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vendredi 24 février 2017

Affaire Boulin: Les documents «secret défense» sur la mort de Robert Boulin pourraient être bientôt déclassifiés

Sortir le cadavre de Robert Boulin des placards de l’État. L’expression est terrible mais c’est bien le but que s’est fixé le juge qui instruit l’enquête sur la mort de l’ancien ministre, trente-sept ans après les faits. Le 8 décembre 2016, Etienne Lesaux a, selon les informations de 20 Minutes et de Radio France, ordonné aux ministères de l’Intérieur et de la Défense de « rechercher, déclassifier et [lui] communiquer » l’ensemble des documents relatifs à cette affaire qu’ils pourraient encore retrouver dans leurs archives aujourd’hui. Soient-ils même classés « secret-défense »…
>> Les faits: Retour sur la mort de Robert Boulin en 1979
Ministre du Travail sous le mandat de Valéry Giscard d’Estaing, Robert Boulin avait été retrouvé mort, le 30 octobre 1979, dans les cinquante centimètres d’eau de l’étang du Rompu, en forêt de Rambouillet (Yvelines). Convaincue que son père ne s’est pas suicidé mais qu’il a été victime d’un « assassinat politique », sa fille, Fabienne, a obtenu l’ouverture d’une nouvelle information judiciaire en septembre 2015.

Une « affaire qui traîne son cortège de curiosités » pour Bruno Le Roux

« La déclassification est essentielle pour savoir enfin tout ce qui a été dit, à l’époque, sur la mort de mon père », explique Fabienne Boulin à 20 Minutes. Car, comme le rappelle Marie Dosé, son avocate, « il est évident que les services français (…) ont réalisé des investigations sur les circonstances de [sa] mort », Robert Boulin demeurant « le seul ministre de la Ve République décédé alors qu’il était en exercice. »
Il ne reste plus qu’à patienter. Dans des courriers que 20 Minutes a pu consulter, les ministères de la Défense et de l’Intérieur expliquent qu’ils vont bien effectuer les recherches. « Je vous confirme avoir déclenché immédiatement la collecte des éléments sollicités », indique ainsi Bruno Le Roux, le ministre de l’Intérieur, au juge Etienne Lesaux.
Bruno Le Roux connaît bien le dossier. Alors qu’il était président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, en 2013, il avait officiellement écrit au Premier ministre pour réclamer la réouverture de l’enquête sur cette affaire qui, selon lui, « traîne (…) son cortège de curiosités judiciaires, de négligences et d’expertises contestables

La thèse de l’assassinat accréditée par deux témoins

Reste à savoir si, en l’espace de 37 ans, « le ménage » n’a pas été fait dans les couloirs de l’Etat ? « C’est notre inquiétude, confirme Fabienne Boulin. Dans les années 1980, nous nous étions déjà aperçus que des scellés avaient mystérieusement disparu. J’ai toujours l’impression de déranger. »
Quoi qu’il en soit, le juge Lesaux ne compte, lui, pas s’en limiter à cette demande de déclassification. Selon nos informations, il doit procéder à l’audition de nouveaux témoins dans les prochaines semaines.
L’an dernier, deux personnes accréditantla thèse de l’assassinat avaient déjà officiellement témoigné. L’une delle, médecin réanimateur de garde le jour de la découverte du corps, avait même assuré que Robert Boulin avait la tête « hors de l’eau » quand son corps a été retrouvé. Ajoutant : « Ce n’est pas courant pour un noyé… »
http://www.20minutes.fr/dossier/justice

samedi 29 octobre 2016

13h15 le dimanche". Robert Boulin : mort en eaux troubles

Le 30 octobre 1979, des gendarmes retrouvent le corps de Robert Boulin, 59 ans, baignant face contre terre dans quelques dizaines de centimètres d'eau d'un étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines). Verdict : le ministre du Travail du gouvernement de Raymond Barre s’est suicidé…
Le 10 septembre 2015, soit trente-six ans après la macabre découverte, le parquet de Versailles ouvre une information judiciaire pour arrestation, enlèvement et séquestration, suivis de mort ou assassinat. La justice reprend le dossier et découvre que les nouveaux témoignages recueillis ne collent pas à la version initiale des faits.

