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mardi 16 février 2016

410 000 euros pour le docteur Muller

Acquitté du meurtre de son épouse le 31 octobre 2013 à Nancy au terme d’un troisième procès et ce, après deux condamnations à 20 années de réclusion criminelle (à Strasbourg en 2008 et à Colmar en 2010), Jean-Louis Muller, 60 ans, a toujours maille à partir avec la justice. Défendu par Me Eric Dupond-Moretti, l’ancien médecin alsacien souhaite en effet être indemnisé des 600 jours passés en détention provisoire (sur quatre périodes entre 2001 et 2011).
Le praticien réclame 2,1 millions d’euros : 150 000 euros pour le préjudice moral (choc carcéral, conditions de détention et souffrance psychologique) et 1,95 million d’euros pour son préjudice matériel (perte de son cabinet médical, de sa voiture, vente de sa maison, frais d’avocats et « perte de chance » de poursuivre son activité professionnelle). L’agent judiciaire de l’État, lui, propose un montant total de 89 000 euros…
En février 2015, le président de la cour d’appel de Nancy a fixé cette indemnisation à 367 000 euros, rejetant notamment la perte de chance, que l’ancien praticien estime à 1,25 million d’euros. Le magistrat a estimé que « ne relèvent pas de l’indemnisation les conséquences sur une vie personnelle ou sur une vie professionnelle des éventuelles incertitudes ou de la durée du traitement d’une affaire pénale ».

« On nous force la main pour continuer »

Saisie par l’ancien médecin, la Commission nationale de réparation des détentions, organe d’appel, vient de revoir la note à la hausse : 410 000 euros.
« Cette indemnisation, qui rectifie la décision de Nancy, est logique et cohérente sur certains aspects », relève Jean-Louis Muller, joint ce lundi, « mais est incorrecte en ce qui concerne la perte de chance, la perte de mon travail. On nous force la main pour continuer la procédure d’indemnisation… »
Le 8 novembre 1999, Brigitte Muller, 42 ans, avait été retrouvée morte dans le garage du domicile familial, à Ingwiller (Bas-Rhin), le crâne éclaté par une balle de 357 Magnum. L’arme gisait à ses pieds. L’affaire avait été classée par le parquet de Saverne avant d’être rouverte sur demande insistante de la famille de la victime. Deux ans jour pour jour après le décès de son épouse, le docteur Muller avait été mis en examen pour « homicide volontaire ». Au terme d’une instruction de six ans très mouvementée, avec pas moins de dix-huit expertises et contre-expertises, le praticien avait été renvoyé aux assises par la chambre de l’instruction. Et ce, contre l’avis du parquet général, qui avait requis un non-lieu.
http://www.dna.fr/justice/2016/02/16/410-000-euros-pour-le-docteur-muller

vendredi 6 mars 2015

Le docteur Muller fait appel

Jean-Louis Muller, ce médecin alsacien acquitté en octobre 2013 à Nancy pour le meurtre de son épouse, a fait appel de la décision du premier président de la cour d’appel de Nancy qui lui a accordé 367.000 € en dédommagement des 600 jours qu’il a passé derrière les barreaux. Le praticien, qui réclame 2,1 millions d’€, a en effet déposé un recours devant la Commission nationale de réparation des détentions. Cet appel devrait être examiné dans quelques mois.
Benoît Rault, premier président de la cour d’appel de Nancy, avait accordé à Jean-Louis Muller 74.000 € pour son préjudice moral (il en réclamait 150.000), 123.000 € pour ses pertes de revenus (demande : 260.000 €) et 170.000 € pour les autres préjudices matériels (demande : 440.000 €), notamment la perte du cabinet médical. Le magistrat n’avait en revanche pas accordé d’indemnisation pour la « perte de chance », estimée par l’ex-médecin à 1,25 million d’€. Dans sa décision, Benoît Rault avait indiqué que « les conséquences sur une vie personnelle ou sur une vie professionnelle des éventuelles incertitudes ou de la durée du traitement d’une affaire pénale » ne relevaient pas de l’indemnisation. Lors de l’audience, l’avocat de l’agent judiciaire de l’Etat avait proposé, lui, une indemnisation totale à hauteur de 89.000 €.
Pour Jean-Louis Muller, âgé aujourd’hui de 59 ans, ce recours est basé « sur le non-respect des recommandations faites par la Cour de cassation, à savoir que l’objectif de l’indemnisation doit être en mesure de “remettre le demandeur dans la situation où il se serait trouvé s’il n’avait pas été incarcéré”. Or, le premier président ne répare que très partiellement et non intégralement l’ensemble du préjudice causé et constaté. Il est incroyable dans un état de droit, face à un tel “saccage” (l’avocat général a parlé de tragédie humaine !) privé et professionnel, alors que la perte de chance est clairement admise par le parquet, l’agent judiciaire de l’Etat et même le premier président, de se voir arbitrairement rejeter son indemnisation sans motivation avérée, surtout dans le cadre d’une procédure criminelle sans crime ! L’absence totale de perte de chance est un vrai déni… ».
Le 8 novembre 1999, Brigitte Muller, 42 ans, avait été retrouvée morte dans le garage du domicile familial, à Ingwiller, le crâne défoncé par une balle de 357 Magnum. L’arme gisait à ses pieds. Suicide ? Meurtre ? Deux ans jour pour jour après le décès de son épouse, le docteur Muller avait été mis en examen pour meurtre. Au terme d’une instruction de six ans très mouvementée, le praticien avait été renvoyé aux assises, contre l’avis du parquet général qui avait requis le non-lieu.
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2015/03/06/le-docteur-muller-fait-appel

vendredi 20 février 2015

Acquitté pour le meurtre de sa femme, le Dr Muller obtient 367.000 euros de la justice

La Cour d'appel de Nancy à ordonné aujourd'hui le versement de plus de 367.000 euros d'indemnisation au docteur Jean-Louis Muller, en compensation de son incarcération indue. Le docteur Muller avait été acquitté en octobre 2013 du meurtre de sa femme, et avait passé 600 jours en prison.
Acquitté au bout de trois procès d'assises, Jean-Louis Muller réclamait plus de deux millions d'euros d'indemnisation, mais l'Etat ne lui en avait proposé que 89.000.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/02/20/97001-20150220FILWWW00096-aquitte-pour-le-meurtre-de-sa-femme-le-dr-muller-obtient-367000-euros-de-la-justice.php

lundi 3 novembre 2014

Le Dr Jean-Louis Muller dans "Faites entrer l'accusé"

