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jeudi 5 octobre 2017

Strasbourg: un chirurgien suspendu après la mort d'un patient

Un chirurgien strasbourgeois de 49 ans a été condamné par l'ordre des médecins à un an d'interdiction d'exercer pour avoir "privé de toute chance de survie" un adolescent décédé dans son service en 2008, a-t-on appris aujourd'hui auprès de l'avocat de la famille de la victime.
Le Dr Raphaël Moog, qui dans ce même dossier avait été condamné par la justice pénale à 15 mois de prison avec sursis, dispose de 30 jours pour faire appel de cette sanction infligée par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Bourgogne, a précisé à l'AFP Me Jean-Christophe Coubris.
Dans cette affaire, le chirurgien se voit reprocher d'avoir beaucoup trop tardé à enlever la rate d'un jeune de 15 ans, Maxime Walter, qui se l'était fracturée après une chute à VTT. L'adolescent avait souffert d'une importante hémorragie interne, et avait été abondamment transfusé, mais son état avait empiré d'heure en heure. Le Dr Moog lui avait finalement enlevé la rate, près de 24 heures après l'accident. Mais cette intervention tardive n'avait pas suffi à sauver le jeune homme, décédé trois semaines avant son 16e anniversaire.
Neuf ans après le drame, le Conseil de l'ordre a infligé au chirurgien - actuellement toujours en poste aux hôpitaux universitaires de Strasbourg, dans un service de chirurgie viscérale pédiatrique - une interdiction d'exercer la médecine pendant trois ans, dont deux ans avec sursis. Cette sanction doit entrer en vigueur le 1er décembre, sauf si le médecin fait appel d'ici là.
Flash Actuhttp://www.lefigaro.fr/flash-actu/

lundi 10 juillet 2017

Vincent Lambert: L’affaire revient devant le Conseil d’Etat ce lundi

Le feuilleton judiciaire continue. L’affaire Vincent Lambert revient devant le Conseil d’Etat ce lundi. Les parents de Vincent Lambert et son neveu François ont saisi la plus haute juridiction administrative française.
Elle va examiner la décision prise par la cour administrative d’appel de Nancy le 16 juin 2016 qui avait ordonné au centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims de « poursuivre le processus de consultation » pouvant conduire à l’arrêt des soins qui maintiennent le patient en vie, dans un état végétatif depuis huit ans.

Une bataille qui dure depuis 4 ans

Les parents demandent l’invalidation de cette décision tandis que François Lambert, neveu de Vincent, demande au Conseil d’Etat d’enjoindre au CHU de Reims de reprendre effectivement la procédure de consultation.
La famille de Vincent Lambert se déchire depuis quatre ans sur le maintien en vie ou non du jeune homme tétraplégique plongé dans un état végétatif sans espoir d’amélioration, après un accident de la route en 2008.
             
  • justicehttp://www.20minutes.fr/dossier/fin_de_vie           

jeudi 16 juin 2016

Vincent Lambert : la procédure d'arrêt des soins doit reprendre ordonne le tribunal

La cour administrative d'appel de Nancy a ordonné jeudi la reprise de la procédure de consultation d'experts pouvant mener à l'arrêt des soins de Vincent Lambert. Le sort de cet homme de 39 ans, tétraplégique et en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, déchire sa famille.
En ordonnant la reprise de la procédure de consultation d'experts pouvant mener à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, la cour administrative d'appel de Nancy a infirmé une décision de première instance d'octobre 2015 concernant l'ancien infirmier de 39 ans. Son sort déchire sa famille depuis de nombreuses années, tout en soulevant de grandes questions éthiques touchant au sort des patients en état végétatif irréversible.

 
La cour "ordonne au CHU de Reims de donner au praticien" en charge de Vincent Lambert "les moyens de poursuivre le processus de consultation" collégiale des experts, qui doit décider d'un éventuel arrêt des soins.
 
Cette décision "implique seulement que la procédure collégiale soit reprise au sein du CHU de Reims", mais "ne préjuge en rien de l'issue de cette procédure", a toutefois précisé la cour administrative d'appel dans un communiqué.
 
En juillet dernier, la médecin du CHU de Reims Daniela Simon, avait arrêté la procédure collégiale, arguant que le climat de sérénité nécessaire n'était pas réuni. 
 
"Jamais de sérénité" autour du sort de Vincent Lambert
 
Pourtant, il n'y aura "jamais de sérénité" autour du sort de Vincent Lambert, avait estimé fin mai, le rapporteur public de la cour d'appel. La cour a d'ailleurs estimé jeudi que la suspension de cette procédure, "pour une durée indéterminée", était "illégale".
 
