dimanche 24 juillet 2016

Du sursis pour le beau père «naïf»

À 37 ans, il a comparu devant le tribunal correctionnel de Foix pour recel de vol, à Lavelanet. Son tort ? Avoir accepté d'entreposer chez lui, puis voulu se débarrasser, des objets qu'aurait volés un jeune homme hébergé à son domicile. «Il était impossible de le mettre à la porte ou de remettre les objets aux gendarmes parce qu'il est amoureux de la maman», a plaidé Me Anne Pontacq, l'avocate du prévenu.
Tout commence quelques mois plus tôt. Le trentenaire accepte d'accueillir chez lui, le temps d'un stage, S..., un «jeune homme désœuvré, qui vole tout ce qui lui tombe sous la main», selon Me Pontacq. «Je lui ai dit d'arrêter. Mais dès que je n'étais pas à la maison, il recommençait», a expliqué à la barre le prévenu. Quand les gendarmes arrivent au domicile, ils trouvent en tout 25 objets, dont des outils, de la nourriture, une cafetière… Ils arrêtent alors le prévenu qui était en train de tout charger dans son véhicule, «pour les jeter», précise le principal concerné. Interpellé à son tour, le jeune indique que c'était son logeur qui l'incitait à voler. Faux rétorque l'homme, «j'étais peu regardant mais je n'étais pas l'instigateur.»
«Dans ce dossier, chacun a pris un certain nombre de libertés avec la légalité, mais aussi avec la moralité, a précisé la substitut du procureur. Le prévenu savait que ces objets provenaient d'un vol aggravé commis en réunion par des mineurs.» Elle a requis trois mois de prison avec sursis. Me Pontacq, elle, s'est attachée à démontrer que son client s'est retrouvé coincé : «Il est décrit comme quelqu'un de naïf, qui veut aider tout le monde. La grand-mère avait mis S... dehors, et sa mère ne voulait pas le reprendre parce qu'il a déjà été violent avec elle.» Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le «beau-père» à trois mois de prison assortis du sursis simple. «Une peine d'avertissement sans frais…» a indiqué la présidente.
http://www.ladepeche.fr/communes/foix,09122.html

samedi 23 juillet 2016

Correctionnel à Montpellier : il avait cambriolé son bienfaiteur

I l s'était servi chez un ancien ami, du côté du Triolet. Il a été condamné à huit mois de prison, dont quatre assortis de sursis et d'une mise à l'épreuve pendant deux ans. Il devra suivre des obligations de soins et trouver un travail.
Alors qu'il rentre chez lui, il trouve, dans le jardin de sa maison, le Réunionnais qu'il avait recueilli deux ans plus tôt. Prêt à s'enfuir avec son butin sous le bras. Ce jeune homme, c'est Jules, il le connaît bien pour l'avoir hébergé pendant trois mois, aidé à trouver un travail et une situation stable, avant que son protégé ne s'en aille sans donner de nouvelles.
Ce lundi 11 juillet, vers 21 h 40, Jules tente de prendre la poudre d'escampette avec des sacs remplis d'objets volés à l'intérieur : un ordinateur, un téléphone et même de la nourriture. Ils s'ajoutent à du vandalisme dans le domicile. Des portes extérieures et intérieures ont été fracturées, des traces de coups de poing sont retrouvées sur les murs et les lunettes du compagnon de la victime ont été brisées.
Des dégradations gratuites qui nourrissent l'incompréhension. Et le trouble ne s'arrête pas là. En essayant de s'échapper, le cambrioleur s'en est pris physiquement à son ancien ami et l'a frappé au visage. Deux coups de poing sur le nez et dans l'œil.