Qui était vraiment le ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing ?

Le récit de ce qui va devenir l'"affaire Boulin" constitue le premier épisode inédit de la nouvelle série de documents d’histoire politique "Les films noirs de la Ve République" du magazine "13h15 le dimanche" (Facebook, Twitter, #13h15). Alors, ce rebondissement judiciaire permettra-t-il de comprendre enfin qui était vraiment ce ministre de Valéry Giscard d'Estaing et qui pouvait lui en vouloir ?
Pour ce document illustré par Gilles Pascal, l'équipe du "13h15" (Marie-Pierre Farkas, Jean-Marie Lequertier et Mathilde Rougeron) s'est replongée dans l’atmosphère de l’époque et le climat politique de cette année 1979, où chacun se prépare pour la candidature à l'élection présidentielle de 1981

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-dimanche-30-octobre-2016_1886145.html

mardi 7 juin 2016

Affaire Boulin: deux nouveaux témoignages contredisent la thèse du suicide

Deux nouveaux témoignages à propos de l'affaire Boulin sont parus aujourd'hui sur France Info. Reucueillis par le juge d'instruction André Montrieux, ils remettent en cause la thèse officielle du suicide par noyade  du ministre du Travail de Raymond Barre. Ce dernier avait été retrouvé mort dans 50 centimètres d'eau le 30 octobre 1979 dans la forêt de Rambouillet.
"On avait l’impression qu’il avait été placé mort dans l’eau, parce qu’il n’avait pas la position d’un noyé dans l’eau, indiquait à l'époque le médecin réanimateur dépéché sur place. Vu sa position dans l’eau, ce n’était pas possible que ce soit un suicide."
Le deuxième témoignage provient d'un homme qui affirme avoir croisé Robert Boulin avant sa mort a également apporté un témoignage troublant : "J’ai nettement reconnu le passager qui était M. Boulin. (…) Il y avait le chauffeur. M. Boulin, à la droite du chauffeur et une autre personne à l’arrière. (…) Ce n’étaient pas des personnes détendues et gaies. Ils avaient des visages assez fermés. (…) [Les deux personnes dans le véhicule du ministre] étaient plus jeunes que M. Boulin. Ils avaient des cheveux plutôt foncés, pas blancs."
Ce témoin s'est dit "formel" à propos du fait qu’il s’agissait bien de Robert Boulin. "Je suis sûr de l’heure, de l’endroit et de la personne."


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/index.php

dimanche 13 septembre 2015

Affaire Boulin : l'énigme de la lettre posthume

La thèse du suicide repose sur les lettres attribuées au ministre dans lesquelles il annonçait son intention d’en finir. Beaucoup doutent de leur véracité
De quelle façon Aude Quelin-Montrieux, la doyenne des juges d'instruction de Versailles, revisitera-t-elle l'affaire Boulin ? Il est prématuré de s'avancer sur les pans de la procédure susceptibles d'être désossés. D'autant que plusieurs mois seront nécessaires à la magistrate pour prendre la mesure d'un dossier à trous où de nombreuses pièces et scellés se sont perdus ou ont étrangement disparu.
Mais elle ne pourra sans doute pas faire l'économie d'un examen approfondi des écrits posthumes, attribués au ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing, qui ont ancré dans le marbre la thèse du suicide.

