mardi 27 juin 2017

Libération du cafetier de Lavaur condamné à 10 ans pour avoir tué son cambrioleur

Nouveau rebondissement dans l'affaire Luc Fournié, le buraliste de Lavaur condamné à 10 ans de réclusion criminelle en décembre 2016 pour avoir tué d'un coup de fusil de chasse Jonathan, 17 ans, qui était venu cambrioler son bar-tabac à Lavaur dans la nuit du 14 décembre 2009.
Luc Fournié a été libéré ce mardi 27 juin et placé sous contrôle judiciaire, en attendant le résultat de son pourvoi en cassation. En 2015, en première instance, le buraliste avait écopé de 7 ans de prison et avait été remis en liberté au bout d'un mois. 

Seconde libération provisoire

C'est la deuxième fois que Luc Fournié bénéficie d'une libération provisoire, à la grande satisfaction de son défenseur, Me Georges Catala. "C'est un honnête citoyen, pas encore condamné définitivement, et qui présente toutes les garanties de représentation pour être libéré. Il est très bien inseré, et n'a jamais fait de mal à une mouche, sauf quand on est venu l'embêter."
Des arguments développés par son épouse, Me Martine Esparbié Catala, le mardi 20 juin, devant la chambre de l'instruction, qui a donc rendu sa décision ce mardi 27 juin. Pour elle aussi, il s'agit d'un soulagement. "Les magistrats ont constaté que la place de cet homme ne se trouvait pas derriere les barreaux", souligne Me Martine Esparbié-Catala.
"Luc Fournié a toujours comparu libre devant les juridictions", rappelle l'avocate, pour qui il s'agissait avant tout d'un procès de la légitime défense, légitime défense retenue à Albi, pas à Toulouse, ce qui avait profondément ébranlé l'accusé. "C'est un homme brisé et dans l'incompréhension du verdict, même s'il est et restera dans le remord de ce qui s'est passé jusqu'à la fin de ses jours."
Luc Fournié devrait maintenant rejoindre le domicile de sa compagne, dans le Lot, où il est placé sous contrôle judiciaire jusqu'au résultat de son pourvoi en cassation, dans un an, au mieux.

lundi 26 juin 2017

Affaire Turquin: l'épouse remise en liberté

La femme de l'ancien vétérinaire Jean-Louis Turquin, tué par balle en janvier à Saint-Martin, mise en examen pour assassinat depuis le 28 avril, a été remise en liberté vendredi et placée sous contrôle judiciaire avec un bracelet électronique, a-t-on appris de son avocat et du parquet de Pointe-à-Pitre, lundi, confirmant une information du Parisien.
» Lire aussi - Affaire Turquin : la veuve du vétérinaire mise en examen pour assassinat
La décision a été prise par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Basse-Terre, sur appel de Mme Turquin, selon la même source, et "contre l'avis du parquet général" a expliqué l'avocat de Nadine Turquin, Maître Olivier Morice.
Nadine Turquin, 66 ans, avait été mise en examen et écrouée pour assassinat, le 28 avril, après la découverte de "traces de poudre sur ses mains". Xavier Bonhomme, procureur de la République de Pointe-à-Pitre, avait alors expliqué que des résultats d'expertises avaient révélé la présence, "sur ses deux mains" de "19 particules typiques qui démontrent qu'elle était à proximité ou l'auteur du tir par arme à feu".
Une "substance sanguine appartenant à Madame Turquin" avait aussi été trouvée sur "un bris de verre" d'une carafe, avait précisé le procureur, expliquant "ne fermer aucune porte" et étudier la possibilité de "la thèse de plusieurs auteurs".
Selon Bonhomme, "M. Turquin avait une vie sentimentale assez lâche et large" et était "quelqu'un qui était très difficile à vivre". Le couple envisageait le divorce.
"On a développé le fait que tous les éléments à décharge dans le dossier n'avaient jamais été pris en considération", tels qu'"un alibi incontournable" a déclaré à l'AFP Maître Morice, qui salue "une victoire". Me Morice n'exclut pas une demande de dépaysement du dossier: "j'ai quelques doutes sur la possibilité que la justice puisse travailler sereinement sur ce dossier en Guadeloupe compte tenu des prises de position exprimées dans les médias", a-t-il expliqué.
Nadine Turquin est assignée à résidence "en Guadeloupe", a précisé son avocat. Jean-Louis Turquin, vétérinaire de 68 ans, condamné en 1997 à 20 ans de réclusion pour l'assassinat de son fils de 8 ans, avait été découvert mort à son domicile, tué d'une balle dans le dos, dans la nuit du 6 au 7 janvier.
Sa femme, qu'il avait épousée en secondes noces lors de sa détention, avait expliqué avoir trouvé le corps "en rentrant d'une soirée", "dans la chambre à coucher", au domicile du couple à Mont-Vernon, dans le nord-est de l'île. Une information judiciaire avait été ouverte pour "meurtre avec préméditation ou guet-apens".
Jean-Louis Turquin avait toujours clamé son innocence dans l'assassinat de son fils Charles-Edouard, dont le corps n'a jamais été retrouvé. En libération conditionnelle depuis 2006, il s'était installé à Saint-Martin en 2010 comme vétérinaire, avec son épouse.

  1. Flash Actuhttp://www.lefigaro.fr/flash-actu/index.php

samedi 24 juin 2017

Le tribunal prend le temps pour ne pas tomber dans le panneau

Poursuivi pour un accident de la circulation remontant au 19 juin 2016 à Carcassonne, un homme âgé de 63 ans a comparu devant le tribunal correctionnel à juge unique, hier matin. Une histoire de priorité sans nul doute, mais surtout des circonstances où le prévenu circulait malgré l'annulation de son permis de conduire, et ce à «une vitesse excessive», selon les termes de la prévention retenue.
Sur les faits, le prévenu circulait alors sur l'avenue du Général-Leclerc, plus communément appelée route de Narbonne, lorsqu'une collision s'est produite à l'intersection de la rue Lazare-Hoche, juste après le radar flashant quand on se dirige vers Narbonne. À noter que les feux tricolores de ce croisement, connu pour être accidentogène, étaient au clignotant orange, avec une obligatoire priorité à droite pour les automobilistes, comme le stipule le Code de la Route.

