samedi 9 juillet 2011

Il n'y aurait pas de procès

De la colère. C'est le sentiment qui anime les surirradiés de Rangueil après avoir écouté hier, durant trois heures, les conclusions de quatre ans d'enquête par les juges d'instruction du pôle Santé de Paris. « En l'état, il y a eu des erreurs du physicien mais les fautes ne sont pas suffisantes pour engager la responsabilité du physicien ou du CHU », a indiqué Monique Olivier, la procureur adjointe du pôle Santé de Paris.
Manque de volonté de la justice
Des conclusions inadmissibles pour la plupart des 145 victimes des surdoses de radiation délivrées au CHU entre avril 2006 et avril 2007. Ils ne comprennent pas pourquoi la justice ne veut pas aller jusqu'au procès. « Je suis en colère car il n'y a aucune reconnaissance des victimes : c'est le pot de terre contre le pot de fer, dénonce Odile Guillouët, la présidente de l'association SOS Irradiés 31 qui réunit 80 victimes. On a servi de cobayes car les juges ont reconnu que la technique n'était pas au point. Pourtant, il n'y a pas matière à poursuivre ». La mère de Marie-Amandine Laroche, une jeune fille de 15 ans surirradiée pour une malformation, est atterrée. « Quand on fait une bêtise, il faut l'assumer, dit-elle. Elle est où la justice aujourd'hui pour ma fille ? »
Pour Christophe Léguevaques, le défenseur de SOS Irradiés 31, « la bataille judiciaire est loin d'être terminée ». Il assure être prêt à se battre pour essayer de convaincre les juges d'instruction que ce dossier n'est pas qu'une bataille d'expertises mais doit aussi reposer sur l'analyse des faits. « Je suis l'avocat en colère des victimes en colère ! L'enquête n'a pas été approfondie, les victimes ont été abandonnées car le parquet explique craindre une relaxe devant le tribunal correctionnel, s'énerve-t-il. Il faudra que la justice reconnaisse qu'il n'y a pas eu que des erreurs mais aussi des fautes pénales ».

http://www.20minutes.fr/article/755193/proces

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