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lundi 27 mars 2017

Attentat du Drugstore Publicis: La peine maximale requise contre Carlos

Il pourrait être condamné une troisième fois à perpétuité. La peine maximale a été requise lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris à l’encontre d’Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, pour l’attentat du Drugstore Publicis qui avait fait deux morts et 34 blessés à Paris en 1974.

>> A lire aussi : Carlos, ce terroriste au «grand cœur» qui regrette juste de ne pas «avoir tué certaines personnes»
Le 15 septembre 1974, à 17 h 10, les victimes avaient été fauchées par l’explosion d’une grenade lancée par un homme depuis le restaurant en mezzanine du Drugstore vers la galerie marchande en contrebas. Carlos, déjà condamné deux fois en France à la perpétuité, a toujours contesté être l’auteur de cet attentat. « Tous les éléments accumulés dans cette enquête convergent vers lui », a expliqué l’avocat général Rémi Crosson du Cormier.

Arrêté au Soudan en 1994


Interrogé lors du procès sur son implication directe, le Vénézuélien a éludé, arguant qu’on lui demandait de « devenir un informateur contre [lui]-même » et qu’un « cadre de la résistance palestinienne » comme lui ne pouvait, sous peine de mort, fournir des informations sur une opération, encore moins lors d’un procès.
Poussé dans ses retranchements par le président François Sottet, il a finalement lâché : « Peut-être que c’est Carlos, peut-être que c’est moi, mais il n’y a aucune preuve de cela ».

Incarcéré en France depuis son arrestation au Soudan par les services français en 1994, Carlos a déjà été condamné à deux reprises à la peine maximale pour le meurtre de trois hommes, dont deux policiers en 1975 à Paris, et pour quatre attentats à l’explosif qui avaient fait onze morts et près de 150 blessés en 1982 et 1983, à Paris, Marseille et dans deux trains.
http://www.20minutes.fr/dossier/proces


lundi 13 mars 2017

Attentat du drugstore: Carlos, « révolutionnaire professionnel », fait le show lors de son procès

A la cour d’assises spéciale de Paris,
Le temps qui passe est une donnée toute relative lorsque l’on est déjà condamné deux fois à la prison à perpétuité. C’est donc par une boutade que le terroriste Carlos a indiqué son âge, ce lundi matin, à la cour d’assises spéciale chargée de le juger pour l’attentat du drugstore Publicis, commis en 1974 à Paris. « J’ai 17 ans, plus ou moins 50 ans », a-t-il lâché dans un sourire.
>> Les faits : Le terroriste Carlos jugé 43 ans après un attentat
L’âge de raconter ses souvenirs d’ancien combattant. Ou plutôt de « révolutionnaire professionnel », comme se définit Illich Ramirez Sanchez de son vrai nom. Porte-étendard du mouvement propalestinien des années 1970, le Vénézuélien n’a pas vraiment eu besoin de ses cinq avocats pour dénoncer le « procès politique » dont il dit faire l’objet.

Les « charognards », les « cadavres en morceaux » et la justice

Pochette rouge sang sur une veste noire et souliers vernis, le terroriste a commencé par expliquer, de sa voix mâtinée d’accent espagnol, qu’il « respectait » les victimes mais pas les « charognards » et les « organisations sionistes qui se font du fric sur leur dos ». La grenade qu’il est accusé d’avoir lancée, il y a 43 ans, dans la galerie marchande parisienne a fait deux morts et 34 blessés dont quatre enfants
Lui a toujours nié les faits. Pour cela, il donne un cours de sciences politiques, explique que la démocratie française est particulière, « 40 % des votants n’étant pas représentés à l’Assemblée nationale ». Il parle ensuite de « cadavres en morceaux ». Du juge Jean-Louis Bruguière et d’une « lettre antidatée ». Pour conclure par le fait que la justice est, selon lui, « manipulée ».
>> Justice: Carlos porte plainte contre le juge Bruguière

« Il est de votre intérêt de raccourcir vos interventions… »

Sans doute briefé sur ce client spécial, le président de la cour d’assises, François Sottet, le laisse parler avant de s’autoriser un conseil amusé. « Vous aurez la parole très souvent. Mais vous savez que nos capacités d’attention sont limitées. Il est de votre intérêt de raccourcir vos interventions. C’est mieux pour tout le monde
Les mains à travers la vitre du box des accusés, Carlos acquiesce. « Vous avez raison ! », répond-il avant, pourtant, de reprendre de plus belle son exposé foutraque sur ce dossier sans « témoin », sans « preuves matérielles » dans lequel il ne peut donc pas être « condamné ».
Après un délibéré de quelques instants, la cour estime qu’elle est compétente pour juger le terroriste 43 ans après les faits. Le procès ne fait que commencer. Il doit durer jusqu’au 31 mars. Carlos encourt, une nouvelle fois, une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

http://www.20minutes.fr/societe/cour_d_assises-1/

Ouverture du procès Carlos à Paris

Près de 43 ans après l'attentat du Drugstore publicis Saint-Germain à Paris, qui fit deux morts et des dizaines de blessés, le procès d'Ilich Ramires Sanchez, dit Carlos, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris où il comparaît pour assassinats terroristes.
Figure du terrorisme internationaliste des années 1970-1980, le Vénézuelien de 67 ans, sera jugé pendant trois semaines par une cour composée de magistrats. L'attentat, perpétré au croisement du boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes, est le plus ancien que lui reproche la justice française, le dernier pour lequel il comparaîtra en France. 
» Lire aussi - Carlos jugé 43 ans après l'attentat du Drugstore Publicis
Un peu vieilli, blanchi, amaigri mais souriant et élégamment vêtu d'une veste ornée d'une pochette rouge, Carlos a fait son apparition dans le box des accusés. Il a observé la salle, baisant la main de son avocate, Isabelle Coutant-Peyre, avec laquelle il s'est marié religieusement, avant d'adresser des baisers aux journalistes.
Le 15 septembre 1974 en fin d'après-midi, deux personnes avaient été tuées et 34 autres blessées par l'explosion d'une grenade lancée dans l'enceinte du Drugstore Publicis, galerie marchande à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes.
Carlos est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Mais le Vénézuélien, incarcéré en France depuis son arrestation au Soudan par les services français en 1994, a déjà été condamné à deux reprises à la peine maximale pour le meurtre de trois hommes, dont deux policiers en 1975 à Paris, et pour quatre attentats à l'explosif qui avaient fait onze morts et près de 150 blessés en 1982 et 1983, à Paris, Marseille et dans deux trains. 
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/index.php

mardi 20 décembre 2011

Procès Carlos: Fröhlich sera rejugée

Le parquet général a indiqué aujourd'hui avoir fait appel de l'acquittement prononcé par la cour d'assises spéciale de Paris envers l'Allemande Christa Fröhlich, jugée avec le Vénézuélien Carlos pour son implication présumée dans un attentat mortel commis à Paris en 1982. Cette femme de 69 ans sera donc rejugée avec Ilich Ramirez Sanchez, qui a fait appel de sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité prononcée jeudi par la cour d'assises spéciale.

