les quatre condamnés ont indiqué lors de ces procès qu'il était innocent et qu'ils ne le connaissaient pas. Et l'ont réaffirmé à Rennes mardi et mercredi. "Je suis complètement étranger à cette affaire, je n'ai rien fait, c'est la vérité", a une nouvelle fois déclaré vendredi Daniel Legrand.
http://www.lepoint.fr/justice/outreau-daniel-legrand-continue-de-clamer-son-innocence-29-05-2015-1932193_2386.php
À l'époque, son nom, surgi dans l'instruction avec celui, homonyme, de son père, avait été confirmé au juge d'instruction par trois des accusés de viols sur les enfants Delay : leur mère Myriam Badaoui et un couple de voisins, tous trois déjà incarcérés. Confronté une première fois à eux, il réfute les accusations. Le jeune homme de 20 ans qu'il est alors perd pied en détention. Et Daniel Legrand fait soudainement, un mois plus tard, des "aveux" terribles et circonstanciés. Il s'accuse des viols qui lui étaient initialement reprochés puis ajoute dans un courrier au juge le récit du meurtre de petite fille dont il aurait été témoin.
"Je n'ai rien fait, c'est la vérité"
"Je comprenais pas pourquoi Mlle Grenon (une de ses accusatrices, NDLR) elle était libre alors qu'elle s'accusait (de viols) et moi j'étais en prison alors que j'étais innocent...", a expliqué Daniel Legrand, vendredi. "Comme je savais pas quoi dire, j'ai inventé." "C'est insoutenable ce que vous racontez (dans ces aveux, NDLR): il y a des détails qui sont presque indicibles", a souligné le président de la cour d'assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine, Philippe Dary. L'enquête ouverte à la suite de ces aveux a été close par un non-lieu en 2007 : aucune trace d'enfant disparu ni d'un corps.Un peu plus de deux mois après ses "aveux", début 2002, Daniel Legrand a affirmé avoir menti et n'a plus jamais varié. Condamné pour agressions sexuelles en 2004 à Saint-Omer il a été acquitté en 2005 en appel à Paris, comme douze autres des accusés. Les quatre condamnés ont indiqué lors de ces procès qu'il était innocent et qu'ils ne le connaissaient pas. Et l'ont réaffirmé à Rennes mardi et mercredi. "Je suis complètement étranger à cette affaire, je n'ai rien fait, c'est la vérité", a une nouvelle fois déclaré vendredi Daniel Legrand.
http://www.lepoint.fr/justice/outreau-daniel-legrand-continue-de-clamer-son-innocence-29-05-2015-1932193_2386.php
jeudi 28 mai 2015
Outreau : à la barre, la PJ de Lille revient sur l'enquête
Dès 2002, la police judiciaire de Lille avait conclu qu'il n'y avait dans le dossier Outreau ni meurtre, ni piste belge, ni réseau pédophile. L'ancien directeur d'enquête a témoigné jeudi au procès de Daniel Legrand, l'un des anciens acquittés de l'affaire, pour des accusations non encore jugées. Dans le rapport de synthèse de la PJ de Lille, "il y avait deux certitudes : le meurtre (d'une petite fille, des aveux sur lesquels Daniel Legrand fils reviendra rapidement, NDLR) n'existe pas et la piste belge de réseau pédophile et de trafic de cassettes (pédophiles) n'existe pas", a expliqué à la barre François-Xavier Masson, dont le service avait été chargé, en cours d'instruction, de participer à l'enquête.
Daniel Legrand et son père homonyme ont été impliqués à la suite de la retranscription, par l'assistante familiale de l'un des enfants victimes de viols, d'un surnom, "Dany Legrand", associé en outre à la Belgique. La mère de cet enfant, Myriam Badaoui, qui reconnaissait avoir violé ses fils avec son mari, avait ensuite corroboré le nom puis décrit, au juge d'instruction Fabrice Burgaud, ce "Legrand" comme un "patron de sex-shop", "chef de réseau" et propriétaire d'une maison où se déroulaient des viols pédophiles en Belgique.
"Lorsque l'épisode (de l'aveu, NDLR) du meurtre a eu lieu, c'était un basculement", a souligné François-Xavier Masson. "Je me souviens avoir eu cette réflexion : ou ce meurtre est vrai, et l'affaire Outreau tient, ou il n'est pas vrai, et ça s'effondre." "Notre grand drame à nous (son service d'alors à la PJ de Lille), c'est que nous n'avons jamais eu en face de nous Myriam Badaoui et les principaux accusateurs (entendus directement par le juge d'instruction)", a-t-il encore déclaré.
http://www.lepoint.fr/justice/outreau-a-la-barre-la-pj-de-lille-revient-sur-l-enquete-28-05-2015-1931790_2386.php
Daniel Legrand et son père homonyme ont été impliqués à la suite de la retranscription, par l'assistante familiale de l'un des enfants victimes de viols, d'un surnom, "Dany Legrand", associé en outre à la Belgique. La mère de cet enfant, Myriam Badaoui, qui reconnaissait avoir violé ses fils avec son mari, avait ensuite corroboré le nom puis décrit, au juge d'instruction Fabrice Burgaud, ce "Legrand" comme un "patron de sex-shop", "chef de réseau" et propriétaire d'une maison où se déroulaient des viols pédophiles en Belgique.
"À mille lieues d'un dangereux pédophile"
Il y avait un "décalage entre l'image qui nous était donnée de propriétaire de sex-shop, d'une maison en Belgique, violant et abusant des enfants, dirigeant presque un réseau... et puis, sur le déroulé, de la garde à vue, c'est une image complètement différente que nous avons, quelqu'un qui est extrêmement simple, à mille lieues d'un dangereux pédophile international", a indiqué François-Xavier Masson. "On a parole contre parole, pas d'indice matériel", a-t-il ajouté. "Il s'agissait de faire le tri dans ce que disaient les enfants, dans ce que corroboraient les adultes, déceler le vrai du faux en l'absence d'éléments matériels, puisque c'est la grande difficulté dans les affaires de pédophilie.""Lorsque l'épisode (de l'aveu, NDLR) du meurtre a eu lieu, c'était un basculement", a souligné François-Xavier Masson. "Je me souviens avoir eu cette réflexion : ou ce meurtre est vrai, et l'affaire Outreau tient, ou il n'est pas vrai, et ça s'effondre." "Notre grand drame à nous (son service d'alors à la PJ de Lille), c'est que nous n'avons jamais eu en face de nous Myriam Badaoui et les principaux accusateurs (entendus directement par le juge d'instruction)", a-t-il encore déclaré.
http://www.lepoint.fr/justice/outreau-a-la-barre-la-pj-de-lille-revient-sur-l-enquete-28-05-2015-1931790_2386.php
mercredi 27 mai 2015
Outreau : Myriam Badaoui ne connaît Daniel Legrand «ni d'Ève ni d'Adam»
Comme elle l'avait fait lors du procès de Paris, en 2005, Myriam Badaoui est venue hier à Rennes disculper Daniel Legrand, jugé pour la troisième fois dans l'affaire d'Outreau. Méconnaissable - elle a perdu au moins 20 kg - , les cheveux serrés dans un foulard beige, la mère de Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, parties civiles, a clairement affirmé que l'accusé était innocent: «Ce jeune homme, je le connais ni d'Eve ni d'Adam. On lui a retiré sa jeunesse à cause de mensonges, surtout des miens». Contrairement à la plupart des 17 accusés renvoyés devant les assises - treize seront acquittés -, Daniel Legrand n'avait, en effet, jamais été désigné par les enfants qu'il lui est reproché d'avoir violés.