«C'est sa vitesse excessive qui est à l'origine de l'accident»

Un choc plutôt violent, - lorsque l'on voit les photographies des deux véhicules prises sur les lieux -, où une mère et son enfant de 5 ans n'ont été que légèrement blessés, avec une interruption totale de travail (ITT) inférieure à huit jours. «Elle avait la priorité, mais c'est elle qui m'a percuté. Ma voiture a été projetée jusqu'à l'îlot central… Je ne comprends pas que deux témoins disent que je roulais vite, alors qu'il y a un radar un plus bas qui flashe quand on dépasse les 50 km/h», a déclaré le prévenu à la barre.
Pour les intérêts des victimes, la mère et son enfant, Me Alexandra Vitrac s'est montré plutôt agacée par les déclarations de la partie adversaire : «Il nous livre une version sujette à caution et à critiques. À savoir, ce n'est pas lui, c'est elle… Nous avons pourtant deux témoins qui étaient parfaitement situés (sur le parking de l'ancienne station-service, Ndlr) pour voir ce qui se passe. C'est sa vitesse excessive qui est à l'origine de cet accident.»
Emboîtant le pas, la vice-procureur Sandra Materat a relevé que le prévenu «aurait dû faire preuve de beaucoup plus de vigilance à l'arrivée de ce carrefour, où les feux étaient au clignotant orange. Aujourd'hui, il adopte un positionnement qui relève de la mauvaise foi !» Le prévenu étant dans une situation financière précaire et sans casier judiciaire, une peine de trente jours amende à 15 € (450 €) a été requise par le ministère public, ainsi que 80 € pour la contravention connexe.

Un «Cédez le passage»en question

Pour la défense, Me Mohamed Essabir n'y est pas allé par quatre chemins pour plaider la relaxe de son client (sauf pour le défaut de permis, Ndlr). Tout d'abord, en se rapportant aux clichés pris sur les lieux de l'accident qui, selon l'avocat carcassonnais, permettent de déterminer qui a percuté qui…
Et puis, il y a aussi la présence de ce triangle «Cédez le passage» au niveau du feu tricolore de la rue Lazare-Hoche, que Me Essabir n'a pas manqué de mettre en avant pour démontrer que c'est la victime qui aurait dû marquer un arrêt et être plus prudente, avant de s'engager sur l'avenue du Général-Leclerc…
Au bout du compte, c'est un supplément d'information qui a été ordonné par le tribunal, afin de déterminer si le triangle «Cédez le passage» existait déjà le jour de l'accident. La décision a été renvoyée à l'audience du 24 novembre prochain.

En savoir plus sur http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/24/2600059-tribunal-prend-temps-tomber-panneau.html#R18cwT68sRjfi6D0.99

CarcassonneCarcassonne
Le tribunal prend le temps pour ne pas tomber dans le panneau
En savoir plus sur http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/24/2600059-tribunal-prend-temps-tomber-panneau.html#R18cwT68sRjfi6D0.99
                     