Christa Fröhlich, qui a pris la fuite en Allemagne depuis sa remise en liberté sous contrôle judiciaire en 2000, n'avait pas assisté à son procès qui s'est tenu entre le 7 novembre et le 15 décembre à Paris. Elle était représentée par un avocat français qui avait plaidé son acquittement. Le parquet général avait requis à son encontre 15 ans de réclusion pour son implication présumée dans l'attentat meurtrier de la rue Marbeuf du 22 avril 1982, l'une des quatre attaques du début des années 1980 pour lesquelles Carlos est poursuivi.

L'Allemande, aujourd'hui installée à Hanovre (nord de l'Allemagne), est soupçonnée d'avoir loué et convoyé l'Opel Kadett qui a explosé rue Marbeuf, faisant un mort et 66 blessés. Mais les débats avaient fait apparaître de sérieux doutes sur l'identité de la locataire du véhicule.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/20/97001-20111220FILWWW00527-proces-carlos-frohlich-sera-rejugee.php

vendredi 16 décembre 2011

Réclusion à perpétuité contre Carlos

Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a été condamné ce soir à la réclusion criminelle à perpétuité et 18 ans de sûreté par la cour d'assises spéciale de Paris qui l'a jugé coupable de quatre attentats mortels commis en France en 1982 et 1983.

C'était la peine maximale que pouvait prononcer la cour et
c'était la peine requise contre le Vénézuélien de 62 ans jugé depuis le 7 novembre pour quatre attentats qui ont fait 11 morts et près de 150 blessés. L'Allemande Christa Fröhlich, jugée par défaut pour un seul de ces attentats, a été acquittée. Quinze ans de réclusion avait été requis contre cette femme de 69 ans qui vit à Hanovre (nord de l'Allemagne) et n'a pas assisté au procès.

Dans ses réquistions, le ministère public avait souligné "l'extrême dangerosité actuelle, absolue et constante" de Carlos pour appuyer sa demande à la cour d'assises spéciale de Paris de prononcer une peine de sûreté à son encontre. Les avocats de cette figure du terrorisme des années 70 et 80 avaient appelé les magistrats à "ne pas se coucher" et à "oser" l'acquittement, insistant sur l'absence de preuves fiables dans ce dossier.

Deux autres peines de réclusion à perpétuité ont été prononcées à l'encontre de deux co-accusés de Carlos jugés par défaut: l'Allemand Johannes Weinrich, l'ancien bras droit de Carlos, est détenu en Allemagne pour d'autres faits et le Palestinien Ali Kamal Al Issawi est en fuite.

Carlos purge déjà une peine de prison à vie prononcée en 1997, trois ans après son interpellation au Soudan en 1994, par la cour d'assises de Paris qui l'a reconnu coupable du meurtre en 1975 à Paris de trois hommes, dont deux policiers. Devant les sept magistrats professionnels de la cour d'assises spécialisée dans le jugement "d'actes de terrorisme", il était accusé de complicité dans quatre attentats commis au début des années 80.

Selon l'accusation, le mobile de cette campagne était d'obtenir la libération de sa compagne allemande Magdalena Kopp et du Suisse Bruno Breguet, tous deux membres de son groupe, arrêtés à Paris en février 1982 avec des armes et des explosifs.

Le 29 mars 1982, une bombe explosait dans un train Paris-Toulouse. Le jour où débutait le procès de Kopp et Breguet, le 22 avril, une voiture piégée explosait devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi, rue Marbeuf à Paris. Les deux autres attentats commis le 31 décembre 1983 à la gare Saint-Charles de Marseille et contre un TGV Marseille-Paris à Tain-L'Hermitage sont intervenus alors que les deux "camarades" purgeaient leur condamnation à quatre et cinq ans de prison.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/15/97001-20111215FILWWW00664-reclusion-a-perpetuite-contre-carlos.php

mercredi 14 décembre 2011

La perpétuité requise contre Carlos

Les réquisitions sont tombées à 21h07 précises. Une peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie de 18 ans de sûreté a été requise mardi à l'encontre de Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, jugé par la cour d'assises spéciale de Paris pour quatre attentats mortels commis en France en 1982 et 1983. Le verdict est attendu jeudi ou vendredi.
C'était la peine maximale que pouvait requérir le parquet général contre le Vénézuélien de 62 ans jugé depuis le 7 novembre pour quatre attentats qui ont fait 11 morts et près de 150 blessés. Le ministère public a souligné "l'extrême dangerosité actuelle" de l'accusé pour appuyer sa demande à la cour d'assises spéciale de Paris de prononcer une peine de sûreté à son encontre.
Deux autres peines de réclusion à perpétuité ont été requises par le parquet général à l'encontre de deux co-accusés de Carlos jugés par défaut: l'Allemand Johannes Weinrich, l'ancien bras droit de Carlos, est détenu en Allemagne pour d'autres faits et le Palestinien Ali Kamal Al Issawi est en fuite. Contre l'Allemande Christa Fröhlich un temps détenue en France, aujourd'hui en fuite en Allemagne, l'accusation a requis une peine de quinze ans de prison pour sa participation à l'un des attentats.
Il est accusé de complicité dans quatre attentats commis au début des années 80. Selon l'accusation, le mobile de cette campagne était d'obtenir le libération de sa compagne allemande Magdalena Kopp et du Suisse Bruno Breguet, tous deux membres de son groupe, arrêtés à Paris en février 1982 avec des armes et des explosifs. Le 29 mars 1982, une bombe explosait dans un train Paris-Toulouse. Le jour où débutait le procès de Kopp et Breguet, le 22 avril, une voiture piégée explosait devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi, rue Marbeuf à Paris. Les deux autres attentats commis le 31 décembre 1983 à la gare Saint-Charles de Marseille et contre un TGV Marseille-Paris à Tain-L'Hermitage sont intervenus alors que les deux "camarades" purgeaient leur condamnation à quatre et cinq ans de prison.
Carlos purge déjà une peine de prison à vie prononcée en 1997, trois ans après son interpellation au Soudan en 1994, par la cour d'assises de Paris qui l'a reconnu coupable du meurtre en 1975 à Paris de trois hommes, dont deux policiers.