Quatre mois ferme

Sa fuite a rapidement été écourtée par les forces de l'ordre au niveau de l'arrêt de tram Saint-Éloi. La violence dont il a fait preuve, Jules l'évoque avec calme. "Je n'avais pas mangé depuis cinq jours, j'avais passé ma journée à errer. Mon geste est inexcusable", lance-t-il.
Une forme de regret que réfute la victime. Outre les dommages matériels et physiques, c'est la blessure sentimentale qu'elle retient avant tout. "S'il avait frappé à notre porte, nous lui aurions ouvert une nouvelle fois", assure-t-elle. Un dévouement auquel Jules ne semble pas être sensible. Instable, accro à l'alcool et incapable de conserver un emploi, le jeune homme avait déjà été condamné à trois mois de prison avec sursis pour outrage et menace de mort envers un policier, le 22 février dernier.
Cette fois-ci, pour sa défense, le Réunionnais présente ses excuses et raconte : "J'ai passé de très bons moments avec lui, on allait à des matches de basket, on faisait des sorties au pic Saint-Loup." Des souvenirs qui n'effaceront pas les actes survenus. Et malgré son jeune âge et "la vie entière qui se trouve devant lui", comme l'a plaidé Me Fournel, Jules a engendré des dégradations au-delà du simple cambriolage. Il a été condamné à huit mois de prison, dont quatre assortis de sursis et d'une mise à l'épreuve pendant deux ans. Il devra suivre des obligations de soins et trouver un travail.

http://www.midilibre.fr/2016/07/22/correctionnel-a-montpellier-il-avait-cambriole-son-bienfaiteur,1370262.php

vendredi 22 juillet 2016

Jacqueline Sauvage pourrait-elle être bientôt libérée ?

Jacqueline Sauvage pourrait-elle recouvrer la liberté dès cet été ? Selon France Bleu Orléans, le tribunal d’application des peines de Melun va examiner, ce vendredi, sa demande de remise en liberté.
Cette femme de 68 ans a été condamnée en décembre à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent survenu en 2012.

Les expertises psychiatriques favorables 


Elle a bénéficié d'une « remise gracieuse » de peine de deux ans et quatre mois accordée par François Hollande, le 31 janvier.

Evitant ainsi la période de sûreté, cette femme victime de violences conjugales a été transférée à la prison de Réau (Seine-et-Marne), l’un des trois sites du centre national d’évaluation chargé de mesurer la dangerosité des détenus condamnés à au moins 10 ans de prison, en vue de leur éventuelle sortie.
Après les évaluations menées par des psychologues, des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, des surveillants, les deux expertises sont favorables à sa libération. La justice devra trancher dans les jours à venir.
http://www.20minutes.fr/dossier/jacqueline-sauvage

Montbéliard : deux hommes seront convoqués devant le tribunal correctionnel pour possession illégale d’arme

Le 18 juillet dans la soirée, la brigade anti-criminalité contrôle un jeune homme circulant à bord d’un véhicule dans le secteur des Batteries du parc à Montbéliard. Il se trouve que le conducteur, âgé de 18 ans, n’a pas le permis et détient un peu de cannabis. En outre, les policiers remarquent un petit pistolet d’alarme posé au sol à l’avant de la voiture. Celui-ci a été modifié pour pouvoir tirer du 22 long rifle, ce qui en fait une arme illégale.
L’homme est placé en garde à vue. Il reconnaît ne pas avoir le permis et posséder des stupéfiants, mais réfute être le propriétaire de l’arme : « Elle n’est pas à moi, je n’ai pas vu qu’elle était dans la voiture, elle doit être à l’ancien propriétaire », affirme-t-il. Il est libéré à l’issue de sa garde à vue.
Jeudi après-midi, l’ancien propriétaire du véhicule est à son tour entendu par les policiers. La perquisition menée chez ce Montbéliardais âgé de 21 ans n’a rien apporté. Le jeune homme reconnaît néanmoins que le pistolet est à lui : « Je l’ai trouvé dans un fossé en allant aux Eurockéennes, entre le camping et le festival. Je l’ai ramassé et comme j’étais ivre je l’ai laissé sous le siège de la voiture puis je l’ai oublié ».
C’est seulement après avoir vendu la voiture que ses souvenirs refont surface. Contactant l’acheteur par message, il lui recommande de se débarrasser de l’arme.
Le Montbéliardais de 21 ans a été libéré et sera convoqué devant le tribunal correctionnel au mois de novembre pour transport d’arme de catégorie B sans motif légitime. Quant à celui de 18 ans, il sera convoqué ultérieurement pour transport d’arme également.
http://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2016/07/22/montbeliard-deux-hommes-seront-convoques-devant-le-tribunal-correctionnel-pour-possession-illegale-d-arme