L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, ainsi qu'un de ses neveux, sont favorables à un arrêt des soins. A l'inverse, les parents du tétraplégique, des catholiques traditionalistes, s'y opposent farouchement.
 

samedi 19 septembre 2015

Défigurée à vie, une Montbéliardaise mène un combat harassant pour faire reconnaître devant la justice les terribles conséquences d’une négligence médicale

FAIRE FACE, résolument et sans concession ! Pour Huguette Barge-Bridet, que ses proches surnomment “Pam”, c’est une obsession depuis près d’un quart de siècle. Vingt-quatre ans, déjà, que cette Montbéliardaise de 74 ans, aujourd’hui installée à Besançon avec son mari Jean, poursuit inlassablement un double combat : contre le mal qui lui a complètement démoli sa mâchoire puis sa figure, d’abord, et, ensuite, contre le praticien qui refuse de reconnaître sa responsabilité dans ce dossier douloureux. Or, depuis peu, la patiente courageuse a repris espoir d’obtenir, enfin, à la fois justice et réparation de son préjudice. Et quel préjudice ! Un visage défiguré, méconnaissable, de multiples interventions chirurgicales, des traitements lourds qui ont meurtri son corps de manière irréversible, des douleurs que rien ne peut calmer.

Un simple mal de dent

Tout ça à cause d’un mal de dent que, d’après la patiente, son dentiste montbéliardais, « un ami », aurait mal traité. C’était en août 1991. Le praticien a arraché la dent sans procéder aux examens de contrôle préconisés par la profession. Il aurait pu alors constater la présence d’une infection et, s’il avait pris la précaution de faire analyser les tissus, apprendre qu’il s’agissait d’une tumeur cancéreuse. Huguette Barge-Bridet aurait alors gagné un temps précieux dans le traitement de ce cancer qui a, au contraire, complètement gâché sa vie, l’entraînant dans une terrible descente aux enfers. C’est la thèse qu’elle défend depuis plusieurs années devant les tribunaux. Mais la justice s’en tient à un rapport commis par deux experts qui dédouanent le chirurgien-dentiste montbéliardais. À ce jour, Huguette “Pam” n’a remporté qu’une seule victoire : au milieu des années quatre-vingt-dix, la condamnation pénale du dentiste, poursuivi pour avoir falsifié une radio de sa mâchoire en vue de se disculper. Malgré cette faute, lourdement sanctionnée, l’assureur du praticien condamné continue d’affirmer que son client n’a rien à voir avec l’évolution de la maladie d’Huguette Barge-Bridet.

Radiographie falsifiée

La victime poursuit donc son combat harassant, à la fois contre le mal et ses terribles séquelles, et contre l’institution. Elle raconte cette histoire édifiante dans un petit livre paru en 2012 sous le titre « Pour les yeux d’Emma ». Il s’achevait sur deux nouveaux épisodes très difficiles pour cette femme que rien ne semble pouvoir détruire : une vingtième intervention chirurgicale compliquée et un nouveau refus de la part de la justice de faire procéder à une expertise pour évaluer l’étendue réelle des préjudices. Mais un élément nouveau vient de surgir dans ce dossier : « On a la preuve que les experts ont menti au tribunal. On a des billes. Cette fois, c’est sûr, on va gagner ! », se réjouit “Pam”, qui a entrepris une démarche en révision du procès qu’elle avait perdu. Pourra-t-elle écrire l’ultime chapitre de son livre ?

Repères

30 août 1991 : Huguette est reçue par un chirurgien-dentiste de Montbéliard pour soulager un terrible mal de dent. Le praticien extrait une molaire.
Décembre 1991 : découverte d’une tumeur cancéreuse sous la dent extraite.
1997 : le dentiste est condamné par le TGI de Montbéliard pour avoir falsifié en l’antidatant une radiographie de la mâchoire de sa cliente et l’avoir transmise à son assureur en vue de se disculper.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2015/09/19/defiguree-a-vie-une-montbeliardaise-mene-un-combat-harassant-pour-faire-reconnaitre-devant-la-justice-les-terribles-consequences-d-une-negligence-medicale