L'émission de France 2 consacrée aux grandes affaires criminelles, "Faites entrer l'accusé", revenait samedi à 14h45 sur l'affaire Muller. Intitulé "Muller contre Muller", cet épisode, présenté par la journaliste Frédérique Lantieri (qui a remplacé Christophe Hondelatte) et Dominique Rizet, nous fait revivre cette affaire peu banale, qui a commencé il y a presque 15 ans jour pour jour, à Ingwiller. Ce soir-là, Brigitte Muller, l'épouse du Dr Jean-Louis Muller, est retrouvée morte, tuée d'une balle dans la tête, dans la salle de jeux des enfants, dans la maison familiale de ce village près de Saverne.
Si au départ, la thèse du suicide est privilégiée (classement sans suite en 2000), le Dr Muller est ensuite mis en cause, notamment parce qu'on a trouvé des résidus de poudre sur ses mains. Par la suite, il est condamné en première instance, par la cour d'assises de Strasbourg, en 2008. Il fait appel et est de nouveau condamné par la cour d'assises de Colmar deux ans plus tard. Le jugement est cassé par la Cour de cassation pour vice de forme et le Dr Muller est rejugé par la cour d'assises de Nancy en 2013, puis acquitté.
La justice a donc considéré que Mme Muller s'est suicidée et que Jean-Louis Muller est innocent.

Pour revoir cette émission:http://www.france2.fr/emissions/faites-entrer-l-accuse

http://www.dna.fr/justice/2014/11/03/le-dr-jean-louis-muller-dans-faites-entrer-l-accuse

dimanche 23 février 2014

Acquitté, le Dr Muller veut faire cesser la fiction d'Arte «Intime conviction»

Le Dr Jean-Louis Muller a assigné Arte pour faire cesser la fiction «Intime conviction» car il estime que cette dernière est inspirée de son affaire et lui porte «un préjudice considérable»...
Définitivement acquitté de l'accusation de meurtre de sa femme, le Dr Jean-Louis Muller a assigné Arte pour faire cesser la diffusion d'«Intime conviction». Il estime en effet que cette fiction est inspirée de son affaire et lui porte «un préjudice considérable», a-t-on appris de ses avocats samedi.
L'audience de référé est prévue mercredi à 11h au tribunal de grande instance de Paris. Succès d'audience, le téléfilm Intime conviction de Rémy Burkel avec Philippe Torreton et Camille Japy, a d'abord été diffusé le 14 février sur la chaîne franco-allemande. En parallèle, un site internet prolongeant cette fiction permet de suivre jusqu'au 2 mars le procès du suspect, «le docteur Villers», un médecin légiste comme le vrai Dr Muller. Ce jour-là, «le divertissement connaitrait son épilogue» avec la diffusion du verdict prononcé par un jury et «du résultat du vote des internautes», relèvent Maitres Eric Dupond-Moretti et Jérémie Assous dans leur assignation.

Des éléments «à charge»

Les avocats soulignent dans un tableau les similitudes entre la fiction produite par Maha Productions et la véritable affaire Muller: la profession du suspect, le lieu des faits, les armes retrouvées, jusqu'à la cicatrice au visage de l'épouse du docteur, causée par le sabot d'un cheval. Ils produisent aussi plusieurs articles de presse faisant le rapprochement entre fiction et réalité. «Loin d'être une fiction, Intime Conviction se fonde sur la vie et l'histoire du docteur Jean-Louis Muller», dénoncent les avocats. Mais selon eux, «des éléments imaginaires» ont été rajoutés, «tous à charge» et «ce programme a pour effet de salir le docteur Muller».

«Un préjudice considérable»

Fin octobre, Jean-Louis Muller, 58 ans, a été définitivement acquitté de l'accusation de meurtre de sa femme en 1999, après deux condamnations à 20 ans de prison. «En prenant le risque de remettre en cause, ne fut-ce que dans une partie de l'opinion publique» son innocence, Maha Productions et Arte «lui portent un préjudice considérable», ajoutent les avocats, pour qui l'oeuvre «piétine» cette innocence «judiciairement consacrée».
Jean-Louis Muller accuse Arte et Maha Productions d'atteinte au respect de sa vie privée. Il demande au tribunal qu'il ordonne de faire cesser la diffusion d'«Intime conviction», «sur quelque support que ce soit» et sous astreinte de 50.000 euros. Il réclame également 100.000 euros pour son préjudice et la publication de l'éventuelle condamnation sur la chaîne et le site internet de l'émission.

http://www.20minutes.fr/television/1306566-acquitte-le-dr-muller-veut-faire-cesser-la-fiction-d-arte-intime-conviction

vendredi 1 novembre 2013

Eric Dupond-Moretti : « Je terrorise les cons

Avec son physique de rugbyman, son ironie mordante et la rudesse de ses interrogatoires à la barre, l’avocat Eric Dupond-Moretti, qui vient d’obtenir une nouvelle victoire judiciaire, s’est imposé comme un champion des acquittements.
Le ténor du barreau de Lille en aurait arraché quelque 120, mais avoue ne plus les compter. « Je laisse cela à la presse », répète, faux modeste, le pénaliste de 52 ans, que les journalistes ont parfois surnommé « Acquitator ».
Craint par ses confrères, redouté par les magistrats, critiqué pour les « sales quart d’heure » qu’il promet à certains témoins, ce plaideur au timbre grave mais rond ne manque jamais de dénoncer le rouleau compresseur de la machine policière et judiciaire et entend rétablir « des procès équitables ».
« On dit que je terrorise les juges, c’est faux. Je terrorise les cons », a pris l’habitude de dire le pénaliste. Sa technique ? Décortiquer inlassablement les dossiers pour en déceler les contradictions, les légèretés, les raccourcis des enquêteurs, des experts, ou des psychiatres ; pour mieux instiller le doute qui doit profiter à l’accusé chez les jurés et emporter leur intime conviction. Car au fil de sa carrière entamée en 1984, Me Dupond-Moretti a constitué un dossier à charge contre la justice : Outreau, sa plus spectaculaire affaire, qui l’a fait connaître au grand public ; Loïc Sécher, accusé à tort de viols puis innocenté après la révision de son procès ; Jacques Viguier, le professeur de droit deux fois acquitté du meurtre de son épouse… Perpétuellement en déplacement entre deux cours d’assises, celui qui a défendu Yvan Colonna se compare volontiers à un « chanteur de variétés qui se produit dans les préfectures au fil des galas ».