jeudi 21 juillet 2016

Attentat de Nice: cinq suspects présentés à la justice en vue de mises en examen

Cinq personnes soupçonnées d'avoir été en contact avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel avant la tuerie qu'il a perpétrée à Nice le 14 juilllet sont déférées jeudi devant la justice antiterroriste après leur garde à vue, en vue d'éventuelles mises en examen, a annoncé le parquet de Paris. Le parquet a précisé qu'il ouvrirait une information judiciaire "dans le courant de la journée"
Les cinq personnes, quatre hommes âgés de 22 ans à 40 ans et une femme de 42 ans, ont intéressé les enquêteurs parce qu'ils ont été en contact avec le tueur ou soupçonnés de lui avoir fourni une arme, un pistolet automatique avec lequel le Tunisien de 31 ans a tiré sur des policiers à bord du camion lancé sur la foule. L'un des déférés, arrêté vendredi, est un homme de 40 ans, présenté comme une vieille connaissance de Lahouaiej Bouhlel, qui s'était installé à Nice il y a plusieurs années. Les enquêteurs ont aussi arrêté samedi un suspect de 22 ans, destinataire d'un SMS envoyé par le tueur quelques minutes avant de foncer dans la foule et de tuer 84 personnes sur la promenade des Anglais. Dans son message, il le félicite pour le "pistolet" qu'il lui a fourni la veille et ajoute "alors on ramène cinq de chez ton copain". Il précise que cette nouvelle livraison est destinée à une autre personne "et ses amis". Dans ses auditions, le jeune homme a désigné le fournisseur du pistolet comme étant en fait un Albanais de 38 ans, placé en garde à vue dimanche avec sa compagne. Les enquêteurs ont aussi interpellé dimanche celui que Mohamed Lahouaiej Bouhlel présente dans SMS comme le destinataire des autres armes. "Plusieurs éléments étayent" les "contacts" de cet homme de 37 ans avec le tueur, a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête. Les investigations n'ont pas démontré de lien entre Lahouaiej Bouhlel et des réseaux terroristes, mais l'organisation jihadiste Etat islamique a revendiqué l'attentat samedi. Le tueur a été décrit aux enquêteurs comme un homme violent et instable, vivant loin des préceptes religieux. Mais il avait prémédité son acte, louant le camion puis effectuant des repérages sur la promenade des Anglais, a expliqué lundi le procureur de la République de Paris, François Molins. Il manifestait aussi un intérêt "récent" mais "certain" pour la mouvance jihadiste.
http://www.lindependant.fr/2016/07/21/attentat-de-nice-cinq-suspects-presentes-a-la-justice-en-vue-de-mises-en-examen,2232453.php

mercredi 20 juillet 2016

Saint-Mihiel : son chien d'attaque mord une passante, trois mois de prison ferme

En se rendant à La Poste de Saint-Mihiel, cette dame n’imaginait pas qu’elle serait attaquée à la cuisse par un chien. C’est pourtant bien ce qui lui est arrivé le 22 mars dernier, victime sur la voie publique d’un american staff marron qui l’a mordue à trois reprises. Bilan : une blessure profonde qui a mis deux mois à cicatriser et deux morsures superficielles.
Le propriétaire du chien était convoqué ce mardi pour répondre de blessures involontaires mais il ne s’est pas présenté à l’audience. « Il se moque des lois. Avoir un chien implique des responsabilités qu’il faut assumer », tonne la substitut Marine Delanoë. Surtout un « chien d’attaque puissant, dangereux, doté d’une mâchoire incroyable ».
L’identification du prévenu a été délicate car sans profession, non-résidant en France et sans casier judiciaire. Ce qui ne doit pas l’empêcher de respecter des mesures de sécurité avec un chien de catégorie 1 ou 2, qui doit être muselé. Ce qui n’était pas le cas. L’individu ne s’est pas non plus rendu chez le vétérinaire pour des visites sur le risque d’une contamination par la rage. Il a aussi utilisé le nom d’un tiers lors de son contrôle.
Le tribunal s’est appuyé sur les réquisitions du parquet en condamnant Jean-Luc Rech à 3 mois de prison ferme pour les blessures involontaires et à 1 mois ferme pour la prise du nom d’un tiers. Une peine assortie de 200 € d’amende pour l’absence de visite vétérinaire et de 500 € au titre du préjudice moral causé à sa victime.
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2016/07/19/saint-mihiel-son-chien-d-attaque-mord-une-passante-trois-mois-de-prison-ferme

