Yoni Palmier a décidé de faire appel de sa condamnation à la perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans pour quatre assassinats commis dans l'Essonne entre novembre 2011 et avril 2012.
Lors de ce procès dit du "Tueur de l'Essonne", Palmier a toujours nié avoir tiré, ne reconnaissant qu'une "responsabilité" dans le premier meurtre.
La cour avait également décidé à son encontre un placement en rétention de sûreté à l'issue de sa détention s'il s'avérait être toujours dangereux, une mesure très rarement prononcée depuis son entrée en vigueur en 2008
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/24/97001-20150424FILWWW00082-tueur-de-l-essonne-yoni-palmier-fait-appel.php
Il faut faire confiance en la justice (Hegel) Revue de la presse judiciaire ici........
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vendredi 24 avril 2015
jeudi 16 avril 2015
Tueur de l'Essonne : Yoni Palmier condamné à la perpétuité
Yoni Palmier a été condamné à la perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, comme l'avait requis l'avocat général. Yoni Palmier était jugé aux assises à Évry pour quatre assassinats commis dans l'Essonne entre novembre 2011 et avril 2012. Il s'agit de "la peine la plus élevée du Code pénal pour ce type de faits", a souligné l'avocate générale Béatrice Angelelli. Lors de ce procès de trois semaines dit du "tueur de l'Essonne", Palmier avait reconnu sa "responsabilité" dans le premier assassinat, mais avait affirmé n'avoir "rien à dire" pour les trois autres.
"Vous m'avez dit pendant le procès : elle me fatigue grave", avait rappelé Béatrice Angelelli au début de son réquisitoire de près de deux heures. "Mais c'est vous qui nous avez fatigués, énervés, exaspérés", avait-elle martelé, s'adressant à l'accusé. "Je n'ai pas besoin de vos aveux, M. Palmier", avait-elle poursuivi : "J'ai tous les éléments à charge qui mettent en exergue la signature unique du criminel" pour les quatre assassinats. Elle avait ainsi rappelé "le mode opératoire unique" des quatre crimes : "Mêmes horaires, toujours l'après-midi, dans des endroits clos - parkings, halls d'immeubles -, sur des personnes seules qui font toutes l'objet d'une véritable exécution : une balle dans la tête à bout portant ou à faible distance".
http://www.lepoint.fr/justice/tueur-de-l-essonne-la-perpetuite-requise-contre-yoni-palmier-16-04-2015-1921831_2386.php
"Vous m'avez dit pendant le procès : elle me fatigue grave", avait rappelé Béatrice Angelelli au début de son réquisitoire de près de deux heures. "Mais c'est vous qui nous avez fatigués, énervés, exaspérés", avait-elle martelé, s'adressant à l'accusé. "Je n'ai pas besoin de vos aveux, M. Palmier", avait-elle poursuivi : "J'ai tous les éléments à charge qui mettent en exergue la signature unique du criminel" pour les quatre assassinats. Elle avait ainsi rappelé "le mode opératoire unique" des quatre crimes : "Mêmes horaires, toujours l'après-midi, dans des endroits clos - parkings, halls d'immeubles -, sur des personnes seules qui font toutes l'objet d'une véritable exécution : une balle dans la tête à bout portant ou à faible distance".
"Il ne vous livrera pas ce qu'il a au fond de lui"
Surtout, Yoni Palmier a laissé "sa signature génétique (...), indiscutable, incontournable : son seul ADN" retrouvé sur l'arme qui a servi pour chaque meurtre, selon les expertises balistiques. "Que peut-on m'opposer à cette preuve matérielle irréfutable ? Il est le seul et l'unique tireur, sa culpabilité est pleine et entière", avait résumé l'avocate générale, tournée vers les jurés, pour démonter la "théorie du groupement" de l'accusé : "Des gens" qui auraient tué pour le venger d'agressions subies depuis son enfance. "Quelqu'un aurait accepté de tuer des innocents sans contrepartie, simplement pour les beaux yeux de M. Palmier ?" avait-elle raillé. "Cela n'existe pas, c'est seulement dans son imaginaire", avait-elle poursuivi, tapant du poing et déliant chaque syllabe.http://www.lepoint.fr/justice/tueur-de-l-essonne-la-perpetuite-requise-contre-yoni-palmier-16-04-2015-1921831_2386.php
Procès des «meurtres de l’Essonne»: Les avocats de Yoni Palmier tentent la carte de la dédiabolisation
Au dernier jour de son procès, Yoni Palmier reste un mystère. A vrai dire, même pour ses avocats. Mais «ce n'est pas un monstre», a appuyé devant la cour un de ses avocats. Après deux ans et demi d’instruction et trois semaines d’audience devant la cour d’assises, celui qui a été surnommé le «tueur de l’Essonne» pourrait partir en prison sans avoir livré la moindre explication sur le mobile du quadruple meurtre dont il est accusé.
Cependant, son isolement, depuis qu’il est enfant, a transformé sa nature. «Pendant des années, il n’a pas communiqué. Il a perdu l’intelligence sociale.» Me Fresnault a par ailleurs invité les jurés à prendre de la distance avec la présentation que les psychiatres et psychologues ont faite de leur client. «Ils sont aberrants. Ils disent qu’il n’est pas fou et qu’il ne souffre pas de maladie mentale. Et on vous dit aussi qu’il n’est pas rationnel. Je ne suis pas certain qu’on sache qui est Yoni Palmier avec ces quatre experts.»
Qui sont les victimes du tueur présumé de l'Essonne?