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/11/01/maitre-dupond-moretti

Docteur Muller: l'incroyable acquittement - 01/11

Les larmes du Dr Muller après avoir été aquitté du meurtre de sa femme

Après avoir été condamné à deux reprises à 20 ans de prison pour le meurtre de sa femme en 1999, le docteur Jean-Louis Muller a finalement été acquitté par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle ce jeudi.


A l'énoncé du verdict, Jean-Louis Muller, qui comparaissait libre, s'est précipité en pleurs dans les bras de ses enfants et de sa compagne. Condamné à deux reprises à 20 ans de prison pour avoir déguisé le meurtre de sa femme en sucide en 1999, le médecin a finalement été acquitté jeudi par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle. Ayant répondu par la négative à la question de la culpabilité, "la Cour acquitte Jean-Louis Muller de l'accusation de meurtre contre lui", a annoncé sa présidente, Marie-Cécile Thouzeau, devant une salle comble. Auparavant, l'avocat général avait requis une nouvelle fois 20 ans de prison à son encontre.
"Ce n'est pas une victoire de la défense, c'est une victoire de la Justice contre l'injustice", a réagi l'avocat de la défense, Eric Dupond-Moretti. Sur le banc des parties civiles, où siégeait la famille de la victime, Brigitte, plusieurs cris et pleurs ont en revanche accueilli la décision des jurés populaires.
"Laisser retomber le soufflé" 
Evoquant "tous ceux qui sont passés par là, qui ont été injustement accusés, qui ont essayé de croire en la justice", Jean-Louis Muller a reconnu que "ça fait des dégâts". "Il faut laisser maintenant un peu retomber le soufflé, dire : 'Je suis  libre'", "je n'ai plus d'épée de Damoclès au-dessus de ma tête", a ajouté l'acquitté devant les journalistes, avant de quitter la Cour d'assises entouré de ses proches.

Le procès, entamé le 21 octobre, avait vu une succession de 18 experts de  toutes sortes expliquer à la barre que le suicide de Brigitte était "plutôt peu  probable", "bizarre", "pas vraiment plausible", mais sans jamais pouvoir être  catégoriques. Pourtant, des éléments souvent troublants, voire accablants avaient été mis en évidence contre le docteur Muller. L'absence d'empreintes sur l'arme, la présence de poudre sur ses mains, en quantité supérieure à celle retrouvée sur les mains de la victime, avait notamment nourri l'accusation, qui avait cru déceler "le machiavélisme" de Jean-Louis Muller. Mais "rien n'est exclu, rien n'est probant", avait résumé l'un des experts, laissant une forte empreinte de doute à l'ensemble des débats.
Dans son réquisitoire, l'avocat général avait exhorté jeudi les jurés à se  détacher de "la prudence des experts", pour "interpréter leur travail de manière énergique". "Vous ne pourrez pas dire que cette femme s'est suicidée", avait encore affirmé le représentant de l'accusation, en dépeignant cette documentaliste de 42 ans en mère de famille aimante et gaie. "Ce que vous ne démontrez pas, ça n'existe pas. Votre réquisitoire est une ratatouille", avait vivement rétorqué Me Eric Dupond-Moretti.

Lors de sa plaidoirie, le ténor du barreau de Lille s'était livré à une  démonstration de la scène du drame, devant la table au pied de laquelle le  cadavre de la victime avait été retrouvé, au sous-sol du pavillon familial. Devant les jurés, l'avocat avait insisté : "Le meurtre est absolument impossible". "Avec cette table, on a démontré qu'il était totalement innocent. J'atteste que Jean-Louis Muller est totalement innocent", a déclaré Eric Dupond-Moretti jeudi soir après ce verdict, qui marque le 120e acquittement de sa carrière.

jeudi 31 octobre 2013

Le Dr Muller a finalement été acquitté du meurtre de sa femme

Après avoir été condamné à deux reprises à 20 ans de prison pour le meurtre de sa femme en 1999, le docteur Jean-Louis Muller a été acquitté par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle ce jeudi.

Après avoir été condamné à deux reprises à 20 ans de prison pour le meurtre de sa femme en 1999, le docteur Jean-Louis Muller a été acquitté par la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle ce jeudi. Ayant répondu par la négative à la question de la culpabilité, "la Cour acquitte Jean-Louis Muller de l'accusation de meurtre contre lui", a annoncé sa présidente, Marie-Cécile Thouzeau, devant une salle comble.
Auparavant, l'avocat général avait requis une nouvelle fois 20 ans de prison à son encontre, l'accusant d'avoir maquillé en suicide le meurtre de son épouse Brigitte, le 8 novembre 1999 à Ingwiller (Bas-Rhin). "Ce n'est pas une victoire de la défense, c'est une victoire de la Justice contre l'injustice", a réagi l'avocat de la défense, Eric Dupond-Moretti.
Deux jurés populaires l'avaient jugé coupable en 2008 et 2010
Jean-Louis Muller, qui comparaissait libre, s'est précipité, en pleurs, dans les bras de ses enfants et de sa compagne. A deux reprises, des jurés populaires, en 2008 et 2010, devant les Assises du Bas-Rhin puis du Haut-Rhin, avaient jugé Jean-Louis Muller coupable.
La Cour de cassation avait annulé le verdict de condamnation en appel, et renvoyé l'affaire devant la Cour d'assises à Nancy pour un troisième procès, un cas de figure rarissime.
 

Nancy: le Dr Muller acquitté du meurtre de sa femme

Le docteur Jean-Louis Muller a été acquitté jeudi soir du meurtre de sa femme
 
Informations à suivre

Nancy : 20 ans requis contre le Dr Muller pour le meurtre de sa femme

Le parquet a requis jeudi 20 ans de prison à l'encontre du docteur Jean-Louis Muller, l'accusant d'avoir maquillé en suicide le meurtre de sa femme, lors de son troisième procès d'assises à Nancy.
C'est son troisième procès d'assises à Nancy. Le parquet a requis jeudi 20 ans de prison à l'encontre du docteur Jean-Louis Muller, l'accusant d'avoir maquillé en suicide le meurtre de sa femme. "Il a tué la mère, il a tué la femme, ça mérite 20 ans", a conclu l'avocat général Jacques Santarelli au terme d'une heure quinze de réquisitoire, au cours duquel il s'est attaché à démonter la thèse du suicide de Brigitte Muller, soutenue par l'accusé.
Jean-Louis Muller clame sans relâche que son épouse Brigitte s'est suicidée avec le Magnum 357 retrouvé entre ses pieds, dans la salle de jeux située au sous-sol de leur pavillon alsacien, le 8 novembre 1999. Mais par deux fois les juridictions criminelles ne l'ont pas cru et l'ont condamné à 20 ans de réclusion. La Cour de cassation a cependant annulé le deuxième verdict et ordonné la tenue d'un troisième procès, devant les assises de Meurthe-et-Moselle.
"Il y a un problème récurrent, c'est celui de la preuve"
"Vous ne pourrez pas dire que cette femme s'est suicidée", a lancé jeudi aux jurés le représentant du ministère public, d'un ton vif au débit rapide, teinté d'un accent méridionnal. "Il y a un problème récurrent, c'est celui de la preuve, mais le mot ne doit pas vous effrayer", a-t-il dit aux jurés. 
M. Santarelli a appelé la Cour à lire les résultats des expertises "sans la prudence des experts, mais de manière énergique. C'est votre travail d'interpréter", a-t-il souligné. "Vous n'avez rien qui contienne le germe d'une erreur judiciaire", a-t-il encore cherché à rassurer les jurés. Selon lui, le mobile est assez évident: la liaison entamée par la victime peu avant sa mort avec un autre homme. "Même à l'opéra, on voit ces choses-là", a-t-il relevé en citant l'exemple de Colombine "trompée tous les soirs par Colombin. Un jour, il apprend que Colombine a un amant. Et il la tue sur la scène".
Aucune empreinte sur le pistolet
Durant huit jours, des dizaines de témoins et d'experts se sont succédé à la barre pour raconter les éléments de ce drame à huis clos, sans témoins. Des éléments souvent troublants, voire accablants contre le Dr Muller. C'est d'abord le fait qu'aucune empreinte n'ait été décelée sur le pistolet qui trouble, ni celle de la victime, ni celle de l'accusé, laissant entendre que l'arme aurait pu être nettoyée, bien que des matières organiques aient été retrouvées sur l'arme, comme le rappelle inlassablement la défense.
De même, de la poudre a été retrouvée sur les mains du médecin, davantage que sur celles de sa femme, ce qui constitue pour l'accusation l'une des charges principales contre ce généraliste qui comparaît libre. Reste que les constatations scientifiques relevées par pas moins de 18 expertises et contre-expertises n'ont apporté aucune certitude. "Rien n'est exclu, rien n'est probant", a ainsi résumé l'un d'entre eux, tant la scène du drame, une pièce maculée de sang et de matières organiques, n'a pu livrer les secrets de la mort de Brigitte Muller, une documentaliste de 42 ans. Pouvait-elle se suicider ? "Non !", ont hurlé l'accusation et les parties civiles, en dépeignant le portait d'une femme joyeuse, bonne mère.
Muller bavard et parfois convaincant
Dans son box, Jean-Louis Muller est apparu bavard et parfois convaincant, loin de l'image arrogante, voire pénible, qu'il avait laissé aux jurés de ses deux premiers procès. A Nancy, ce troisième procès a été marqué par l'affrontement permanent entre l'avocat de la défense, le ténor Me Eric Dupond-Moretti, et son contradicteur de la partie civile, Me Marc Vialle, qui ont instauré une ambiance électrique dans la salle.
Dans sa plaidoirie, mercredi soir, Me Vialle a affirmé avoir vu, "dans le seul œil qu'il restait (à Brigitte) l'image de la terreur", après un interrogatoire serré de l'accusé, qui a réaffirmé son innocence. L'avocat général Jacques Santarelli doit requérir jeudi matin, avant la plaidoirie d'Eric Dupond-Moretti. Le verdict est attendu dans la soirée.

 http://lci.tf1.fr/france/justice/deja-juge-deux-fois-coupable-le-dr-muller-fixe-jeudi-sur-son-sort-8302586.html

Déjà jugé deux fois coupable, le Dr Muller fixé jeudi sur son sort

Jeudi, à Nancy, les jurés d'assises doivent rendre un nouveau verdict dans l'affaire du docteur Jean-Louis Muller qui clame sans relâche que son épouse Brigitte s'est suicidée. Par deux fois la juctice ne l'a pas cru et l'a condamné à 20 ans de réclusion.
Le docteur Jean-Louis Muller a-t-il été jugé deux fois à tort coupable d'avoir maquillé le meurtre de sa femme en suicide ? Jeudi, à Nancy, les jurés d'assises doivent rendre un nouveau verdict dans ce dossier aux airs de "Cluedo", sans aveux ni témoins. 
Jean-Louis Muller clame sans relâche que son épouse Brigitte s'est suicidée avec le Magnum 357 retrouvé entre ses pieds, dans la salle de jeux située au sous-sol de leur pavillon alsacien, le 8 novembre 1999. Mais par deux fois les juridictions criminelles ne l'ont pas cru et l'ont condamné à 20 ans de réclusion. La Cour de cassation a cependant annulé le deuxième verdict et ordonné la tenue d'un troisième procès, devant les assises de Meurthe-et-Moselle.
Aucune empreinte sur le pistolet
Durant huit jours, des dizaines de témoins et d'experts se sont succédé à la barre pour raconter les éléments de ce drame à huis clos, sans témoins. Des éléments souvent troublants, voire accablants contre le Dr Muller. C'est d'abord le fait qu'aucune empreinte n'ait été décelée sur le pistolet qui trouble, ni celle de la victime, ni celle de l'accusé, laissant entendre que l'arme aurait pu être nettoyée, bien que des matières organiques aient été retrouvées sur l'arme, comme le rappelle inlassablement la défense.
De même, de la poudre a été retrouvée sur les mains du médecin, davantage que sur celles de sa femme, ce qui constitue pour l'accusation l'une des charges principales contre ce généraliste qui comparaît libre. Reste que les constatations scientifiques relevées par pas moins de 18 expertises et contre-expertises n'ont apporté aucune certitude. "Rien n'est exclu, rien n'est probant", a ainsi résumé l'un d'entre eux, tant la scène du drame, une pièce maculée de sang et de matières organiques, n'a pu livrer les secrets de la mort de Brigitte Muller, une documentaliste de 42 ans. Pouvait-elle se suicider ? "Non !", ont hurlé l'accusation et les parties civiles, en dépeignant le portait d'une femme joyeuse, bonne mère.
Muller bavard et parfois convaincant
Dans son box, Jean-Louis Muller est apparu bavard et parfois convaincant, loin de l'image arrogante, voire pénible, qu'il avait laissé aux jurés de ses deux premiers procès. A Nancy, ce troisième procès a été marqué par l'affrontement permanent entre l'avocat de la défense, le ténor Me Eric Dupond-Moretti, et son contradicteur de la partie civile, Me Marc Vialle, qui ont instauré une ambiance électrique dans la salle.
Dans sa plaidoirie, mercredi soir, Me Vialle a affirmé avoir vu, "dans le seul œil qu'il restait (à Brigitte) l'image de la terreur", après un interrogatoire serré de l'accusé, qui a réaffirmé son innocence. L'avocat général Jacques Santarelli doit requérir jeudi matin, avant la plaidoirie d'Eric Dupond-Moretti. Le verdict est attendu dans la soirée.

http://lci.tf1.fr/france/justice/deja-juge-deux-fois-coupable-le-dr-muller-fixe-jeudi-sur-son-sort-8302586.html
 

mercredi 30 octobre 2013

Nancy :« là, il est tout sec ? »

C’est peu dire que le témoignage des gendarmes, présenté quasiment comme un scoop censé prouver la culpabilité de Muller, était attendu. Diablement intéressant en effet d’entendre pourquoi ces militaires de la brigade territoriale de Bouxwiller n’ont pas révélé, durant 14 longues années, ce qu’ils assurent avoir observé. Quoi précisément ? Que Jean-Louis Muller avait, à leur arrivée, à 21 h 55, « les cheveux mouillés », qu’il leur « avait dit qu’il avait du sang sur lui », en clair qu’il avait pris une douche ! Et pour qui sait lire entre les lignes, qui dit douche induit sourdement culpabilité du médecin.
À la barre, le premier gendarme confirme qu’il a constaté que « ses cheveux étaient mouillés. Pas humides mais très mouillés, comme s’il sortait de la douche. C’est le seul souvenir qu’il me reste ».
« Avez-vous entendu Muller dire qu’il avait eu du sang sur lui ? », questionne la présidente Thouzeau. « Je ne me souviens plus… », répond le militaire. La magistrate le regarde comme une bête de foire, lui fait remarquer que cette information fondamentale ne figurait pas sur le PV de constatations. « Ce PV, je l’ai simplement signé, je ne l’ai pas rédigé. C’était mon premier poste en brigade départementale, j’étais en observation… ».
« L’affaire a été très médiatisée », poursuit la présidente. « Durant 14 ans, vous ne vous êtes pas manifesté, vous ne vous êtes pas rendu compte que cette information était capitale ? ». Long silence gêné…
« J’avais un adjoint alcoolique… »
Le second gendarme fait preuve de davantage d’assurance. « En attendant le major avec mon collègue, j’ai constaté qu’une partie du tee-shirt de Jean-Louis Muller ainsi que ses cheveux étaient humides. J’ai tout de suite eu cette impression : ‘’ Tiens, il s’est douché ! ‘’. Ça m’a étonné, c’est un souvenir qui ne m’a plus jamais lâché… Je ne l’ai pas entendu parler de sang. Quand les autres gendarmes sont arrivés, je leur ai dit qu’il y avait deux ou trois choses bizarres. Le major m’a aussitôt répondu : ‘’ Hop, hop ! Il y a la brigade de recherches qui est là, on est dessaisi ! ‘’. Mais ils savent tous ce qu’on a vu ce soir-là et ce qu’on a dit… ».
Le major, désormais à la retraite, ne se souvient plus… « C’était une découverte de cadavre. Nous, c’est simple : c’était le gel des lieux, aviser la compagnie et le parquet. Et puis, j’avais beaucoup de travail et un adjoint alcoolique… ». « Chutologue » il y a quelques jours, 357 Magnum en main près de la table en L, Me  Dupond-Moretti s’est mué hier en « douchologue ». Il se campe en face d’un des gendarmes : « Bon, admettons que Muller a pris une douche pour effacer les traces de sang. Il l’a forcément prise avant 21 h 24, avant d’avoir prévenu les secours. Donc, il prend une douche avant 21 h 24 et, quand vous arrivez, à 21 h 55, il a encore les cheveux mouillés ? Et les autres gendarmes, quand ils arrivent, à 22 h, eux, ils ne remarquent rien ? Là, il est tout sec.? ».
« Vous avez triché ! »
Promis aux auspices les plus sombres, le commandant de police qui a mis la main sur les deux gendarmes amnésiques dans des conditions assez obscures défend son enquête bec et ongles. À la barre, harcelé par Dupond-Moretti, il plie, comme un roseau frêle, mais ne rompt pas. Il s’offusque même : « Vous êtes dans une continuelle attitude d’intimidation ! ». Pour le policier, « le maquillage de la scène de crime est à la hauteur des qualifications professionnelles » (NDLR : de légiste) du médecin.
L’avocat, lui, accuse le flic d’avoir « copieusement triché ». « Lors de la garde à vue, vous avez assuré, à deux reprises, que le tir avait été effectué de gauche à droite. C’est faux ! Les expertises, dont on disposait, faisaient état du contraire ».
« On attendait les résultats d’une expertise et le juge les a eus dans un premier temps par oral », souligne le policier. « L’expert lui a indiqué qu’il était possible que le tir soit effectué ainsi (NDLR : le juge d’instruction viendra confirmer plus tard à la barre). J’ai donc posé la question au docteur Muller ». Déposé quelques semaines plus tard, le rapport définitif assurera que le tir était de droite à gauche…