Sur sa machine à écrire

Dans les jours qui suivent la découverte du cadavre de Robert Boulin, le 29 octobre 1979, plusieurs de ses proches reçoivent la même lettre dactylographiée de quatre feuillets qui commence par ces mots : « J'ai décidé de mettre fin à mes jours. Une grande partie de ma vie a été consacrée au service public. Je l'ai fait scrupuleusement, désirant en toute occasion rester exemplaire… »
Jacques Chaban-Delmas, le maire de Bordeaux, Gérard César, son suppléant, son ami Pierre Simon, ses avocats et des journalistes sont destinataires de ce pli où Robert Boulin développe longuement sa défense après avoir été mis en cause dans la presse pour l'achat d'un terrain à Ramatuelle, sur la Côte d'Azur. Les policiers découvrent ces noms et quelques autres sur les enveloppes décachetées jetées dans la corbeille à papiers de son bureau, à son domicile.
Dans la même pièce, ils trouvent un texte succinct tapé à la machine, à la tonalité inquiétante : « J'envisage de me noyer dans un lac de la forêt de Rambouillet », la copie d'un droit de réponse rédigé à l'intention du journal « Le Monde » et des feuilles déchirées. « Quand quelqu'un écrit des lettres, qu'on en trouve les brouillons dans sa corbeille à papiers et qu'il y a un petit mot sur son pare-brise, franchement, on n'a pas besoin de chercher midi à 14 heures. Cette affaire n'en est pas une. Pour moi, la thèse du suicide ne fait aucun doute », s'emportait, en 2005, Philippe Mestre, le directeur de cabinet de Raymond Barre, le Premier ministre de l'époque. (1)
De fait, c'est bien la machine à écrire de Robert Boulin qui a servi à rédiger ces fameuses missives. Mais le ministre est-il l'auteur de la totalité de ce texte ? Longtemps incongrue, la question a fini par se poser avec de plus en plus d'insistance au fil des années. Pourquoi Robert Boulin n'a-t-il pas adressé ce courrier à sa mère, dont il était le fils unique, à sa famille, qu'il chérissait plus que tout, au fidèle Louis Yung, le directeur de l'hebdomadaire « Le Résistant » à Libourne, qui avait accompagné son ascension politique ?
Son suppléant, l'actuel sénateur de la Gironde Gérard Cesar, s'étonnera aussi de recevoir le pli macabre à l'Assemblée nationale alors que Robert Boulin lui écrivait depuis toujours à sa mairie de Rauzan. Ces courriers sont accompagnés de mentions manuscrites authentifiées il y a trente-six ans par des experts graphologues sans forcément emporter l'adhésion de Georges Pauquet, l'ancien secrétaire général de la ville de Libourne dont Robert Boulin était le premier magistrat.
« Je me souviens très bien que nous n'avions eu aucun mal à relire ces annotations alors que d'habitude nous devions nous y prendre à plusieurs pour tenter de déchiffrer ce que M. Boulin avait écrit… Sa signature sur cette lettre ne me semblait pas réelle. » Qui plus est, ces courriers ont pour support un papier à en-tête « Ministère du Travail » dont Robert Boulin ne se servait plus. (2)
« Indéniablement, le corps de la lettre ressemble fort à du Boulin. Mais seules la première phrase et la fin de la lettre font explicitement référence au suicide. Inexplicablement, cette première phrase est décalée par rapport à tout le reste de la lettre. Comme si elle avait été ajoutée sans respecter l'interlignage du corps de la lettre », observe le journaliste d'investigation Benoît Collombat, dont le livre « Un homme à abattre » a donné du crédit à la thèse criminelle.