mardi 19 juillet 2016

Soissons (02) : la mairie condamnée à verser 2,5 millions d'euros d'indemnités

Le tribunal administratif d'Amiens a tranché. La ville de Soissons a été condamnée à verser 2,5 millions d'euros d'indemnités à l'entreprise Citelum, avec qui elle avait rompu un important contrat
La somme est importante et augmentera jour après jour tant qu'elle ne sera pas payée... C'est un coup dur pour la municipalité de Soissons, dans une affaire qui perdure depuis plusieurs années.

Tout commence en 2000, lorsque la ville de Soisson envisage de rénover son éclairage public. Elle fait appel à l'entreprise Citelum, qui réalise un diagnostic et décroche le contrat quelques années plus tard, en 2007. Sauf que. En 2011, un diagnostic met en lumière des insuffisances dans l'éclairage. En janvier 2013, c'est la chambre régionale des comptes qui démontre que le partenariat noué est en fait très défavorable à la ville...

Une longue procédure

Suite à ce rapport, la nouvelle municipalité décide en février 2013 de rompre le contrat. L'affrontement judiciaire commence.

Le 7 juillet dernier, la décision du tribunal administratif d'Amiens a reconnu coupable la ville de Soissons, qui n'aurait pas honoré son engagement, et l'a condamnée à verser 2,5 millions d'euros de dédommagement à l'entreprise. La société Citelum avait quant à elle réclamé 7 millions d'euros.
http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/picardie/aisne/soissons/soissons-02-la-mairie-condamnee-verser-25-millions-d-euros-d-indemnites-1051575.html
Plus d'explications dans ce reportage d'Eric Henry, Christian Mirabaud et Dominique Choisy:

Soissons condamnée à verser 2,5 millions de dédommagements

La population carcérale atteint un nouveau record en France

lundi 18 juillet 2016

Affaire Neyret : le parquet de Paris fait appel

Le parquet de Paris a fait appel des décisions de condamnation de Michel Neyret et Stéphane Alzraa, ainsi que des relaxes de Gilles Guillotin et Christophe Gavat. L'avocat de ce dernier, Me Daoud, estime que cet appel relève de "l'acharnement judiciaire. Mon client n'a jamais varié dans ses explications et la décision de relaxe est venue consacrer la vacuité de ce dossier qui ne comporte ni charges ni preuves."
http://www.ledauphine.com/isere-sud/2016/07/18/affaire-neyret-le-parquet-de-paris-fait-appel

Limoges: une clinique condamnée

Le tribunal de Limoges a condamné une clinique et des médecins à indemniser un octogénaire sourd qu'ils avaient opéré par erreur de l'oeil, celui-ci ayant répondu à tort à l'appel d'un nom qui n'était pas le sien après avoir ôté ses appareils auditifs. Aujourd'hui âgé de 80 ans, Gaston se trouvait en 2011 à la clinique Chénieux de Limoges pour y subir une opération bénigne de la paupière. Il avait finalement été opéré d'une vitrectomie (ablation du corps vitré) de l'oeil droit à la place d'un autre patient, sans que la chaîne de contrôle de son identité ne révèle la méprise. Gaston avait en effet été prié avant l'intervention d'enlever ses appareils auditifs et, en raison de sa surdité, avait répondu à tort à l'appel du nom de cet autre patient. L'erreur avait été constatée dès le lendemain par l'équipe médicale
Mais l'octogénaire creusois, atteint par ailleurs de cataracte et de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge), une maladie de la rétine, a constaté depuis 2014 une baisse brutale de ses capacités visuelles et souffre aujourd'hui d'une cécité quasi totale.
Estimant que cette déficience visuelle est liée à l'erreur opératoire dont il a été victime, Gaston s'était tourné vers la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI). Mais la Commission l'a débouté, jugeant que, même si la vitrectomie subie à tort a précipité l'évolution de sa cataracte, la perte de ses facultés visuelles est bel et bien la conséquence naturelle et inéluctable de la DMLA dont il souffre depuis 2007.