mardi 13 décembre 2011

Procès Carlos: attentats "aveugles" et désir de tuer "un maximum", fustige l'accusation

Le parquet général a entamé mardi son réquisitoire au procès de Carlos en fustigeant les quatre attentats "aveugles" imputés à Ilich Ramirez Sanchez, commis en France il y a 30 ans pour "tuer un maximum de personnes en prenant un minimum de risques".
"Je veux tuer": cette volonté farouche a présidé aux quatre attentats sanglants intervenus dans l'Hexagone en 1982 et 1983 et qui valent à Ilich Ramirez Sanchez de comparaître devant la cour d'assises spéciale de Paris depuis le 7 novembre, a asséné l'avocat général Olivier Bray, l'un des deux représentants du ministère public au procès.
Le parquet général, également représenté par Jean-François Ricard, a entamé dans la matinée ses réquisitions qui devraient s'achever en début de soirée. Carlos, 62 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'un maximum de 18 ans de sûreté.
Ces attentats, qu'il est accusé d'avoir organisés, ont tué onze personnes et en ont blessé près de 150 autres. Il ne s'agissait pas d'attentats "ciblés" mais d'attentats "à l'aveugle pour faire des dégâts", pour "tuer un maximum de personnes en prenant un minimum de risques", a estimé M. Bray.
"Les dates et les lieux sont scrupuleusement choisis" dans ce but, a-t-il analysé: le 29 mars 1982, une bombe dans un train Paris-Toulouse ; le 22 avril 1982, l'explosion d'une voiture piégée devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi, rue Marbeuf à Paris ; le 31 décembre 1983 une bombe dans la gare Saint-Charles de Marseille et dans un TGV Marseille-Paris.
Poser une bombe un 31 décembre, c'est lancer le message qu'il n'y "pas de trêve", "qu'avec moi, vous ne serez jamais en sécurité".
Selon l'accusation, le mobile de cette campagne était pour Carlos d'obtenir la libération de sa compagne allemande, Magdalena Kopp, et du Suisse Bruno Breguet, tous deux membres de son groupe, arrêtés à Paris en février 1982 avec des armes et des explosifs.
Olivier Bray a scrupuleusement décortiqué le fonctionnement de "l'organisation des révolutionnaires internationalistes" (ORI), fondée par Carlos à la fin des années 70, décrivant un noyau dur d'une "dizaine de permanents" organisés autour du "culte du chef", le Vénézuélien Ilich Ramirez Sanchez.
Trente ans de procédure pour mener à ce procès, "c'est trop long", a admis l'avocat général, mais "le devoir des démocraties est de ne jamais céder (...), d'arrêter les auteurs d'attentats et de les traduire en justice".
http://www.lepoint.fr/societe/proces-carlos-attentats-aveugles-et-desir-de-tuer-un-maximum-fustige-l-accusation-13-12-2011-1406901_23.php

lundi 12 décembre 2011

Procès Carlos: Dernière semaine d'audiences, avant le verdict

Le verdict est attendu jeudi ou vendredi, selon, notamment, le nombre des avocats qui seront amenés à prendre la parole pour défendre l'ex-ennemi public n°1...
Carlos, acteur déchu du terrorisme international devenu histrion de son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris, va connaître cette semaine le verdict des juges pour quatre attentats sanglants commis en France au début des années 80 qui lui sont imputés. Les deux avocats généraux prononceront leurs réquisitions mardi.
Ilich Ramirez Sanchez, 62 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre attentats qui ont fait onze morts et près de 150 blessés, en France, en 1982 et 1983. Arrêté en 1994, il purge déjà une peine de perpétuité prononcée en 1997 pour le meurtre de deux policiers et d'un indicateur, à Paris, en 1975.

Le verdict est attendu jeudi ou vendredi

Après plus de cinq semaines d'un procès entamé le 7 novembre, le verdict est attendu jeudi ou vendredi, selon, notamment, le nombre des avocats qui seront amenés à prendre la parole pour défendre l'ex-ennemi public n°1. L'un de ses conseils historiques, Me Isabelle Coutant-Peyre, qui a également noué avec Carlos une union religieuse, a en effet créé la surprise vendredi en annonçant qu'elle se retirait de sa défense tant que les autorités vénézuéliennes ne faisaient pas «ce qu'il faut» pour rémunérer les avocats de leur embarrassant ressortissant.
Ce remue-ménage n'a pas eu l'air de perturber outre mesure un accusé qui a pris sa propre défense à bras-le-corps. Au prix de questionnements interminables, tatillons et souvent confus infligés aux témoins convoqués à l'audience. Spécialiste du commentaire décalé et de la digression insolite, alternant attitude respectueuse, humour chaleureux et accès de colère extrêmement sonores, Carlos a mis à rude épreuve la patience infinie du président Olivier Leurent.

Un «révolutionnaire professionnel»

Difficile dans ce bouillon verbal d'apprécier la sincérité de l'accusé qui brandit comme un drapeau son statut de «révolutionnaire professionnel», devant une salle d'audience quasi déserte, la plupart du temps. Un révolutionnaire qui veut faire croire que son combat a tué «1.500 à 2.000» personnes, mais refuse de dire quand et où. Un professionnel qui ne veut se déclarer ni coupable, ni innocent des faits pour lesquels il est jugé.
Peu disert sur le rôle qu'il aurait pu jouer dans ces attentats, le Vénézuélien ne mâche pas ses mots pour démolir la très longue instruction qui a mené à sa comparution. Cette instruction aurait pu se terminer par un non-lieu, faute de preuves, à la fin des années 80, mais l'ouverture des archives des services secrets des anciens pays communistes d'Europe de l'Est a fourni à l'accusation de nouveaux éléments à charge contre Carlos et son groupe. La fiabilité de ces archives est cependant totalement remise en cause par la défense.
Carlos comparaît seul mais trois membres de son organisation sont jugés en leur absence pour tout ou partie des faits: l'Allemand Johannes Weinrich, ancien bras droit de Carlos, purge outre-Rhin une peine de réclusion à perpétuité, sa compatriote Christa Frohlich, libérée de détention provisoire en 2000, a regagné l'Allemagne. Le troisième, le Palestinien Ali Kamal Al Issawi, est en fuite.
http://www.20minutes.fr/societe/840702-proces-carlos-derniere-semaine-audiences-avant-verdict