La thèse de la falsification

Robert Boulin a semble-t-il tapé plusieurs textes la veille de sa mort. Françoise Lecomte, sa plus proche secrétaire, a reconnu l'un d'entre eux lorsque le contenu de la lettre posthume a été publié. Le matin même de sa disparition, Robert Boulin avait confié à son officier de sécurité deux plis relatifs à l'affaire du terrain de Ramatuelle. Avec pour mission de les remettre à son avocat, Me Alain Maillot, et à la personne chargée de sa communication, l'énigmatique Patrice Blank. Décédé en 1998, cet ancien résistant, éditeur de presse, était un familier des réseaux de la Françafrique. Ceux-là mêmes qui contribuaient au financement occulte du RPR, fondé trois ans plus tôt par Jacques Chirac.
Ces deux lettres, vraisemblablement les mêmes, ne seront réclamées que des années plus tard par les juges. En vain. Elles se sont volatilisées. L'une d'entre elles a-t-elle servi à déguiser le crime en suicide ? « Toutes les lettres dites posthumes sont des photocopies, à l'exception des quelques mots manuscrits et de la signature. L'original est resté introuvable », insiste Fabienne Boulin-Burgeat, la fille du ministre.
La présence de Patrice Blank, flanqué d'un inconnu, le soir du 29 octobre 1979, dans l'appartement parisien des Boulin où la famille était au comble de l'anxiété, alimente bien des suspicions. « Emprunter la machine à écrire de mon père, puis la replacer, bourrer la corbeille à papiers d'indices fabriqués, s'emparer de dossiers qu'il avait rapportés du ministère, pourquoi pas ? Cela ne requérait pas trop de temps ni d'adresse particulière. C'est probablement ainsi que les choses se sont déroulées. Un interrogatoire sérieux de nos visiteurs, une reconstitution auraient en tout cas permis de clarifier les faits. Mais cela n'a pas eu lieu », déplore la fille du ministre. (2)
Le mystère est d'autant plus épais que les fameuses lettres posthumes n'ont pas forcément été envoyées depuis Montfort-l'Amaury, la ville des Yvelines où Robert Boulin a été aperçu quelques heures avant sa mort. Le préposé Denis Le Moal se rappelle bien avoir réceptionné des plis du ministère du Travail, mais certains d'entre eux, insuffisamment affranchis, contenaient selon lui des liasses de papiers et non les quatre feuillets de la lettre posthume.
Une lettre que, soit dit en passant, le secrétaire de Jacques Chaban-Delmas à Paris recevra le lendemain matin vers 9 heures alors que ce courrier, s'il avait été envoyé depuis Montfort-l'Amaury comme la justice l'a toujours affirmé, n'aurait pas à cette heure-là dépassé la ville de Trappes ! De quoi donner du travail à la doyenne des juges d'instruction de Versailles, si elle veut percer le mystère de la lettre posthume. Pour peu que cela soit encore possible, trente-six ans après sa rédaction.
(1) Benoît Collombat, « Un homme à abattre », éd. Fayard, 2007.(2) Fabienne Boulin-Burgeat, « Le Dormeur du val », éd. Don Quichotte, 2011.
http://www.sudouest.fr/2015/09/13/l-enigme-de-la-lettre-posthume-2122537-2966.php

jeudi 10 septembre 2015

La justice rouvre le dossier Boulin, ministre retrouvé mort en 1979

La justice a décidé de rouvrir le dossier Robert Boulin. C'est une information judiciaire pour «arrestation, enlèvement et séquestration suivi de mort ou assassinat» de Robert Boulin, qui a été ouverte par le Tribunal de grande instance de Versailles, révèle France Info ce jeudi soir. Un juge d'instruction va donc se replonger dans le dossier.
L'affaire remonte au 30 octobre 1979. Robert Boulin était alors ministre du Travail. Son corps avait été retrouvé dans 50 centimètres d'eau dans un étang de la forêt de Rambouillet. Malgré les multiples anomalies, l'enquête a d'abord conclu à un suicide. Sa fille n'y a jamais cru. L'homme aurait été en possession d'informations sur un financement politique occulte, faisant de lui un témoin gênant pour le RPR de l'époque. Sa position de premier-ministrable déclenchait aussi des jalousies. Dans les années 80, elle dépose plainte pour homicide volontaire. Non lieu en 1992. Deux demande de réouverture du dossier sont à nouveau soldées par un échec.
Mais en mai dernier, la fille de Robert Moulin dépose une ultime plainte, s'appuyant sur un témoignage recueilli par le journaliste de France Inter, Benoît Collombat, auteur de Un homme à abattre: Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin (Fayard). Ce témoin a raconté en 2013 au journaliste avoir vu le véhicule du ministre conduit par un tiers. L'une des affaires les plus mystérieuses de la Vème République pourrait finalement bien être élucidée.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/09/10/01016-20150910ARTFIG00346-la-justice-rouvre-le-dossier-boulin-ministre-retrouve-mort-en-1979.php