vendredi 23 juin 2017

Affaire Grégory : une famille rongée par la haine

Ça lui aura pris vingt ans. Vingt ans pour venir chercher Grégory dans sa tombe. Un jour de 2004, Jean-Marie Villemin est arrivé, seul, pour exaucer la promesse faite à Christine : « Un jour on partira, on emmènera Grégo, on ne laissera rien. » Il a fait retirer l’inscription « A notre fils » et la photo dans le médaillon, il a fait effacer le nom, les dates, 1980-1984, et enlever la statuette en bronze de la Vierge Marie. Ne sont restés que les deux ...
Ça lui aura pris vingt ans. Vingt ans pour venir chercher Grégory dans sa tombe. Un jour de 2004, Jean-Marie Villemin est arrivé, seul, pour exaucer la promesse faite à Christine : « Un jour on partira, on emmènera Grégo, on ne laissera rien. » Il a fait retirer l’inscription « A notre fils » et la photo dans le médaillon, il a fait effacer le nom, les dates, 1980-1984, et enlever la statuette en bronze de la Vierge Marie. Ne sont restés que les deux arcs de marbre rose posés sur la dalle noire. Et le silence des cimetières. Enfin, Jean-Marie et Christine Villemin avaient définitivement quitté Lépanges où le petit cercueil faisait comme la dernière racine.
Après la mort de Grégory, le 16 octobre 1984, Jean-Marie Villemin a pourtant mis quelques affaires dans un sac et tiré la porte. Pas question de dormir une nuit de plus dans « la maison des souvenirs ». Le crime, à la rigueur, il aurait pu y faire face. Mais les souvenirs…
Il a tout mis en vente : le salon en cuir à 23 000 francs, la salle à manger en chêne, la R5 de Christine, la moto trial avec laquelle il emmenait Grégo faire du cross. Il a vendu le lit dans lequel l’enfant sautait pour le rejoindre en s’écriant, tout collé contre lui : « On est bien, papa. » Enfin, la maison, avec le tas de gravier dont Grégo avait fait son terrain de jeu. Il a juste gardé sa R18. Jean-Marie et Christine sont partis s’installer chez les parents Villemin. A Aumontzey, 15 kilomètres de Lépanges à vol d’oiseau.
Donc, voilà Jean-Marie au chaud dans le nid familial, mais comme on pourrait dire au chaud… dans un nid de frelons. Aumontzey, c’est le côté Jacob, aurait dit Marcel Proust s’il s’était intéressé à la vie des paysans, passés de la terre à la chaîne. De toutes les maisons, on pourrait facilement se surveiller à la jumelle. Ce n’est pas un détail inutile pour un « corbeau » dont la jouissance est toujours de voir la tête de ses victimes lorsqu’il est à l’œuvre. D’un côté de la route il y a la maison des Villemin, Albert et Monique, née Jacob. Et de l’autre côté, à 300 mètres, le pavillon du frère de Monique, Marcel, marié à Jacqueline, avec, à côté, celle du neveu : Bernard Laroche, le fils de leur sœur Thérèse, morte en couches. Un peu plus bas, l’ancienne ferme familiale, où s’est installée la Louisette, la simple d’esprit, qui vit avec sa fille Chantal, son portrait craché. Et tous travaillent aux Filatures Walter, spécialistes du lin des Vosges, draps, serviettes et nappes. C’est à devenir fou : Jean-Marie a vu comment son fils avait été ficelé, pieds et poings liés par un « nœud de tisserand ». Il n’y a que les ouvriers des filatures pour faire ça.
Alors, le soir où il débarque chez ses parents, Jean-Marie répète : « Le fumier, je vais le tuer. J’irai une nuit et je le descendrai pendant qu’il dort. » Pour ça, il ira même acheter un nouveau fusil à pompe, calibre 12, dont il dit : « On peut tuer un éléphant avec. » Des éléphants, il n’y en a pas dans les Vosges.
Pendant que Christine sanglote, il ressasse et réfléchit. D’autres prennent des précautions, comme son cousin Laroche, le costaud que tout le monde surnomme Popov à cause de sa belle moustache et de son engagement auprès de la CGT. Popov dort ailleurs. Notre reporter, Jean Ker, le rencontrera par hasard, au début de son enquête, chez la Louisette, celle qui rit brusquement pour des raisons inexpliquées mais se souvient de beaucoup de choses que les autres préfèrent oublier, que son père tapait sa mère, par exemple, à la fourche, la menaçait du couteau, cognait les gosses avant que, plus tard, les gosses ne le cognent.
Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie, travaille à la Filature Ancel. Il sait, lui aussi, faire les nœuds de tisserand. Laroche et Jean-Marie ont, ou plutôt avaient, chacun un fils, que quatorze jours séparent. Mais celui de Bernard n’est pas aussi vaillant que l’était Grégory. A cause d’une maladie. Ça non plus, ce n’est pas juste. Bernard, c’est l’orphelin, celui qui a été recueilli par la grand-mère Albine. Son père, Marcel Laroche, c’est le veuf, qui se sentait tellement coupable à la mort de sa femme qu’il ne voulait même plus manger : le médecin l’avait prévenu qu’elle y passerait s’il lui faisait un autre enfant… Ils habitent les maisons voisines. Avoir un enfant de plus ou de moins, Albine Jacob, ça ne la dérangeait pas. Les enfants c’est comme les poules, on jette le grain et elles se débrouillent. Elle en a eu treize. C’est pas un bon chiffre. Elle s’occupe aussi de ses petits-enfants, les aînés de Monique, Jacky, celui qui clame partout : « C’est moi le bâtard ! », Michel, qui n’est jamais arrivé à lire et à écrire, et Chantal, l’enfant de Louisette, « engrossée par un ouvrier agricole ». En réalité, on sait bien qu’elle a été violée par le père. Pour cette raison, Léon Jacob s’est même fait casser la gueule par ses fils. Il a passé trois mois à l’hôpital psychiatrique. Il est alcoolique aussi. Il y a du Zola chez les Jacob.
Jean-Marie et les Jacob… c’est le même sang, mais pas le même monde. Jean-Marie ne boit pas, il est amoureux de sa femme, de leur fils, il fait du sport, il agrandit sa maison le week-end, on l’appelle « Giscard » parce qu’il a deux voitures… d’occasion. Et on ne l’aime pas : il a été nommé contremaître à l’âge de 23 ans ! Un camouflet.
Le contremaître, c’est celui qui donne des ordres aux ouvriers comme les Jacob. Le plus dégoûté ça a été l’oncle Marcel, qui lui aussi travaille chez Walter. Quand il l’a appris, il en a fait toute une histoire. « Je parle pas aux chefs », a-t-il déclaré. Il y a même eu une bagarre. « Le chef », c’est un mot qui revient souvent dans le bec du corbeau. Le chef, c’est comme ça que Michel, le frère, appelle aussi Jean-Marie. Le chef, on n’est pas obligé de l’aimer, mais il peut donner des coups de pouce. Ainsi Bernard, quand il était piquet de grève en 1981, a demandé à Jean-Marie s’il pouvait lui trouver une place à son usine… « Chez Autocoussin, on n’embauche pas », lui a-t-il été répondu, un peu trop vite au goût de Laroche. De toute façon, Bernard Laroche a été repris à l’usine après le rachat par Esterel. Il a même fini contremaître lui aussi, en septembre 1984, même s’il fallait l’affecter aux chaînes
Ça lui aura pris vingt ans. Vingt ans pour venir chercher Grégory dans sa tombe. Un jour de 2004, Jean-Marie Villemin est arrivé, seul, pour exaucer la promesse faite à Christine : « Un jour on partira, on emmènera Grégo, on ne laissera rien. » Il a fait retirer l’inscription « A notre fils » et la photo dans le médaillon, il a fait effacer le nom, les dates, 1980-1984, et enlever la statuette en bronze de la Vierge Marie. Ne sont restés que les deux arcs de marbre rose posés sur la dalle noire. Et le silence des cimetières. Enfin, Jean-Marie et Christine Villemin avaient définitivement quitté Lépanges où le petit cercueil faisait comme la dernière racine.
Après la mort de Grégory, le 16 octobre 1984, Jean-Marie Villemin a pourtant mis quelques affaires dans un sac et tiré la porte. Pas question de dormir une nuit de plus dans « la maison des souvenirs ». Le crime, à la rigueur, il aurait pu y faire face. Mais les souvenirs…
Il a tout mis en vente : le salon en cuir à 23 000 francs, la salle à manger en chêne, la R5 de Christine, la moto trial avec laquelle il emmenait Grégo faire du cross. Il a vendu le lit dans lequel l’enfant sautait pour le rejoindre en s’écriant, tout collé contre lui : « On est bien, papa. » Enfin, la maison, avec le tas de gravier dont Grégo avait fait son terrain de jeu. Il a juste gardé sa R18. Jean-Marie et Christine sont partis s’installer chez les parents Villemin. A Aumontzey, 15 kilomètres de Lépanges à vol d’oiseau.
Donc, voilà Jean-Marie au chaud dans le nid familial, mais comme on pourrait dire au chaud… dans un nid de frelons. Aumontzey, c’est le côté Jacob, aurait dit Marcel Proust s’il s’était intéressé à la vie des paysans, passés de la terre à la chaîne. De toutes les maisons, on pourrait facilement se surveiller à la jumelle. Ce n’est pas un détail inutile pour un « corbeau » dont la jouissance est toujours de voir la tête de ses victimes lorsqu’il est à l’œuvre. D’un côté de la route il y a la maison des Villemin, Albert et Monique, née Jacob. Et de l’autre côté, à 300 mètres, le pavillon du frère de Monique, Marcel, marié à Jacqueline, avec, à côté, celle du neveu : Bernard Laroche, le fils de leur sœur Thérèse, morte en couches. Un peu plus bas, l’ancienne ferme familiale, où s’est installée la Louisette, la simple d’esprit, qui vit avec sa fille Chantal, son portrait craché. Et tous travaillent aux Filatures Walter, spécialistes du lin des Vosges, draps, serviettes et nappes. C’est à devenir fou : Jean-Marie a vu comment son fils avait été ficelé, pieds et poings liés par un « nœud de tisserand ». Il n’y a que les ouvriers des filatures pour faire ça.
Alors, le soir où il débarque chez ses parents, Jean-Marie répète : « Le fumier, je vais le tuer. J’irai une nuit et je le descendrai pendant qu’il dort. » Pour ça, il ira même acheter un nouveau fusil à pompe, calibre 12, dont il dit : « On peut tuer un éléphant avec. » Des éléphants, il n’y en a pas dans les Vosges.
Pendant que Christine sanglote, il ressasse et réfléchit. D’autres prennent des précautions, comme son cousin Laroche, le costaud que tout le monde surnomme Popov à cause de sa belle moustache et de son engagement auprès de la CGT. Popov dort ailleurs. Notre reporter, Jean Ker, le rencontrera par hasard, au début de son enquête, chez la Louisette, celle qui rit brusquement pour des raisons inexpliquées mais se souvient de beaucoup de choses que les autres préfèrent oublier, que son père tapait sa mère, par exemple, à la fourche, la menaçait du couteau, cognait les gosses avant que, plus tard, les gosses ne le cognent.
Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie, travaille à la Filature Ancel. Il sait, lui aussi, faire les nœuds de tisserand. Laroche et Jean-Marie ont, ou plutôt avaient, chacun un fils, que quatorze jours séparent. Mais celui de Bernard n’est pas aussi vaillant que l’était Grégory. A cause d’une maladie. Ça non plus, ce n’est pas juste. Bernard, c’est l’orphelin, celui qui a été recueilli par la grand-mère Albine. Son père, Marcel Laroche, c’est le veuf, qui se sentait tellement coupable à la mort de sa femme qu’il ne voulait même plus manger : le médecin l’avait prévenu qu’elle y passerait s’il lui faisait un autre enfant… Ils habitent les maisons voisines. Avoir un enfant de plus ou de moins, Albine Jacob, ça ne la dérangeait pas. Les enfants c’est comme les poules, on jette le grain et elles se débrouillent. Elle en a eu treize. C’est pas un bon chiffre. Elle s’occupe aussi de ses petits-enfants, les aînés de Monique, Jacky, celui qui clame partout : « C’est moi le bâtard ! », Michel, qui n’est jamais arrivé à lire et à écrire, et Chantal, l’enfant de Louisette, « engrossée par un ouvrier agricole ». En réalité, on sait bien qu’elle a été violée par le père. Pour cette raison, Léon Jacob s’est même fait casser la gueule par ses fils. Il a passé trois mois à l’hôpital psychiatrique. Il est alcoolique aussi. Il y a du Zola chez les Jacob.
Jean-Marie et les Jacob… c’est le même sang, mais pas le même monde. Jean-Marie ne boit pas, il est amoureux de sa femme, de leur fils, il fait du sport, il agrandit sa maison le week-end, on l’appelle « Giscard » parce qu’il a deux voitures… d’occasion. Et on ne l’aime pas : il a été nommé contremaître à l’âge de 23 ans ! Un camouflet.
Le contremaître, c’est celui qui donne des ordres aux ouvriers comme les Jacob. Le plus dégoûté ça a été l’oncle Marcel, qui lui aussi travaille chez Walter. Quand il l’a appris, il en a fait toute une histoire. « Je parle pas aux chefs », a-t-il déclaré. Il y a même eu une bagarre. « Le chef », c’est un mot qui revient souvent dans le bec du corbeau. Le chef, c’est comme ça que Michel, le frère, appelle aussi Jean-Marie. Le chef, on n’est pas obligé de l’aimer, mais il peut donner des coups de pouce. Ainsi Bernard, quand il était piquet de grève en 1981, a demandé à Jean-Marie s’il pouvait lui trouver une place à son usine… « Chez Autocoussin, on n’embauche pas », lui a-t-il été répondu, un peu trop vite au goût de Laroche. De toute façon, Bernard Laroche a été repris à l’usine après le rachat par Esterel. Il a même fini contremaître lui aussi, en septembre 1984, même s’il fallait l’affecter aux chaînes
de nuit, celles où il n’y a pas de femmes parce que celles-ci se plaignent qu’il les embête… Tout le contraire de son père, qui vivait comme un saint, qui a même racheté la vieille ferme des Jacob pour y loger la Louisette et qu’elle n’aille pas à l’hospice.
Les trois d’Aumontzey – le « bâtard », l’illettré et l’orphelin – forment une solide petite bande qui rigole, picole, drague de concert. Et regarde de travers Jean-Marie. « On n’est pas digne de salir la vaisselle », croasse le corbeau. Laroche se plaint : « On me traite comme le bouche-trou. » Il n’a pas digéré d’avoir été invité à un méchoui parce que quelqu’un s’était décommandé. C’est une région où on rumine beaucoup. Même quand on se fait traiter de « chien », comme Laroche, parce qu’on flaire un peu trop les femmes. Ce taiseux leur fait du pied sous la table, il en a fait à Ginette, la femme de Michel, il en a fait à Christine la « pimbêche », la femme de Jean-Marie.
Un jour, Maurice Simon, président de la chambre de la cour d’appel de Dijon, admis à faire valoir ses droits à la retraite mais exceptionnellement maintenu en activité pour clore ce dossier « Grégory » dont on ne compte plus le nombre de pages mais l’épaisseur (1,50 mètre), pourra enfin poser à l’oncle Marcel les questions qui le taraudent : « Pouvez-vous me dire si Albert Villemin, lorsqu’il a épousé votre sœur Monique, a été mal accepté par votre père et par certains membres de la famille Jacob ? […] Le bruit aurait couru qu’Albert Villemin aurait courtisé votre sœur Thérèse, qu’il aurait même eu des relations intimes avec elle et, pire, qu’il aurait pu être le père de Bernard Laroche. » Marcel Jacob ne se souviendra de rien… C’est lui qui vient d’être mis en examen avec sa femme, pour enlèvement et séquestration de mineur suivie de mort. A son propos, Paris Match écrivait en novembre 1989 : « Il possède pour la soirée du 16 octobre [1984] un alibi moins “béton” qu’il n’y paraît. Le magistrat a en effet découvert que s’il était censé être à l’usine, avoir pointé et travaillé ce soir-là, il avait […] la possibilité d’en sortir sans se faire remarquer. Le juge a également découvert que Marcel Jacob était non seulement très lié à Bernard Laroche et Michel Villemin, ses neveux, mais aussi à Monique Villemin, sa sœur. De plus, les procès-verbaux en font foi, il haïssait son beau-frère, Albert Villemin. »
Voilà, les acteurs sont en place, le décor, planté : les Vosges et des sapins si verts qu’ils en deviennent noirs, dans cette vallée de la Vologne où la brume fait comme un couvercle qu’aucun vent n’arrive à soulever. Mais le texte est minable. Son seul ressort : la haine. Avec ses fruits écœurants : « cocu », « putain », « bâtard ». « Les premiers appels du corbeau se manifestent fin janvier 1981, chez Monique et Albert », écrit Jean Ker en 1989. Le père a droit à des : « Tu te pendras, Albert. » N’est-ce pas ainsi que son père s’est suicidé ? On est bien renseigné. Puis le vent tourne, vers Jean-Marie.
On lui casse une vitre. On appelle Christine pour la prévenir qu’il est à l’hôpital. Le lendemain, c’est Jean-Marie qui entend : « Heureusement que ta femme n’a pas marché dans le piège. On la coinçait et on la violait… » A l’homme qui a du mal à respirer, Jean-Marie rétorque, bravache : « Tu me parais bien poussif. – Oui, mais il y a le jeune avec moi qui s’en serait occupé. » La mort, six mois plus tard, de Marcel Laroche d’un cancer des poumons, la longue conversation qu’il a eue avec son fils, la découverte de Monique en train de fouiller dans ses affaires à la recherche d’une prétendue lettre compromettante… tous ces événements sont comme les pièces d’un puzzle. Jean Ker écrit : « Marcel Laroche avait un secret. Il vouait une rancune tenace à deux des hommes qui avaient séduit sa femme, Thérèse : Albert Villemin et Roger Jacquel, le beau-père de Jacky […]. » Après sa mort, les appels continuent.
Des plaintes sont déposées, des écoutes réclamées. Il y a autant d’inscrits sur liste rouge dans cette bourgade des Vosges que sur un annuaire du show-biz. Quinze membres de la famille se soumettent à la dictée des gendarmes. Mais Jean-Marie et Christine continuent à vivre comme s’ils planaient au-dessus de tous les dangers. Ils ne posent même pas une barrière autour de leur maison. A la rentrée 1984, Christine critique Marie-Ange, la femme de Laroche, parce qu’elle a demandé à l’institutrice de veiller particulièrement sur son enfant fragile : « Elle n’a qu’à le mettre dans une école spécialisée. » Christine est heureuse. Elle ne connaît pas encore le goût amer du rejet. Le dimanche avant l’enlèvement, Jean-Marie fait visiter sa maison à Michel, lui parle de ses projets, lui montre son canapé en cuir. Et se sent obligé de préciser qu’il l’a acheté à crédit. Est-ce là son crime ?
Alors, quand le pire arrive, personne n’hésite. Comme de vieux médecins de famille qui connaissent l’historique, les gendarmes pensent que l’assassin se cache parmi les familiers. On aura résolu l’affaire en quelques jours. Mais les accidents de justice sont comme les autres, ils naissent de deux bêtises qui se rencontrent. Celle du juge Lambert, sur le dossier duquel un professeur inutilement lucide avait écrit : « Apte à tout sauf à devenir juge d’instruction », va constituer, avec les caractéristiques des habitants de la vallée – méfiance, mutisme, obstination –, un mélange explosif qui aboutira à l’arrestation de Bernard Laroche, d’abord dénoncé par sa belle-sœur, puis à sa remise en liberté et à son « exécution » par Jean-Marie Villemin, qui avait prévenu : « Si Laroche est libéré, il est condamné à mort. » Tout en se disant qu’il n’avait pu agir seul : « Il y a peut-être quelqu’un de proche ou d’éloigné de nous qui l’a poussé à faire ça. C’est peut-être une frangine, une belle-sœur, une cousine. […] Vous savez, les gendarmes cherchent parmi ses copains. »
Trente ans après, on est donc revenu au début de l’enquête, mais à l’époque on voudrait tant que ce soit plus simple, plus rapide. Même si les victimes doivent devenir des coupables. Ainsi finit-on par accuser Christine, dont les hurlements au cimetière de Lépanges, les « Pourquoi ils ont fait ça, pourquoi ils s’en sont pris à toi ! Reviens mon amour… » avaient fait pleurer la France.
Coupable du meurtre de Bernard Laroche, Jean-Marie fera deux ans de prison, Christine affrontera deux procès, des années de suspicion, pour finir par bénéficier d’un non-lieu. Le dossier est si complexe que ceux qui ne l’ont pas étudié continuent à la vouloir coupable. « Le monstre de la Vologne » ou « La Bovary des Vosges ». C’est selon. Les rebelles des beaux quartiers penseront même l’en féliciter… Quand elle découvre que Duras, un des plus grands écrivains français du XXe siècle, écrit dans le journal « Libération » à propos de son prétendu infanticide : « Sublime, forcément sublime », elle conclut simplement : « Elle est dérangée, celle-là ! » Pourquoi chercher plus loin… Elle observe : « On croirait que les gens sont jaloux de notre malheur. »
Sans doute si le juge Lambert n’avait pas été si pressé de partir en week-end, la confrontation entre Bernard Laroche et la « Rouquine », la sœur de sa femme Marie-Ange, qui l’accusait d’être passé la chercher à l’école en voiture avec son petit garçon, de s’être arrêté pour faire monter Grégory, d’avoir disparu quelques instants avec lui pour revenir seul, aurait pu faire naître la vérité. Mais après avoir avoué aux gendarmes et confirmé au juge, la Rouquine est rentrée chez elle où un voisin l’a entendue hurler toute la nuit. Dans cette famille-là, on ne rigole pas avec le respect dû aux aînés.
Marie-Ange accouchera huit mois après l’assassinat de Bernard Laroche d’un petit garçon. Julien, le fils qui a rendu son sourire à Christine Villemin, est né un mois plus tôt.