La cour s’est retirée en milieu d’après-midi pour délibérer. Les jurés vont devoir répondre par oui ou par non à douze questions: celle du meurtre, de la préméditation et de la culpabilité de Yoni Palmier sur les quatre faits. Le verdict est attendu dans la soirée.
http://www.20minutes.fr/societe/1588719-20150416-proces-meurtres-essonne-avocats-yoni-palmier-tentent-carte-dediabolisation
De l'autodérision?
«Au cours de l’audience, Monsieur Palmier ne se présente pas bien. Avec son attitude, un regard noir, souvent les sourcils froncés, il n’est pas bon. Mais ce n’est pas parce qu’il ne comprend pas, c’est parce qu’il cogite», a introduit Me Julien Fresnault. Mais selon lui, quand il n’est plus dans la salle d’audience, Yoni Palmier serait tout autre. «La cour d’assises déforme les gens», a-t-il poursuivi. Mieux, «c’est quelqu’un qui a de l’humour. Vous ne l’avez peut-être pas vu. Mais il a de l’autodérision», s’est-il adressé aux jurésCependant, son isolement, depuis qu’il est enfant, a transformé sa nature. «Pendant des années, il n’a pas communiqué. Il a perdu l’intelligence sociale.» Me Fresnault a par ailleurs invité les jurés à prendre de la distance avec la présentation que les psychiatres et psychologues ont faite de leur client. «Ils sont aberrants. Ils disent qu’il n’est pas fou et qu’il ne souffre pas de maladie mentale. Et on vous dit aussi qu’il n’est pas rationnel. Je ne suis pas certain qu’on sache qui est Yoni Palmier avec ces quatre experts.»
Verdict dans la soirée
Son autre avocat, Me Laurent Caruso s’est attaché à mettre en lumière les ratés de l’enquête qui a conduit dans un premier temps à faire avouer Michel Courtois, l’ancien petit ami de la première victime, d’un meurtre qu’il n’avait pas commis. Aucun des deux n’a plaidé l’acquittement, bien que leur client n’ait pas reconnu de manière formelle être l’auteur des quatre assassinats.Qui sont les victimes du tueur présumé de l'Essonne?
La cour s’est retirée en milieu d’après-midi pour délibérer. Les jurés vont devoir répondre par oui ou par non à douze questions: celle du meurtre, de la préméditation et de la culpabilité de Yoni Palmier sur les quatre faits. Le verdict est attendu dans la soirée.
http://www.20minutes.fr/societe/1588719-20150416-proces-meurtres-essonne-avocats-yoni-palmier-tentent-carte-dediabolisation
Procès des «meurtres de l’Essonne»: Perpétuité avec peine de sûreté de 22 ans requise contre Yoni Palmier
L'avocate générale, Béatrice Angelelli, a requis ce jeudi la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, à l'encontre de Yoni Palmier. L'homme est accusé d’avoir tué quatre personnes au hasard entre novembre 2011 et avril 2012 à quelques kilomètres de distance selon le même mode opératoire d’au moins une balle tirée dans la tête, avec la même arme.
Qui est Yoni Palmier, tueur présumé de l'Essonne, un déséquilibré devenu «star du crime»?
Cette peine réclamée par le ministère public est la peine maximale prévue par le code pénal. L'avocate générale l'a par ailleurs assorti de la rétention de sûreté, qu'elle a justifié par la dangerosité de Yoni Palmier. Une disposition rarement prononcée qui oblige les juges à réévaluer chaque année la sortie de prison, une fois que le condamné a purgé sa peine.
Qui sont les victimes du tueur présumé de l'Essonne?
Face à l’accumulation de preuves à son encontre, Yoni Palmier n’a eu de cesse de reconnaître à demi-mot avant de se rétracter. «Les aveux, Monsieur Palmier, je n’en ai pas besoin. Mais nous les avons par regroupements, par truchement», a appuyé l’avocate générale, énumérant les bribes de vérité qui se trouvaient dans les mensonges que l’accusé a mis en place tout au long de l’instruction.
Selon le ministère public, les explications sont à trouver du côté des experts psychiatres et psychologiques. «Il n’est jamais pris dans la réalité de lui-même. Mais il sait ce qu’il fait. Il n’est jamais dupe de lui-même et n’est pas atteint d’une maladie mentale qui a altéré son discernement», a-t-elle poursuivi, avant de revenir sur «l’état limite» dans lequel se trouverait Yoni Palmier. Elle s’est enfin adressée aux familles. «Expliquer, ce n’est pas trouver des circonstances atténuantes. Mais on veut comprendre pourquoi il n’est pas dans la même rationalité que nous.»
Yoni Palmier «ne prend pas de plaisir à tuer»
Le procès se poursuit avec les plaidoiries de la défense. La parole sera donnée en dernier à l’accusé, avant que la cour ne se retire et délibère. Le verdict est attendu dans la deuxième partie de la journée.
http://www.20minutes.fr/societe/1588311-20150416-proces-meurtres-essonne-perpetuite-peine-surete-22-ans-requise-contre-yoni-palmier
Qui est Yoni Palmier, tueur présumé de l'Essonne, un déséquilibré devenu «star du crime»?
Cette peine réclamée par le ministère public est la peine maximale prévue par le code pénal. L'avocate générale l'a par ailleurs assorti de la rétention de sûreté, qu'elle a justifié par la dangerosité de Yoni Palmier. Une disposition rarement prononcée qui oblige les juges à réévaluer chaque année la sortie de prison, une fois que le condamné a purgé sa peine.
Accumulation de preuves
Dans son réquisitoire, l’avocate générale est revenue sur les similitudes entre les quatre crimes. «Pour chacun des crimes, la signature du tireur est exactement la même: même mode opératoire, même heure, espace clos, personne seule», a-t-elle énuméré.Qui sont les victimes du tueur présumé de l'Essonne?
