lundi 9 mai 2011

Procès Colonna : place aux experts

La défense d'Yvan Colonna compte beaucoup, ce lundi, sur les témoignages des experts en balistique pour étayer la thèse selon laquelle le berger de Cargese ne peut pas être le tireur qui, le 6 février 1998, a abattu le préfet Erignac de trois balles dans la nuque, alors qu'il se rendait à pied à un concert après avoir garé sa voiture. Que disent ces experts ? Notamment que le tireur devait être été aussi grand que le préfet : 1,83 m. Ce qui mettrait hors de cause Yvan Colonna, puisqu'il ne mesure qu'1,72 m. Un argument qui ne convainc guère les parties civiles, dont les avocats entendent pour leur part démontrer que cette hypothèse est "une plaisanterie", selon Me Yves Baudelot, avocat de la famille Erignac.
Mais les experts ne seront pas les seuls à donner leur version ce lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Les auditions des témoins oculaires sont également très attendues, notamment celles de deux personnes qui se trouvaient très près de la scène et qui n'ont pas reconnu Yvan Colonna comme le tueur. "Je suis sûre et certaine: ce n'est pas M. Colonna que j'ai vu ce soir-là", avait assuré en 2009, lors du procès en appel, Marie-Ange Contart, qui remontait la rue en voiture ce soir-là. "Sept témoins affirment n'avoir vu que deux hommes" à proximité immédiate du préfet, souligne également l'un des avocats d'Yvan Colonna, Me Gilles Simeoni. Or, pour l'accusation, ils étaient trois: deux ayant reconnu les faits et ayant été condamnés en 2003, le troisième serait, selon cette thèse, Yvan Colonna.
"Rien de nouveau"
Didier Vinolas, un ancien collaborateur du préfet Erignac dont l'audition avait créé un coup de tonnerre en 2009 lorsqu'il avait évoqué deux autres possibles suspects, va également revenir témoigner. Il y a deux ans, la cour avait finalement décidé, après un supplément d'information, que les deux hommes dont il parlait étaient en fait déjà apparus dans la procédure et n'apportaient "rien de nouveau".
Pendant la première semaine de son procès, Yvan Colonna a réaffirmé avec force être totalement étranger à l'assassinat du préfet ainsi qu'à l'attaque, quelques mois plus tôt, de la gendarmerie de Pietrosella où l'arme du crime avait été dérobée. Sans réfréner des réactions d'humeur face aux questions des parties civiles mais se livrant davantage, il a tenté de montrer un visage nouveau, plus humain qu'en 2009. Il avait alors quitté son procès au bout d'un mois avec ses avocats, pour protester contre le refus d'une reconstitution. Condamné deux fois à perpétuité, il est jugé pour la troisième fois car le verdict d'appel a été annulé pour vice de procédure par la Cour de cassation.

Aucun commentaire: