mardi 16 janvier 2018

Affaire Kulik: Willy Bardon sera-t-il renvoyé devant les assises?

Il a toujours juré qu’il était innocent. Contrairement à ce que pensent les trois juges d’instruction d’Amiens (Somme) chargés d’élucider le meurtre d’Elodie Kulik, 24 ans. En avril 2017, ils ont décidé de renvoyer Willy Bardon, 44 ans, devant la Cour d’assises pour enlèvement suivi de mort. Mis en examen en janvier 2013, puis  placé sous bracelet électronique depuis avril 2014, il a fait appel de la décision des magistrats. Ce mardi, la chambre d’instruction de la cour d’appel d’Amiens va donc se replonger dans cette sordide affaire.

« Nous interjetons appel car nous estimons qu’il n’y a aucun élément sérieux dans le dossier pour justifier cette décision », explique à 20 Minutes son avocat, Me Stéphane Daquo. « Il n’y a pas assez d’éléments graves et concordants à l’encontre de Willy Bardon pour le renvoyer devant la Cour d’assises donc nous sollicitons un non-lieu », ajoute-t-il, soulignant que dans l’ordonnance de mise en accusation, qui compte 294 pages, « seule une demie concerne l’argumentation ».

Violée puis étranglée


L’affaire remonte à 2002. Le 10 janvier, Elodie Kulik, directrice d’une agence bancaire à Péronne (Somme), dîne à Saint-Quentin (Aisne), avant de rentrer chez elle. A 0h21, la jolie blonde aux yeux bleus, qui a eu un accident de voiture à Cartigny, tente d’appeler les pompiers avec son téléphone portable. Pendant une vingtaine de secondes, les secours entendent la jeune femme hurler. Tout juste parviennent-ils à distinguer derrière sa voix celles d’au moins deux hommes avec un fort accent picard. Et soudain, l’appel prend fin.

Deux jours plus tard, le corps de la jeune femme est enfin retrouvé, en partie calciné, sur un chemin de terre, à quelques kilomètres de là, à Tertry. Les investigations montrent qu’elle a été violée, puis étranglée. Un mégot de cigarette et un préservatif usagé sont découverts près de son corps. Deux empreintes ADN sont relevés. Mais malgré les milliers d’expertises ADN réalisés, aucun suspect n’est identifié. Au grand désespoir de Jacky Kulik, le père d’

Un ADN enfin identifié

Mais dix ans plus tard, les progrès scientifiques permettent enfin de désigner un suspect. Il s’agit de Grégory Wiart, un artisan de 23 ans, décédé dans un accident de voiture quelques mois après le meurtre de la jeune banquière. Willy Bardon était justement un de ses amis. Ils avaient notamment passé le Nouvel an ensemble. Il est placé en garde à vue le 16 janvier 2013 avec six autres personnes.

Le désespoir du père d’Elodie

Cinq d’entre elles ainsi que l’ancienne compagne de Grégory Wiart affirment reconnaître, sur l’enregistrement de l’appel d’Elodie Kulik aux pompiers, la voix de Willy Bardon. Ce dernier avait lui-même indiqué aux gendarmes qu’elle ressemblait à la sienne. Avant de se rétracter en niant toute implication dans cette affaire. « Le seul élément éventuellement à charge serait le fameux appel téléphonique, mais un certain nombre d’experts estiment qu’il est de trop mauvaise qualité pour être exploité », plaide Me Daquo. Il ajoute qu’aucun ADN ou relevé téléphonique ne peut prouver sa présence sur la scène du crime.
Elodie, qui veut comprendre ce qu’il s’est passé cette nuit-là.
Jacky Kulik, lui, s’attendait à ce que Willy Bardon fasse appel de la décision rendue par les juges, comme il l’avait confié à l’époque au Courrier Picard. Seize ans après le meurtre d’Elodie, cet homme, qui avait déjà perdu deux filles dans un accident de voiture, espère toujours qu’un procès s’ouvrira devant les Assises de la Somme. Il avait promis à son épouse, décédée elle aussi après avoir ingéré un produit toxique, qu’un jour, justice serait rendue à sa fille. Il attend donc avec impatience la décision qui sera rendue par la chambre de l’instruction.

Contactés par 20 Minutes, les avocats de Jacky Kulik n’ont pas donné suite.