Face à l’accumulation de preuves à son encontre, Yoni Palmier n’a eu de cesse de reconnaître à demi-mot avant de se rétracter. «Les aveux, Monsieur Palmier, je n’en ai pas besoin. Mais nous les avons par regroupements, par truchement», a appuyé l’avocate générale, énumérant les bribes de vérité qui se trouvaient dans les mensonges que l’accusé a mis en place tout au long de l’instruction.
Théorie mystérieuse
Pour sa défense, Yoni Palmier a avancé une théorie mystérieuse d’un «groupement» qui aurait tué au hasard en Essonne des personnes inconnues pour le venger de prétendues agressions qu’il aurait subies. «Il a des amis? Non, il n’en a pas, il est isolé, a taclé Béatrice Angelelli. Votre théorie du groupement, de la complicité, ne résiste pas une seule seconde à la réalité.»Selon le ministère public, les explications sont à trouver du côté des experts psychiatres et psychologiques. «Il n’est jamais pris dans la réalité de lui-même. Mais il sait ce qu’il fait. Il n’est jamais dupe de lui-même et n’est pas atteint d’une maladie mentale qui a altéré son discernement», a-t-elle poursuivi, avant de revenir sur «l’état limite» dans lequel se trouverait Yoni Palmier. Elle s’est enfin adressée aux familles. «Expliquer, ce n’est pas trouver des circonstances atténuantes. Mais on veut comprendre pourquoi il n’est pas dans la même rationalité que nous.»
Verdict dans la journée
L’avocate générale a insisté sur la dangerosité de l’accusé qui aurait pu continuer à tuer s’il n’avait pas été arrêté. «Ce qu’il retire [de tuer], c’est un soulagement. Ça ne peut pas s’arrêter. C’est le signe d’un tueur en série. Il faut qu’il retrouve cette sensation. C’est pour cela qu’il donne des éléments pour se faire arrêter. Car se faire arrêter, c’est arrêter cette spirale.»Yoni Palmier «ne prend pas de plaisir à tuer»
Le procès se poursuit avec les plaidoiries de la défense. La parole sera donnée en dernier à l’accusé, avant que la cour ne se retire et délibère. Le verdict est attendu dans la deuxième partie de la journée.
http://www.20minutes.fr/societe/1588311-20150416-proces-meurtres-essonne-perpetuite-peine-surete-22-ans-requise-contre-yoni-palmier
mercredi 15 avril 2015
Tueur de l'Essonne: Yoni Palmier conteste avoir avoué un meurtre
Yoni Palmier a estimé aujourd'hui que ses propos d'hier, considérés comme l'aveu du premier des quatre assassinats du "tueur de l'Essonne" pour lesquels il est jugé devant les assises à Evry, avaient été "totalement déformés".
"J'ai entendu certaines choses", a-t-il déclaré. "Je sais que des fois, quand je parle, je ne suis pas très clair. Je prends des médicaments, ça ne favorise pas une bonne sémantique et un bon langage." Depuis le début du procès, Yoni Palmier reconnaissait "une part de responsabilité" dans le premier assassinat, mais pas d'en être le tireur.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/15/97001-20150415FILWWW00146-tueur-de-l-essonne-yoni-palmier-conteste-avoir-avoue-un-meurtre.php
"J'ai entendu certaines choses", a-t-il déclaré. "Je sais que des fois, quand je parle, je ne suis pas très clair. Je prends des médicaments, ça ne favorise pas une bonne sémantique et un bon langage." Depuis le début du procès, Yoni Palmier reconnaissait "une part de responsabilité" dans le premier assassinat, mais pas d'en être le tireur.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/15/97001-20150415FILWWW00146-tueur-de-l-essonne-yoni-palmier-conteste-avoir-avoue-un-meurtre.php
mardi 14 avril 2015
Tueur de l'Essonne: Palmier avoue un meurtre
Yoni Palmier a reconnu aujourd'hui être l'auteur du premier des quatre assassinats du "tueur de l'Essonne" pour lesquels il est jugé devant les assises à Evry.
"Pour la famille de Nathalie Davids, ne nous prenons pas la tête, considérons que je l'ai fait. Pour le reste, je ne suis pas responsable", a affirmé l'accusé.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/14/97001-20150414FILWWW00362-tueur-de-l-essonne-palmier-avoue-un-meurtre.php
"Pour la famille de Nathalie Davids, ne nous prenons pas la tête, considérons que je l'ai fait. Pour le reste, je ne suis pas responsable", a affirmé l'accusé.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/14/97001-20150414FILWWW00362-tueur-de-l-essonne-palmier-avoue-un-meurtre.php
Procès du «tueur de l’Essonne»: Yoni Palmier «ne prend pas de plaisir à tuer»
Ce n’est pas un «malade mental». Mais son intelligence est très «faible». Ce mardi, devant la cour d’assises d’Evry, les experts psychologues et psychiatres se succèdent pour tenter d’éclairer les jurés sur la personnalité de Yoni Palmier, accusé d’avoir commis quatre meurtres entre novembre 2011 et avril 2012 avec la même arme et dans un rayon de moins de 10km dans l’Essonne. Seul manque le mobile.
Et c’est bien ce que cherchent à comprendre les familles des victimes. «Je préfère la question du pourquoi à celle du mobile. Pour un tueur en série, c’est plus approprié», avance un psychologue à la barre. Mais avant d'explorer ce «pourquoi», il faut remonter dans les limbes obscurs et occultés de la personnalité de l'accusé.