Et si ça avait été cela, le grand crime de Christine ? Avoir réclamé à Jean-Marie de lui refaire si vite un enfant ? On la verra lumineuse, son bébé dans les bras, comme revenue à la vie. Sur la table de nuit, il y a la photo de Grégory. On n’oublie rien. On s’arrange.
Marie-Ange Laroche se remariera avec un fils Jacob. Un autre neveu de Monique. Elle ne quittait pas le « nid ». Mais son mari s’est pendu. Jean-Marie et Christine sont partis refaire leur vie où elle aurait dû commencer. Ailleurs. Ils ont eu trois enfants.
« Mon mari, c’est plus que mon mari, proclamait Christine quand elle se révoltait contre ceux qui la soupçonnaient de l’avoir trompé. Il est mon confident et mon amant. » Et lui, dans sa cellule, quand il mangeait à peine et passait son temps à lire et relire son dossier, gardait pour seule joie de dessiner les plans de leur future maison. Son employeur avait promis de lui retrouver un emploi, et même de le prendre au bureau d’études. « Le malheur, on ne le sent pas arriver », avait dit Jean-Marie Villemin. Fallait-il qu’il fût sourd. Me Garaud, l’avocat dont la robe noire dissimulait un cœur de midinette, expliquait que seul l’amour avait pu les faire tenir : même en prison, Jean-Marie n’avait jamais oublié son anniversaire. Pour celui de ses 25 ans, il lui avait fait envoyer 25 roses. Dans sa cellule, elle n’avait droit qu’à une seule, mais on lui a montré le bouquet.