mercredi 13 août 2014

2,4 millions d’euros pour une vie détruite

La cour administrative d’appel de Nancy a décidé d’allouer la somme de 2,4 millions d’euros à une femme qui avait développé une sclérose en plaques après avoir été vaccinée contre l’hépatite B. Une décision de nature à relancer le débat sur les risques vaccinaux.
Âgée de 37 ans, lorsqu’elle a contracté l’infection, la requérante, mère de famille, a dû mener un long et épuisant combat de tribunal administratif en cour administrative d’appel, jusqu’au conseil d’État, pour parvenir à ce résultat. La dernière étape judiciaire était l’évaluation à Nancy du préjudice, qui est considérable. Infirmière psychiatrique à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, elle avait dû, comme personnel de santé se soumettre à des vaccinations en 1991, suivies d’un rappel en 1992, ainsi que le prévoit le Code de la Santé Publique.
C’est en 1994 que la pathologie s’était déclarée et que le diagnostic avait été posé. Elle avait tout d’abord développé brutalement un diabète insulinodépendant. Puis, en août 1991, s’étaient manifestés des troubles neurologiques, visuels, accompagnés d‘engourdissements et d’une insensibilité des quatre extrémités, ainsi que d’autres symptômes relevant de la symptomatologie de la sclérose en plaques.
Très active, la victime, sous les atteintes de la maladie avait dû renoncer rapidement à son activité professionnelle. Elle avait été mise à la retraite de manière anticipée au printemps 1997.
La cour d’appel de Nancy a infirmé une décision du tribunal administratif de Besançon datant de 2006, au terme duquel celui-ci rejetait la requête de condamnation de l’État. La Cour s’est appuyée sur des expertises n’excluant pas un lien de causalité entre la vaccination et l’apparition de la maladie, notamment en raison « du bref délai » séparant les vaccins des premières manifestations.
La cour administrative d’appel de Nancy a ainsi reconnu « l’imputabilité du dommage aux injections vaccinales », et a placé l’État en position de présumé responsable. Devant le Conseil d’État, l’infirmière avait eu gain de cause. Restait à chiffrer les réparations.
L’échelle de la douleur
La cour a examiné tous les préjudices dont se prévalait la requérante : son incapacité, la douleur physique, le préjudice esthétique, le trouble dans les conditions d’existence, la nécessité de bénéficier d’une aide extérieure, l’aménagement et la sécurisation d’un logement…
Tout a été passé au crible dans ses conditions de vie pour apprécier au mieux les « troubles de toute nature dans les conditions d’existence de la victime, y compris le préjudice d’établissement, le préjudice d’agrément et le préjudice sexuel ». Une longue liste : son renoncement au piano, et à ses activités sportives, la durée de vie de ses cannes tripodes et le coût d’un fauteuil roulant, l’évaluation de sa douleur : 5 sur une échelle qui comporte 7 niveaux…
L’État a également été condamné à indemniser le centre hospitalier qui employait l’infirmière pour les sommes qu’il lui a été versées alors qu’elle était en congé maladie.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/08/13/2-4-millions-d-euros-pour-une-vie-detruite-gwlb

vendredi 18 juillet 2014

Un enfant mort à l'hôpital : le chirurgien condamné

Après le décès en mars 2008, d’un enfant de quatre ans souffrant d’une occlusion intestinale, le tribunal correctionnel de Chambéry a condamné le Dr Frassinetti, chirurgien à l’hôpital de Chambéry, à quatre mois d’emprisonnement avec sursis et 10 000 € d’amende, pour homicide involontaire par imprudence et négligence. En outre, le praticien a été condamné à payer 30 000 € à la maman de l’enfant et 15 000 € à chacune des deux sœurs qui s’étaient portées partie civile.
L’hôpital, lui, a été relaxé au motif que le chirurgien était responsable du suivi médical de l’enfant.
Le 4 mars 2008, cet enfant avait été transféré de l’hôpital d’Aix-les-Bains à celui de Chambéry après qu’on lui a diagnostiqué une occlusion intestinale. Hospitalisé en pédiatrie, le chirurgien avait décidé de soigner le jeune patient par voie médicamenteuse, sans l’opérer. Mais l’état de l’enfant s’était dégradé, il avait fait un choc septique entraînant un arrêt cardiaque. Il avait alors été transféré d’urgence au service de chirurgie pédiatrique de Grenoble où il est décédé.