Selon les experts, Yoni Palmier est sujet à de violentes crises d’angoisse. C’est lors de ces «épisodes» qu’il «passe à l’acte» et peut s’en prendre violemment aux autres. «Il se sent mal-aimé. Il faut constamment qu’il évacue cette mésestime de lui», analyse l’expert. Avec une forte dose de narcissisme et une couche d’égocentrisme, on commence à y voir plus clair dans le cheminement psychologique de l’accusé. «Tout cela donne cet aspect un peu bizarroïde», complète-t-il.
PORTRAIT - Qui est Yoni Palmier, tueur présumé de l'Essonne, un déséquilibré devenu «star du crime»?
On sent dans les regards sur les bancs des parties civiles la stupeur, parfois la colère, toujours la peine. Mais aussi les promesses d’un début de réponse, aussi difficile qu’elle soit à comprendre. «Il est possible qu’il ait développé au fil du temps une volonté de puissance et se soit suffisamment déconnecté de la réalité pour passer du fantasme à l’acte», poursuit un deuxième psychologue. Selon lui, Yoni Palmier «ne prend pas de plaisir à tuer». Mais, sans doute, éprouve-t-il «une réelle jouissance à ne pas sentir d’émotion».
http://www.20minutes.fr/societe/1586511-20150414-proces-tueur-essonne-bizarroide-yoni-palmier
Et c’est bien ce que cherchent à comprendre les familles des victimes. «Je préfère la question du pourquoi à celle du mobile. Pour un tueur en série, c’est plus approprié», avance un psychologue à la barre. Mais avant d'explorer ce «pourquoi», il faut remonter dans les limbes obscurs et occultés de la personnalité de l'accusé.
«Ses idées sont en désordre»
Le premier psychologue à s’être penché sur le «sujet Palmier» exclut d’emblée la psychose. «Ce n’est pas un malade mental au sens strict du terme, introduit-il. Il n’y a pas d’éléments délirants ou névrotiques.» En revanche, l’homme, qui n’a toujours pas apporté une seule explication satisfaisante dans ce dossier qui l’accable, souffre d’un «profond état anxieux de la personnalité». «Les règles de base, au cours de l’enfance, ont été mal construites. Ses idées sont en désordre. Son discours est peu clair et son langage se construit à mesure que les mots lui viennent», énumère-t-il.Selon les experts, Yoni Palmier est sujet à de violentes crises d’angoisse. C’est lors de ces «épisodes» qu’il «passe à l’acte» et peut s’en prendre violemment aux autres. «Il se sent mal-aimé. Il faut constamment qu’il évacue cette mésestime de lui», analyse l’expert. Avec une forte dose de narcissisme et une couche d’égocentrisme, on commence à y voir plus clair dans le cheminement psychologique de l’accusé. «Tout cela donne cet aspect un peu bizarroïde», complète-t-il.
PORTRAIT - Qui est Yoni Palmier, tueur présumé de l'Essonne, un déséquilibré devenu «star du crime»?
«Palmier ne prend pas de plaisir à tuer»
L’absence de réponse de Yoni Palmier et sa capacité à nier l’évidence, qu’on pouvait prendre pour de la désinvolture, de l’insolence voire de la provocation, composent pleinement sa personnalité. «Il a recours à l’affabulation. Il faut qu’il parle, alors il invente», détaille le psychologue qui ne le croit pas assez «intelligent» pour avoir planifié des scénarios pour commettre ses crimes. «Non, Palmier ne s’intéresse pas aux personnes qu’il tue. Il s’en moque, c’est tout».On sent dans les regards sur les bancs des parties civiles la stupeur, parfois la colère, toujours la peine. Mais aussi les promesses d’un début de réponse, aussi difficile qu’elle soit à comprendre. «Il est possible qu’il ait développé au fil du temps une volonté de puissance et se soit suffisamment déconnecté de la réalité pour passer du fantasme à l’acte», poursuit un deuxième psychologue. Selon lui, Yoni Palmier «ne prend pas de plaisir à tuer». Mais, sans doute, éprouve-t-il «une réelle jouissance à ne pas sentir d’émotion».
http://www.20minutes.fr/societe/1586511-20150414-proces-tueur-essonne-bizarroide-yoni-palmier
jeudi 9 avril 2015
Assises de l’Essonne : Yoni Palmier renonce finalement à quitter son procès
Du coup de théâtre au renoncement. Yoni Palmier, suspecté de quatre meurtres commis à Juvisy-sur-Orge, Ris-Orangis et Grigny, dans l'Essonne, entre novembre 2011 et avril 2012 et jugé par la cour d’assises à Evry, a finalement décidé de continuer à assister à son procès.
Ce jeudi matin, l’homme de 36 ans avait demandé une suspension de séance. Il disait vouloir réfléchir sur sa présence aux audiences et envisageait de ne plus assister à son procès démarré voilà plus d'une semaine. «Pour les aléas du procès, il vaut mieux que je ne reste pas», avait-il avancé tout en affirmant «être très touché» par les témoignages des proches des victimes.
Un coup de théâtre alors que le tueur présumé de l’Essonne s’était montré indifférent et froid aux témoignages des familles des victimes depuis le début du procès la semaine dernière. «Je ne suis pas le tueur mais je suis responsable», a-t-il répété avant que l’audience ne soit interrompue
Sur les conseils de ses avocats, Yoni Palmier a donc changé d’avis. En revanche, il a choisi, comme il l'avait laissé entendre, de récuser un de ses trois avocats, Maître Aurélie Bousquet.