vendredi 9 décembre 2011

Des victimes parlent "droit dans les yeux" à Carlos, qui perd son avocate

Après avoir vu la mort en face dans l'attentat qui a pulvérisé une partie du train Paris-Toulouse le 29 mars 1982, c'est Carlos que Jean-Jacques Bozonnet a regardé droit dans les yeux pour lui dire l'étendue de son calvaire et de son incompréhension.
A l'image de ce quinquagénaire de la région de Grenoble, plusieurs victimes des quatre attentats qui valent à Ilich Ramirez Sanchez de comparaître devant la cour d'assises spéciale de Paris ont demandé vendredi des comptes à cet accusé qui refuse de se dire coupable ou innocent.
"Mon père m'a dit de le regarder droit dans les yeux", confie M. Bozonnet à la barre, joignant le geste à la parole. "Il voulait que je lui dise la chose suivante: +Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fasse à toi-même+."
Son père, vieux monsieur de 90 ans qui s'exprime par la voix de son fils blessé à vie, est un ancien résistant communiste du maquis de Savoie.
Et c'est à Carlos, fils d'avocat marxiste, lui-même ancien militant du parti communiste vénézuélien que Jean-Jacques Bozonnet exprime sa conviction: "Poser des bombes n'a jamais amené l'eau dans les villages."
La seule conséquence tangible de ces attentats, c'est le long parcours de souffrances que cet homme solide, au discours sobre, a enduré après que la bombe a explosé "à six ou huit mètres" de lui.
"Polytraumatisé", "totalement aveugle" dans les semaines qui ont suivi, la "jambe écrasée", un "pied cassé en deux", sauvé in extremis de l'amputation à force d'obstination du corps médical qui "tous les jours enlevait la chair nécrosée s'arrêtant lorsqu'(il) sentait quelque chose".
Géologue, il avait 29 ans et était en déplacement professionnel. Il est aujourd'hui handicapé à 65%. L'attentat du Paris-Toulouse a fait cinq morts.
"J'ai envie de dire à M. Ramirez Sanchez de penser un peu à nous", poursuit Philippe Rouault qui a eu la jambe "arrachée" dans l'explosion d'une voiture piégée rue Marbeuf le 22 avril 1982.
Pierre Besançon, qui a vu son voisin du Paris-Toulouse "laminé" par l'explosion, une mère de famille "broyée", raconte combien il a été "choqué" par "l'indifférence de Carlos au sort des gens dont la vie a été totalement pulvérisée".
Indifférent ? Carlos s'en défend. Il se dit même "touché" par Jean-Jacques Bozonnet qui lui donne l'impression d'être "honnête dans son coeur". Mais c'est pour mieux se déchaîner contre les avocats des parties civiles qu'il accuse de "manipuler" les victimes, au nom de "l'idéologie sioniste et capitaliste".
"Ne criez pas", lui intime le président Olivier Leurent face à cette nouvelle explosion verbale de l'accusé, coutumier de soudains et sonores accès de véhémence.
"C'est indécent de dire aux victimes qu'elles sont là pour l'argent !", tonne Me Francis Szpiner pour les parties civiles, après avoir vu la cour rejeter sa demande de motiver le verdict qui sera rendu jeudi ou vendredi.
"Vous ne supportez pas d'être confronté à ce que vous avez fait", a reproché l'avocat à Carlos.
"Guignol rocambolesque", "clown triste" au "pinaillage grotesque", "mercenaire" : Carlos reçoit, impassible, la volée d'épithètes des avocats des parties civiles.
Sa défense a pris un mauvais coup, vendredi, avec le départ inattendu d'Isabelle Coutant-Peyre, l'un de ses avocats. Me Coutant-Peyre, qui a noué avec Carlos une union religieuse sans valeur légale, a expliqué qu'elle abandonnait le procès car les autorités vénézuéliennes "ne font pas ce qu'il faut" pour rémunérer la défense de Carlos.
"Ne criez pas !"
http://www.lepoint.fr/societe/des-victimes-parlent-droit-dans-les-yeux-a-carlos-qui-perd-son-avocate-09-12-2011-1405823_23.php

Procès Carlos : le verdict sera-t-il motivé ?

Me Francis Szpiner a demandé vendredi à la cour d'assises spéciale de Paris, au nom de l'ensemble des parties civiles, de motiver le verdict qu'elle rendra la semaine prochaine envers Carlos et ses coaccusés jugés pour des attentats commis en France au début des années 80.
La cour, qui devrait faire connaître sa position dans la journée, devancerait ainsi la mise en oeuvre de la disposition législative qui prévoit à partir du 1er janvier la motivation des arrêts d’assises afin de permettre aux personnes jugées de connaître les principales raisons par lesquelles la cour a été convaincue de leur culpabilité ou de leur innocence.
"Une simple réponse par 'oui' ou 'non' risque de ne pas être satisfaisante pour la portée et la force que nous attendons de ce verdict", a souligné Me Szpiner pour appuyer sa demande.

mercredi 30 novembre 2011

Carlos revendique un attentat commis à Berlin en 1983

Ilich Ramírez Sánchez a revendiqué, mercredi, devant la cour d'assises spéciale de Paris avoir "donné le feu vert personnellement" à un attentat contre le centre culturel français de Berlin-Ouest, en août 1983, attaque pour laquelle il n'a pas été jugé. "C'est moi qui ai donné le feu vert, personnellement", a affirmé à la cour le Vénézuélien de 62 ans, très en verve, mercredi, pour décrire le contexte dans lequel est intervenu cet attentat contre la Maison de France à Berlin-Ouest qui a fait un mort et vingt-trois blessés le 25 août 1983.

Le bras droit de Carlos, l'Allemand Johannes Weinrich, a été condamné à la réclusion à perpétuité, en janvier 2000 à Berlin, pour avoir monté cette opération. Carlos n'a pas été jugé pour ces faits. Ilich Ramírez Sánchez, qui comparaît jusqu'au 16 décembre pour quatre attentats commis en France au début des années 80, a minimisé le rôle de son ancien lieutenant dans l'attentat de Berlin. "Tout ce que le MfS (Stasi, NDLR) a pu écrire sur l'implication de Weinrich, c'est du bidon. Il a une coresponsabilité organisationnelle, mais pas opérationnelle", a déclaré l'accusé.
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http://www.lepoint.fr/societe/carlos-revendique-un-attentat-commis-a-berlin-en-1983-30-11-2011-1402277_23.php

mardi 29 novembre 2011

Plainte/Carlos: pas de renvoi du procès

La cour d'assises spéciale de Paris qui juge Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a rejeté aujourd'hui la demande de renvoi du procès déposée par la défense qui souhaitait d'abord voir examiner la plainte déposée par l'accusé contre l'ancien juge d'instruction Jean-Louis Bruguière. La cour a considéré dans son arrêt que le dépôt de la plainte n'était pas un motif suffisant pour renvoyer le procès qui se tient depuis le 7 novembre.