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/10/30/la-il-est-tout-sec

mardi 29 octobre 2013

Procès du Dr Muller. Un témoin surprise mis en difficulté

Un témoin surprise a été mis en difficulté mardi au procès du docteur Muller à Nancy, la présidente s’étonnant que ce gendarme ait attendu 14 ans pour apporter des éléments à charge contre l’accusé, soupçonné d’avoir maquillé en suicide le meurtre de son épouse.
Ce gendarme appelé à la barre mardi était arrivé sur les lieux du drame le 8 novembre 1999 en compagnie notamment d’un autre collègue lui aussi appelé à témoigner mardi à la barre, après l’alerte donnée par Jean-Louis Muller, qui avait annoncé que sa femme s’était suicidée dans la cave de leur domicile d’Ingwiller (Bas-Rhin).
14 ans de silence
« En arrivant sur les lieux, j’ai constaté que le Dr Muller avait les cheveux mouillés », a affirmé ce gendarme qui n’avait jamais évoqué auparavant cet élément vieux de 14 ans. « C’est comme s’il sortait de la douche, c’est le seul souvenir qui me reste », a insisté le témoin, évoquant « quelques flashs ».
« Comment vous avez pu ne pas vous rendre compte pendant 14 ans que cette information était capitale ? », lui a lancé la présidente, Marie-Cécile Thouzeau, sans recueillir de réponse.
Sa déposition devant la Cour d’assises de Meurthe-et-Moselle ne correspond pas au procès-verbal qu’il a signé à l’époque.
Des informations inédites
Il était invité à témoigner, avec son collègue, après que le directeur d’enquête a révélé à la Cour lundi après-midi avoir recueilli« incidemment » ces informations inédites auprès des deux hommes.
La présidente, incrédule, l’a interrogé sur la possibilité de cheveux mouillés par la sueur : « Peut-être », a répondu le gendarme, bredouillant ne plus se souvenir si M. Muller « avait le visage mouillé, ni comment il était habillé ».
« Qu’est-ce qui vous a fait penser qu’il sortait de la douche ? », a encore insisté la présidente. « Je n’ai pas parlé de douche », lui a répondu le témoin.
Jean-Louis Muller avait donné l’alerte à 21 h 24. Les gendarmes étaient arrivés une demi-heure plus tard, alors que les pompiers, un médecin et la famille étaient déjà sur place.
Éric Dupond-Moretti. « Même sous la douche, il téléphone ? »
Entre l’appel aux gendarmes et l’arrivée des militaires, le docteur Muller a passé six appels téléphoniques, a relevé l’avocat de la Défense, Me Eric Dupond-Moretti. « Même sous la douche, il téléphone ? », s’est interrogé l’avocat, jugeant le témoignage du gendarme peu crédible.
Jean-Louis Muller, qui comparaît libre, a déjà été condamné à deux reprises à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme, avant qu’une décision de la Cour de cassation n’ordonne un troisième procès devant les assises de Meurthe-et-Moselle.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Proces-du-Dr-Muller.-Un-temoin-surprise-mis-en-difficulte_39382-2243971_actu.Htm

 

Coup de théâtre au procès Muller : la Cour d'assises ordonne l'audition de deux gendarmes

Le procès à Nancy du Dr Jean-Louis Muller, accusé d'avoir maquillé le meurtre de sa femme en suicide, a connu un rebondissement lundi lors du témoignage du directeur d'enquête. La Cour a ordonné l'audition de deux témoins surprise ce mardi.
Rebondissement inattendu au procès du docteur Muller, accusé d'avor maquillé le meurtre de sa femme en suicide. Le directeur d'enquête a annoncé à la barre avoir récemment recueilli, en préparant son audition devant la Cour, des confidences de deux gendarmes, selon lesquels le médecin "venait manifestement de prendre une douche" avant de donner l'alerte et de recevoir les enquêteurs sur les lieux du drame. Ces deux gendarmes étaient arrivés au domicile familial d'Ingwiller, dans le Bas-Rhin, le 8 novembre 1999, une demi-heure après l'appel téléphonique de  Jean-Louis Muller à la gendarmerie, a raconté le directeur d'enquête.
 
 "Ils m'ont dit : ‘Quand il nous a ouvert, il avait les cheveux mouillés ; pour moi, il venait de prendre une douche. Il avait encore des traces d'humidité sur les vêtements'", selon le directeur d'enquête. Conséquence immédiate de cette révélation, la Cour d'assises a décidé d'entendre dès ce mardi ces deux témoins surprise, ainsi que leur supérieur de l'époque, un major de gendarmerie, puisque les trois enquêteurs avaient signé le même procès-verbal.
  
"Ca commence à bien faire !"
Devant les jurés, le directeur d'enquête a expliqué que c'est en préparant son dossier, dans la perspective de témoigner au procès, qu'il s'était aperçu qu'il lui manquait certaines pièces. Afin d'obtenir ces pièces égarées, il avait contacté vendredi l'un de ses amis, capitaine de gendarmerie, lequel lui aurait conseillé de joindre les deux  gendarmes. "Vous leur avez demandé pourquoi ils ont attendu 14 ans pour donner ces éléments?", a interrogé la présidente de la Cour d'assises, Marie-Cécile  Thouzeau, avant que l'avocat de la défense, Me Eric Dupond-Moretti, se dise pour sa part "extrêmement dubitatif".
  
Pour la première fois depuis le début de son procès, ce rebondissement a fait sortir Jean-Louis Muller de ses gonds, quand il a lancé à la Cour : "Ca  commence à bien faire!". "Quinze ans après, deux gendarmes racontent n'importe quoi ! Moi, on me chie dessus ! Il y en a marre !", a-t-il poursuivi, excédé.

Les révélations tardives des deux gendarmes, à l'époque simples agents de police judiciaire et non officiers, sont apparues d'autant plus étonnantes que le procès verbal qu'ils avaient signé à l'époque ne faisait pas part de leurs "impressions" relatives à cette douche. "Quand les gendarmes sont arrivés, il y avait les pompiers, un autre médecin, la mère et la soeur de M. Muller... Pourquoi ces éléments n'ont-ils jamais été portés à la connaissance de la Justice ?", a encore interrogé Me Dupond-Moretti.
Une femme désepérée ? 
Vendredi, le témoignage de l'amant de la femme du docteur Jean-Louis Muller était venu fragiliser l'accusation. Ce chercheur au CNRS, que Brigitte Muller avait  rencontré un mois avant sa mort, et avec qui elle entretenait une relation  platonique, à l'exception d'un baiser, a expliqué qu'elle "n'était pas heureuse" et même "désespérée". Il a reconnu qu'elle "était dans une grande incertitude dans son couple". Mais il a affirmé qu'une séparation de Brigitte d'avec son époux Jean-Louis n'avait "pas été évoquée".

Jean-Louis Muller a toujours affirmé n'avoir découvert l'existence de cet amant qu'après la mort de son épouse. Le corps de Brigitte Muller avait été retrouvé au soir du 9 novembre 1999, dans la salle de jeux située au sous-sol du domicile familial, un Magnum 357 entre les pieds. Les parties civiles ont toujours mis en doute le scénario initialement retenu du suicide, en affirmant que Brigitte Muller ne présentait pas de traits de caractère laissant penser un acte désespéré.