Ce jeudi, la cour doit entendre les témoignages de la famille de la 4e victime.
http://www.leparisien.fr/essonne-91/le-tueur-de-l-essonne-presume-ne-veut-plus-assister-a-son-proces-09-04-2015-4678153.php
Ce jeudi matin, l’homme de 36 ans avait demandé une suspension de séance. Il disait vouloir réfléchir sur sa présence aux audiences et envisageait de ne plus assister à son procès démarré voilà plus d'une semaine. «Pour les aléas du procès, il vaut mieux que je ne reste pas», avait-il avancé tout en affirmant «être très touché» par les témoignages des proches des victimes.
Un coup de théâtre alors que le tueur présumé de l’Essonne s’était montré indifférent et froid aux témoignages des familles des victimes depuis le début du procès la semaine dernière. «Je ne suis pas le tueur mais je suis responsable», a-t-il répété avant que l’audience ne soit interrompue
Sur les conseils de ses avocats, Yoni Palmier a donc changé d’avis. En revanche, il a choisi, comme il l'avait laissé entendre, de récuser un de ses trois avocats, Maître Aurélie Bousquet.
Ce jeudi, la cour doit entendre les témoignages de la famille de la 4e victime.
http://www.leparisien.fr/essonne-91/le-tueur-de-l-essonne-presume-ne-veut-plus-assister-a-son-proces-09-04-2015-4678153.php
vendredi 3 avril 2015
Yoni Palmier, le "tueur de l'Essonne", nie face à la justice être un assassin
Yoni Palmier comparait devant la cour d'Assises d'Evry pour 4 assassinats commis en 5 mois, entre fin 2011 et avril 2012. Des crimes qui restent inexpliqués. L'accusé, âgé de 36 ans, continue de nie
Quatre meurtres en quelques mois dans un rayon de cinq kilomètres, une seule arme, pas de mobile et un accusé qui nie malgré un dossier accablant: Yoni Palmier, "le tueur de l'Essonne", comparaît depuis mardi devant la cour d'assises d'Evry.
2ème jour du procès du tueur de l'Essonne. A la barre aujourd'hui : les proches de Yoni Palmier jugé pour 4 assassinats. Des témoignages attendus pour tenter de cerner la personnalité de l'accusé qui nie toujours les faits.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2015/03/31/yoni-palmier-le-tueur-de-l-essonne-nie-face-la-justice-etre-un-assassin-695645.html
Quatre meurtres en quelques mois dans un rayon de cinq kilomètres, une seule arme, pas de mobile et un accusé qui nie malgré un dossier accablant: Yoni Palmier, "le tueur de l'Essonne", comparaît depuis mardi devant la cour d'assises d'Evry.
2ème jour du procès du tueur de l'Essonne. A la barre aujourd'hui : les proches de Yoni Palmier jugé pour 4 assassinats. Des témoignages attendus pour tenter de cerner la personnalité de l'accusé qui nie toujours les faits.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2015/03/31/yoni-palmier-le-tueur-de-l-essonne-nie-face-la-justice-etre-un-assassin-695645.html
mercredi 1 avril 2015
Procès du tueur de l'Essonne : "Mon fils... je pense qu'il a tué personne"
Une dame âgée pénètre mercredi en salle d'assises. Elle boitille, appuyée sur une canne. L'accusé, Yoni Palmier, jugé à Évry pour quatre assassinats, lui jette un regard furtif, le front plissé, recroquevillé dans son box. Elle s'assoit enfin : "Mon fils... je pense qu'il a tué personne." "Il a toujours été très gentil dans la maison", poursuit d'une voix languissante Eugénia Félicienne Chimbak, 82 ans et neuf enfants - dont l'un s'est suicidé. Yoni, 36 ans, né bien après les autres d'un père différent, est son benjamin : "C'était mon dernier, c'était mon enfant, alors je le chouchoutais, je l'encadrais."
Elle est venue minimiser tout ce qui pourrait le compromettre, notamment ce jour de 2004, où il l'a poignardée, ce qui lui vaudra six mois de prison. "Il a été violent ? Non... Il s'est énervé une fois", nuance-t-elle. Elle avait refusé, ce jour-là, de l'accompagner chez l'assistante sociale pour un entretien d'embauche, explique-t-elle. "Il était à la cuisine en train d'éplucher des pommes de terre. Il s'est énervé et m'a lancé le couteau." L'enquête avait en réalité mis en évidence quatre coups de couteau dans le dos, avec un cran d'arrêt, portés alors qu'elle était au sol. Le président le lui fait remarquer, elle dit ne plus s'en souvenir. Plus tard, le père Yoni Palmier, qui avait lui aussi été blessé par son fils en tentant de s'interposer, précise qu'il l'a poignardée dans le dos, contrarié de la voir partir.
Autres épisodes de violence abordés, le jet d'un tabouret ou d'une bouteille en direction de sa mère. Cette dernière laisse éclater un petit rire à leur évocation. Puis elle conclut, définitive : "Ni bouteille ni tabouret !"
À l'entendre, Yoni Palmier est sans problème et sans reproche : sa scolarité se serait "bien passée", alors qu'il a redoublé plusieurs fois et qu'il était, dit-il, un souffre-douleur ; ses demi-frères et soeurs, avec qui il n'y aurait aucun problème, alors que son fils ne voit aucun d'entre eux.
La veille, il avait raconté que son père "venait tirer son coup" chez sa mère, et il se disait "apparemment non désiré". Félicienne, elle, affirme tout le contraire : "non", il ne s'agissait pas que de "relations sexuelles" ; "oui", Yoni était désiré. Menton sur le poing, la tête tournée vers le public, il ne la regarde pas.
