mercredi 14 novembre 2018

Marie-Ange Laroche : "C’est une machination, un coup monté"


Choquée et dévastée par les déclarations de son cousin qui l’accuse, Marie-Ange Laroche crie son innocence et se replonge dans le dossier pour nos confrères de Vosges Matin.
Au lendemain des déclarations de votre cousin, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
« Il faut dire stop. Je suis brisée. Dans cette ineptie, il n’y a que des mensonges. Depuis que j’ai vu ça, je ne mange plus. Le peu que je dors, je fais des cauchemars sur ce mec. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cet homme ne connaissait pas Bernard. Comment cet être peut-il se permettre de faire passer mon fils pour un cinglé ? Le soir du 5 novembre, ce cousin n’était pas là. Il y avait ma sœur, mon beau-frère, mais c’est certain, lui n’était pas là. »
Connaissez-vous bien ce cousin ?
« Je le côtoyais certainement quand on était gamins. Mais après j’ai fait ma vie et je ne l’ai jamais revu. La seule fois qu’il a vu Bernard, c’était sur son lit de mort. »
Mais alors pourquoi affirme-t-il tout cela ?
« Je ne sais pas ce qu’on lui a fait ? Je ne vois pas pourquoi il m’en veut ? »
Comment ont réagi vos proches ?
« Ma sœur, ma nièce, étaient démontées comme moi. Quand elles ont lu ce tissu de mensonges, elles m’ont appelée. Ce mec dit n’importe quoi. C’est un mythomane. Qu’on continue à salir la mémoire de Bernard, c’est insupportable. »
Qu’est-ce qui vous a le plus choqué dans ses déclarations ?
« Ce sont tous ces propos sur mon gamin. Il reprend tout ce que les journalistes ont dit à l’époque. Les premiers articles faisaient état de ma jalousie compte tenu de la maladie de Sébastien. C’est la même chose qui revient 34 ans plus tard. »
Si vous aviez votre cousin en face de vous, que lui diriez-vous ?
« Je lui demanderais pourquoi il dit tout ça. J’aimerais bien l’avoir en face. Depuis le départ, c’est une machination, un coup monté contre Bernard. Je suis convaincue qu’il y a quelqu’un derrière pour lui souffler cette idée. »
Savez-vous qui pourrait se cacher derrière ?
« J’ai mon idée, mais je la garde pour moi. Car dès qu’on dit quelque chose, on a droit à un procès. »
Pourtant quand l’enquête a été relancée, vous aviez l’air confiante…
« Je pensais qu’on allait savoir la vérité. Aujourd’hui, je n’y crois plus du tout. Quand on voit cet acharnement. Il y a une autre vérité, mais on ne la cherche pas. Je ne crois plus en rien… Je suis fatiguée. Je veux juste avoir la paix. Il n’y a rien dans le dossier. Je crains toujours d’autres victimes. Il faut dire stop. Arrêter ces calomnies. On m’a tout enlevé, on m’a brisée et on continue de le faire aujourd’hui. »
Pouvons-nous revenir quelques instants sur cette fameuse nuit du 5 novembre 1984 ? Votre cousin affirme que vous avez administré une rouste à votre sœur. Que s’est-il réellement passé avec Murielle ?
« Ce soir-là, je ne l’ai pas touchée. Je lui ai simplement demandé à deux reprises : qu’est-ce que tu as dit ? Elle m’a répondu : "Les gendarmes m’ont dit de ne rien dire." »
A priori, vous ne vous parlez plus depuis des années, où en est votre relation aujourd’hui ?
« Il y a une cassure. Le jour où elle viendra me voir, si elle veut me donner des explications, je suis ouverte. Elle a beaucoup souffert également. »
Lui avez-vous pardonné ses déclarations de l’époque ?
« Pardonner ? C’est un bien grand mot. Peut-être après avoir lu son livre… Je n’ai toujours pas fait le deuil de Bernard. »
Qu’est ce qui vous fait tenir ?
« Les gens me disent qu’ils me soutiennent et pensent que ce n’est pas mon mari. Ça fait du bien, malgré tout. Ce qui me fait tenir, ce sont mes gosses. Je me dis que ça se terminera bien un jour. Salir, je ne supporte plus. Je me souviens des paroles de Bernard à sa sortie de prison : "Le plus dur, ce ne sont pas les trois mois que je viens de passer en prison, mais la manière dont on a traité notre gamin (Sébastien)." Sans mes enfants, je ne serais peut-être plus là. »
"Ce qui me fait tenir, ce sont mes gosses."
Qu’espérez-vous aujourd’hui ?
« Je veux vivre comme quelqu’un de normal même si la blessure sera toujours là. Je regrette qu’en France, il n’y ait pas de détecteur de mensonges. Car beaucoup pourraient y passer, notamment une bonne partie de gens qui apparaissent dans ce dossier. »
Vous n’avez jamais voulu quitter la vallée de la Vologne, pourquoi ?
« Bernard est là, je resterai là. Je n’ai pas à fuir. Je suis adulte et responsable. Ma vie est ici, comme celle de mes enfants. Je me battrai pour sa mémoire jusqu’à ma mort, parce que je sais que ce n’est pas lui. Cette colère, il fallait que je la sorte. »...………  LIRE SUR LE JOURNAL L'ALSACE.fr ……….   A la Unehttps://www.lalsace.fr/

dimanche 4 novembre 2018

Mort d'Alexia Daval: Un an après son meurtre, le souvenir de la jeune femme évoqué lors d'une messe


Un an après le meurtre d’Alexia Daval, le prêtre de la basilique de Gray (Haute-Saône), a évoqué ce dimanche le souvenir de la jeune femme, devant ses parents dont « la vie est exposée aux passants sans ménagement ».