Selon Mme Badaoui, dont le propos se noie souvent dans un torrent de larmes, tous les faits criminels qu'elle avait relatés en mettant en cause Daniel Legrand et feu son père, qui portait le même prénom, sont issus de son imagination. Un exemple: «Le père m'enc... pendant que le fils tenait le sex-shop» de la rue des Religieuses anglaises, à Boulogne-sur-Mer. L'établissement existe, puisque le mari de Mme Badaoui en était l'un des meilleurs clients; mais le malheureux Daniel Legrand père, métallier qui se tuait au travail, n'en a jamais été le propriétaire, pas plus que son fils, âgé de 15 ans à l'époque où la scène se serait produite, n'y fut jamais employé.
Il ressort de la longue audition de la mère indigne de la Tour du Renard que ses relations avec le juge Burgaud, tout au long de l'instruction, étaient fortement dévoyées. Cette femme, dont la vie est d'une tristesse à pleurer, avait eu, pour la première fois, l'impression que quelqu'un s'intéressait à elle. Du coup, poursuit-elle, elle disait au magistrat ce qu'il voulait entendre. Sinon, il n'était «pas content» et «tapait du poing» sur la table: «Je repartais dans mes délires», dit-elle. Comprendre: elle rectifiait ses déclarations pour les faire coller avec ce que le magistrat avait déjà collecté, auprès de ses enfants notamment, dont elle avait la hantise qu'ils puissent être traités de menteurs.«J'ai menti, je m'excuse auprès de Daniel Legrand, auprès de tout le monde, auprès de mes enfants, pleurniche le témoin. Mais je veux plus mentir pour faire plaisir. Le juge, il m'a bouffé ma vie».
Jonathan demande à parler à sa mère. Il se place face à elle, qui fut condamnée pour l'avoir violé avec son père. Bouleversé, les poings serrés au fond de ses poches, la gorge nouée, il aspire de petites goulées de l'air surchauffé du prétoire pour ralentir son coeur dont on devine qu'il bat la chamade. Comme mardi à son père, il demande à sa mère si elle maintient qu'il n'y avait que quatre adultes violeurs (ses parents et un couple de voisins), quatre enfants victimes (Chérif, Dimitri, Jonathan et leur frère Dylan, qui ne s'est pas constitué partie civile), que les viols n'étaient pas filmés. Myriam Badaoui confirme en sanglotant. Le jeune homme ne l'exhorte pas à livrer les noms d'autres coupables, bien qu'il pense qu'il y en a: il reprend calmement sa place.
Un peu plus tard, Me Frank Berton, l'un des avocats de Daniel Legrand, presse le témoin: «C'est Jonathan qui dit la vérité ou c'est vous? Que pouvez-vous lui dire?»
Myriam Badaoui, à son tour, prend sa respiration. D'un trait, elle lâche: «J'ai beaucoup menti, beaucoup détruit. J'étais dégoûtée de ma vie. Avec M. Burgaud, j'étais devenue quelqu'un. Mais on construit pas sa vie sur des mensonges, car ils vous rattrapent toujours. J'espère du fond du coeur, Jonathan, qu'un jour, mon fils - car tu restes mon fils même si pour toi je ne suis plus ta mère -, j'espère, mon garçon, qu'un jour tu comprendras que le mensonge détruit, et qu'il ne construit pas».
À cet instant on s'interroge sur la nature de ce procès d'un homme, Daniel Legrand, acquitté comme majeur et rejugé pour la même chose en tant que mineur, alors que l'arrêt de renvoi ne précise pas pour quels faits précis il comparaît. Cela ressemble davantage, finalement, à une sorte de thérapie familiale publique polluée par un maigre troupeau de révisionnistes judiciaires, adeptes obsessionnels du grand complot pédocriminel. Une thérapie où seraient conviés Daniel Legrand, témoins, presse et public. Il n'est pas certain que la cour d'assises soit le lieu le plus adapté pour ce genre de catharsis.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/05/27/01016-20150527ARTFIG00204-myriam-badaoui-ne-connait-daniel-legrand-ni-d-ve-ni-d-adam.php
Selon Mme Badaoui, dont le propos se noie souvent dans un torrent de larmes, tous les faits criminels qu'elle avait relatés en mettant en cause Daniel Legrand et feu son père, qui portait le même prénom, sont issus de son imagination. Un exemple: «Le père m'enc... pendant que le fils tenait le sex-shop» de la rue des Religieuses anglaises, à Boulogne-sur-Mer. L'établissement existe, puisque le mari de Mme Badaoui en était l'un des meilleurs clients; mais le malheureux Daniel Legrand père, métallier qui se tuait au travail, n'en a jamais été le propriétaire, pas plus que son fils, âgé de 15 ans à l'époque où la scène se serait produite, n'y fut jamais employé.
Il ressort de la longue audition de la mère indigne de la Tour du Renard que ses relations avec le juge Burgaud, tout au long de l'instruction, étaient fortement dévoyées. Cette femme, dont la vie est d'une tristesse à pleurer, avait eu, pour la première fois, l'impression que quelqu'un s'intéressait à elle. Du coup, poursuit-elle, elle disait au magistrat ce qu'il voulait entendre. Sinon, il n'était «pas content» et «tapait du poing» sur la table: «Je repartais dans mes délires», dit-elle. Comprendre: elle rectifiait ses déclarations pour les faire coller avec ce que le magistrat avait déjà collecté, auprès de ses enfants notamment, dont elle avait la hantise qu'ils puissent être traités de menteurs.«J'ai menti, je m'excuse auprès de Daniel Legrand, auprès de tout le monde, auprès de mes enfants, pleurniche le témoin. Mais je veux plus mentir pour faire plaisir. Le juge, il m'a bouffé ma vie».
Jonathan demande à parler à sa mère. Il se place face à elle, qui fut condamnée pour l'avoir violé avec son père. Bouleversé, les poings serrés au fond de ses poches, la gorge nouée, il aspire de petites goulées de l'air surchauffé du prétoire pour ralentir son coeur dont on devine qu'il bat la chamade. Comme mardi à son père, il demande à sa mère si elle maintient qu'il n'y avait que quatre adultes violeurs (ses parents et un couple de voisins), quatre enfants victimes (Chérif, Dimitri, Jonathan et leur frère Dylan, qui ne s'est pas constitué partie civile), que les viols n'étaient pas filmés. Myriam Badaoui confirme en sanglotant. Le jeune homme ne l'exhorte pas à livrer les noms d'autres coupables, bien qu'il pense qu'il y en a: il reprend calmement sa place.
Un peu plus tard, Me Frank Berton, l'un des avocats de Daniel Legrand, presse le témoin: «C'est Jonathan qui dit la vérité ou c'est vous? Que pouvez-vous lui dire?»
Myriam Badaoui, à son tour, prend sa respiration. D'un trait, elle lâche: «J'ai beaucoup menti, beaucoup détruit. J'étais dégoûtée de ma vie. Avec M. Burgaud, j'étais devenue quelqu'un. Mais on construit pas sa vie sur des mensonges, car ils vous rattrapent toujours. J'espère du fond du coeur, Jonathan, qu'un jour, mon fils - car tu restes mon fils même si pour toi je ne suis plus ta mère -, j'espère, mon garçon, qu'un jour tu comprendras que le mensonge détruit, et qu'il ne construit pas».