http://www.ledauphine.com/savoie/2014/07/17/le-chirurgien-condamne

samedi 7 juin 2014

Euthanasie : l'urgentiste Claude Bonnemaison devant les assises de Bayonne

C'est un procès hors-norme qui va s'ouvrir la semaine prochaine à Bayonne. Celui du docteur Bonnemaison, accusé d'avoir empoisonné sept patients en fin de vie.
L'urgentiste de Bayonne Nicolas Bonnemaison comparaît du 11 au 27 juin devant la Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques à Pau pour «l'empoisonnement» de sept patients en fin de vie.
Le médecin, âgé de 53 ans, est accusé d'avoir abrégé la vie de sept personnes âgées, cinq femmes et deux hommes, entre mars 2010 et juillet 2011, dans une unité du service des urgences de l'Hôpital de Bayonne. Il comparaîtra libre durant ce procès à l'issue duquel il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Dénoncé par des infirmières et une aide-soignante en août 2011, Nicolas Bonnemaison a toujours assumé ses actes, estimant qu'il devait «mettre fin à des souffrances extrêmes».
Se défendant d'être «un militant de l'euthanasie», il a affirmé «avoir sa conscience pour lui» et ne pas «revendiquer ce qu'il a fait».
D'après l'enquête, le praticien aurait utilisé de l'Hypnovel, un psychotrope, et au moins une fois du Norcuron, à base de curare, substance entraînant la paralysie des muscles respiratoires utilisée en anesthésie-réanimation.
«Il a toujours expliqué avec franchise et honnêteté ce qui s'est passé», a rappelé à son avocat. «Il est tenaillé par la crainte de ne pas être compris».
A ce jour, aucune famille de victime n'a porté plainte.
Une seule s'est portée partie civile, se disant choquée par le comportement du Dr Bonnemaison.
Elle aurait appris, après l'ouverture de l'enquête, qu'il aurait «parié» au sein de son service sur l'espérance de vie de leur parente, âgée de 86 ans.
Parallèlement, un rapport de l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) a établi que l'Unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD) où travaillait le praticien connaissait des «problèmes de flux de patients», qui y séjournaient trop longtemps, relevant des «dysfonctionnements ponctuels».

Près de 70 témoins dont Jean Leonetti

Le procès de l'urgentiste, radié en avril 2014 par le Conseil national de l'Ordre des médecins, intervient en plein débat sur l'opportunité d'une réforme de la loi Leonetti du 22 avril 2005. Le texte, qui n'autorise pas l'euthanasie, mais tend à instaurer un droit «au laisser mourir», est notamment jugé insuffisant par les partisans de l'euthanasie.
En janvier, le président de la République, François Hollande, a souhaité une loi qui permette, «dans un cadre strict», à un majeur atteint d'une maladie incurable de demander «une assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité».
Le gouvernement a déjà reçu plusieurs avis et poursuit ses consultations pour un texte prévu d'ici la fin de l'année.
Fin 2013, la majorité des membres du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a recommandé de ne légaliser ni l'assistance au suicide (exécuté par le patient lui-même), ni l'euthanasie (acte réalisé par un tiers).
Un échantillon de citoyens s'est prononcé pour sa part en faveur d'une légalisation du «suicide médicalement assisté», mais contre une inscription de l'euthanasie dans la loi, avec toutefois la possiblité d'euthanasies exceptionnelles.
L'affaire divise aussi la communauté des médecins. Plus de 250 praticiens ont dénoncé dans une lettre ouvertre à François Hollande la radiation de l'urgentiste. Une pétition en faveur de Nicolas Bonnemaison a par ailleurs recueilli 60 000 signatures.
Le député UMP Jean Leonetti, à l'origine de la loi, et l'ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner, favorable à une légalisation du suicide assisté, sont attendus parmi quelque 70 témoins appelés à ce procès.
Selon une étude récente de l'Institut national d'études démographiques (INED), il y aurait chaque année en France quelque 3 000 cas d'euthanasie. En 20 03, Christine Malèvre, infirmière à l'hôpital de Mantes-la-Jolie (Yvelines) avait été condamnée à douze ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de six de ses patients. Elle avait invoqué des «gestes euthanasiques» envers des malades incurables.

http://www.ladepeche.fr/article/2014/06/07/1896073-euthanasie-l-urgentiste-claude-bonnemaison-devant-les-assises-de-bayonne.html