http://www.parismatch.com/#xtor=AL-22

Sursis pour le tireur excédé par le bruit

«Une forte dispute, puis deux très fortes détonations ont été entendues», rappelle le président du tribunal correctionnel de Toulouse Jérôme Glavany. L'homme de 56 ans qui comparaissait hier est pourtant sans histoire et totalement inconnu de la justice. L'affaire se déroule à Eaunes, près de Toulouse. «La victime, au téléphone avec une amie, promenait son chien quand elle a entendu des insultes, mais elle a continué sa route. Sur le retour, les insultes ont repris, mais cette fois, la victime a répondu. S'en est suivi deux tirs d'armes à feu», rapporte le président. La victime, saine et sauve mais traumatisée, s'est vue prononcer deux jours d'incapacité totale de travail. Sommé de s'expliquer, l'homme ne parvient pas à justifier son geste. «Je venais de découvrir que j'avais un diabète. J'étais exaspéré par le bruit, j'ai crié, puis j'ai tiré en l'air par la fenêtre. Le deuxième coup est parti quand j'ai voulu décharger l'arme». Le taux d'alcoolémie de l'homme a d'ailleurs été mesuré à 1,68 grammes par litre de sang. «Mais je ne sais pas pourquoi je me suis énervé» termine-t- il. L'homme, qui se présente comme un chasseur, possédait légalement 14 armes, toutes confisquées par les gendarmes. La procureur requiert 10 mois de prison avec sursis. Pour son avocat, M e Raynaud De Lage, il ne faut pas oublier que l'homme «comprend la peur de la victime, et reconnaît que son geste n'était pas acceptable.» Il décrit un contexte familial compliqué, «en ce jour de fête des mères, l'homme se remémorait le suicide de sa femme». Le tribunal acte l'absence d'antécédents judiciaires et condamne l'homme à 6 mois de prison avec sursis. Le tribunal prononce une interdiction de port d'arme pour 3 ans ainsi que la confiscation des armes saisies. Il devra indemniser la victime à hauteur de 1 200 €.

