Il s’est à peine défendu devant les juges. Un jeune homme de 24 ans comparaissait hier devant le tribunal de grande instance de Melun pour « corruption de mineure ». Des faits d’autant plus graves qu’il était jusqu’à récemment animateur périscolaire au centre social Françoise-Dolto, à Savigny-le-Temple.
« En 2006, vous avez commencé à chatter (NDLR : discuter avec d’autres personnes en temps réel depuis un ordinateur) avec Erika, une préadolescente de 13 ans, originaire de l’Eure, commence le président du tribunal. Il vous est notamment reproché de lui avoir demandé des photos nues en vous faisant passer pour quelqu’un de 17 ans. » Pour ne pas apeurer la jeune fille, l’animateur a même pris soin de lui envoyer des photos d’un autre garçon bien plus jeune que lui. « Votre relation amoureuse virtuelle a duré environ un an et demi », précise le magistrat.
C’est l’ancienne petite amie du prévenu qui a découvert le pot aux roses, peu après une querelle. « Elle a piraté votre compte MSN et a discuté par hasard avec la fameuse Erika, poursuit le magistrat. Elle l’a mise au courant de votre âge réel, 20 ans à l’époque, et a appris que vous échangiez beaucoup sur le sexe. » L’ex-petite amie du prévenu conseille à Erika d’en parler et écrit elle-même au procureur. L’enquête est lancée en 2008 et, de fil en aiguille, les enquêteurs esquissent la personnalité du prévenu. « Votre voisine a récemment déposé une main courante parce que vous épiez ses filles mineures par la fenêtre, détaille le président du tribunal. Vous auriez même suivi l’une d’entre elles dans la rue. » Par ailleurs, plusieurs témoignages émanant d’anciennes conquêtes du jeune homme ont abondé dans le sens de l’accusation.
« C’est un obsédé qui ne pense qu’au sexe », estime l’une d’entre elles dans un procès-verbal. Plus grave, une autre a déclaré avoir assisté à certains chats du prévenu, au cours desquels il se serait masturbé. Nombre de détails sur les après-midi sordides du jeune homme que la famille, présente à l’audience, a dû encaisser sans broncher. Pour le procureur, pas de doute : le prévenu savait qu’il échangeait avec une mineure, « puisqu’il se faisait lui-même passer pour un mineur ». Et de souligner l’existence de plusieurs personnes ayant assisté aux discussions en ligne du jeune homme.
De son côté, la défense nie en bloc les accusations, expliquant que son client ne « connaît pas d’Erika ». Et de regretter qu’aucune « enquête sérieuse n’a prouvé que c’était bien lui qui discutait sur Internet avec l’adolescente ». L’avocat a également mis en lumière le différend familial qui opposait le prévenu à son ex-petite amie : « un mobile » qui aurait motivé celle-ci à inventer toute l’histoire. Quant au jeune homme, il a tenté de convaincre le tribunal en niant toute « attirance pour les mineures ». Et déploré qu’avec cette « affaire », tout Savigny-le-Temple commençait à bruisser de rumeurs à son propos, certains le désignant carrément comme un « violeur d’enfants ».
Pas suffisant pour convaincre le tribunal, qui a condamné l’éducateur à quatre mois de sursis et l’interdiction de travailler auprès des mineurs pendant deux ans.
http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/sur-internet-l-educateur-draguait-une-ado-13-07-2011-1530563.php
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