Carlos, jugé pour sa responsabilité présumée dans quatre attentats commis en France en 1982 et 1983, reproche à Jean-Louis Bruguière d'avoir "suborné" son épouse allemande Magdalena Kopp, ainsi que d'avoir "soustrait des pièces de procédure pour faire obstacle à la manifestation de la vérité". Aujourd'hui à la retraite, le juge Bruguière est celui qui a enquêté sur les faits reprochés à Carlos.

Dans la plainte qu'elle a déposée hier, Me Isabelle Coutant-Peyre, une des avocates de Carlos, reproche au magistrat "des pressions et menaces à l'encontre" de Magdalena Kopp "afin de l'obliger à témoigner" durant l'instruction. Des lettres échangées par Jean-Louis Bruguière et un magistrat allemand, qui attesteraient de ces pressions, "ne figurent pas dans le dossier d'instruction en France", dit l'avocate. La plainte déposée hier vise également le procureur Detlev Mehlis pour "subornation de témoin".

Magdalena Kopp, finalement entendue durant l'instruction par les deux magistrats, a fait savoir dans un courrier adressé à la cour qu'elle refusait de témoigner au procès, compte-tenu de ses liens familiaux avec l'accusé, son époux et père de sa fille.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/29/97001-20111129FILWWW00541-plaintecarlos-pas-de-renvoi-du-proces.php

lundi 28 novembre 2011

Carlos porte plainte contre Bruguière

Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a déposé plainte aujourd'huicontre l'ancien juge d'instruction Jean-Louis Bruguière, venu témoigner mercredi et vendredi devant la cour d'assises spéciale de Paris, selon un récipissé de plainte du parquet de Paris.

Le ressortissant vénézuélien, qui comparaît depuis le 7 novembre pour répondre de sa responsabilité présumée dans quatre attentats commis en France en 1982 et 1983, reproche à Jean-Louis Bruguière d'avoir "suborné" son épouse allemande Magdalena Kopp, ainsi que d'avoir "soustrait des pièces de procédure pour faire obstacle à la manifestation de la vérité".

Aujourd'hui à la retraite, le juge Bruguière est celui qui a enquêté sur les faits reprochés à Carlos. Lors de son audition mercredi, il s'était prévalu d'avoir mené une instruction "hors norme". Dans la plainte qu'elle a déposée lundi, Me Isabelle Coutant-Peyre dit avoir découvert jeudi l'existence de "diverses correspondances adressées par Jean-Louis Bruguière à Detlev Mehlis, procureur général à Berlin", au cours de l'enquête.

Or ces courriers, qui "révèlent des pressions et menaces à l'encontre" de Magdalena Kopp "afin de l'obliger à témoigner", "ne figurent pas dans le dossier d'instruction en France", s'étonne l'avocate. D'après elle, c'est à la suite de ces pressions que Magdalena Kopp avait finalement été entendue en mai 1997 par les deux magistrats et qu'elle avait "répondu à toutes les questions qui lui étaient posées" au sujet de son époux.

Citée au procès de Carlos, Magdalena Kopp a fait savoir dans un courrier adressé à la cour qu'elle refusait de témoigner au vu de ses liens familiaux avec l'accusé, son époux et père de sa fille. La plainte déposée lundi vise également le procureur Detlev Mehlis pour "subornation de témoin". Jean-Louis Bruguière est déjà la cible d'une enquête préliminaire dans l'affaire Karachi. Les familles des victimes de l'attentat de Karachi accusent M. Bruguière, chargé de l'enquête de 2002 à 2007, de faux témoignage et d'entrave à la justice, en raison de l'absence d'un rapport d'autopsie au dossier. Dans des conclusions qu'elle doit déposer devant la cour, Me Coutant-Peyre demande le renvoi du procès "jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la plainte (...)

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/28/97001-20111128FILWWW00580-carlos-porte-plainte-contre-bruguiere.php

vendredi 25 novembre 2011

Carlos face à l'ex-juge Bruguière: dialogue "entre professionnels"

Face à l'ex-juge Jean-Louis Bruguière, présenté comme son ennemi intime, le "révolutionnaire" Carlos a remisé vendredi ses tirades incendiaires au profit de questions tatillonnes, d'un échange pointu, "entre professionnels", devant la cour d'assises spéciale de Paris.
Est-ce la lassitude après l'audition durant plus de cinq heures de l'ex-vedette du pôle antiterroriste, d'abord longuement interrogé par les trois avocats de la défense ? Ilich Ramirez Sanchez, 62 ans, n'était pas d'humeur belliqueuse lorsqu'est venu son tour, vers 16h00, de passer le magistrat sur le grill.
Oubliés les qualificatifs de "cocaïnomane", "malade", "agent ennemi" dont il a affublé Jean-Louis Bruguière, 68 ans, depuis le début de son procès. Place à des questions extrêmement pointues de l'accusé qui soulève de nombreux points de détails sur la procédure. Non sans accès de véhémence, mais sans agressivité à l'égard du juge qui a instruit son dossier durant 17 ans.
On y discute circulation d'explosifs entre le Moyen-Orient et la Roumanie, immunité de diplomates syriens en poste à Berlin-Est dans les années 1980 et, comme depuis le début de la semaine, contenu des archives de la Stasi.
"Ils parlent entre professionnels", s'excuse presque Me Isabelle Coutant-Peyre, l'une des avocates de Carlos.
Le hors sujet n'est jamais loin. "C'est le cousin germain de la mère de ma belle-mère", s'éparpille Ilich Ramirez Sanchez, régulièrement recadré par le président Olivier Leurent : "On a déjà fait le tour de la question ... Vous avez déjà expliqué tout ça ... On l'a déjà dit".
Mais après plus de six heures passées à la barre, le témoin-vedette n'est pas pressé de partir et s'offre, à l'issue de son audition, un bref aparté avec un Carlos souriant à travers la vitre du box.
"Dans mon cabinet, les auditions avec M. Ramirez Sanchez se sont toujours bien passées", avait assuré M. Bruguière, même si "sa relecture des dépositions était très longue et minutieuse".
Finalement, l'ancien juge d'instruction, à la retraite depuis 2007, aura eu davantage à en découdre avec les trois avocats de la défense face auxquels il a dû se justifier d'avoir négligé des pistes, interrogé un témoin "fantôme", versé des pièces "illégales" à sa longue enquête sur les quatre attentats imputés à Carlos.
"Vous avez une fâcheuse tendance à occulter des pièces qui ne vont pas dans le sens de votre instruction", lui a reproché Me Francis Vuillemin.
"Allez au bout de la question, a répliqué M. Bruguière, assurant n'avoir "jamais occulté de pièces et de documents dont (il) n'avait pas connaissance".
"Vous avez refusé d'entendre Chirac et d'interroger les services de la SNCF sur les réservations", faites dans "Le Capitole", le train Paris-Toulouse, où une bombe a fait 5 morts en 1982. Carlos et sa défense affirment que l'attentat visait Jacques Chirac, habitué de ce train et alors maire de Paris.
"La cible Chirac n'est pas avérée, a assuré l'ancien juge, assurant avoir vérifié les réservations en question.
Autre grief : s'être rendu en Jordanie pour assister à l'interrogatoire "aveugle" d'un suspect de plusieurs attentats, Ali Al Issawi. "Je répète que nous n'avons pas eu le droit de voir son visage", car il s'agissait d'une exigence des autorités jordaniennes, s'est justifié M. Bruguière à propos de ce témoin qualifié de "fantôme" par la défense. Ali Al Issawi, en fuite, est jugé par défaut devant les assises.
Comme lors de sa première audition devant la cour, mercredi, Jean-Louis Bruguière a dû se justifier d'avoir utilisé comme charges contre Carlos des documents, issus d'archives de la Stasi, sujets à caution selon la défense.