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Procès de la «veuve noire» de la Côte d'Azur: «C'est une très bonne comédienne, une manipulatrice», décrit un des survivants

  • Le procès de Patricia Dagorn, accusée d’assassinat ou d’administration de substances nuisibles à quatre hommes, dont deux sont morts, s’est ouvert lundi à Nice.
  • Robert Vaux, 91 ans, considéré comme un survivant, doit témoigner ce mardi.
  • Selon lui, « c’est une très bonne comédienne et une manipulatrice ».

Son témoignage sera très attendu, ce mardi, au procès de Patricia Dagorn, présumée empoisonneuse en série d’hommes âgées qu’elle est accusée d’avoir tenté d’escroquer. Deux sont morts. Robert Vaux, 91 ans, est présenté comme l’un des survivants de cette femme de 57 ans « obsédée par l’argent », selon un enquêteur de personnalité.


Interrogé lundi, en ouverture de ce procès très médiatique, c’est le médecin généraliste du nonagénaire qui a sans permis de lui sauver la vie. Voyant son état subitement décliner, il lui prescrivait des analyses qui décelaient des doses anormalement élevées de benzodiazépines, des anxiolytiques, dans son sang.

« Elle cuisinait du riz, mais elle n’en prenait pas »


« Elle avait un flacon de Valium toujours avec elle. Certains soirs, elle cuisinait du riz, mais elle n’en prenait pas », témoignait dès lundi auprès de la presse, Robert Vaux, un ancien de la Marine nationale, passé aussi par la marine marchande et l’immobilier.
Sa rencontre avec Patricia Dagorn, par le biais d’une agence matrimoniale parce qu’il « supportait mal la solitude après le décès de [son] épouse », remonte à janvier 2012. Leur relation aura duré moins de trois mois, assez quand même pour que la quinquagénaire prenne contact avec le notaire du vieil homme pour essayer d’être sur son testament.

« On n’imagine pas que c’est une garce »


« Quand on la voit comme ça, on n’imagine pas que c’est une garce. Elle écrit de très jolies lettres. Elle est très gentille… C’est surtout une très bonne comédienne, une manipulatrice, a décrit Robert Vaux. Mais, elle était comme un rayon de soleil en hiver. A mon âge, ce serait être maso que de refuser un bon moment avec une personne plus jeune. »


Robert Vaux doit témoigner ce mardi, tout comme Ange Pisciotta, 82 ans, considéré lui aussi comme un rescapé. Patricia Dagorn est également accusée d’avoir tenté de droguer ce retraité niçois en mettant du Lexomil dans la bûche de leur réveillon de Noël, en 2011.

Pour assassinat ou administration de substances nuisibles à quatre hommes, dont deux sont morts, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu jeudi.

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samedi 13 janvier 2018

Mort mystérieuse d'un trentenaire à Esmoulins

Emoi jeudi matin dans la petite commune d’Esmoulins, où la brigade des recherches de Vesoul et les gendarmes de Gray ont investi les lieux.
Plus de deux mois après la découverte du corps en partie calciné d’Alexia Daval, dans un bois à quelques hectomètres de là, l’anxiété a laissé place aux extrapolations les plus folles. C’est d’ailleurs contre cet emballement que le procureur de la République de Vesoul, Emmanuel Dupic, a voulu réagir, ce vendredi soir.
Le décès tragique de ce père de trois enfants ne paraît aucunement lié au drame qui a agité tout le secteur graylois. « On est toujours sur l’hypothèse du suicide », informe Emmanuel Dupic, qui a ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort », expliquant ainsi l’important déploiement sur place.
Samedi dernier, cet habitant d’Esmoulins, décrit comme une personne « en grande souffrance ayant effectué deux tentatives de suicide », a été vu « très alcoolisé » par l’un de ses fils, sur les coups de 21 h. Deux heures plus tard, c’est son frère, voisin, qui le découvrira inanimé dans son cabanon qui orne le jardin de l’habitation.