Eauneshttp://www.ladepeche.fr/communes/eaunes,31165.html                    

mercredi 21 juin 2017

Marc Féral relaxé pour l'affaire d'assassinat de son ex-épouse

Ce matin, le tribunal de Rodez a relaxé Marc Féral, ancien patron de la boîte de nuit Le Rétro à Baraqueville,  poursuivi pour instigation à l’assassinat de son ex-épouse, non suivie d’effet,  alors qu'il était incarcéré à la maison d'arrêt de Druelle pour le meurtre de Jean-Paul Chardenoux en 2010.  Il était soupçonné d'avoir commandité l'assassinat de son ex-femme auprès de plusieurs codétenus qui allait bientôt recouvrer leur liberté. Le tribunal l'a lavé de ces soupçons.
L’accusé, toujours incarcéré et qui n’était pas présent lors de l’audience, retournera à la barre une nouvelle fois lors de son procès en appel du 25 au 29 septembre, devant la cour d’appel de Montpellier.

Pour mémoire, Marc Féral a été condamné à 24 ans de réclusion par la cour d’assises de l’Aveyron en janvier 2014, pour avoir tué Jean-Paul Chardenoux, en 2010 à Espalion. Les faits se sont déroulés le 18 août. Ce jour-là, Marc Féral se rend zone de la Bouysse, à Espalion. Dans sa voiture il transporte un fusil de chasse. Il vient voir Jean-Paul Chardenoux qui est en compagnie de son épouse, dont il est séparé depuis quelque temps mais avec qui il est resté en bons termes. Tous deux sont dans les locaux de l’entreprise de réparation automobile qu’elle continue d’exploiter. Ce qui relie les deux hommes c’est une connaissance féminine commune. Ancienne compagne de Marc Féral dont, semble-t-il, Jean-Paul Chardenoux était en train de s’éloigner. Dès son arrivée, Marc Féral interpelle Jean-Paul Chardenoux qui se trouve dans un atelier. L’épouse de ce dernier est dans un autre lieu. Des coups de feu vont retentir. Jean-Paul Chardenoux n’y survivra pas, un des coups de feu blessera grièvement Marc Féral qui aurait tenté de se suicider. Quand les secours arrivent, Jean-Paul Chardenoux est décédé. Marc Féral est évacué vers l’hôpital de Rodez. Il y sera placé en garde à vue, deux jours après les faits, avant d’être transféré à l’hôpital La Peyronie, à Montpellier, où, une semaine plus tard, il sera mis en examen pour assassinat. 

Marc Féral attend également une décision de la cour de cassation concernant sa demande de remise en liberté, qui devrait être rendue sous peu.


Marc Féral relaxé pour l'affaire d'assassinat de son ex-épouse
En savoir plus sur http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/21/2598089-instigation-a-l-assassinat-de-son-epouse-marc-feral-relaxe.html#ymeKjMaVBvRCQUAp.99

Nathalie Renoux sur l'affaire Grégory: "Cette affaire nous a marqué au fil des années"

Affaire Grégory: Que va-t-il se passer maintenant que les époux Jacob ont été remis en liberté?

Ils ne rentreront pas chez eux. Mais Marcel et Jacqueline Jacob sont, tout de même, « fous de joie ». Mis en examen vendredi pour « enlèvement et séquestration suivis de mort », le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory, ont été remis en liberté « immédiatement », ce mardi, par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon (Côte d’Or).
>>Les faits :Marcel et Jacqueline Jacob remis en liberté
Une surprise et surtout un camouflet pour le parquet général qui avait requis, le matin même, leur maintien en détention provisoire, convaincu qu’ils ont « concouru à la réalisation du crime » du garçonnet de 4 ans, découvert pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges), le 16 octobre 1984.
Toujours mis en examen dans cette affaire, les deux septuagénaires vont être soumis à un contrôle judiciaire strict. Ils ont l’interdiction de parler de cette affaire et résideront séparément, hors des Vosges, dans deux lieux tenus secrets. « Nous allons demander l’annulation de leur mise en examen, confie Stéphane Giuranna, l’un de leurs avocats. Mais ils seront sûrement réinterrogés prochainement. »

Murielle Bolle, bientôt placée en garde à vue ?

Car, après avoir repassé les 12.000 pièces du dossier au crible pendant des mois, les enquêteurs ne vont, en effet, pas s’arrêter là. « La remise en liberté des Jacob est une rude déception confie, ainsi à 20 Minutes, Thierry Moser, l’avocat de Christine et Jean-Marie Villemin, les parents du petit Grégory. Mais la thèse selon laquelle le crime a été commis par une équipe correspond, pour moi, toujours à la réalité. »
>>Marcel, Jacqueline, Bernard… Qui sont les protagonistes de l’affaire ?
Et c’est sur cette thèse que les enquêteurs continuent de plancher. Dévoilé par le procureur général vendredi lors d’une conférence de presse, leur scénario attribue aux époux Jacob le rôle de « kidnappeurs » du petit Grégory en compagnie de Bernard Laroche. Suspecté avant d’être innocenté, ce-dernier a été abattu, en 1985 par Jean-Marie Villemin qui était persuadé de sa culpabilité.
Il ne pourra donc plus éclairer les enquêteurs. Mais Murielle Bolle, si. Belle-sœur de Bernard Laroche, elle l’avait clairement désigné comme coupable au moment des faits avant de se rétracter. Elle pourrait donc être placée prochainement en garde à vue. « On s’attend effectivement à ce que cela bouge, confie Jean-Paul Teissonnière, son avocat, à 20 Minutes. Mais Murielle Bolle est extrêmement sereine à cette idée. »

« Je ne peux pas dire aujourd’hui qui a tué Grégory »

Il n’empêche : le filet que les enquêteurs tentent de relever, 32 ans après, contient toujours quelques gros trous. Ils pensent avoir identifié, au moins, deux « corbeaux », s’interrogent sur l’emploi du temps de Marcel Jacob le jour des faits et ont isolé des témoignages d’époque « intéressants ». Mais Jean-Jacques Bosc, le procureur général, le reconnaît : « Je ne peux pas dire, aujourd’hui, qui a tué Grégory ».
Thierry Moser, lui, se veut toujours aussi « confiant » que « déterminé ». « Il y a des éléments consistants, significatifs, concordants et très troublants, lâche l’avocat des parents de Grégory. Mais je n’en parlerai pas maintenant. » Selon plusieurs sources proches du dossier, les investigations et les auditions sont, en effet, « loin d’être terminées ».