Gaston avait donc saisi la justice pour demander une contre-expertise. La chambre civile du tribunal de Limoges, qui a examiné l'affaire le 22 juin, a débouté Gaston, estimant cependant que son préjudice était réel. Dans un jugement en date du 15 juillet, elle condamne la clinique, ainsi que deux des trois médecins en cause, à verser chacun 1.500 euros au patient et à s'acquitter des frais de justice. Le troisième médecin avait déjà négocié une indemnisation de son propre chef avec Gaston.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/index.php

dimanche 17 juillet 2016

Abdeslam reste sous vidéosurveillance 24h/24

Le tribunal administratif de Versailles a rejeté vendredi la demande de l'avocat de Salah Abdeslam, suspect-clef des attentats du 13 novembre 2015, de suspendre la vidéosurveillance de son client en prison, qu'il considérait comme illégale.
Salah Abdeslam sera toujours placé sous vidéosurveillance dans la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Alors qu'il avait déposé un recours contre ce dispositif, l'avocat du suspect-clé des attentats du 13-novembre n'a pas obtenu sa suspension.
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Le juge des référés a estimé qu'il n'y avait aucune urgence à mettre fin à ce régime, "Salah Abdeslam n'étant pas en situation de faire valoir l'existence 'd'une atteinte grave et manifestement illégale' au droit au respect de sa vie privée". Dans un communiqué, le tribunal évoque également "la nécessité de prendre des mesures exceptionnelles dans le contexte traumatique que vit actuellement la France". Le représentant du ministère de la Justice avait demandé le rejet de cette requête déposée en référé-liberté, estimant notamment qu'elle n'avait aucun caractère d'urgence exceptionnelle.
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Depuis sa remise à la France par les autorités belges le 27 avril dernier, Salah Abdeslam est placé à l'isolement, sous vidéosurveillance permanente, dans la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Ce système vise, d'après le gouvernement, à prévenir tout risque de suicide ou d'évasion. Deux caméras sont placées dans sa cellule et d'autres dans les cours de promenade qu'il fréquente, a précisé mercredi le sous-directeur des affaires juridiques, Fabrice Verrièle. Le 20 mai dernier, Salah Abdeslam avait refusé de s'exprimer devant les juges, en se plaignant d'être "épié 24h sur 24".

samedi 16 juillet 2016

Coup de lame dans l'entrejambe : la justice a tranché

Jennifer, 24 ans, a été jugée hier par le tribunal correctionnel de Toulouse. Lundi, elle avait porté un coup de couteau à l'entrejambe et au menton d'un homme de 44 ans.
Désinvolte voire rieuse à la barre du tribunal correctionnel, Jennifer, 24 ans, a été jugée hier en comparution immédiate pour des violences commises lundi soir à Toulouse sur un homme de 44 ans.
Ce soir-là, alors qu'elle avait cuisiné pour sa victime puis dîné avec lui, les choses avaient dégénéré. Il avait reçu un coup de couteau sur un testicule et sur le menton. Des blessures qui lui ont occasionné trois jours d'interruption totale de travail.
Face au tribunal hier, les deux protagonistes ont continué de donner deux versions différentes des faits. «Il voulait me forcer à avoir une relation sexuelle avec lui, assure la jeune Nigériane tout sourire. J'ai voulu me défendre mais pas avec un couteau. C'était une cuillère ou plutôt une fourchette», s'embrouille-t-elle alors que le président Vergne a sous les yeux la photo du petit couteau rose.
La victime, presque en position d'accusé, campe sur sa version : «Elle voulait un rapport sexuel et je n'ai pas voulu. C'est pour ça qu'elle m'a agressé. Elle a baissé mon pantalon et m'a frappé», dit-il en exhibant son caleçon.
Pour l'avocat de la partie civile, les preuves sont flagrantes. «Elle tente de nier l'évidence mais il n'y a qu'une seule victime. Elle a attenté à son honneur…»

Légitime défense ?