samedi 4 janvier 2014

Nourrissons morts à Chambéry : les trois familles portent plainte

Les parents des nourrissons morts contaminés par des poches alimentaires ont porté plainte contre l’hôpital de Chambéry pour que «ça n’arrive plus jamais», tandis que le gouvernement a annoncé le retrait des lots de poches mises en cause dans cet «accident gravissime».
La ministre de la Santé Marisol Touraine a assuré samedi que «tous les lots» de poches de nutriments mises en cause avaient été «retirés».
Le parquet de Chambéry a ouvert une enquête, indiquant samedi qu’il ne communiquerait plus sur ce dossier avant la semaine prochaine au plus tôt.
Les trois nourrissons, dont deux prématurés, étaient hospitalisés dans le service de réanimation néonatale de l’hôpital. Ils sont morts les 6, 7 et 12 décembre à la suite d’une dégradation brutale de leur état général.
Un quatrième, qui présentait des symptômes identiques, a pu être sauvé in extremis.
La petite Chloé, née le 28 octobre 2013 après six mois de grossesse, a été la première victime de cette bactérie meurtrière.
«On l’avait dans les bras tous les jours. Elle ouvrait les yeux, souriait, nous reconnaissait», se souvient Laurent, son père, âgé de 37 ans. «Elle évoluait bien, avait bien pris niveau poids», ajoute la mère, Maud, 37 ans également, les larmes aux yeux.
Née à 750 grammes, Chloé pesait 1,85 kg un peu plus d’un mois plus tard. Le 6 décembre vers 20H30, son état se dégrade pourtant brutalement. Elle meurt trois heures plus tard.
Même scénario pour Théo, fils de Jonathan et Sophie, tous deux âgés de 27 ans. «Tout allait bien, il respirait seul pendant les soins», raconte Jonathan.
Né le 1er décembre, il mourra le 7, après «avoir lutté pendant deux jours», raconte Sophie. «On a gâché nos vies», lâche-t-elle.
Milie, le troisième nourrisson décédé le 12 décembre, avait elle été hospitalisée à Chambéry en raison d’insuffisances respiratoires. «Elle n’était pas prématurée mais elle devait être intubée car elle avait du mal à respirer toute seule», raconte son père, Antoine, 41 ans.
Peu avant sa mort brutale, son état s’était amélioré: «elle respirait de mieux en mieux», souligne-t-il. «Ils ont installé cette poche en début de soirée, elle est morte à minuit», ajoute-t-il.

Trouver la faille

Ce n’est que quelques jours avant Noël, après qu’un quatrième nourrisson eut réchappé in extremis à la mort, que les parents apprendront la cause du décès de leurs enfants.
Des poches de nutriments, servant à les alimenter par perfusion, étaient contaminées par une bactérie, leur a expliqué l’hôpital.
Les trois familles ont déposé plainte pour homicide involontaire contre l’établissement.
«On ne veut pas qu’on nous plaigne», explique Laurent. «On a saisi la justice pour qu’ils trouvent ce qu’il s’est passé. Il y a une faille dans le système, il faut absolument qu’ils trouvent cette faille pour que ça n’arrive plus jamais», poursuit-il.
«C’est quand même étrange qu’il ait fallu attendre quatre cas avant qu’ils comprennent qu’il y avait quelque chose de grave», pointe pour sa part Antoine.
«Ce qui m’étonne, c’est que suite au décès de Chloé, ils n’aient pas pensé à tout analyser», ajoute-t-il.
Jonathan affirme lui ne pas en vouloir à l’hôpital dont le personnel a fait «tout ce qu’il a pu».
Les parents aimeraient savoir s’il existe d’autres décès liés à ces poches contaminées, dont ils ne connaissent pas le fabricant. Selon eux, elles venaient d’un lot de 137 poches, dont 102 ont été détruites ou utilisées.
Lorsque l’origine de l’infection a été découverte, les analyses ont montré que «les six poches qui restaient à l’hôpital de Chambéry étaient toutes contaminées», affirme Antoine.
«Il n’y a plus dans les hôpitaux de produits semblables à ceux qui ont été utilisés à Chambéry», a affirmé Mme Touraine samedi. «Je n’ai connaissance d’aucun autre élément grave, accident grave qui aurait pu être provoqué par l’utilisation de produits similaires», a ajouté la ministre.

http://www.ledauphine.com/france-monde/2014/01/04/nourrissons-morts-a-chambery-les-trois-familles-portent-plaintes

lundi 11 novembre 2013

NANCY : CABALE À LA MATERNITÉ ?