  • affaire gregoryhttp://www.20minutes.fr/dossier/affaire_gregory

  • mardi 20 juin 2017

    Affaire Grégory: les époux Jacob ont été remis en liberté

    Le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory, écroués plus de 32 ans après sa mort aussi sordide que mystérieuse, ont été remis en liberté ce mardi, fait savoir leur avocat.
    Le parquet général avait requis le maintien en détention de Marcel Jacob et de son épouse, Jacqueline. "La chambre de l'instruction a entendu nos arguments sur la faiblesse des charges", a déclaré devant la presse, au sortir du palais de justice de Dijon, Me Stéphane Giuranna, qui défend Marcel Jacob, 72 ans. La chambre de l'instruction s'était réunie, ce matin, pour décider de leur maintien ou non en détention provisoire.
    L'arrestation surprise du couple, la semaine dernière dans les Vosges, a relancé l'affaire, jamais élucidée depuis la découverte du garçon de quatre ans, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984.
    Les deux septuagénaires ont été mis en examen pour enlèvement, séquestration suivis de mort et placés en détention. Ils n'avaient jamais été inquiétés jusqu'alors même si leurs noms apparaissaient au fil des 12.000 pièces du dossier : dans un arrêt de 1993, la cour d'appel de Dijon les avait au contraire disculpés.
    Avec eux, l'accusation pense avoir identifié les fameux "corbeaux" et selon elle, "il y a un élément qui associe ces actes, ces lettres, les appels téléphoniques, l'acte d'enlèvement et la mort de l'enfant", plusieurs personnes ayant concouru à la réalisation du crime.

    1. Flash Actuhttp://www.lefigaro.fr/flash-actu/index.php

    Pour passer ses nerfs, il avait coupé 180 fils sur un avion de l'armée

     J’étais très en colère, j’avais perdu le contrôle dans mon cerveau » : voilà comment un mécanicien avion s’est justifié, alors qu’il était jugé à Marseille pour avoir sectionné 180 fils sur un avion ravitailleur en vol de l’armée française, à Nîmes, en mai dernier. Il a été condamné ce lundi par la chambre des affaires militaires du tribunal correctionnel de Marseille à trois ans de prison dont deux avec sursis

    L’hypothèse terroriste rapidement écartée

    Salarié de l’entreprise privée Sabena Technics, spécialisée dans l’entretien aéronautique, cet homme de 32 ans avait reconnu avoir volontairement commis ces dégradations sur un Boeing KC 135 qui subissant un contrôle à Nîmes Garons (Gard). Son employeur venait de lui refuser une formation très pointue en matière de radiographie des avions.
    >> A lire aussi : Salon du Bourget: Airbus engrange plus de 10 milliards de dollars de commandes
    La section de recherches de la gendarmerie de l’Air avait assez vite abandonné l’hypothèse d’un acte terroriste pour s’orienter vers un différend entre un salarié et un prestataire de services.

    « Ce n’est pas un terroriste »

    Dans son réquisitoire, le procureur Etienne Perrin avait souligné combien l’affaire avait préoccupé les services du renseignement militaire pouvant redouter l’existence d’un individu à même de mettre en danger l’action militaire. Le tribunal a condamné le prévenu à verser 20.000 euros de dommages et intérêts à l’agent judiciaire de l’Etat. Partie civile, Sabena Technics s’est vu allouer 135.703 euros de dommages et intérêts, une inspection minutieuse de plusieurs appareils présents sur la base ayant dû être conduite.
    >> A lire aussi : Pyrénées-Orientales: Le trio projetait de s’attaquer au site militaire de Béar
    Licencié en juin 2016 à la suite d’une altercation avec un cadre supérieur de Sabena Technics, le mécanicien-avion a reconnu « une grosse bêtise ». Pour son avocat, « ce n’est pas un terroriste, ce n’est pas un saboteur il a eu un moment de haine ».




  • avionhttp://www.20minutes.fr/dossier/avion
  • Affaire Grégory : les époux Jacob bientôt fixés sur leur détention

    Le couple Jacob restera-t-il en prison ? La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon doit décider mardi du sort du grand-oncle et de la grand-tante de Grégory Villemin, écroués vendredi, 32 ans après sa mort aussi sordide que mystérieuse.

    L'incarcération des époux Jacob "anormale" pour la défense. Leur arrestation surprise la semaine dernière dans les Vosges a relancé l'affaire, jamais élucidée depuis la découverte du garçon de quatre ans, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984.
    Mais pour la défense, l'incarcération du couple de septuagénaires est "totalement anormale". "À l'heure actuelle, je ne sais toujours pas ce sur quoi se base l'accusation", dénonce Maître Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, qui demandera la remise en liberté de son client, de même que le conseil de Jacqueline Jacob, Maître Gary Lagardette.
    Placés en détention vendredi dernier. Les deux septuagénaires, soupçonnés d'enlèvement et séquestration suivis de mort, avaient été placés en détention vendredi. Ils n'avaient jamais été inquiétés jusqu'alors même si leurs noms apparaissaient au fil des 12.000 pièces du dossier.
    Avec eux, l'accusation pense avoir identifié les fameux "corbeaux" et selon elle, "il y a un élément qui associe ces actes, ces lettres, les appels téléphoniques, l'acte d'enlèvement et la mort de l'enfant", plusieurs personnes ayant concouru à la réalisation du crime.
    Rapprochements graphologiques. Les soupçons se fondent sur des rapprochements graphologiques ou lexicaux, comme la récurrence de l'expression "le chef" pour désigner Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, dont les auteurs auraient voulu se venger.
    Ce terme est notamment utilisé dans la lettre de revendication du meurtre, postée à Lépanges-sur-Vologne le 16 octobre 1984, semble-t-il avant même l'enlèvement de l'enfant d'après le cachet de la Poste. Signe que son auteur aurait joué directement un rôle.
    L'expression "le chef" récurrente dans les lettres et dans le dossier. L'expression fut aussi employée par Marcel Jacob, ouvrier, lors d'une altercation avec Jean-Marie Villemin, devenu contremaître, deux ans avant le drame. Maître Giuranna ne voit là qu'une banale opposition syndicale, "pas un mobile pour assassiner un petit garçon, c'est délirant".
    Le parquet général s'appuie aussi sur l'absence d'alibis "confirmés ou étayés", ce que conteste encore l'avocat pour qui son client était au travail sur toute la durée des faits. Trois décennies plus tard, les enquêteurs vont s'employer à vérifier les emplois du temps des différents protagonistes au regard de leurs déclarations antérieures. Et en procédant à de nouvelles auditions.
    Empêcher une "concertation frauduleuse". La détention vise ainsi à "empêcher une concertation frauduleuse" et une "pression qui serait de nature à nuire à l'efficacité des investigations", justifie le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc.
    Murielle Bolle, la belle-soeur de Bernard Laroche, premier suspect tué en 1985 par Jean-Marie Villemin, pourrait être entendue prochainement. En 1984, âgée de 15 ans, elle avait affirmé devant les gendarmes qu'elle était avec son beau-frère le jour du meurtre et avoir assisté à l'enlèvement de Grégory, avant de se rétracter trois jours plus tard.
    La fille des Jacob n'exclut pas la culpabilité de ses parents. "Compte tenu du climat actuel, qui ressemble étrangement à celui qui régnait dans ce dossier fin 1984, il me semble important que les doutes et les rumeurs soient rapidement dissipés", a déclaré son avocat, Maître Jean-Paul Teissonnière.
    Depuis ce nouveau coup de théâtre, de vieilles plaies semblent en effet se rouvrir dans la famille. Samedi dans une interview à L'Est Républicain, Valérie, fille de Marcel et Jacqueline Jacob qui a depuis longtemps "coupé les ponts avec eux", n'a pas exclu la culpabilité de ses parents. "Je suis très choquée. Depuis jeudi, je me réveille en pensant que je suis peut-être la fille de criminels (...) Si c'est eux, comment peuvent-ils se regarder dans la glace ?", a-t-elle déclaré au journal.
    "Je ne sais même pas s'ils connaissaient Grégory", estime la femme de Michel Villemin. "Ce n'est pas possible que ces gens-là aient quelque chose à voir" avec le meurtre, a rétorqué lundi Ginette Villemin, 61 ans, dont le défunt mari, Michel Villemin, oncle de Grégory, était très lié à Bernard Laroche, tout comme Marcel Jacob.
    "Je les connais, je sais comment ils sont... et en plus, je ne sais même pas s'ils connaissaient Grégory", a ajouté devant la presse celle qui a également été placée en garde à vue la semaine dernière, sans être mise en cause. Parce que les gendarmes lui ont posé "les mêmes questions" qu'il y a 32 ans, elle ne croit pas que la justice résoudra l'affaire un jour.