Pour la demoiselle, Me Djamel Boughessa plaide la légitime défense et rejette l'idée du couteau. «Elle avait les ongles mal coupés. Pour elle, il y avait un danger réel et imminent. L'autre version est ubuesque.»
Le procureur de la République rappelle le «couteau maculé de sang» et pointe «des faits graves» avant de requérir huit mois de prison ferme à l'égard de la jeune femme.
Après avoir délibéré, le tribunal a tranché. Il a déclaré Jennifer coupable des violences qui lui étaient reprochées. «Il n'y a pas de preuve de légitime défense», a souligné le président Vergne. Elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis et a pu ressortir libre. À l'issue de l'audience, comme les faits se sont produits sans témoin, on ignore toujours quelle version tient le plus la route.
http://www.ladepeche.fr/grand-sud/haute-garonne/

vendredi 15 juillet 2016

Case prison pour les trois experts du collet marseillais

C'est une véritable équipe de spécialistes du collet marseillais - une arnaque éprouvée devant les distributeurs bancaires - qui a été condamnée de 2 à 3 ans de détention ferme. Ce trio avait sévi 24 fois en Tarn-et-Garonne du 31 janvier au 1er février dernier.
En seulement vingt-quatre à Caussade, Saint-Antonin, Montauban et à Toulouse, Cédric Gisbert, Nacer Lakrouf et David Chevalier, trois multirécidivistes de l'arnaque dite au «collet Marseillais» ont ainsi escroqué de nombreuses personnes âgées. Le mode opératoire est bien connu des enquêteurs de la brigade des recherches (BR) de Montauban qui les avaient interpellés (notre édition 21 novembre 2015). Installée près d'un distributeur automatique de billets (DAB), l'équipe surveille les clients qui viennent retirer du cash. Lorsque les escrocs voient ainsi une personne âgée en l'occurrence à Caussade, un homme de 80 ans, ou à Saint-Antonin, une dame de 85 ans, l'un des délinquants s'approchent d'elle en lui déclarant qu'elle a oublié un billet dans le distributeur. «C'est là que vous lui faites remettre sa carte et qu'elle recompose son code secret à quatre chiffres que vous notez», indiquait le président du tribunal correctionnel Michel Redon face aux deux des trois accusés, le dernier D. Chevalier étant en cavale. «À cet instant votre collet est disposé dans le DAB maintien la carte, le client croit qu'elle a été avalée par la banque. Le lendemain lorsqu'il revient la chercher, vous avez déjà retiré le maximum possible sur sa carte puisque vous avez le code», poursuivait le magistrat qui mettait à rude épreuve les deux accusés. «Vous ne vous trompez pas en choisissant des villages ruraux et des personnes vulnérables», tempêtait le président Redon. «Malheureusement», lâchait laconiquement Cédric Gisbert qui déclarait être tombé dans cette délinquance à l'âge de 18 ans et ne pas être parvenu à s'en sortir en raison d'une addiction au jeu en ligne. «Je suis prêt à rembourser le préjudice moral des victimes», déclarait de son côté N. Lakrouf. «Vous dîtes cela parce qu'aucun ne se constitue partie civile», lui rétorquait le magistrat qui sentait la phrase préparée d'avance avec son avocat. «J'ai 32 ans et je veux faire autre chose de ma vie», assurait le prévenu qui était brillamment défendu par son avocat Marseillais Me Philippe Jacquemin. Ce dernier parvenait, en effet, à prouver certificat à l'appui que la saisie de 7 300 € en liquide faîte à son client provenant d'un remboursement d'un tribunal de Marseille. «Il est en faillite avec trois enfants et une dépendance au jeu», plaidait de son côté Me Amélie Gaux qui trouvait la réquisition à 2 ans ferme contre son client trop dure. Pas de quoi émouvoir le tribunal qui livrait un verdict plus lourd que les réquisitions pour N. Lakrouf condamné à 3 ans et 6 000 € d'amende, C. Gisbert à 2 ans avec maintien en détention et 1 an pour D. Chevalier avec un mandat d'arrêt.
http://www.ladepeche.fr/grand-sud/tarn-et-garonne/