À cet instant on s'interroge sur la nature de ce procès d'un homme, Daniel Legrand, acquitté comme majeur et rejugé pour la même chose en tant que mineur, alors que l'arrêt de renvoi ne précise pas pour quels faits précis il comparaît. Cela ressemble davantage, finalement, à une sorte de thérapie familiale publique polluée par un maigre troupeau de révisionnistes judiciaires, adeptes obsessionnels du grand complot pédocriminel. Une thérapie où seraient conviés Daniel Legrand, témoins, presse et public. Il n'est pas certain que la cour d'assises soit le lieu le plus adapté pour ce genre de catharsis.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/05/27/01016-20150527ARTFIG00204-myriam-badaoui-ne-connait-daniel-legrand-ni-d-ve-ni-d-adam.php
Nouveau procès Outreau : Myriam Badaoui disculpe à son tour Daniel Legrand
Myriam Badaoui, mère de quatre garçons violés par elle et son ex-mari Thierry Delay, dont le calvaire est à l'origine de l'affaire Outreau, a disculpé Daniel Legrand, un des acquittés d'Outreau mercredi.
Le témoignage de Myriam Badaoui à la cours d'assises de Rennes était très attendu. Après son ex-mari Thierry Delay, elle a à son tour disculpé, ce mercredi matin, Daniel Legrand, poursuivi pour des accusations encore non jugées de viols qu'il aurait commis lorsqu'il était mineur.
"Ce jeune-là, je le connais ni d'Eve ni d'Adam, on l'a retiré de son enfance à cause de mes mensonges... pas que les miens mais surtout les miens", a déclaré Mme Badaoui en pleurant dès le début de son témoignage. "Ce jeune homme n'a rien demandé à personne je lui ai brisé sa vie, c'est tout ce que j'ai à dire".
Arrivée au tribunal la tête dissimulée sous une couverture peu avant 9h, elle avait immédiatement été conduite au local des témoins avant d'être conduite à la barre à la reprise de l'audience. Très amincie par rapport à son apparence au moment des procès, elle portait en entrant deux capuches l'une sur l'autre et n'a accepté d'en baisser qu'une seule pour témoigner.
La "reine Myriam" ne souhaitait pas être filmée ni photographiée
Dès mardi, celle qui avait été surnommée la "reine Myriam" tant ses déclarations avaient pesé sur les deux mois d'audience du premier procès "Outreau" à Saint-Omer en 2004, avait fait savoir, via le parquet général de Rennes, qu'elle ne souhaitait être, ni filmée ni photographiée.
Condamnée en 2004 à 15 ans de réclusion criminelle pour les viols de ses fils, elle a été libérée en 2011 après avoir purgé les deux-tiers de sa peine. Mardi, son ex-mari Thierry Delay, condamné à vingt de réclusion pour les viols de ses enfants, a disculpé Daniel Legrand de ces crimes lors d'un témoignage par vidéoconférence, alors que deux de ses fils partie civiles, Chérif et Jonathan, affirment que M. Legrand faisait partie de leurs agresseurs lorsqu'il était mineur.
En 2004 puis 2005, Mme Badaoui avait déjà disculpé Daniel Legrand et son père.
mardi 26 mai 2015
Outreau: Thierry Delay disculpe Daniel Legrand
« Je ne connais pas Daniel Legrand. Il n’était pas présent lors des viols ». Entendu par visioconférence depuis la prison où il est incarcéré, Thierry Delay a livré sa version des faits dans l’affaire d’Outreau mardi après-midi devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine. Un témoignage attendu qui disculpe Daniel Legrand fils, jugé depuis la semaine dernière pour des faits de viols et d’agressions sexuelles qu’il aurait commis sur les enfants Delay alors qu’il était mineur.
Très souffrant et peu loquace lors de son audition, Thierry Delay, condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2001, a affirmé qu’il « ne connaissait pas Daniel Legrand » avant les faits qu’on lui reproche. La semaine dernière, les victimes Jonathan et Chérif Delay avaient pourtant maintenu leurs accusations à l’encontre du prévenu, assurant qu’il « était là » lors des viols qu’ils ont subis au domicile familial. « Non, il n’y avait personne d’autre présent sauf ma femme Myriam Badaoui et le couple de voisins », a assuré Thierry Delay, citant nommément Aurélie Grenon et David Delplanque, également condamnés dans l’affaire d’Outreau.
Les enfants Delay maintiennent leurs accusations
Des propos durs à entendre pour Jonathan et Chérif Delay, qui ont demandé au président d’audience de s’entretenir avec leur père par visioconférence. « Tu es dans mes cauchemars mais je n’ai plus peur de toi. Tu me fais pitié, tu n’es qu’une merdre aujourd’hui », lui a balancé Chérif Delay, également incarcéré pour des faits de violence. Jonathan Delay a quant à lui demandé posément à son père s’il y avait d’autres adultes présents lors des viols et si ces viols étaient filmés. « Non », lui a répondu laconiquement Thierry Delay.
« Et pourquoi tu as commis toutes ses choses ? », lui demande Jonathan. « Je n’avais pas toute ma tête. Je n’étais pas dans mon état normal », a indiqué Thierry Delay, qui avait reconnu un peu plus tôt « une perversion pour ses enfants ». « On était tous les deux d’accord avec ma femme pour violer les enfants, c’est à cause de l’alcool », a-t-il brièvement expliqué. Des viols qui avaient lieu « trois à quatre fois par semaine de 1995 à 2000 », a rappelé le président d’audience.
Myriam Badaoui attendue à la barre mercredi
Thierry Delay a en revanche réfuté les viols et agressions sexuelles commis sur huit autres enfants pour lesquels il a également été condamné en 2004 à Saint-Omer. « Je n’ai violé que mes enfants. Mais je n’ai pas fait appel pour les autres, j’ai gardé la condamnation pour moi », a indiqué Thierry Delay.
Mercredi matin, c’est son épouse Myriam Badoui qui sera entendue par la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine. Une femme décrite comme « un peu mythomane » par son mari. Ayant purgé les deux tiers des quinze ans d’incarcération auxquels elle avait été condamnée, elle est libre depuis 2011. « J’espère qu’elle va dire la vérité comme Thierry Delay mais il faut s’attendre à tout avec elle », a réagi un Daniel Legrand « plus serein » à l’issue de l’audience.
http://www.20minutes.fr/rennes/1616395-20150526-outreau-thierry-delay-disculpe-daniel-legrand
Très souffrant et peu loquace lors de son audition, Thierry Delay, condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2001, a affirmé qu’il « ne connaissait pas Daniel Legrand » avant les faits qu’on lui reproche. La semaine dernière, les victimes Jonathan et Chérif Delay avaient pourtant maintenu leurs accusations à l’encontre du prévenu, assurant qu’il « était là » lors des viols qu’ils ont subis au domicile familial. « Non, il n’y avait personne d’autre présent sauf ma femme Myriam Badaoui et le couple de voisins », a assuré Thierry Delay, citant nommément Aurélie Grenon et David Delplanque, également condamnés dans l’affaire d’Outreau.
