Mario-Louis Craighero a fait appel de sa condamnation pour faux en écriture publique, intervenue vendredi devant le tribunal correctionnel de Châlons. Acceptera-t-il pour autant de s'expliquer devant les juges de la cour d'appel de Reims ? Mystère.
IL a préféré quitter le prétoire du tribunal correctionnel de Châlons prétextant que l'impartialité de ses juges n'était pas acquise. Il interjette maintenant appel de sa condamnation à six mois de prison avec sursis, à 10 000 euros d'amende et à la privation de ses droits civils, civiques et de famille pour cinq ans (notre édition du 9 juillet). L'ex-patron du tribunal correctionnel de Reims débattra-t-il de ses turpitudes devant les magistrats de la cour d'appel ? Ou va-t-il de nouveau jeter le trouble en doutant de l'honnêteté des juges du siège dont il devrait pourtant croire à la probité et à l'indépendance ? Mystère.
Si Mario-Louis Craighero remet en jeu sa condamnation pénale, il est cependant déjà placé perdant sur le plan civil. Car il devra coûte que coûte payer l'addition - pour le moins salée - que lui ont présentée ses premiers juges. Elle est en effet payable d'avance en quelque sorte puisque estampillée de l'exécution provisoire. Pour mémoire, l'ex-juge doit mettre la main au portefeuille à hauteur de 9 250 euros au titre du préjudice financier dû à l'union/L'Ardennais pour avoir « bidouillé » la procédure de diffamation opposant la société Vranken Pommery Monopole au journal. Pour faire bonne mesure, l'ex-juge doit aussi débourser 2 500 euros pour « perte de chance » aux trois parties civiles (l'union/L'Ardennais, Jacques Tiller, son PDG, et la journaliste signataire de l'article concerné).
25 000 euros de dommages
Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, Mario-Louis Craighero devra encore régler jusqu'à 5 000 euros pour prix de la publication du jugement dans l'union/L'Ardennais toutes éditions. La dernière « facture » concerne le versement d'une somme de 3 000 euros pour les frais d'avocat de la partie civile, représentée par Me Clarisse Serre du barreau de Paris. À titre subsidiaire, il lui faudra donner un euro symbolique pour préjudice moral aux trois victimes. Ce qui est peu et beaucoup à la fois quand il n'y a pas de petites économies. Par exemple pour quelqu'un qui pousserait la pingrerie jusqu'à timbrer ses invitations personnelles au frais de la justice.
Pour être complet, l'ex-juge avait - en premier lieu - payé cash pour ses « bidouillages » devant ses pairs. Ceux-là même du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui l'avaient mis à la retraite d'office, le 20 janvier dernier. Banni par ses pairs donc, mais là encore tapé au porte-monnaie puisqu'il lui faudra rendre rétroactivement quelques salaires.
En attendant, cette rocambolesque falsification de dossier sur fond de raturage et d'effaceur n'a pas fini de faire couler de l'encre.http://www.lunion.presse.fr/article/marne/affaire-craighero-lex-juge-fait-appel-de-sa-condamnation
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