jeudi 14 juillet 2016

Pyrénées-Orientales : trois ans déjà depuis la disparition d'Allison et de sa mère à Perpignan

Après l'assassinat de la séduisante Allison 19 ans et de sa mère suivi par le suicide de son père, auteur présumé, la famille redoute l'enlisement judiciaire qui pourrait bénéficier aux éventuelles petites mains de cette tragédie familiale.
Depuis l'été meurtrier de 2013, chez les Barbet, le 14 juillet n'est plus un jour de fête mais de désarroi. Trois ans après la disparition d'Allison Benitez et de Marie Josée sa mère, Eric Barbet, le frère de la maman cherche toujours à établir en détails le déroulement de la tuerie perpétrée par le père, militaire de carrière pendant l'après-midi de ce 14 juillet de grand soleil sur Perpignan alors que l'enquête donne le sentiment de marquer le pas.
«C'est comme si les investigations étaient au point mort. On ne reçoit plus aucune nouvelle de l'autorité judiciaire et nos demandes d'actes de procédure ne sont pas suivies. C'est comme si tout le monde se désintéressait de ce dossier alors que de nombreuses zones d'ombres restent à éclairer» estime Eric Barbet ancien militaire lui-même, aujourd'hui convaincu que c'est bien son beau-frère le légionnaire qui a tué Marie Josée et massacré la petite Allison sa fille unique pendant ce funeste après-midi dans l'appartement de la rue Jean Richepin dans un quartier populaire de Perpignan.
Enquêteurs et magistrats ont acquis la certitude que seul, l'adjudant-chef de la légion étrangère a pu perpétrer ce double assassinat avant de faire disparaitre les corps.

Connaître la vérité

Même si le militaire n'a jamais pu s'expliquer sur le fond du dossier puisqu'il s'est suicidé le 4 août 2013, quatre jours après une très longue perquisition et la veille de son audition en garde-à-vue. «Ce que nous aimerions savoir, c'est ce qui s'est passé cette après-midi-là dans l'appartement alors que toutes les fenêtres dans la rue étaient ouvertes. Et que forcément on a dû entendre les éclats du drame qui se jouait. Nous aimerions aussi savoir si Francisco Benitez a travaillé tout seul pour remettre en état l'appartement et surtout le garage après la tuerie. S'il a eu des complices pour faire tout ça après avoir découpé les corps avant de les faire disparaître» poursuit Eric Barbet qui s'impatiente faute de recevoir des informations de la part des juges qui conduisent l'instruction à quatre mains.
«La dernière grande communication qui nous a été faite c'était en 2014 à pareille époque. Cela fait pratiquement deux ans sans que l'enquête nous donne le sentiment de progresser. Et nous n'avons aucune nouvelles de nos dernières demandes d'actes de procédures qui remontent à plus d'un an» ajoute encore Eric Barbet.
«Les investigations se poursuivent. Des vérifications sont en cours. Mais les enquêteurs doivent aussi travailler sur d'autres affaires judiciaires. Mais le dossier n'est pas refermé, certainement pas. Sur le volet de la complicité, nous n'avons à ce jour aucun élément qui permet d'accréditer cette thèse, ni de l'écarter» répond Achille Kiriakidès le procureur de la république de Perpignan.
Il avait lui-même requalifié l'information judiciaire pour enlèvements et assassinats à la fin de l'été 2013, au moment où les enquêteurs du SRPJ de Montpellier avaient acquis la certitude que la petite Allison avait été tuée dans l'appartement familial.
Et que son corps avait été stocké dans le congélateur positionné au fond du garage, là précisément où sa jeunesse de toute les promesses de beauté et d'harmonie s'est brisée dans un véritable bain de sang.