Les enfants Delay maintiennent leurs accusations
Des propos durs à entendre pour Jonathan et Chérif Delay, qui ont demandé au président d’audience de s’entretenir avec leur père par visioconférence. « Tu es dans mes cauchemars mais je n’ai plus peur de toi. Tu me fais pitié, tu n’es qu’une merdre aujourd’hui », lui a balancé Chérif Delay, également incarcéré pour des faits de violence. Jonathan Delay a quant à lui demandé posément à son père s’il y avait d’autres adultes présents lors des viols et si ces viols étaient filmés. « Non », lui a répondu laconiquement Thierry Delay.
« Et pourquoi tu as commis toutes ses choses ? », lui demande Jonathan. « Je n’avais pas toute ma tête. Je n’étais pas dans mon état normal », a indiqué Thierry Delay, qui avait reconnu un peu plus tôt « une perversion pour ses enfants ». « On était tous les deux d’accord avec ma femme pour violer les enfants, c’est à cause de l’alcool », a-t-il brièvement expliqué. Des viols qui avaient lieu « trois à quatre fois par semaine de 1995 à 2000 », a rappelé le président d’audience.
Myriam Badaoui attendue à la barre mercredi
Thierry Delay a en revanche réfuté les viols et agressions sexuelles commis sur huit autres enfants pour lesquels il a également été condamné en 2004 à Saint-Omer. « Je n’ai violé que mes enfants. Mais je n’ai pas fait appel pour les autres, j’ai gardé la condamnation pour moi », a indiqué Thierry Delay.
Mercredi matin, c’est son épouse Myriam Badoui qui sera entendue par la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine. Une femme décrite comme « un peu mythomane » par son mari. Ayant purgé les deux tiers des quinze ans d’incarcération auxquels elle avait été condamnée, elle est libre depuis 2011. « J’espère qu’elle va dire la vérité comme Thierry Delay mais il faut s’attendre à tout avec elle », a réagi un Daniel Legrand « plus serein » à l’issue de l’audience.
http://www.20minutes.fr/rennes/1616395-20150526-outreau-thierry-delay-disculpe-daniel-legrand
Procès d’Outreau: Une partie civile «pas en état d’affronter la cour» ne se présente pas au tribunal
Son témoignage était très attendu mais Dimitri Delay, un des enfants de Myriam Badaoui et partie civile dans le troisième procès Outreau, ne s’est pas présenté au tribunal ce mardi. Entendu dans le procès de Daniel Legrand, un des acquittés d’Outreau, Dimitri Delay ne serait «pas en état d’affronter la cour», a déclaré son avocat.
La journée sera marquée par le témoignage en visioconférence de Thierry Delay, condamné à 20 ans de réclusion pour les viols de ses quatre fils. Myriam Badaoui témoignera ce mercredi.
http://www.20minutes.fr/societe/1615739-20150526-proces-outreau-partie-civile-etat-affronter-cour-presente-tribunal
La journée sera marquée par le témoignage en visioconférence de Thierry Delay, condamné à 20 ans de réclusion pour les viols de ses quatre fils. Myriam Badaoui témoignera ce mercredi.
http://www.20minutes.fr/societe/1615739-20150526-proces-outreau-partie-civile-etat-affronter-cour-presente-tribunal
lundi 25 mai 2015
Outreau: Les parents à l’origine du scandale vont devoir s’expliquer
Quinze après les faits, le cauchemar d’Outreau a refait surface la semaine dernière devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine. Sur le banc des accusés, Daniel Legrand, 33 ans, qui avait été acquitté dans cette affaire en 2004 à Saint-Omer puis en 2005 à Paris. Il comparaît cette fois pour des viols sur les enfants Delay qu’il aurait commis quand il était mineur.
Après une pause de trois jours, le troisième procès d’Outreau va reprendre ce mardi matin avec l’audition de Dimitri Delay, partie civile dans cette affaire, qui avait été le premier à dénoncer des abus sexuels dans sa famille. Condamné lors du premier procès à vingt ans de prison, Thierry Delay, le père des victimes, sera lui entendu en visioconférence de la prison où il est incarcéré un peu plus tard dans l’après-midi.
Le lendemain, c’est la mère, Myriam Badaoui, dont les déclarations changeantes ont autant contribué à l’édification de l’instruction d’Outreau qu’à son effondrement, qui doit venir témoigner en personne. Ayant purgé les deux tiers des quinze ans d’incarcération auxquels elle avait été condamnée, elle est libre depuis 2011.
Plus troublant encore dans ce procès, Chérif Delay a également expliqué jeudi se souvenir « de plusieurs scènes » où le fils Legrand était victime, comme lui et ses frères, d’agressions sexuelles organisées par Thierry Delay, condamnée à vingt ans de prison dans cette affaire.
Très attendue vendredi, l’audition du juge Burgaud, qui avait mené l’instruction du dossier au milieu des années 2000, n’a pas permis d’en savoir davantage sur les faits précis qui sont reprochés à Daniel Legrand. Sous le feu des questions concernant les failles de son instruction, le juge n’a exprimé au cours des quatre heures d’audition par visioconférence aucun regret, concédant juste que « certains éléments auraient pu être améliorés ».
http://www.20minutes.fr/rennes/1615347-20150525-outreau-parents-origine-scandale-vont-devoir-expliquer
Après une pause de trois jours, le troisième procès d’Outreau va reprendre ce mardi matin avec l’audition de Dimitri Delay, partie civile dans cette affaire, qui avait été le premier à dénoncer des abus sexuels dans sa famille. Condamné lors du premier procès à vingt ans de prison, Thierry Delay, le père des victimes, sera lui entendu en visioconférence de la prison où il est incarcéré un peu plus tard dans l’après-midi.
Le lendemain, c’est la mère, Myriam Badaoui, dont les déclarations changeantes ont autant contribué à l’édification de l’instruction d’Outreau qu’à son effondrement, qui doit venir témoigner en personne. Ayant purgé les deux tiers des quinze ans d’incarcération auxquels elle avait été condamnée, elle est libre depuis 2011.
Des souvenirs, mais pas d’accusations franches
Durant la première semaine d’audience, très éprouvante pour toutes les parties, Jonathan et Chérif Delay ont maintenu leurs accusations face à Daniel Legrand, indiquant tour à tour, et ce pour la première fois, qu’il « était là » lors des agressions sexuelles dont ils ont été victimes dans le domicile familial d’Outreau. Des souvenirs diffus, mais pas beaucoup plus de détails livrés à la cour par les deux fils Delay. « J’ai certaines images où je le vois chez mes parents », s’est contenté d’expliquer Jonathan Delay, entendu mercredi.Plus troublant encore dans ce procès, Chérif Delay a également expliqué jeudi se souvenir « de plusieurs scènes » où le fils Legrand était victime, comme lui et ses frères, d’agressions sexuelles organisées par Thierry Delay, condamnée à vingt ans de prison dans cette affaire.
Très attendue vendredi, l’audition du juge Burgaud, qui avait mené l’instruction du dossier au milieu des années 2000, n’a pas permis d’en savoir davantage sur les faits précis qui sont reprochés à Daniel Legrand. Sous le feu des questions concernant les failles de son instruction, le juge n’a exprimé au cours des quatre heures d’audition par visioconférence aucun regret, concédant juste que « certains éléments auraient pu être améliorés ».
http://www.20minutes.fr/rennes/1615347-20150525-outreau-parents-origine-scandale-vont-devoir-expliquer
samedi 23 mai 2015
Procès Outreau : la difficile défense du juge Burgaud
L'ancien juge d'instruction a témoigné, via un écran de vidéoconférence, vendredi à Rennes, lors du procès d'un des 13 acquittés qui doit répondre de viols sur mineur qu'il aurait commis avant ses 18 ans. Et a reconnu, presque pour la première fois, plusieurs faiblesses dans son travail.