vendredi 1 février 2013

Affaire Boulin : un ancien ministre prêt à livrer deux noms à Taubira

Jean Charbonnel est prêt à livrer à la Garde des Sceaux Christiane Taubira deux noms qu'Alexandre Sanguinetti, figure du gaullisme, lui a présenté comme étant les responsables de la mort de l'ancien ministre Robert Boulin en 1979.
L'ancien ministre Jean Charbonnel est prêt à livrer à la Garde des Sceaux Christiane Taubira deux noms qu'Alexandre Sanguinetti, figure du gaullisme, lui a présenté comme étant les responsables de la mort de l'ancien ministre Robert Boulin en 1979, a-t-il dit vendredi. M. Charbonnel a raconté avoir rencontré M. Sanguinetti fin 1979 à Brive à l'occasion d'un dîner débat lors duquel cette figure du gaullisme et membre influent du Service d'action civique (Sac) lui a fait des révélations. "Il me dit : +tu as bien compris qu'il a été assassiné? C'est X et Y et je t'en dirai davantage à Paris. Il ne m'en a jamais reparlé, je n'ai pas eu l'occasion de le revoir", Sanguinetti étant mort entre-temps, a dit l'ancien ministre lors d'une conférence de presse.

"Je ne l'ai pas cru", a ajouté l'ancien ministre à propos des déclarations de M. Sanguinetti. M. Charbonnel avait évoqué ces confidences à France Inter dès 2009, assurant qu'il serait prêt à donner ces noms à des magistrats si l'enquête était rouverte. Mais faute de réouverture de l'enquête, M. Charbonnel s'est dit prêt vendredi à rencontrer Christiane Taubira pour lui donner ces deux noms. "On verrait ensuite avec la Garde des sceaux quelle publicité en donner", a-t-il précisé. L'ancien ministre a précisé qu'il avait placé ces deux noms dans une enveloppe, dans un coffre.

M. Charbonnel a précisé que ces deux noms lui avaient été présentés comme des "responsables de l'assassinat". En 2011, il avait déclaré que ces deux personnes lui avaient été présentées comme le commanditaire et l'exécutant de l'assassinat. Ministre de
Valéry Giscard d'Estaing, pressenti pour Matignon, M. Boulin avait été retrouvé mort dans l'Etang Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines (Yvelines), dans 50 cm d'eau, le 30 octobre 1979. Selon la thèse officielle, Robert Boulin, mis en cause dans une affaire immobilière à Ramatuelle (Var), s'est suicidé en absorbant des barbituriques. Mais pour sa famille, il s'agit d'un assassinat politique. Le procureur général de Paris s'est opposé en juin 2011 à la réouverture de l'enquête réclamée par la fille de M. Boulin, Fabienne Boulin-Burgeat, pour "charges nouvelles".

lundi 28 janvier 2013

Affaire Boulin: Le maire de Libourne interpelle «ceux qui savent et qui se taisent»

Philippe Buisson, actuel successeur à la mairie de Libourne de Robert Boulin, l'ancien ministre retrouvé mort dans 50 cm d'eau le 30 octobre 1979, interpelle lundi «ceux qui savent et qui se taisent», à la veille de la diffusion mardi soir sur France 3 d'un téléfilm épousant la thèse de l'assassinat. Selon Philippe Buisson, maire PS de Libourne, le téléfilm «Crime d’État» de Pierre Aknine «met à nouveau en lumière les profondes incohérences de l'enquête sur la mort de Robert Boulin et bat en brèche la thèse officielle du suicide». «En tant que successeur de Robert Boulin» et «au nom des Libournais, je souhaite d'abord interpeller les consciences de ceux qui savent et qui se taisent», indique-t-il dans un communiqué reçu à l'AFP.
Selon lui, «la France s’enorgueillirait de pouvoir, 30 ans après, analyser avec courage certaines déviances du début de la Ve République, qu’il s’agisse des agissements du SAC (Service d'action civique) ou des errements de la Françafrique en lien avec les financements des partis politiques». «Il est malheureusement probable que la mort d’un homme, ministre et maire de Libourne, trouve son fondement à la croisée de ces dérives», ajoute M. Buisson qui avait par ailleurs succédé à la tête de la mairie de Gironde à Gilbert Mitterrand, fils cadet de l'ancien président de la République.
Philippe Buisson ajoute que «depuis quelques années, plusieurs contre-enquêtes très étayées (de Canal + ou encore le livre Un homme à abattre du journaliste Benoit Collombat) démontrent avec force que la thèse de l'assassinat a manifestement été trop vite écartée par la justice». Aux côtés de l’association «Robert Boulin, pour la vérité» présidée par Fabienne Boulin, la fille de Robert Boulin, la ville de Libourne «demande à l’État de tout mettre en œuvre pour lever les formidables zones d’ombre et manipulations qui semblent entacher cette instruction». «Alors que les acteurs de ces évènements s’éteignent peu à peu, il est urgent que nous puissions assumer collectivement l’instruction sereine et sincère de ce qui a pu effectivement être le crime d’un homme d’État commis par des hommes de l’Etat au nom d'intérêts privés ou partisans», estime M. Buisson.