Une arme pour l’heure introuvable

« Les secours ont tenté de le réanimer pendant 40 minutes », relate le procureur. Les premières constatations font état d’un hématome au niveau de la tempe. Seules quelques « gouttelettes de sang » font penser aux stigmates d’une chute.
Le jeune âge (38 ans) de la victime a motivé la demande d’autopsie, pratiquée ce mercredi à l’Institut médico-légal de Besançon. Elle a révélé la présence d’une balle, d’un « petit calibre », dans le crâne de la victime, provenant « d’un tir à bout touchant ».
Cet élément, qui doit être complété par de nouvelles analyses de la police scientifique, conforte les enquêteurs dans la piste du suicide, perturbée toutefois par un fait majeur. Depuis samedi soir, et malgré les recherches minutieuses des techniciens de l’identification criminelle de la gendarmerie, aucune arme n’a été retrouvée. « Elle ne devait pas être très puissante. Le médecin légiste pense que la victime n’a pas été morte sitôt le coup porté », confie le procureur de la République de Vesoul.
Entre le constat du décès (samedi soir) et les éléments nouveaux révélés par l’autopsie (mercredi après-midi), quatre jours se sont écoulés durant lesquels l’arme a pu disparaître lors de la levée des poubelles.
En tout état de cause, cette absence d’arme rend l’affaire singulière dans un climat local sensible. « C’est pour cette raison que j’ai envoyé la brigade de recherches de Vesoul », conclut le procureur de la République, soucieux de lutter contre toute psychose.

vendredi 12 janvier 2018

Nordahl Lelandais : après Maëlys et le caporal Noyer, les enquêteurs ont-ils avancé dans d'autres dossiers?

Mis en examen dans les affaires Maëlys et Noyer, Nordahl Lelandais a-t-il pu commettre d'autres crimes? La question a été ouvertement posée par le procureur de Chambéry Thierry Dran fin décembre quand, annonçant la mise en examen de l'ancien militaire dans le cadre de la disparition du caporal Arthur Noyer, il a prononcé ces mots : "Nous allons regarder toutes les disparitions inquiétantes qui ont eu lieu dans la région." A savoir : la Savoie et la Haute-Savoie. Depuis, plusieurs dossiers de personnes disparues ont été évoqués, soit par les médias, soit par les familles des disparus elles-mêmes, parmi lesquelles celle d'Estelle Mouzin, même si la piste Lelandais a depuis été refermée en raison de la présence du suspect en Guyane au moment de la disparition de la petite fille, en Seine-et-Marne, en janvier 2003.

La cellule de coordination ne va pas se substituer aux services déjà saisis 

Une cellule de coordination est sur le point d'être créée, indique au JDD une source proche du dossier, confirmant une information donnée par RTL et L'Express. Composée par "cinq ou dix enquêteurs du Service central du renseignement criminel (SCRC)", elle est chargée de retracer le passé et l'itinéraire de l'ancien maître-chiens de l'armée. En réalité, les enquêteurs travaillent déjà depuis un mois. 
Pour eux, il s'agit d'un travail de renseignement destiné à faciliter les échanges futurs avec les magistrats saisis dans les différents dossiers de disparitions. Les services de gendarmerie et de police déjà saisis des différents cas, notamment les sections de recherche de Chambéry et de Grenoble dans les affaires Noyer et Maëlys, restent en charge du dossier, pour mener par exemple les éventuelles auditions et les différents actes de procédure.

Comment les enquêteurs vont travailler 

Les enquêteurs devront d'abord faire le tri parmi tous les dossiers de disparitions : plus de 40.000 personnes disparaissent chaque année en France, 30.000 sont retrouvées. En reste donc 10.000 non élucidées chaque année. Plusieurs questions se posent :
  • Faut-il se limiter dans un premier temps à la zone géographique des disparitions de Maëlys et du caporal Noyer, à savoir le secteur Isère-Savoie? La réponse semble être négative, les enquêteurs de la cellule travaillant déjà sur la disparition du jeune Lucas Tronche dans le Gard (lire ci-après).
  • Jusqu'à quelle date faut-il remonter? Selon une source proche du dossier interrogée par le JDD, les enquêteurs du SCRC vont s'intéresser au passé de Nordhal Lelandais depuis qu'il a été réformé de l'armée pour "troubles psychologique", soit avril 2005. La période est longue.
  • Faut-il se concentrer dans un premier temps sur les disparitions nocturnes? Maëlys et Arthur Noyer ont en effet tous deux disparu dans la nuit, vers 3 heures du matin. 
Pour chaque dossier rouvert, les enquêteurs vont chercher à savoir si Nordahl Lelandais se trouvait à proximité des lieux où ces personnes ont disparu. Comment?
  • Etude de la téléphonie mobile de l'ancien militaire 
  • Eventuelle présence de son véhicule signalée dans le secteur des disparitions (son Audi A3 est l'un des éléments clés dans les dossiers Maëlys et Noyer).
  • Examen des moyens de paiement (CB, mouvements sur ses comptes bancaires)
  • Assedic, remboursements de Sécu et autres prestations sociales
  • Témoignages des proches
  • Activités sportives et professionnelles
Mais certains moyens sont limités. Par exemple, l'étude de la téléphonie mobile (le fameux "bornage" des téléphones), qui a été centrale dans les enquêtes sur Maëlys et Arthur Noyer - avec, à chaque fois, un suspect qui met son téléphone en mode avion juste avant l'heure de la disparition puis le réactive chez lui, à Domessin -, est circonscrite dans le temps : la loi oblige les opérateurs à conserver les données durant un an. "Après, c'est très variable selon les opérateurs", avait ainsi expliqué une source au JDD fin décembre.
Toutes les données collectées seront intégrées au logiciel AnaCrim, logiciel qui permet de recouper les informations de différentes affaires et qui s'était notamment révélé très utile dans les derniers rebondissements de l'affaire Grégory.