Ses mains ont souvent été crispées pendant son témoignage. L'ancien juge d'instruction Fabrice Burgaud a une nouvelle fois défendu vendredi à Rennes son instruction de l'affaire Outreau, à la barre du procès d'un des 13 acquittés d'Outreau, Daniel Legrand, qui comparaît pour des actes de pédophilie non jugés qu'il aurait commis avant d'atteindre sa majorité. Après avoir exposé le fil de son instruction de 2001 et 2002 d'une voix un peu mécanique pendant plus de trois quarts d'heure, via un écran de vidéoconférence, le magistrat, aujourd'hui âgé de 43 ans, a été mis en difficulté à plusieurs reprises par les questions incisives du président de la cour Philippe Dary, qui a rappelé qu'il était lui-même un ancien juge d'instruction.
Cheveux courts, le poids de dix ans de plus sur son visage tant médiatisé au milieu des années 2000 lorsque son instruction s'était soldée par un "fiasco judiciaire" et l'acquittement de 13 des 17 accusés, Fabrice Burgaud a convenu, presque pour la première fois, de plusieurs faiblesses dans son travail. "Daniel Legrand fils est mis en examen sans période de faits", a d'abord souligné Philippe Dary. "Sur le territoire national, ça n'a aucun sens!" s'est-il exclamé. "Comment peut-on se défendre face à des accusations qui ne sont pas marquées dans le temps?" s'est interrogé le président. "Il aurait été préférable de préciser des périodes...", a admis Fabrice Burgaud avant d'ajouter: "Je pense que ce n'était pas possible par rapport aux auditions qu'on faisait..."
Des albums photos orientés
Parmi "tous ces enfants (avec lesquels, ndlr) Daniel Legrand dit avoir été en présence" en les désignant sur des photos, lors de ses aveux temporaires au cours de l'instruction, a poursuivi Philippe Dary, "aucun (interrogé à leur tour, ndlr) ne désignera Daniel Legrand de quelque manière que ce soit (sur photos)... Ça interpelle ?" a poursuivi le président sans lui laisser de répit et sans que Fabrice Burgaud, cette fois, ne se défende.
Le président a ensuite pointé le fait que, dans la plupart des cas, les albums photos qui étaient présentés aux personnes interrogées, victimes ou agresseurs présumés, ne comprenaient que des personnes impliquées dans le dossier. Elles n'étaient pas mélangées avec des personnes étrangères aux faits, comme cela se pratique d'ordinaire dans les enquêtes de police pour déceler les déclarations fantaisistes. Fabrice Burgaud en a rejeté la faute sur les services de police, avant d'admettre qu'il aurait été "plus souhaitable" de panacher. "Je leur faisais confiance (aux services de police, ndlr) avec le peu d'expérience qui était la mienne... C'est vrai que quand ils (les albums photos) sont arrivés, j'aurai pu demander à ce qu'on les reprenne", a ajouté l'ancien juge d'instruction.
"Je ne les ai entendus qu'une seule fois..."
Reprenant le chef de mise en examen de Daniel Legrand, accusé de viols et agressions sexuelles nommément sur les quatre fils Delay, le président s'est étonné que ces quatre enfants soient "les seuls à qui on ne montrera pas de photos..." de Daniel Legrand et de son père, pour voir s'ils pouvaient les reconnaître. "Un élément de réponse, c'était aussi d'éviter la multiplication d'auditions sur des enfants très jeunes... Je ne les ai entendus qu'une seule fois..." a fini par répondre, après un silence long et embarrassé, Fabrice Burgaud.
Le président a enfin relevé la mise en cause de ""ces" Daniel Legrand, qui ne sont ni "Dany" Legrand, ni Belges, ni patrons de sex-shop...", alors que c'était ainsi que Myriam Badaoui, la mère des enfants Delay, avait décrit un des hommes, et non deux en même temps, qu'elle accusait d'avoir participé aux viols de ses enfants. Daniel Legrand comparaît à Rennes depuis le 19 mai pour viols et agressions sexuelles sur les enfants Delay, pour la période où il était âgé de 16 à 18 ans, jamais jugée. Il a en revanche été acquitté, avec 12 autres des accusés d'Outreau, des accusations de viols postérieurs à sa majorité. Son père, homonyme et également acquitté, est décédé en 2012
vendredi 22 mai 2015
Procès d'Outreau : Fabrice Burgaud peine à défendre son instruction
L'ancien juge d'instruction Fabrice Burgaud a une nouvelle fois défendu vendredi à Rennes, avec difficulté, son instruction de l'affaire Outreau, à la barre du procès d'un des 13 acquittés d'Outreau, Daniel Legrand, accusé de faits de pédophilie non jugés, commis avant ses 18 ans.
Après avoir exposé le fil de son instruction de 2001 et 2002 d'une voix un peu mécanique pendant plus de trois quarts d'heure, via un écran de vidéoconférence, le magistrat Fabrice Burgaud, 43 ans, a été mis en difficulté à plusieurs reprises par les questions incisives du président de la cour Philippe Dary, qui a rappelé qu'il était lui-même un ancien juge d'instruction.
Cheveux courts, le poids de dix ans de plus sur son visage tant médiatisé au milieu des années 2000 lorsque son instruction s'était soldée par un "fiasco judiciaire" et l'acquittement de 13 des 17 accusés, c'est les mains souvent crispées que Fabrice Burgaud a dû s'expliquer, et convenir, presque pour la première fois, de plusieurs faiblesses dans son travail.
"Daniel Legrand fils est mis en examen sans période de faits", a d'abord souligné Philippe Dary. "Sur le territoire national, ça n'a aucun sens !" s'est-il exclamé. "Comment peut-on se défendre face à des accusations qui ne sont pas marquées dans le temps ?" s'est interrogé le président.
"Il aurait été préférable de préciser des périodes..." a admis Fabrice Burgaud avant d'ajouter : "Je pense que ce n'était pas possible par rapport aux auditions qu'on faisait..." Parmi "tous ces enfants (avec lesquels, NDLR) Daniel Legrand dit avoir été en présence" en les désignant sur des photos, lors de ses aveux temporaires au cours de l'instruction, a poursuivi Philippe Dary, "aucun (interrogé à leur tour, NDLR) ne désignera Daniel Legrand de quelque manière que ce soit (sur photos)... Ça interpelle ?" a poursuivi le président sans lui laisser de répit et sans que Fabrice Burgaud, cette fois, se défende.
Philippe Dary a ensuite pointé le fait que, dans la plupart des cas, les albums photo qui étaient présentés aux personnes interrogées, victimes ou agresseurs présumés, ne comprenaient que des personnes impliquées dans le dossier. Elles n'étaient pas mélangées avec des personnes étrangères aux faits, comme cela se pratique d'ordinaire dans les enquêtes de police pour déceler les déclarations fantaisistes.
Fabrice Burgaud en a rejeté la faute sur les services de police, avant d'admettre qu'il aurait été "plus souhaitable" de panacher. "Je leur faisais confiance (aux services de police, NDLR) avec le peu d'expérience qui était la mienne... C'est vrai que quand ils (les albums photo) sont arrivés, j'aurai pu demander à ce qu'on les reprenne", a ajouté l'ancien juge d'instruction.
