L'instruction du dossier arrive à son terme. Cinq femmes, dont quatre mineures, avaient été mises en examen en août 2010 pour viol, violences aggravées et vols aggravés.
C'est dans le plus grand secret que vient d'être libérée Kelly, 27 ans, de la prison d'Amiens. Cette Saint-Quentinoise y était incarcérée depuis la fin août 2010 et sa mise en examen pour viol, violences aggravées et vols aggravés. Sa libération remonte « à la dernière semaine de juin», assure son nouvel avocat, Me Stéphane Daquo, qui la défend depuis «trois, quatremois». Pour cela, il a dû mettre sur la table des garanties, comme celle d'un logement stable en attendant la fin de l'instruction qui devrait intervenir sous peu. «Elle aurait dû habiter chez son père en région parisienne, annonce MeDaquo. Mais, au dernier moment, il a refusé».
Kelly n'avait donc d'autres choix que de rejoindre le logement de sa mère, à Saint-Quentin. Les autres conditions de cette sortie n'ont pas été révélées. Son contrôle judiciaire ne lui a donc pas interdit de regagner la ville dans laquelle, avec cinq autres amies, elle a participé à une expédition punitive. L'histoire sordide remonte à onzemois, précisément à la nuit du 19 au 20 août 2010.
Au début de cette soirée, six femmes, dont la demi-sœur de Kelly et quatre autres mineures âgées de 14 à 17 ans, se retrouvent chez Kelly.
Elles consomment de l'alcool - quelques verres de whisky - et abordent un sujet brûlant: les ex-petits amis. Et vient sur le tapis l'ancien compagnon de Kelly, un homme avec qui elle a eu deuxenfants. Selon les témoignages recueillis à l'époque, il ne s'occupait pas de ses enfants. En revanche, il s'était pris d'affection pour le petit garçon de 2 ans de sa nouvelle compagne, qui habite le faubourg d'Isle. Enivrées par l'alcool, les six femmes prennent la direction du FBI. L'instigatrice de cette vindicte ne serait autre que Kelly.
L'appartement saccagé, un garçon de 2 ans menacé
Quand tout ce beau monde pénètre à l'intérieur de la maison, c'est le début de l'enfer pour la victime, âgée de 29 ans. Rouée de coups au visage et sur les jambes, elle est emmenée dans la salle de bains «pour éviter que les voisins entendent le bruit», avait expliqué son avocat, Me Antonini. Là, l'une des filles l'a violée avec un marteau, trouvé sur place. L'auteure de ce viol aurait été la dernière fille interpellée, plus de dix jours après les faits. Originaire de la cité Billion, à la lisière du quartier Saint-Jean, cette fille de 18 ans avait été incarcérée à la prison de Beauvais. Elle aussi a été libérée voici plusieurs mois.
Toujours au cours de cette soirée, l'appartement a été saccagé et de la nourriture lancée un peu partout. Le garçonnet de 2 ans avait été réveillé et l'une des filles lui avait posé un couteau sous la gorge, en guise de pression.
Et lors de la confrontation qui a réuni voici deux mois tous les protagonistes dans le bureau du juge d'instruction à Laon, il semblerait que l'instigatrice de l'expédition ait tenté «de freiner ses autres amies», souligne Me Daquo.
L'instruction arrive à son terme. Rappelons qu'elles sont toutes mises en examen pour viol, violences aggravées et vols aggravés. L'une des mineures, placées en foyer, sera libérée à la fin du mois d'août. «Son placement était valable six mois, renouvelable une f ois», indique Me Cacheux, son avocate. Ne reste plus qu'à attendre l'ordonnance de renvoi devant la cour d'assises des mineurs de l'Aisne du juge d'instruction. Ordonnance qui devrait, selon toutes vraisemblances, tomber avant la fin de l'année.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Viol-punitif-les-cinq-suspectes-en-liberte
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