Résidente des quartiers nord de Marseille, Elvisa Bajrami, a certainement été à bonne école. La jeune fille de 19 ans a été interpellée pour une série de vols et usages de cartes bancaires appartenant à des personnes âgées entre les mois de février et juin à Antibes. Le préjudice total est estimé à 17 000 euros.
C'est depuis le box des détenus du tribunal correctionnel de Grasse qu'elle doit se justifier de ses actes, jeudi. Avant de demander un renvoi pour préparer sa défense.
« Vous vivez dans une cité bien connue de Marseille, Qu'êtes-vous venue faire à Antibes ? », interroge la présidente De Rosa.
« J'ai suivi ma cousine, elle m'a dit qu'elle avait un plan pour faire de l'argent vite fait », raconte Elvisa. Son rôle était de repérer les codes confidentiels lors de paiements en caisse de supermarché et de subtiliser ensuite les cartes.
« Je ne veux pas aller en prison »
« Est-ce que vous avez conscience de la gravité des faits ? », relance la présidente.
« Je sais mais j'avais besoin d'argent », répond timidement Elvisa, en fuyant du regard. S'en suit une partie de ping-pong entre le tribunal et la prévenue.
- « Pour avoir de l'argent, il faut travailler mademoiselle. »
- « Mais j'ai bien réfléchi, ça m'a servi et je regrette »
- « Vous regrettez parce qu'on vous a interpellée, plutôt ! L'argent, vous en avez fait quoi ? »
- « Je l'ai gaspillé »
- « Comment ? »
- « Je suis sortie, j'ai acheté des habits, je suis allée en boîte »
- « Vous sortiez avec 17 000 euros ! Vous avez abusé de personnes qui sont plus âgées que vos grands-parents. Ça ne vous fait rien ça ? », assène la présidente. La voix sanglotante, la jeune fille implore : « je ne le ferai plus jamais, je ne veux pas aller en prison ».
« Bande organisée »
Des remords auxquels le procureur Moreau n'accorde aucun crédit. « Le modus operandi révèle des habitudes professionnelles de bande organisée. On ne reverra pas plus l'argent que les autres membres. Il faut punir sévèrement celle qui a été attrapée ». Il requiert l'emprisonnement.
En défense, Me Pinet plaide « une personnalité influençable. Elle est en perte de repères. C'est une première condamnation et il y a d'autres façons de la punir. Je demande un placement sous contrôle judiciaire ».
Le tribunal n'étant pas disposé à faire preuve de largesses, prononce la détention provisoire en attente du jugement au fond, le 4 juillet
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