"J'ai cherché à recouper le plus possible les informations relatives aux faits dont j'était saisi".

http://www.lepoint.fr/societe/carlos-face-a-l-ex-juge-bruguiere-dialogue-entre-professionnels-25-11-2011-1400622_23.php

Des failles apparaissent dans l'accusation au procès "Carlos"

Des failles sont apparues vendredi dans l'accusation au second procès français de l'ex-ennemi public n°1 Ilich Ramirez Sanchez dit "Carlos", accusé de quatre attentats qui avaient fait 11 morts et près de 200 blessés en France en 1982 et 1983.
La défense a mis en lumière ces faiblesses du dossier à la faveur de l'interrogatoire à la cour d'assises de l'ancien magistrat antiterroriste Jean-Louis Bruguière, qui a instruit l'affaire durant 17 ans, entre 1990 et 2007, et notamment après la remise de Carlos par le Soudan à La France en 1994.
Il est apparu que la déposition à charge d'un acteur-clef recueillie par le juge en 2001 en Jordanie n'était pas signée et que ni le magistrat ni les policiers français qui l'accompagnaient n'avaient vu cet homme, censé avoir été questionné par des Jordaniens dans une autre pièce.
L'un des avocats de Carlos, Francis Vuillemin, a par ailleurs mis en lumière l'aspect jugé contestable d'autres éléments à charge très importants, les documents d'anciens services secrets de pays de l'est de l'Europe qui soutenaient alors Carlos.
Me Vuillemin a pris l'exemple de la Hongrie. "Lorsqu'on les lit, on s'aperçoit que 90% de ces rapports ne sont pas signés. Pour certains, ils ont fait l'objet de découpages et de collages réalisés par les autorités hongroises de 1993", a-t-il dit.
Il a fait remarquer que ces autorités mentionnaient par écrit dans leur envoi au juge français : "L'authenticité de ces documents n'est pas garantie et doit faire l'objet d'un contrôle sérieux".
Jean-Louis Bruguière ne l'a pas contesté mais a expliqué avoir recueilli d'autres documents et d'autres éléments présents dans le dossier qui, à ses yeux, confortent ce qui est rapporté par les pièces en question.
S'agissant de l'audition contestée de Jordanie, qui concernait le Palestinien Ali Kamal al Assawi, compagnon de Carlos, le juge a répondu que cette procédure d'audition non signée et sans rencontre avec le suspect était "courante" dans les pays arabes. Agé de 68 ans, ce suspect est aujourd'hui introuvable. Il est jugé par défaut à Paris.
Déjà condamné à perpétuité pour d'autres faits, Carlos est cette fois accusé d'avoir organisé les attentats le 29 mars 1982 contre le train Capitole Paris-Toulouse (5 morts et 77 blessés), le 22 avril 1982 rue Marbeuf à Paris devant le siège du journal El Watan (un mort et 63 blessés) et le 31 décembre 1983 dans le TGV près de Tain-l'Hermitage et à la gare Saint-Charles de Marseille (5 morts et 50 blessés au total).
L'accusé soutient que le juge s'est volontairement trompé d'auteurs et il impute les attentats notamment aux Syriens et aux Groupes antiterroristes de libération, un groupuscule anti-ETA financé par le gouvernement espagnol.
Le procès se termine mi-décembre.

http://www.lepoint.fr/societe/justice-des-failles-trouvees-dans-l-accusation-au-proces-carlos-25-11-2011-1400465_23.php

jeudi 24 novembre 2011

L'ex juge Bruguière se justifie au procès Carlos

Une "procédure hors normes", a témoigné d'entrée de jeu Jean-Louis Bruguière. L'ancien juge sommé de conter en détail l'instruction qu'il a menée pendant 17 ans et que la défense s'échine à mettre en pièces s'exprimait devant la cour d'assises spéciale de Paris au procès Carlos. Ce-dernier écoutait attentivement le juge derrière la vitre du box. Mais sa confrontation attendue avec l'accusé a été reportée à vendredi : voyant l'heure avancer, la défense a souhaité que les débats avec ce témoin clef soient interrompus mercredi soir pour mieux reprendre dans deux jours. L'ancien magistrat a entamé peu avant 18h sa déposition spontanée à la barre en reprenant la longue chronologie des instructions sur plusieurs dossiers mettant en cause Carlos qu'il a menées, séparément puis conjointement, de 1990 à 2007.
Déjà interrogé mercredi soir par la cour, les parties civiles et le parquet général, l'ancien juge antiterroriste devra encore l'être vendredi par la défense. Les questions risquent d'être nombreuses car les avocats de Carlos n'ont eu de cesse, depuis le début du procès, de mettre en pièces l'instruction pilotée par le magistrat. Ils lui reprochent un travail partial, mené uniquement à charge et dans un but finalement politique. Mercredi matin à nouveau, Jean-Louis Bruguière a dû entendre ses oreilles siffler : la défense a fait feu sur ses "méthodes inadmissibles" en l'accusant de "pression" et de "chantage" sur l'épouse de Carlos, l'Allemande Magdalena Kopp, pour l'obliger à témoigner au cours de l'instruction