Dans l'après-midi, c'est au tour du père de témoigner. "Je suis très, très contrarié d'être là. Je ne sais pas quoi dire", marmonne Georges Palmier, 75 ans, déjà père de trois enfants à la naissance de Yoni, avec une autre femme qu'il n'a jamais quittée. Ce nouvel enfant, "au début", il n'en voulait pas. Mais "sa mère y tenait absolument. Elle s'est retrouvée enceinte..." Il faudra des années avant qu'il révèle cette double vie à sa première famille.
Georges Palmier ne s'explique pas les faits dont son fils est accusé : "Yoni n'a jamais manqué de rien. Il a toujours été chouchouté par tout le monde !"
http://www.lepoint.fr/societe/proces-du-tueur-de-l-essonne-mon-fils-je-pense-qu-il-a-tue-personne-01-04-2015-1917933_23.php
Quatre coups de couteau
Avant les faits dont son fils est accusé, quatre assassinats d'au moins une balle dans la tête entre novembre 2011 et avril 2012 dans l'Essonne, elle faisait tout pour lui : le ménage, la vaisselle, les courses qu'elle lui apportait même à domicile. "J'abandonnerai jamais mon fils !" insiste-t-elle, en jupe longue et souliers épais, engoncée dans un vieil anorak bordeaux.Elle est venue minimiser tout ce qui pourrait le compromettre, notamment ce jour de 2004, où il l'a poignardée, ce qui lui vaudra six mois de prison. "Il a été violent ? Non... Il s'est énervé une fois", nuance-t-elle. Elle avait refusé, ce jour-là, de l'accompagner chez l'assistante sociale pour un entretien d'embauche, explique-t-elle. "Il était à la cuisine en train d'éplucher des pommes de terre. Il s'est énervé et m'a lancé le couteau." L'enquête avait en réalité mis en évidence quatre coups de couteau dans le dos, avec un cran d'arrêt, portés alors qu'elle était au sol. Le président le lui fait remarquer, elle dit ne plus s'en souvenir. Plus tard, le père Yoni Palmier, qui avait lui aussi été blessé par son fils en tentant de s'interposer, précise qu'il l'a poignardée dans le dos, contrarié de la voir partir.
"Nous, on n'a pas envie de vous en dire plus"
"On a eu un problème, j'ai pas à entrer dans les détails. C'est personnel, c'est familial", réagit Yoni Palmier, en se dandinant, les bras croisés. "Nous, on n'a pas envie de vous en dire plus." Manifestement excédée par ce mutisme, devenu quasi machinal, l'avocate générale, Béatrice Angelelli, le pousse dans les cordes. "Vous me fatiguez grave !" tente-t-il de lui répondre, avant d'être longuement et vertement remis en place.Autres épisodes de violence abordés, le jet d'un tabouret ou d'une bouteille en direction de sa mère. Cette dernière laisse éclater un petit rire à leur évocation. Puis elle conclut, définitive : "Ni bouteille ni tabouret !"
À l'entendre, Yoni Palmier est sans problème et sans reproche : sa scolarité se serait "bien passée", alors qu'il a redoublé plusieurs fois et qu'il était, dit-il, un souffre-douleur ; ses demi-frères et soeurs, avec qui il n'y aurait aucun problème, alors que son fils ne voit aucun d'entre eux.
"Je suis très contrarié d'être là"
Est alors évoqué le père de Yoni Palmier. Il avait déjà une femme et des enfants à la naissance de son fils et n'a jamais vécu avec Félicienne. "Il s'adresse pas à moi, ni rien du tout, il m'envoie pas de courrier", bredouille à son sujet l'accusé, qui avait d'abord déclaré, comme à son habitude, ne pas vouloir répondre.La veille, il avait raconté que son père "venait tirer son coup" chez sa mère, et il se disait "apparemment non désiré". Félicienne, elle, affirme tout le contraire : "non", il ne s'agissait pas que de "relations sexuelles" ; "oui", Yoni était désiré. Menton sur le poing, la tête tournée vers le public, il ne la regarde pas.
Dans l'après-midi, c'est au tour du père de témoigner. "Je suis très, très contrarié d'être là. Je ne sais pas quoi dire", marmonne Georges Palmier, 75 ans, déjà père de trois enfants à la naissance de Yoni, avec une autre femme qu'il n'a jamais quittée. Ce nouvel enfant, "au début", il n'en voulait pas. Mais "sa mère y tenait absolument. Elle s'est retrouvée enceinte..." Il faudra des années avant qu'il révèle cette double vie à sa première famille.
Georges Palmier ne s'explique pas les faits dont son fils est accusé : "Yoni n'a jamais manqué de rien. Il a toujours été chouchouté par tout le monde !"
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Palmier admet "une part de responsabilité" dans un des assassinats du "tueur de l'Essonne"
Yoni Palmier n'a pas tué, mais il a "laissé faire" par d'autres, dit-il, admettant "une part de responsabilité" dans le premier des quatre assassinats dont il est accusé.
Il n'a pas tué, mais il a "laissé faire" par d'autres, dit-il, admettant "une part de responsabilité" dans le premier des quatre assassinats dont il est accusé. Première brèche mardi, dès l'ouverture du procès du "tueur de l'Essonne", dans la fragile défense d'Yoni Palmier. "J'ai connu une succession de harcèlements et d'agressions. Et à un moment donné de ma vie, j'ai pris contact avec certaines personnes, qui ont commis ces crimes", reconnaît l'accusé devant la cour d'assises d'Evry. "Ils m'ont proposé, moi j'ai adhéré." En question, quatre personnes tuées de sang-froid d'au moins une balle dans la tête, entre novembre 2011 et avril 2012, dans un rayon de cinq kilomètres dans l'Essonne. L'idée de ces quatre "complices", dont il refuse par peur de "donner le blaze", était d'abord de "casser les os" de ses agresseurs. Mais "on ne les a pas trouvés". "A force qu'on ne trouve pas les personnes qu'on recherchait, plus mes plaintes qui n'aboutissaient pas, ça a fini dans un délire de ce genre", explique-t-il. "De partir et de faire une atrocité."