Jean-Louis Muller, qui comparaît libre, a déjà été condamné à deux reprises à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme, avant qu'une décision de la Cour de cassation n'ordonne un troisième procès devant les assises de Meurthe-et-Moselle, à Nancy.

http://lci.tf1.fr/france/justice/coup-de-theatre-au-proces-muller-la-cour-d-assises-ordonne-l-audition-8301445.html

lundi 28 octobre 2013

Procès Muller : 2 témoins surprise entendus

Le procès à Nancy du Dr Jean-Louis Muller, accusé d'avoir maquillé le meurtre de sa femme en suicide, a connu un rebondissement lundi, la Cour ordonnant l'audition de deux témoins surprise, des gendarmes selon lesquels l'accusé se serait douché avant d'accueillir les enquêteurs le soir du drame.
A la barre, le directeur d'enquête a annoncé avoir récemment recueilli, en préparant son audition devant la Cour, des confidences de deux gendarmes, selon lesquels le médecin "venait manifestement de prendre une douche" avant de donner l'alerte et de recevoir les enquêteurs sur les lieux du drame.
Ces deux gendarmes étaient arrivés au domicile familial d'Ingwiller (Bas-Rhin), le 8 novembre 1999, une demi-heure après l'appel téléphonique de Jean-Louis Muller à la gendarmerie, a raconté le directeur d'enquête.
"Ils m'ont dit: +Quand il nous a ouvert, il avait les cheveux mouillés; pour moi, il venait de prendre une douche. Il avait encore des traces d'humidité sur les vêtements+", selon le directeur d'enquête.
 

Nancy : Semaine décisive pour Muller

C’est une affaire judiciaire comme il existe peu. Sans aveux, sans témoins. Une affaire à l’ancienne, de huis clos, de traces, de timing. Une affaire de Cluedo. Le Colonel Moutarde, dans la bibliothèque, avec le chandelier…
Brigitte Muller, 42 ans, s’est-elle suicidée, d’un coup de 357 Magnum dans la tête, ce 8 novembre 1999, au sous-sol du domicile familial d’Ingwiller ?
Son mari, unanimement décrit comme colérique et sanguin, l’a-t-il tuée, se livrant ensuite à une macabre mise en scène post-mortem ?
La question demeure à l’aube des quatre derniers jours du procès du praticien, condamné à deux reprises à 20 ans, en 2008 puis 2010, avant que la Cour de cassation n’annule le verdict.
Le médecin assure qu’il a commencé à regarder un film à la télé et qu’« aux alentours de 21 h », il a entendu « un bruit sourd dans la cave ». Il serait alors descendu, aurait pénétré dans la salle de jeux et, au pied de la table en L supportant le train électrique des enfants, aurait découvert son épouse baignant dans une mare de sang, le crâne éclaté.
Depuis des années, Jean-Louis Muller répète à l’envi que son épouse était suicidaire, qu’elle s’était mal remise d’un accident de cheval, avait des problèmes à son travail et consultait un psy.
Le psychiatre qui examiné le dossier médical de Brigitte a, lui, un avis divergent.
Il déposera cet après-midi. Pour lui, l’épouse du docteur Muller n’était pas dépressive. Ce rapport est important dans le cheminement de l’enquête, c’est en effet à sa suite que l’instruction, rouverte en mars 2000 pour « recherche des causes de la mort » a pris la qualification de « meurtre ».

Une arme nettoyée ?

Le médecin a-t-il par ailleurs découvert que sa femme entretenait depuis quelque temps une liaison extraconjugale ? Le jour des faits, Brigitte et son amant ont ainsi été deux fois en relation téléphonique. Pour l’accusation, le mobile n’est pas loin. Et le toubib, au terme d’une discussion animée, aurait abattu son épouse. Tâché de sang, il se serait alors changé avant d’appeler les secours à 21 h 24.
Certains éléments peuvent troubler. Davantage de résidus de tirs sur les mains de Jean-Louis Muller que sur celles de son épouse et surtout aucune empreinte digitale relevée sur le revolver et la valisette qui contenait cette arme.
Une arme qui pourrait avoir été nettoyée, dixit un expert. Impossible selon Me Dupond-Moretti, « il y a de la matière organique dessus ». Les résidus de tir ? Muller assure qu’il a été « contaminé » par le nuage aérosol de poudre qui s’est immanquablement formé après le coup de feu.

Juges et avocate générale à la barre !

Décisive, cette semaine sera sans doute de nouveau marquée par d’intenses palabres, 357 Magnum en main, autour de la fameuse table « en L » installée au milieu de la salle. Elle sera également marquée par les témoignages des parties civiles (aujourd’hui), les expertises psychologique et psychiatrique de l’accusé (demain) mais aussi par les interrogatoires de témoins que l’on a peu l’habitude de voir à la barre d’un prétoire : les deux juges qui se sont succédé à l’instruction mais aussi l’avocate générale Madeleine Simoncello, qui, à l’époque des faits, dirigeait le parquet de Saverne.
C’est elle qui occupait le siège du ministère public lors du second procès du docteur Muller, à Colmar, en juin 2010.
Elle a été citée à comparaître par Me Dupond-Moretti. L’avocat assure avoir « quelques questions à lui poser… »

 http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/10/28/semaine-decisive-pour-muller-vjqs

dimanche 27 octobre 2013

Procès du Dr Muller: la thèse du suicide recule

L'affaire Muller, du nom de ce médecin légiste alsacien accusé du meurtre de son épouse, a toujours été empreinte du sceau du doute. L'homme, jugé pour la troisième fois depuis lundi, clame depuis les faits, en 1999, que sa femme s'est suicidée. Mais depuis deux jours, l'accusation qui a toujours soutenu la thèse du meurtre a marqué des points.

Brigitte Muller a été retrouvée morte le soir du 8 novembre 1999, par arme à feu, dans la salle de jeu des enfants du couple. C'est son mari qui a prévenu les gendarmes. A l'époque, le parquet a conclu à un suicide, et une autorisation d'incinérer a été délivrée quelques jours après le drame. Ce sont des doutes, émis par la famille de la victime, qui ont finalement abouti à l'ouverture d'une enquête.

Pas de trace sur le pistolet

Pour son troisième procès après cassation devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle, Jean-Louis Muller s'est armé d'un ténor du barreau, Me Eric Dupont-Moretti. Mais à la fin de la première semaine de procès - il doit durer jusqu'au 31 octobre -, la thèse du meurtre défendue par l'accusation a été la plus convaincante.