Les éloges pleuvent. « Un médecin gentil, serviable, honnête, qui a rendu et qui rend service à tout le monde à la maternité régionale de Nancy », dit une de ses consœurs gynécologue. « Compétent, consciencieux, à l’écoute des patients et à qui nous confions les cas les plus difficiles quand nous sommes en bout de course. Sans doute le meilleur d’entre nous », ajoute une autre. Ses états de service parlent et plaident pour lui. Depuis qu’Aurélio Barbarino est arrivé à la maternité de Nancy, il y a 22 ans, il a réalisé soixante-trois innovations ou premières chirurgicales, ou pathologies obstétricales complexes ou conduites obstétricales inédites. Alors quand l’ensemble des personnels de la maternité apprend qu’il a été suspendu, une onde d’incompréhension se répand dans et au-delà de l’établissement. Si le gynécologue se refuse au moindre commentaire, de nombreux soutiens parlent d’une « cabale ». Il lui serait en effet reproché de n’avoir pas porté secours à une patiente de la maternité dont le pronostic vital était engagé. C’est en tout cas l’un des trois dossiers qui auraient été constitués à son encontre. Ces faits se seraient produits le 1er mars. Depuis, une véritable machine à broyer a été lancée contre lui. L’éminent et respecté gynécologue a dû comparaître devant une commission médicale. Ses conclusions, selon des proches du dossier, n’ont pas permis d’établir une faute de sa part. Pour autant, la suspension a été maintenue et même reconduite une fois pour être toujours en vigueur jusqu’à fin novembre.
Face à ce que certains qualifient de véritable « coup tordu » ou « coup monté », des pétitions circulent. Près de 120 médecins, anesthésistes, sages-femmes et infirmières en ont signé une. Le personnel du bloc opératoire en a signé une autre. Des patients soignés par le médecin ont également pris leur plume. Au niveau du CHU (qui doit reprendre sous sa coupe la maternité au 1er janvier 2014), des spécialistes qui ont collaboré et/ou cherché à instaurer une convention avec la maternité uniquement dans le but de pouvoir travailler avec Aurélio Barbarino, sensibilisent leur direction.
Enquête du commissariat et dépôt de plaintes
L’affaire a pris une telle envergure qu’une « procédure administrative est en cours. Elle est diligentée par le centre national de gestion des praticiens hospitaliers », déclare Jérôme Goeminne, le directeur de la maternité régionale de Nancy, qui a ce titre se refuse de commenter la suspension qu’il a signée. Nous avons tenté d’interroger le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Lorraine, Claude d’Harcourt. Ses services nous ont fait savoir que l’ARS ne souhaitait pas s‘exprimer « dans le cadre de cette affaire car une inspection est en cours dont le terme n’est pas connu ».
Le procureur du TGI de Nancy, Thomas Pison, confirme en revanche qu’une « enquête judiciaire est ouverte. Elle a été confiée au commissariat de Nancy ». Il reconnaît également que le conseil d’Aurélio Barbarino, Me Claude Bourgaux, a déposé et continue de déposer « des plaintes en lien avec les soucis administratifs de son client à la maternité ». Des plaintes diverses pour harcèlement, fausses déclarations… visant à la fois l’établissement hospitalier mais aussi d’autres médecins qui seraient à l’origine des tourments du gynécologue.
L’avocat qui se limite à répondre que « Nancy a la chance d’avoir un médecin exceptionnel, exceptionnellement compétent et qui draine à la maternité des patients de tout l’Est de la France », aurait en possession des éléments démontrant qu’Aurélio Barbarino n’est en rien fautif dans les événements survenus le 1er mars. Il aurait pris son service ce jour-là à 17 h, aurait été appelé à 17 h 35 pour s’occuper de la patiente, laquelle attendait depuis 15 h 35 l’intervention d’un spécialiste, soit 1 h 30 avant qu’Aurélio Barbarino ne prenne son travail. Voilà pourquoi de nombreux médecins parlent de « coup tordu ». Quant au motif, tous le lient à sa candidature pour devenir chef de pôle. C’était en janvier 2012. Quelques semaines avant sa suspension. Y a-t-il une relation de cause à effet ? Aux enquêtes administrative et judiciaire de le démontrer, ou non.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/11/11/nancy-cabale-a-la-maternite-pqxo

samedi 7 avril 2012

Plâtrée aux urgences, elle se retrouve avec un os saillant

On veut des explications", martèle Christine*. Cette Lunelloise en colère ne sait plus vers qui se tourner, ni à quelle porte frapper. Las, un peu perdue, elle n’a rien à perdre et décide donc de parler, de raconter son histoire.
Tout a commencé le 4 novembre dernier. Ce jour-là, Christine fait une chute dans ses escaliers et se blesse au poignet gauche. Elle se rend aux petites urgences de la Maison médicale, dans les locaux de la clinique Via Domitia à Lunel. Le médecin urgentiste diagnostique une fracture de l’extrémité inférieure du radius. La patiente est plâtrée du poignet jusqu’à l’épaule. Quinze jours en principe. En fait, elle gardera la résine un mois. Et lorsque le chirurgien orthopédiste enlève enfin le plâtre… "J’ai vu tout de suite cette bosse", explique Christine. Une saillie osseuse assez importante sur l’extérieur du poignet, lequel demeure légèrement douloureux. "On a laissé passer du temps", poursuit-elle. Avant de contacter le gérant de la clinique, le docteur Jean-Paul Rouvière. Une lettre recommandée lui est envoyée.