Reprenant le chef de mise en examen de Daniel Legrand, accusé de viols et agressions sexuelles nommément sur les quatre fils Delay, le président s'est étonné que ces quatre enfants soient "les seuls à qui on ne montrera pas de photos..." de Daniel Legrand et de son père, pour voir s'ils pouvaient les reconnaître. "Un élément de réponse, c'était aussi d'éviter la multiplication d'auditions sur des enfants très jeunes... Je ne les ai entendus qu'une seule fois..." a fini par répondre, après un silence long et embarrassé, Fabrice Burgaud.
Le président a enfin relevé la mise en cause de "ces Daniel Legrand, qui ne sont ni Dany Legrand, ni belges, ni patrons de sex-shop...", alors que c'était ainsi que Myriam Badaoui, la mère des enfants Delay, avait décrit un des hommes, et non deux en même temps, qu'elle accusait d'avoir participé aux viols de ses enfants.
Daniel Legrand comparaît à Rennes depuis le 19 mai pour viols et agressions sexuelles sur les enfants Delay, pour la période où il était âgé de 16 à 18 ans, jamais jugée. Il a en revanche été acquitté, avec 12 autres des accusés d'Outreau, des accusations de viols postérieurs à sa majorité. Son père, homonyme et également acquitté, est décédé en 2012.
http://www.lepoint.fr/justice/proces-d-outreau-fabrice-burgaud-peine-a-defendre-son-instruction-22-05-2015-1930502_2386.php
Après avoir exposé le fil de son instruction de 2001 et 2002 d'une voix un peu mécanique pendant plus de trois quarts d'heure, via un écran de vidéoconférence, le magistrat Fabrice Burgaud, 43 ans, a été mis en difficulté à plusieurs reprises par les questions incisives du président de la cour Philippe Dary, qui a rappelé qu'il était lui-même un ancien juge d'instruction.
Cheveux courts, le poids de dix ans de plus sur son visage tant médiatisé au milieu des années 2000 lorsque son instruction s'était soldée par un "fiasco judiciaire" et l'acquittement de 13 des 17 accusés, c'est les mains souvent crispées que Fabrice Burgaud a dû s'expliquer, et convenir, presque pour la première fois, de plusieurs faiblesses dans son travail.
"Daniel Legrand fils est mis en examen sans période de faits", a d'abord souligné Philippe Dary. "Sur le territoire national, ça n'a aucun sens !" s'est-il exclamé. "Comment peut-on se défendre face à des accusations qui ne sont pas marquées dans le temps ?" s'est interrogé le président.
"Ni Dany, ni belges"
"Il aurait été préférable de préciser des périodes..." a admis Fabrice Burgaud avant d'ajouter : "Je pense que ce n'était pas possible par rapport aux auditions qu'on faisait..." Parmi "tous ces enfants (avec lesquels, NDLR) Daniel Legrand dit avoir été en présence" en les désignant sur des photos, lors de ses aveux temporaires au cours de l'instruction, a poursuivi Philippe Dary, "aucun (interrogé à leur tour, NDLR) ne désignera Daniel Legrand de quelque manière que ce soit (sur photos)... Ça interpelle ?" a poursuivi le président sans lui laisser de répit et sans que Fabrice Burgaud, cette fois, se défende.Philippe Dary a ensuite pointé le fait que, dans la plupart des cas, les albums photo qui étaient présentés aux personnes interrogées, victimes ou agresseurs présumés, ne comprenaient que des personnes impliquées dans le dossier. Elles n'étaient pas mélangées avec des personnes étrangères aux faits, comme cela se pratique d'ordinaire dans les enquêtes de police pour déceler les déclarations fantaisistes.
Fabrice Burgaud en a rejeté la faute sur les services de police, avant d'admettre qu'il aurait été "plus souhaitable" de panacher. "Je leur faisais confiance (aux services de police, NDLR) avec le peu d'expérience qui était la mienne... C'est vrai que quand ils (les albums photo) sont arrivés, j'aurai pu demander à ce qu'on les reprenne", a ajouté l'ancien juge d'instruction.
Reprenant le chef de mise en examen de Daniel Legrand, accusé de viols et agressions sexuelles nommément sur les quatre fils Delay, le président s'est étonné que ces quatre enfants soient "les seuls à qui on ne montrera pas de photos..." de Daniel Legrand et de son père, pour voir s'ils pouvaient les reconnaître. "Un élément de réponse, c'était aussi d'éviter la multiplication d'auditions sur des enfants très jeunes... Je ne les ai entendus qu'une seule fois..." a fini par répondre, après un silence long et embarrassé, Fabrice Burgaud.
Le président a enfin relevé la mise en cause de "ces Daniel Legrand, qui ne sont ni Dany Legrand, ni belges, ni patrons de sex-shop...", alors que c'était ainsi que Myriam Badaoui, la mère des enfants Delay, avait décrit un des hommes, et non deux en même temps, qu'elle accusait d'avoir participé aux viols de ses enfants.
Daniel Legrand comparaît à Rennes depuis le 19 mai pour viols et agressions sexuelles sur les enfants Delay, pour la période où il était âgé de 16 à 18 ans, jamais jugée. Il a en revanche été acquitté, avec 12 autres des accusés d'Outreau, des accusations de viols postérieurs à sa majorité. Son père, homonyme et également acquitté, est décédé en 2012.
http://www.lepoint.fr/justice/proces-d-outreau-fabrice-burgaud-peine-a-defendre-son-instruction-22-05-2015-1930502_2386.php
Procès Outreau: l'ancien juge Burgaud témoigne par vidéoconférence
L'ancien juge d'instruction Fabrice Burgaud, à l'origine de l'affaire Outreau qui s'est soldée par l'acquittement de 13 personnes, témoigne vendredi après-midi à Rennes au 4ème jour du procès de Daniel Legrand, pour les accusations non encore jugées qui portaient sur sa minorité.
Chérif Delay, un des enfants victimes, a plongé la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine dans son enfer, fait de cauchemars, de rage, de sentiments d'injustice, et désigné pour la première fois, au troisième jour du procès, Daniel Legrand comme agresseur mais aussi comme victime de viols.
"Les faits ont commencé quand j'avais cinq ans, à Noël", commence Chérif Delay, cheveux bruns très courts et survêtement blanc à rayures bleues, d'une voix décidée malgré un traitement médicamenteux. Aujourd'hui âgé de 25 ans, il a eu une permission exceptionnelle pour venir témoigner alors qu'il est en internement psychiatrique.
Mais avec Noël, le cauchemar surgit: une cassette pornographique en guise de cadeau de son "beau-père", ainsi qu'il appelle Thierry Delay, qui l'a en fait adopté et qui a été condamné à 20 ans de réclusion pour viols notamment sur ses frères et lui.
La cassette est visionnée "en famille", puis le film aussitôt reproduit, en vrai, sur lui. Il est violé par son beau-père, raconte Chérif, qui évoque aussi les poses obscènes de sa mère Myriam Badaoui, condamnée à 15 ans de prison pour les viols de ses fils.
"Par la suite, ajoute Chérif, j'ai vu défiler des personnes...", comme ce couple de voisins, également condamné pour les avoir violés, ses frères et lui. Mais il nomme aussi une bonne partie des 13 "acquittés" d'Outreau, sur les 17 mis en examen au départ de l'affaire.