http://www.20minutes.fr/ledirect/1089031/affaire-boulin-maire-libourne-interpelle-ceux-savent-taisent

lundi 7 janvier 2013

Affaire Boulin : le téléfilm qui accuse le système RPR

A la fin du mois de janvier - les dates ne sont pas encore certaines - France 3 devrait consacrer deux soirées à l'affaire Boulin et rouvrir un dossier que la justice refuse obstinément de revisiter, malgré les demandes répétées de la fille du député-maire de Libourne, ministre du Travail de Valéry Giscard lorsque son cadavre a été découvert, le 30 octobre 1979, dans 50 centimètres d'eau, en bordure d'un étang de la forêt de Rambouillet.
Programmé à 20 h 30, le téléfilm choc, réalisé par Pierre Aknine, se veut le récit d'un assassinat politique. Intitulé « Crime d'État », il balaie la thèse officielle du suicide et présente Robert Boulin, gaulliste de toujours, comme la victime d'un système dont Jacques Chirac était le chef. Même si l'ancien président de la République n'apparaît que furtivement à l'écran, son nom est très tôt cité. Dès le début du film, on entend François Berléand, l'acteur qui joue le rôle de Robert Boulin, dire en voix off : « Tout a commencé par la trahison de Jacques Chirac. » Lors de la présidentielle de 1974, il avait refusé de soutenir le candidat gaulliste, Jacques Chaban-Delmas, pour rallier le centriste Valéry Giscard d'Estaing.

Enquête bâclée
L'information judiciaire, close en 1992 par une ordonnance de non-lieu, a entériné la version initialement retenue par le procureur général de Versailles. Après avoir ingurgité du Valium, Robert Boulin se serait volontairement noyé pour échapper au déshonneur d'être mis en cause dans l'affaire de Ramatuelle. Le ministre était soupçonné d'avoir acquis un terrain sur la Côte d'Azur dans des conditions illégales auprès de son ami le promoteur véreux Henri Tournet.
Plus de trente ans après les faits, les langues se sont progressivement déliées. Et les lacunes criardes de l'enquête fragilisent - le mot est faible - le scénario du suicide d'un dépressif. Baclée, l'autopsie initiale s'est désintéressée du crâne du défunt alors que le visage tuméfié de Robert Boulin présentait deux fractures. Plusieurs organes conservés à l'institut médico-légal de Paris disparaîtront mystérieusement. Leur examen aurait pourtant permis de vérifier s'il y avait de l'eau dans les poumons. Sans parler des fameuses lividités cadavériques. Le fait qu'elles soient observées sur le dos du ministre alors que ce dernier a été retrouvé face contre le sol laisse penser que le corps a été déplacé après sa mort.
Violence politique
« J'ai rassemblé tout ce qui allait vers la thèse de l'assassinat et je me suis aperçu qu'il existait alors un contexte politique et personnel très prégnant », insiste Patrick Aknine, auteur aussi d'un téléfilm remarqué sur la disparition de Georges Pompidou (1). En 1976, Robert Boulin s'oppose à la mainmise de Jacques Chirac sur le parti gaulliste et à la création du RPR, une machine de guerre destinée à gagner la présidentielle de 1981 et à éliminer Valéry Giscard d'Estaing.
La droite d'alors se déchire à la manière de Fillon et Copé aujourd'hui. Lorsque Robert Boulin accepte de rejoindre le gouvernement à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, qui souhaite en faire un Premier ministre, les chiraquiens enragent. Ils sont vraisemblablement à l'origine des fuites qui permettront à « Minute » et au « Canard enchaîné » de citer son nom dans l'affaire de Ramatuelle et de le discréditer.
Jacques Foccard, le patron du Service d'action civique (Sac), la fameuse police parallèle du parti gaulliste de triste mémoire, est l'un des personnages centraux du récit de Pierre Aknine. Dans une scène, Jacques Chirac lui demande de l'aider à conquérir le pouvoir. Charles Pasqua n'est pas très loin non plus. Esseulé, Robert Boulin apparaît souvent désemparé. Mais pas forcément abattu.
Valises de billets
Dos au mur, il se dit prêt à apporter les preuves du financement illicite du RPR. Il les tient notamment d'un officier des douanes qui lui a remis des photos où l'on voit des valises de billets venues d'Afrique être discrètement sorties de l'aéroport d'Orly. Le fonctionnaire ne pourra pas témoigner. Il s'est curieusement défenestré peu de temps après avoir rencontré le ministre.
Robert Boulin a-t-il été tué par le Sac parce qu'il voulait dénoncer ce système ? La justice n'ayant jamais voulu explorer cette piste, aucune preuve irréfutable n'existe. La conviction de Pierre Aknine est faite. Celle de nombreux téléspectateurs risque aussi de l'être à la fin du téléfilm.
Sans doute effrayée par sa propre audace, la direction de France 3 a commandé un second documentaire. Diffusé la veille de « Crime d'État », il donnera la parole à plusieurs des acteurs politiques de l'époque et à ceux, peu nombreux, qui restent persuadés que la mort du ministre est un… suicide.
(1) Propos extraits du dossier de presse constitué par France 3