Visages fermés, le père et la mère d’Alexia Daval, dont le mari Jonathann est le suspect numéro un de son meurtre, se sont assis au deuxième rang de la basilique, au côté de quelque 200 personnes pour la messe dominicale, a constaté une journaliste de l’AFP.

A la demande des parents de la jeune femme, le père Laurent Bretillot, qui avait prononcé l’homélie aux obsèques d’Alexia le 8 novembre, a ajouté le nom d’Alexia aux attentions de messe, puis il s’est adressé à Isabelle et Jean-Pierre Fouillot. « Depuis un an, la famille d’Alexia est à l’écoute, devant les bruits assourdissants. Ils nous ont demandé de les accompagner dans une simple messe. Depuis un an, votre vie est exposée aux passants sans ménagement », a-t-il déclaré.

La sœur d’Alexia et son beau-frère absents


A l’issue de la cérémonie, les parents d’Alexia sont sortis de la basilique sans dire un mot, les yeux rougis, mouchoirs à la main. La sœur d’Alexia et son mari, Grégory Gay, qui habitent à Paris, n’étaient pas présents lors de cette messe dominicale.

Jonathann Daval avait signalé la disparition de son épouse le 28 octobre 2017. Le corps partiellement brûlé d’Alexia a été retrouvé dans un bois, non loin de Gray, deux jours plus tard. Lors des obsèques de la jeune femme et d’une marche blanche, son mari était apparu effondré, soutenu par ses beaux-parents. Interpellé fin janvier, il avoue avoir étranglé son épouse au cours d’une dispute, est incarcéré et mis en examen pour « meurtre sur conjoint ». Mais fin juin, il se rétracte et accuse son beau-frère d’être l’auteur du crime.

Des confrontations entre Jonathann Daval, les parents, le beau-frère et la sœur d’Alexia devraient avoir lieu d’ici à la fin de l’année.

Affaire Grégory: «Ce poids ne me quittera jamais», Muriel Bolle se confie dans un livre

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L’affaire Grégory « a brisé ma vie ». Trente-quatre ans après la garde à vue au cours de laquelle elle a accusé son beau-frère Bernard Laroche d’avoir enlevé Grégory Villemin, Muriel Bolle se décide à parler, dans un livre justement intitulé Briser le Silence (Michel Lafon). Avant la sortie prévue le 8 novembre, elle s’est confiée dans une interview au Parisien.

Muriel Bolle dit avoir voulu écrire ce livre « pour dire que je ne suis pas celle que l’on dit, le monstre que l’on décrit ». Les 2 et 3 novembre 1984, la jeune fille alors âgée de 15 ans avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d’avoir enlevé Grégory, en sa présence. Avant de se rétracter en dénonçant la contrainte des gendarmes. Bernard Laroche avait été incarcéré puis relâché, avant d’être tué d’un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, en 1985.

« Je porte la culpabilité de la mort » de Bernard Laroche


« On m’a fait passer pour une moins que rien, une menteuse, estime celle qui a aujourd’hui 49 ans. Ma famille a été tellement salie. » Elle sort de son silence aussi « pour la mémoire de Bernard » Laroche, dit-elle, car « on l’a fait passer pour un monstre ». « Je porte la culpabilité de sa mort, confie Muriel Bolle. Si je n’avais pas eu peur de la pression des gendarmes, de leurs menaces, et que je n’avais pas dit ce que j’avais dit, peut-être qu’il serait encore vivant. Ce poids ne me quittera jamais. 
« Depuis trente-quatre ans, tout le monde me juge : les gendarmes, la justice, les journalistes, les voisins, les passants… », lâche Muriel Bolle. Avec ce livre, elle dit espérer être entendue par sa sœur Marie-Ange Laroche - la veuve de Bernard - avec qui « ses relations n’ont plus jamais été les mêmes ». Ou par les enfants du couple, qui lui en veulent – « c’est compréhensible ». « J’espère qu’on va enfin me croire », lance-t-elle, comme un appel : « la justice, les parents de Grégory et l’opinion publique à laquelle j’ai été jetée en pâture. »

Ses codétenues la « traitaient de tueuse d’enfant »


Elle évoque aussi son « très dur » séjour en prison, après avoir été mise en examen pour le rapt mortel de l’enfant, dans un spectaculaire rebondissement en juin 2017, et ses codétenues qui la « traitaient de tueuse d’enfant ». « J’ai tenté de sortir une fois dans la cour mais j’ai reçu des projectiles. Je ne suis plus jamais ressortie. »

Pour tenter d’oublier cette affaire qui a « brisé [s]a vie », celle qui dit avoir « du mal à trouver du travail » aujourd’hui raconte qu’elle se promène en forêt, va aux champignons. « Ça me vide la tête ». Et « quand j’ai le blues, j’écoute du Johnny et je chante à tue-tête. C’est mon idole depuis que j’ai 10 ans, j’ai tous ses vinyles. »