Et parmi eux, pour la première fois, Daniel Legrand, que pourtant il n'avait jamais désigné lors de l'instruction ni reconnu lors des procès de 2004 et de 2005.
"Il a été victime de mon beau père exactement comme moi, Monsieur le président", déclare Chérif, surprenant la cour. Et il affirme aussi que le père de Daniel Legrand laissait violer son fils. Il n'est "pas sûr" cependant qu'il participait à l'agression.
Après quoi il évoque "une scène" dans laquelle Daniel Legrand, une fois, sera lui-même agresseur. Mais sans donner plus de détails que son frère Jonathan, 20 ans, qui l'a incriminé mercredi.
'Reproduire le passé
Mais si Daniel Legrand, et son père homonyme, acquitté également et décédé en 2012, reprennent place dans les scènes d'horreur que décrit Chérif Delay, d'autres, qu'il accusait il y a 15 ans, en ont disparu. Comme cet homme très handicapé, pourtant accusé dès ses premières déclarations: "Je me souviens de cette personne parce qu'il faisait peur, mais les viols, je ne me souviens pas Monsieur le président...".
Puis Chérif, en larmes mais déterminé, entraîne la cour et le public du tribunal de Rennes dans l'enfer qu'est restée sa vie: "J'en peux plus, je suis fatigué de tout ça, fatigué d'être insulté, d'être diffamé sans que je puisse répondre...". "J'ai fini SDF le jour de mes 18 ans, picolé, fumé, provoqué la police... J'ai fait de l'incarcération, je suis sorti, je suis parti en Afrique pendant trois ans...", ajoute-t-il, soulignant que ce séjour est son seul bon souvenir.
"J'ai des hauts et des bas, je suis devenu même violent avec ma compagne, c'est pour ça que je suis incarcéré... J'ai l'impression de reproduire certaines choses de mon passé, en gros la violence", dit-il.
"Je trouve ça dégueulasse: le ressenti que j'ai eu quand j'ai vu tous ces acquittés avec les ministres? Comment c'est possible? Aujourd'hui je l'ai encore, ici", crie-t-il presque, évoquant le retentissant fiasco judiciaire de la dernière décennie
En 2013, raconte le président, Chérif est allé s'accuser à la gendarmerie d'avoir tué une petite fille, sous la menace de son père, alors qu'il avait huit ans. Quelques semaines plus tard il a retiré sa déclaration. Pourquoi? lui demande le président. "J'ai mélangé entre les cauchemars et la réalité".
Daniel Legrand fils, 33 ans, comparaît à Rennes pour la période où il était âgé de 16 à 18 ans, jamais jugée. Il a en revanche été acquitté, avec 12 autres des accusés d'Outreau, des accusations de viols postérieurs à sa majorité.
Procès Outreau: l'ancien juge Burgaud témoigne... par ladepechefr
http://www.ladepeche.fr/article/2015/05/21/2109792-proces-outreau-cherif-delay-emmene-la-cour-dans-son-enfer.html
Chérif Delay, un des enfants victimes, a plongé la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine dans son enfer, fait de cauchemars, de rage, de sentiments d'injustice, et désigné pour la première fois, au troisième jour du procès, Daniel Legrand comme agresseur mais aussi comme victime de viols.
"Les faits ont commencé quand j'avais cinq ans, à Noël", commence Chérif Delay, cheveux bruns très courts et survêtement blanc à rayures bleues, d'une voix décidée malgré un traitement médicamenteux. Aujourd'hui âgé de 25 ans, il a eu une permission exceptionnelle pour venir témoigner alors qu'il est en internement psychiatrique.
Mais avec Noël, le cauchemar surgit: une cassette pornographique en guise de cadeau de son "beau-père", ainsi qu'il appelle Thierry Delay, qui l'a en fait adopté et qui a été condamné à 20 ans de réclusion pour viols notamment sur ses frères et lui.
La cassette est visionnée "en famille", puis le film aussitôt reproduit, en vrai, sur lui. Il est violé par son beau-père, raconte Chérif, qui évoque aussi les poses obscènes de sa mère Myriam Badaoui, condamnée à 15 ans de prison pour les viols de ses fils.
"Par la suite, ajoute Chérif, j'ai vu défiler des personnes...", comme ce couple de voisins, également condamné pour les avoir violés, ses frères et lui. Mais il nomme aussi une bonne partie des 13 "acquittés" d'Outreau, sur les 17 mis en examen au départ de l'affaire.
Et parmi eux, pour la première fois, Daniel Legrand, que pourtant il n'avait jamais désigné lors de l'instruction ni reconnu lors des procès de 2004 et de 2005.
"Il a été victime de mon beau père exactement comme moi, Monsieur le président", déclare Chérif, surprenant la cour. Et il affirme aussi que le père de Daniel Legrand laissait violer son fils. Il n'est "pas sûr" cependant qu'il participait à l'agression.
Après quoi il évoque "une scène" dans laquelle Daniel Legrand, une fois, sera lui-même agresseur. Mais sans donner plus de détails que son frère Jonathan, 20 ans, qui l'a incriminé mercredi.
'Reproduire le passé
Mais si Daniel Legrand, et son père homonyme, acquitté également et décédé en 2012, reprennent place dans les scènes d'horreur que décrit Chérif Delay, d'autres, qu'il accusait il y a 15 ans, en ont disparu. Comme cet homme très handicapé, pourtant accusé dès ses premières déclarations: "Je me souviens de cette personne parce qu'il faisait peur, mais les viols, je ne me souviens pas Monsieur le président...".
Puis Chérif, en larmes mais déterminé, entraîne la cour et le public du tribunal de Rennes dans l'enfer qu'est restée sa vie: "J'en peux plus, je suis fatigué de tout ça, fatigué d'être insulté, d'être diffamé sans que je puisse répondre...". "J'ai fini SDF le jour de mes 18 ans, picolé, fumé, provoqué la police... J'ai fait de l'incarcération, je suis sorti, je suis parti en Afrique pendant trois ans...", ajoute-t-il, soulignant que ce séjour est son seul bon souvenir.
"J'ai des hauts et des bas, je suis devenu même violent avec ma compagne, c'est pour ça que je suis incarcéré... J'ai l'impression de reproduire certaines choses de mon passé, en gros la violence", dit-il.
"Je trouve ça dégueulasse: le ressenti que j'ai eu quand j'ai vu tous ces acquittés avec les ministres? Comment c'est possible? Aujourd'hui je l'ai encore, ici", crie-t-il presque, évoquant le retentissant fiasco judiciaire de la dernière décennie
En 2013, raconte le président, Chérif est allé s'accuser à la gendarmerie d'avoir tué une petite fille, sous la menace de son père, alors qu'il avait huit ans. Quelques semaines plus tard il a retiré sa déclaration. Pourquoi? lui demande le président. "J'ai mélangé entre les cauchemars et la réalité".
Daniel Legrand fils, 33 ans, comparaît à Rennes pour la période où il était âgé de 16 à 18 ans, jamais jugée. Il a en revanche été acquitté, avec 12 autres des accusés d'Outreau, des accusations de viols postérieurs à sa majorité.