http://www.sudouest.fr/2013/01/07/le-telefilm-qui-accuse-l-enquete-926766-7.php

lundi 4 avril 2011

La fille de Robert Boulin va faire expertiser une lettre de son père

La fille de l'ancien ministre du Travail Robert Boulin va faire pratiquer à titre privé une expertise ADN sur l'ultime exemplaire d'une lettre signée de son père et adressée à diverses personnes juste avant sa mort, a-t-elle indiqué lundi. L'ancien responsable du journal Sud Ouest à Libourne, Alain Ribet, a remis le 22 mars à Fabienne Boulin-Burgeat cette lettre dactylographiée et portant quelques mentions manuscrites, qu'il a reçue au lendemain de l'annonce de la mort de Robert Boulin. Neuf exemplaires avaient été envoyés à divers responsables politiques et journalistes, puis collectés par la justice, à l'exception de celle-ci.
En juin 2010, le procureur général de la cour d'appel de Paris, François Falletti, a refusé à la famille Boulin les expertises ADN que celle-ci réclamait sur les autres exemplaires. Fabienne Boulin-Burgeat, qui veut faire reconnaître que son père ne s'est pas suicidé, a alors demandé le mois dernier à Alain Ribet, aujourd'hui directeur général du magazine Objectif Aquitaine, de lui confier son propre exemplaire, dont elle avait connaissance.
La justice refuse l'examen d'ADN
"Je suis très contente d'avoir remis aujourd'hui cet exemplaire à mon avocat, Me Olivier Morice", a indiqué Fabienne Boulin-Burgeat, qui estime "avoir fait depuis vingt ans le juge d'instruction dans cette affaire". "Je ne comprends pas pourquoi la justice a refusé de faire cet examen d'ADN. Qu'est-ce qu'elle risque ?" s'est-elle demandé, en rappelant que les époux Villemin ont obtenu pour leur part de telles expertises afin d'essayer de déterminer qui a tué en 1984 leur fils Grégory.
La lettre signée de Robert Boulin est dactylographiée sur un papier à en-tête du "ministère du Travail", alors que Robert Boulin était ministre "du Travail et de la Participation", note sa fille. Les références au suicide figurent tout en haut et tout en bas du message, mais à aucun moment dans le reste du texte, qui est une justification des opérations mobilières menées par le ministre. Les mentions personnalisées et signatures figurant sur les autres lettres ont été attribuées à Robert Boulin par "le même expert qui s'est trompé dans l'affaire Villemin", remarque la fille du ministre. Le corps de Robert Boulin a été retrouvé le 30 octobre 1979 dans un étang très peu profond de la forêt de Rambouillet, en banlieue parisienne
http://www.lepoint.fr/societe/la-fille-de-robert-boulin-va-faire-expertiser-une-lettre-de-son-pere-04-04-2011-1315157_23.php