"On ne peut pas ignorer les gens comme ça" - Christine
Mais Christine et son mari s’impatientent. Elle est à la recherche d’un emploi, arrivée en fin de droits. Cette affaire tombe au plus mal. Ils sont dans l’urgence financière. Finalement, après avoir été ballotés de bureau en bureau, de cabinet en cabinet, et non sans s’être énervés parfois de façon virulente, ils parviennent à joindre le docteur Rouvière. Mauvaise nouvelle pour le couple : la clinique n’est pas officiellement concernée puisqu’il n’y a pas eu d’opération dans ses murs, le chirurgien orthopédiste a travaillé en libéral. "J’ai cependant cherché à favoriser le contact entre la patiente et les médecins intervenus dans ce dossier", précise Jean-Paul Rouvière. En vain.
Le 4 mars dernier, Christine reçoit un courrier de la part de l’assureur du médecin orthopédiste. "Vous noterez que nous sommes désormais votre seul interlocuteur", est-il précisé. Joint par téléphone, le médecin en question a pourtant souhaité s’exprimer : "Quand j’ai enlevé la résine, effectivement, il y avait une déformation de la main… Mais je ne vois pas comment on aurait pu faire autrement. Je lui ai proposé de la rééducation après les fêtes. Nous avions rendez-vous le 25 janvier, le 18 elle a fait un esclandre. Je l’ai reçu, jamais je ne lui ai dit que la porte était fermée. D’ailleurs, c’est opérable. Et dans l’histoire, je n’ai rien gagné non plus, je suis là pour aider les gens pas pour les enfoncer. Je veux bien la recevoir mais je ne pourrai pas l’opérer. La confiance est rompue. Je la confierai à un autre chirurgien."
Epilogue : n’ayant pas droit à l’aide juridictionnelle, le couple ne compte pas attaquer en justice pour prouver une potentielle erreur médicale. En revanche, il songe à saisir l’Ordre des médecins. Christine a d’ores et déjà pris rendez-vous dans une clinique montpelliéraine pour un autre avis médical et dans le but de se faire opérer. Ce qu’elle regrette au final : "Un manque de respect total. On ne peut pas ignorer les gens comme ça. On a quand même un peu de dignité".
http://www.midilibre.fr/2012/04/02/elle-se-retrouve-avec-un-os-saillant,480447.php

jeudi 8 septembre 2011

Alcool au volant : pour démarrer, il faudra d'abord souffler

Nouvelle mesure-phare du gouvernement pour lutter contre l'alcool au volant, les éthylotests anti-démarrage devraient très bientôt se généraliser. Le premier décret d'application est paru mercredi au Journal officiel. Le principe en est simple : une fois le dispositif installé sur un véhicule, le conducteur devra souffler dans un éthylotest couplé au démarreur au moment de prendre le volant. Et le démarrage du véhicule ne sera possible que si le taux d'alcool mesuré est inférieur au seuil fixé. Une mesure qui ciblera des auteurs de délits de conduite en état d'ivresse : déjà obligatoire depuis 2010 dans les autocars neufs destinés au transport d'enfants, la loi prévoit désormais l'utilisation d'un tel dispositif sous forme de peine complémentaire, pour une durée maximale de cinq ans, ou de mesure de composition pénale, pour une période de six mois à trois ans.
La mesure a déjà été testée en Haute-Savoie, région-pilote des EAD (acronyme pour "éthylotests anti-démarrage") depuis 2004. "Plus de 250 personnes ont été suivies et les résultats sont satisfaisants", estime Lionel Tardy, député de la 2e circonscription de Haute-Savoie. "Mais ce qui est important, c'est que chaque département mette en place une cellule pour le suivi des conducteurs". Car sitôt le dispositif enlevé, le risque est plus grand de voir récidiver un conducteur déjà condamné pour conduite en état d'ivresse.

Des expériences convaincantes

Pour l'instant, la loi impose aux personnes condamnées à conduire un véhicule équipé d'un EAD de suivre "un stage de sensibilisation à la sécurité routière", laissant aux magistrats le soin d'appliquer la mesure localement. Elle prévoit également une amende de 1500 euros pour les conducteurs qui se risqueraient à contourner le dispositif. Les associations de prévention routière militent pour leur part en faveur d'un système de "retest", qui imposera au conducteur de souffler à intervalle régulier ou aléatoire au cours du trajet, par exemple toutes les 15 à 45 minutes. "C'est la meilleure garantie que la personne qui a démarré est celle qui a continué de rouler", estime le Dr. Mercier-Guyon, qui attend un prochain arrêté ministériel pour valider ce dispositif.

Quant au coût des EAD, entièrement à la charge de l'automobiliste, il reste relativement élevé. "Il faut compter environ 1000 euros pour le faire monter sur sa voiture, mais l'expérience en Haute-Savoie a montré que les EAD pouvaient également être louées autour de 130 euros par mois", indique Stéphane Vialettes, directeur général d'Alcolock, fabricant d'EAD.