Jeudi, la Cour est en effet revenue sur l'argument le plus net en faveur du meurtre: l'absence de trace sur le pistolet 357 Magnum utilisé. Comment une personne a-t-elle pu se suicider sans que l'arme porte la moindre trace? "Soit la victime portait des gants, soit l'arme a été essuyée", a répondu devant la Cour l'expert qui l'a analysée.

"Fine pellicule grasse"

Cet homme, Jacques Peuziat, a souligné qu'il n'y avait "ni trace sur l'arme, ni sur les munitions". Ni empreinte, ni dépôt de sueur... "On retrouve seulement deux traces partielles sur la valisette de transport de l'arme, mais qui n'appartiennent ni à la victime, ni à l'accusé."

A cet argumentaire, Me Dupont-Moretti a rétorqué que "l'arme n'a pas été nettoyée, puisqu'elle a été retrouvée recouverte de matière organique" - une "fine pellicule grasse" relevée par l'expert. Mais pour l'accusation, l'arme a pu être essuyée, puis projetée à un endroit où se trouvaient des déchets organiques...

Peur des armes

Et puis ces armes que collectionnait son mari, Brigitte "en avait peur". Son ex beau-frère, appelé vendredi à la barre, a indiqué qu'elle lui avait confié un jour: "S'il m'arrive quelque chose, il ne faut pas croire Jean-Louis", relate France Inter qui couvre le procès. "Elle s'en amusait, elle disait ça en riant", a ajouté Philippe Lacour. "Moi, ça m'avait glacé."

"Une bonne mère", "des projets", "elle n'aimait pas les armes"... Toute la journée de vendredi, les proches de la victime ont défilé à la barre en déniant que la victime ait pu avoir des tendances suicidaires. Des points précieux pour l'accusation. Me Dupont-Moretti, surnommé "Acquittator", aura fort à faire la semaine prochaine pour prouver que son client a raison.


 http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=newssearch&cd=4&cad=rja&ved=0CEMQqQIoADAD&url=http%3A%2F%2Fwww.bfmtv.com%2Fsociete%2Fproces-dr-muller-these-suicide-recule-632244.html&ei=IC9tUsr3CqaJ0AXNwIH4CA&usg=AFQjCNEdKc2wq6rm0KmYsrKWg1tAZq3VBw&sig2=FaPwM56FZ-FHC_5vGgw8yw&bvm=bv.55123115,d.d2k

Une arme sans empreintes

Un suicide sans empreintes digitales sur l’arme est toujours éminemment suspect. C’est un peu ce qu’est venu dire hier matin le technicien de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) qui a examiné le revolver Ruger calibre 357 Magnum, les 5 munitions (dont 3 percutées) retrouvées dans le barillet ainsi que la valisette noire qui contenait l’arme. Et ses conclusions sont diablement troublantes…
Si on ne retrouve que « deux traces partielles, à l’intérieur de la poignée de la valisette qui contenait l’arme », elles ne correspondent « ni aux empreintes de Jean-Louis Muller ni à celles de son épouse ». Sur la valisette elle-même et le revolver ? Aucune empreinte digitale…
« Il y a sur ce 357 Magnum une fine pellicule de matière grasse. Du lubrifiant », détaille Jacques Peuziat. « Normal quand il s’agit d’une arme entretenue ». Interrogé par la présidente sur le rôle joué par cette huile sur le dépôt d’empreintes, l’expert répond que celles-ci peuvent « se diluer quand on saisit l’arme », fait également remarquer qu’en plus de l’absence d’empreintes exploitables, identifiables, il n’y a pas non plus « de dépôts aminés ». « Et, normalement, on devrait quand même en trouver ».
« Est-il plausible qu’en tenant cette arme à pleine main, on ne laisse aucune trace ? » questionne la présidente. « C’est en effet un peu bizarre, s’étonne l’expert. S’il s’agit d’un néophyte, on peut penser retrouver des traces, c’est-à-dire des dépôts aminés, voire des empreintes. Pour moi, la personne qui a manipulé le revolver portait des gants ou a essuyé l’arme ».
Pour Me Dupond-Moretti, l’arme, « sur laquelle on a trouvé des petits morceaux de matière organique », n’a pas été nettoyée. L’avocat général Jacques Santarelli lui rétorque qu’elle a pu l’être avant d’être jetée à terre.
Gros cumulus au-dessus du praticien alsacien. À la barre, son ancienne associée, qui sort la « Grosse Bertha ». « Il y a eu des problèmes d’argent, des dépenses inconsidérées. On avait décidé de prendre chacun une petite voiture, lui, il a pris un Toyota Rav 4 ! »

« Lui, il risque 20 ans ! »

Les deux associés, qui ne s’entendent plus, se séparent fin 1997. « Un jour, au cabinet, il est entré dans mon bureau avec un fusil. Il m’a insultée et menacée : “je vais te tuer !” ». La présidente fait remarquer que la plainte fait seulement état de « menaces de mort par parole » et que la déposition a été signée. « Oui, mais les gendarmes, vous savez comment ils sont, hein ? À Bouxwiller, ils étaient pour lui ! »
« Je vous raconte une anecdote », poursuit l’ancienne associée. « Jean-Louis Muller avait une cour commune avec sa sœur, qui avait un gros chien. Il en avait marre de ramasser les crottes. Brigitte Muller m’a dit qu’un jour, il est parti avec le chien et un fusil. Il n’y a plus jamais eu de chien… Quand quelque chose ne va pas dans sa vie, il le supprime. Madame Muller m’avait dit qu’elle ne s’entendait plus avec son mari, qu’elle voulait partir mais ne pouvait pas, à cause des prêts en cours. C’est impossible qu’elle se soit suicidée. Elle avait peur de tout, alors je la vois mal tenir une arme ! Quand j’ai su qu’elle était morte, j’ai immédiatement pensé que le docteur Muller avait tué sa femme ».
Tel un zébulon, Dupond-Moretti jaillit de son banc. « L’accusation se nourrit décidément de tout. Vous voulez que Muller soit un mauvais médecin ? Un mauvais associé ? OK, mais cela n’en fait pas un meurtrier. C’est ça, la preuve en matière pénale ? C’est là-dessus qu’on fonde une intime conviction ? »
L’avocat désigne du doigt son client dans le box. « Lui, il risque 20 ans ! »

 http://www.dna.fr/faits-divers/2013/10/25/une-arme-sans-empreintes