Le président tente un résumé: "Vous tombez d'accord pour vous en prendre à des gens, d'abord les auteurs des injustices, puis la première personne qui vient, l'important étant que ce soit dans l'Essonne?" Il acquiesce. "Je me sens responsable aujourd'hui, parce que j'ai laissé faire (...) Au moins un, ouais, c'est de ma faute (...) Après, c'est parti en couille." Ses doigts agrippés au muret en bois qui délimite son box, sur lequel il avait d'abord écouté, avachi, le président résumer les faits, il tente de tenir le cap face aux avocats des parties civiles, qui l'observent parfois avec consternation broder autour de sa ligne directrice, puis se contredire, s'énerver, soupirer, jouer l'insolent et finir par fuir les questions pressantes. Pourquoi Nathalie Davids, la première victime, retrouvée dans un parking abattue de plusieurs balles? "Je ne sais pas." Comment ont été choisies les victimes ? "Je sais pas." Pourquoi son seul ADN sur l'arme commune aux quatre assassinats, retrouvée chez lui? "Je n'ai pas de réponse." Un avocat fulmine: "Est-ce qu'on peut avoir ne serait-ce qu'un début d'explication crédible?". Il regarde ailleurs, silencieux.
Une autre évoque une expertise psychiatrique troublante ordonnée par le président après l'instruction et reçue à la veille du procès par les parties civiles. "Ayant un fort tempérament, j'ai préféré tuer, me soulager et régler mes problèmes", y explique Yoni Palmier au sujet du meurtre de Nathalie Davids. Sans doute un document-clé, mais qui ne sera pas détaillé avant l'audition du psychiatre concerné, le 14 avril. L'accusé avait timidement débuté la journée en affirmant, la tête dans les épaules, ne pas être "l'auteur des assassinats", avant de laisser entrevoir un tempérament plus instable et querelleur.
Anxieux au moment d'évoquer son "père absent" et son "assez bonne relation" avec sa mère, il se ferme soudainement: "Nos relations entre moi et ma famille ne regardent que moi, surtout concernant ma mère!" Il accepte ensuite de parler de son unique "petite copine", Valérie, une relation d'un an "un peu merdique", interrompue parce qu'il en avait "marre du sexe". Une relation homosexuelle, aussi, avec un voisin: "Une expérience, c'est tout, sans que ce soit quelque chose de très profond et très crade --pour être clair avec vous-- qui nous offense et nous emmerde profondément". Yoni Palmier aime alterner les registres: d'un côté une pensée claire au vocabulaire élaboré, de l'autre des déclarations insensées et inaudibles, qui laissent la salle interloquée. "Quand je dis j'ai pas envie d'en parler, j'en parle pas!", lance-t-il une fois sa limite atteinte
Le président tente un résumé: "Vous tombez d'accord pour vous en prendre à des gens, d'abord les auteurs des injustices, puis la première personne qui vient, l'important étant que ce soit dans l'Essonne?" Il acquiesce. "Je me sens responsable aujourd'hui, parce que j'ai laissé faire (...) Au moins un, ouais, c'est de ma faute (...) Après, c'est parti en couille." Ses doigts agrippés au muret en bois qui délimite son box, sur lequel il avait d'abord écouté, avachi, le président résumer les faits, il tente de tenir le cap face aux avocats des parties civiles, qui l'observent parfois avec consternation broder autour de sa ligne directrice, puis se contredire, s'énerver, soupirer, jouer l'insolent et finir par fuir les questions pressantes. Pourquoi Nathalie Davids, la première victime, retrouvée dans un parking abattue de plusieurs balles? "Je ne sais pas." Comment ont été choisies les victimes ? "Je sais pas." Pourquoi son seul ADN sur l'arme commune aux quatre assassinats, retrouvée chez lui? "Je n'ai pas de réponse." Un avocat fulmine: "Est-ce qu'on peut avoir ne serait-ce qu'un début d'explication crédible?". Il regarde ailleurs, silencieux.
Une autre évoque une expertise psychiatrique troublante ordonnée par le président après l'instruction et reçue à la veille du procès par les parties civiles. "Ayant un fort tempérament, j'ai préféré tuer, me soulager et régler mes problèmes", y explique Yoni Palmier au sujet du meurtre de Nathalie Davids. Sans doute un document-clé, mais qui ne sera pas détaillé avant l'audition du psychiatre concerné, le 14 avril. L'accusé avait timidement débuté la journée en affirmant, la tête dans les épaules, ne pas être "l'auteur des assassinats", avant de laisser entrevoir un tempérament plus instable et querelleur.