Ces dernières années, des programmes d'EAD ont été développés dans de nombreux pays étrangers, comme les Etats-Unis, le Canada, l'Australie ou la Suède - où certains modèles Volvo proposent déjà le dispositif en option ou en série depuis 2008. Au Québec par exemple, plus de 60.000 personnes ont participé au programme depuis sa mise en place en 1997. Une étude de la Société d'assurance automobile du Québec réalisée cinq ans plus tard montrait alors une réduction de 80% de la récidive pour les personnes condamnées pour la première fois et de 74% pour les récidivistes, tant que le dispositif était installé. Plus globalement, "les évaluations menées pendant plus de vingt ans par au moins huit équipes de recherche aux USA et au Canada ont montré une diminution des 40% à 95% du taux de récidive d'alcoolisation au volant durant la période d'installation des EAD", souligne le Dr. Mercier-Guyon, secrétaire du Conseil médical pour la Prévention routière.

lundi 18 juillet 2011

Impuissant et stérile, un Carolo au bout du désespoir

Il y a onze ans, Patrice Genin est devenu impuissant, stérile et depuis, il souffre de troubles urinaires, suite à des opérations mal menées. Le tribunal lui avait donné raison. La cour d'appel l'a débouté.

AVOIR une verge coudée est une anomalie physique, décrite dès 1743 par le baron de la Peyronie, qui lui a ainsi donné son nom. De nombreux hommes, y compris des célèbres comme l'ancien président Bill Clinton, en sont affectés. Mais cela n'a, en général, que peu d'incidence, voire pas du tout, sur leur activité sexuelle.
Patrice Genin, 54 ans aujourd'hui, n'en avait jamais souffert. Il était même plutôt ce qu'on appelle un « hyper-actif » de ce côté-là, en proie, il est vrai, depuis sa prime adolescence, à une sorte de priapisme, l'obligeant à s'assouvir plusieurs fois par jour. Tout allait pour le mieux pour ce Carolo, natif de Mohon. Jusqu'à ce que, à partir de 1999, il lui ait semblé brusquement - à en devenir peu à peu une obsession ! - que ses érections étaient devenues moins puissantes et moins longues. Se demandant si sa « malformation » n'en était pas un peu responsable.
Et ce fut le début de son malheur. En effet, Patrice alla alors consulter, courant 2000, à la polyclinique de Charleville-Mézières, un pourtant éminent spécialiste de la dysfonction érectile, le Pr. Jacques L'Hermite. Or, la suite allait montrer qu'il aurait mieux fait, ce jour-là, de se casser une jambe, que de vouloir faire redresser son pénis !
En effet, pour des raisons multiples, qu'experts et contre-experts se seront par la suite efforcés, en vain, pendant près de dix ans, d'expliquer ou de justifier : par des erreurs de diagnostic, des fautes médicales techniques ou tout bonnement par un aléa thérapeutique, le malheureux Patrice Genin non seulement n'a pas été guéri, mais il est devenu aujourd'hui totalement impuissant et stérile. Privé, à jamais, de toute érection ou éjaculation. Souffrant, en outre, de graves troubles urinaires.


Grave psychose maniaco-dépressive

Lui qui avait pourtant tout accepté d'endurer, en espérant retrouver sa vigueur « d'avant » - écho doppler pénien, injections intracaverneuses, cavernométries et cavernographies, cavernoplastie, réduction d'une nécrose préputiale du gland, banding péri-caverneux, fibroscopie vésicale avec dilatation du méat urinaire, tranchée cervico prostatique et autres interventions extrêmement douloureuses - n'est plus qu'un « un homme fini », ainsi qu'il se décrit. D'ailleurs souvent à deux doigts « d'en finir » pour de vrai. N'était sa fille, nous a-t-il confié en larmes, qui le retient d'accomplir l'irréparable, par sa présence affectueuse.
Pour ne rien arranger, il faut en effet savoir qu'en plus de ses problèmes sexuels, Patrice Genin avait déjà été déclaré, depuis des années, en invalidité, « en proie à une grave psychose maniaco-dépressive ». Une maladie qui aura d'ailleurs expliqué la difficulté, pour les experts, pendant bien longtemps, de savoir si ses troubles érectiles avaient eu une cause psychiatrique ou organique.
Et leur difficulté, également, de dire avec certitude, si le Pr. Jacques L'Hermite avait bien fait de l'opérer. Ou s'il n'aurait pas dû tenir compte, très attentivement, de cet état dépressif, avant de se lancer dans ses délicates interventions péniennes ? Surtout sans avoir bien informé, préalablement, son patient, des conséquences éventuellement irréversibles de ses actes, alors que c'était son devoir de le faire.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/impuissant-et-sterile-un-carolo-au-bout-du-desespoir