Les étapes

14 juillet 2013. Allison 19 ans et sa maman Marie Josée s'évaporent à partir de 13h30. Francisco Benitez fournit le scénario du départ vers Toulouse mais l'enquête fait apparaître que les deux femmes n'ont jamais quitté l'appartement de la rue Jean Richepin de Perpignan.
31 juillet : appel à témoins est lancé. Médiatisation de la double disparition et perquisition au domicile et dans le garage. Des traces de sang apparaissent au luminol.
4 Août. Francisco Benitez est retrouvé suicidé par pendaison sur la façade de la caserne Joffre de Perpignan.
26 août. Des traces de sang comportant l' ADN d'Allison sont découvertes dans un congélateur de la famille. Accréditant la thèse de l'assassinat de la jeune fille. Après disparitions inquiétantes, le parquet de Perpignan ouvre une nouvelle information judiciaire pour enlèvements et assassinats.
24 Septembre. on fouille à Port-Leucate. La pinède. On plonge dans le port et la marina. En vain. Aucune trace des disparues. On envisage de vider le bassin de la station d'épuration puis on abandonne le projet.
http://www.ladepeche.fr/faits-divers/

mercredi 13 juillet 2016

À cause de violences conjugales, elle ne pèse plus que 35 kg

Édouard et Stéphanie (1) se sont mariés en 2004 et de leur union sont nés deux enfants âgés, au moment des faits, de 8 et 3 ans. Très vite après cette union, Édouard exerce des violences psychologiques puis physiques sur son épouse. Il la rabaisse, la surveille, l'enferme, la tape et la viole. En 2007, il sera condamné pour ces faits. Stéphanie supporte de longues années tout en résistant mais elle sait que son attitude provoque à chaque fois un peu plus de violence. Sa famille sait ce qu'elle subit et s'inquiète pour sa santé car au fil des années, s'est installée une anorexie mentale, jusqu'à ne peser que 35 kg. Mais un jour de mai 2015, elle comprend qu'Édouard exerce aussi des pressions sur les enfants, prend peur et décide de se séparer de lui. Ce jour-là, Édouard annonce qu'il a pris rendez-vous avec le maire d'un village pour y trouver un logement. Refusant de s'éloigner de la ville, d'être isolée et la proie de son mari, Stéphanie refuse l'idée de déménager. Le ton monte et elle annonce son intention de divorcer pour retourner auprès des siens, dans son pays, avec les jeunes enfants. La déferlante est immédiate avec des coups, des humiliations et ce viol abject au moyen du manche de la brosse à cheveux. Elle a réussi à prévenir les secours qui l'ont transporté à l'hôpital. Une infirmière a joint le parquet pour dénoncer les faits, «ce qui est assez rare comme démarche», souligne la présidente Gadoullet. L'expertise a mis au jour une personne sous emprise depuis son mariage, dans un état de terreur extrême, ayant besoin d'une thérapie pour reconstruire les dégâts causés par un mari violent. Un mari qui ne sort pas de son déni, qui parle d'un différend et de vengeance uniquement parce qu'il aurait repris la prière.
Depuis ces faits, Stéphanie et Édouard ont entrepris de divorcer mais ce dernier freine les démarches et poursuit malgré tout ses assauts physiques. Mais le plus inquiétant pour Me Chardonnet, conseil de Stéphanie, et pour les enseignants, c'est de savoir que le petit dernier, âgé de 3 ans, réplique à l'école maternelle la prière que son père lui impose. «La mère et les enfants sont en danger», ponctue Me Chardonnet. Le tribunal a reconnu Édouard coupable et le condamne à 3 ans de prison, dont un an de sursis avec mise à l'épreuve, obligation de travailler, interdiction de rencontrer la victime ou de rôder autour de chez elle. Un chez elle qu'elle a préféré quitter pour trouver pendant quelque temps un semblant de tranquillité.
(1) Les prénoms ont été changés.

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