http://lci.tf1.fr/filnews/france/l-ex-juge-bruguiere-se-justifie-au-proces-carlos-6837018.html

lundi 21 novembre 2011

Carlos affiche sa science des explosifs devant la cour d'assises

Ilich Ramirez Sanchez, dit "Carlos", s'est présenté lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris en fin connaisseur de l'univers des explosifs, tout en se gardant bien de faire le lien avec les quatre attentats commis dans les années 1980 pour lesquels il est jugé.
En ouverture de la troisième semaine du procès, la cour examinait lundi les différents systèmes d'explosifs utilisés dans quatre attentats commis en France en 1982 et 1983, qui ont fait 11 morts et près de 150 blessés.
A la barre, quatre anciens hauts gradés du laboratoire central de la préfecture de police, une institution dont les méthodes et les résultats font "référence au niveau international", rappelle l'un deux, Henri Vieillard.
Mais pour Carlos il n'y a pas d'experts qui tiennent et le Vénézuélien de 62 ans soumet plusieurs témoins à un interrogatoire technique serré sur les caractéristiques comparées de la pentrite, de la tolite ou de la nitroglycérine.
"Il est bien plus âgé que moi mais il y a des choses qu'il ne connaît pas dans son métier", lance-t-il un rien moqueur à l'ancien n.1 du laboratoire central de la préfecture de police, Claude Calisti.
"Vous vous y connaissez bien en explosifs. Vous avez appris ça pendant vos études de chimie à Moscou ?", renvoie à l'accusé le président de la cour Olivier Leurent. "On aurait dû vous embaucher dans les aéroports", ajoute le magistrat arrachant même un sourire à la défense.
Mais Carlos se garde bien de faire le lien entre sa science affichée des explosifs et une quelconque responsabilité dans la mise en oeuvre des quatre attentats pour lesquels il est jugé.
Depuis le début du procès, il refuse de dire s'il est ou non impliqué dans une opération, attendant que la justice française démontre la solidité de ses accusations.
Elle aura du mal à le faire en essayant d'identifier, dans le mode opératoire des quatre attentats, "une signature" commune. De la pentrite a été utilisée dans trois d'entre eux, de la tolite dans un quatrième.
Les auteurs d'attentats, d'une manière générale, "utilisent les explosifs qu'ils ont sous la main" pour commettre leurs actes, a expliqué Claude Calisti, en réponse à une question du président qui lui demandait si certains types d'explosif pouvaient être systématiquement attribués à tel ou tel mouvement.
Ensuite, "c'est surtout entre les dispositifs de mise à feu" que des rapprochements peuvent être faits, a-t-il ajouté.
Or, aucun dispositif de mise à feu n'a pu être retrouvé dans les quatre attentats jugés jusqu'au 16 décembre.
http://www.lepoint.fr/societe/carlos-affiche-sa-science-des-explosifs-devant-la-cour-d-assises-21-11-2011-1398558_23.php

jeudi 17 novembre 2011

Procès Carlos : ce 31 décembre 1983, "c'était l'apocalypse"

Vingt-huit ans après les faits, la cour d'assises spéciale de Paris a réveillé jeudi, à l'occasion du procès de Carlos, le souvenir "apocalyptique" de l'attentat meurtrier commis le 31 décembre 1983 dans la Drôme contre le TGV "Le Valenciennes", reliant Marseille à Paris. "C'était l'apocalypse", témoigne Michel Richardot, selon le compte-rendu de l'AFP. Et pourtant, cet ancien directeur de la police judiciaire de la région Rhône-Alpes en a vu d'autres, des cadavres et des catastrophes. Mais, "ces images, 28 ans après, je les ai encore dans la tête". La bombe qui explose ce soir-là à 19h42 dans la voiture n°3 du Valenciennes, au niveau de la commune de Tain L'Hermitage, fait trois morts et 13 blessés.
"C'était d'autant plus terrible (...) de voir la détresse des gens qu'on était" le soir du réveillon, ajoute-t-il, en décrivant ce TGV éventré et ces débris que l'on retrouve 400 mètres plus loin dans les jardins ou sur les toits des maisons. "C'était assez marquant de lâcher le foie gras et les langoustes pour trouver un train éventré avec du sang à l'intérieur, une odeur de poudre et des morceaux de chair humaine", acquiesce Patrick Charnet, un autre enquêteur "traumatisé" par l'attentat. Mais le cauchemar ne s'arrête pas là. Vingt-six minutes plus tard, un second colis piégé souffle la salle des consignes de la gare Saint-Charles à Marseille. Bilan : deux morts et 33 blessés.

Une dizaine de revendications fantaisistes parviennent aux enquêteurs, mais le 2 janvier, deux appels à des agences de presse semblent plus sérieux : le correspondant anonyme revendique le double attentat ferroviaire au nom de l'Organisation de la lutte armée arabe et le justifie par les raids aériens menés par l'armée française six semaines plus tôt à Baalbek, au Liban, contre une base chiite pro-iranienne.
"La main de Carlos"
Le 3 janvier, deux courriers manuscrits, postés de Berlin-Ouest, confirment cette piste : reçus par l'Agence France-Presse et l'Associated Press, ils adressent un "message au peuple français de l'Organisation de lutte armée arabe (...) à la mémoire des martyrs de Baalbek". "Cette revendication nous paraissait la plus plausible", témoigne l'enquêteur à la retraite, Alain Helfrich, qui se souvient qu'une expertise a démontré que ces deux lettres "avaient été écrites de la main de Carlos". En guise de contre-attaque, la défense relance la piste basque qui, selon elle, a été trop vite abandonnée. "La police le sait" que c'est le Groupe antiterroriste de libération (GAL), peste Carlos dans son box.

Dans les années 1980, le GAL lutte clandestinement contre les séparatistes basques de l'ETA. Or, quatre semaines avant le double attentat du 31 décembre 1983, un indicateur espagnol annonce à la police française que le GAL projette une attaque contre "une gare et un train". Une telle annonce, "c'est beaucoup plus et beaucoup mieux qu'une revendication !", s'exclame Me Francis Vuillemin, qui défend Carlos. Malheureusement, déplore sa consoeur, Me Isabelle Coutant-Peyre, "l'information est restée enfouie dans les services de police".

