lundi 9 mai 2011

« On ne ramènera pas Valérie et Harmony à la vie, mais on veut savoir la vérité »

Des voisins, des amis d'enfance, des copines de classe, des collègues... Tous veulent se montrer unis derrière Francine, Rolande, Philippe et sa femme Christine, la famille des regrettées Valérie et Harmony, sauvagement assassinées dans leur appartement berckois en septembre 2006. « Il y a des désastres tous les jours dans le monde, mais ce qui est arrivé là, c'était à 200 mètres de chez nous. On ne sait toujours pas ce qui s'est passé, cinq ans plus tard. Qui dit que ça n'aurait pas pu arriver à n'importe qui d'autre ? », confie Jean. Comme de nombreux Berckois, il reste affecté par le drame dont tous se souviennent.
Marine était une copine de classe d'Harmony. Émue aux larmes, elle parvient à murmurer : « Le procès qui arrive, ça rouvre la blessure, mais je tenais à être là pour sa grand-mère et son arrière-grand-mère. » Jeanine et Monique sont respectivement une copine d'enfance et une ancienne voisine de Francine, la maman de Valérie et grand-mère d'Harmony. Pour elles, leur présence à la première réunion du comité de soutien, vendredi, en mairie de Berck, c'était une évidence. « On ne peut pas rester insensible devant une telle horreur, arrivée à des gens si calmes. On a des enfants nous aussi... » Quand elle prend la parole devant la quarantaine de Berckois réunis à la mémoire des deux victimes, l'émotion est palpable dans la voix de l'ancienne collègue de Valérie, Catherine Lys, présidente du comité de soutien. « Francine et Rolande ne demandent rien, mais elles vont revivre des choses terribles. Elles vont entendre et voir des horreurs huit heures par jour. Même le moindre petit mot de soutien anonyme compte dans de tels moments. »

« J'ai peurd'être déçue »

À l'approche du procès, Francine « voudrait être plus vieille de quinze jours ». À l'appréhension se mêlent le besoin de comprendre et « la peur d'être déçue ». « C'est angoissant, car on va vers l'inconnu mais je suis très touchée par la solidarité de tous ces gens. Vous savez, je ne souhaite de vivre ça à personne. Mon monde s'est écroulé ce jour-là, j'étais comme un zombie quand on me l'a annoncé et il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à elle. Ma petite-fille était un ange.
» La vérité, c'est tout ce que réclame aussi Rolande. À 89 ans, elle dit savoir « ne plus avoir beaucoup de temps pour la connaître enfin ». « Qui et pourquoi, voilà ce qui m'importe. Je tiens pour ma fille, elle n'a que moi désormais. Et ces marques d'affection nous vont droit au coeur. » « On essaie de vivre malgré tout, de continuer. Mais pas plus tard que la semaine dernière, en voyage en Alsace, on a cru voir Harmony dans la rue... C'est dur et on en parle tous les jours », confie Philippe, le frère de Valérie et l'oncle d'Harmony, qui vit maintenant dans l'Oise avec Christine, son épouse. Sa fille, âgée de 25 ans, aurait dû être dans l'appartement ce soir-là si elle n'avait pas annulé sa venue à la dernière minute. « J'ignore comment je vais réagir face à lui (le suspect présumé, NDLR). J'ai peur aussi de mes réactions, j'espère être fort. » Vendredi soir, inlassablement, il voulait balayer les rumeurs qui courent toujours. « Non, ma soeur ne prenait pas de drogue depuis plus d'un an. Et quand bien même elle fumait un joint de temps à autre, mérite-t-on de mourir de la sorte. Qui peut juger ? » Des éléments du dossier sur lesquels les dix jours de procès devront maintenant faire toute la lumière. Du moins, la famille, les proches et les Berckois l'espèrent-ils de tout coeur
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Montreuil/actualite/Secteur_Montreuil/2011/05/09/article_on-ne-ramenera-pas-valerie-et-harmony-a.shtml

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