    http://www.europe1.fr/faits-divers

    Affaire Grégory : Ginette Villemin "ne croit pas" à la culpabilité des époux Jacob

    lundi 19 juin 2017

    France 2, NT1 et W9 dégainent leurs magazines sur l'affaire Grégory Villemin

    Les rebondissements survenus dans l’affaire Grégory Villemin ont aussi bouleversé les grilles des programmes. Après les nouvelles révélations de l’enquête, France 2 a reporté la rediffusion du Faites entrer l’accusé sur Marc Machin et les meurtres du pont de Neuilly prévue ce dimanche et l’a remplacée par une version réactualisée d’un ancien numéro de Non élucidé sur le célèbre fait divers.
    Un choix judicieux pour la deuxième chaîne, puisque l’émission a été suivie par 1,83 million de téléspectateurs (soit 13,5 % de parts d’audience). Ce score devrait assurément grimper avec les visionnages en replay.


    Mardi et mercredi soir aussi

    Ce mardi, c’est au tour de NT1 de programmer, en prime time, dès 21h, une émission spéciale de Chroniques Criminelles afin de faire un point sur les dernières avancées de l’enquête. Le magazine sera présenté par Magali Lunel et les commentaires assurés par Jacques Pradel.
    Et si ça ne vous suffit pas, vous pouvez également prévoir de passer votre mercredi soir devant W9. Dès 21h, dans Enquêtes criminelles, Nathalie Renoux et Paul Lefèvre relateront les grandes dates de l’affaire jusqu’aux nouvelles hypothèses sur le déroulement des faits rendues publiques la semaine passée.
                

    Affaire Grégory : à quoi faut-il s'attendre cette semaine ?

    Après quatre jours passés en prison, Marcel et Jacqueline Jacob sauront mardi matin s'ils sont maintenus, ou pas, en détention.

    La vallée de la Vologne espère des réponses imminentes, plus de 32 ans après le meurtre de Grégory. Cinq jours se sont écoulés depuis l'arrestation de Marcel Jacob et de son épouse Jacqueline, grand-oncle et grand-tante de Grégory, mercredi dans les Vosges. Vendredi, après deux jours de garde à vue, ils ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Le couple de septuagénaires a été écroué dans l'attente d'une décision définitive de la Chambre de l'instruction, qui doit intervenir mardi à 9 heures.
    Des recours de la défense à prévoir. Là va se nouer une bataille juridique qui s'annonce intense, longue et complexe. L'avocat de Marcel Jacob, Me Stéphane Giuranna, a prévenu qu'il avait l'intention de déposer recours sur recours. Le conseil n'est avocat dans ce dossier que depuis cinq jours, et il a passé tout le week-end à étudier les 32 ans et demi de procédure. Vendredi, à l'annonce de la mise en examen de son client, Me Giuranna a estimé qu'"aucun élément scientifique" et "aucun élément matériel" ne justifiait la décision du procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc. De son côté, Marcel Jacob a déclaré aux gendarmes qu'il ne se rappelait de rien. 
    Lundi après-midi, Me Giuranna se rendra à la prison, auprès de son client pour préparer la journée du lendemain. 


    Une justification compliquée pour Jacqueline Jacob. La tâche s'annonce plus complexe pour l'épouse de Jacqueline Jacob. Des expertises la désignent – elle et pas son mari – comme l'un des corbeaux, auteurs des lettres de menaces envoyées à la famille Villemin pendant plusieurs mois. Des écrits de Jacqueline saisis chez les Jacob doivent par ailleurs faire l'objet d'une nouvelle comparaison d'écriture. Mais son avocat, Me Gary Lagardette, a lui aussi fait valoir l'absence d'éléments nouveaux dans cette affaire. Les dizaines expertises graphologiques "ont toutes été au final contestées. Cela ne peut qu'aller en direction d'un échec", selon Me Lagardette. Pour l'heure, Jacqueline Jacob est restée mutique face aux questions des enquêteurs.
    Vers de nouveaux interrogatoires. Selon Jean-Jacques Bosc, le but de ces quatre jours de détention supplémentaires, c'est de ne pas nuire aux investigations à venir. Pour l'avocat de Christine et Jean-Marie Villemin, Thierry Moser, le procureur général de Dijon "n'a pas révélé, c'est évident, l'intégralité des éléments du dossier". "Nous avons des éléments troublants, nombreux, précis, concordants, significatifs, à l'encontre des époux Jacob mais également à l'encontre d'autres membres de la cellule familiale que je ne citerai pas", a-t-il affirmé. Après les arrestations de la semaine dernière, de nouvelles auditions sont attendues dans les jours à venir.
    http://www.europe1.fr/societe

    Incroyables révélations sur l'affaire Gregory 16/06