mercredi 13 juillet 2011

Car-jacking et course-poursuite

Le jeune Tunisien a l'air perdu dans son box, enfermé dans un système de défense compliqué : tout nier, quand tout l'accuse.
En l'occurrence, un Lambersartois l'a reconnu comme l'auteur d'une tentative de vol de son véhicule, le 5 juin au petit matin. Vers 6 h 20, le propriétaire de cette voiture voit un homme tenter d'ouvrir sa portière, heureusement fermée, puis porter des coups violents sur la vitre avant de décamper. Alertée, la police se dirige vers le secteur.



Menacé puis frappé
Simultanément, un employé de la municipalité de Lambersart est agressé par un jeune homme lui demandant les clefs de son Kangoo. Le fonctionnaire est menacé avec un cutter, puis frappé au visage. Un coup de lame lui entaille le blouson. L'agresseur finit par prendre possession du Kangoo, dont les clefs étaient tout bonnement sur le contact.
Sauf que la police passe par là au même instant et prend en chasse le véhicule, dans une course-poursuite qui passera par Verlinghem, Saint-André, avant de finir par une perte de contrôle à Englos. À bord, Mekki Mehra, Tunisien en situation irrégulière qui explique à la barre du tribunal avoir « paniqué » parce qu'il n'était pas en règle et admet avoir volé la voiture.
« Mais je n'ai commis aucune violence ! J'ai trouvé la voiture avec le moteur qui tournait », assure-t-il. Il nie aussi la précédente tentative de vol.
La présidente Muriel Le Bellec est dubitative. « Les deux victimes vous reconnaissent, et deux témoins de l'agression vous reconnaissent aussi et ont la même version que la deuxième victime ! » « Moi, je ne peux que vous dire la vérité, madame la juge », réplique Mekki Mehra.
Pour le ministère public, Catherine Thomas-Cabanettes estime que « les dénégations du prévenu ne résistent pas aux éléments du dossier, sauf à penser que les plaignants se seraient concertés et en voudraient particulièrement à ce monsieur ». Devant cette « accumulation de faits » et malgré le casier vierge du Tunisien, la substitut réclame un an d'emprisonnement et une interdiction de territoire de trois ans.
En défense, Alexandre Steclebout a fort à faire. Mais défend un homme « SDF, sans ressources, qui connaît des carences alimentaires, qui est en fuite de son pays et qui n'est pas dans la logique rationnelle qui est la nôtre : sa logique, c'est celle de la survie ».
Mekki Mehra le clame une dernière fois : « Je ne suis pas un voleur, ni un agresseur, et c'est la première fois que je dérape. » C'est visiblement déjà la fois de trop : le tribunal le condamne à dix mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Une peine assortie d'une interdiction de territoire d'un an

http://www.nordeclair.fr/Actualite/Justice/2011/07/13/car-jacking-et-course-poursuite.shtml

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