Anxieux au moment d'évoquer son "père absent" et son "assez bonne relation" avec sa mère, il se ferme soudainement: "Nos relations entre moi et ma famille ne regardent que moi, surtout concernant ma mère!" Il accepte ensuite de parler de son unique "petite copine", Valérie, une relation d'un an "un peu merdique", interrompue parce qu'il en avait "marre du sexe". Une relation homosexuelle, aussi, avec un voisin: "Une expérience, c'est tout, sans que ce soit quelque chose de très profond et très crade --pour être clair avec vous-- qui nous offense et nous emmerde profondément". Yoni Palmier aime alterner les registres: d'un côté une pensée claire au vocabulaire élaboré, de l'autre des déclarations insensées et inaudibles, qui laissent la salle interloquée. "Quand je dis j'ai pas envie d'en parler, j'en parle pas!", lance-t-il une fois sa limite atteinte
mardi 31 mars 2015
Meurtres en série dans l’Essonne: Les explications imaginaires de Yoni Palmier
«C’était ça le but du délire.» Au premier jour de son procès devant les assises d’Evry, Yoni Palmier, surnommé le «tueur de l’Essonne», a livré des explications sommaires et très souvent insensées. Pull gris, la plupart du temps les mains dans les poches, l’air désinvolte, l’homme de 36 ans a continué de nier catégoriquement les quatre assassinats dont il est accusé, survenus entre novembre 2011 et avril 2012 avec la même arme à quelques kilomètres d’écart dans le nord de l’Essonne.
«Je me sens concerné par ces assassinats, mais je n’en suis pas l’auteur», a contesté dans la matinée celui qui se présente avec l’étiquette de tueur en série. Avant de préciser, au cours de l’après-midi, qu’il estimait être désormais «complice».
LES FAITS - Yoni Palmier face à la cour d'assises
«Des gens m’ont vengé. Je ne leur ai pas dit de le faire, mais j’ai adhéré. C’est pour cela que je me sens responsable de ces faits. J’ai laissé faire alors que je savais», souffle-t-il. «Il est temps de nous en dire un peu plus», tente l’avocat d’une partie civile. «Que voulez-vous que je dise», répond, laconiquement, Yoni Palmier qui retourne se murer dans son silence et ses dénégations. «On se contentera de ça», soupire Hervé Stéphan, le président du tribunal.
PORTRAIT - Qui est Yoni Palmier?
Lorsque le président lui fait remarquer que la description de l’enchaînement des faits est très précise, Yoni Palmier se renferme derrière des soupirs, réajuste son t-shirt dans son jean, et lâche un redondant et désormais habituel «Je ne sais pas». «C’est un dialogue de sourds, comme cela l’a toujours été à l’instruction», s’exaspère l’avocate générale.
Qui sont les victimes du "tueur de l'Essonne"?
Les jurés vont devoir lire entre les lignes. Démêler les mensonges. Et surtout interpréter les silences de l’accusé qui, à la fin de cette première journée d’audience, laisse l’impression d’un adolescent qui n’aurait pas grandi, empêtré dans un mensonge qu'il devra inéluctablement avouer. Yoni Palmier, reconnu comme responsable pénalement après plusieurs enquêtes psychologiques, risque la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict le 17 avril.
http://www.20minutes.fr/societe/1576507-20150331-meurtres-serie-essonne-explications-imaginaires-yoni-palmier
«Je me sens concerné par ces assassinats, mais je n’en suis pas l’auteur», a contesté dans la matinée celui qui se présente avec l’étiquette de tueur en série. Avant de préciser, au cours de l’après-midi, qu’il estimait être désormais «complice».
LES FAITS - Yoni Palmier face à la cour d'assises
«Des gens m’ont vengé»
Sa défense emprunte des sentiers difficilement audibles au regard d’un dossier accablant. Selon lui, quatre autres personnes, un groupe d'individus, auraient voulu le venger de prétendues violences qu’il aurait subies. Mais, peinant à retrouver ces agresseurs, ses «amis» auraient alors décidé de s’en prendre à des quelconques inconnus dans la rue.«Des gens m’ont vengé. Je ne leur ai pas dit de le faire, mais j’ai adhéré. C’est pour cela que je me sens responsable de ces faits. J’ai laissé faire alors que je savais», souffle-t-il. «Il est temps de nous en dire un peu plus», tente l’avocat d’une partie civile. «Que voulez-vous que je dise», répond, laconiquement, Yoni Palmier qui retourne se murer dans son silence et ses dénégations. «On se contentera de ça», soupire Hervé Stéphan, le président du tribunal.
PORTRAIT - Qui est Yoni Palmier?
«Un dialogue de sourds»
Les familles des victimes doivent se satisfaire pour l'heure de bribes de vérité que l'accusé livre parfois dans ses scénarios imaginaires. Comme quand il s'envoie en détention, pour tenter de se dédouaner, une lettre qu’il a lui même écrite et dans laquelle il met en scène une tierce personne qui s’accuse des assassinats.Lorsque le président lui fait remarquer que la description de l’enchaînement des faits est très précise, Yoni Palmier se renferme derrière des soupirs, réajuste son t-shirt dans son jean, et lâche un redondant et désormais habituel «Je ne sais pas». «C’est un dialogue de sourds, comme cela l’a toujours été à l’instruction», s’exaspère l’avocate générale.
Qui sont les victimes du "tueur de l'Essonne"?
Interpréter les silences
Entre l’accusé et ses conseils, les échanges ne sont pas plus fructueux. Même quand Me Aurélie Bousquet, sans doute pour tenter de le faire parler en jouant sur la confiance, l’appelle par son prénom et le tutoie devant les bancs de la partie civile, médusée. Palmier ne s’épanchera pas plus.Les jurés vont devoir lire entre les lignes. Démêler les mensonges. Et surtout interpréter les silences de l’accusé qui, à la fin de cette première journée d’audience, laisse l’impression d’un adolescent qui n’aurait pas grandi, empêtré dans un mensonge qu'il devra inéluctablement avouer. Yoni Palmier, reconnu comme responsable pénalement après plusieurs enquêtes psychologiques, risque la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict le 17 avril.
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