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samedi 7 mars 2015

Soupçon de financement libyen: Claude Guéant mis en examen pour "faux" et "blanchiment"

Claude Guéant a été mis en examen samedi soir pour "faux" et "blanchiment de fraude fiscale" dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a indiqué son avocat. L'ancien ministre de l'Intérieur avait été présenté à un juge dans l'après-midi.
L'ex-bras droit de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant,a été mis en examen samedi 7 mars pour pour "faux" et "blanchiment de fraude fiscale", a indiqué son avocat. Il avait été présenté samedi en début d'après-midi à un juge d'instruction dans l'enquête sur les soupçons de financement de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.
Dans cette affaire, des juges d'instruction du pôle financier de Paris s'interrogent notamment sur la découverte lors d'une perquisition en février 2013 d'un virement de 500.000 euros sur le compte de l'ancien ministre de l'Intérieur et qui fut pendant 10 ans le bras droit de Nicolas Sarkozy.
Claude Guéant avait justifié ce virement - provenant d'un compte à l'étranger - par la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts avaient contesté la valorisation de ces oeuvres, la société Artprice chiffrant à 140.000 euros, hors frais, le prix record aux enchères d'une des toiles de ce peintre.

Affaire des tableaux : la garde à vue de Claude Guéant prolongée

La garde à vue de l'ancien ministre de l'Intérieur, qui doit notamment s'expliquer sur une vente présumée de tableaux qui lui aurait rapporté 500.000 euros en 2008, va se poursuivre samedi. Retour sur l'affaire.
Quels sont les deux tableaux dont il est question?
La justice s'intéresse à un virement de 500.000 euros effectué sur le compte de Claude Guéant en 2008. Au moment des révélations sur ce virement, l'ancien ministre de l'Intérieur avait expliqué qu'il s'agissait d'une somme versée par «un confrère avocat», issue de la vente de deux tableaux de l'artiste néerlandais Andries Van Eertvelt (1590-1652). Ces «deux toiles d'environ 30 cm sur 60, peintes sur bois», selon Claude Guéant, datent du XVIIe siècle et représentent des bateaux dans la tempête. Une scène classique dans le travail de l'artiste, peintre de marines -des œuvres liées à l'univers de la mer-. Le nom de l'acheteur malaisien, Sivajothi Muthiah Rajendram, avait été par la suite révélé par L'Express.
Plusieurs spécialistes du marché de l'art jugent surévalué le prix de vente de ces deux tableaux. À titre de comparaison, un tableau de Van Eertvelt, La Bataille de Lépante, avait été vendu en 2010 pour 140.000 euros par Sotheby's Amsterdam. Un prix record pour une œuvre du peintre flamand. La société Artprice, spécialiste des cotations sur le marché de l'art, fixe à 41.000 euros le prix médian des œuvres de Van Eertvelt. Pour l'entreprise, le chiffre de 500.000 euros pour deux marines apparaît donc comme «une anomalie par rapport au prix du marché».
Où en est la procédure?
Les accusations d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy remontent à l'entre-deux tours de la campagne présidentielle de 2012. L'affaire est née avec la publication, par le site d'informations Mediapart, d'un document évoquant un accord de la Libye de Mouammar Kadhafi pour financer l'ancien candidat à la présidentielle française.
À la suite de ces révélations et des déclarations de l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine confirmant ce financement, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X en avril 2013, notamment pour «corruption active et passive» et «trafic d'influence» sur ces accusations. La procédure a été confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman. En parallèle, Nicolas Sarkozy avait déposé plainte contre Mediapart et son directeur, Edwy Plenel, pour «faux et usage de faux» et «publication de fausses nouvelles».
C'est dans le cadre de cette affaire que Claude Guéant a été placé en garde à vue vendredi. Une garde à vue qui doit se poursuivre samedi. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si le cabinet de l'avocat malaisien est bel et bien à l'origine de la transaction ou s'il dissimule certains virements suspects.
Quelle est la défense de Claude Guéant?
L'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy a confirmé avoir reçu ces 500.000 euros en 2008 mais affirme que ce virement ne vient pas de Libye. La somme aurait été versée par l'avocat malaisien à qui Claude Guéant dit avoir vendu les deux tableaux du XVIIe siècle. L'ancien ministre a assuré pouvoir fournir les justificatifs de cette transaction à la justice. «Je n'ai jamais rien blanchi et je ne sais pas comment on fait», s'expliquait-il en 2013. «Jamais je n'ai vu l'argent libyen circuler, ni pour la campagne ni pour quiconque, et je n'en ai même jamais entendu parler, cela doit être clair.»
L'hebdomadaire Le Point avait affirmé en septembre 2013 que les 500.000 euros découvert pendant la perquisition ne provenaient pas d'un avocat malaisien mais d'un avocat de Djibouti. Une version immédiatement contestée par Claude Guéant.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/03/06/01016-20150306ARTFIG00264-affaire-des-tableaux-claude-gueant-en-garde-a-vue.php