Pour l'accusation, qui décrit l'indic comme un "affabulateur", cette piste est farfelue. D'autant, pointe l'avocat général Olivier Bray, que le GAL n'était "pas suffisamment puissant pour organiser cet attentat". "Le GAL avait plutôt tendance à se débarrasser de gens avec des armes automatiques", abonde Michel Richardot. Autrement dit, le groupe préférait les assassinats aux attentats. De plus, il "limitait vraiment son action au Sud-Ouest". Ilich Ramirez Sanchez, alias "Carlos", est soupçonné d'avoir orchestré quatre attentats en 1982 et 1983 pour obtenir la libération de deux de ses compagnons d'armes.

lundi 14 novembre 2011

Carlos : "Je refuse de me déclarer innocent ou coupable"

"Je n'ai pas à nier, ni à affirmer." Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, a déclaré lundi à la cour d'assises spéciale de Paris qu'il refusait de se "déclarer innocent ou coupable" dans l'attentat de la rue Marbeuf qui avait fait un mort et 66 blessés le 22 avril 1982. Alors que la cour pensait avoir compris qu'il se disait "totalement étranger" à cet attentat, Carlos s'est énervé : "J'ai pas dit ça! Pourquoi je vous ferais ce plaisir? (...) J'ai rien à répondre à cette question (...) Je refuse de me déclarer innocent ou coupable. Vous m'accusez sans preuve", a-t-il encore lancé, accusant le ministère public d'avoir "bidonné, falsifié" ce dossier.
La cour d'assises spéciale de Paris, qui juge Carlos depuis le 7 novembre pour son implication présumée dans quatre attaques terroristes, examinait lundi l'attentat de la rue Marbeuf. La bombe, déposée dans un véhicule de location, une Opel Kadett orange immatriculée en Autriche et acheminée de Yougoslavie, avait explosé peu après 9h devant le 33 de la rue Marbeuf, un immeuble à deux pas des Champs-Elysées qui abritait au rez-de-chaussée le restaurant Chez Bébert, mais surtout, au 3e étage, le siège du journal Al Watan Al Arabi (La Nation arabe).

jeudi 10 novembre 2011

Pour Carlos, l'attentat du Capitole en 1982 visait Chirac, "c'est évident!"

Ilich Ramirez Sanchez a nié jeudi devant la cour d'assises spéciale de Paris toute implication dans l'attentat du "Capitole" qui a fait 5 morts en 1982, jugeant "évident" que cette attaque visait Jacques Chirac, habitué de ce train et alors maire de Paris.
"Il y a eu une rumeur disant que c'était dirigé contre M. Chirac qui à l'époque était maire de Paris et député de la Corrèze et à qui il arrivait de prendre le Capitole", a rappelé devant la cour le commissaire Jean-Jacques Plasseraud, aujourd'hui en retraite.
Mais, a-t-il poursuivi, "dans l'enquête, rien ne nous a ramenés vers M. Chirac", pour lequel "il n'y avait pas de réservation" dans ce train.
D'autant, a-t-il expliqué que "le 29 mars 1982 était un lundi, or il ne paraît pas d'usage que les parlementaires rentrent dans leur circonscription en début de semaine. Pour nous, sur le plan de l'enquête, (c'était) sans consistance."
Carlos, qui nie être impliqué dans cet attentat, assure que d'autres personnes l'ont commis et visaient Jacques Chirac.
Quelle preuve en a-t-il ? La bombe, dit-il, était "cachée derrière le siège de Jacques Chirac". "C'est évident !" s'est-il énervé. "Ce jour-là, il était en retard et ça lui a sauvé la vie". Et que l'on puisse penser à une autre piste, "c'est honteux !"
Le révolutionnaire s'appuie notamment sur une interview télévisée de Jacques Chirac du 14 juillet 2001.
Alors mis en difficulté par le journaliste qui l'interroge sur ces voyages "payés en espèces", le chef de l'Etat répond alors qu'il le fait "pour des raisons de discrétion et de sécurité".
C'est alors qu'il alimente la rumeur, en déclarant : "J'ai moi-même été l'objet d'un attentat dans le Capitole, que je n'ai pas pris à la dernière
Appels de revendication "bidon" minute."
L'attentat dit "du Capitole" est l'un des quatre pour lequel comparaît Carlos jusqu'au 16 décembre.
Selon l'accusation, le révolutionnaire aurait ainsi voulu faire pression sur le gouvernement pour obtenir le libération de sa compagne allemande, Magdalena Kopp, et du Suisse Bruno Bréguet, deux membres de son groupe arrêtés en février 1982 avec des armes et des explosifs.
Quelques jours plus tard, un courrier au ministre de l'Intérieur, Gaston Defferre, réclamait leur libération "dans un délai de trente jours", ultimatum assorti de "menaces de guerre" contre la France. Les empreintes digitales de Carlos étaient identifiées sur le document.
Un mois plus tard, une bombe explosait dans la soute à bagages du wagon numéro 18 du train express Paris-Toulouse faisant 5 morts et 28 blessés.
C'était "une vision d'horreur", a raconté Jean-Jacques Plasseraud. "Au fur et à mesure que je progressais vers l'avant, il n'y avait plus rien, (...) plus de compartiment, (...) plus de structure", mais "beaucoup de sang, de verre et de morceaux de chair".
Trois heures après, des "amis de Carlos" revendiquent l'attentat auprès de l'Agence France-Presse. Le lendemain, c'est la préfecture de police qui reçoit un coup de fil "au nom de l'amicale terroriste de Carlos", coup de fil suivi d'un appel identique à l'AFP.
Si Bréguet et Kopp ne sont pas libérés, dit au téléphone le correspondant anonyme, "nous avons d'autres projets encore plus désastreux".
"Le mouvement des amis de Carlos... ça fait pas très sérieux, c'est des gens qui ont fumé un pétard", a plaisanté jeudi l'accusé, qui assure que ces revendications, "ça n'a rien à voir avec nous".
Pour la première fois, il est d'accord avec l'avocat général, Jean-François Ricard, pour qui Carlos est bien impliqué dans l'attentat, mais n'a rien revendiqué : à ses yeux, "ces trois appels téléphoniques sont bidon". Et pour cause, car "la fameuse lettre envoyée à Gaston Defferre" avait été rendue publique "trois semaines plus tôt" et cela "pouvait servir à n'importe quel farfelu pour faire une quelconque revendication".
http://www.lepoint.fr/societe/pour-carlos-l-attentat-du-capitole-en-1982-visait-chirac-c-est-evident-10-11-2011-1394908_23.php
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