De quels autres dossiers de disparus parle-t-on?

Outre Estelle Mouzin, un autre dossier a été écarté selon RTL : celui de la tuerie de Chevaline, quand trois membres d'une famille britannique et un cycliste avaient été tués par balles sur une route forestière de Haute-Savoie, le 5 septembre 2012.
D'autres dossiers sont sur le bureaux de cette équipe spéciale, notamment, donc, celui de Lucas Tronche, cet adolescent disparu à Bagnols-sur-Cèze en 2015, comme l'a annoncé jeudi matin BFM. Le jeune homme, âgé de 15 ans à l'époque des faits, avait disparu le 18 mars 2015, vers 17h15, alors qu'il se rendait à un arrêt de bus pour rejoindre son cours de natation.
"Toute vérification, quelle qu'elle soit, va dans le sens de la recherche d'éléments sur ce qui a pu arriver au jeune Lucas Tronche. C'est un dossier qui dure depuis presque trois ans, on n'a jamais eu une piste sérieuse", a commenté l'avocate de sa famille, Maître Isabelle Mimran, sur la chaîne. Selon BFM, Nordhal Lelandais connaît bien la zone, certains de ses proches, dont sa filleule, habitant dans la région. Il y aurait effectué plusieurs déplacements. 
De même source, des vérifications vont également être faites dans le dossier de la disparition d'Antoine Zoia, un adolescent de 16 ans porté disparu depuis le 1er mars 2016. Là aussi, les faits se sont déroulés dans le Gard. Le jeune homme a disparu à Clarensac, près de Nîmes, alors qu'il se rendait au bureau de tabac. 
Les enquêteurs étudient également d'autres dossiers, comme les disparitions de Jean-Christophe Morin et Ahmed Hamadou, à un an d'intervalle, en marge du festival électro Elements au Fort de Tamié, près d'Albertville ; ou encore celle d'un jeune cuisinier, Adrien Mouralmié, en juillet 2017 près d'Annecy.

Les témoignages des familles de disparus

Dans son numéro à paraître vendredi, Society a interrogé les proches de plusieurs disparus. On y apprend notamment que la soeur de Jean-Christophe Morin, Adeline, connaissait le frère de Nordahl Lelandais, prénommé Sven. Leur rencontre date de septembre 2016 - Jean-Christophe Morin a disparu en septembre 2011 - alors qu'Adeline Morin travaillait pour une association d'aide aux personnes en difficultés. Sven Lelandais l'avait à l'époque contactée via Facebook pour trouver un travail. Ils se sont vus à deux reprises. "C'est possible que tout cela ne soit qu'une coïncidence, mais ça me perturbe", a-t-elle confié au magazine.
Autre disparition, autre anecdote : celle d'Ahmed Hamadou en septembre 2012. La nièce de Farida Hamadou, soeur du disparu, était au collège à Pont-de-Beauvoisin avec Nordahl Lelandais. Society évoque aussi le cas du fils de Jacques Bonnet, dont la moto et le casque ont été retrouvés à l'entrée du tunnel de Siaix, en Savoie, en janvier 2014, et qui n'a plus jamais donné signe de vie. La liste des enquêteurs pourrait bien s'allonger de jour en jour. Pour rappel, dans les dossiers Maëlys et Noyer, l'ancien militaire nie toute implication.
Faits divers http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers