Après le rejet fin janvier de sa demande de suspension de peine, l’ex-maire de Vence saura ce jeudi s’il bénéficie ou non d’une libération conditionnelle
Sa seconde et ultime carte sera-t-elle la bonne ? Incarcéré depuis le 9 janvier dernier à la maison d'arrêt de Grasse, Christian Iacono saura après-demain, s'il recouvre ou non la liberté. Bien que mis hors de cause par son petit-fils Gabriel qui l'accusa longtemps de viol avant de se rétracter en mai 2011, l'ancien maire de Vence demeure coupable aux yeux de la justice. Par deux fois aux assises, celle-ci l'avait condamné à neuf ans de prison. Le 24 janvier 2012, elle a refusé de suspendre sa peine, dans l'attente de l'examen de sa requête en révision. Va-t-elle, ce jeudi, rejeter sa demande de libération conditionnelle ?
L'hostilité renouvelée du parquet
Le parquet milite en ce sens. Lors d'une audience à huis clos, intervenue mercredi dernier à Grasse dans la plus grande discrétion, il s'est opposé à un tel élargissement. Malgré la lettre de Gabriel, transmise par son nouvel avocat Me Luc Febbraro et réitérant le souhait de voir son grand-père quitter l'univers carcéral. Malgré les arguments développés à la barre par les conseils de Christian Iacono. Mes Gérard Baudoux et Dominique Roméo ont une nouvelle fois plaidé « l'absence de trouble à l'ordre public, de risque de fuite à l'étranger d'un homme âgé de 77 ans ». S'affranchissant des réquisitions du parquet, la juge de l'application des peines ordonnera-t-elle une remise en liberté, éventuellement sous bracelet électronique ?
Un homme « de plus en plus éprouvé »
Du fond de sa cellule, l'ancien maire a le moral en berne. « Il est de plus en plus éprouvé », témoigne un de ses défenseurs. « Il connaît des hauts et des bas », confirme son épouse Jeanine. « Avant-hier, il était très mal. Hier, c'était mieux. Depuis une semaine, il a le droit de nous téléphoner, ce qui le réconforte un peu. Afin de tromper l'ennui, il lit beaucoup - je lui apporte le maximum autorisé, trois ouvrages par semaine - et, bien sûr, il va en promenade. Mais en compagnie d'autres condamnés pour mœurs, il subit dans la cour les insultes de petits voyous. Des fenêtres, ceux-ci n'hésitent pas à leur jeter des bouteilles et même en période de grand froid, comme la semaine dernière, des blocs de glace ».
« La justice traîne les pieds »
En se constituant prisonnier début janvier, le retraité tablait sur un bref séjour pénitentiaire. À tort ?
« Pour l'élargir puis le réhabiliter, la justice va sans doute traîner les pieds »,craint Me Febbraro. « Question d'orgueil. Car si elle admet que Gabriel a menti, elle reconnaît avoir été baladée pendant des années ».
Une grande incertitude règne donc sur la future décision grassoise. Si celle-ci d'ailleurs lui est favorable, Christian Iacono n'est pas encore sorti d'affaire.
Désavoué, le parquet peut suspendre la libération conditionnelle en faisant appel dans les vingt-quatre heures.
http://www.nicematin.com/article/home-page/lultime-espoir-de-liberte-de-christian-iacono.784281.html
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