Procès Outreau: l'ancien juge Burgaud témoigne... par ladepechefr
http://www.ladepeche.fr/article/2015/05/21/2109792-proces-outreau-cherif-delay-emmene-la-cour-dans-son-enfer.html
jeudi 21 mai 2015
Outreau: Le témoignage d'un flic qui met à mal l'accusation
C’est lui qui avait interpellé puis interrogé les deux Daniel Legrand père et fils en 2001. Pourtant, jamais le commissaire Boulard n’avait été entendu depuis le scandale judiciaire de l’affaire d’Outreau. Ni en 2004 à Saint-Omer, ni en 2005 à Paris quand l’affaire a été jugée en appel.
Jeudi devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine à Rennes, c’est donc un témoignage inédit qu’a livré le commandant du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Lille. Un témoignage qui risque de mettre à mal les accusations portées à Daniel Legrand, jugé pour des viols et agressions sexuelles sur les enfants Delay dans l’affaire d’Outreau. « On nous avait remis une pochette avec tous les éléments. J’avais trois compte-rendu d’auditions et des documents émis par le juge d’instruction. Vu la gravité des faits, je trouvais ça assez maigre », a rapporté le commandant Boulard à la barre.
A propos de Daniel Legrand fils, l’officier de PJ a évoqué « un gamin de 19 ans qui ne parlait que de football et m’avait expliqué qu’il était vierge ». Le commandant Boulard a même essuyé quelques larmes en évoquant le moment où il a emmené Daniel Legrand en prison. « Il m’a dit je compte sur vous pour me sortir de là. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait ».
http://www.20minutes.fr/rennes/1613611-20150521-outreau-temoignage-flic-met-mal-accusation
Jeudi devant la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine à Rennes, c’est donc un témoignage inédit qu’a livré le commandant du Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Lille. Un témoignage qui risque de mettre à mal les accusations portées à Daniel Legrand, jugé pour des viols et agressions sexuelles sur les enfants Delay dans l’affaire d’Outreau. « On nous avait remis une pochette avec tous les éléments. J’avais trois compte-rendu d’auditions et des documents émis par le juge d’instruction. Vu la gravité des faits, je trouvais ça assez maigre », a rapporté le commandant Boulard à la barre.
« Ils étaient en état de choc »
Jamais entendu, l’officier a fait part de ses doutes sur les arrestations menées à l’époque. « On nous avait décrit des têtes d’un réseau pédophile. Quand on les a interpellés, ils ne ressemblaient pas du tout à ce que je m’imaginais », a témoigné le commandant. Ajoutant « en garde à vue, face à nos questions, on avait des gens complètement éberlués, en état de choc. Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient là ».A propos de Daniel Legrand fils, l’officier de PJ a évoqué « un gamin de 19 ans qui ne parlait que de football et m’avait expliqué qu’il était vierge ». Le commandant Boulard a même essuyé quelques larmes en évoquant le moment où il a emmené Daniel Legrand en prison. « Il m’a dit je compte sur vous pour me sortir de là. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait ».
L’un des enfants Delay entendu
L’audience se poursuit avec l’audition de Cherif Delay, l’une des trois parties civiles, actuellement en détention. En 2004, ses parents et deux voisins ont été condamnés pour des viols et agressions sexuelles sur lui, ses deux frères et d’autres enfants. Daniel Legrand fils, jugé pendant trois semaines à Rennes pour des faits commis quand il était mineur, a été acquitté en 2005.http://www.20minutes.fr/rennes/1613611-20150521-outreau-temoignage-flic-met-mal-accusation
Outreau: Les listes des accusés de l'affaire passées au crible
Après le témoignage de Jonathan Delay mercredi, la cour d’assises des mineurs d’Ille-et-Vilaine s’est penché ce jeudi sur l'élaboration aléatoire des listes de noms d'où furent tirés, lors de l'instruction de l'affaire d'Outreau, ceux des 17 mis en examen pour viols d'enfants, parmi lesquels celui de Daniel Legrand.
C'est seulement six mois après le début de l'instruction, en juin 2001, qu'un « Dany Legrand en Belgique... » apparaît pour la première fois, retranscrit dans une liste par une assistante familiale, Christiane Bernard, qui avait en charge Dimitri Delay. « Cette liste, dans le dossier, c'est la première apparition de Dany Legrand, Madame », a souligné le président de la cour d'assises pour mineurs Philippe Dary en interrogeant Christiane Bernard ce jeudi matin. Celle-ci a maintenu à la barre que si elle avait écrit ce nom, « c'est qu'il (Dimitri) avait dit ça ».
Elle a reconnu, à la demande du président et d'avocats de la défense, qu'elle avait échangé des informations avec l'assistante familiale qui s'occupait de Jonathan Delay, sur les noms cités respectivement par les deux enfants. Des aléas glaçants au regard des conséquences que ces listes ont eues pour la suite de l'instruction.
La journée d’audience se poursuit ce jeudi avec le témoignage de Chérif Delay. L’aîné des enfants est arrivé en milieu d’après-midi sous escorte policière. Sous le régime de la détention pour des faits de violence, Chérif Delay est actuellement en soins psychiatriques.
http://www.20minutes.fr/rennes/1613491-20150521-outreau-listes-accuses-affaire-passees-crible
C'est seulement six mois après le début de l'instruction, en juin 2001, qu'un « Dany Legrand en Belgique... » apparaît pour la première fois, retranscrit dans une liste par une assistante familiale, Christiane Bernard, qui avait en charge Dimitri Delay. « Cette liste, dans le dossier, c'est la première apparition de Dany Legrand, Madame », a souligné le président de la cour d'assises pour mineurs Philippe Dary en interrogeant Christiane Bernard ce jeudi matin. Celle-ci a maintenu à la barre que si elle avait écrit ce nom, « c'est qu'il (Dimitri) avait dit ça ».
Le nom de « Dany Legrand » n'apparaît pas dans les listes de Dimitri
Dans cette liste transmise à la justice figuraient aussi des mentions comme « Jean-Luc, homme, habite dans tout le quartier », ou encore le médecin, le patron du café. En outre, au sein des deux seules autres listes de noms, écrites cette fois de la main de Dimitri, le nom de « Dany Legrand » n'apparaît pas. « S'il l'a pas écrit, il l'a dit », a de nouveau insisté Christiane Bernard.Elle a reconnu, à la demande du président et d'avocats de la défense, qu'elle avait échangé des informations avec l'assistante familiale qui s'occupait de Jonathan Delay, sur les noms cités respectivement par les deux enfants. Des aléas glaçants au regard des conséquences que ces listes ont eues pour la suite de l'instruction.
40 personnes désignées comme agresseurs par Dimitri Delay
Au total, lorsqu'il sera entendu par le juge Burgaud pour la première fois, près d'un an après le début de l'instruction, Dimitri Delay aura désigné comme agresseurs quelques 40 personnes. L'assistante familiale qui s'occupait de Chérif Delay, l'ainé, depuis 1998, Françoise Darques, a pour sa part déclaré qu'elle n'avait « jamais entendu le nom de Daniel Legrand » parmi les personnes désignées par Chérif lorsqu'il lui avait révélé des sévices dont il était victime.La journée d’audience se poursuit ce jeudi avec le témoignage de Chérif Delay. L’aîné des enfants est arrivé en milieu d’après-midi sous escorte policière. Sous le régime de la détention pour des faits de violence, Chérif Delay est actuellement en soins psychiatriques.
http://www.20minutes.fr/rennes/1613491-20150521-outreau-listes-accuses-affaire-passees-crible
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