Najib A., 21 ans, Najib Bouakaz, 24 ans, et Haroune Nanoua, 22 ans, se retrouvent dans le box des prévenus et ils n'ont pas l'air de savoir vraiment pourquoi. Récit.
Certes, ce sont des incriminations pour un trafic de stupéfiants mais, curieusement, on ne leur reproche que des faits commis entre octobre 2009 et mars 2010. « Je ne vois pas en quoi c'est une comparution immédiate ! » s'insurge Me Jérôme Pianezza. Effectivement, entre mars 2010 et avril 2011, il y a comme une marge. « Cette fois-ci, c'est le pompon ! C'est une faille spatio-temporelle ! » ironise Me Pianezza.
Très classiquement, la présidente Hedwige Soileux annonce que les accusations reposent sur de nombreuses écoutes téléphoniques et des témoignages de consommateurs pieusement recueillis par la police. « Et le commissariat de Tourcoing s'est endormi sur le dossier pendant un an ? Et le procureur a été frappé d'amnésie ? » insiste Me Pianezza. Il ne sera pas répondu aux questions de l'avocat.
Mieux, la présidente Hedwige Soileux explique qu'elle n'a pas eu le temps de lire le dossier qui, de toute façon, est reporté. Il s'agirait de drogues dures, les trois présumés dealers auraient officié dans le quartier de la Croix Rouge et au Mont-à-Leux, c'est tout ce qu'on sait, et encore, par indiscrétion.
Les trois, interpellés dimanche, nient les faits. La procureure Perrine Debeir demande, dans l'attente de leur procès, la détention provisoire pour les trois Tourquennois. Ce qui provoque la colère de Me Pianezza : « Mon client est quasi inconnu de la justice et il suffit des vingt secondes qui lui sont consacrées personnellement pour requérir la prison contre ce jeune homme ? » Mêmes protestations de la part de M e Aurélie Panier pour le second prévenu qui, lui, est détenu pour d'autres causes. Me Maria-Rosa s'indigne aussi pour le troisième homme.
« Étant donné la gravité des faits », pour reprendre l'expression de la présidente, les trois jeunes gens sont envoyés au final en détention provisoire. Déception un peu bruyante des nombreux supporters dans la salle. Ceci dit, parler de la gravité des faits d'un dossier qu'on n'a pas vraiment lu, c'est tout de même assez acrobatique
http://www.nordeclair.fr/Locales/Tourcoing/2011/04/07/un-dossier-un-peu-stupefiant.shtml
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